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Tu peux pas test

Les choses sérieuses commencent! Les 15 blogs concurrents pour le concours Total Manga sont sélectionnés, votre serviteur en fait partie avec, au hasard, Néant Vert. Je pourrais faire un grand commentaire altruiste sur la compétition mais au risque de vous surprendre, je m’y suis inscris dans l’idée d’y tenter ma chance. En jeu : pas mal d’égo, une jolie photo à la JapEx et un petit trophée symbolique mais surtout pas mal d’égo. C’est à vous de jouer pour provoquer cette future explosion de E-Peen! Votre rôle, si
vous l’acceptez, va être de choisir un blog dans le lien du nouveau module en haut à droite de la page. Au hasaaaard… le cinquième. Vous pouvez décerner un vote unique par poste MAIS vous pouvez revenir tout le jours pour le vote communautaire, ce sont deux prix différents, avec celui du jury. Je ne voudrais pas influencer votre choix, mais j’ai des peluches Digimon en otage et un vote pour moi c’est un repas offert pour eux alors pensez aux Digimons. 

 … sauf qu’évidemment, comme je lui ai dit deux jours avant ma sélection pour la sienne, Amo est aussi en course. Si l’un des deux remporte un prix et pas l’autre (ce qui est loin d’être impossible, statistiquement) on va se faire la gueule au moins vingt bonnes minutes alors évitons tout ça et pensez à Amo aussi)

Ouais, malheureusement, on rentre dans une période très égo. L’anniversaire du blog et le 400è post risquent fort de coïncider… sans compter le prochain en cours d’upload, mais chuuuut. En attendant, parlons peu, parlons bien, parlons PORTAL 2.

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Pour la SCIENCE! Portal 2 fait partie de ce cercle ultra fermé de jeux dont nous savions tous à l’avance qu’il serait excellent, c’était inconditionnel. Un jeu bon voire moyen était tout simplement inconcevable et c’est sous ce principe qu’on a tous vu les premiers retours émerveillés des gens un peu dingues mais passionnés qui ont sacrifié leur nuit fin Avril pour acheter et finir le bazar dès le premier soir avant de poster des réactions dithyrambiques.

Alors évidemment, Portal 2 est un bon jeu, très bon même… mais il n’a rien de fabuleux ou de génial. C’est une question de repères : passé le coté quantique démentiel du truc, Portal est un jeu inférieur en termes de scénario, « d’univers », de gameplay, de longévité… par rapport à pas mal d’autres trucs sortis cette année. Il est évident que Portal 2 est un excellent jeu qui mérite inévitablement l’attention mais peut être pas les 19/20, 99% et autres-notes-qui-expriment-la-perfection-mais-la-perfection-humble! En gros, pas la peine de crier au génie mais en tant que jeu, pas de souci, c’est de la méga bonne.

En ce qui me concerne, l’expérience Portal remonte à Paques 2008, acheté avec Audiosurf dans le cadre d’une découverte très tardive mais franchement joussive de la plate forme de téléchargement légal, sur le coup. Une fois les options vidéos triturées pour ma machine déjà préhistorique dans le contexte, c’était trois heures de kif intégral, d’humour, de réflexion, je vais pas vous la refaire puisque vous la connaissez tous par coeur. Pour la suite, c’est spoilers minimaux mais existants.

Contrairement à son petit frère qui n’était qu’un soft sensé être bonus dans l’excellente Orange Box, Portal 2 n’est pas franchement vouer à imploser sur le net comme le premier, trois ans et quelques avant lui. C’est ce coté « court mais chaque morceau impeccable » qui a fait la réputation de ce jeu, l’aspect mémétique-culinaire-sucré du truc ajoutant une espèce de durée de vie intangible au jeu qui perdurait grâce aux trois mêmes types qui n’arrivaient pas à décrocher des vannes contenant les mots « cake » et « lie » – il y a
peut être plus drôle pour commencer un webcomic sur les jeux vidéos, c’est sûr – mais Portal 2 c’est comme passer au plat principal. Fort heureusement puisqu’il s’achète en boîte au prix fort…
subdivisé en dix chapitres, l’histoire solo prends ce qui ressemble à une grosse demi-douzaine d’heure, rajoutez-en quatre pour le mode multi, c’est évidemment assez peu et la replay value n’est
pas une notion pertinente. Sérieusement, vous pensez rejouer au multi en laissant votre partenaire comprendre ce qu’il se passe pendant que de votre coté, vous agirez comme le boulet qui sait
d’office ce qu’il faut faire? On garde donc le même esprit « one shot » puis on passe à autre chose… il n’empêche que les deux modes de jeux vaudraient 30 euros sans soucis, individuellement.

Au cas ou : Portal est un jeu d’action/réflexion à la première personne, dont la progression s’axe autour du « portal gun » – un portal jaune quelque part, un bleu n’importe où autre part et l’un vous amène directement à l’autre. A partir de là il faut violer les régles élémentaires de logique pour placer des blocs sur des boutons, pour diriger des lasers vers des réceptacles et éviter les tourelles qui vous trouent avec amour. Pas de surprise, Portal 2 reprends cette mécanique en y ajoutant progressivement quelques notions, invoquées au fur et à mesure dans un scénario qui se subdivise simplement en trois étapes.

On rajoute à tout ça : des « gels ». Répulsifs, accélérateurs, « banalisés » pour rendre toute surface propre au « portail », puis des rayons lumineux tangibles, rayons tracteurs positifs et négatifs. C’est moins compliqué que ça en à l’air puisque l’intégralité du mode solo reprends cette ficelle du « tu te débrouilles, on ne montre pas le
chemin mais on fait les choses en douceur ». On se réveille donc une centaine d’année après la fin de Portal 1 dans une chambre d’hotêl, on est accueilli par Wheatley, adorable robot gaffeur et un peu crétin, s’ensuit une séquence culte parmi une longue chaîne de séquences cultes et le tout s’enchaîne dans une grande ligne droite jusqu’aux crédits de fin.

Niveau scénario, motus : Glados est de nouveau dans le coup et c’est tout ce qui est nécessaire pour aborder le jeu, qui adopte une storyline un poil prévisible mais néanmoins sympa puisque Portal adore jongler avec les codes de son prédécesseur… je m’explique. Portal était une longue succession de « tests scientifiques »
numérotés – on savait vaguement quand le bazar allait se finir, surprise finale pimentant un peu les choses… là on entame une première batterie de tests dans un contexte un peu plus « tropical » mais il n’y a pas trop de certitudes, le scénario à une fâcheuse tendance à apparaître par derrière et à terminer une phase de gameplay plus vite que prévu. Le jeu impose pas mal de trucs qu’on ne fait jamais dans un autre jeu vidéo, être contraint de refaire une test à peine terminé est un bon exemple! Le scénario aime bien codifier pour déconstruire, toujours avec humour et pas mal de talent (car oui – passage obligatoire sur la suprême qualité du doublage VO et VF, tout les deux excellents à leur manière) mais rien ne devrait poser problème pour vous en terme de difficulté. Oui, Portal 2 va sévèrement vous imposer la réflexion, non, cela ne veut pas dire que vous bloquerez dessus. Tout le monde aura des petits passages à vide très différents et la solution sera toujours sous votre pif parce que vous n’aurez pas considéré « tel ou telle zone » dans votre champ d’action.

On dit que pour résoudre un problème, il faut s’en éloigner un peu puis s’y replonger… c’était tout à fait le cas. Après avoir bloqué une demi heure à tourner en rond sur un passage, je me suis endormi, j’y suis revenu et le problème a été résolu du tout premier coup. C’est une question d’angle d’attaque qu’on a pas forcément, il va
falloir cheater la matrice du « préconcu logique » à une ou deux reprises, rien de bien grave. En revanche, les deux trois derniers tests sont assez retors, tant sur la solution que sur son exécution : même en ayant grillé une petite migraine à comprendre ce qu’il fallait faire, il faut un certain doigté et un bon sens du timing pour concrétiser ce que vous visez. Portal 2 demande largement moins dans la mobilisation des réflexes, tripotés à fond dans le premier opus où il fallait enchaîner les portails « à rebond », technique un peu chaude avec une manette (oui parce que grande surprise, j’ai fait tout ça sur console, seule gageure d’avoir une expérience techniquement potable) – tout coule de source mais le jeu offre deux phases de gameplays bien
différentes et autant de sources de problèmes. Les « tests » en tant que tel seront un souci tant que vous ne comprendrez pas le « petit truc » qui manque mais Portal 2 c’est comme une bonne grosse dissertation de philosophie : tout tiens dans deux lignes disséminées là et là, le reste digresse et ventile comme il peut.

Transposées au jeu, ces phases de transitions ressemblent à un enchaînement de grands espaces où les seuls puzzles sont en fait un travail de recherche où il faut trouver la bonne surface, au loin. C’est archi simple mais ça peut poser problème tant on envisage pas le « simple », par moments. Pour faire simple, il m’est déjà arrivé d’être bloqué parce que je ne trouvais pas la porte devant moi… aussi con que ça puisse paraître. Si vous le refaites (le jeu permet de reprendre à n’importe quel début de chapitre, pratique pour les quelques succès « manquables ») ça ne prendras que le temps de la traversée vu que le premier run va surtout être consacré à l’écoute attentive de la narration.

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 Ouaip, y’a de la nouveauté à ce niveau là, les personnages ne sont pas les mêmes et on trouve quelques nouvelles voix qui parlent, parlent, paaaaarlent. Le soliloque est constant, dans d’autres jeux ce serait chiant mais ici ça vaut toujours la peine d’attendre une minute en plus et de ne plus bouger, au cas où il y aura une nouvelle petite connerie de dite… c’est un régal de découvrir toujours plus de contenu, on peut aussi signaler l’existence du mode « commentaire des développeurs », passionnant et sympa.

Puis cet humour, cet humooouuuur. Ce cynisme était surprenant dans Portal, là il est récupéré mais tiens pas mal sur la longueur, qu’importe la version du doublage qui est culturellement calibrée (« Le Gloubi-boulga des tests. » Wow) là c’est comme un tapis roulant de tartes à la crême et de vannes archi sophistiquées, souvent basés sur une bonne diction – je connais une ou deux personnes qui jouent au jeux vidéos par définition avec le son éteint (??) ben faites une exception parce que le peu à écouter n’as pas de prix. Y’a un vrai travail derrière, au delà des petites musiques d’ambiance ou contextuelle (la petite ritournelle mécanique qui s’enclenche quand on fait un vol plané, génial) et tout ça se savoure.

Tout ça s’étire un peu mais on s’ennuie pas vraiment… et le final est franchement épatant. Pas choquant de génie mais foutrement bien trouvé, et il n’appelle pas nécessairement de suite, on pourrait tout à fait s’arrêter ici, dommage que le boss final soit un peu fadasse mais hé, le gameplay ne permet pas grand chose, on allait
pas l’affronter au curling.

Finir le mode solo avant le multi est un avantage double : vous maîtrisez d’office les mécaniques de jeu et vous évitez les mini-spoilers qui ponctuent cette traversée bonus. En ligne ou sur écran splitté, cette expérience est indispensable car c’est l’une des rares parties de coopération que le jeu vidéo peut nous offrir de
temps en temps, idéal. En l’occurrence, je me suis dépêche de finir le solo pour accueillir Amo avec qui nous avons expédié tout ça dans le temps imparti. C’était fun mais là aussi je me suis un peu laisser aller à des attentes un peu grosses et gratuites : je m’attendais à plus de putasseries possible, plus d’interactions entre les deux joueurs (oui, on peut se faire des câlins et jouer à Pierre-Feuille-Ciseaux, bon, c’est cool) mais je pensais que le machin aurait été davantage conçu pour screwer son comparse autant que l’aider pour avancer, exactement dans l’esprit de Zelda Four Swords, si vous voyez ce que je veux dire… ce dernier faisait un excellent équilibre entre la progression et les coups bas. Là, c’est surtout Glados qui mêne la danse et
distribue les points de collaboration scientifique. Ce n’est pas scripté, tout dépends de votre comportement et je me dois de dire qu’entre nous deux, c’était moi le petit chuchou du prof <3
Glados, je t’aime <3

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 Le mode multi est simple : les deux joueurs incarnent deux petits robots, Atlas et P-Body, dans une autre batterie de test qui se fractionnent à l’ancienne – 5 vagues de tests qu’on peut rejouer à l’infini. Aucun ajout de gameplay sauf, bien évidemment, une double paire de portails qui complique bien évidemment les choses
et c’est là que la notion de « puzzle » apparaît. Là encore, strictement rien n’a posé souci et ce sont des erreurs tout à fait humaines qui ont miné notre progression, comprenez mon incapacité totale à discerner un portail « source » d’un portail « secondaire ». Un chance sur deux, on a rarement été gagnants à ce niveau là, mais hé. Plus compliqués mais pas nécessairement plus vastes, l’écran splitté n’a pas posé souci (mais sur un vieux 4/3 posé en coin de table ça doit être franchement moins évident) et seule la toute dernière salle nous a posé quelques petits problèmes, avant qu’on comprenne un peu par hasard ce qui doit être compris par hasard (le rapport entre un bouton et ce qu’il active/désactive donc)

Tout ça pour dire que la difficulté dépendras un peu du joueur. Clair qu’être un peu con sera discriminatoire mais, franchement, chaque joueur est intelligent par définition, surtout si il met une galette de Portail dans son mange-disque. Pas de réel scénario ou de canon à ce niveau là, le multi de Portal 2 est au solo de Portal 2
ce que Still Alive était à Portal, un approfondissement, un bonus archi-nécessaire… tout ça en attendant les futurs DLC garantis par Valve. Important : l’acheter sur PS3, c’est débloquer la version sur Steam et donc y jouer gratuitement sur PC!

Franchement bonnard. Un peu coupé à l’eau dans son traitement mais ces digressions sont d’excellents prétextes pour incruster un peu de fond à cet univers qui en a bien besoin, vous pourrez même recouper ça à d’autres jeux Valve mais là aussi, surprise. A faire dans l’ordre : si par hasard vous n’avez toujours pas joué au premier, c’est le moment de se faire une petite intégrale et de savourer ce petit bijou. On y revient pas mais c’est une collection de moments indispensables à vivre!

Hé, Devine qui viens dîner dans le prochain post?

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