Protégé : Mourir ☆ jeune

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Posted in Non classé | Saisissez votre mot de passe pour accéder aux commentaires.

Ahoy etc.

Un article par mois, c’est ma joie.

Salut, ça va ? Je suis pas mal occupé, ne rien avoir écrit ici depuis six semaines est une première, c’est assez symptomatique. Faut dire que l’actualité est un sacré bordel. Ça a tendance à se calmer – et à être éclipsé de force avec l’actu internationale – mais les cinq premières semaines de 2014 en France ressemblaient à un gloubiboulga conspirationniste, avec des gens qui défilent sans aucune conscience de quoi que ce soit, en disant des trucs du genre « le cumul des mandats m’a fait perdre mon boulot » ou « franc-maçons, démissions » – une espèce de rupture d’anévrisme générale, donc. Sur l’internet, on rigole bien avec les reptiliens et les illuminatis mais quand on voit que « le djendeur branleur de bébés » a failli devenir un truc, on se rend compte qu’on est pas les plus dingues du lot.

aaaaarrrrr bargle bargle

Et vous savez quelle intrigue de jeu repose sur cet esprit conspirationniste, au premier degré ? Assassin’s Creed. Depuis 2007, on a quasiment un volet par an sur cette grande saga bien trop feuilletonante pour son bien. Moi j’aime bien l’esprit feuilletonant et je la supporte depuis Brotherhood. Le 4, « Black Flag », a été annoncé alors que j’étais encore en train de jouer au 3. Une année pour monter un truc si vaste, soit le même lapse de temps qu’Amélie Nothomb met pour écrire un livre bof mais aussi le lapse de temps que les Thee Oh Sees ont pour sortir trois albums géniaux. C’est à la fois beaucoup de temps et peu de temps. C’est le temps accordé à une poignée d’individus à Montreal pour finir un open-world super grand. Faut pas s’étonner qu’ils soient remplis de bugs. (Enfin, non, il n’ont pas un an, mais ce planning stakhanoviste a toujours été impresionnant. Je doute fort que le 5 soit annoncé prochainement)

Bref. Revelations était le meilleur, III changeait un peu les choses mais était quand même bien chiant. Il fallait prescrire un peu de charisme à Connor pour le rendre intéressant et je le qualifiait de « bon mauvais jeu ». C’est marrant, parce que Black Flag c’est l’inverse : c’est un super jeu un peu foiré. Mon objectif du jour est de vous dire pourquoi et essayer de désamorcer cet amas de critiques « moui-pas-convaincu-c’est-six » car le jeu mérite  plus, à mon sens.

Bon, par contre, le scénario est un sacré bordel. On sent l’écriture par couches, les auteurs se dépatouillent sans jamais arriver nulle part et en écrivant un degré au dessus à chaque fois. Assassin’s Creed, c’est deux timelines – une du présent, où Desmond et son scooby-gang traversent le monde pour fuir les templiers mayas néo-colonialistes, et une timeline du passé où divers membres d’une confédération d’assassins franc-maçonniques quenellistes sautent partout, suivent des gens et font de moins en moins d’assassinats, c’est étrange. Dans le jeu précédent, on jouait avec Connor, mais aussi avec son papa Haytham dans une intro-tutorial qui durait deux ères glaciaires. Dans Black Flag, on se coltine Edward Kenway, père d’Haytham Kenway, etc. Pour une fois, on remonte un peu dans le passé mais ça ne se voit pas particulièrement puisqu’on change d’environnement. Cette fois, c’est Caraïbes, mer bleue et arbres touffus qui ont toujours le même pattern pour « être grimpés ». Je me comprends.

Edward Kenway est un pirate fringuant qui vogue sur les hautes mers et vole des trucs, parce que yo ho ho c’est ça la vie d’un putain de pirate. Une incroyable facilité de scénario le fait échouer sur un îlot paradasiaque avec un assassin. Il le fume pour une raison qui m’échappe encore, lui pique ses vêtements et prend donc son identité pour commencer une énième aventure complotiste qui finira dans une grotte mystérieuse où se trouve un mécanisme bizarrepunk qui prédit l’avenir, bref, les surprises ne sont pas folles folles. Il est intéressant de noter qu’on joue un assassin stagiaire qui maîtrise déjà toutes les techniques et qui a l’habituel réseau Réginesque – évidemment, Edward connaît déjà tout le gratin de la piraterie, Barbe-Noire, Rackam, James Kidd (OH MON DIEU C’EST UNE FILLE JE NE M’EN SERAIS JAMAIS RENDU COMPTE HAAAA) et va subir les habituels mécanismes rise and fall, rien de bien nouveau. Le jeu comporte son lot de cinématiques et de sous-intrigues dont on se fout pas mal MAIS certaines séquences réussissent encore à être émouvantes, bien mises en scène, il y a un truc à en tirer, une capacité que la série a toujours eu dans ses moments de bravoure. Enfin, quand elles ne se concluent pas par un Edward qui remet une capuche invisible.

 La timeline du présent est aussi intéressante, sinon plus, que les habituels « brins d’Animus revisités ». Souvenez vous, à la fin du trois, [gros spoiler qui a ravi des générations entières], on se demandait un peu à quelle sauce on allait être cuisinés. Du coup on fait (presque) table rase et on se téléporte chez Abstergo, qui est maintenant une société-écran de divertissement. En gros, vous êtes un John Doe qui commence une carrière « d’animuseur » pro pour une grande production. Le parallèle avec Ubisoft est plus que souligné et vous allez vous retrouver, malgré vous, au cœur d’une autre intrigue reptiliano-secrète. Elle ne progresse qu’à des points précis et je l’ai trouvé particulièrement fascinante, surtout dans son habituelle manière de nous envoyer des pages et des pages de textes à lire pour ceux qui veulent. Bien sûr, les deux intrigues se croisent dans une non-fin absolue qui permettra des dizaines d’autres Assassin’s Creed mais il y a assez de méta pour rendre le truc intéressant. J’ai sincèrement été impressionné par quelques idées.

Puis on se rend compte à la fin du jeu que toute cette intrigue sert surtout à faire la promotion d’Assassin’s Creed : Liberation.

Huh.

Enfin. Le premier contact avec le jeu peut s’avérer difficile : le menu sent la nouvelle génération. Elle sent un peu des pieds. Quand tu vois ces cases partout façon Windows Surface, toutes ces offres pour des DLC, des time savers, le petit bouton Uplay et autres appeaux à microtransactions, tu te dis quand même « merde, si c’est ça la Ps/One… » (oui d’ailleurs j’ai fait ma copie sur 360 et c’est toujours très beau malgré des textures souvent foireuses) – c’est une démarche qui, je l’espère, n’est pas révélatrice de ce qui nous attend dans un futur proche.
Je disais donc que ce jeu est une tentative ratée de faire quelque chose de vraiment très bien. Ce « très bien », c’est l’open-world et ses mécanismes. Le ratage, c’est la campagne solo. Comme d’hab, on peut progresser à sa guise, cette fois dans les Caraïbes tout de même. Les zones ne se libèrent pas au fur et à mesure mais on a aucun intérêt à aller plus vite que la musique parce que les futurs « niveaux » sont toujours gardés par des vaisseaux trop évolués pour vous – j’y reviendrais. Faut bien faire progresser l’intrigue, souvent avec des mission dont les introduction ne fascinent pas, et les exigences in-game ne valent pas mieux : 80 % de la campagne solo consiste à suivre quelqu’un. En marchant, en courant, en se planquant dans les buissons, en dansant la Carmagnole, etc. Edward Kenway, stalker de l’extrême. Ce sentiment est exacerbé par une IA aux fraises qui continue de vous considérer invisible si vous êtes dans des herbes hautes qui dépassent vos chevilles.

Vraiment. Le truc est d’une redondance dingue. Les 20 % restants sont des assassinats qui ponctuent la fin d’une séquence (vous savez, avec la cible qui n’arrête pas de parler avant de mourir etc etc) précédé d’une séquence souvent pénible à boucler. C’est la cata sur ce pan du jeu et il va falloir faire gaffe pour la suite, messieurs.

 MAIS. L’open-world est vraiment bon. Prenez ça comme un Wind Waker en moins lisse et en plus agressif. On récupère le Jackdaw, un fier rafiot qui bientôt se fera faire dessus les matelots du coin. On croise un navire, on lui tire dessus, on l’aborde, la première fois c’est extatique. Votre bateau se rapproche de l’autre, les marins s’activent, ton quartier-maître hurle n’importe quoi dans le genre « hissez les cacas d’oie », vous prenez de la hauteur et vous allez botter des culs, c’est sexy. Les ressources vous servent à accumuler de l’argent – qui a enfin de la valeur dans un Assassin’s Creed – et permettent d’améliorer le vaisseau, ce qui devient indispensable pour aborder plus gros que soit etc, le cercle vertueux. L’habituel mini-jeu de management permet, cette fois, de gagner plus de reales en envoyant sa flotte là et là. Same old shit, cette fois à gérer sur tablette pour ceux qui peuvent et qui en ont quelque chose à faire. Plein de petits éléments de gameplay : pécher la baleine, trouver des repaires secrets, glaner toujours plus de milliards de fragments d’Animus qui ne servent à rien et ne débloquent aucun succès, pourquoi, c’est maboulerie.
Y’en a qui valent le coup, notamment les chants à débloquer. Voguer et entendre tes hommes chanter les putes et le rhum est rigolo et rentre bien dans ce carcan arrrr ye olde ahoy meister hookers & adventure. Il y a de quoi faire entre deux missions chiantes et ça pallie avec cette éternelle imprécision totale du gameplay dans les sauts, les combats, parfois les deux. Pas simple de rester planqué quand Edward saute en plein dans ta cible au lieu d’aller se cacher dans les fourrés. Pas simple de faire un saut de 60 mètres alors que tu voulais juste grimper sur une branche plus haute.

Et Edward… disons qu’il a plus de personnalité que Connor et de sa monoexpression contrite mais ses motivation sont si floues, il rappelle un peu Niko Bellic. Moi vouloir argent et moi tuer tout le monde, aaaaarrrrr on ne vit qu’une fois. Sa backstory – il abandonne sa copine pour aller en mer – ne sert au final à rien et les connexions avec les autres Assassin’s tarde pas mal. Ça fait partie d’un ensemble scénaristique assez faible qui tend à prouver qu’histoire et gameplay ne s’équilibrent jamais bien dans cette saga. D’ailleurs, maintenant que le combat naval est devenu le pan central du gameplay, en quoi va consister le 5 ? J’aime bien ce sous-entendu sur le Flower Power. J’ai hâte d’incarner un hippie qui traîne avec Nixon, Carter et Reagan.

DONC. C’est pas mal. Plus passionnant que d’habite. Il est dommageable de devoir faire des concessions pour supporter un jeu en se disant que ça vaut le coup mais la série s’améliore un peu avec Black Flag. Faut juste abandonner l’idée d’une conclusion sur cette série. Bizarre de voir un tel plot twist à la fin du trois, comme si les cinq jeux précédents n’avaient servi à rien. Ubisoft, demerden sie sich, comme disait un de mes profs d’allemand.

P.S. : Oh et j’ai joué à une grosse moitié de Beyond et hahahahahahaha-
P.P.S : Inutile de vous présenter Twitch Plays Pokémon. C’est le truc le plus fascinant inventé depuis l’AGDQ.

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , , | Leave a comment

Folie à deux

Aujourd’hui, la rédaction de l’Usine à Problèmes, toujours plus soucieuse de toucher ses lecteurs avec ses sujets frais et concernants, a décidé d’évoquer quelque chose d’indispensable. La Syrie ? La Centrafrique ? Le tiers du territoire mondiale ou c’est un bordel sans nom ? Le couple présidentiel ? (Qui est devenu l’ex-couple le temps de finir ce brouillon ?) Pas du tout, j’aimerais vous parler de l’incroyable histoire de The Room, l’un des films les plus péraves qui soient.

Je ne saurais pas vous en faire un résumé précis ou une analyse divertisso-universitaire (comme pourrait le faire l’excellent Crossed, qui s’arrête bientôt) mais je vais au moins essayer de vous donner envie de vous pencher dessus. Ce machin est un objet fascinant, son histoire est fascinante – quoiqu’un peu triste – et comme toutes les bonnes histoires, son personnage principal est un alien complet. Alors, The Room, késsadire ? C’est le premier film qu’on a décidé de regarder en 2014. Nous étions relativement sobres, aucun gramme de bière dans l’organisme – un vrai tour de force pour nous – et je décide de concilier mes cercles d’amis en nous mettant devant ce long-métrage d’une heure trente, histoire de briser définitivement la glace.

The Room, c’est un film incroyablement mauvais. C’est probablement un cas d’école dans plusieurs formations de tout ce qu’il ne faut pas faire dans un film. Il faut le voir pour le croire et on pourra se demander « mais c’est pas du second degré ? » – hé bien non, pas du tout, il y a un pur premier degré derrière, ce qui le rend beaucoup plus charmant, un objet qu’on regarde avec des yeux condescendants mais incroyablement amusés. Le genre de film à avoir, dix ans plus tard, son culte local, un objet de projections nocturnes, comme le Rocky Horror Picture Show, un cult classic. Hé ouais, tout dans The Room est culte – et était voué à le devenir. Sans ce statut, il serait resté à vie comme ce cercle de films uniquement ancrés dans la culture ricaine, des films nichés comme Napoleon Dynamite, A Chrismas Story, Caddyshack etc etc. En plus, c’est pas comme s’il était sensé avoir un nombre international de copies, Los Angeles étant son lieu original – et unique – de sortie. Regardez comme sa pub est rassurante !

En revanche, ce film est devenu un poil plus accessible hors des USA après la review du Nostalgia Critic, c’était en juillet 2010, déjà. C’est une excellente vidéo mais, comme précisé en bout de course, il faut pas que ça vous empêche de mater le truc en entier (même s’il faut trouver un torrent du fond fond de l’internet… ou acheter le blu-ray !) – le lendemain, la review est supprimée, sur demande du réal qui a invoqué je ne sais quelle raison nébuleuse. Effet Streisand oblige, le machin devient deux fois plus fascinant. Bien sûr, ce n’est pas l’élément déclencheur de la hype aux US mais elle y a fortement contribué. On appelle ça le « Colbert Bump », là bas, quand un média très suivi fait sortir un élément de sa niche.

The Room, c’est Tommy Wiseau. Ce regard méga torve sur le panneau de tout à l’heure, c’est lui. Martien de San Francisco. Il ment sur son âge, dit avoir vingt ans de moins (et devient la deuxième personne après Mixbeat à faire un truc pareil) aurait des origines de la Nouvelle Orléans, renie à fond ses racines francophones, ne sait pas vraiment s’exprimer en anglais, se comporte comme le pire des awkards sociaux. Son histoire est impossible à sourcer, il aurait travaillé un temps à Strasbourg avant de s’installer outre-Atlantique. Physiquement, on dirait un mélange entre Tarzan et Moundir, le gus a un passé aussi mystérieux qu’une attitude de pervers narcissique. Mais Tommy Wiseau a une vision, un projet, il va adapter sa pièce en film – et réunir tout une équipe, pour monter l’un des plus fabuleux ratages de l’histoire du cinéma. On ne sait comment, il arrive à mettre six millions sur la table (pas un budget AAA mais une somme qu’on ne sort pas de nulle part) et va très laborieusement tourner son film, résultat final absolument pas à la hauteur du budget. Le monsieur a des réflexes improbables : tourner son film avec deux caméras différentes, dont une HD – caméra qu’il a achetée, truc que personne ne fait, les plus grands studios se contentent bien sûr de les louer.

Mark est très occuppé ok stp

Le résultat ressemble à ce que diffusait M6 après Culture Pub, il fut un temps. Wiseau écrit, réalise, produit, incarne le personnage principal, il est la moitié des crédits à lui tout seul. Dans The Room, c’est Johnny, un mec aussi nébuleux que l’original mais, à en croire ses proches, il est comparable à Jésus. Un type formidable, intègre, qui fait beaucoup d’argent dans un métier inconnu etc etc. Il est fiancé à Lisa, une nana mi femme mi harpie qui fait semblant de courtiser Johnny pendant qu’elle se tape le meilleur pote du premier, Mark, qui succombe à ses avances sans jamais comprendre ce qu’il se passe. Deux choses : ce transfert de personnalités dans le script est déjà super bizarre, et Lisa ne met pas vraiment en valeur le genre féminin – c’est une vraie connasse manipulatrice. Il y a même un petit sous-texte qui se libère sur sa personnalité quand on voit à quoi ressemble sa maman (avoir un cancer du sein c’est si peu de choses, ça fait presque sens dans le contexte) bref. La genders politics de Tommy Wiseau n’est pas simple à cerner quand on voit comme il traite ses acteurs et ses personnages.
Peu d’entre eux sont crédibles, d’ailleurs. Jamais introduits, aucun background, mention spéciale à Denny, l’ado un peu attardé qui « passait toujours par là ». Il y a même une scène ou deux persos sortent de nulle part pour avoir du « sexe pourri » chez Johnny et Lisa. Oui, alors, le « sexe pourri » est un truc récurrent de The Room, où J et L font des préliminaires de trois jours pour procéder à une pénétration par le nombril sur de la musique pérave, c’est très étrange, ça revient trois ou quatre fois au total avec d’autres personnages. Plein de choses ne font pas de sens dans ce truc, il manque des explications, c’est techniquement très risible et plan-plan, il y a plein d’éléments gratuits et inexpliqués, bref, seul un visionnage ou un commentaire linéaire lui feront honneur. Wiseau est, à lui tout seul, un objet de fascination. Sa diction et son anglais pourri, son surdoublage raté, son jeu d’acteur, le début de scénario qui cherche juste à nous prouver qu’il est mort pour nos péchés. Au milieu, une storyline de drogue et d’argent sale sort de nulle part et n’est jamais expliquée, c’est génial. Sur l’intégralité du mythe, cet article de Gentlegeek est aussi drôle qu’excellent.
D’ailleurs, c’est quoi, la fameuse « pièce » ? Je sais pas. Ça doit se passer entre les trois sets qui font tout le film – la pièce du salon où on discute de la psychopathologie de Lisa, la chambre du sexe pourri ou le toit – dont le décor est construit au lieu de, je sais pas, filmer sur un toit. Whateveurre ok.

Et c’est tout. Si Le Loup de Wall Street nous fourgue les trois mêmes scènes en boucle pendant trois heures, The Room vous sort littéralement les trois mêmes scènes en boucle. C’est absurde. C’est rempli de trucs absurdes. Il y a des cuillères encadrées, des gens qui jouent à la balle en costume sans aucune raison, un final ridicule (et christique, ce qui n’est pas une surprise à ce stade) et une kilotonnes de dialogues crétins. Cette vaste entreprise d’égo s’est transformée en un film si naze qu’il en devient sympa à regarder. Pour le plaisir des cuts pourris, des transitions improbables, des « stock shots » du Golden Gate pour bien comprendre qu’on est à San Francisco… Un tas d’anecdote sont disponibles sur Tv Tropes.

The+room+denny-1

« Je peux te rouler un patin ? »

Voilà, il FAUT regarder ce film. Pour les niveaux d’absurdité qu’il dégage. Toutes les répliques de Wiseau sont devenues mémétiques. Automatiquement, on se demande « pourquoi » ? Est le produit d’une quelconque mouvance sectaire aux financements occultes ? Un delirium tremens collectif ? C’est malheureusement la « vision » d’un gonze très capricieux que tout le monde a suivi et supporté, en sachant que le résultat final allait être une cata.

Une livre, écrit par Greg Sestero (l’incroyable Mark) raconte tout ça. Aucune idée de la qualité derrière mais sa page Tv Tropes – plein d’extraits sont sur ce Tumblr et le livre existe en Kindle – tease la chose comme il faut. On y apprend que Tommy Wiseau et Greg cultivent une amitié bizarre depuis toujours. Bizarre, car il y est confirmé que le Tommy est effectivement un connard aux habitudes lunaires et que le film est l’aboutissement d’un laborieux processus amateur. Ce gars n’a aucune expérience, ne sait pas comment faire un tournage, se comporte comme un connard avec tout le monde et est le seul mec foncièrement désagréable du lot. Il n’est d’ailleurs pas toujours tendre avec les fans et critiques et est sûrement le genre de gars à se programmer des google alerts sur son film. Bref, c’est l’œuvre de sa vie, ce n’est pas très flatteur pour cette dernière, mais on ne peut pas mourir sans avoir vu The Room. Une histoire déglingos et bien plus drôle que celle du violongay ou du dingue qui n’aime pas les récents RER à étages.

Posted in Kulture moderne | Tagged | Leave a comment

Vieux et aigri

Avez vous passé une bonne première quinzaine de janvier ? J’aurais aimé me concentrer un peu plus sur mes échéances de fac – mais ça y est, il faut réviser l’actu tous les jours pour les concours. OH NON ATTENDEZ. C’était l’Awesome Games Done Quick. Un vrai petit évènement, comme le Mario Marathon mais en plus long, plus axé sur la performance et avec pleiiiiin de jeux différents. C’était d’un fun incroyable, ils ont récolté plus d’un million pour la recherche contre le cancer et ils sont toujours en after. J’aurais adoré en faire un pavasse et les rédactions numériques de quelques grands médias l’ont fait – le Fig et l’Express, par exemple. C’est chouette chouette chouette et tous les passages/jeux que vous avez manqué sont sur Twitch.

Non, aujourd’hui j’aimerais parler de trucs encore moins importants. Disons, le problème que j’ai avec les jeux Mario récents. Mario, sa moustache, sa salopette et son studio qui a vraiment très très peur de prendre des décisions trop radicales ou de faire quelque chose d’original. J’ai deux problèmes assez différents avec deux jeux, on commence avec celui où je suis de bonne foi pour finir sur un jugement assez personnel. Les illus viennent des Zero Punctuation respectifs, Yathzee et moi avons été clonés, je crois.

FUTILE DRAME PERSONNEL NUMÉRO 1 – PAPER MARIO STICKER STAR (2012)

L’idée que je me faisait du truc – Vous le savez peut-être, j’ai pris quelques pages pour le disséquer à tort et à travers, Paper Mario est un jeu absolument unique qui mérite d’être cryogénisé pour être ressorti dans 200 ans et faire l’objet de cultural studies du futur, dans une discipline qui s’appellerait « les jeux foutrement bons partout ». Le premier était une petite merveille sortie trop discrètement, il enterrait la N64 et ancrait définitivement les bases des deux sagas des RPGs Mario, sur consoles de salon et portables, amorcée par Super Mario RPG. Le deuxième, The Thousand Years Door, est mon jeu préféré. Il aura dix ans en novembre. Troisième numéro : Super Paper Mario, sur Wii, prévu sur Gamecube, il perd quelques morceaux d’histoire et de RPG pour tenter un truc un peu différent. Le gameplay se morcelle, il a tout de même pas mal de trucs pour lui. La 3DS a son propre Paper Mario de prévu mais il met du temps à sortir. Il sort avec un an de retard, pour Noël 2012. C’est sensé être un autre grand jeu de la saga, qui pourrait remettre l’esprit original du truc sur les rails. Un peu plus de scénario, garder cette gravité, cet humour, tout ça.

Il s’avère que c’est un déception incroyable. Je veux dire, un peu surréaliste, inconcevable, qui-ne-peut-être-conçue, et pourtant ! Ils l’ont fait. J’ai un mal fou à croire que c’est la même équipe, Intelligent System, derrière. Je vais juste lister les gros soucis du truc :
Le jeu n’a pas de scénario. Le jeu n’a volontairement pas de scénario. Les devs ont rapidement sondé un panel qui a sorti que c’était l’aspect du jeu qui leur importait le moins. D’une : quoi la baise ??! De deux : arrêtez de mettre n’importe quoi dans les questionnaire du club Nintendo pour avoir rapidement vos étoiles, vous créez littéralement des jeux de chie en faisant ça. C’est donc la fête des Stickers chez Mario (l’excitation est absolue) et le truc habituel arrive. Pas de persos secondaires (sinon votre sidekick Colette, qui n’a rien de mémorable, qui fait semblant de mourir devant le boss final pour être ressuscitée dans un ending qui n’en a visiblement rien à foutre) et il faut aller de mondes en mondes jusqu’au boss final. Aucune dramaturgie, pas d’ambiance un peu dark, épatante chez les précédents. Queud’. Bon.
Le gameplay est encore fragmenté par une fichue carte du monde. Partout, tout le temps, même dans Paper Mario, probablement bientôt dans Smash Bros, ils en sont capables. Gameplay morcellé donc, sans liant. Le système de combat est complètement bouleversé par ce système de stickers qu’on ramasse partout et qui constituent un « mouvement » à faire pendant un tour. Pas d’expérience donc, tous les combats ne sont qu’une perte de temps – le seul enjeux étant le pognon et on vous douche littéralement de pièces à la fin de chaque niveau. C’EST ABSURDE QUOI. En voulant le simplifier, ils l’ont rendu chiant au mieux, absurde au pire.

Absurde, justement. Le jeu est le machin le moins intuitif que j’ai fait depuis que j’ai réussi à monter ma première convention de stage. Je sais pas par où commencer.
– Dans tout le jeu, vous récoltez des « trucs », des objets qui permettent de résoudre des puzzles. C’est parfois évident, ça l’est parfois pas du tout. Chaque boss demande systématiquement d’avoir le bon « sticker rare ». Problème : si vous le dépensez pour rien, vous devez soit vous retaper tout le chemin dans un autre niveau pour le récupérer et retenter une fois autre part, soit acheter le-dit sticker, et il faudra trouver l’argent. Vous l’avez raté ? Vous pourrez toucher vos fesses pour savoir où il est planqué.

– Le jeu gère mal ses triggers, ne vous dit jamais ce qu’il faut faire et vous laisse en permanence sur le carreau. C’est super étrange pour Nintendo, dont les jeux sont carrés à l’extrême et dont l’invasion des tutoriaux est parfois irritante (et là je pense fort à Dream Team Bros)
– Le boss final est une sorte de best of du non-sens, il demande – encore une fois, littéralement – une liste de courses et une soluce pour avoir un début d’espoir d’être vaincu. Juste avant, il y a Kamek, une vraie petite saloperie qui demande beaucoup trop de chance pour que ce soit fun.
– 
Après avoir fini le jeu, je n’ai toujours pas pigé le timing à avoir avec le marteau.

Donc voilà. L’hallucination. Les musiques sont super cools mais c’est un phénomène qui s’arrête subitement à mi-chemin. Quelqu’un a aspiré toute l’imagination et l’inventivité qui habitait les précédents avec une paille. Non, vraiment, l’histoire de ce jeu est dingue, ils se sont vraiment dit « Non attendez c’est trop bien il faut remédier à ça » en pre-release. Le simplifier l’a rendu un peu con. Forêt, désert, volcan et tout le toutim, c’est plus un hommage rétro à Mario 3 qu’autre chose, mais la franchise Mario est devenu un tapis roulant d’hommages rétro depuis des lustres ALORS HEIN KESKON ATTEND ? Vais-je trouver un hommage rétro à Mario 3 dans mon paquet de Dinausorus ?

FUTILE DRAME PERSONNEL NUMÉRO 2 – SUPER MARIO 3D WORLD (2013)

Ce qui était prévu. Je n’attendais rien de ce jeu. L’intégration du Miiverse semblait intéressante mais j’ai un mal fou à me fasciner pour les jeux traditionnels Mario hors Galaxy. Depuis… depuis ce que nous allons appeler La Grande Ère de Massification des Revivals Pas Originaux (2006-2013) qui culminait avec Mario 3D World, intelligemment nommé car le machin demandait de temps en temps à activer la 3D pour pouvoir résoudre au moins oh la la  deux énigmes dans tout le jeu. J’ai rarement vu un Mario avec si peu d’âme derrière – des bouts de niveaux sans grande intelligence qui se font en pilote automatique – et ça fait bien longtemps que j’étais gavé avec ces différents jeux de plate-forme ultra fragmentés. Damn, Mario Galaxy était comme ça, il avait quand même droit à son hub ! On y joue deux secondes à la PGW, pas grand chose ne change, puis les premières retombées critiques sont là. Elles sont excellentissimes, la presse est unanime, c’est le GOTY alternatif de tout le monde. #bizarre. Puis je commence à y croire, à voir les pubs flashys à la télé, à lire Edge – je cite – critiquer « le jeu le plus next-gen de l’année – bref la HYPE S’INTENSIFIE. Mes parents me demandent ce que je veux pour Noël.
Deux jours plus tard, je me sens comme un gamin trahi par une « cartouche de Noël » qu’il aurait grillé, parce que c’est plus ou moins le sentiment présent.

Il s’avère que j’ai du mal à être aussi enthousiaste sur le soft en général. C’est encore une histoire d’attentes contre la réalité, de jugement objectif contre un jugement subjectif. Avec un vrai media à note, je lui aura foutu huit sur dix, la mort dans l’âme. Pour schématiser le plus possible, je m’attendais à un jeu au level design de fou, au vrai « une grosse idée par niveau » et je me retrouve avec un « encore un jeu mario un peu lamba plus plus ». Ne pas comprendre l’ensemble de la presse internationale est un peu perturbant et du coup, j’ai l’impression d’être comme Dieudonné en plein délirium et prêt à conquérir Israël avec une épée en carton.

Bien sûr que c’est beau. C’est peut être le troisième jeu de la A-Team Nintendo à sortir en HD, alors comprenez, ça nous met encore des étoiles dans les yeux. Seulement voilà, ce n’est pas aussi excellent. Oui, le contenu est très dense (grosse replay value, multi amusant, un très gros tas de niveau et quatre mondes en bonus !) mais il y a cette petite voix dans ma tête qui, quand elle ne me dit pas de tuer des gens ou de dépenser des millions sur Amazon, répétè « es-tu bien sûr de t’amuser, là ? » en boucle. Et j’ai pas attendu le troisième monde pour être d’accord. Le power-up chat est rigolo et assez sassy mais ça pète un peu les collectibles qui demande certains persos avec certains bonus au bon moment pour tout faire. Donc refaire. Hé ouaiiiis Nintendo j’ai lu clair dans ton jeu. Je sais pas, c’est pas fantastiquement maniable, les persos sont un poil lent, tout se fait avec un bouton (encore moins simple avec les WiiMotes) et glider vers sa mort est quelque chose de trop frustrant pour moi – et vous le savez, la frustration et Mario, j’en connais un sacré rayon.
Mais ce « flash » n’est jamais vraiment venu. Forêt-désert-lave-boss etc etc. Les mêmes boss idiots. Un sur deux est bien, cela dit. Mais un sur quatre est une redite de ces un sur deux. C’est compliqué. Il y a bien Harmonie en costume fleur-de-feu, mais cette phrase sonne bizarrement fétichiste.

Alors oui c’est effectivement très next-gen puisqu’on peut taper sur la mablette pour ouvrir des portes, activer deux plateformes et utiliser le miiverse et les tampons qu’on débloque pour faire des dessins où les personnages se pètent dessus ou, quand on est un gars mature comme moi, disent des trucs comme « hashtag le patriarcat » ou « as-tu vu les belles quenouilles ». L’interactivité et le social media c’est bien, et ça nous aura donné un compte Twitter à l’humour très spécial où on voit des gamins poster des messages comme quoi leurs parents adoptif les battent ou quelque chose du genre. Si c’est le truc le plus remarquable que ça nous aura apporté, je sais pas. C’est « encore un autre ». Il n’apporte pas grand chose, c’est un tas de petites idées. Quel est le jeu que j’ai déjà cité deux fois ? Ouaip, Galaxy. C’était le dernier pallier du genre et ça remonte à 2007, quand même ! J’adore le genre de la plateforme mais big N continue juste de s’enfoncer dans ses propres fesses nostagiques et on m’a appris à faire le deuil des bonnes choses passées.

Voyez, deux futiles drames personnels en un an, c’est bien trop. Cela doit cesser. D’un coté, un jeu où ils n’ont avaient rien à foutre, dans l’autre, un truc dont je ne trouve plus le fun. C’est pas évident de se trouver vieux con quand, deux secondes plus tard, tu vas mater ton Kill La Kill hebdomadaire et sa dose de nichons bondissants. Et je n’ai plus de Pringles au Paprika. Haaaaa l’univers me hait. Mais Nintendo hait ses univers, je crois.

(Ps : LOLJAPON #4 sur Le Vent Se Lève et Miyazaki vendredi soir. Je sacrifie mon super chiasme en conclusion pour en faire la pub alors écoutez-le ! Ca va être bien !)

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , , , , | 4 Comments

2014

C’est loin d’être le premier post du genre. Pour d’autres awards, pour d’autres notes d’intention, voici les précédentes vignettes. Ai-je évolué depuis toutes ces années ? Sacrée bonne question.

http://usineaproblemes.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/08/concombreawards.pnghttp://usineaproblemes.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/08/concombreawards1.png
CCA

Salut, c’est Concombre. Ça va ? J’ai 23 ans, je suis toujours étudiant, journaliste super-débutant, je bloggue beaucoup, mais nettement moins depuis quatre mois. 2013 était une année intense. Pour tous, pour moi, pour l’actu, plus que jamais, un vrai flux à gérer. Dans toutes les pratiques culturelles, en high-tech, dans l’actu généraliste. Aaron Swarz, Anon, la Corée du Nord, les Google Glass, la Syrie, le mariage gay, les Shebabs, Hollande qui ne fait rien contre La Finance, son ennemie jurée, et le FN qui aura eu une pertinence médiatique record. CA FAIT PEUR ! Pour oublier ça, on picole entre amis au Kawaii Café. Beaucoup de bons albums à se mettre sous la dent aussi, peu de pop, quelques trucs qui bougent. Des découvertes, formidâââbleuh ou pas. Des innovations. Un petit écran qui fait du surplace, la TNT qui fascine, quelques bonnes séries. Un française ou deux parmi tout ça. Des expos. Quelques scènes. Des concerts inratables. Beaucoup de mèmes et de faits sociétaux. Beaucoup de bons films, consacrés à la culture de l’imaginaire et aux bonnes idées visuelles. Et bien sûr, prétendre maîtriser tout ça.

C’était un peu fou cette année. J’ai l’impression que toutes les impaires sont comme ça, avec une période de jachère pour alterner. A tous points de vue, des blockbusters, des AAA, encore une actu JV chargée. C’est fini, on arrête de parler de crowdfunding, de communication et de la chute du retail, le mal est consommé. Place à une nouvelle génération – qui pue un peu « l’esthétique Smartglass » et les microtransactions – A ce niveau là, on aura surtout cette poussée de la notion « d’indépendant » qui se divise en deux parties – le prétentieux infamant et les autres. Notion somme toute subjective qui dépend surtout du fandom et des joueurs, amha. Gone Home aura été le machin le plus polarisant de l’année, alors que Depression Quest – qui s’approche davantage du serious game – a échappé à ce genre de jugement. Personnellement, sorti du rythm game, je suis un peu perdu. Le rayon jeu s’est un peu plus fourni avec des magazines de qualité. Quelques AAA attendus depuis toujours, concentrés en mars, puis GTA V qui défonce tout. Mon cœur a été emporté par la saga Persona. Bref, une dernière généralité : UN FORT BON CRU. Et ouais, je mets toujours le jeu en avant, parce qu’un jour l’idée que c’est la forme de pratique de l’imaginaire la plus poussée qui soit s’imposera à tous. Peut être.

Regardez ! Le casting de Persona 3 et 4 pose pour vous souhaiter une bonne nouvelle année.

S’il ne fallait retenir qu’un univers en 2013, ce sera celui là. Un mélange entre des idées à la Stephen King, Digimon et un excellent RPG japonais. La traversée de Columbia était un autre fabuleux moment de l’année, il est vrai, mais il n’a pas ce petit cachet niché qui scelle le truc.
Je sors d’une année difficile, remplie de défis en tous genres, parfois relevés, parfois non. Je fais mon possible pour être rigoureux sur mes prochaines tentatives (toujours les fameux concours) et ça veut dire moins de gros textes ici. D’ici septembre, si tout va bien, j’ai mon – potentiel premier – Master en poche. Je vous souhaite le meilleur dans votre parcours. A vous d’avoir la volonté, le travail derrière, la chance adéquate pour saisir vos opportunités. Vous avez écouté le podcast Boudoir Gambetta ? Une carrière réussie semble s’équilibrer entre la moule que vous dégagez et votre capacité à l’exploiter. En ce qui me concerne, je me suis engagé pour maîtriser plusieurs domaines à fond : culture pop, histoire littéraire, actualité, puis la japanime un peu moins. Une vraie foutue course de fond. Peut être moins de JV cette année ? Allons, ne soyons pas fatalistes. C’est la fête pour vous, ça signifie surtout des articles plus courts.
Voilà, ce blog est proche de la mort clinique, et je vais continuer ce rythme fantastiquement sporadique pour encore quelques temps indéfinis avant de passer à autre chose. N’hésitez pas à commenter, vous êtes timides depuis la rentrée, je vous lis toujours avec joie. N’hésitez pas à continuer à lire tout simplement, ça me fait toujours plaisir. Herm, ça faisait un peu pervers narcissique comme formulation.
Je ne me perds pas dans des généralités, vous voyez le topo. « A toi de jouer ! », disait l’autre chevelu multicolore.

Comme l’année dernière, du coup :

Dix petits moments cultes de JV en 2013 (parfois avec un peu de retard) : 

– Ce moment dans Spec Ops : The Line où tu comprends que OUPS TU AS GRAVE MERDE.
– L’animation de Teddie qui tape du pied quand il est pas content dans Persona 4 Golden
– Le boss final de Pokémon X. Thématisée fée, bien sûr. Le line-up, l’ambiance, l’excellente musique.
– Le seul et unique jump scare de Bioshock Infinite
Le niveau musical de Rayman Legends qui se révèle être une reprise mariachi de Eye Of The Tiger. Ultime.
– Ta meilleure copine d’Animal Crossing qui vient fêter ton anniversaire ! Et qui se barre quelques jours après ! Connasse !
– Ce monsieur de Papers, Please qui arrive à se gourer et présenter deux passeports différents. Bonjour, tu va parler aux gentils soldats !
– TREVOR EST UN HIPSTER. UN PROTO-HIPSTER. (GTA V)
– « La définition de la folie » et le regard de dingue de Vaas Montenegro (Far Cry 3)
– Être un demi-dieu à poil, faire des bonds de trois kilomètres d’immeubles en immeubles avec la marche de Radetsky en fond sonore (Saints Row 4)

ET DONC.

L’award « Niquez-Vous » de la sympathie langagière revient à « Chie », qui s’est soudainement substitué à « Merde ». Depuis quelques temps déjà, il est vrai, mais là ça c’est généralisé. D’où ça sort, déjà ? Nul ne le sait. Ça vient peut être de CPC. Saviez vous que Games And Wario y a reçu un 8/10 ? Hahaha ! Ce jeu de chie.

L’award Miss Usine 2013 revient à Naoto Shirogane, de Persona 4. Première dauphine : Nonon Jakuzure, de Kill La Kill. Mais voilà, un reverse trap, c’est imbattable.

L’award de l’awkwarderie sociale, décrétée grande cause nationale en 2013, est attribué à l’épisode 3 de WataMote, toujours dans nos cœurs. En manga, c’est deux fois plus douloureux.

L’award de l’imitation hilarante de l’accent canadien revient au « Câlisse c’était énorme s’braquage lô, on va s’rentrer et s’manger une bonne poutine« , toujours dans nos coeurs

L’award Laurence Haïm du meilleur compte parodique revient à @100000000e, qui est à mourir de rire et qui, mine de rien, a établit tout une petite grammaire de niche sur les internets et tout ce qui popularise les caps locke est automatiquement sympa.

L’award Haim du groupe chiant revient à Fauve, qui fait probablement des comptes parodiques à son sujet, bref, ils essayent vraiment très fort mais ça ne nous détourne pas que c’est un peu du fap tout ça

L’award Destination Finale revient à « Prendre un train en juillet 2013″

L’award SUUS de la chronique sympa non vraiment c’est sincère revient à Crossed. Avez vous déjà vu Crossed ? Karim Debbache, ce saint homme, parle des films issus ou thématisés sur le jeu vidéo. C’est intelligent, didactique, il y a des Gilles heureux dans le fond. Maintenant qu’Usul se barre, il va porter JVC un peu à lui tout seul.

L’award du meilleur mangeage de spaghettis en gros plan, bouche ouverte et air perdu est attribué à l’incroyable performance d’Adèle Exarchopoulos dans La Vie d’Adèle. Bon, ok, elle était seule dans sa catégorie, mais je suis vraiment surpris qu’un tumblr « mange comme Adèle » n’ai jamais vu le jour

L’award du hashtag patriarcat est attribué à ce moment dans Kill La Kill où on voit de l’underboob et du sideboob. Vous l’avez remarqué ? C’est très subtil, par moments, il faut ouvrir l’œil et le bon.

L’award du déficit d’attention est remis à l’anime Joshiraku, pour l’ensemble de son œuvre

L’award du petit moment rigolo de ciné revient à ce passage du Dernier Pub avant la Fin du Monde où nos cinq héros marchent en rythme sur Alabama Song. Une petite pépite toute simple dans un film sympa mais qui manque cruellement des fantaisies de Scott Pilgrim.

L’award du lieu commun chiant du jeu vidéo est attribué à « c’est le flic qui l’a fait ». Oui, ben, ça datait déjà d’Heavy Rain et ça rend tout un poil prévisible maintenant.

L’award du flanquage-d’un-bon-scénario-par-terre est attribué au stinger de Bioshock Infinite, si on en croit un bon paquet de joueurs. Un stinger qui a tué le jeu, tué Aaron Schwarz, provoqué la seconde guerre mondiale et enraye totalement cette conclusion et cette introduction de oufs guedins. Vraiment, ce stinger n’était peut être pas une bonne idée.

L’award de la run de petit malin de The Stanley Parable consiste à faire strictement l’inverse de tout ce qu’on vous demande. C’est le réflexe qu’on a tous, mais on oublie de sauter sur la passerelle en contrebas quand on monte sur la plate-forme mouvante. Tout le reste est du caviar. (Si ça pouvait dire quelque chose ce serait un poil mieux)

L’award du meilleur appuyage sur un bouton d’ascenseur – celui là, vous le voyez venir – revient à l’incroyable méthode Booker DeWitt, poing fermé, grand coup sur le coté. Bravo, votre virilité n’est plus à prouver.

L’award de la façon la plus maboule de clamser, offerte par l’animation mais surtout par DanganRonpa revient à « être transformé en beurre à cause d’une extrême force centrifuge et être mangé avec des pancakes »

L’award de la personnalité politique sympa, genre ça aurait pu être Christine Boutin mais respectons le running gag svp est attribué à Nadine Morano, toujours plus Nadine Moranesque sur les écrans et les réseaux sociaux. Je crois que c’est le cinquième voire sixième award que je lui remet. Elle va survivre à ce blog, quoi, merde.

L’award Willie Pete de l’info foireuse mais bon pff on va la pusher quand même revient à « Burger King ouvre à Saint Lazare » (2012-2013)

L’award du perso mal écrit revient à Lara Croft. Merde quoi, il ne manquait pas grand chose pour que Tomb Raider soit un très bon jeu, mais avec le mastodonte de Ken Levine juste à coté, ça fait un peu tâche.

L’award du Petit Malin revient à Yann Barthès dont l’émission commence un peu à montrer ses faiblesses. Soit c’est moi qui grandit, soit autre chose, mais la balance entre l’infotainment et le donnage de leçon systématique commence à un peu se voir. Il y a plein de bons moments mais noyés dans beaucoup de conneries et de whining sur le journalisme, ce qui les empêche d’avoir du temps pour… en faire, on a parfois l’impression qu’ils se la jouent sérieux toute une émission pour le quota. Cette incroyable condescendance envers le jeu vidéo et le high tech en général n’aide pas vraiment.

L’award under the radar du truc dont j’aurais vraiment dû vous parler revient sans soucis à Papers, Please. Comment rendre la bureaucratie fascinante ? Un vrai jeu qui aura contribué à populariser cette idée que non, l’indé n’est pas nécessairement prétentieux, qu’il peut y avoir des idées et des concepts de fou. C’est court mais intense et addictif.

chielapin

Hé non, c’est l’année du cheval ! Tu t’es encore plantée Chie !

L’award…
… de l’anime
WataMote*
… du manga L’Attaque des Titans
… du personnage Tomoko Kuroki
… de la série The Newsroom
… de l’épisode « Unintended Consequences (The Newsroom 2×04) »
… du single Some Nights
… du concert Phoenix, Rock En Seine
… de la convention JaPex
… du film Le Congrès
… du jeu vidéo Persona 4 Golden
… du site Reddit

* Vraiment pour ne pas mettre l’Attaque des Titans deux fois.

Et donc et donc et donc, une très bonne année à vous.

Posted in Kulture moderne, Le bouzin | Tagged , , , | 2 Comments