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Dieu, Jésus, Bouddha … Phoenix

Paradoxe temporel! Le début de ce post est écrit il a déjà quelques temps! J’espère que mon moi du futur n’est pas trop aigri et qu’il reste dans la limite du vivable mais il vous avait prévenu : Mai sera un mois tout aussi peu vivable… et comme disait l’autre, « l’humour est une chose trop sérieuse pour la confier à des rigolos »

Ceci étant dit et avant de passer aux MEGA-POSTS (Mario Maso, Epitanime, Portal 2 et Amv Enfer, j’aime avoir un programme tout fait, c’est tellement rare) passons en revue trois morceaux de publications qui ne casseront pas autant de pattes à un canard maaaaais qui peuvent vous intéresser, d’une manière ou d’une autre… soit parce qu’elle est dérivée d’un truc bien meilleur, soit parce qu’elle est d’un genre qui peut vous intéresser, soit parce qu’elle peut s’améliorer sur la longueur. Si vous avez trouvé les trois mangas de ce
post pot-pourri, allez miser quelque chose au casino de province du coin parce que vous êtes des bons. Arrêtez de plumer les petites vieilles!

Ace Attorney


793a07fbf374cc73b23220ad214cc135806ba5b5.jpgC’est un piège et c’est bien triste : il n’y a pas de Vérité Wright dans ce post ni dans ce manga

Oui alors je ne sais pas si ça s’est vu car étrangement, personne « dans le milieu » n’en parle vraiment… et il y a peut être une raison derrière! Cette double voyelle DOIT vous évoquer la saga Phoenix Wright, excellentissime trilogie policière qu’il ne sera jamais trop tard de découvrir sur la bonne vieille DS Tank. Figurez vous qu’il existe un manga en cinq volumes adapté de cette série, cette mise en abyme étant chapeautée par deux auteurs aux initiales plein de « K ». Coïncidence archi inutile mais sympa à souligner puisque c’est Kurokawa qui édite cette publication, illustre boîte qui a donc gagné mes faveurs à vie en récupérant ce qui sont aujourd’hui mes deux univers shonens préférés.

C’était l’un des petits arguments de vente de la dernière Japan Expo et j’y annonçais alors un achat aveugle et automatique tout en y émettant quelques réserves : et si les affaires perdaient en intérêt sans l’interactivité automatique qu’offre le statut de « jeu » accolé à la franchise? Si ces dernières manquaient de personnalité et n’étaient que des petits repompages de certains chapitres de Détective Conan? Super, tout ça était plus ou moins vrai.

Onze mois plus tard, les cinq volumes uniques me sont passés sous les yeux et je dois avouer une certaine déception. Ce n’est ni mauvais, ni fabuleux, vraiment mi-figue mi-raison, ces petites attentes étaient justifiées : c’est un bonus, quelques petites pastilles pour ceux qui veulent, comme ces bonbons que tout bon commerçant ont à coté de la caisse. Ce manga n’as pas grand chose de canon et s’inscrit dans une chronologie non déterminée dans la trilogie Phoenix Wright (au cas où, il existe un quatrième jeu mettant en scène un autre personnage) mais l’auteur sait exactement pourquoi on a son boulot entre les mains, il a donc casé de facto le plus de références possible aux jeux originaux (un peu étrange quand on sait que ce sont des éléments du jeu Apollo Justice qui sont souvent cités… quand on sait pertinemment que les deux « sphères » ne sont pas compatibles chronologiquement) et on se retrouve donc dans une espèce de grand yaourt au fanservice « de scénario ».

 Râler sur ça serait un peu tirer sur des ambulances puisque c’est probablement l’unique objectif du manga : satisfaire les fans de la série. Je suis très fan effectivement mais le produit en croix ne marche pas toujours… en fait, les mangas font tout ce qu’ils peuvent pour s’approcher au mieux des jeux : ils se subdivisent en « affaires », la narration s’alterne entre des phases d’exposition et d’autres de procès en suivant les sacro-saints codes, grandes « OBJECTIONS » à la typo typique, personnages repères de la cour bien présents et,
spoiler, il n’y a pas de bad end, le personnage accusé sera toujours libéré et délivré de tout soupçon à la fin. Ne vous attendez pas à une figure de style ou a une quelconque surprise, même le méchant de l’histoire est prévisible puisque c’est, dans la plupart des cas, marqué sur son front.

Le plus grand défaut de ce manga est probablement le fait de ne pas se positionner nulle part par rapport au manga, ce qui reste supeeeeer paradoxaaaaaal avec option allongement de voyelles! Entre nous, on parle de l’affaire « 3-2 » ou « 1-4 » par exemple pour situer tel ou tel épisode DS, j’aime bien appeller ces chapitres « M-1 », « M-2 » etc etc… La fiction obéit au duo Phoenix + Maya mais impossible de savoir quand le bazar se passe précisément, pendant, après, en tout cas… Benjamin Hunter et Franziska Von Karma s’y relaient
sans véritable lien logique, c’est un peu la roulette russe du canon, limite « les aventures de Phoenix et Maya » qui se balladent et tombent sur le meutre aléatoire du jour. Tout à l’heure je parlais de Détective Conan, le même vice est souligné par Dick Tektiv, fatalement : « je ne me demande même plus pourquoi vous êtes toujours sur les scènes de crimes »

Les affaires en elle même ne sont pas supra-passionnantes. C’est à dire qu’il y a toujours cette volonté légitime de rendre les situations assez « fantasques » – parce que oui, honnêtement, un bête crime d’un mec troué parce qu’il n’a pas voulu donner son portefeuille manque de sex-appeal… et d’éloignement par rapport à la réalité – mais tout ça manque démentiellement de vraisemblance. Je ne dis pas que les affaires de base ont les pieds sur terre mais les auteurs ont eu une sorte de trip pour le paranormal, le fantastique et les
situations occultes de tout poil – si on fait exception de la troisième affaire qui, comme d’habitude, chope le « gimmick festif » comme le statut de petit canard de l’ensemble – mais tout y est globalement moyen, les personnages présentés manquent de consistance (ils n’existent que pour arborer des tronches caractéristiques que le pire des physionomistes ne pourrait oublier) et le déroulement des affaire subit fortement le « syndrome Scooby-Doo » – à savoir un meurtre toujours réalisé avec quelques bouts de scotch et un minimum de logique farfelue. C’est là qu’on retrouve le coté « sous Détective Conan » puisque tout y est moins compliqué, moins réfléchi… et à bien y réfléchir, le dessin ne fâche pas mais n’est pas fantastique non plus.

A réserver aux fans inconditionnels donc, les autres risquent de ne pas y trouver leur compte. Dans le doute, piquez-le à un copain.

Les Vacances de Jesus et Bouddha
67aa27dde0edf4eabfa6fdaed983ebfc6a18e117.jpgAlias « Saint Young Men », ce manga au nom à rallonge est aussi édité par Kurokawa et ce choix pourrait sembler relativement éclectique vu la hype très éphémère dont le premier tome à eu droit autour du Salon du Livre (bon, je dis surtout ça parce que c’est là-bas que je me le suis procuré mais on va tous y croire) – tout à l’heure j’évoquais le format « les aventures rigolotes et bigarrées de X et Y » ET BEN FIGUREZ VOUS QUE C’EST EXACTEMENT CA. EMPHASE MAJUSCULAIRE §

Tout est dans le titre! Jésus et Bouddha sont deux jeunes adultes catapultés dans la Japon Moderne et comme il n’est pas facile d’être une divinité et d’avoir huit ans/être une agrapheuse/derpidy durp di dumb par les créateurs de derp di dum di dumb l’intégralité du manga est consacrée au pur comique de situation à l’ancienne. En gros, je crois avoir lu mon premier manga humoristique, rétrospectivement, je n’en trouve pas d’autre… pas d’histoire, pas de drama, pas d’angst ou de flingues de Checkhov – juste un chapitre = une
situation qui créera le maximum de décalage. Sans déconner : dans un chapitre, Jésus et Bouddha vont dans un parc d’attractions, à la piscine dans un autre, l’un des deux ouvre un blog dans le troisième. Moult hilarité anachronique à prévoir.

Vu comme ça on dirait que c’est super nul mais pas du tout, franchement loin de là. Si on se débarrasse de toutes ces petits réflexes analytiques cet unique tome (bon ok, le deuxième paraît en Septembre. C’est loin) on se rends compte que l’ensemble est quand même vraiment drôle, excepté les deux-trois premiers chapitres pas géniaux qui se cherchent un peu. Un chapitre de Saint Young Men, c’est un peu comme ce qu’aurait pu être une bonne chronique de Tania Bruna Rosso : plein de références à notre culture et une
ambiance fraîche et rythmée, nourri au gag christique.

C’est un assez bon argument de vente, ce manga ne se contente pas de te servir des vannes archi-solides mais il se targue d’incorporer discrètement mais très fréquemment un tas de petites anecdotes culturelles sur les cultes incarnés par le duo. Je ne vais pas dire que le manga est instructif mais il n’est pas moins chargé en anecdotes qu’un hypothétique C’est pas Sorcier sur le sujet.

Franchement pas mal mais pas encore majeur faut de volume ou de consistance assumée. Dans le doute, piquez-le à un copain.

 (Attention! A partir de cette ligne, nous sommes de retour dans le présent!)

The World God Only Knows

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 Ou « Que Ta Volonté Soit Faite » selon Kana, un titre à la consonance différente mais qui n’appelle pas à un débat éternel… série elle aussi qui ne témoignera pas de mon éclectisme absolu puisque c’est aussi un des trucs ayant été le plus cité depuis ce début d’année et la deuxième saison de l’adaptation en anime est en cours de diffusion. Le troisième tome vient à peine de sortir mais on se contentera de l’intrigue des deux premiers –

Keima est un jeune lycéen de 17 ans à la mentalité pas super enviable – il ne vit que pour le jeu. Pas dans le sens « on vous disait de ne pas laisser vos enfants jouer avec la portière » ou « lui aussi plume les petites vieilles au black jack » non. Keima est un grand fan de dating sim. Il ne se sépare pas de sa simili PSP et
s’est passionné pour les jeux de drague, ces fameux machins à textes où votre objectif est de faire les bons choix pour choper la nana qui vous plaît le plus – quand ce n’est pas son handicap – ce qui lui confère un certain manque… d’interactivité sociale avec le beau sexe. En gros, il saît tout sur les minettes virtuelles, comment elles marchent, pensent, monologuent intérieurement façon Scrubs. SOUDAINEMENT. Une démone tout mignonne sort des enfers et a la lourde tâche de collecter les âmes des jeunes filles en fleurs débauchées – elle s’adresse donc à Dieu – Keima donc – Dieu tombeur qui sait tout des femmes… et lui colle donc un collier explosif façon Battle Royale. Evidemment, elle était mal informée sur les capacités réelles du jeune homme et le duo va donc devoir s’acquitter d’une dette sortie de nulle part. Comment récupérer
les âmes des jeunes filles, me direz vous? En les apaisant… par la bouche. Ces deux premiers tomes obéissent donc à la logique : un chapitre, une nana à mater. Sur Tv Tropes, on pourrait appeler ça : the nana of the week

Deux états de fait sur la prévisibilité du manga : Keima et Elsie (la démone, donc) vont se débaucher et Keima va avoir droit au super accomplissement du héros. Sur le long terme je sais pas mais de manière très pragmatique, tout ça est dans les tuyaux à la vitesse flash puisqu’il faux trois chapitre pour retrouver le
duo à poil dans la même baignoire, et Keima emballe donc une demi-douzaine de filles différentes en deux tomes. Après l’habituelle introduction, chaque chapitre présente une fille à la personnalité ultra marquée, vivant sur planète-lafilleenquestion et c’est à Keima de la conquérir et de la bécoter en venant à bout des défenses féminines pompés sur ses fameux jeux. Bizarrement, si ces trois mangas ont tous le même déroulement très mécanique, il semblerait que ce soit celui là qui puisse offrir le plus de diversité.

Bon, je ne sais pas si cette histoire vaut quelque chose après quelques tomes de plus. Je veux dire, dès le deuxième, l’histoire fait un peu semblant de faire une figure de style vieille comme le monde et ça se voit. Le personnage de Keima est intéressant en soi – je doute quand même super fortement qu’il soit un modèle en
termes de drague mais je parle au demi-pourcent qui raisonnerais éventuellement comme ça – et Elsy… kiffe les camions de pompiers. Enfin, les voitures de pompier, grand débat de traduction là aussi.

Simple et pas prise de tête donc. Pas démentiel, plutôt agréable à parcourir et bien dessiné. Pas non plus le genre d’histoire qui peut sur-valoriser intérieurement son lecteur mais il y a un certain potentiel derrière ces filles toutes ultra cliché (rire franc derrière la fille qui méprise le prolétaire) mais c’est ni génial ni révolutionnaire, le genre de truc qui mérite un tiers de post, en gros. Je ne sais pas si je continuerais à l’acheter, personnellement. Faites comme moi, dans le doute, piquez-le à un copain.

Huit tomes de manga pour une cinquantaine d’euros. Dans le doute, piquez-les à un copain.

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