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Catch-up moutarde


soul-eater-979374.jpgPour des raisons de bête favoritisme, ce post ne sera illustré qu’avec du Soulïteurre. Comme le jeu Windows : un plaisir esthétique et si peu coupable

C’est triste mais c’est comme ça : nous sommes en vacances, la moitié d’entre vous sont définitivement partis faire quelque chose un poil plus enrichissant et entre deux cavalcades françaises et Européennes, j’ai toujours le temps de consacrer une poignée d’heures à monologuer en Tahoma taille 12. J’ai presque droit à mes vacances « internetesques » mais avant de rendre les armes pour un temps, je manquais sévèrement d’idées… du coup, au lieu de pondre une figure de style un peu casse-gueule ou de faire un article au thème forcé, douloureux à lire et à écrire, me suis penché sur ma liste de mangas achetés à la Japan et le tout est venu de lui même : au final, c’est un excellentissime moyen de faire le bilan/point sur les « lectures » de l’année, via ces nouveaux tomes. En gros, j’en ai déjà parlé, plus ou moins dans le détail… mais que sont-ils devenus? 

Pendant ce temps là, à Shibusen

soul-eater-627726.jpgSoul Eater n’a jamais été un coup de coeur très rationnel : sans être fantastique ou novateur, il tombait juste pour moi au bon moment et au bon endroit (comprenez un gus traversant une vague phase émo) – mais cette affinité était surtout liée à l’anime – bien foutu, bien décoré et prenant, il a tout pour lui mais il reste désespérément fixe et pour cause, il est fini depuis deux ans et quelques. (Capitaine Evident was here) Eu’l manga reste donc la solution qui, pendant un temps, faisait tristement office d’alternative. Pas mal mais un assez grave souci de style qui, a
juste titre, pêtait quelques rétines – le charisme ambiant des personnages et de l’univers en général balançait astucieusement tout ça. La publication française continue son petit bonhomme de chemin, la très ciblée couverture du tome 17 arrivera dans nos contrées en Octobre et les impatients qui lisent les scantrads n’arrêtent pas d’hurler sur les toits que le dernier chapitre,
classieusement nommé « Just A Simple Story About Killing People » – fout quelques baffes. Ce manga ayant une capacité très perturbante à me rendre Xsexuel (remplacer X par n’importe quel perso, homme, femme, Excalibur) je prépare dès à présent un autel à l’éventuelle future victime d’Atsuchi Ohkubo. Problème : cette année en France, Soul Eater ramait un peu dans un arc à rallonge qui te faisait penser que certains doujins et cercles de « parodies
non-officielles » – et ça n’a rien de négatif – valaient mieux que l’oeuvre originale. Je me garde les explications et références poussées sur le sujet pour après les vacances mais c’est comme si
les travaux des fans monomaniques étaient mieux dessinés ou plus passionnants que cette interminable histoire où nos héros doivent dégommer le méchant du moment, chercher un MacGuffin et finir le tout dans une scène classe en robe de soirée. Tout ça est évidemment très sympa mais lire un tome 20 minutes tout les deux mois est quelque chose d’encore plus frustrant… si l’action avance de cinq minutes à chaque fois. Du coup, si vous aimiez un personnage hors-champ, vous allez l’attendre jusqu’à l’année prochaine, cool!

Ce petit souci de rythme était habilement balancé car quelques petites couilleries inventives là et là, saupoudré de développements inédits (balancer une histoire de fond sur ses persos n’a jamais été quelque chose de honteux) mais j’étais fort satisfait de voir le manga définitivement prendre sa voie, le vrai canon de l’histoire SE dont les petits détails sont spoilés depuis des lustres à l’internaute un peu trop curieux. Résultat des courses?

Ce dernier tome 16 était carrément salvateur. Je vais me la pêter un peu : j’ai beaucoup de chance en ce qui concerne l’avenir de mes petits poulains de fiction, quand j’en ai un… il prends soudainement de la valeur, comprenez que le manga donne de plus en plus de raisons de l’aimer. Il reste « jeune » (tome 20 à prévoir) et la synchronisation des publications s’approche mais ce nouvel arc est terriblement enthousiasmant. Pourquoi?

Maka en ange

Le manga devient bien dessiné… et ça c’est un peu l’extase. On est passé de « pas très précis » à « carrément joli ». Ramza, rédacteur Total Manga, m’expliquait qu’Ohkubo lisait très peu d’oeuvres de ses collèges et en devenait donc peu influencé… Je pense sincèrement qu’on a atteint le moment où il arrête de tâtonner et ça donne un résultat si cool, surtout parce que…

– Les personnages grandissent. C’est tout con mais ça se voit et ça fait du biiiiiien. Le chara design change, les repères évoluent, il n’y a toujours pas vraiment de véritable « héros » dans l’histoire et de nouvelles têtes apparaissent (Gopher et son hilarant tic de lèvres pincées) si on essaie d’oublier deux trois passages qui sonnent faux, si faux (le duo « comique » et son apparition dans le chateau, pardon, excusez moi, ne nous la refaites plus) bref tout ça est couillu, se renouvelle dans le bon sens et c’est pas habituel si tôt dans un shonen.

Ce tome nous montre en plus qu’on peut enfin prendre son temps en lisant un volume.. mais aussi assister à une scène d’action bien gérée, dynamique mais pas trop rapide… et avoir un bon cliffhanger. Rafraîchissant parce que je commençais à me demander si Ohkubo n’était pas juste un mec un peu chanceux, ayant pleins de bonnes idées pour construire un cadre mais sans réelle « vision » – certains choix graphiques/scénaristiques etc semblant un peu maboules. Ces craintes sont franchement éteintes et j’attends la suite avec une impatience non dissimulée!

En gros, en Octobre, ça va être la fête à la maison… avec plein de bras, une épée par membre. Good luck!

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… meanwhile, in Victorienne Angleterre

J’aurais aimé vanter les mérites de Black Butler avec un peu plus de conviction… mais il manquait un petit quelque chose, un truc que le manga a : un peu de constance. Si le deuxième anime commence avec un autre majordome et un autre shota, ce serait un scandale monsieur le juge – mais pas vu, pas la légitimité de commenter – disons que l’anime criait « LIS MA VERSION PAPIIIIIER C’EST UN POIL MIEEEEUUUUUX. » – Problème! A l’époque, il n’y avait que deux ou trois tomes… et Kana publie ça à la vitesse d’une Amy Whinehouse à la poursuite d’une bouteille d’eau, la faute à une publication japonaises qui prends son temps, elle aussi. (Si Black Butler dépasse les 27 tomes, on ne lui en voudra pas… mais j’aurais probablement atteint cet âge dans ce lapse de temps, attention les narines) 

C’est avec quatre tomes supplémentaires en un an qu’on a pu voir la « véritable » histoire de Black Butler, dans le sens où le canon manga diffère de l’anime, comme dans l’exemple d’au dessus. J’ai toujours tendance à penser que l’anime est une « face B » mais celle la avait les cojones de proposer une fin cohérente, bien qu’un peu… sortie de nulle part. Après la « phase indienne », l’histoire prends donc un nouveau tournant dans ce cirque qui donne l’occasion de constater plein de trucs!

D’abord – et ça vaut pour à peu prêt tout – si les préfaces de l’auteur d’un manga semblent émo, la suite va être bien dessinée. Vous n’êtes pas d’accord? Non seulement ces messages sont étranges, non seulement le manga Black Butler est extrêmement stylisé. Passé le stade du « Héééé c’tune histoire de gonzesse! *burp* », des couvertures pas toujours simples à arborer dans le métro et des posters très rococos offerts par Kana, on se rends compte que le baroque peut avoir du bon. Comme Soul Eater à sa manière (dans une portée plus symbolique) – Black Butler est beau. En apparence évidemment puisqu’il a une tendance surprenante à être méchamment… glauque.

… Non pas qu’il y ai du mal à ça mais c’est comme si il y avait tromperie sur la marchandise… une bonne tromperie, comme une réduction par erreur. Ce manga acquiert une profondeur sans qu’il en ai réellement besoin, même si il dépasse peut être un peu les bornes (la fin du tome 7 est sombre, sombre, ne véhicule rien de positif et se permet un cynisme inhabituel) sans que ce soit… réellement perturbant, toujours dans le « mauvais » sens du terme. Il bouscule un peu, met quelques pointes d’humour là et là… et n’hésite pas à fournir une plâtrée de nouveaux persos très détaillés. Je rappelle qu’on parle de la fin du XIXè siècle et que ça se répercute d’une manière – probablement, j’en sais rien) réaliste non pas sur l’ambiance, mais sur la mentalité aristocratique de l’époque. En gros, les puissants sont débauchés et se permettent un peu tout…

Toujours excellent à suivre, un régal pour les yeux, un peu schizophrène dans son traitement mais qualitativement GRAND.

… pendant ce temps, mais il y a un instant, à moins que ce ne soit dans cinq minutes

Mirrai Nikki est sur le point de se terminer. Actuellement, si il ne devait rester qu’un seul manga dont le scénario est « il ne doit rester qu’un personnage » – Mirrai Nikki gagnerait le concours de sa propre intrigue – dessins cools, personnages cools (oui, jusque là l’argumentaire n’est pas flamboyant) et ce petit sens du suspense et de l’action « à vitesse rapide » que peut avoir la narration de temps en temps en font un manga tellement agréable. Il doit en exister des tonnes au même niveau mais celui là n’a jamais été un achat regretté…

MAIS. Mirrai Nikki est comme cette ligne, il commence parfois par des mots interdits dans les petites règles de la syntaxe et à cette tendance carrément fâcheuse a ne pas savoir sur quel pied danser. Thriller psychologique? Romance? Action? Je vais pas plus paraphraser mon autre post mais ce souci est devenu encore plus évident quand la relation Yukiteru/Yuno atteint son aspect « happy end » où on a droit à une scène un peu redoutable où je me suis senti un peu voyeur. C’est très peu de choses, ça peut paraître touchant mais le moindre bout de sein dans un manga qui a passé tout le reste de son action a être safe m’évoque Battle Royale et y’a comme un petit réflexe Pavlovien qui me fait baigner les dents du fond. C’est minuscule et voilà un autre souci, bien plus majeur à l’approche du final : l’intrigue s’embourbe dans le grandiloquent… et c’est pas génial. On dirait que l’histoire est pensée en couches, à la Lost en moins bien gêré… pourquoi nous sortir la carte du « voyage dans le temps? » C’est cohérent dans le contexte mais ça rends confus une histoire de base assez peu précise. Un Concombre confus est un concombre triste, et un concombre triste fait des billets émos sans interêt. 🙁 

Allez, on sent bien que les choses s’accélèrent puisque les seconds couteaux subissent une Blietzkrieg effarante, un perso charismatique comme pas deux se tape la fin la plus agréablement surréaliste de l’histoire et… il n’y a plus rien à exploiter, concrètement. Mes attentes sur la fin de ce manga sont assez hautes car les portes ouvertes sont nombreuses et la fin imprévisibles… mais j’attends au tournant la vision définitive du « genre » de Mirrai Nikki. Non pas que je réclame une fin de type « Ho, c’était qu’un rêve, je peux retourner à ma vie pourrie sous mon placard… han! Poudlard aussi c’était qu’un rêve? :(« 

… mais il y a deux poids deux mesures.

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Le post devient interactif! Remplacez Gopher par ma tronche et Kid par Yuno. La scène est parfaite. Le coup bien placé. C’est indubitablement agréable pour tout le monde

… au pays de Candy, comme dans tout les pays

Deux autres trucs avant de vous lâcher. Bakuman, d’une part, a eu droit à son post et il n’y a eu qu’un tome de sorti entre les deux donc pas de quoi en rajouter des tonnes au delà du sempiternel « c’est très bien ». Évidemment que c’est très bien banane, que l’interêt d’en parler sinon – et ça reste foutrement bien. Ce nouveau volume s’est un tout petit peu calmé dans sa vitesse de narration (il écoule quand même six mois… à moins que ce ne soit une année, saitplusfaitchaudici) et il a le chic de commencer à planter les quelques petites graines qui, on le sent de très loin, feront toute la saveur de la suite. La discorde va finir par briser notre petit duo de génie et c’est là qu’on va craindre pour leur amitié (l’équivalent de la vie pour tout autre fiction, c’est Bakuman là) – même si les persos stagnent un peu, voire beaucoup, on lit des réactions un peu nouvelles mais cohérentes – le manga ne sait pas s’éloigner ne serait-ce qu’un tout petit peu de ce derby mis en abyme, le temps de deux trois pages… si c’est pour nous servir des histoires amoureuses insipides, très bien, continuons à la cacher en filligranes, c’est très bien. En revanche, pourquoi nous imposer les bases de ce qui risque d’être un triangle amoureux destructeur pour les personnages? Et voilà, je suis de nouveau triste. 🙁

Pour aller toujours plus loin dans la structure « eladimaryp » de ce post, trois lignes sur Maria Holic en manga : achetez les vites, leur éditeur est mort, du canon frais, aussi agréable graphiquement que l’anime, un peu sérieux de temps en temps… et une propension hilarante à se foutre du rythme au profit du sens parodique qu’à, de manière systématique, cet univers… c’est amusant.


Petit hors sujet pour vous recommander chaudement Edge et Games, les deux magazines anglophones sur le jeu vidéo… et une mention spéciale sur le dernier que j’ai découvert récemment, moins cher, plus accessible et un poil plus ouvert – mais dans les deux cas, que ce soit dans le contenu, la maquette ou l’originalité, c’est deux fois supérieur à tout ce qu’on peut trouver chez nous.

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