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Comédie à feu rapide

A Angers pour la semaine. Si je sors une destination différente à chaque post, c’est juste parce que je suis assez chanceux.
Twitter.png… sauf au jeu. Râââââge

Je ne sais pas si le film Onion Movie vous dit quelque chose, je comprendrais facilement la négative parce j’étais dans le même cas il y a cinq bonnes heures. La réactivité, les enfants! Pour vous la faire simple, l’Onion est une comédie télévisée sur le long terme reprenant et moquant les poncifs culturels et sociologiques américains, dans le fond et dans la forme. Effectivement, parce que cette comparaison ne m’appartient pas, l’Onion est aux States ce que Groland est à notre Hexagone beauf et rural, vous voyez le genre? Le bazar est donc un (assez vieux) show récurrent comme peut aujourd’hui l’être le Daily Show mais il existe un film sorti directement en DVD dans nos contrées il y a trois ans.

PROBLEME. Nos étals sont foulés par ce DVD renommé News Movie, ce qui lui retire immédiatement tout sex-appeal puisque cette dénomination évoque immédiatement la série Scary, Big et Epic Movie, une espèce de franchise hybride qui commençait avec les meilleures intentions puis qui sonne aujourd’hui comme un caillou dans une chaussette trempée. Là, c’est juste le titre français comme si le fait de classer un direct-to-dvd ressemblant à ces trucs était un automatisme mais il se trouve qu’il y a des points communs entre ces deux choses. D’une, il y a des créatifs, scénaristes/réalisateurs en commun. Dans la bonne ou mauvaise phase des movies, j’en sais rien, investigation totale! De l’autre, ce film assez inconnu dans nos contrées mais aussi dans nos têtes puisque je suis assez certain de vous apprendre l’existence de ce titre… par contre il est franchement probable que vous ayez déjà vu un ou deux extraits sur Youtube, peut être la fabuleuse histoire de Brendan Laroux, l’homme qui était allé jusq’au bout de ses rêves!

Quoi qu’il en soit, je viens de le voir en Français et c’est franchement drôle, pas de souci. En plus d’être simplement bien doublé, c’est le genre de film tourné avec pas grand chose qui, sans être génial ou révolutionnaire, tape exactement là où il veut aller sans s’embarrasser de grosses prétentions générée par une attente qui est, de toute façon, inexistante. Vous aimerez Onion Movie pour la même raison que vous avez aimé La Classe Américaine et autres trucs prétextant X ou Y truc pour figurer une succession de sketches. Là, c’est le présentateur du JT bien cliché qui débite ses news, pépites à l’appui et vas-y que ça fait de l’humour au sein de la rédaction, des « reportages » ou juste un peu de méta, je vous le met quand même? C’est un peu con mais drôle et ça a une propension rigolote à pousser l’idée d’un sketche jusqu’à son confinement, même si ça prends parfois un peu trooooop de temps pour arriver à une blague finale. Pas grave, y’a tant de fils rouges et de runnings gags hilarants, on leur pardonne ça (y’a forcément un truc qui va vous donner le fou rire) c’est franchement sympa et ça peut dépanner pour une soirée pizzas/amis/pyjama.

Question à cinq milles : quel est le rapport entre ça et la plupart des machins qui me font rire et que je chronique depuis une grosse année? L’absence de ligne scénaristique, de storyline hein pour la succession de mini-pastilles sans lien les une avec les autres. Esprit zapping et Hell pour tous! Humour lapidaire, à bas la cohérence, vive la succession de mini-vidéos ou de passages sans réels liens les un avec les autres, un peu le Wario Ware de l’humour… et c’est avec pas mal de retard que j’ai enfin pu poser les yeux sur une série dont on vante les louages ici et là depuis quelques temps. Comme dans Questions Pour Un Champion, je pars du vague et j’affine! 

Vous connaissez Seth Green? Si oui, je dois vous avouer que je lui ferais bien quelques gosses. Très jeune adulte, il faisait Oz dans Buffy, il apparaissait en parallèle dans toutes les meilleures scènes d’Austin Powers en tant que Scott Devil (zip it, Scott) et s’est même tapé le luxe de faire quelques caméos remarqués dans l’univers du catch professionnel. Pour la faire laconique, il semble être des notres.

En plus d’avoir ce CV aussi foutraque qu’original, il co-créé en 2005 avec un certain Matthew Seinrech une nouvelle série d’animation acceptée par la chaine Adult Swim qui, comme le nom l’indique, n’est pas toujours pour les gosses. Elle fut nommée Robot Chickenet ils virent tous que cela était bon.

robot-chicken.jpgC’est un peu péteux mais je pense qu’on peut légitimement dire que Robot Chicken, bien qu’actuellement arrêtée avec ses quatres saisons de 2005 à 2009 faisait bien plus directement et de meilleure manière ce que South Park essaie désespérément de faire de nos jours! Quand ce dernier essaye de taper dans le « gag culturel » en justifiant un vague scénario qui impliquera le ressort comique de Cartman ou Butters, Robot Chicken ne s’embarrasse pas de scénario. Disons qu’il s’en débarrasse dès le générique qui fait prendre son sens au titre de l’ensemble puisqu’on y voit un robot fou écraser un poulet, le reconstruire en version bionique (« It’s aliiiiiiiiiive! » C’est chanté par Les Claypool qui a aussi composé le générique de… et voilà, paf) et lui faire mater un tas de conneries à la télé, pourquoi pasd’raison. Ce zapping va donc être l’unique matériau de Robot Chicken… chaque saison est donc composée d’une vingtaine d’épisodes au format comique (autant de minutes par épisodes, donc) sans liens logiques ou connections entre eux, une grosse salade jusqu’au générique qui est en fait le thème d’un film de Roméro chanté par une chorale de poulets. Juste autant de morceaux d’un zapping – au sens strict du terme, transition par la neige bien existante – qui ne vit que pour des petits fils rouges n’allant jamais très loin.

 Ca fait encore un peu commun à ce stade mais je suis sûr que vous n’avez pas pu vous empêcher de remarquer qu’on ne parlait pas de dessin animé en temps que tel, mais bien de stop motion! Cet art de l’image par image qui fait s’animer poupées, machin en pâte à modeler et pas mal d’autres trucs en plastique qui laissent une certaine liberté d’action dans ce qu’on veut faire, supposé qu’on aie pas mal de patience… et quelques paires de bras sous la main. Pensez aux studios Aardman qui ont fait Chicken Run et la série Wallace et Gromit, c’est presque le même esprit car on sort de cette cible assez enfantine pour plaire aux teenagers et autres adultes plus ou moins attardés que nous sommes.

C’est donc bien animé, ça coule de partout et ça part de n’importe quel cadre car dans ce pur esprit zappesque puisqu’effectivement, il n’y a aucune attache où que ce soit, pas de personnages, lieux ou quoi que ce soit de récurrent puisque qu’aucun épisode n’est concrètement lié à un autre, chaque séquence est effectivement raccourcie pour passer en dessous de la minute (ce n’est pas le standard mais le lapidaire est toujours autant de rigueur) et décrit un sketch rigolo tapant sur n’importe quel aspect de la pop culture américaine… ou mondiale. Dans le sens où un Schtroumpf, un Tintin, un Snorki ou n’importe quel machin un tant soit peu exportable soit un minimum connu des créateurs donc des téléspectateurs. C’est délicieusement random, bardé de références intelligentes comme de gags juste jouissifs – parce qu’avouons le, souvent nettement cons – et parfois rempli de piques qu’on devine si personnelles aux yeux des auteurs. Le truc est encore plus réjouissant parce que ce n’est jamais vraiment méchant, ça tire juste à vif sur tout et rien à la fois… mais un peu à blanc, sans que ce soit inutilement politique, vulgaire ou uniquement basé sur cet humour de décalage vieux comme le RickRoll. Juste une situation de base qu’on connaît bien et un gag à la fois crétin et
impeccable. Le format permet une lecture en boucle (une, deux bonnes heures fois plus de Robot Chicken passent vite) et c’est tout sauf un truc de fond, ça attire l’attention parce que
le doublage a, lui aussi, le luxe d’être franchement bien fichu. Robot Chicken a tout pour lui – sauf peut être son annulation en 2009 mais hé – et faire quelques recherches sur ces deux mots
magiques peuvent vous procurer quelques bons fous rires si vous aimez ce type d’humour gentiment crade et sagace.

Sinon, matez ça quand même, dans le doute, MCM diffusait ça jusqu’à peu et il serait étonnant que la chaîne arrête avec ce filon, c’est pas comme si diffuser un machin en boucle était dangereux pour la chaîne de la TNT. (En plus, c’est souvent suivi de l’Amour à ses raisons, quand on vous dit que glander devant la télé est bon pour vous)

Ho, aucun rapport mais profitons en quand même : je suis actuellement en plein visionnage de The Office, merci Canal et ses soirées séries du Jeudi – parce que c’est typiquement le genre de truc qu’on connaît depuis perpète sans prendre le temps de découvrir concrètement. Pour mater en parallèle les derniers à la télé et les premiers (cinq saisons plus tôt, quand même) achetés pour pas grand chose sur GrandesFollesDeLaJungleAuSeinCoupé.com, il est intéressant de constater que cette série veillit extrêmement bien et reste toujours très drôle avec le temps… si ce n’est plus!

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 Là aussi c’est un peu compliqué : The Office est d’abord un concept britannique, supervisé par Ricky Gervais… qui joue aussi le rôle principal, épaulé par trois/quatre autres têtes improbables. C’est comme une sitcom moderne, sans rires pré-enregistrés mais filmé à la manière d’un documentaire moderne : caméra en main, zoom rapides omniprésents et alternance rapide de scènes « d’action » et de « confessionals » (en anglais dans le texte) – ces fameux moments où tel ou tel protagoniste réagit sur la situation, seul devant la caméra. Ca a été adapté un peu partout… dont en Français sur Canal avec François Berléand dans le rôle titre mais ne parlons pas de malheurs – 

 Non, ce qui nous intéresse pour le moment est la version américaine, elle aussi lancée en 2005… mais toujours sur les rails aujourd’hui. Le rôle titre? Vous aurez reconnu le grand Steve Carell, entouré d’un casting all-star très « Je-l’ai-vu-dans-une-autre-série » : Rainn Wilson, BJ Nowak, etc… mais à l’inverse de Robot Chicken, The Office ne privilégie pas la logique de série dont on peut regarder les épisodes dans le désordre – il y a quelques petits arcs scénaristiques, aussi minces et/ou classiques soient-ils! Même si au début, l’intégralité du truc est tourné sur le caractère connard malgré lui du big boss Michael Scott (Carell, donc) – habité par un sens du sexisme et de la beauferie à tout rompre – la série se tourne petit à petit vers le potentiel comique de chacun des employés de ce fameux bureau, si petit mais si vivant… effectivement, la vaste majorité de la série est filmée dans ce petit espace d’une quarantaine de mêtres carrés, si on y ajoute les quelques salles privatives, le fameux hangar où il se passe des trucs un peu étranges et pas mal d’autres endroits qui font très « bouffées d’air » – un bar, un parking, une bagnole… tard dans la série, tout est même démobilisé près des chutes du Niagara pour un heureux évènement.

Cette série est franchement drôle parce qu’il y a derrière ce petit souci d’écriture qui fait que chaque ligne, chaque réplique ou chaque saloperie débitée par X ou Y sonne comme un truc pensé et repensé, débité à grande vitesse. Comme dans Weeds, sauf qu’à l’inverse de cet exemple ça s’améliore avec le temps, ça ne tourne pas en alternative aux Sopranos! C’est souvent du « soyons le plus offensif possible avec M.Scott et rions de manière gênée » mais il y a tellement de petites pépites d’esprit là et là, de références très discètes à toutes les conneries de notre temps, c’est un petit régal. C’est réellement une question de rythme et de concision, les épisodes seraient un poil plus long, ça marcherait franchement moins bien… mais c’est un petit microcosme qu’on regarde évoluer… enfin, deux trois gus qui semblent gagner en grade, le reste semblant désespérement vissé à leurs chaises pour la vie… même si c’était sensé être temporaire au début. C’est pas grave, le casting se renouvelle un tout petit peu, dans le sens où le « paquet de base » est accompagné par quelques têtes qui tournent de temps en temps.  Je rappelle les lignes directives : c’est rythmé, franchement drôle, bien écrit en phase avec son temps. Je préfère nettement ça à The IT Crowd, par exemple. Noooooon! Pas le feuuuuuu

 Pendant ce temps, sur Formspring, Janine Brito est toujours moche.

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