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Sagadaÿtaÿ⁵ #10 : R.E.M.

R.E.M, juste R.E.M. Rapid Eye Movement pour les intimes et ceux qui voudraient se la péter. Impossible de se passer de ce groupe angélique qui s’est séparé à l’amiable en Novembre dernier. Rétrospectivement, je devais ressembler à une sicilienne en plein enterrement. R.E.M. c’est une pelletée d’albums que les esprits chagrins pourraient décrire comme décroissant, c’est un Michael Stipe dont la masse de cheveux est inversement proportionnelle à la clarté des paroles, c’est un autre pan indispensable de l’indie rock. Tout le monde connaît REM mais la franche majorité du-dit monde s’arrête à partir de Out Of Time, avec son mégaconnu Losing My Religion et son méga controversé Shiny Happy People. De deux choses l’une : j’aurais aimé choisir la facilité en sélectionnant le best off venant de sortir (Part Lies, Part Heart, Part Truth… double album bien cool et recoupant l’intégralité de leur carrière) et j’aurais peut être du prendre Automatic For The People, souvent considéré comme étant leur meilleur album – et sa pochette est parfaite. Le fait est que je ne le connais qu’à moitié et Deezer est actuellement en option. Du coup, ce sera Life’s Rich Pageant. Quatrième album, nous sommes en 1987. R.E.M. équilibre un peu plus son son et les lointains balbutiements de Stipe ont une place dans le mix final. Il n’a rien d’exceptionnel mais il a le mérite d’être constant.

Impossible de décrire un groupe qui a évolué pendant vingt ans et fait une douzaine d’albums aussi différents… qualitativement (ne leurs parlez pas de Up ou d’Around The Sun, ils savaient) mais cet album a une identité bien marquée, sans expérimentations spécifiques.

Begin The Begin, comme le suggère sa gratoune volontairement poussive en fond, démarre un peu au diesel. On est dans un rock classique dans le contexte, la vitesse idéale, un micro gramme de country en esprit, c’est la pochette qui veut ça, hop. N’empêche qu’à l’époque où R.E.M. faisait des concerts ( Smiley très triste ) c’était une de leurs tartes à la crème pour un premier morceau. Tout est classique, pas d’envolée lyrique particulière, ils restent sages. Ça expose de fort belle manière l’esprit du disque, et ça envoie quelques beaux bends à la fin. These Days est plus énergique : très énergique, batterie souple, variée mais surtout très sonore, les différentes voix se répondent comme s’il n’y avait pas de lendemain. Il y a pas mal de couches de guitares, dont des planquées. « On est jeunes, on ne s’en fout pas », tant mieux. Deux refrains, un petit passage vocal + percus. Fall On Me démarre comme une berceuse et s’annonce comme un truc bien plus lover comme ils savent le faire. Le refrain ne lâche pas cette superposition de voix très volontaire, très « on a peur de rien, si on le fait bien ce sera pas ridicule ». Cuyahoga n’emballe que sur son refrain : le reste est un peu gentil et répétitif. Heureusement, dès que la structure du machin change, on peut entendre un refrain à la mécanique bien Stipée. Le moindre dynamisme ou accord majeur est cependant interdit. Un peu de flutiau discret et hop, nous voilà dans les profondeurs Guatémaltèques.

Hyena montre que Bill Berry possède une ligne de batterie qui revient souvent, très semblable à These Days, la formule est cependant un poil transformée, tant dans la structure que dans l’esprit. Le tout est véloce, précis, nostalgique tout de même. Underneath The Bunker est archi spécial, un court instrumental (avec un peu de porte voix) qui déroule une fausse mélodie de surf rock assez dérangeante, ça se termine sur un triple pouet. Bien. Pour The Flower Of Guatemala, Stipe marmonne à peine mais débouche sur un solo très chaud et rassurant. I Believe reprends ce gimmick « Buffalo Bill » en incorporant… du banjo! Sans aucun rapport avec le reste du morceau! … de l’accordéon, horreur! Just A Touch est l’apogée de vitesse de la galette, mêmes litanies délirantes, cette fois avec un peu plus de piano (cet esprit sera pas mal approfondi dans l’album suivant, suivez mon regard as we know it) et ses breaks sont carrément rocks avec ces powerchords grattés rapidement en contre temps.

Swan Swan H reprends une dernière mélodie doucereuse et Superman est une reprise des Cliques, un vieux machin des années 60 ici chanté par Mike Mills (ils ont tous des noms à la Scott Pilgrim) dans une version franchement délicieuse, avec le clavier très naïf qui avait servi à « Stand », de l’album Green. Le break à 1’36 » est un petit régal bondissant et énergique, un aller retour entre Bill Berry et le reste du groupe, avant d’enfin entendre clairement Stipe pour son unique phrasé en avant. On conclut cette joyeuse fanfare en additionnant tout les éléments.

… et voilà, c’était une bonne introduction à la pop song façon R.E.M. Une chanson sur deux énergique, l’autre qui repose et prépare le terrain. Bientôt, ce sera Document et « The One I Love » puis « It’s The End Of The World As We Know It ». A vous Athens.

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