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The Jean D’Ormesson Disco Suicide

« Bye, bye miss American Pie »… c’est fait, le rock en plastique est cryogénisé. Dans le meilleur des cas, c’est pour quelques temps, mais ça pourrait tout à fait en être la fin définitive. Après l’arrêt des DLC de Guitar Hero il y a deux ans, Harmonix arrête la production de DLC pour Rock Band, et la touche finale était le tube de Don McLean. (Je profite de l’occase pour rappeler qu’il existe une version de Madonna mais aussi de Claude François)
Là vous vous dites « Mais ! C’est une info de niche ! De niche dans la niche ! » et oui, je dois l’admettre mais c’est aussi un de mes plus gros joujoux qui arrête de se renouveler. Inutile de devenir hystéro toutefois, Harmonix a réussi l’exploit de publier des chansons à télécharger chaque semaine, pendant cinq ans. Soit 220 semaines et quelques. La plupart du temps en publiant 6/7 chansons, puis en calmant progressivement le rythme jusqu’à atteindre entre 2 et 4 chansons par semaine, atteignant tout de même le rythme de croisière du concurrent Hero à son époque. D’autre part, c’était vraiment prévisible puisqu’Harmonix a remercié sa team chargée des licences vers Octobre. Sachant que le processus du circuit, de la demande initiale à l’apparition du morceau dans le jeu, prend six mois.
Donc voilà voilà.

On y trouve vraiment de tout ouais

On se retrouve avec plusieurs milliers de morceaux sur les bras. Quand bien même le flux s’arrête, il reste plein de choses inconnues à découvrir, mais il ne faut pas oublier que la moitié des chansons parues aujourd’hui viennent… du Rock Band Network ! Ce réseau, monté il y a trois ans, permet à n’importe qui de pouvoir licencier des morceaux, de faire les partitions, bref de s’occuper de tout donc de récupérer un petit bout de droits d’auteurs en fin de circuit. Double kisscool effect : la bibliothèque est doublée de volume et on peut jouer les prolongations, en plus de sortir du carcan « le rock sous toutes ses formes » proposé par les DLC classiques. Si vous faites partie des trois personnes en France concernées par ce post, je vous propose un petit panorama des groupes planqués dans le Rock Band Network qui valent le coup, une trentaine en tout. Et évidemment, j’entends par là ceux que dont j’ai acheté les oeuvres, parce que transformer la réalité est ma passion. Toutes les vidéos évoquées ou presque peuvent se trouver sur cette chaîne Youtube. Généralement, la formule « (Nom du titre) full band » ou « (Nom du titre) All Instruments) » ne rate jamais. PLEINS D’AUTRES MORCEAUX ! AVEC PLEIN DE BRUITS RIGOLOS QUI BATTENT LA MESURE ! FOLIE !

Alors le Rock Band Network, késsadire? On y trouve de tout, c’est un fantastique miasme difficile à cerner. On y trouve énormément de pistes métal à la difficulté improbable, souvent fournies avec des versions « double pédale ». On y trouve des groupes fétiches qui y publient des albums entiers. On y trouve la bande son de certains jeux, mais aussi énormément de « Novelty » – i.e. des chansons qui sont davantage des sketches que des machins réfléchis et structurés. Beaucoup de groupes de niche ou de machins très « locaux » y postent des morceaux. Généralement, la qualité y est très bonne, que ce soit musicalement où un termes de « fun en plastique ». Exemple : Ultra Vomit y a posté « Je Collectionne Des Canards (Vivants) et le super bourrin « Mountain Of Maths » au tempo supra rapide. Dans le même esprit, Devin Townsend a publié moult morceaux métalloïdes de sa saga « Ziltoïd« , hommage crétin de Lovecraft. Particularité : ces morceaux, en plus d’être très… aléatoires, aiment bien jouer avec les codes du jeu. Ils screwent avec le gameplay, quoi. C’est rigolo et ça permet de chanter « J’aime manger du caca, du cacaaaaaa. Joue avec une vraie guitare, espèce de geek. » C’est printanier.

Je parlais de jeux tout à l’heure. Il s’agit de VVVVVV et Super Meat Boy, qui ont respectivement deux et trois morceaux issus de M. SoulEye et db Soundworks. Le son est d’origine, 8 bit-style, ça donne des pistes supra difficiles à conquérir, surtout en batterie (où on se tape jusqu’à trois pistes en même temps) et en guitare) c’est original et rarement cher. La bonne occasion de fournir le genre « autre » de son catalogue. N’oubliez pas qu’un Anamanaguchi a passé le cut.

Poursuivre l’expérience, littéralement : on trouve souvent sur le network des pistes qui traînaient dans les pistes bonus des deux premiers Guitar Hero; Ceux qui étaient fait par Harmonix, bah voilà. En tête de liste : Soy Bomb, de Honest Bob and the Factory-To-Dealers Incentives. Un instrumental rockabilly délicieux. Je l’écoute dans les deux fois par jour. D’autres morceaux de ce groupe au nom incompréhensible : Hey, Entangled et I Don’t Want to Hear About Your Crappy Boyfriend. On peut aussi y trouver Gemini, une autre instru dans des tonalités plus bluesy, et Even Rats, des Slips. Oui, des Slips. Ce même groupe à publié un ou deux autres morceaux potables.
Poursuivre l’expérience, deuxième : le network est aussi la cave planquée où certains groupes représentés dans les playlists « officielles » y mettent d’autres extraits. Andrew Buch a concrétisé une légende urbaine du jeu vidéo et licenciant Tripolette, le fâââmeux morceau caché du Guitar Hero original. Un son de guitare un peu criard et un solo bien difficile à réserver aux avertis. Freezepop, tiens. Ils sont très copains avec Harmonix, tiens. Deux trois pistes pas terrible, préférez le démentiel pack du store de base. Copinage encore, si vous avez aimé « A Jagged Gorgeous Winter », The Main Drag a publié l’album complet et la piste coûte un euro. Beaucoup de variété. Bang Camaro a eu la même chance. Sorti des copains d’Harmonix, OK GO et The Shins suivent ce phénomène, dans une moindre mesure.

Allez, maintenant on se lance dans une énumération laconique de groupes sympas. JE RECOMMANDE FORTEMENT. Toutes les pistes de An Endless Sporadic. Quatre morceaux. A chaque fois, des instrumentaux un peu barrés, difficulté plus plus, pas toujours très agréable à l’oreille mais c’est le lot de ces groupes à impros. Sympa et un euro à chaque fois. Blame Ringo! est un groupe super cool au nom super ironique. Ils viennent de Brisbane, Australie et ont publié deux morceaux très chouettes. In A Hurricane est un morceau très fast et entraînant, Gable Arch est une version survitaminée de New Slang, en un peu plus psychopathe. « Si je te chope, ça ne sera pas jojo ». Chanter ça est toujours chouette en soirée. Un euro chacun, le conseil du chef. J’aurais aimé entendre d’autres trucs des Delta Spirit. Si, généralement, avoir des lettres grecques dans un nom de groupe est une mauvaise idée, ils ont publié White Table, un morceau extra, du genre power-ballad pour faire comme si je m’y connaissais. « Charté » un peu étrangement mais archi planant. Encore un euro seulement.

Des groupes un poil plus connus, du genre à avoir une fanbase en béton chez eux et à faire quelques premières parties chez nous : les tourneries de Jukebox The Ghost sont une valeur sûre. Groupe un peu barjo à l’enthousiasme communicatif, ils ont tout, sauf un bassiste ! The Stars, Schizophrenia, Half Crazy, Empire… autant de trucs sortis du même album, du proto rock progressif, archi varié, archi fun, ça rentre dans la tête et ça n’en ressort jamais tant c’est efficace. Deux euros à chaque fois par contre, mais ça le vaut largement. Moitié prix, ce sont les trois morceaux de Quiet Company : moins originaux, moins funs, un peu plus premier degré mais suffisamment sympa pour en parler. L’occasion aussi d’avoir trois belles pochettes en plus dans sa bibliothèque et oui, on reste dans un rock inoffensif et chaleureux, branche sentimental.

Torture des Rival Sons est un one-shot qui incarne le cool : c’est un morceau bien heavy, proche des Queen Of The Stone Age. Les nostalgiques de Guitar Hero : World Tour – si ça existe – se réjouiront de l’apparition de You’re Gonna Say Yeah! des Hushpuppies. Very Busy People est un morceau des Limousines qui parleront à tous puisqu’elle décrit le quotidien des nerds glandus que nous sommes. Tellement i-ro-nique. La pochette est une foutue bulle de salive. C’est immonde. Les Drugstore Fanatics aiment bien hurler dans le micro et faire des riffs crades : les amateurs de gros son peuvent se procurer Hangman, Bullet et The Distance, trois euros le tout. Là encore, c’est premier degré, puissant et assez difficile partout, avec des hammer-on impossibles. Amis des formules rythmiques improbables, vous trouverez du math rock en la personne de Between The Buried And Me. Hop, exemple.

On en profite pour embrayer sur le champ « supra-guitaristique » du bouzin : connaissez vous Rodriguo y Gabriela? C’est un duo mexicain qui fait de la guitare percussive. C’est trop rare pour être signalé – une rythmique (qui fera office de basse) et une lead, les deux acoustiques. Sur le jeu, ça donne Hanuman et Buster Voodoo. Super difficile, avec des rythmes binaire-ternaire difficiles à suivre et des solos à vitesse flash. A ne pas toucher sur faire de l’aller-retour sur un médiator est un vague concept pour vous. Je suis partisan du « plus c’est dur et maîtrisé, plus c’est fun » – ces deux pistes le sont vraiment. Pour rester dans les extrêmes, on y trouve aussi pas mal de néo-métal, un genre proche du… classique ! Hé oui, les deux se mêlent bien. On peut y trouver des pistes piano de grands airs classiques (la basse fait la deuxième main, c’est aussi solennel que bizarre) mais aussi moult interprétations d’airs connus en mode Full Band, parfois en plusieurs mouvements. Si c’est votre came, foncez.

 Encore un groupe cool? Encore un groupe cool ! Voici les Dance For The Dying. Encore un nom pas terrible pour une formation qu’on a vu grandir à travers cette plate-forme. Ils ont lâché tout leur premier LP, chanson par chanson. Toutes très pop, on peut notamment mettre en valeur Thug Love et Echo. Peu de temps après, des extraits de leur premier album arrivent, dont Mannequin. Ça fait chaud au cœur. Deux one shots, enfin, deux morceaux très longs – The Grinder’s Tale adopte des harmonies très proches du JV façon Sonic. Toujours plus inconnu, In The Wake Of Evolution, morceau de prog épique, on dirait du Yes. Du Yes en 2010 et en plus jeune.

Enfin, coté chansons rigolol, on peut télécharger les morceaux débilos de Psychosticks. Tenez, l’éclaire BEER !!, le subversif Political Bum et le très recherché This Is Not A Song, It’s A Sandwich !! Le Rock Band Network est le bureau privé du grand, du beau Jonathan Coulton. L’auteur-compositeur préféré des geeks (phrase garantie 100% lieux communs) y propose une auto-reprise de Still Alive, en duo avec Sarah Quin, de Tegan et Sara. Il y a publié grand nombre de chansons un peu débiles mais j’ai toujours eu un faible pour la tout aussi débile Betty and Me parce qu’on y joue du banjo.

Et non, ce n’est pas dans le Rock Band Network qu’on trouvera des Flaming Lips, du Supertramp ou la BO de K-On. C’est fini, chacun peut arrêter de projeter ses fantasmes et trouver un autre joujou. Oh, tiens, salut Rocksmith. Oh, salut tes DLC à 240 points.

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Joyeuseries musicales – Dionysiaques 11

 J’étais là, en train de prier comme ça peut arriver trois ou quatre fois par décennie pour espérer une présence de l’Internet dans ce qui est actuellement ma destination pour toute la semaine. En effet, comment poster la suite sans une poche d’Internet? Bref, c’est les genoux par terre que je me suis rendu compte que je n’avais pas eu le temps d’écouter beaucoup de trucs,ces quatre derniers mois… puis je suis immédiatement tombé sur des CD gravés qui m’ontrappelé qu’à partir de 2006, je m’étais promis de faire une galette par année avec les découvertes et coups de coeur des douze derniers mois. En fait, basiquement, c’est ça maisdématérialisé.

Hou…

Ces temps-ci et ci dessous, les mélodies à fond dans le casque?

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FUCK YEAH! C’EST L’ETE, VIVE LA MUSIQUE

Jefferson Airplane – White Rabbit

Là on entre d’emblée dans le grand classique des grands classiques, l’un des hymnes populaires du rock moderne en passant par la case « fin des années 60 ». Je vais partager avec vous l’une de mes astuces de petits saligauds : stratégisez les anniversaires de vos proches mélomanes pour rapidement graver les galettes que vous achetez pour eux, c’est vil mais si peu coupable. Mes parents m’ont appris pas mal de trucs à ce niveaux là (musicalement, pas dans la vilénie, ça c’est un choix de carrière) et je me suis donc indirectement procuré le très fâââmeux Surrealistic Pillow du groupe à l’étendard féminin bien connu. La démentielle reprise d’Emiliana Torrini dans Sucker Punch coïncidait et paf, passion soudaine pour cet album. Très court, archi sérieux dans le ton et la métaphore (Alice = drogues dures, on prête à Caroll tout les vices possibles, surtout ceux « d’actualité ») White Rabbit est non seulement scandaleusement bien écrit et à fond dans l’expansion du « mythe » mais très planant, surtout pour une voix presque métalleuse dans le contexte (ouais, on est dans les limites du chant là) – j’aime cette petite basse baladeuse, j’aime cette histoire, j’aime cette progression, j’aime j’aime j’aime, du grand rock et de la grande musique. Feeeeed your heaaad ~

The Chemical Brothers – Galvanize

Tchik tchik boom wub wub wub wub wub. Attention, c’est fort et ça sent fort le « ça me dit quelque chose » – les amateurs de jeux de rythme – avec platine – deuxième du nom – reconnaîtront l’une de leur plus grande némésis du moment, les autres comprendront qu’avec les fameux auteurs de Star Guitar (récemment fendus d’un nouvel album, que j’ai failli voler à Kirox bien malgré moi, pardon) on ne rigole pas avec les samples, les boucles et les poum poum tchak. Tu veux taper dans le mystique? Avec de l’électro? Ok boy, on va mettre quelques trilles qui vont faire derviche-tourneurs ici, hop un petit riff bien méditerranéen qui tourne en boucle là, on pousse les basses à fond, quelques petits bruitages de clavier et autres trucs vlan bim hop hop hop voilà un bon gros tube. L’essentiel, c’est de ne pas tomber dans le bruitisme pur et simple et de rendre le tout accrocheur, d’où ce ton bizarrement haut (et oui, c’est en vitesse 1) Tout ça pour dire que c’est franchement cool.

J Geils Band – Freeze Frame

MAINTENANT, SANS AUCUN RAPPORT. Revenons dans les années 80, oublions tout les machins clichés et recentrons-nous sur les trucs totalement passés à la trappe ici à l’époque, vaguement revenus au goût du jour par des petits hasards et des apparitions dans tels ou tels trucs plus connus – vous aurez tous entendus Centerfold quelque part *clin d’oeil, clin d’oeil* – et quel hasard! C’est un titre de l’album Freeze Frame, où on trouve le titre éponyme. D’une, je recommande très vivement la lecture de l’album, et c’est pas le type de disque qu’on laisse passivement défiler pendant qu’on fait autre chose (jouer à Rapelay, etc) puisque chaque pisse à l’air de sortir d’un album/disque/époque différente, à peu de choses prêtes. C’est pas du tout le genre de galette où on peut dire « Hey, toutes les chansons se ressemblent, scandale » parce que chaque morceau part d’un gimmick très précis qu’on dirait issu de pas mal d’expérimentations, de bidouillages qui aurait donné l’idée autour duquelle construire un morceau. Là je vous ai mis le final très vocal et harmonique du truc façon « hey! On sort de scène en chorégraphiant avec nos cannes et nos chapeaux ronds! Débauche! » mais c’est parce qu’il représente bien tout ce qu’il y a avant – pas beaucoup de texte, ce petit son de clavier entêtant, guitare peu présente sous les cuivres divers et un gros enthousiasme sur cette fameuse image fixe, pas compris, demandez pas. Je pense pas que ce soit la même « Freeze Frame » que le « Girls On Film » de Duran Duran. Shoot, shoot, blblblbl, tapez dans vos mains, c’est un ordre!

Carla Azar – Tomorrow Never Knows

Trois paragraphes plus tôt, je vantais les mérites de la BO de Sucker Punch et je vais me permettre d’en remettre une couche car c’est le point fort de ce film un peu barjo et qualitativement… hybride. C’est également une reprise, je ne vous fait pas l’offense de dire d’où vient l’original (ne vous imposez pas ça si ça ne vous dit rien, la mémoire va finir par revenir) mais avec la démentielle version Torrini de White Rabbit, toutes ces versions 2011 et féminines des grands classiques du rock est sur-jouissive, surtout pour cette version de Tomorrow Never Knows où le coté « mystique indien » de la compo de base est franchement bien retranscrit… et amplifié, pour le coup. Le morceau est deux fois plus long, ce qui veut dire plus d’ambiance pour ne pas dire de « trous d’air » qui laissent l’esprit du morceau planer… on laisse venir la sauce, on la fait monter progressivement avec cette guitare vrombissante et hop, on reprends le soliloque drogué sur la synesthésie et plein d’autres trucs qui vous valent un arrête au poste si vous l’affichez trop sur la voie publique. En quarante ans, on a trouvé plein d’autres moyens de rendre un son « planant » et miss Azar rends un excellent boulot d’interprétation doublé d’un son qui te fait aller loin, loiiiiiiin… avec de te laisser retomber comme une Lara Croft sur un pic acéré parce que hé, c’est de base le but du film, n’oublions pas.
 
Ghinzu – The End Of The World
MERCI MONSIEUR BADGER POUR TOUS NOUS RAPPELLER L’EXISTENCE DE GHINZU! Typiquement le genre de mot qu’on peut entendre et se dire « Mh, me dit vaguement quelque chose, c’est Français? » – et non, c’est Belge. Ma culture musicale du plat-pays se limitant à Brel… Plastic Bertrand… et Soulwax? Le générique de fin de l’AMV Enfer peut donc être
une excellente excuse pour découvrir Mirrors Mirrors, l’album en question. Le titre seul en lui même est, excusez du peu, foutrement bon! Pas un instant on ne pourrait soupçonner la
francophonie des artistes (j’essaie de m’attirer les foudres de cibles bien précises, faites pas attention) parce qu’on sort des sentiers battus pour une ballade rock qui commence plutot
gentiment et qui finit en grande envolée lyrique assez… émouvante, mine de rien. Le coté « ultime » du morceau est si bien retranscrit (et c’est loin d’être le dernier) et ce son, tellement bon
et pourtant assez simple… paroles jolies comme tout – j’aime bien les jolies petites chanson d’amour discrètes comme ça, quand ce n’est pas abordé crétinement à la Marc Lavoine mais c’est le cas de tout le monde, je suppose – et ce motherfuckin refrain où on balance toute l’émotion et « l’esprit » du reste, comme contenu dans les couplets. On gratte, on arpège par dessus, on rajoute des petits machins très mineurs (c’est sensé être une chanson joyeuse? Triste? Mission impossibles) et on chante avec beaucoup de convition… typiquement le genre de truc où le sérieux est supra-nécessaire… sans être gênant. C’est bon, c’est franchement bon, merci.

R.E.M. – Superman 

Si tu as cru qu’ils ont mis un homme sur la lune… un homme sur la luuuuune? Non? Toujours est il que Rapid Eye Movement est un groupe si riche… on pourrait passer une vie à découvrir les grands tubes qui ont ponctué le groupe, a écouter les albums correspondants en périphérie puis à progressivement remonter le temps qu’ils en auraient déjà sorti un nouveau. On exclut Everybody Hurts que j’ai un mal fou à prendre au sérieux (sérieusement, « ne vous faites pas du mal », c’est un message?) et Shiny Happy People qu’ils sont connus pour détester mais on distingue facilement plusieurs périodes dans leur très ample disco, des débuts incompréhensibles de Murmur aux ballades un peu plus mollassonnes, en passant par deux trois phases bien rock chic et folk choc. C’est un peu ça dans Life Rich Pageant où on trouve Superman, morceau assez connu qui n’accroche pas par ses paroles super profondes mais bien par son coté roots et pas piqué des vers – il y a déjà cette piste « effets sonores de cirque » qui corresponds franchement bien et qui apparaît de temps en temps, puis ça ne s’éternise
pas, on met ce pont bien bondissant au milieu et on enchaîne sur la fin. C’est du REM, c’est des histoires de sentiments quoi qu’il arrive et c’est pas plus mal puisque ce n’est pas direct. Tout le monde n’aime pas The One I Love ou At My Most Beautiful qui, eux, sont un poil plus explicites… et donc plus mous. Là, c’est rythmé, joyeux mais mélancolique… et très simple à faire à la gratte, tout réside dans la variation d’un accord, épatez donc vous relations avec Superman!

d5acead8d0fdbd653f370b583e89f6f5.jpg Freezepop – Sprode  

Oui alors pardon pour le rip-off un peu moche mais c’est toujours pareil avec Freezepop – leurs morceaux sont trois fois plsu travaillés quand ils les remixent pour tel ou tel jeu de rythme où l’un de leurs membres à bossé. Conséquence logique : la piste de base paraît bien fadasse et vide. Syndrome Freezepop quoi – une piste sur trois accrocheuse, les deux autres sans interêt mais hey, je vais pas paraphraser longtemps, je me suis déjà fait choper en flagrant délit de languedeputage sur Twitter par leur claviériste. Chanson rigolote adressée à leurs fans (ou à un fan en particulier, je ne sais pas, ils ne sont pas connu pour faire de la poésie lyrique) où les gimmicks du groupe ne manquent pas à l’appel. En gros, vous prenez tout le matos utilisé pour faire un tube de Laygaga, et vous l’utilisez pour en faire quelque chose de BIEN. Cordes ou instruments réels interdits, même les cordes vocales de Jenny Enthusiasm semblent bioniques tant son chant est machinal. Tout ce morceau tourne autour d’une petite tournerie de clavier autour duquelle est contruite une petite ambiance sucrée de carnaval (elle aussi, décidemment) mais on sent le gros travail derrière tout ça. Plus on écoute, plus on repères de pistes de claviers, de basses, de petits machins qui paraîtraient indispensables une fois supprimés…ET HOURRA, RYTHME DE BATTERIE DISCO

Them Crooked Vultures – New Fang   

Une joyeuserie musicale ne peut exister sans un petit Josh Homme ou un Dave Gröhl, avouons-le. Ben hop voilà-t-y pas que cette formation all-star, d’abord nommée « Les Petits Pois » – nom de code pour ce concert à Rock En Seine il y a deux ans – regroupe les deux bonhommes en question plus JP Jones, monsieur Led Zep. Ils ont donc fait un album qui sonne comme du Queen Of The Stone Age plus que les deux autres groupe maaaais… qui aurait renoué avec les racines « désertiques » des débuts. J’aurais pu mettre Scumbag Blues en extrait, s’aurait été un peu plus évident mais cette galette s’efforce tellement de sonner « je suis mort de soif dans le désert de Gobi » qu’il fait tout pour insérer les petits clichés géniaux et subtils du genre : du bend et du bottleneck partout (pour un son « glissé » bien bluesy, tout en gardant cet esprit rock bourrin) du… kazoo? Ou un son s’approchant – et un final en descente de tom impossible à reproduire, j’ai essayé, j’ai eu des problèmes. Ce disque (éponyme) est tellement bon, tellement constant, un deuxième ferait presque tâche tant il comporte un univers bien défini. Ce serait épatant d’ailleurs tant il est d’usage qu’un groupe de ce genre se contente d’un one-shot (les agendas de ces gens là sont quand même bien remplis) mais je vous invite sévèrement à rejoindre cette grande fête au soleil, vous exposer un peu plus au soleil… et vous faire bouffer par les vautours.

Ohio Players – Fire

Ho, du phonque! Alors oui, c’est archi cliché. N’allez pas imaginer les Jackson Five en train de manger des buckets KFC tout en dansant (c’est pas moi, c’est l’internet) mais les Ohio Players sont effectivement de très bons apôtres de cette époque où un vinyle, c’était un morceau en devenir très connu et trois autres qui remplissent un peu. Fire et Honey (a écouter : Love Rollercoaster… et la reprise des Red Hot) sont deux albums extrêmement libidineux – y’a qu’à voir les couvertures haha – où quatre mecs vont donc installer une petite formule entêtante… la faire tourner en boucle quatre minutes et dire/chanter plein de trucs en même temps, les uns après les autres, faire plein de bruits avec la bouche, rigoler ou juste faire « loooooove » de manière archi sensuelle. Vous aurez peut être reconnu le générique d’Hells Kitchen, d’ailleurs. Avoir le feu aux fesses ne les empêchait pas de faire de la bonne zic, en témoigne ce morceau ultra culte aux USA… qui reprends les machins énoncés plus haut, avec plein de piano dissonant, une basse entêtante et une guitare qui fait presque support tant tout est dans la VOIX. Insérer ici une chanson de Chef dans South Park, ooooh yeah.

Maxïmo Park – Girl Who Plays Guitar

Rock anglais, rock anglais. J’ai découvert ce groupe récemment (sérieusement, le nom n’est pas engageant, ça sonne comme le plan B de Tokio Hotel) et étant un très grand amateur de la formule anglaise sur-efficace et dansante à la Pulp, Blur (un peu moins) et autre Franz Ferdineries, c’est toujours avec pas mal d’enthousiasme que je découvre un autre groupe qui joue dans cette court de récré. Ce morceau qui irait très facilement dans un AMV avec K-On! Navigue dans ces eaux rythmiques et dansantes : mineur presque interdit, on se réponds entre grattes à grand coups de powerchords et vazi que je te balance le pont et refrain avec mes barrés ravageurs pendant qu’on chante très sérieusement sur la muse de l’instant pour le chanteur et son hamburger dans la bouche. C’est archi rapide, le son est vintage au possible (les pros reconnaîtront les Fenders de la dernière ère glacière) petit clavier discret derrière, la batterie cavale joyeusement et le tout donne un ensemble très accrocheur qui donne envie, lui aussi, de prendre son médiator et de rejoindre la pyjama party.

Journey – Don’t Stop Believing

Pour le quota « Rock classique archi connu », j’hésitais entre ça et un morceau de Toto… puis la fin des Sopranos m’a frustré, comme tout le monde avant moi, puis me suis souvenu que l’AMV HELL 5 avait un très joli clip à base deeeee geeens, de feux rouuuuuuuges, hiyayoooooooo! Que peut-on rajouter devant tout ce culte, exécuté tambour battant (littéralement, cette surpuissance des toms est toujours un régal) dans la pure tradition des morceaux-qui-ne-démarrent-que-pour-les-trente-dernières-secondes? Que c’est le seul morceau de Journey que j’apprécie… parce que j’en connais que deux. (Syndrome Foreigner) mais celui là – beaucoup d’émotion, d’énergie, de démarche volontaire… un coté un peu cryptique et un gros solo de guitare qui fait monter au plafond, tout est là, protégez vous. Rien d’autre à dire!

Kaiser Chiefs – Things Change

Attention, je lis dans votre esprit… j’y vois… un mot en quatre lettres… une pierre précieuse… un prénom féminin… certes, mais pas que ça. Les Kaiser Chiefs, connus pour leur manque de modestie assez caractériel viennent de sortir un nouvel et quatrième album intitulé « The Future Is Medieval » – cependant, il n’y a pas que la version « officielle » et ses treize morceaux – les gars ont fait quelque chose de très original sur leur site : vous pouvez piocher parmi vingt de leurs nouveaux morceaux, en prendre dix, les mettre dans l’ordre choisi et customiser votre pochette parmi dix « objets » correspondants à vos titres. Hop, vous obtenez votre version en version numérique pour neuf euros et vous pouvez même gagner un Pounds à chaque fois qu’on achète la votre. Voici donc ma playlist (mais entre nous, vous pouvez simplement piz el remalcér em, rembobinez la cassette) composée après moult écoutes des 20 extraits d’une minute, exactement comme ici avec plein de joli flash classieux. Même après cette sélection peu exhaustive, cet album est pas mal sans être fantastique mais à ce prix là, pas facile de se priver. J’aurais pu mettre l’extrait de Little Shocks qui supplie de sortir en single (si accrocheur, deux premières secondes si sympa et toujours si peu modeste) mais j’ai un petit truc pour ce titre là, son rythme barré, son instrumentalisation un peu aléatoire et son art du contretemps, toujours appréciable. Je vous recommande nettement d’y jeter un oeil, que ce soit pour la formule personnalisée ou officielle…

Après vérification, j’ai 6 titres sur 10 en commun avec la playlist du groupe. Pas trop trop mal.

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Joyeuseries musicales – Bachannales 11

Encore encore encore encore encore! Sixième post, deuxième de cette année scolaire, ça fait déjà quatre mois depuis la dernière fois. C’est également la première fois que le contenu de ce sixième post musical est connu d’avance, peu de surprises pour vous mais toujours un moyen d’avoir quelques bonnes tranches d’art dans les oreilles. Aujourd’hui, beaucoup de clavier, de morceaux exagérément longs et de chanteurs Monsieur-Madame. Allons-y…
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Linkin Park – Breaking The Habit
Et oui, c’est bon, si j’avais une once de charisme à vos yeux je vais pouvoir la perdre en live : j’aime bien Linkin Park. Enfin, j’aime bien, comme j’aime bien prendre une salade au Macdo ou manger des légumes bio, une fois de temps en temps, sur tel ou tel titres… et pour le plaisir de l’anecdote, Breaking The Habit est de loin ce que j’ai le plus aimé du groupe. Je garderais pour moi la façon dont ce souvenir est remonté (c’est assez intimement lié au blog, vous verrez bien) mais le Cassagedel’habitude a quelque chose en plus… après tout, Linkin Park c’est souvent la même formule : un degré en dessous du 1, un mec qui hurle (j’aime bien Crawling mais on la trouverait facilement et légitimement ridicule à ce niveau) et un petit sens harmonique assez poussé. Par contre si y’a bien un truc qui ruine continuellement les choses y’a bien le rap de Mike Shinoda qui vient toujours ruiner considérablement l’ambiance… mais ça c’est davantage un réflexe d’Hybrid Theory, dont Meteora est une simple continuation, là où l’enrengistrement sur les volcans grecs devaient donner un résultat « totalement novateur » mais non, on a juste pris les mêmes etc etc… et là je trouve qu’on tape dans le meilleur. Guitare archi discrète et quasi inexistante pour une visée plus « synthétique », chant presque calme et pourtant toujours enrengistré comme si le micro était dans la pièce d’à coté… et jamais Linkin Park n’a été aussi, on va dire, mélodique. Probablement la meilleure piste de
l’album, j’aime bien.
The Who – Baba O’Reiley
Niveau rock classique j’ai quand même pas mal de retard et j’aimerais arrêter de découvrir les classiques de Who uniquement via les différents génériques des Experts… là aussi je dois remercier Harmonix pour me faire payer une piste deux Euros et comprendre les trucs géniaux du passé. (Par ailleurs, le Live At Reeds a été réédité, ça peut faire un joli cadeau pour vos parents… ou vos petits-enfants) j’aime bien Baba O’Reily. J’ai n’ai strictement aucune idée si c’est un lieu, une personne ou quoi que ce soit, je suis vraiment à la ramasse dans la mythologie de ce groupe mais ce que j’aime dans ce morceau c’est sa capacité à se transformer. Bon, le plus connu reste cette intro au clavier qui fait très « HEY LES GARS J’AI DECOUVERT UN TRUC FAISONS MUMUSE » et cette jolie petite ballade gentiment rock qui suit… mais j’aime encore plus cette sortie et cette tournerie orientale soudaine. Sans prévenir personne, on rentre dans cette boucle, on sort les cordes, derrière ça s’agite et c’est de plus en plus rapide avant de définitivement s’emballer pour le Big Rock Ending, et avant que le bazar ne s’arrête (j’adore les fins brutales et silencieuse comme ça) il y a cette dernière petit tire-fesse musical où on trouve ce petit son très sympa qui pourrait être un double stop gratté mais qui s’avère – a priori – être une répétition de caisse claire, je ne sais pas si vous voyez de quoi je parle… enfin, comme d’habitude, du quasi-classique. J’ai encore beaucoup de passé musical à rattrapper avant de pouvoir apprécier tout ce qu’on à aujourd’hui!
Yes – America
YES. Encore, encore encore encore. Après avoir eu une poussée nostalgique via Rock Band et Roundabount, me suis dit qu’il me fallait écouter Fragile – un album assez frustrant puisqu’il contient, on va dire, peu d’univers différents proposés et j’entends par là peu de pistes! Une reprise d’un extrait classique, trois énormes morceaux dans le même esprit et quelques transitions très expérimentales, il y a au final très peu de choses à se mettre sous la dents. J’ai donc commencé à écouter quelques morceaux du groupe (avant les années 80, c’est très important, cette décennie a vraiment très peu servi l’histoire de ce groupe qui a dégringolé en se pétant les dents sur chaque arrête d’escalier possible) et America est d’une constance assez folle, aucune parcelle de ces dix minutes de lasse, on peut facilement décomposer le bazar en plusieurs phases. Cet extrait est sur-jouissif dans tout ce qu’il présente : tournerie à la gratte gentillement country, accords de claviers en contre temps, ride omniprésente et sublime harmonie de trois voix qui viennent se superposer au fur et à mesure – ça fait un peu chorale mais on va s’en foutre pour le moment – et enfin, cette basse très boostée, un procédé assez rare mais cher au rock progressif.
Vive le progressif, le progressif est roi!
Mindless Self Indulgence – Faggot
Ces temps ci j’ai une sorte de fétiche pour les voix de divas … masculines. Après avoir pigé que la voix de Jane’s Addiction était un mec, j’ai enchaîné directement avec plusieurs autres « traps musicaux » dont quelques titres de ce groupe bizarrement connu dans les sphères des Internets. Typiquement le groupe « à esprit » (et vous me direz que c’est foncièrement lié, vous n’avez pas du entendre une chanson de Marc Lavoine) toujours extrêmement speed, rythmiquement barré et grosse emphase sur la musique synthétique, là aussi. Mindless Self Indulgence est l’un des rares groupes à rendre la musique… épileptique. Des petits bruits, partout, tout le temps, si possible très rapprochés histoire de rendre le tout agressif mais encore potable. Alors je parle pas des paroles SUPER DEBAUCHEES, tellement efficace avec ce ton et ce chant pourtant impeccable, c’est typiquement le truc qu’on pourrait chanter sous la douche posément ou en costard devant une foule de cinquantenaires – mais là on tape dans une sorte de métal électronique inclassable et… c’est originial. Pas inoubliable parce que le groupe a vraiment tendance à trop s’installer dans tels ou tels gimmicks qui reviennent tout le temps mais le temps de découvrir, d’aimer un peu et de passer à autre chose, c’est toujours ça de pris. C’est très déjanté, c’est tout ce que je demande!
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John Lennon – Gimme Some Truth
C’est très gênant. Toujours dans cet esprit « un début de nuit : un album à découvrir » je me suis fait une extension du trip Beatles qui constituait mon petit fil rouge musical de l’année dernière. Autant prolonger un peu les choses avec les carrières solos de chacun en excluant Ringo Starr et Paul MacCartney d’office (je n’arrive pas à saquer Wings, c’est fou) et il était de bon aloi de commencer par s’écouter le fameux Imagine, sorti en DLC sur un petit jeu de rythme que vous connaissez peut-être. CE FUT LE DRAME puisqu’il se trouve que le titre éponyme est – et je suis le plus objectif possible – nettement le moins intéressant du lot! Mou du genou, sans grand interêt, pas comme si le reste était franchement speed ou progressif mais avec un peu plus d’énergie derrière. Gimme Some Truth a un peu plus attiré l’attention chez moi (et il s’avère que c’est l’une des plus connues, comme quoi tout est lié) parce que j’aime bien son sens de la … nonchalance. Le temps des Fab Four est bel et bien fini, on sent très bien qu’il n’y a plus cette entiereté, ce syncrétisme total et qu’on se limite désormais à l’esprit et l’univers d’une seule personne mais c’est plutot pas mal. Un petit peu de piano, un petit peu de gratte au son nasillard (et même un solo! De John Lennon! Un Solo de John Lennon!) et la magie du branleur le plus génial de l’histoire de la musique s’accomplit! Un album dont je recommande l’écoute (à contrario de London Calling qui m’a ennuyé sévère, Rudie Can’t Fail mis à part, ça n’as pas beaucoup de rapport mais il fallait que je le dise quand même)
Lit – I’m Not Sick But I’m Not Well
Bon alors ce fameux syndrome qui fait que tu découvres une nouvelle piste avant de l’entendre subitement partout – quelque part vers début Novembre, j’ai enfin rattrapé le visionnage de Fight Club, depuis longtemps dans mes priorités. J’ai adoré comme à peu près tout le monde et j’avais retenu cet espèce d’hymne à la douce dinguerie… et vlan, les deux semaines qui ont suivi me l’ont imposé via deux ou trois moyens différents avant de tomber sur cette excellente vidéo du Nostalgia Critic qui l’utilisait également. Bon, c’est fait par qui? Lit? Ce groupe punkachien qui a pondu le super rienàfoutre « My Own Worst Ennemy »? Alors il s’avère que les origines de ce morceau sont extrêmement floues (c’est probablement une reprise) alors si vous êtes surs de votre version des faits, n’hésitez pas à la partager. Quoi qu’il en soit on va prendre cette version en compte, très péchue et un thème tellement sympa et rare dans la chanson! C’est plutot bête et méchant dans l’idée, rien de bien sophistiqué dans le traitement mais c’est cette énergie et cet esprit sclérosé-premier-degré-et-demi qui prime. Y’a même des petites harmonies, hé! Et … du pick scrape! Cette fameuse technique qui te fait glisser ton médiator sur une corde pour obtenir un « pfioooooouu » bien dégueulasse pour galvaniser les foules. On tape dans l’esprit punk alors c’est accords de puissance à gogo, guitare saturée, rythme rapide et de la voix qui monte dans les aigus. Lit, un groupe très actif sur scène, remonte dans mon estime mais en même temps je suis un mec qui juge un groupe sur un original et une supposée reprise…
Duran Duran – Rio
Ah bon, Duran Duran est un groupe Australien? Je serais incapable de citer plus de deux artistes ou formations australiennes. Peut être celui-là et … ACDC? Quoi qu’il en soit, plusieurs trucs me fascinent chez les double D. (Si cette blague vous a fait penser à la pochette éponyme, vous êtes de fieffés coquins) Cet amour du double entendre et cette fascination du corps féminin – devinez quel est le lien entre Rio, Girls On Film et Hungry Like The Wolf? On dirait presque un rébus – et justement, cette fois là aussi très androgyne… les clips laisseraient entendre que c’est bien un mec au micro mais je commence à ne plus être trop sûr de rien. Duran Duran est un groupe à la batterie très disco et qui n’hésite pas à transmettre l’amour du charley omniprésent, compilé à une guitare peu présente et finalement assez gratuitement dissonante… mais j’aime bien ce son modifié à envi qui s’approche du trompettiste! Pourquoi avoir viré les « Heeeey » bien planqués du premier refrain dans le reste de la chanson? Ca donnait un coté tribal sympa à l’ensemble… et maintenant, énigme : COMMENT ont-il fait pour obtenir cet arpège de synthé qui tourne en boucle? C’est franchement hypnotisant, on dirait que cette formule a été composée au hasard en prenant telle tonalité. Et et ET solo de saxophone, ce qui ravira tout les fans de l’Eurovision…. Je conseille le visionnage du clip si vous aimez les bateaux, le soleil et les bonnes ambiances diurnes. Ah, les années 80, c’était pas que les couleuvres françaises qu’on connaît…
Rush – The Spirit Of Radio
Bon comme dernier Baromêtre 2010 je me suis gardé de mettre Buy Nothing Day pour préserver cette attitude monomaniaque que je peux avoir parfois et je voulais lancer un clin d’oeil au best-off du même nom de ce groupe dont je ne cesse de découvrir le génie pré-années 80 (et oui, encore) The Spirit Of Radio est un morceau incroyablement fascinant et contient un tas de petits trucs attirants. D’autant plus surprennant que tout les gimmicks de l’album Moving Pictures sont là… et ce morceau est en quelque sorte une exposition très concentrée du « futur du groupe ». Le batteur divin Neil Peart et ce gimmick grosse caisse-ride qu’on entends très souvent, des gros accords de gratte délayés, des petites clochettes et plein de trucs qui font du bruit quand on tape dessus, c’est du tout bon. Ne serait-ce que ce riff complètement surréaliste ou ce petit passage reggae qui sert de pont, pourquoi pas près tout? (Et ENCORE une voix de fausse nana, décidemment) ce morceau, ce groupe, cet esprit… c’est du tout bon. Je peux pas dire que j’aime : « j’aime » les Twix Glacés ou « j’aime » aller voir un bon film mais là on est clairement un degré au dessus. Ce trio à tout compris. Fanboyerie et nostalgie mis à part, j’admire la capacité de Rush à écrire des chansons belles à pleurer sur n’importe quel thème, de la bagnole à la camaraderie et l’indépendance des ondes. Prière de m’indiquer prestement où peut on trouver ce ci bon esprit dans les bandes FM actuelles, je me met à genoux là!
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Russ Landau – Ancient Voices Nicaragua / Redemption Island
Russ Landau est un compositeur généralement employé pour la télé américaine. Son plus grand succès reste la multitude de thèmes qu’il a composé pour le meilleur jeu de télé réalité du mooooonde! Ce jeu a la spécificité d’avoir un générique variant selon le lieu ou la thématique de la saison : la ligne de « Héhéhohéyiéyiaaa » et la mélodie habituelle du générique sont toujours là, le reste est toujours modifié et cette année on a pu entendre la 21è et 22è composition différente… et l’une des deux, pour la première fois, a été censurée par la chaîne CBS au détriment du tout premier thème. Bref! La version Nicaragua est un tout petit peu trop osée avec son délire flamenco sorti de nulle part, sa guitare sèche super déplacée dans le contexte, ça n’a pas plu aux grosses légumes! Pourtant, j’aime bien. Ca n’atteint pas le génie de la version China mais les castagnettes et les flutiaux bien forts donnent pas mal de contenance inattendue au truc… en vidéo, ça rends moi bien, parce qu’un bon générique c’est aussi et surtout un bon travail de la photo et les monteurs ont été un peu feignants. Bref j’ai une grande préférence pour la deuxième version, tellement plus… subtile, et c’est cet amas de subtilité qui arrivent quand même à la démarquer de tout les autres. Des petits effets sonores très cachés, très « lourds », une toute petite dissonance bien placée et assez délicieuse et là aussi un travail de flûtiste bien plus minimaliste mais encore plus efficace, du coup, ça rendrait certains passages presque « doux » pour un show aussi VIRIL! De toute façon, ça fait longtemps que Russ Landau ne se fatigue plus trop pour pondre des génériques originaux
puisque les monteurs ont pris le mauvais réflexe de toujours le couper au montage pour gagner une minute de pub. Hurr durr
School Of Seven Bells – The Wait
Au final je me rends compte que dans chaque lot je met un extrait de ce genre : groupe récent, très peu connu en France et dont l’utilisation récente de telle ou telle piste dans une série américaine booste un peu la popularité à travers le monde… des vilains pirates (stealing shit on the high seas) m’en fout, j’ai découvert School Of Seven Bells à Saint Cloud en Aout 2009, parmi d’autres innombrables groupes dont j’ai un peu blousé le potentiel (Passion Pit, notamment, j’ai loupé un Sleepyhead live comme le dernier des bleus) et c’est bien marrant parce que le nom du groupe est effectivement un gimmick omniprésent dans le tiers de leurs compos et de l’album Disconnected From Desire. The Wait est une piste longue, très longue – six minutes qui s’installent, se posent, repartent aussitôt – le tiers sert juste à installer le gimmick et la grille de clochettes qui seront le fil conducteur du morceau. On répète ça une trentaine de fois dans les quatre minutes restantes et on pose tranquillement la belle voix féminine bien 2010, en ajoutant un petit écho pour le plaisir du sérieux. Ce morceau est incroyablement relaxant et il en deviendrait presque… trop court! Comme souvent dans cet esprit, l’ensemble est très, très percussif, très carré, le rythme y est quasi-militaire. Ecouter ça c’est se laisser transporter dans le petit paradis bien cliché avec des nuages blancs, des petits anges ailés et du repos éternel – c’est assez interminable mais tu aimes quand même ça. Même la sortie est interminable : tu as l’occasion de penser trois ou quatre fois que cette boucle sera la dernière, et elle s’arrête carrément en milieu de cycle pour le plaisir du gag!

ACDC – Let There Be Rock (Live at Donington)

Ah bon, ACDC est un groupe Australien? Je serais incapable de citer plus de deux artistes ou formations australiennes. Peut être celui-là et … Duran Duran? OH YEAH. Là aussi la folie du hasard fait que je me suis procuré le très célèbre concert donné en 1991. J’aurais pu mettre n’importe quelle piste puisqu’au final j’ai découvert un bon gros tiers des morceaux joués (j’aime bien Fire Your Guns) mais je préfère Let There Be Rock parce qu’il montre à quel point ACDC est le SEUL groupe qui peut autant… t’exciter avec un simple son de guitare. Tenacious D en est super loin : ces gars là ont trouvé LA formule rock qui émoustille les foules… cette version dépasse la dizaine de minutes, entre ses petites impros, ses impromptus scéniques et son interminable final qui a vu la mort de nombreuses cordes et doigts, il y avait de quoi faire pour choisir un extrait de trente secondes… mais là aussi me suis dit que la toute fin était le plus intéressant à mettre. Au final, ce morceau c’est un riff, un solo, un riff, un solo etc. La notion de refrain est mise un peu au placard pour de la pure démonstration guitaristique et vazi que je t’en met du solo final en trémolo picking et que la montée dans les aigus est synonyme de montées de lait pour tout le monde. Pour reprendre le fameux sketche « C’est quoi le rock? » (souvenez vous, Led Zep, dragsters, premier rang) ben moi ma réponse ce serait cette quintuple dernière note bendée. Ce solo final transforme celui qui l’écoute en monstre assoifé de ROCK, je déconseille très fortement l’écoute de cette piste et de ce live quand vous conduisez, vous aurez vite fait de vous retrouver en prison.

The Cranberries – Linger

Pour l’anecdote, j’étais sensé mettre « Be Aggressive » de Faith No More et je me suis tout simplement planté d’extrait… et le résultat est tellement à l’opposé de l’intention de base que je me suis dit qu’on allait garder les Cranberries, dont je me suis récemment enfilé un best off qui m’a fait passer un début de nuit absolument délicieux (avant une journée un peu moisie et si peu réveillée) Ce que j’aime dans cette formation Irlandaise (et hop hommage branleur à la saint Patrick trouvé) c’est cette espèce d’esprit complètement… pas bon enfant, bah nécessairement positif ou gentil (parce que Zombie n’est pas la joie de vivre incarnée) mais juste très généreux, limite sentimental… ou chaleureux, voilà. La voix de Dolores est comme une cuilerrée d’amour et de sympathie pour nos oreilles, tout ça plus un esprit très acoustique qui aura marqué l’intégralité de l’existence du groupe, à jamais estampillé « années 1990 ». Linger est donc l’un des premiers singles du groupe et pose d’emblée cet esprit très laaaaangoureux. Chuchotage, chant très sensuel et « humming » bouche fermée (sérieusement, c’est quoi le mot français pour ça? Faire Hmmm Hmmm?) avec bonus thématique super sentimentale sur le premier amour – un jeune militaire – de la chanteuse. C’est inspiré (comme à peu près n’importe quelle chanson d’amour un tant soit peu traumatisée) et toute cette chaleur se trouve ici dans ces coups de violons, cette batterie exclusivement caisse claire, ces deux trois harmonies chantées ici et là… un morceau culte et assez émouvant que j’ai découvert en retard. Vous savez, le fameux syndrome « Aaaaah, ce morceau LA! »

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Joyeuseries musicales – Fetes 10

Alors bien entendu si vous suivez ce blog depuis la page « globale » la moitié du contenu de ce post, vous le connaissez déjà. Je n’ai jamais indiqué les références dans le baromêtre parce que j’aime à penser qu’en voyant certains titres vous allez (probablement plusieurs fois) vous dire « Aaaaah c’était çaaaa. »

De là à poursuivre le procédé régulièrement, je sais pas mais j’aime bien ce gimmick de mettre « l’air en tête du moment », à vocation de recyclage plus ou moins régulier. Bon, en attendant, je reprends ce gimmick mais comme promis je compte n’en faire que trois, cette fois si, sous condition qu’on arrive jusque là bien évidemment. Vous connaissez la règle du jeu : on lance, et si on connaît on hurle dans sa tête ou sous la douche!

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 Tribe – Outside

 Shoegazing! Boston, Massachaussettes! Nous sommes dans un contexte où une grosse partie de la mise en place du morceau est à moitié automatiquement acquise : voix classiquement féminine, guitare très présente et délayée à fond : il faut chaaaaanteeeeer l’émotioooon du momeeeeent avec beaucoup de conviction avec un ton très haut perché. L’intégralité du morceau est en disco flip ce qui peut faire un vrai petit exercice rythmique et de coordination pour les batteurs… j’aime bien ce pont, on dirait presque la structure d’un canon : la ligne de gratte plus batterie qui se répète, puis le clavier, puis enfin le chant qui hurle comme si il n’y avait pas de lendemain. C’est dommage, la réputation de ce groupe n’a jamais vraiment dépassé sa ville natale… alors en Europe et plus précisement, bonjour éclectisme. Peut être que certains Américains connaissent des petites productions alsaciennes? En tout cas, après la dissolution du groupe, trois de ses membres vont fonder… Harmonix, ce qui justifierait… éventuellement… la présence de cette piste… dans un jeu de rythme récent hmm hmm.

The Beatles – Across The Universe

Pour continuer et finaliser l’un des runnings gags de l’année… écouter sérieusement toute une discographie de douze albums, ça prends du temps et c’est avec une certaine détente des oreilles que j’ai fini Let It Be et c’est sans aucune hésitation CE morceau qui m’a le plus marqué pour cette très intense fin de discographie. Etonnant de penser que les Fab Fours étaient persuadés de faire du moins bon matériel après la mort de Brian Epstein… là, tout est radicalisé, chacun prends des directions bien définies et le rockabilly des débuts est loin, vraiment loin. Aujourd’hui, une majorité des groupes font le même type de son sur les huit ans, voire le double…

Across The Universe est donc une piste de rupture certes mais cette thématique spatiale ne peut être qu’un d’un charisme certain – surtout si tout dans cette chanson veut reproduire cette « ambiance ». La voix métallisé de Jon Lennon qui n’était de toute façon pas vraiment de ce monde est une bonne base, rajoutez ces … choeurs? Cet espèce de son indéfinissable, céleste, impossible à reproduire et le sitar qui fait planer. Tu écoutes ça, tu voles et c’est une propriété qui a maintenant 40 ans… ce morceau est très actuel dans un sens et le son est diffusé par certaines sondes en orbite. C’est d’une poésie rare… je suis vraiment très très fan de reproduire ce son « aérien », ce que très peu de gens arrivent à faire auojurd’hui, peut être Kate Bush et d’autres solistes. En attendant, je me la passe en boucle et j’oublie tout.

Des tas de gens l’ont repris (même Placebo, vive le contre-sens) mais c’était jamais aussi bien!

Florence + The Machines – Cosmic Love

On ne se fait pas avoir par le break, ne mettez pas le son à fond… parce qu’on est dans l’archétype là aussi très féminin (je déconne pas, regardez Babes in Toyland et autres Hole) du stop and go : on arrête, on reprends… et on s’époumone sur le chorus parce qu’on est super sérieux. On reste dans le spatial : morceau tout aussi énigmatique mais bien plus énervé. Le spectre sonore est quasi géométrique : on enchaîne trois vagues avec deux énormes rectangles parce qu’on pousse les pistes à FOND! Grosse caisse quasi militaire et voix grondante qui ferait presque penser à une bonne grosse Björk©. Sauf que … Florence Welsh est née en 1986 et elle est donc plus jeune que la moitié d’entre vous, je sais, c’est déprimant! Habituellement je ne suis pas vraiment fan de ce format « grosse personnalité et groupe prétexte derrière » mais les compos de la petite Londonienne sont toujours un régal parce qu’ils ont en commun un esprit vraiment flippé – et son travail est très accessible puisqu’il n’existe actuellement qu’un seul album, nommé Lungs – très très qualitatif malgré sa pochette moche. Il faut garder confiance dans les productions actuelles! Je vais briser un peu le mythe en sortant que cette piste à pratiquement été pensée par terre, les dents du fond baignantes après une soirée arrosée… c’est le septième single sorti de cet album de 2009, il y a de quoi penser sur la dimension « prenante » des six précédents. Du coup, si vous réentendez ça un peu partout dans les séries de la saison qui arrive, Brigade Temporelle, ne soyez pas étonnés. 

Sourya – Anatomy Domine

C’était tellement 2009! Morceau très varié aux morceaux très avariés : tout ce qui est chanté est un peu chiant, le reste est impeccable. Sourya est une formation française qui n’arrive pas à se démettre des clichés inhérents aux pop-songs en anglais composées par des froggies : du sample, de la répétition, des voix électroniques, des petits morceaux de synthé, comme du Daft Punk ou du Justice en bien moins radical. Le truc c’est que ce premier album a été chaperonné par un gus commun à Phoenix et Cassius et on va finir par se dire un jour ou l’autre que la scène française tourne complètement en boucle. Pour trouver la bonne compo anglophone ou pas – il faut rester dans le méconnu, voir le cryptique.

MAIS! Tout ce qui est instrumental dans ce gros paquet est formidable. Ne serait-ce que cette première séquence de « Hoo hoo hooooo » où mis en fond sonore, n’importe quel être humain paraîtrait gracieux, aussi moche et mal foutu qu’il soit… puis après deux trois minutes de tourneries électoïdes on se tape se passage que j’aime beaucoup, tout simplement parce qu’il… pourait très bien sortir d’un Sonic. Ce genre d’harmonies, ça ne vous dit rien? Franchement, accelèrez un peu ça et ça nous fait un tout nouveau jingle bien badass
pour un futur et donc impossible bon volet de la série. Grosse guitare virile qui navigue dans la pentatonique, enrichissement avec ce « ding ding » super bath et hop, riff sur-efficace. Mince, je donne l’impression du mec qui fait semblant d’être technique, c’est tellement débauché.

Electric Six – Down At Macdoneldzzz

Aaaaaah Electric Six. Là aussi je pourrais ça classer dans le « Rock Geek » à coté de Tenacious D parce que très curieusement, ça semble être un groupe beaucoup plus connu par ce type de population… et il n’y a pas de réelle explication derrière, ce n’est qu’un jugement très subjectif. En tout cas je bénis Electric Six pour
être un de ces groupes rarissimes qui osent et assument parfaitement ces formules rock qui ont plus d’une vingtaine d’années. Je parle autant des réflexes que du son de gratte à proprement parler : bien sec et puissant, rarement garni d’artifices et d’effets… ce qui est prodigieux quand on est un groupe extrêmement centré sur les cordes! C’est super débridé, méga dansant avec ces accords de piano en contre temps… pas mal et c’est un des très nombreux éléments d’une disco déjà bien varié (on frise le stakhanovisme avec un album par année) qui se répandent très bien sur Internet, les singles récents étants volontairement abolis. Ca mélange pas mal de genres (ce petit lorgnage constant vers la New-Wave est absolument délicieux) et ce son
est tellement énergique, tellement revigorant pour des paroles soit humoristiques, soit pessimistes. Ce culte du feu et des symboles est apprécié (oui je dois vous avouer que je suis un peu pyromane) et cette voix qui débite ce super délieur à une vitesse folle, performance. Les disques récents ne sont pas aussi indispensables que leur  première galette, Fire, celle qui contient les morceaux qui doivent vous dire quelque chose (Danger! High Voltage – Gay Bar) merci Damien pour cette découverte. Damien C. Les autres, changez de prénom!

The Go! Team – T.O.R.N.A.D.O.

 Yeaaaaah. C’est une exclusivité ça, cet acronyme est le tout premier morceau du troisième album de la méga-hybride formation de Brighton, Rolling Blackouts, qui sortira en Janvier… et croyez moi que j’attends ce disque comme j’attends une nouvelle saison de Lost : ça va être génial et plein de morceaux de bravoure. Pourquoi? Parce que le groupe ne cherche pas trop à s’éloigner de son concept de base. Bien sûr, on aimerait voir un peu d’innovation mais la formule des deux premiers albums était similaire avec des petits éléments qui variaient : Thunder Lightning Strike était plus instrumental, Proof Of Youth plus « rapoïde » et bruitiste mais on sentait toujours l’immense et formidable bordel qui leurs servent de compositions. Tu prends de la musique, tu la secoues, hop tu récolte ça. Encore Ninja au micro (et c’est son nom de scène, pas son hobby) qui débite sa ligne toujours aussi incompréhensible, mais l’essentiel est bien sûr derrière avec cette kilotonnes de bruits étranges et de synthés venus d’ailleurs, arrangés de façon toujours très loufoque – les « tatatsin » en after-beat sont à la fois entraînants et anxiogènes – de la trompette, de l’écho, ces gars là touchent à tout et le font bien, parce que leurs compos ne sont pas toutes aussi rapides et ils maîtrisent aussi les longues ballades acoustiques qui s’enrichissent progressivement! En l’occurrence, vous avez le droit d’appuyer sur play, de mettre le son à fond et de bouger vos p’tits bras, c’est complètement fait pour ça.

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 Supergrass – Grace

« Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, vous n’êtes pas obligés de faire du Dance Rock avec des guitares d’avant 1920… » ben oui mais c’est un fait : les Anglais adorent ce type de son. Un matériel bien twangy (les Rockbandistes : pensez à Conventionnal Lover) un tempo à fond les bananes, de préférence deux grattes qui se répondent rythmiquement et hop, vous avez ce style dansant et ultra efficace cultivé par les Hives, Franz Ferdinand ou … Supergrass. Que je confonds parfois avec Supertramp, un peu comme Deep Purple et Dire Straits mais ne vous en faites pas, le kharma me punit bien avec un nom complet archi allitératif que les gens adorent confondre. J’ai donc eu la chance de comprendre que Supergrass ce n’est pas qu’Allright grace (pouet) à Lego Rock Band qui l’utilise en toute première piste. Je ne sais pas ce que ce « Save Your Money For The Childrens » ultra spammé veut dire mais c’est un régal à jouer, chanter, écouter… même si y’a pas grand chose de nouveau derrière tout ça. Trois bons accords, petit break, petite montée en palm-muting et vas-y que j’harmonise classieusement avec mes deux potes pendant que le batteur est en train de se pêter une cheville. Tendez bien l’oreille pour répère un clavier super discret… SAVE YOUR MONEY GO Tsin tsin tagada tagada tsouin tsouin. C’est vu, revu, rerevu trente fois et ça marche toujours aussi bien. Prenez en de la graine, faites votre tube dansant chez vous en pensez à moi quand vous gagnerez des milliards!

Snow Patrol – Make This Go On Forever

Oh yeah tiens en parlant d’énergie je dois avouer que les formations spécialisées dans le geignard sont un de mes vices cachés, l’année dernière je sortais Chasing Cars et ben à ce stade on va pouvoir boucler l’album Eyes Open en 2022, c’est bien. Gros quota émo donc, l’histoire de la chanson on la repère à trente kilomêtres, on parle ici de pur mal-être amoureux, des fleurs, des nuages et des abeilles… mais pas comme les Rita Mitsuko, ici on est dans le pur premier degré que je tolère tout à fait, le même élèment qui font que d’autres supportent My Chemical Romance… mais moi j’aime bien Snow Patrol, ils ont leur propre définition de l’épique! Comparez ça à Chasing Cars, vous verrez que la formule est la même : couplet tranquille pour faire monter la sauce et refrain super puissant qui vient s’enrichir au fur et à mesure, encore et encore, on repête deux fois le dernier refrain et on ramasse les morceaux au piano avant de passer au morceau suivant. Là aussi, c’est transparent, efficace et… il y a de quoi aimer ça, avant de composer des poêmes et d’aller voir Monsieur le Coin. Bon, je fais le mec qui prends de la distance mais c’est faux, j’adore me laisser embarquer dans ce genre d’ambiance un poil émo… parce que c’est puissant, fourni, avec un gros gros SONG. Avé l’accent. Fun fact : le chanteur a appris qu’il officiait avec la machoîre cassés depuis huit ans… ça doit peut être expliquer la nature écorchée des textes!

Yes ! – Roundabout

Bondieudebondieu ce que j’aime ce morceau. Il fallait que j’en mette au moins un de Rock Band 3, et celui là et le plus gentil du podium sataniste du jeu… mais wow grosse joie en lisant ce mot dans l’annonce progressive de la stelist. Roundabout c’est un peu le dernier rempart du groupe avant sa dégringolade dans la période eighties, massive, grasse et encombrante comme un chamallow géant. Roundabout est une excellente signature du meilleur du groupe : morceau long au possible, intro cool à la douze-cordes, arrive de ce riff de basse très connu… et hop, on enchaîne diverses phases, dont ce pseudo-refrain tranquille mais néanmoins épique. Clavier à la limite de l’orgasmique (et dans le contexte ça devait l’être encore plus) et surtout, un jeu harmonique pas piqué des vers au chant… essayez de distinguer les trois voix. Pas évident, surtout que les deux plus hautes échangent régulièrement… et comparez avec le deuxième refrain, c’est un peu différent! Ca tue, non? Et c’est que la première partie… après ça s’énerve, le batteur va souffrir, démentiel solo de clavier… ne l’essayez pas d’ailleurs, votre main va mourir et vous êtes attaché à votre main, donc fatalement! Dommage juste que la longueur exige juste quelques … petits remplissages (je ne dénonce pas, do doo doo doo doo) mais sinon c’est du tout bon, ça c’est de la musique, putaing. Le progressif, j’aimerais le vivre mais c’est un peu tard alors les zicos il va falloir forcer un peu les choses et faire naître des tendances, je compte sur vous.

Fountain of Wayne – Stacy’s Mom

Alors là je sais pas si je dois avoir honte ou pas pour surkiffer ce morceau. Je n’ai aucune idée de la popularité du titre ET du groupe dans l’hexagone (il trainaît dans mon Itunes, je sais pas comment il est arrivé là) mais j’aime bien prendre ce morceau un degré en dessous de sa véritable visée : respectivement une chanson épique alors qu’elle n’est surement que parodique… quand même, une chanson d’amour pour une MILF, voilà voilà hein – surtout que le clip met en scène un petit gamin ce qui donne un petit coté pas innocent du tout, je recommande. Bref c’est aussi la formule du morceau qui est pas évidente à assumer, archi classique et « tubesque » mais je tombe dedans avec plaisir, même si la longue intro à la Punk Californien tire un peu l’ensemble vers le bas. J’ai pris cette fourchette précise pour que vous puissiez comparer les deux derniers refrains : ils ont pas mal de trucs qui divergent… pour le deuxième, faites bien attention à taper des mains, c’est très important! On imagine bien le topo des étudiants qui s’éclatent entre deux cours, sur le campus, au coin du feu, je pense pas être trop loin de la vérité. C’est probablement un gros hit sur les bandes FM ricaines et il le vaut bien, après tout on peut être sympa ET matraqué! Messieurs d’Harmonix, chartez nous tout ça s’il vous plaît, ça rentre exactement dans tout les critères, il y a même une petite piste clavier pour débutants.

Moi je me demande si vous fantasmez sur le fait d’offrir des roses en costard quand vous faites crac crac avec votre main droite?

The Flaming Lips – The Spark That Bled

ATTENTION FANBOYISME. Il me reste très peu de disque des Lips à découvrir (les tout premiers en fait, j’ai peur de toucher à de veilles hontes oubliées) mais ces temps ci et pour survivre à ce rude mois de Novembre je me suis ressorti The Soft Bulletin, le best. Album. Ever. C’est celui qui retranscrit le mieux l’appétence cosmique – décidemment – du trio… et parmi l’avalanche de pistes de génies (Race For The Prize, A Spoonful Weights A Ton, Buggin’ et le génial-géniali-génialo What Is The Light?) The Spark That Bled est non seulement un morceau à se tirer quinze balles de suite (youpi, vous savez ce moment où vous êtes super heureux pour quelque chose et qu’après tout ce temps vous pigez… que c’était juste dans votre tête) mais aussi une chanson histoire super complexe qu’on pourrait presque diviser en plusieurs mini-morceaux… les Lips ont parfois le talent de chanter des phrases sur-niaises et de leur enlever tout cet aspect niais, simpliste, tellement la conviction derrière est profonde. Là on sort d’un petit pont tranquille, Wayne Coyle reprends la parole et hop la guitare démarre au quart de tour comme un petit banjo, à la batterie c’est un peu souple et fou, ça s’arrête, ça reprends, ça démarre, ça harmonise, c’est le paradis les potes. J’aime parce que ça retranscrit beaucoup d’émotions, ça vous en fait vivre quelques unes mais c’est aussi très crypté et assez dingue. Du grand Lips, de la grande musique.

The Doors – Touch Me

 … et on termine avec l’ami Jim et sa voix de ténor sensuel. Ca contraste tellement avec le plus connu de la discographie : UN PEU D’ENERGIE HEIN. Je dis pas qu’il était neurasthénique mais beaucoup de chansons des Doors sont basées sur la suggestion, les demi-mots, la tranquillité… des compositions très tranquilles, très posées qui contrastent avec cette très entraînante incitation au viol mutuel et consentant… mmh, ces accords de claveçin me rendent tout fou, dommage que cette piste soit pas aussi appuyée sur les enregistrementde base. Sinon, rien à dire, c’est intouchable.

J’aurais vraiment été honnête et représentatif, j’aurais foutu un morceau de Beirut mais je me le garde sous le coude… et là je suis sensé vous faire un topo sur Jonathan Coulton, les They Might Be Giants et le concept qu’est le morceau « Fingertips » mais le MP3 est un champion du cache-cache alors ce sera peut être pour une prochaine fois. En attendant, écoutez de la musique et prenez du bon temps.

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Hop là et de trois

Rock Band 3 est sorti. Cette simple phrase peut potentiellement faire orgasmer des tas de geeks musiquesexuels à travers le monde, les autres ne les comprendront pas trop, jugeant être en face d’une communauté un peu trop obscure et pas portée sur les vraies valeurs du jeu vidéo, après quoi il retourneront sur League Of Legends ou ils commenteront des parties enregistrées de Starcraft II, au choix. Les petits canaillous! Il ne faut pas se laisser faire! Il faut répandre la bonne parole et comprendre une dernière et ultime
fois pourquoi cette saga est une nécessité absolue si vous aimez la musique et le jeu vidéo. Rock Band et par extension son troisième volet doivent devenir une tendance, une religion, tout ça doit être considéré comme une console à part entière… mais au delà de tout ce fanboyisme suitant on peut pas dire que Rock Band 3 est un mauvais jeu. Ho la la, non, il est même foutrement excellent, pas le jeu de l’année mais probablement le jeu musical le plus abouti qu’il existe sur terre alors c’est parti pour un billet qui va vanter les mérites d’une galette que j’attendais personnellement avec une impatience extrêmement caractérisée. 

rock-band-3-xbox-360-059.jpgParce que ouais les enfants ça aura été un énorme chemin bien interminable de teasing qu’Harmonix nous a pondu là. Entre l’image toute innocente annonçant le clavier à la fin de la démo de Green Day et la sortie Européenne du jeu, cinq mois tout rond – pas grand chose à échelle humaine mais une éternité pour les acharnés de notre genre, surtout quand ce lapse de temps est consacré à la vente de toujours plus de rêve… l’annonce du mode pro, le mode carrière dont on cerne les grandes lignes, l’évacuation de la setlist au fur et à mesure avant ce petit gag de « communication » qui nous ont même montré en prime qu’ils ont beaucoup d’humour… et cette attente n’était pas aidée par ces foutues dates bipolaires qui n’arrêtaient pas de changer. Voilà la problème : la communication et le marketing Européen autour de Rock Band est… comme une asymptote qui tends vers 0, qui n’y arrive pas mais qui y lorgne sévèrement! Bien sûr ils ont fait une très gentille tentative avec Beatles mais pour cette sortie il fallait vraiment être entre initiés, suivre l’actualité du jeu, bref vraiment vouloir s’informer spontanément. Derechef cette absence totale de communication a fait flipper certains revendeurs qui ont flairé le gadin logique : une semaine avant la date fixe, une flopée d’enseignes ont commencé à lâcher les précieux packs en avance, les autres fini par les imiter… tandis que les restants avaient le jeu mais pas le clavier alors que ce dernier va être introuvable seul en magasin derp derp derp. Hors de cette sortie à deux temps c’est maintenant le reste des accessoires dont l’exportation recommence à être un peu intangible – l’adaptateur Midi est repoussé à fin Janvier sur certains sites et la Fnuc ne daigne pas les expédier, les guitares semi-pro sont encore invisibles, les States attendront encore trois mois pour les Fender et je sais pas où on sont les nouvelles batteries bref Madcatz et leur distribution chient un peu dans la colle, excusez du peu! C’est pas bien! Je suis très déçu Madcatz! Je ne t’inviterais pas à notre prochain passage au sauna de la Mosquée de Paris!

Enfin, petit point richesse pour ceux qui voudraient se lancer dans le milieu. Vous aurez raison d’avoir déjà une 360 munie d’un bon disque dur externe (250E) suivi d’un abonnement Gold (60E) en supposant que vous puissiez vous débrouiller pour la connection. Le pack avec le trois et le clavier (120E) peut être complété par le premier (20E) et le deuxième (30E) auxquels s’ajoutent Lego (20E) et Green Day (50E) – vous pourrez exporter l’intégralité de ces morceaux pour 35E. Comme vous avez du goût vous aurez aussi pris Beatles, rajoutez-en une trentaine. Maintenant il faut les instruments : Micro (30E) et le reste (70E à chaque fois au pire.) Après avoir dépensé une centaine d’euros en DLC, maintenant, pour vous achever, dites vous que la Fender devrait couter 250 Dollars et je doute qu’on y gagne au change. Le compte est bon? Bah non, on peut même plus le faire puisqu’on a plus les moyens pour s’acheter un boulier. Organisez vous, prenez des gens en otage, demandez des rançons, je sais pas.

Finalement, la Wii c’était pas si mal.

Ok c’est donc après avoir dépensé tout notre budget cantine de la décennie qu’on a tous pu, à un moment ou un autre, se retrouver avec le saint Graal dans les mains (il m’a fallu corrompre un manager Micromania à base de vannes contre Score Games) et avoir galéré sur les problèmes d’exportation de chacun (sauf sur 360 où tout passait nickel. Insérer tête de Donald faisant un clin d’oeil) on pouvait voir la magnifique cinématique d’intro sur le tube des Doors… quelle claque. Comparé aux séquences de Warriors of Rock aux mauvaises textures, à l’animation ratée et à même pas mal de jeux sensé être « beaux » mais dont l’aliasing gâche un peu les choses, j’ai, pour la première fois, l’impression de mater un Blue-Ray, bref. Nous voilà dans le menu principal, on créé notre avatar et notre groupe qu’on verra partout marcher au ralenti derrière les menus et ça pue la classe quelque peu. Avant toute chose, parlons de la playlist de cette troisième galette : le principal souci à annoté est bien évidemment le fait que Rock Band 3 fait presque compilation sur tout ce qui a déjà été sorti. Ne serait ce que dans les deux premiers Guitar Hero, déjà produits par Harmonix (I Love Rock And Roll, I Wanna Be Sedated, No One Knows, Beast And The Harlot, Freebird, Smoke and The Water) une grosse part du reste a déjà été vu dans la franchise d’en face. Les deux premiers tiers de World Tour étaient déjà dans le 2? Et bah bien joué, on boucle l’affaire avec One-Armed Scissor, Crazy Train, Misery Business, Hey Man Nice Shot et Cold As Ice (sans oublier Rooftops qu’on retrouvait dans Lego. C’est fou, je conchie World Tour et c’est la meilleure playlist jamais sortie) puis d’autres redondances comme Whip It ou Saturday Night qui étaient déjà dans Guitar Hero 5 et Band Hero, dans l’ordre inverse. Je râle mais c’est dommage parce que ça contribue pas au jeu à se trouver une « identité musicale propre » – chacun devrait avoir ses exclusivités, là on découvre beaucoup moins de choses. Il n’empêche de pouvoir se payer des petits moments de gloire, mes petits morceaux préférés qu’on va classer par tiers, comme pour la difficulté d’un morceau :
Charlie_Penny.jpgSi Charlie n’avait pas joué à Rock Band 3, il ne connaîtrais pas Good Vibrations et il serait encore vivant!

Jubilatoire et orgasmique

Freebird. Mettez vous à la batterie et comprenez ce que « crise d’épilepsie imminente » veut dire – le roll à la fin n’est pas si difficile que ça mais vous êtes tellement concentré, l’écran affiche une pléiade de couleurs qui rendent aveugle, le solo de guitare est tellement épique que j’ai sérieusement eu peur de saigner du nez spontanément pour la première fois et de m’écrouler raide mort. And this bird you cannot change wohohohoho – attention au Big Rock Ending de 15 secondes!

Gros coup de coeur

Roundabout de Yes. Je me doutais que ce serait le plus difficile de la playlist, c’est plutot l’avant dernier… huit minutes très variées ou chacun va prendre très cher, le claviériste en tête de liste, puis le batteur, puis le bassiste. Les autres survivront probablement.

Good Vibrations, même si la version live nous donne sérieusement envie de dire « VOGGLE » au public un peu trop présent. Cauchemar harmonique, gentil tutorial pour tout le reste.

Saturday Night Is Alright For Fighting, le tube d’Elton John qui va faire beaucoup de mal à vos mimines, que ce soit au clavier ou à la guitare ou il faut vraiment comprendre comment fonctionne un Hammer-On.

Antibodies, la chanson-alien avec ses … partitions-aliens! PERSONNE n’est épargné, chacun va se taper une partition très rapide au rythme funk, bon courage pour le clavier pro…

The Look, pas de difficulté particulière mais de jolies voix et une piste chant à trois amusante à faire si vous arrivez à jongler entre les tons. Disco flip à la batterie, ce qui est toujours agréable!

Centerfold, parce que Centerfold!

Enthousiasme significatif

Bean Caught Stealing est délirante et assez chaude, Yoshimi Battles The Pink Robot Pt.1 est un morceau des Flaming Lips un peu répétitive en guitare et boîte à rythme mais analyser ses harmonies est un petit délice – Jerry Was A Racecar Driver car c’est l’unique exemple en basse-tapping de toute la saga, Midlife Crisis parce que voilà c’est tout, Llama le boss final ska le plus barré de rock band (difficulté maximale pour tout le monde, pas de pitié) – No One Knows bien évidemment, Whip It et Walking on the Sun les bons tubes pop qui vont bien, la chanson des Smiths au nom trop long, Break on Through et les résultats du loto de Chicago, petit morceau bien chaud dont la multiplicité des solos feront rougir vos petits-enfants. 

J’aime bien. Ca va sinon?

Bohemian Rhapsody (qui n’est pas super adapté pour un jeu de rythme), Dead End Friends, Don’t Stand So Close To Me, The Hardest Button To Button, The Killing Moon, Humanoid, Rock Lobster, One-Armed Scissor, Du Hast etc. etc…

Urg urg

Rainbow in The Dark est au métal ce que l’attaque des tomates tueuses est au cinéma (mais peut être que Dio en était conscient va savoir) – je n’accroche pas à Cold As Ice, Imagine est un peu hors sujet, In A Big Country fait un peu cliché, King Georges, Portion For Foxes, Ho My God et Viva la Resistance sont difficilement écoutables.

Après toute cette playlist (et encore, la moitié et des poussières) est égrénée dans le mode Carrière, repensé pour l’occasion. Ce n’est pas très clair à ce niveau là : en fait, le mode carrière en tant que tel est une montagne d’objectifs, de minis-succés à remplir (et certains vous en donneront des vrais, de succès) chacun vous donnant une brouette de fans, progression et rangs prédéfinis à l’appui. La seule « vraie » carrière est une succession de concerts à faire qui vous catapulteront dans des lieux divers et variés pour un trajet toujours plus gigantesque… et des textes truffés de remarques bien aléatoires mais néanmoins rigolotes. Vous lancez une « tournée », à chaque fois vous avez le choix entre une playlist prédéfinie/aléatoire/thématisée (tel artiste, telle décennie, tel genre etc) et vous vous lancez dans les morceaux en chopant les étoiles comme à votre habitude. MAIS! Exactement comme dans Warrios of Rock (*Rires du public*) vous devez aussi remplir une condition supplémentaire pour rempiler une deuxième unité, les piques, que vous amassez en déclenchant votre transe le plus longtemps/souvent possible, en enchaînant les bonnes notes, etc etc. Ca donne un aspect challenge pas dégueu mais c’est peut être pas l’idéal de commencer par là quand on découvre ce type de jeu pour la première fois. D’ailleurs, tout est déjà débloqué d’entrée, vous pourrez vous précipiter en mode partie rapide ou vous retrouverez un véritable Pokédex que vous pourrez classer selon moult critères (dont le crucial « Nombre de fois joué ») 

rock-band-3-xbox-360-090.jpg Un mode Carrière rigolo mais un peu court et un peu brouillon. Pas de panique, l’interêt et bien plus amplifié quand vous y jouez à plusieurs… et tout est fait pour donner cet aspect bac à sable aux yeux du joueur. On te donne tout les outils du jeu dès le début, tu peux faire mumuse avec toute ta vie! C’est à partir de cette idée et de cet esprit qu’on peut constater l’incroyable liste des bonnes idées qu’Harmonix a pondu dans ce troisième volet. Même sans l’ajout du clavier, Rock Band 3 serait déjà largement au 2 ce que le 2 était au 1, je sais pas si je suis bien clair…

Alors débarassons nous des bonnes idées antérieures qui ont mystérieusement disparu. HOMMAGE.

– En batterie, la partition ne « saute » plus à chaque coup de pédale. Les lignes verticales disparaissent et le manche se fond trop vite dans le décor, c’est parfois gênant dans les séquences psychédéliques où il faut loucher.

– Pas de présentations indivuelles surclasses! Dommage!

– La boutique met moins de temps à charger mais elle en devient beaucoup moins ergonomique, il faut passer par quelques écrans de plus pour trouver ce qu’on veut et batifoler gentiment dedans sans avoir quelque chose de précis en tête devient impossible

– Fini les duels! C’est un parti pris assez audacieux qui se comprends dans le sens où tout est mis sur les derbys de score entre amis. D’un autre coté, le mode online est très imprécis avec ses playlists constituées en « salade »… on a pas forcément trois quart d’heure devant soit et il faut vraiment avoir confiance aux joueurs connectés.

 Donc à partir de cet esprit « jeu outil » un tas de choses ont été simplifiées. D’une part et c’est crucial, le système de changement d’instruments et de comptes devient aussi simplifié qu’il peut l’être – quatre petits boutons en bas de l’écran, chacun se connecte et se déconnecte à loisir, c’est plutôt simple et bien pensé. Toujours dans les bonnes idées, votre score individuel sera toujours pris en compte pour la playlist rapide : même en groupe, même dans la carrière! Super pour garder sa trace dans les classement en cas de bonne
performance. Votre groupe est le pilier central du jeu, on le retrouve en train de sa balader partout dans les menus et il est mis en scène dans des mini-cinématiques superposant les chargements, comme si ils étaient inexistants. (Attention, risque infime mais existant de plantage de la console) d’ailleurs les graphismes en eux même ont sévèrement gagné un cran, les textures sont plus lissées, plus belles, tout y est plus coloré et éclairé, les effets de scène sont encore plus présents même si on frise le diabéte instantané par moments – tout ça reste du meilleur esprit et les personnages agissent toujours très bien même si ils peuvent sembler parfois un peu désarticulés ou incohérents, notamment quand une chanson se termine. C’est vraiment dingue parce qu’on a parfois l’impression qu’ils ont pensé à tout : quand un objectif vous demande de refaire telles chansons dans une playlist prédéfinie, il ne vous demandera que de refaire celles qui vous manque! C’est un
détail idiot mais témoignant d’une bonne volonté infinie! Les scores des amis sont automatiquement affichés, que ce soit par instrument ou par groupes! On peut s’entraîner à une chanson directement à partir de la liste rapide! ALWAAAAYS ~

Image-1-copie-2.png  Et maintenant, parlons un peu de ce nouvel instrument aux touches douces et au manche qu’on aime bien saisir : le clavier MadCatz et ses deux octaves… doux au toucher, agréable, reproduisant bien la sensation d’un vrai. Deux modes de jeu s’offrent à vous : le mode « classique », vous mettez votre main à partir du deuxième Do et vous suivez les pastilles lumineuses, comme d’habitude. C’est le plus simple des instruments, on peut commencer en Expert directement sans aucun problème et le seul véritable souci seront ces allers-retours chromatiques qu’on peut trouver dans Cold As Ice ou Roundabout, par exemple… et il y a le mode pro. Un passage vers les tutoriaux d’entraînement sera nécessaire : il faudra reproduire parfaitement des petites séquences très académiques – gammes, écarts, apprentissage des tons, des positions… très utile mais dommage qu’il soit pensé pour n’être joué qu’à une main. Vous êtes gaucher? Dans votre face! Cet apprentissage par la séquence prédéfinie est aussi présent en Batterie et Guitare Pro.

La Guitare Pro justement… gros flop commercial français à prévoir, il faut avouer qu’Harmonix s’est bien débrouillé pour retranscrire une tablature de façon « verticale ». C’est un coup à prendre, un « onde de position » indique la forme que vos doigts prennent quand ils font un accord. Un Power Chord? Une « brique de Tetris » arrive. Un La? Un gros trait à prévoir à partir de la deuxième corde. Je doute que ce soit très intuitif puisqu’on passera beaucoup plus de temps à regarder son manche que son écran… et des chansons très rythmiques comme Yoshimi seront beaucoup plus simples à passer les yeux fermés qu’une autre, très lente et simple comme The Hardest Button To Button. C’est paradoxal mais on retrouve ce coté « apprentissage et mise en place » lié à n’importe quel véritable instrument, c’est le but. Motivation ultime pour les pro-gamers : une note « pro » rapporte beaucoup plus… et on revient rapidement dans les scores à la Guitar Hero. Avec une vrai guitare. La boucle est bouclée! Dans la continuité des petits détails qui font vraiment plaisir : pas besoin de brancher un micro et de dépenser ses piles pour travailler et bosser les Harmonies. Vous allez devoir copiner avec le « diapason » et son son de flûte pour piger ce qu’il se passe, parfois… mais décortiquer ses chansons préférées est toujours quelque chose de présent.

Pour en revenir au clavier Pro, les choses sérieuses commencent avec le mode Difficile. Le Facile et le Normal sont « relativement gentils » mais l’écart suivant est monstrueusement gros et c’est à partir de là que la sensation finale de « jouer d’un instrument » apparaît dans toute sa splendeur. Je suis incapable de dépasser une chanson de tiers 2 ou 3 sans me faire atomiser, le niveau va devoir monter au fur et à mesure, c’est un peu la course à celui qui va le mieux se débrouiller dans les mois à venir. A partir de ce point, les DLC ne sont plus compatibles avec les précédents jeux mais la plupart sortent avec des partitions clavier, si ce n’est des partitions pro! Et toutes les partitions Batterie Pro sont automatiquement incluses… et l’adaptateur midi devrait fonctionner avec toute une pléiade de patterns pré-enrengistrés pour les éléctroniques bas-et-milieu-de-gamme… tout en prenant en compte l’ouverture du charlet, pour un réalisme TOTAL.

 EXTASE. L’avenir de la saga est totalement impénétrable : comme aller encore un pallier au dessus? On a deux ou trois années de réflexion et encore une suite est vraiment loin d’être garantie. Les seuls jeux « sortables » sont désormais des nouvelles playlistes ou des jeux thématisés sur certains groupes, je pense sincèrement qu’on a atteint le plafond.

 VLAN.

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