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Sagadaÿtaÿ⁵ #9 : Silversun Pickups

Fuck yeah dream pop. D’abord nommé « A Couple Of Couple » – puisque littéralement un duo d’amants – les Silversuns Pickups ont quelque peu changé leurs formation et ont sorti un premier EP, Pikul. Ont suivi deux albums formidables, Carnavas et Swoon. Ce groupe Angelenos est éternellement comparé aux Smashing Pumpkings pour de bonnes raisons : quand bien même ces derniers sont un peu plus rigoureux sur leurs enregistrements, ils y a pas mal de mouvances en commun. Le mot clé que je ne me lasse pas de sortir est son éthéré. Frontman : Brian Aubert et sa voix très androgyne – mot d’ordre : des guitares très saturées, un gros son, une batterie toujours très rapide et mécanique et une musique toujours très planante, mais franchement nostalgique et tristoune au pire, forte et puissante au mieux. Pas idéal pour les mariages, quoi. Ca ne les empêche pas de faire des morceaux ahurissants : dans les deux premier, je recommande fortement Well Thought Out Twinkles, Lazy Eye, Growing Old Is Getting Old, Panic Switch et son solo de guitare qui t’emmène loin dans la stratosphère. Une musique glaciale, assurément. Neck Of The Woods est leur troisième album, il vient de sortir, comment tout ça évolue-t-il? Font-ils des morceaux toujours aussi longs?

Très belle pochette. Je ne sais pas ce qu’elle véhicule, peut être un contraste entre la tranquillité apparente du plumage et la nervosité du ramage.

Skin Graph commence super doucement et amorce ce gimmick étrange, comme si la guitare démarrait au diesel. L’habituelle batterie archi rigoureuse s’expose juste après, et oui, ils sont de retour, et pour l’instant, ils cultivent le même style! Il suffit d’attendre le refrain pour s’en rendre compte – une amorce assez silencieuse pour mieux préparer une chorus doucement hurlé ou tout se juxtapose parfaitement. Ca ne donne qu’une minute de vitesse pour cinq autres de douceur, mais quelle minute! La toute dernière est parfaite et annonce parfaitement le ton de cet album. C’est plus une alarme ou une alerte dissonante qu’un riff, d’où la jubilation.

Make Believe démarre tout aussi doucement, il s’annonce davantage comme un exercice vocal que d’un show-off instrumental… mais on retrouve l’exact même gimmick de la pause (même effets sonores et tout) que la précédente. Le moment rock alternatif bourru ne commence qu’à 3′ et quelques avec un solo archi sec et brut de décoffrage, tout en souplesse dans le poignet. Hop, on glisse le titre dans les paroles et on termine avec un petit pogo rapide qui laisse la place à une conclusion en miroir. Oh mon dieu, Bloody Mary est… SYNTHÉTIQUE! Une quasi-première chez les SP, impossible de ne pas penser aux Crystal Castles avec ce son et cette grille d’accords. L’ensemble s’épaissit de plus en plus, on retrouve cette habitude de fournir un spectre sonore extrêmement fat. Bam, on amorce doucement un changement de style. C’est un peu plus électronique, un peu plus avenant, on entend même la voix de Nickie, plus habituée aux harmonies qu’à de vraies paroles… ça devient plus dansant, plus énergique – vaguement plus « majeur », en bref.

L’intro de Busy Bees évoque à mort Carnavas et ce n’est pas ces toms qui se la pètent un peu qui vont nous faire penser le contraire. On peut trouver le titre un peu débile mais il devient judicieux quand son interprétation instrumentale arrive : des coups de gratte en contre-temps plus une débauche de rides, original. Comme d’hab, c’est une question de progression qui viendra avec du delay et du tremolo-picking (des notes grattées à vitesse flash façon Misirlou) encore une fois, la conclu est exactement comme l’intro. Here We Are (Chancer) démarre avec une boîte à rythme qui laisse un peu suspicieuse, quelques arpèges de lover, un peu de piano… il émane une certaine tranquillité de ce morceau, loin des refrains carrément criards de Swoon, que les auteurs jugeaient « carrément trop forts ». Mean Spirits est fascinante : le rendu du titre se fait en surprise dès les cinq premières secondes, un gros machin qui vient te taper dans le dos sans prévenir. Les esprits chagrins pourront dire que ce sont des tonalités de J-Rock, ils auront… plutôt raison. Là, ça marche, grâce à cette gratte acoustique sévère et à cet esprit décidément plus énergique que ce qui a précédé. Vraiment difficile de ne pas imaginer certains bouts en opening de X série. On termine avec cette « cavalcade » dissonante et délicieuse. Simmer est un mix de l’esprit des trois premiers albums. J’imagine qu’elle résume le groupe à elle seule! The Pit peut faire penser à … du School Of Seven Bells. Étrange. Ca n’empêche pas de plaquer ces éternels accords qui interrompent tout le reste, de faire du SP sérieux et spectral mais avec quelques claviers derrière. Tout ce manège continue encore dans deux autres pistes puis l’ensemble trouve sa conclusion avec Out Of Breath. Petite gratte qui ferait presque Dance Rock, chanteur un peu plus en mode « rock de stades », allers-retours entre les octaves appuyés par de gros coups de caisse claire. Hop, c’est fini, une heure pile, cohérent avec quelques éléments en plus. Toujours aussi planant. Un groupe qui ne demande pas trop d’investissement : trois albums solides.

D’la balle.

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