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Sagadaÿtaÿ⁴ #12 : Flagrant des lits

Cher Internet, cher lectorat, je te sais amateur d’histoires glacées et sophistiquées, tu es croustillant de ces petites anecdotes crétines qui illuminent cinq bonnes minutes, au coin du feu ou quelque part dans le box du boulot que tu pensais temporaire. Tu es cultivé, je le sais, et ce titre t’as immédiatement fait penser à Polnareff. Hé bien, mon histoire c’est un peu la même chose, beaucoup de suggestion pour pas grand chose et pas mal de scandale qui brasse du vent mais une belle histoire quand même qui, je suis sûr, te fera rêver.
Cette histoire (qui remplit donc la case annuelle du mème issu de la télé américaine), c’est la fantastique épopée d’Antoine Dodson, connu pour ses exploits contre « l’intrus des lits »


Antoine-Dodson-doll-Bed-Intruder-song.jpg(Le personnage principal – représentation non exhaustive)

Nous sommes donc le 28 Juillet 2010, dans l’état de l’Alabama – capitale : Montgomery – devise « Il bat sa femme! Il va pioncer! Alabama maaaan! » – un état bien connu pour son raffinement et sa virilité. C’est l’été, les jeunes filles fleurissent, les esprits s’échauffent et voilà-t-y pas que cette nuit, un gonze décide mine de rien de
s’incruster chez la famille Dodson, dans la ville de Huntsville … et de se glisser, mine de rien, dans le lit de Kelly Dodson. Bien sûr je ne connais pas personellement ce gars et je ferais que supputer ses motivations mais il se pourrait qu’il voulait faire crac-crac sous l’effet de surprise (qu’on appelle fatalement le « sex par surprise » – comprenez viol) – il n’empêche que le même individu est rapidement refroidi dans ses ambitions puisque la fille se réveille et hurle, attirant par la même son frère, Antoine, qui le pourchasse hors de chez lui… on ne le retrouvera pas, ce dernier ayant détalé on-ne sait où ne laissant que son haut derrère lui. Plus de peur que de mal mais une information qui fait quand même l’actualité des faits divers sur une chaîne locale…

Une anecdote qui ne dépasserais pas cinq minutes dans un podcast et qui, à priori, n’a pas de potentiel « mémétique ». Le viol, même rendu marrant avec ces circonstances loufoques, ça n’a jamais beaucoup fait rire internet sauf cas exceptionnel (par exemple, l’affaire DSK n’ jamais touché Reddit et autres sites d’habitués) mais notre héros sauveteur-des-lits-illégitimement-occupés est devenu, en quelque sorte, la star du web et de ses occupants.
Le même jour donc, une chaîne diffuse ce reportage où il raconte les exploits coquins d’un inconnu dans une petite ville de l’Alabama. Exposition des faits à l’ancienne, deux trois plans de reconstitution quand la caméro se tourne sur le principal protagoniste, cela donne CECI

« Planquez vos maris, femmes et enfants, on a violeur en ville! » Un petit monologue aux inflexions rigolotes qui n’enlève pas la portée héroïque de son geste mais être maniéré de pardonne pas trop sur le web. A force de jouer au ping pong avec sa tête à chaque mot, ce cher Antoine a hypnotisé les téléspectateurs qui ont immédiatement pris des captures et matraqué la tête de cet individu sur Reddit. En anglais, ce monologue, c’est un peu comme du Moundir : le vocabulaire et la prononciation est un peu inhabituelle, bizarrement ghetto-verbeuse, yo, il est en devenu culte! Tout ça pourrait s’arrêter là mais le phénomène va être toujours plus fourni par le même mec. Très peu de temps après, un reportage est diffusé où on signale cette popularité à l’intéressé… qui créé un site web à son nom un peu moins d’un moins après le début des évènements. On sent rapidement qu’il y a une implosion d’égo potentielle quand la marque des grands arrive…

Les « Gregory Brothers » ont mis en ligne un morceau remixant le monologue, auto-tune à l’appui. (Vous savez, ce procédé qui fait « chanter » n’importe quel mot, plus discrètement utilisé dans des morceaux du genre « Wake Me Up When September Ends » ) c’est peu de choses sur le papier mais quand on invoque le sens artistique d’Internet, c’est qu’il y a potentiel-drôlerie derrière. Ultime preuve de succès : Antoine Dodson est sur Rock Band! Yo dawg, j’ai entendu que tu aimais les mèmes, j’ai donc mis un mème dans ton mème : Youtube s’amuse immédiatement à faire des reprises sur les instruments les plus improbables qui soient. (A ce stade, je sais pas si tout ça est super
mature mais c’est Internet, brfrfrf)

Implosion effective d’égo de notre ami Antoine, télé-réalité créée à sa gloire, récente arrestation pour des broutilles, la routine pour une micro-célébrité des médias. Le net continue ses remixes et ses images macro qui ne fonctionne qu’avec les autres occurrences du viol dans l’actualité, fatalement.

Quel exemple pour la jeunesse, Alabama-Man!

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Sagadaÿtaÿ⁴ #10: The Room

YOU ARE TEARING ME APART INTERNET
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Ce post est dédié a mes quelques lecteurs nanarophiles, qui auront d’emblée reconnu le mème du jour – et si ce n’est pas le cas, ils ne peuvent tout
simplement pas légitimement réclamer ce statut… comme ça, tout le monde s’y retrouve.

Avant toute chose, je vous conseille nettement de mater cette vidéo de Galoo. C’est une version sous-titrée en français de la vidéo Nostalgia Critic d’un film nommé – The Room – alias « la pièce » ou la chambre. La pertinence du titre m’échappe un peu mais, de retour en Juillet 2010, date à laquelle la vidéo originale est postée, le film ne me dit rien et je n’ai pas la bonne volonté de regardé ce qui peut passer pour un bête film un peu raté des années 90.

Perdu! The Room est un film qui ne dépasse pas 2003, il a été tourné, réalisé, écrit par Tommy Wiseau, un huluberlu aux origines très incertaines (on lui prête avoir vécu à la Nouvelle Orléans avec son vague accent français) qui a néanmoins passé une majeure partie de sa vie à récolter et sauver ces fonds pour concrétiser ce qui fait très « projet d’une vie ». Un truc relativement intimiste pour ce film qui va devenir l’une des cibles préférées du web, cette année là (han-han han-han) … seulement voilà, je n’ai donc pas regardé cette vidéo critique et je ne me serais probablement pas rendu compte du « phénomène » si le Nostalgia Critic ne s’était pas fendu d’une deuxième vidéo plus tard, intitulée le « Tommy Wiseau Show ».
Intriguant – on comprends rapidement que le one-man band du film en question s’est empressé de faire valoir ses « droits » et a fait retirer presto la critique (qui conseillait honnêtement de voir
le film pour une raison pas méga flatteuse mais qui en fait la promotion, néanmoins) ce qui a donc valu à notre cher Doug Walker, de manière exceptionnelle, de se payer ouvertement la tête de quelqu’un. La vidéo originale a été re-mise en ligne quelques mois après mais qui de film en lui même et de sa critique? Ben, pour paraphraser le lien ci-dessus…

Ce n’est pas comme s’il y avait un problème dans ce film, ce film est un problème. On dirait qu’il a été très intelligement pensé particule par particule pour ressembler à une parodie de série Z mais il n’en est rien, tout a été sorti et pensé par un esprit extrêmement sérieux dans sa démarche. Ne serait-ce que l’image datée tout droit sortie de l’époque Beethoven (le chien, je précise) et l’affiche qui, en plus de faire peur, fait aussi dans le style Wordart ce qui n’est pas incompatible – les acteurs jouent comme des patates, le scénario est à caguer par terre puis à se rouler dedans et nombre de lignes du script font mourir de lol grand nombre d’Internets. Ca ne s’est pas limité à ça puisqu’à sa sortie (très locale, donc) – le film a généré autour de lui un culte célébrant une telle nanardise. Un peu comme le Rocky Horror Picture show même si on joue évidemment pas dans la même catégorie : des gens organisaient des séances de nuit, s’habillaient comme leurs persos favoris et balancaient des objets « iconiques » en pleine séance comme par exemple… des cuillères.

Tout ça est bien beau mais cela ne concerne pas encore Internet, qui n’a découvert le bazar que bien après, la vidéo du Nostalgia Critic accélérant sérieusement les choses. Ce n’est pas Doug Walker qui a fait découvrir le film au monde – un excellentissime jeu Flash ayant fait son apparition six mois avant, par exemple – mais la toile a compris le potentiel mémétique de ce film… et de ses personnages. Que ce soit la pimbêche aux dialogues-disque-rayé, le gamin creepy dont les origines sont inconnues le fameux duo comique « doggy et la fleuriste » ce sont surtout le héros (interpété par Tommy Wiseau donc) et ses inflexions pourries/phrases débiles/jeu d’acteur atroce qui font mouche. On peut se repasser une bonne partie de ces ratages avec cette soundoard, par exemple.

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Cela fait donc dix huit mois et quelques que sur Internet, 4chan, Reddit, Twitter ou même n’importe où In Real Life, tout le monde s’amuse à caser des mimiques de notre ami Johnny. Son hilarant gimmick du « Haï » pour saluer tout le monde, le « Anywaw, how’s you’re sex life » sorti de nulle part voire bien plus loin et autres « ha ha ha ha ha ». Un modèle de nonchalance dans l’un des films les plus soigneusement ratés qu’il existe… mais vous connaissez le Tropes : c’est du so bad it’s good. Ca vaut effectivement le coup d’oeil et vous aussi, vous pourrez mixer votre culture même avec de l’anglais bizarre… et peut être faire le film à votre gloire. Vraiment! Il faut le voir pour le croire… et ça explique les deux trois références que j’ai pu faire cette année.

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Sagadaÿtaÿ⁴ #8 : La trépidante vie de Keanu Reeves

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 « Boy does this anime sucks. »

« Je suis ton plus grand fan, je te suivrais jusqu’à ce que tu m’aimes, papa-paparazzi » chantait la poétesse Stefani Germanotta, juste avant de se faire bouffer par les loups. Il y a quand même une part de vérité dans ce babillage honteusement peu mélodique : il y a une certaine tendance récente – passez moi l’expression – qui consiste à créer du contenu mémétique avec les clichés pris par nos chers photographes-branche-scandale. En 2010, deux « victimes » principales : le grand Leonardo Di Caprio – qu’on a tous vu dans une posture rigolarde en plein tournage d’Inception, ce qui lance la tendance du « prends ta star en photo en pleine posture/expression significative et découpe le pour le mettre dans un contexte rigolo. » mais aussi Keanu Reeves.

COMMENT? VOUS NE SAVEZ PAS QUI C’EST? C’EST LE POINT KEANU REEVES, POUR VOUS. Keanu est un petit gars australien qui a le fétiche amusant des rôles stoïques. Vous vous souvenez probablement de sa performance dans Speed, mais
aussi en tant que l’immémoriel Neo dans Matrix ou, plus récemment, tout cel-shadingé dans A Scanner Darkly ou en exorciste dans Constantine, ce film pas fantastique qui avait quand même deux trois passages visuellement marquants. Il collecte donc les rôles où il est extrêmement difficile de lui arracher un sourire franc et sincère ce qui lui donne cet espèce d’aura qui te donne envie de lui faire un câlin.

MAIS! Cet état de fait ne s’arrête pas à ses films puisque le véritable Keanu Reeves, l’homme derrière tout ces rôles monolithiques, est également un homme qui est habitué à se faire faire caca dessus par la vie. Abandonné rapidement par son père, lui et sa mère vivent un existence qu’on peut qualifier « d’un peu bof » où pas grand chose ne va l’aider à avoir une enfance stable ou heureuse. Naviguant d’un bahut à un autre, voyant défiler les beaux pères potentiels, Keanu n’a pas beaucoup de chance dans la vie avant de décrocher ses premiers grand rôles. Ce n’était d’ailleurs pas la fin de ses soucis puisque sa vie d’adulte confirme ne s’arrange pas : bébé mort-né, soeur et confidente leucémique – on dit qu’il ne cherchera pas à établir quelque relation amoureuse au jour d’aujourd’hui. Comprenez, Keanu Reeves est un aimant à câlin pour n’importe qui lit sa bio avec un peu d’attention, son image est donc la même dans ses rôles et dans la vraie vie.

Pas de soucis ma bonne dame, l’Internet est là et il va tenter d’arranger les choses à sa façon. Une série de photo débarque sur le board /a/ (pour anime, un peu hors-sujet donc) et représente la scène qui suit : le père Keanu se ballade tristement dans le triste monde de la vie triste et s’arrête tristement sur un banc moche pour manger un sandwich en faisant la gueule. La scène est déprimante, il y a même un pigeon là pour se payer sa tête. Pour ne rien arranger, Keanu est fortement barbu ce qui, comme nous le dit les meilleurs clichés de fiction, est un signe post-dépressif. Un paparazzi prends cet instant sordide et le bazar atterit donc sur 4chan, puis reddit, le business habituel. Objectif : si on ne peut pas lui donner le sourire, essayons au moins d’en faire un même. GRAND SUCCES.

L’opération « Keanu est triste » ou « Sad Keanu » est donc la création d’images macro à partir de ces clichés, où le but du jeu est de mettre M.Reeves en scène dans le plus de contextes rigolos et différents possible. S’ensuit la créations de divers sites de receuils, parfois fermés de
forces suite à de vagues soucis de propriété… mais l’internet met sa passion habituelle a créer des pépites inventives avec du textes en blanc surligné noir. Il faut même pas deux semaines
après le post de la photo de base (début Juin 2010) pour que l’opération « Keanu heureux » soit mise en place – le 15 Juin est officiellement décrété comme la célébration de cet acteur, chacun étant invité à faire un petit geste. Ca n’a pas empêché la création de divers sous-mêmes tous issus d’un autre cliché à la noix, du genre « Keanu triste fait du ski » ou « Keanu triste avec un
casque ».

Depuis, Keanu est heureux… et il n’a plus besoin de faire la gueule pour attirer du nouveau « contenu mémétique » sur sa personne. Depuis, Morpheus est jaloux essaye de lui voler la vedette.

Rien n’y fait.


Keanu-Reeves-is-Jesus3.jpgUn Keanu heureux est un Keanu divin. Keanu Reeves s’est donc ajouté à la longue liste des « gens Jesus », auprès de Chuck Norris, Jack Bauer, Segata Sanchiro, Jesus mais pas Youe, toujours pas, Qu’importe, Keanu Reeves a peut être toujours une vie de merde, mais l’Internet est heureux. C’était certainement très intéressant.

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Sagadaÿtaÿ⁴ #6 : Rage Comics

C’est dangereux de lire ce post seul, prenez ce lien. Je ne connaissais pas reddit il y a peu et je préfère vous prévenir : si ce post ne va pas prendre plus de cinq minutes à lire, il pourrait bien vous bouffer deux ou trois mois de vie. Ce concept est crétin mais terriblement chronophage.

Individuellement, Reddit est un concept ravageur et il est peu probable qu’il soit banni du PC au boulot puisqu’il fait partie de ces sites « obscurs » au yeux des grosses légumes pour l’éternité. Le concept est tout simple : on poste, on soumet, on vote, on regarde le meilleur… ce qui donne un flux « d’actualité » en renouvellement permanent. C’est une section spéciale du site, le fffffffuuuuuuuuuuuu (sept f, douze u) qui regroupe les meilleures rages comics du moment.

Les rages comics, késsadire? Vous vous souvenez, il y a deux ans, j’expliquais tout simplement le concept de base, la « rage face », issu d’un comic très sophistiqué où un mec racontait le souci de retour de vagues quand on fait sa crotte dans les waters. Situation usuelle si il en est puisque le simple fait de faire quatre, huit ou trente cinq cases sous paint et utiliser ce personnage frustré est devenu un sport national sur les intrawebz. Deux ans et quelques plus tard, les règles du jeu ont évolué : les « rages comics » ne sont pas nécessairement liés à une anecdote frustrante ou énervante (la plupart invoquent des anecdotes de couples… ou de non-couples) mais sont toujours aussi marrants à faire et à mater. Les règles sont simples :

Plus c’est minimaliste, mieux c’est!
Ca doit être dessiné avec les pieds et écrit avec du Courrier, pour la touche vintage!

Ca DOIT être DROLE!
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Depuis tout ce temps, une multitude de personnages ont été créés. Parmi eux, on trouve (et sans illustration à chaque fois parce que)
Notre ami TrollFace, toujours aussi ridée et déformée. Peut éructer des sentences comme « U MAD » « U JELLY » (« T’es jaloux? ») – se déplace toujours avec des membres extra-longs et déformés façon Kamaji du Voyage de Chihiro… et est l’auteur des célèbres Troll Science, des petites maximes physiques souvent à base d’aimants et d’énergie infinie. Sous personnage : troll Dad, avec son monocle et son haut de forme. Dans sa forme ultime, le troll est représenté sautillant et dansant.
Le « Okay Guy » est cette tête ridée qui, basiquement, accepte sa situation sous la contrainte. Disons qu’un « okay » est toujours une pensée négative puisqu’elle illustre le fait d’accepter quelque chose de « moins » ou une fatalité quelquonque. Très efficace en fin de comic. Ne pas confondre avec le forever alone guy, le fin du fin
pour représenter le geek impossible d’interagir avec son prochain avec cette tête grosse et moche.

Vous reconnaîtrez également le « Pokerface », mot popularisé par le titre éponyme de Ladygaga, voulant exprimer… une absence d’expression. En gros, on essaie de ne pas faire transparaître quelque chose (où on se fait dessus) – variante, la « Bad PokerFace » qui tente la même chose mais sans réel succès, d’où une petite inflexion des
sourcils.

Plus récemment, il y a l’invention du « Me Gusta », cette tête très relativement plus réaliste et au nez un peu flippant, c’est la représentation d’une situation qu’on aime bien… mais, généralement, sale.

Ca tombe bien, la plupart des rage comics parlent de sexytime (donc de sexual intercourse (donc de sexe)) ou de fap, la version humble et solitaire – soit carrément de shlick (même chose, pour les filles)

Enfin, il est toujours de bon aloir de placer un « Fuck That Shit », portrait inspiré d’une photo d’un célèbre basketteur chinois (faisant alors une tête à la Gérard Darmon) pour se mettre en situation de dégout non feint mais peu démonstratif. Souvent, le FTS est effrayé par les araignées et va s’acheter du matos pour aller les bruler, c’est
tout à fait normal.

On y retrouve une pelletée d’autres gimmicks, comme le célèbre « Like A Boss » – expression toute droit sortie d’un clip de The Lonely Island, revérifiez l’AMV HELL 5 – qui situe un exploit géré COMME UN BOSS. S’accompagne généralement du « Fuck Yeah Guy », stickman à la position victorieuse qu’on dit inspirée de Bruce Lee, rien queça.

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>Maintenant, deux variables rigolues :
– Le Rage Comic possède son propre vocabulaire. Comme pour les Schtroumpfs, on ne parle pas, on « herpe » ou on « derpe », « herp derp » étant un néologisme pour illustrer la bêtise… comme on dirait « Poutrelle ». Dans un rage comic français, « Concombre va à la boulangerie » deviendrais « Herp va derper à la herperie », etc
– C’est de toute manière improbable puisque les Ragecomics ne sont drôle qu’en anglais… mais justement, depuis un certain comic et l’accumulation
de « Get » français sur 4chan (le fait de choper un post à chiffre rond, petit évenement local) la plupart des comics récents utilisent des pronoms français, toujours « le ». « Playing le Xbox with le friend », etc etc.
Voilà, vous savez tout, maintenant vous pouvez lire ce topic (ou faire de l’art sur RageGenerator)on se retrouve dans trente ans.

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Sagadaÿtaÿ⁴ #4 : Mon petit poney

Emmène moi dans ton pays magique!

C’est pas la première fois qu’Internet est envahi par les poneys. Sans aucun rapport avec la franchise de Mattel (?), cela fait déjà plusieurs années qu’on se traite tous de poneys, « poney rose » étant une étape en plus dans l’échelle insultante, « ta mère sur un poney rose » était l’Everest de l’offense dans notre milieu. Consultez le site de Petrified Eyes, c’est un expert en la matière.


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Cependant, vous n’êtes pas sans savoir qu’un nouveau dessin animé à fait son apparition en début d’année sur le continent américain. Typiquement le genre de truc qui fait un peu pitié quand on lit le synopsis mais qui devient étrangement addictif quand on jette un coup d’oeil – il n’y a pas si longtemps, entre copains dans un bar parisien, le sujet tombe sur le tapis et moi de rouler des yeux l’air de dire « quoi, encore ça, sérieusement » avant de comprendre que c’est le syndrome Bob l’Eponge qui fait fonctionner ce show : il s’adresse autant aux adultes avides de couleurs et d’animation qu’aux enfants ciblés.

My Little Pony, Friendship is Magic est donc un tout nouveau dessin animé dirigé par l’une des têtes pensantes derrières les Super Nanas, entre autres. On retrouve ce trait gras et cet amour pour les écrans multicolores… cette fois, dans l’univers des poneys roses, de l’amour et du rose bonbon à en vomir par tout les orifices possibles – il n’y a pas de piège, c’est un dessin animé conçu et pensé autour de l’univers des poneys magiques de notre enfance (de la même manière, un retour des bisounours est dans les tuyaux mais je doute que ce soit dans le même esprit)

Croyez le ou pas mais ce dessin animé fédère les plus geeks d’entre nous – il est traduit par des têtes connues et il y a même une appellation pour les fans de poneys, les bronies. Ce n’est évidemment pas valable si vous êtes un gamin parce que le sex-appeal du show réside dans sa capacité à asservir les âmes les plus viriles. Donner ce coup de coeur aux Internets avec un univers pareil relevait du défi… et regarder les aventures archi-crétines de ces poneys magiques est devenu le truc le plus cool du web.

Comment la chose a-t-elle été « repérée »? Une diffusion à la télé est évidemment un bon départ mais c’est un article critique rédigé après la diffusion du premier épisode qui lui a donné un statut délicieusement interdit au mieux, plaisir coupable au pire. 4chan poste, poste… le bazar s’étends et la série et culte avant la diffusion du deuxième épisode, chaque ajout apportant son lot de phrases et séquences cultes.

Qu’en est-il dans les faits? On vous dira que c’est une histoire d’animations, d’autres diront que les personnages sont excellents et il y a de quoi les croire en glanant tels ou tels extraits – les poneys en question ayant tous un caractère très… unique et cartoonesque, dans le bon sens du terme. En gros, poney ou pas poney, c’est super joli et fondamentalement drôle.

A partir de là et jusqu’à aujourd’hui, une multitude de mèmes invoquent les poneys, que ce soient des vidéos où ils font des apparitions dans la vie de tout les jours (matez donc cette vidéo où un étudiant nous explique pourquoi certains passages sont mécaniquement improbables) – comment souvent, tout se passe sur 4chan – où certains boards se livrent à une petite gueguerre passive – et où on distingue les fans absolus de poneys et ceux qui frôlent l’overdose.

De manière très intéressante, un hatedom commence à se dévellopper et Mon Petit Poney devient « le cancer qui tue 4chan/l’animation », en anglais dans le texte… exactement comme on dirait ça de K-On dans la blogosphère francophone! Bref, c’est à voir car c’est un peu comme Moundir, chaque nouvelle phrase est automatiquement culte et matraquée partout, invoquée dans le vocabulaire usuel d’anonymous et mixé avec tout le reste. De manière amusante, Panty and Stocking with Gaterbelt retenait notre attention (pour des raisons plus ou moins
similaires) et ce n’est qu’en début d’année que le bazar explose davantage dans notre face.

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HOOOOO <3. DIABETE §§ Voilà voilà. Quand on invoque un poney, tout devient 20% Cool. Pourquoi? Pas de raison, il faut le voir pour le croire.

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