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Tout le monde sait ça

 Aujourd’hui… je n’ai pas d’idée. Hashtag pas d’idée. C’est dramatique comme sensation. Je vais devoir faire péter un « post réserviste » qui n’aurait pris qu’une moitié d’un post normal. C’est bien triste. Je me suis d’abord dit que j’allais faire un truc potentiellement rigolo avec les candidats à la présidentielle mais une fois fini, ce n’était pas rigolo du tout. En plus, j’ai du attendre une journée pour ne pas poster le prochain Mario Maso en plein Dimanche d’élections. Journée déprime les enfants.

HEUREUSEMENT, ces quatre avatars 360 sont super contents! Moi aussi, du coup. Alors, quoi d’hystérique à la télévision ce soir?

Je me suis fendu, il y a un peu moins d’un an, d’une apologie de You Don’t Know Jack – un excellent party game qui, avant tout, se basait sur sa qualité d’écriture. Je ne répéterais pas mon petit préambule sur le genre mais voilà un jeu français qu’il peut être sympa de posséder dans un contexte… festif, voilà. Scene It est un jeu qui anime les soirées entre deux bières et qui a l’avantage de casser moins d’amitiés que Mario Party. Le seul souci – et il n’est pas des moindres – c’est que le trouver n’est pas l’évidence même! Il ne coûte plus grand chose mais farfouiller les habituelles crèmeries de reventes sera un petit défi préliminaire : le jeu n’a d’intérêt qu’avec ses buzzers fournis – avec les piles, oui madame. Cela donne un petit cachet jeu télé au truc et cela permet de toujours pouvoir payer la retraite de vos parents en économisant une centaine d’euros en manettes. Pack intégral obligatoire mais celui là ne dépasse jamais la vingtaine d’euros… et l’ensemble date de fin 2008!

… ce qui n’est pas si terrible, d’une part parce que cela reste un jeu (très relativement) intemporel et, d’autre part, parce qu’il revient de loin. Il n’est pas impossible que ce nom évoque pour vous un jeu de société sorti au début des années 2000… et c’est tout à fait vrai. Fourni avec un DVD, Scene It pouvait se targuer d’être l’un des premier jeux de plateaux se jouant en corrélation avec un écran – pourquoi? C’est un jeu basé sur la cinéphilie… cela permettait donc d’incorporer des extraits de films dans le gameplay, mais aussi d’afficher les questions sur la télé. Facteur aléatoire + technologique + extraits classieux, le combo gagnant qui a donné une multitude de variantes, pas toujours disponibles en France : Scene It Simpsons, Twilight, etc. Fédérateur et fun.

Le concept se prêtait bien à une adaptation en jeu vidéo et ça n’a pas loupé : Scene It : Box Office (soyons précis, que diable) est en fait le maillon d’une série de deux ou trois opus utilisant les mêmes manettes colorées, mais il semblerait que seul celui-là soit traduit et adapté dans l’hexagone. Pourquoi prendre la peine de le signaler? Le renouvellement des questions peut être un problème… le jeu de société proposait deux alternatives : soit un mode « aléatoire » où chacun pouvait prendre le risque de tomber sur des redites, soit des parties « pré-programmées » contenant, par définition, les mêmes questions dans le même ordre. C’est à double tranchant puisque c’est la porte ouverte aux petits malins qui pourraient faire semblant de ne pas connaître le contenu d’une partie gagnée d’avance, vilénie. Là, pas question de ceci mais un (unique, bouh) DLC peut permettre de pimenter les parties… sous peine de tourner en rond encore plus vite puisqu’on ne peut pas « mélanger » l’extension et le jeu principal. Bref.

La question est : comment mélanger jeu de société et trivia? Rien de plus simple, Scene It se base sur un modèle connu depuis la PS2 et ses ineffables séries de jeu à buzzers : c’est plus un outil qu’un véritable jeu, dans le sens où la notion de gameplay n’a rien à n’a faire ici. Que du texte, des choix à faire, des points à gagner et des gens à dégouter grâce à votre culture blindée du cinéma. Un joueur, deux, trois, quatre, le plaisir est proportionnel aux nombres de participants, un peu comme tout : les parties de Twister, le squash, etc. Inutile de vous baragouiner les règles du jeu pendant des heures : on buzze et on choisit une réponse où on passe à la deuxième étape directement, on gagne plus selon sa rapidité et on peut enclencher un mode diabolique où les mauvaises réponses sont négatives… ce qui empêche pas mal de choses, dont, par exemple, le fait de buzzer dès que possible pour prendre cinq secondes de réflexions face aux quatre réponses proposées. Fourberie, encore, toujours.

STEVE MARTIN

Les parties sont, il faut le dire, un poil plus formatées : le jeu aurait pu prendre le choix de recopier le plateau et de simuler des cases, des pions et tutti quantti mais l’ensemble est toujours divisé en trois étapes plus une manche finale, une sorte de super banco parce que oui, le monde est injuste. Partie courte, partie longue, ce critère détermine le nombre de mini-jeux par étapes. Dans chacune de celles ci, un extrait de film… c’est évidemment la grande constante entre les deux supports. Étrangement, on différencie les extraits « RIGOLOS » (en capitales, pour l’hystérie) et les sérieux qui tombent souvent en dernière manche, justement… ces extraits, de longueur variable mais jamais exagérative, brassent un panel de films de toutes nationalités : il n’est pas du tout impossible de voir un Fabrice Lucchini gesticuler partout et ça, c’est un gage de qualité indéniable. Un extrait : des questions. Périphériques, sur des petits détails ou du méta complètement inconnu de tous : un extrait déjà vu ne signifie pas du tout une même série de questions, bien au contraire, mais cela donne une dimension arbitraire assez délicieuse à ce type d’épreuve. Ca rompt un peu avec le rythme du reste mais c’est LE passage obligé, ce moment unique où tout le monde fait attention à la moindre plante verte dans l’espoir de glaner des points. Mince, c’est un peu comme passer des concours en fait… mais là, je joue à domicile et je suis invaincu. Ahah! :D

Deuxième effet kisscool : avoir découvert pas mal de choses via ce medium. Curieusement, je suis probablement loin d’être tombé sur tout les extraits disponibles et je dois avouer que le nom de Steve Martin me disait à peine quelque chose avant de tomber sur tout ça ; Depuis, j’ai maté « L’Homme au deux cerveaux » et je me suis fait dessus de rire devant ce truc qui fait très Austin Powers avant l’heure… et ça marche avec de nombreux exemples. De la même manière, les époques sont extrêmement variées, allant du film contextuellement très frais (2008 quoi) aux vieilleries comiques et inconnues des années 30 ou 40. Je ne sais plus, c’était bien avant l’ère des films intéressants avec des explosions, tout ça.

Tout va bien, le jeu n’est pas uniquement basé sur notre capacité d’attention, il y a aussi une légion de mini-jeux fonctionnant sous le même modèle : un emballement un peu crétin, des musiques génériques mais rigolotes et vous aurez des épreuves relativement variées – reconnaître un film selon un screenshot, avec ses intervenants supprimés de l’image, avec un extrait sonore, des questions de trivia… tout ça est direct, fédérateur, respirer est un acte à peine plus simple que la compréhension nécessaire pour jouer à tout ça pour peu qu’on exclut le système d’avatar et de choix de compte par joueur qui reste un chouïa laborieux (c’est l’un des tout premiers jeux après la refonte de l’interface 360 qui a injecté ces avatars.) Papy, Mamie, le chien et le foetus pourront tous jouer à ça quand tout le monde aura bien mangé le gigot dominical. Bien évidemment, c’est bien plus drôle entre copains et il n’y a rien de plus jouissif que de débloquer des succès après un certain nombre de bonnes réponses dans tels ou tels critères. Le contenu et le méta sont là.

Après, on peut noter la présence d’épreuves – on va dire un poil plus « excitantes » – qui s’inscrivent plus ou moins dans styles qui peuvent nous plaire, nous les gros geeks. Je retiens tout particulièrement les « Pixels » qui essayent de nous faire trouver un film à partir d’une animation 8-Bits, ou les Dessins d’Enfants qui demandent de deviner un titre… à partir d’un dessin simplifié, duh. Ca donne un cachet original et réellement « exclusif » à la console mais ce sont les épreuves qui deviennent le plus redondantes car un tel travail d’animation n’a pas pu permettre une centaines de variantes différentes, hé non.

Il n’est pas exempt de reproches : sa voix off est française mais elle excelle dans l’art de la non-vanne ; C’est rapidement pénible. On pourrait dire que l’intégralité du gameplay est très sage et ne permet pas de coup de pute particulier, les règles sont simplissimes et l’interaction avec autrui est limitée, voire nulle : on pourrait jouer à quatre chacun dans un cabinet fermé, ça ne changerait rien à l’affaire. On veut du putassier! Façon Wario Ware! Des jeux à boire!

Ce n’est évidemment pas un jeu dont une utilisation intensive serait judicieuse, au même titre qu’y jouer seul n’est pas très malin. Il se picore, on est loin de la mentalité d’un univers persistant, c’est rien de le dire. Il existe pourtant un mode online permettant de faire des parties avec John Doe mais le jeu est déserté depuis les temps immémoriaux, il faut donc se mettre d’accord avec un autre possesseur du soft. Le DLC se joue en multi mais toujours de manière indépendante. Pour ce prix là, les questions ne retombent pas encore et quand bien même on revoit certains extraits, on est toujours certains de pouvoir en découvrir de nouveaux, comme je découvre toujours certains aspects du jeu de société qui anime mes soirées depuis une demi-douzaine d’années. Ce parti game est tout con, pas spécialement ambitieux ou d’une esthétique ahurissante mais il fait parfaitement son boulot de cale entre deux activités – et ça, c’est déjà lui porter préjudice, car Box Office fait les choses avec brio et talent – on lui pardonnera deux trois petites imprécisions et fautes de traduction dans les réponses, tout de même. C’est promis, c’est source de bons moments et avec un peu de chance, vous vous taperez le même fou rire quand vous verrez succinctement deux de vos amis danser le disco avant le lancement d’une épreuve.

Ben oui, c’est déjà fini.

 Mon dieu, Dimanche il faut aller voter, je ne voudrais pas vous influencer mais n’oubliez pas le seul candidat sérieux du lot, parce que OUI VRAIMENT, ça ne vous coûte rien. Rep a sa, bo loulou.

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