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Sagadaÿtaÿ⁴ #3 : Internet, le livre

 « Bonjour bonjours chers zzzzz… non, je la refais… »
Cette vanne m’est strictement impossible à louper : dans cet épisode, quelqu’un VA GAGNER UN INTERNET. Ah bah je lui ai bien mis sa PIQUETTE la dernière fois. Deuxième partie, deuxième point attribué, des questions faisant référence à Queens Of The Stone Age, Yu-Gi-Oh et Rock Band en peu de temps, ça implose de qualité par tout les pores.  

 

Ooooh… les Bakugans sont des sphères et on nous demandait comment calculer leur rayon, d’accord. D’ailleurs, tendez bien l’oreille quand la
question 6 est déroulée, on sent bien un moment précis où une petite exaspération fait son apparition.

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C’est la piquette

Bon alors les gars, vous en avez pensé quoi de la conférence Microsoft de l’E3?

Image-1-copie-4.png N’implosez pas de blasitude, j’ai quelque chose qui va vous remonter le moral. Alors oui comme ça peut arriver de temps en temps, ce poste est un acheminement vers un produit… plus ou moins inaccessible. Histoire de filtrer tout de suite les concernés, le jeu du jour n’est disponible qu’en import, requiert un assez haut niveau d’anglais et est zoné (comprenez : impraticable) sur 360. Heureux?

Rien de mieux que jouer à plusieurs devant la même console. Ma soeur a sept ans de plus, « l’époque compatible » était assez mince et pour garder cet exemple, nos meilleures expériences en duo se résumaient à quelques sessions épiques de Tomb Raider 2, pas le summum du multijoueur, donc. Les occasions sont rares et dès que j’arrive à mobiliser un ou plusieurs amis dans le même périmètre, je sort automatiquement les mêmes petites distractions dans l’espoir d’y retrouver mon quota nécessaire. Pas mal de jeux récents redéfinissent comme ils le peuvent la notion de « coopération » – et c’est plus un retour aux sources du terme qu’une redéfinition mais je pense être assez clair – mais strictement rien de mieux qu’avoir un jeu qui émet une émulsion entre les joueurs, ceux là étant tous devant leur écran. Pourquoi? Parce qu’on peut les taper.

Je ne rabâcherais pas les meilleurs jeux du genre maaaaais je me permet une petite emphase sur un type bien précis de jeux multijoueurs… qui sont les jeux de Trivia, ou les petits quizzs à faire  devant son écran. Généralement c’est un concept qui ne se désolidarise pas des jeux de sociétés mais ces derniers ont tendance à devenir de plus en plus compliqués et « interactifs » – comprenez beaucoup de bazar périphérique impliqué avec les traditionnels cartons de questions. Ca fait faussement ami de la nature comme remarque mais certains sont excellents : prenez Scene It, en boîte. Il est fourni avec un DVD complètement indissociable puisque tout le jeu se base sur des extraits de films, impeccable pour faire son cinéphile qui sait tout sur tout (sport que je prends très au sérieux)

Pour prendre ce même exemple, toute une franchise Scene It existe sur 360. Trois jeux plus ou moins thématisés qui reprennent les mêmes ficelles mais qui permettent un jeu où tout le monde participe en même temps et où tout est « mécanique » – pas de triche, pas d’ambiguïté et la rapidité à répondre à une question est un facteur crucial. Le format permet aussi des petites épreuvettes animées et rigolotes et surtout un renouvellement des questions avec les DLC disponibles, quand bien même le jeu original et les adaptations en jeux arrivent à ne pas tourner en boucle après un certain temps. L’essentiel dans ce genre du jeu, c’est la petite manette-champignon toujours fournie.

En parlant de Buzz, qui n’a jamais joué au jeu éponyme sur PS2? Que ce soit sur la culture générale ou sur un pan bien précis, ce jeu allie un contenu évidemment plus pauvre que la moyenne (après tout, une batterie plus ou moins fournie de question avec un emballage lui aussi plus ou moins fourni) avec une quantité démentielle de FUN à imbiber. Il FAUT être celui qui en sait le plus dans ces QCM aux rêgles et contraintes variables… le simple concept de base permet de passer de bons moments, même avec un jeu très cheap/moyen, même à deux (souvenez vous du pas-super-immémoriel Tv Show King) mais jusque là, rien ne
se démarquait de ce genre si discret, le seul objectif étant d’avoir le présentateur le plus excentrique possible. Figurez vous qu’un jeu archi récent se permet de faire les deux, et de le faire bien.

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 « Au fait, je suis en train de filmer votre réaction face à cette question. Votre tête n’a pas de prix« 

 Il est extrêmement peu probable que le nom de You Don’t Know Jack vous dise quelque chose. Souvent sommé de « Quizz irrévérencieux », c’est à la base un jeu PC qui se démarquait par ses questions tordues et sa voix-off un peu barge… et le bazar était traduit en Français mais on revient droit dans les années 90. Le concept a été adapté en jeu télé-américain pour durer une ou deux bonnes semaines et silence radio jusqu’à Février dernier… et croyez moi quand je dis que c’est un produit extrêmement « local », c’est comme si un bloggeur Américain tentait de louer les mérites de « Tintin Objectif Aventure » sur Playstation… non, attendez, très mauvais exemple.

Mais oui, You Don’t Know Jack est le jeu du genre qui manque sur l’hexagone et à l’Europe en général. Le souci est que c’est l’archétype du jeu « Blair Witch » – il mérite une rentabilité trente fois supérieure à son coût de production! Développé par une toute petite société, doublé en deux jours dans une cabane, vous voyez le genre… et pourtant, ce machin sublime l’art du contenu « petit mais génial ». En gros, il ne vise pas haut mais il dégomme tout dans sa catégorie.

Concrètement, ce jeu a petit prix ne dépasse pas les 750 questions. Sur-concrètement, elles sont toutes divisées en 75 épisodes pré-déterminés comportant toujours les mêmes questions – si vous rejouez à un épisode déjà parcouru, vous pouvez faire complètement semblant de découvrir la chose et de pousser votre sens d’acteur au maximum pour décrocher une victoire sans vous faire griller. En gros, replay value très basse alors autant griller ces 75 parties potentielles avec trois amis au lieu d’enregistrer des Let’s Play seul pour Youtube. Si une partie dure en gros 15 minutes, ça fait quand même une durée de vie de *hnng réflexion du littéraire* quelque chose qui ressemble à un peu moins de vingt heures. Hey, quand même.

Nous voilà débarrassés des palabres sans interêt et plongeons nous dans ce qui intéressant. Comment ça marche? De un à quatre joueurs (deux seulement pour le PC) démarrent donc une série de dix questions à choix multiple. Quatre choix, une touche, une réponse, chacun peut soumettre sa tentative sans influer qui que ce soit… la rapidité du joueur donne ce que le même joueur met en danger dans sa propre cagnotte : une bonne réponse rapporte en Dollars le nombre de centièmes avant le gong mais une mauvaise réponse retire l’équivalent. Sachant que le jeu accepte les cagnottes négatives, ça donne souvent des fins de partie à l’écart démentiel. Petite porte ouverte au génie dans l’écriture des questions : chaque partie est sponsorisée par un produit loufoque… mais si on arrive à faire le lien entre ce produit et la « mauvaise réponse du jeu » qui la sponsorise en la sélectionnant au mépris de la bonne réponse de la-dite question, le bonus en cash est franchement conséquent! Il y a du jeu et du métajeu, c’est fantastique.

Cependant, le jeu à l’intelligence d’incorporer deux « égalisateurs » à la moitié et en fin de partie. A mi parcours, le joueur le moins fortuné – ou le plus pauvre – participe à un « Dis or Dat ». En gros, on lui catapulte sept propositions et ils doit se grouiller pour savoir si ça appartient à ça ou ça, « Sel ou Poivre » donc. Un bon exemple de Dis Or Dat : « Un Tweet du Dalaï Lama OU Un Tweet de Taylor Swift. » Le joueur sélectionné peut ainsi se refaire mais ses mauvaises réponses peuvent profiter aux autres qui peuvent aussi « voler » les bonnes réponses que le concerné n’aurait pas chopé.

En fin de partie, c’est le Jack Attack – là aussi, sept propositions à relier avec un thème bien précis mais les enjeux sont ridiculement haut, tant et si bien qu’on se demande si tout ce qu’il y avant a un sens concret. Tout le monde participe, une mauvaise réponse c’est – 4000 Dollards, etc. Le reste sont des questions « conventionnelles » mais apparaissent parfois quelques petites catégories, emphase mise grâce à des petits jingles délicieux – mettre des propositions loufoques dans l’ordre, retrouver la star de qui on fouille la poubelle, reconnaître le film que la voix off à maté à partir de son rêve loufoque de la veille, ce genre de petits concepts brillants.

Petit élément de gameplay sympa : chaque joueur peut, avant que quelqu’un d’autre aie pioché une réponse, screwer son prochain et le forcer à répondre dans les 5 prochaines secondes, un fort transfert d’argent sera effectué en fonction du résultat. Seule opportunité d’embêter ses adversaires et elle reste nettement suffisante puisqu’à 4, ça peut au mieux mobiliser la moitié des questions d’un round.

Pourquoi je mettrais l’emphase sur un jeu qui, en plus d’être concrètement peu accessible, paraît donc super simple? C’est vrai qu’on pourrait croire que You Don’t Know Jack a été pondu avec une version musclée de Powerpoint… Il y a d’abord tout une histoire d’ambiance, tout est fait pour te faire sentir cette espèce de pression du show télé, animé par Cookie Masterson, le mec à la voix la plus cool du monde. Omniprésent, il n’as beau être qu’un tapis roulant de phrases pré-enregistrées, il rends le jeu extrêmement vivant… parce qu’on sent un énormissime travail de fond sur le doublage. Chaque mauvaise réponse, chaque micro-situation correspond à une ou deux sentences personnalisées qui rendent le jeu hilarant, on se rends compte que ce genre de contenu est extrêmement fourni et qu’il y a toujours quelque chose à découvrir…

vlcsnap-2011-06-07-20h59m12s208.png Mais l’argument principal de You Don’t Jack est bien sûr son matériau, sa substantifique moëlle : les questions. Géniales à deux niveaux : elles sont toujours posées d’une façon un peu détournée et loufoque mais elles restent toujours très compréhensibles, on « traduit » sans vraiment le faire explicitement vers un énoncé plus simple… le jeu trouve un bon équilibre, mais sans parler totalement couramment l’anglais on pige bien ce qui nous est demandé. D’autre part, il est complètement adapté à notre temps et n’a cesse d’invoquer
le monde des réseaux sociaux, des starlettes, des mèmes… et arrive toujours à nous apprendre quelque chose en invoquant un chemin beaucoup moins culturel. Il faut le voire pour le croire, la toute première partie du jeu est un bon exemple. C’est assez novateur parce que ce génie certain dans les énoncés permet un raisonnement à deux vitesses, il faut un micro temps pour comprendre ce qui nous est demandé et un autre pour mobiliser ses souvenirs et essayer de trouver la réponse qui semble correspondre. De ce fait, comme beaucoup d’énoncés se basent sur des jeux de mots et nécessitent une connaissance extrêmement usuelle de l’anglais, il faut avoir une excellente connaissance de la culture anglophone et, en particulier, américain. Pas mal de trucs se basent sur des petites choses seulement connues outre-atlantique… il vaut mieux donc y vivre, y vivre dans sa tête où avoir une certaine connaissances des médias locaux.

L’habillage est évidemment ultra minimaliste mais il le fait bien. Il a beau tourner sur quinze effets sonores et dix (excellentes) boucles musicales – que vous reconnaîtrez probablement – le tout s’enchaîne toujours très vite, le bazar est sonore, rythmé, animations absentes ou très sommaires. Ca marche sur une multitude de petits détails, de petites attentions qui font plaisir. Tout ce qu’entreprends ce jeu est obtenu avec une efficacité démentielle et c’est cette bonne volonté permanente qui manque par chez nous… Ils n’ont strictement pas les moyens de le sortir au Royaume-Uni (alors une traduction qui nécessite une refonte d’une grosse majorité de questions, plus un redoublage qui doît couter la moitié du budget, pensez-) et je bave littéralement devant mon écran pour ce qui ressemble au meilleur trivia-game qui soit. Je met franchement l’emphase sur l’hyper-diversité des questions, l’intelligence de leur écriture et l’humour permanent qui entoure ce jeu, jusque dans les succès (« My first time » pour Screwer quelqu’un, ou, par exemple, un succès qui se débloque parce qu’on a pas débloqué de succès pendant cinq heures, logique)- le top du top. Pas étonnant que la franchise possède sa fanbase d’habitués, fanbase malheureusement très discrète parce que couverte par les hurlements des
gamins qui jouent en ligne à Call Of Duty. Bon ok, je suis franchement de mauvaise volonté!

Si vous avez une PS3, que votre niveau d’anglais est impeccable et que vous avez quelques bons amis pour la main, c’est pour vous. En gros, ce post est fait pour Traquenard Désinvolte. Si on considère que la qualité d’un jeu se quantifie avec son coût de production, ça fait de You Don’t Know Jack le meilleur jeu du monde, point. Je conseille nettement de taper « You Don’t Know Jack Episodes » sur Youtube et de s’amuser à parcourir les énoncés, c’est loin d’être barbant et ça encourage à atteindre ce niveau.

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