Tag Archives: revelations

Le gourdin de Constantinople

CE POST N’A ABSOLUMENT PAS ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UN AUTEUR MULTICULTUREL ET CE DERNIER ENVOIE LA SNCF LÉCHER SES BIJOUX DE FAMILLE ET ALLER MOURIR SOUS SES PROPRES RAMES

De toute manière, cette vanne ne marche pas car le message un peu bizarre qui s’affichait à chaque introduction de jeu Assassin’s Creed ne se met plus après avoir allumé Revelations. J’ai une tendresse pour ce très cher Ezio Auditore Da Firenze Da Bullshit car il reste rarissime qu’on puisse incarner un héros de jeu d’une cinquantaine d’années… bon dieu, heureusement que c’est le jeu qui conclut l’histoire d’Ezio et d’Altaïr car un Assassin’s Creed 2,825 où on jouerait avec un papy assassin manquerait un poil de sex-appeal. Bref, l’année dernière, je vous parlais de Brotherhood (qui suivant le premier, le deuxième, et qui précède ce présent jeu et Assassin’s Creed 3 qui vient d’être annoncé, 18è siècle dans la côte est des USA, cool) avec un enthousiasme à deux vitesses. Le truc, c’est que ces deux jeux sont de grosses extensions d’une storyline entamée par le numéro 2. Basiquement, on leur reproche de faire trois la même chose et de ne pas y ajouter d’éléments fondamentalement novateur. Dommage, il y a beaucoup de sens derrière ce reproche. D’une part, si on aime pas vraiment un des jeux de la saga, il sera assez difficile d’en aimer un autre – d’autre part, il se sépare assez difficilement de ses prédécesseurs. Bien sûr, il peut se jouer et relativement se comprendre indépendamment mais il reste très peu pédagogique et sa fin et ses fameuses « révélations » perdront un peu en route ceux qui n’ont pas joué au deuxième, dont moi. Précautions à adopter mais les autres jeux ne coutent plus grand chose. En gros, l’objectif pour moi est de ne pas me répéter, c’est pas gagné.

Revelations avait l’avantage de réussir – objectif hautement improbable pour un jeu qui pourrait s’envisager de doublon de doublon, un peu l’American Dad du jeu vidéo hein – vous vous souvenez peut être de l’E3 en Juin dernier et de cette belle cinématique où un Ezio vieillissant se faisait mettre la corde au cou derrière une musique qui butait, tout ça suivi d’une cinématique à peine cryptée où le même Ezio lâchait pépère un fumigène dans la rue avant d’aller cramer toute la flotte orientale avec un feu grégeois. Nous, pauvres enfants, croyons voir la vierge, les autres cartésiens savent qu’on va avoir droit à un jeu carré mais sans plus de surprises. Alors, verdict?

Dans les épisodes précédents, Ezio Di Pasta Coincoin était un jeune homme séducteur et fringuant, parcourait Florence et butait du templier pour le fun, comme ça. Brotherhood consistait vaguement à décimer les Borgias… mais rappelons que la véritable histoire d’AC se trouve en fait dans le futur, où Desmond, le personnage le plus neutre de tout les temps, revit en fait les « mémoires génétiques » de ses ancêtres pour contrer le complot Templio-franc-maçonnique, quelque chose comme ça, c’est un poil confus si on a pas joué aux deux premiers. Dans Revelations, ce même Desmond est coincé dans l’animus, ce fameux module futuriste façon Matrix où il reste dans un état mental assez instable après avoir – spoiler – suriné sa copine sous l’influence d’une force extérieure. – Aucune explication à prévoir sur ce point précis d’ailleurs, c’est un poil dommage.

Ezio a maintenant une cinquantaine d’années et il vole toujours autant de toits en toits, avec la grâce qui est la sienne… Il cherche donc les cinq clés de Masyaf pour ouvrir la bibliothèque d’Altaïr, son propre ancêtre, de trois cent ans son aîné. Je n’ai pas réellement compris les petits intrigues de la nouvelle destination de la saga, Constantinople. Des luttes de pouvoirs, une mini-conspiration autour du siège de Sultan… honnêtement, il est plus question de personnages et de développements. D’abord, il y a celui de Desmond, qui a droit à un ajout un peu particulier pour la saga, une longue lignée de petites featurettes qui sortent un peu de nulle part mais qui sauront trouver un public. Moyennant quelques items peu cachés (astuce : n’oubliez pas qu’on peut « scanner » son périmètre avec la vue d’aigle, les objets à collecter apparaîtront sur la carte) on peut accéder à quatre – un poil trop peu, mais un DLC discutable est entièrement consacré à ce genre de séquences – séquences contrôlées à la première personne où Desmond ressasse le passé qu’on lui devine depuis désormais trois jeux. Ces séquences sont archi-optionnelles mais restent un petit délice : il y a cet amour du grand espace, des décors complètement abstraits à la Portal. Des séquences qui seraient fabuleuses dans un hall d’exposition : à mi chemin entre la plate forme et le puzzle game – d’une difficulté minimale hein – où on trouve un véritable travail d’image, de son, d’interaction entre tout ça, bref de synesthésie… bien que ce ne soit pas archi simple à manier, voire brouillon (en gros, il faut faire apparaître des formes pour marcher dessus) petite emphase sur ses passages.

Développement aussi, celui d’Altaïr mais c’est surtout Ezio qui a le droit à gagner un peu en profondeur. Après le meurtre de Claudia, il se trouve une nouvelle nana – florentine encore, mais quel hasard – qui l’aide à résoudre les énigmes des clés dont certains livres sont les indices initiaux. Le bougre va même jusqu’à se taper une mission pour lui cueillir des fleurs, c’est chou… bon elle a quinze piges de moins mais on ne peut pas lui reprocher d’aimer les hommes murs. Enfin si, j’en sais rien. Awkward.

Il n’y a cependant plus d’interaction avec le « présent » – tout se passe fin quinzième, en parallèle avec la très longue vie d’Altaïr qui ne se recoupe qu’à la toute fin du jeu, dans une assez belle fin. J’aimerais dire que les cinématiques du jeu sont très nombreuses, les gens assez bien expressifs, animés et bien doublés mais je me suis rarement retrouvé devant une séquence si « cinématographique », peut être devant Red Dead Redemption. Bravo pour ces bons réflexes… En tout cas, le jeu reste un bac à sable. Passé quelques phases introductives, vous êtes lâchés en ville et vous continuez plusieurs mécanismes déjà bien connus des habitués de la série : faire le zouave sur les toits, acheter toute la ville (Ezio peut faire son propre Monopoly avec des villes Européennes, c’est un peu dingue) et recruter d’autres assassins qui feront le sale boulot Ce petit mini jeu a l’avantage de rapporter toujours plus de pepettes, mais aussi de profiter d’une session d’Assassin Manager, c’est génial!

Bon, là encore, on pourrait lui reprocher pas mal de choses. Au delà du mimétisme total avec ses opus précédents, cette saga partage pas mal de points communs avec Uncharted. Par exemple, pas mal de séquences se font en pilote automatique, encore! Il suffit d’appuyer le joystick vers le haut pour qu’Ezio cavale partout et enchaîne une série de sauts compliqués, ça arrive deux ou trois fois. Ces séquences sont superbes mais le contrôle est minime… dommage. A l’inverse, les séquences de plate-forme subissent toujours cette dualité qu’il est difficile de détester : c’est à la fois super simple et super beau. Il n’y a toujours aucune difficulté à trouver les parois auxquelles ils faut s’accrocher et les enchaînements à faire mais il n’y a rien de plus grisant que d’aller partout dans un grand espace – dans la Cathédrale Sainte Sophie, par exemple… et le screen ci-dessus est pris in-game, parfaitement.

Sinon, les missions manquent toujours un peu de diversité… pire, on oublie un peu de vue ces fameux assassinats qui sont la raison d’être du personnage principal. Je me souviens de très peu de passages où il fallait zigouiller quelqu’un au premier degré et, de toute manière, on peut faire appel à ses petits copains en cas de fainéantise ou de situation compliquée. Ezio, tu deviens vieux, mou et vendu, c’est terrible. Même ces séquences d’infiltrations ne sont plus si présentes dans l’intégralité du jeu, juste une en début de course pour faire comme si, et voilà… rien de réellement marquant, si ce n’est bien sûr cette phase où on doit assommer des saltimbanques et pousser la chansonnette à la place. Véritable petit exutoire de fanservice, je vous recommande d’écouter toutes les petites tourneries qu’Ezio à dans son répertoire, ça n’a pas de prix.

Au moins, on peut retrouver toutes les bonnes choses qui faisaient le jus de Brotherhood : le multijoueur, par exemple. Malheureusement, on se sent toujours vieillir devant les temps de chargement mais il est toujours aussi fun de, basiquement, jouer pour pourrir un adversaire désigné. Tout le monde n’a pas l’approche « ninja » du truc et on repère facilement les joueurs humains qui ne prennent pas vraiment la peine de se fondre dans la masse des NPC mais le concept est toujours aussi efficace et prenant. La moitié des succès se basent dessus et il y a ce – fichu – code d’activation qui empêche l’occasion avec une subtilité fasciste mais voilà voilà.

Quoi de neuf? Je parlais de featurettes : on trouve un système de crafting de bombes. C’est un peu absuuuuurde car c’est un système assez bien fichu, permettant un grand nombre de combinaisons qui peuvent tirer de tel ou tel mauvais pas mais qui reste complètement sous-utilisé. Il n’y a pas plus de deux occurrences où on vous demande expressément de les utiliser pour valider un objectif. Je n’ai moi même jamais intégré les bombes dans mon propre jeu, pas génial, c’est comme si j’étais allé au restaurant pour manger des œufs mimosas, c’est une logique étrange! Le summum du gameplay parvenu intervient dans ces moment où il faut défendre l’un de vos QG. S’amorce alors un mini jeu de… tower défense… où il faut donc contrer des vagues d’ennemis en plaçant des gens sur les toits et les routes. C’est confus, difficile et archi optionnel : un échec vous oblige à re-tuer le boss des Templiers qui, pour le coup, sort mystérieusement de sa tombe… encore un détail qui n’ose pas vraiment s’imbriquer dans le scénario ou le gameplay. Ha… oui, il y a aussi le système de combat qui n’est toujours pas super clair. Bon nombre de fois je me suis retrouvé avec une crampe dans le doigt parce que je ne faisait qu’appuyer sur X en me déplaçant. Ça marche une situation sur deux, ce n’est que vingt minutes avant de finir le (très simple mais, pour le coup, supra original) boss final que j’ai compris que tout le système de défense s’amorçait en appuyant sur une gâchette. Il y a bien de petites améliorations cosmétiques, les finish moves qui sont de plus en plus violents! Je ne sais pas comment amener pragmatiquement l’idée que je surkiffe voir mon personnage donner un grand coup de masse dans le bide d’un templier avant de lui exploser la tête du pied gaucher, je vais donc me taire, on va faire comme ça.

Bon bon bon. Tout ça tourne un peu en rond, je vais m’arrêter là, et c’est exactement ce que le jeu devrait faire. C’est fun, mais déjà vu… et je n’en suis qu’à ma deuxième couche! J’ai pas mal de compassion pour les gens qui se sentent volés mais qui jouent pour connaître la suite de l’histoire, un peu comme moi et la série Détective Conan. Espérons juste qu’AS ne connaîtra pas plus de 60 jeux !! C’est agréable, bien mais sans plus, le scénario sans trop de surprise (sauras-tu repérer la mort injuste et expédiée du jeu?) mais il faut clairement passer à autre chose… parce qu’on se dirige vers une logique sérielle qui, à court terme, va faire râler, les notes de ce jeu sont déjà plus basses que le précédent… qui, subjectivement, était un poil inférieur. Le jeu est beau, bien animé, le travail du détail est toujours aussi réjouissant, what else? Ha ouais, peut être SSX, mais une chose à la fois.

Un bon jeu. Il tient sur ses pattes, il est fait dans les délais restreints et sans bugs majeurs dans la plus pure tradition Ubisoft, son tout dernier objectif est très touchant et son explication finale est incompréhensible mais ce jeu est tout à fait idéal pour les gens qui souhaitent continuer une saga, comme on a apprécié le premier tome de Millenium ou d’Hunger Games. Moi, je m’en fiche, j’ai la chance de faire les fonds de tiroir d’Ubisoft, choukran à eux!

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , , | 8 Comments