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Bordelpunk

Ce début d’année, complètement emporté par les perspectives pécuniaires qu’offraient mon premier stage (j’ai presque gagné 400 balles en deux mois !!!!) je me suis offert une folie et j’ai complètement annihilé cette rentrée d’argent en faisant ce que j’ai retardé depuis toujours : me payer une carte UGC. En solo, vous rentabilisez au troisième film par mois (simple quoi) et le rapport tombe un poil plus bas si vous prenez une duo et que vous vous y tenez en couple. Et même si, chaque mois, vous constatez avec tristesse ce retrait automatique, comme une sensation de prêt étudiant contracté, ce sentiment de puissance quand vous retirez une, voir deux places sans rien faire est fantastique. Mieux : ça pousse à la curiosité, on fait des découvertes en se disant « Bon, de toute, j’ai un engagement, autant le rentabiliser ». Un mode de pensée que je recommande, et si ça vous fait voir des merdes, tant pis, au moins vous saurez pourquoi c’était des merdes.

Jakazure Nonon, marraine de ce top, ma nouvelle waifu, parce queeeeee

Avec Smaug, Frozen et Wall Street, j‘aurais vu 44 films en 2013. Plein d’américains, quelques français, un argentin, un espagnol, un coréen, un américano-luxembourgo-israélo-polonais et même un suédois, ce qui prouve chez moi une ouverture d’esprit démentielle – y’a qu’à voir mes tops des années précédentes. Alors justement, encore une fois, je vais prendre les films qui m’auront particulièrement plu (je vais pas faire un top de tous les films car on va pas s’en sortir, même si c’est un panel qui parcourt tout le spectre qualitatif ; Et je vous les pitche. On fait ça ? On fait ça.

13) La Maison de la Radio
In bed with Radio France.
Un petit documentaire qui a discrètement circulé dans les salles vers avril. Aucune voix-off, aucun argument de ton, la caméra se balade de salles en salles dans l’immense immeuble place du président Kennedy. Des petites storylines, le stagiaire qui apprend à faire un speak, le CDI qui le refait cinquante fois, les deux nanas qui enregistrent une saga audio mais qui galèrent avec les effets sonores, l’orchestre en bas qui s’active, le live de nuit… ça me touche car la radio fait partie de mon projet pro mais n’importe quel profane pourra passer un bon moment devant. C’est même un poil trop court pour ses deux petites heures… bref, une grande fourmilière passionnante à observer.

12) The Bling Ring.
First World Problems (en prison), le film. Contrairement à beaucoup d’entre vous, j’aime bien Sofia Coppola. J’aime bien la BO de ses films, même si celle de The Bling Ring n’est pas particulièrement marquante, même si elle commence avec les Sleigh Bells et se termine avec Phoenix (mais quand on est la copine de Thomas Mars, c’est pas difficile) – et j’aime bien cette « culture du vide » qui habite The Bling Ring. Ses personnages abrutis, cette dimension loin de tout, cette histoire complètement loufoque d’ados qui dévalisent tout Beverly Hills (adaptée d’un article de Vanity Fair, de mémoire) de manière super froide et « panurgesque ». C’est surréalise, ça ne veut pas dire grand chose, c’est aussitôt oublié, c’est LOL dans le bon sens, j’ai bien aimé, c’est un peu inexplicable.

11) Casse-Tête Chinois
C’est toujours le bordel dans la vie de Xavier.
Jusqu’à voir l’affiche du film il y a trois semaines, je pensais encore que c’était un mythe, mais non. Le troisième volet de la trilogie-Erasmus est d’autant plus dingue quand on le mate à 23 ans, soit grosso modo l’âge de Xavier dans l’Auberge Espagnole. C’est un troisième film un peu gratuit, on s’en rend compte qu’on pourrait faire chaque décennie de sa vie comme ça mais c’est un film qui se regarde avec pas mal de bonheur. Quelques hommages, du fanservice, des fils rouges… On revient à une structure simple, on reste à New-York et on n’y décolle pas, on fout une vraie bonne BO derrière et c’est parti. Des histoires toutes simples qui veulent raconter l’histoire super compliquée d’un mec, de ses cinquante nanas et gosses. Il n’a pas réellement progressé dans sa vie, mais au moins, c’est un gros feel-good movie qui nous rappelle que, parfois, la vie nous fait caca dessus. Beaucoup d’humour, un esprit « grande pomme » que j’adore, une bonne BO (emphase) et yaddah yaddah. « Mais enfin Martine, c’est ma bite ça. »
Donc voilà, dans la catégorie « Tautou et Duris sortent ensemble », Casse-Tête Chinois était le meilleur film. J’avais un peu plus d’espérances pour l’Ecume des Jours.

*voix de crécelle*

10) Snowpiercer
Tchou tchou !
Ce film, adapté d’une BD française, est un melting-pot d’idées visuelles vraiment séduisantes. Pour faire simple, l’humanité est plongée dans une nouvelle ère glacière et les seuls survivants sont à bord d’un énorme train qui fait un immense cercle perpétuel à travers les restes. C’est déjà pas mal mais il faut ajouter l’élement-killer : les compartiments du train trahissent les strates sociales de ce groupe d’individus, plus on est au fond, plus on appartient à la plèbe. Les « queutards » du trains sont en quasi-servitude. Un groupe d’entre eux vont donc fomenter une révolte, le traverser et piger le terrible secret derrière tout ça. Bon, il y a ce postulat efficace MAIS AUSSI un tas d’idées sur la construction et les codes de cet univers. C’était tout ce qu’on demande, et même si la fin est cliché à mort et que l’ensemble respire les tropes déjà vus et prévisibles, ça envoie pas mal de choses dans les mirettes. C’est un film qu’on aime regarder pour sa « traversée » entre les wagons, où tout devient plus vain, facile, artificiel, épuré… et pour une Alison Pill avec une énième coiffure dingue. Tout ce qui devait être exploité l’a été, une hypothétique suite paraît pas nécessaire. 

9) Highjacking
Un rafiot se fait aborder par des pirates somaliens, son employeur est un peu trop pragmatique.
J’aime tout particulièrement ce genre de film très « étroit ». J’entends par là des espaces réduits, une caméra qui bouge peu, qui prend le risque – ou l’économie de moyens – de rester dans un espace très clos, limite claustropobe. Par exemple, j’aimais bien Phone Game, qui n’a peut être rien d’un grand film mais qui faisait son micro-effet à l’époque. Ici, on suit l’histoire d’un cuistot qui va être pris en otage pour longtemps, loooongtemps. Au bout d’un moment, le syndrome de Stockholm (*rires du public*) va commencer à apparaître, il va y avoir des déceptions, des fausses joies, etc etc jusqu’à une fin cynique +++. De l’autre coté du front, le patron du rafiot, un mec incroyablement froid et posé, qui négocie à distance avec les pirates, petit à petit, à pas de velours. Au final, presque tout le monde aura ce qu’il voudra mais, MAIS. C’est à voir, ça sort un peu de l’ordinaire, c’est vraiment pas mal et y’a le « pistolet de Chekhov » le plus chanmé de l’année.

8) Gravity
L’univers déteste Sandra Bullock.
L’histoire est simplissime : Bullock et Clooney sont dans l’espace, dérivent et tentent de rentrer sur Terre, c’est aussi con que ça. Le truc c’est qu’on parle de Cuaron, le meilleur chaînon de la saga Harry Potter, mais aussi l’auteur du démentiel Les Fils de l’Homme. Un mec qui aime les plans-séquence et ça tombe bien, Gravity commence avec un vrai oner d’un quart d’heure, qui va partout, qui gravite autour de cette station spatiale jusqu’à ce que les emmerdes commencent. C’est un vrai film-concept, fantastique sur le grand écran, sa valeur sera divisée sur une télé. Faut donc le mater tant qu’il est temps et en 3D svp. Ouaip, l’assombrissement n’est pas un vrai problème et le film a visiblement été conçu pour ça. Je le place si « haut » car malgré son «  » » »minimalisme » » » », c’est la première fois depuis longtemps que je me suis dit que je n’avais pas vu un truc comme ça. Clooney n’est pas un perso très intéressant (ce n’est pas un perso, c’est Clooney qui fait le malin), son attitude paternaliste est gentiment chiante – truc que je n’aurais jamais perçu un an avant -, Bullock qui aboie c’était un peu étrange mais s’eut été ridicule dans n’importe quel autre contexte. Il FAUT voir Gravity, parce que sensations inédites DANS L’ESPACE.

Comme un chef

Comme un chef

7) Quai d’Orsay
D̶o̶m̶i̶n̶i̶q̶u̶e̶ ̶d̶e̶ ̶V̶i̶l̶l̶e̶p̶i̶n̶ Alexandre Taillard de Vorms est un gars impossible à suivre.
Quai d’Orsay est un film drôle. Genre vraiment drôle. Ça m’a donné envie de lire la BD qui, j’en suis sûr, aborde les choses différemment (il me paraît évident que la copine du protagoniste ne peut pas suivre ce mec qui se transforme peu à peu selon cet environnement schtarbé). J’arrête de parler en crypté : on suit les tribulations d’un nouveau conseiller de pas-Villepin, à une époque qui ressemble trop fortement à son discours de l’ONU sur le véto français. Ce film est bien fichu, bien monté, bien articulé, Thierry Lermitte est impeccable, le premier rôle a une belle gueule parfaite – et tout le monde l’est tout autant. J’ose espérer – en seul Villepiniste de France, rappelons-le – qu’il était vraiment comme ça au quotidien. Des gags assez subtils, ce lieu commun « Brazil » du straight man qui plonge dans le terrier du lapin blanc qui marche à chaque fois. Vraiment, une excellente surprise.

6) Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde
Cinq copains refont le barathon de leur jeunesse et le monde se désagrège autour d’eux.
Je me suis déjà fendu d’une critique complète. Le top cinq !

5) Hapiness Therapy
Jennifer Lawrence et Bradley Cooper ne sont pas bien dans leurs têtes.
Ce film a fait gagner un oscar-surprise à Jennifer Lawrence. Ayant vu le film autour des Oscars, je n’osais pas y croire et il est tombé. Jennifer Lawrence y joue cinquante fois mieux que dans Hunger Games, surtout dans Catching Fire, c’est fou. C’est pas du tout la même nana. Bradley Cooper est impeccable en mec complètement paumé, un peu psychotique. Dans les faits, c’est une petite histoire toute mignonne en Amérique pas-fascinante-pas-super-sexy mais c’est un film super constant, assez mignon, assez touchant (sans aborder des thématiques trop graves façon Le Monde De Charlie) je ne sais pas moi même pourquoi je le mets aussi haut, il m’a laissé un sacré bon souvenir. 

4) Inside Llewin Davis
Llewin Davis ne sait pas où dormir ce soir (et le chat s’est encore barré) LES COHEN BROS ONT ENCORE FRAPPE ! J’ai pas mal préféré ça à True Grit qui était déjà réussi dans son genre. On garde les mêmes lieux communs : un esprit très américain hobo, rural, un esprit un peu barré… ici, les tribulations d’un Folksinger de New York, un peu enfermé dans son monde, qui vivote de canapés en canapés dans un microcosme un peu étrange, de bars pourris en bars pourris… j’aime beaucoup ce film car il raconte l’histoire d’un mec obsédé par la réussite des autres. Lui vit au jour le jour, se lance dans des aventures improbables (je ne pourrais pas faire cet aller-retour Boston-NY comme ça) et revient au strict point de départ, après le conclusion du film et une sacrée « guest-star ». Rien de particulier, pas d’artifices, peut-être le moins tendu et « pétaradant » des frères, mais encore une fois un paquet de bons sentiments. J’étais fantastiquement nauséeux en début de séance, le film m’a guéri. D’habitude, je n’aime pas voir les gens chanter, ça n’a jamais posé problème ici. C’est même un élément de caractérisation – voir ce personnage faire de très mauvais choix dans la vie, par exemple abandonner des droits d’auteur pour avoir un peu d’argent pour manger ce soir, est assez rigolo. Vous allez passez le film à vous demander « Mais c’était Justin Timberlake ou pas ? »

3) Le Vent Se Lève
Jiro fait des avions.
Le prochain et « dernier » Miyazaki, selon Miyazaki. Surprise ! C’est un excellent film. Il est même un poil différent des dernières productions du maître puisque c’est probablement l’oeuvre la plus « adulte » du lot. Je dis ça car elle déroule l’histoire d’un adulte accompli, qui va avoir une histoire d’amour adulte – très japonaise, très années 40 mais une histoire d’amour tout de même – des gens vont se tenir la main sous la couette et nous allons tous fondre d’amour. Quelques cascades formelles : Hideaki Anno – monsieur Evangelion – peine à masquer son intonation de vieillard, ce qui passe pas trop sur un adolescent – et des effets sonores faits à la bouche. On voit des avions décoller en faisant « prout prout prout » et ça n’a pas fini de me faire rire parce que je suis quelqu’un de très mature. Des scènes d’apocalypse, le fameux tremblement de terre, toujours un subtil mélange entre réalité et fantasie, une bromance entre ingénieurs et un film divisé en deux parties. La première, un Aviator moins chiant où on suit le parcours du mec qui a sorti le Japon de sa torpeur avionnesque, puis on se focalise sur sa rencontre avec une petite pépé, un peu de background historique – pas le moindre argument de ton sur l’histoire japonaise, alors pas très heureuse. Jiro est un grand rêveur idéaliste qui n’aime pas trop le concept de bombes sur ses modèles, c’est tout. Très beau, très touchant, mature, si c’est la dernière, c’est parfait. Cassedédi à l’allemand au gros nez.

2) Cloud Atlas
Six storylines frappadingues qui se croisent. Pourquoi si haut ? Parce que ce film, dans une moindre mesure, c’est SnowPiercer mais en six fois. On ne comprend pas bien l’histoire de cette « cartographie des nuages », sinon que tout est lié etc etc. Six univers, six histoires, six identités visuelles, Ben Wishaw se supprime dans les cinq premières minutes (je suis en concurrence avec lui, c’est une longue histoire) et bra bra bra on y va pour un sacré bordel de références, de codes, d’intertextualité et de zapping interdimensionnel. Ca dure quinze heures, ça donne l’impression de durer quinze minutes, c’est à peu près quinze fois mieux que Speed Racer. Comme je l’ai déjà dit quinze fois dans ce post : c’est beau. C’est très bordélique. Il faut un peu remettre les choses dans l’ordre et à leur place pour comprendre, ça s’apprécie tout aussi bien individuellement, c’est profond sur plein de niveaux et c’est un parfait produit de la pop culture des dix dernières années. Tant et si bien que ça pourrait être mon film de l’année mais ! MAIS !

Attention, on va bien s’enjailler

1) Le Congrès
???.
Il faut aller le voir à l’aveugle. Robin Wright vit dans un vieil hangar, un homme vient lui proposer un contrat douteux et oh la la la la la la la la la la. Toutes ces questions posées sur notre rapport à la réalité, à l’animation, à plein de choses.

Avec, potentiellement, Le Loup de Wall Street qui pourrait s’incruster quelque part.
Des cacas, pour le plaisir : Les Profs est naze, limite offensant, Man Of Steel était chiant comme la mort et bourré d’approximations (mais on s’en fiche parce qu’on dort devant) Kick Ass 2 était un film de petits cons, mais dans le mauvais sens, Les Stagiaires était un poil irritant et La Vie d’Adèle a sûrement été primé pour de mauvaises raisons et est rempli de trucs qui ne devaient sûrement pas être drôles. Du genre gros plans sur spaghettis, des « petite pute ! » qui appellent au corpsing, des claquements sur les fesses et un mec qui, ça passe assez discrètement, dit un truc du genre « J’aime pas les réalisateurs qui sont chiants quand ils bossent ».

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