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Le total journalisme

J’ai toujours hésité entre « magasine » et « magazine ». Disons que j’ai une chance sur deux. Si je me suis trompé, cet article va être illisible.

Le jeu vidéo, son microcosme, sa micro-économie… et sa micro-presse? Hey, pas tant que ça mais les choses ne s’arrangent pas pour les papiers spécialisés français avec les déboires de Yellow Media : Joypad vient de publier son dernier numéro. Je ne saurais pas dépasser les généralisations avec le sus-nommé puisque je n’en ai jamais ouvert un… je dois juste avouer que mon « gène cynique » se met à vibrer en voyant cette toute dernière couverture : invoquer un Lapin Crétin arborant un « Ca c’est vraiment crétin » n’est peut être pas une image finale qu’on peut se donner convenablement mais là encore, je suis gratuitement cynique. Je ne sais pas du tout quel tranche d’âge est visée ni quel « standing » le mag pouvait avoir… il n’empêche que Joypad n’existe plus et qu’il y a un trou un peu gênant à la place. Il n’y pas très longtemps, j’expliquais à tel point je prenais Internet pour mon unique moyen de m’informer à ce sujet (plein de suggestions en commentaire, c’est comme ça que je vous aime!)- et j’ai découvert quasiment en même temps que la réponse se trouvait outre Manche. Bien, peut être pas LA réponse mais une très belle piste à exploiter…

Je parle de deux magazines anglophones, version Britannique, qu’il n’est pas évident de se procurer sur l’Hexagone en dur. Après avoir découvert tout ça à Londres en… Décembre, après avoir acheté les éditions suivantes quelques temps en format numérique puis après avoir de nouveau acheté ça à Londres, le seul point d’accès en feuilles que je connaisse est une boutique à Paris, métro Concorde. En gros, je vous en parle mais la découverte ne sera optimale que soit si vous êtes près d’un (bon) aéroport, que vous soyez prêt à débourser deux fois soixante-cinq livres pour vous abonner ou si, éventuellement, vous habitez quelque part chez les félons Anglois et leur Sheperd’s Pie. Aujourd’hui, grand match de boxe journalistique : l’un, l’autre, les deux, qu’ont ces magazines que nos propres publications n’ont pas? Puisqu’ils sont les deux adversaires et bons ennemis du marché local, mettons-les en opposition ici pour essayer d’en tirer quelque chose et, croyez moi, ce ne sera pas difficile parce qu’ils ne manquent pas de matière!

Dans le coin Rouge – Edge – Mensuel depuis 1993

– « Le futur du divertissement interactif » –

Il y a un truc que j’adore avec Edge, c’est qu’il ne manque pas de goût. Vous prenez un JeuxVideoMagazine, avec sa maquette un peu improbable et son papier crade, il ne fera pas long feu et explorera la poubelle après la lecture. Edge redéfinit pour nous – car localement, c’est un standard – le numéro de collection. C’est typiquement la publication que je ne jetterais jamais car un soin particulier est donné à son apparence et à sa maquette. Son adversaire est lui aussi très joli sur ce point là mais il le fait plus discrètement – si Edge était un humain, il aurait des lunettes de soleil de poseur. Ca passe d’abord par une couverture toujours très classieuse – jamais plus d’un « élément » – souvent en gros plan, esprit centré ou symétrie systématique. Sur la tranche, le numéro, mois et nom du dossier, parfait.

En l’ouvrant, on reste dans cet esprit bien classieux et épuré : souvent écrit en petit, Edge n’a pas peur de laisser des morceaux de pages blanches et de consacrer des doubles pages entières à un dessin ou une annonce de rubriques. Ce nombre de pages est d’ailleurs assez élevé – 164 – ce qui donne toujours cette impression de lire un magazine à la tranche carrée, ça fait toujours plus sérieux que les agrafes.

Quels genres d’espaces? Le fameux logo « Hype », la troisième de couverture qui n’est pas une pub mais une sorte de tapisserie, la dernière page qui annonce la date du numéro suivant (un tout petit détail que j’ai toujours adoré dans un bon magazine) et quelques belles images qui accompagnent ce design très roots, toujours en lignes colorées, jamais un pet de travers et pas la moindre trace de comic sans ms, juré. Après l’éditorial, le sommaire et la page qui résume tout l’équipe éditoriale, on commence avec la petite rubrique d’ouverture, « Knowledge » (« Savoir », vous aurez pigé le jeu de mots) qui brasse rapidement un petit tour de l’actualité numérique. Dans le numéro d’octobre : La débacle de la 3DS, le succès du studio Playdead (Limbo) et le futur de l’Arcade sont des exemples en vrac. Quelques citations intéressantes et pertinentes plus tard, interview calibrée d’une personne plus ou moins liée avec l’univers du jeu vidéo (Le ministre de la culture anglais; Aaron Staaton – mais si, Cole Phelps) dont les questions sont souvent récurrentes et doivent toujours se conclure par « quel est votre jeu préféré? » amusant et toujours intéressant car, malgré les apparences, les personnes en question savent toujours de quoi elles parlent.

« This month on Edge » les minis découvertes de la rédaction sur une page, comme le barômetre des Inrocks – plus quelques Tweets rigolos – cette page ouvre la deuxième rubrique, « Dispatches ». Une personnalité ou une personne tout court du métier, une problématique, deux pages. En effet et ça commence déjà à revenir souvent, Edge consacre autant – si ce n’est plus – à analyser l’industrie et le méta que le jeu vidéo en lui même. Les créateurs, les tendances, les petites choses sont passées au crible avant les jeux… Quels sont les studios du moment? Les petits mécanismes stars? Ce genre de chose inédites. Ensuite, c’est le gros logo Hype qui annonce les previews : beaucoup de textes, des images partout, un passage clé puisque c’est ni plus ni moins l’actualité test des prochains moi qui est passée au crible, dans un style très lyrique, métaphorique, parfois en noyant le poisson dans des formulations trop sophistiquées, vous voyez ce que je veux dire hum hum hum. Tout ça est toujours appuyé par des colonnes d’interviews rapides par les gens concernés (qui, fatalement, diront rarement du mal de leur propre boulot. Du coup, ils expliquent pourquoi telle ou telle chose est dans le jeu ou pas, ca donne des précisions croustillantes)

C’est un gros morceau, et après c’est le dossier – toujours très très TRES vaste, le bazar allant du coeur du problème jusqu’à une périphérie pas toujours très pertinente (un excès de zèle pas évident à blamer, ça reste du zèle) mais à part ce problème de concision, il y a de quoi s’informer et découvrir. Dommage que la rédaction aie ce fétiche pour les grosses lettres capitales moches et soulignées en surimpression sur certaines de ces photos, mais rien de bien grave pour ce que ça enrobe.

Troisième rubrique : « Play » – les tests! C’est là d’où sort le prestige du magazine, une réputation un peu pète-sec (comprenez : strict, si l’analogie est pas malheureuse) qui a du mal à faire monter sa note sur 10. Le premier jeu parfait a mis du temps à venir mais une bonne note Edge aide réellement à faire monter un peu les ventes d’un jeu, quand les autres baissent dans l’estime de l’opinion commune. Son adversaire note aussi sur 10 et force est de constater qu’ils sont rarement d’accord… mais Edge à une façon un peu particulière de noter et décrire quelque chose – rarement en point par point du genre Scénario/Musique/Graphisme etc, il prend une approche très globale et « ressentie » de la chose. Les tests décrivent peu le jeu mais s’attardent d’avantage sur les tenants, les aboutissants, ce que le jeu peut apporter pour ses copains du même genre – tout ça étant, encore et toujours, renforcé par un « post-script » qui interviewe l’un des grands acteurs dans la production du soft. Texte à gauche, images à droite, pas d’ambiguité, c’est très mécanique.

La dernière section, « Create », est un peu le festival du méta, une belle collection de sujets improbables! Cette rubrique se focalise sur une personne, un studio, un pays, un gimmick. Chaque mois, un véritable petit bac informatif se déroule. La carrière d’une personne injustement inconnue. Un « lieu » – un niveau emblématique. Un « truc » – les pièces de Mario, la barre de santé, autant de petits concepts qui arrivent à tenir en une page taille 8, wow. Un studio, puis le making-off d’un jeu. Une section « artistique » qui s’attarde, pas de surprise, sur l’esthétisme d’un jeu, concepts-arts et dessins à l’appui, toujours beau et sympa. Quelques autres pages et vlam, c’est déjà terminé. Un vrai bon magazine qui prends du temps à la lecture (et il faut passer par l’étape de « traduction en pilote automatique », et ça c’est pour les meilleurs d’entre vous – et je ne vais pas vous mentir, je rêverais de fonder l’équivalent français d’une telle pépite, au moins de faire ou participer à quelque chose du même niveau. Amo me disait récemment que Joypad comportais des fac-similés où on pouvait lire des articles traduits de Edge… hey, c’est vrai que les deux titres ont une police très proche, si ce n’est la même!

Dans le coin bleu – GamesTM – Mensuel depuis 2002

Hé oui, je me suis abonné aux deux! Games Trademark – qu’on appellera par sa première moitié – est le rival tout désigné d’Edge, bien plus jeune (premier numéro en Décembre, il est encore loin d’avoir dix ans) mais tout aussi enjoyable que son aîné, Games prends la même source pour en sortir une approche différente. Allons-y pour le tapis de roulant de métaphores. Edge est carré? Games est rond. Edge est anglais? Games est américain. (Tout en étant anglais mais bfbflfl)

Games vise exactement le même public que son adversaire, à savoir les jeunes adultes et au dessus… mais en aplanissant les angles, peut être en se la pêtant un peu moins. Non pas que ce soit un défaut dans le premier cas mais Games est un magazine qui se veut un peu plus « cool », un poil plus foutraque, moins rigoriste sans être moins rigoureux. En couverture, souvent un jeu (au lieu d’un concept) toujours cette utilisation du satiné/brillant qui claque… et une vanne lié au dit-jeu sur la tranche, j’aime bien. 50 pences en moins, on sacrifie la pub sur la quatième de couverture mais il y a un poil plus de pages et, globalement, d’espaces blancs. On trouve quoi dans un Games? Quelles différences? Je spoile un peu, pas grand chose, c’est surtout une question d’approche et de mentalité mais il y a quand même une différence éditoriale majeure.

Games aime lui aussi consacrer des doubles pages à de belles illustrations (ce sont même des interruptions/transitions régulières) mais eux ont un fétiche spécial pour… les gros pixels! Même le prochain numéro, lui aussi annoncé à la toute fin, est accompagné d’un hommage rétro et parodique, cool. Sommaire, et en avant pour « Discuss », la partie proche des lecteurs où on trouve les réaction du courrier, du forum, les réactions en vrac. On comprends pourquoi il est 10% cher, il y a 33% de pub en plus, un peu trop omniprésente, dommage. La publication enchaîne sur une approche plus académique : après cette rubrique hybride, traitement du dossier mis en couverture puis les previews. C’est moins calibré qu’Edge, un peu moins de texte mais on le trouve un peu partout sur la page, les illustrations sont parfois les mêmes dans les deux magazines (il doit y avoir un filon commun) – en revanche, chaque jeu traité l’est avec sa propre maquette, son propre design, le magazine essayant de se plier aux codes du-dit jeu… on voit ça un peu partout mais c’est un réflexe particulièrement bien appliqué. Avant les tests, une flopée de pages spéciales pouvant traiter de n’importe quels sujets, sans trop tomber dans le marronnier, le genre de colonnes qui vous explique en quoi la CD-I a eu un impact sur l’histoire du jeu vidéo. Ce genre de performance simple mais efficace, mm’voyez… une approche très « Nintendo Magazine », version belle époque.

On en vient aux tests. Idem, note sur dix, sans « l’aura » de notation qu’à Edge (et les deux inversant parfois leurs barèmes sur deux jeux, de manière amusante) ces articles possèdent une démarche plus classique, technique, mais on y trouve des petites featurettes ludiques, dont le très apprécié « Meilleur que/Moins bon que » des comparatifs immédiats avec des jeux du même genre. Une mini foire aux question égrène les … interrogative (ne pas faire de répétitions, pas évident) qui nous seraient spontanément venues en tête.

Encore une page de pub, d’autres belles illustrations et… la section qui ravirait bon nombre d’entre vous : une section RETRO. Sobrement appelée RETRO. Ils ne le font pas à moitié – la maquette, le ton, les rubriques, TOUT devient rétro. Même les pépites, comme cette double page à la gloire d’un vieux boss mémorable. Et à partir de ce point, c’est comme la première rubrique de Edge mais vingt ans en arrière : un Behind The Scene (numéro d’Octobre : Theme Hospital) – un « coin du collectionneur », un vieux truc passé en revue selon le point de vue d’un connaisseur local – une année passée au crible, un jeu, un port raté (amusat, aussi) et un autre dossier. Ca prends le tiers du magazine, c’est très vaste et ça traite de choses que Nolife Online exploitent pour faire des émissions, si si.

Le reste, c’est un foutoir assez délicieux. Un top 10, un énorme tableaux traitant des meilleurs jeux par genre/console, le véritable courrier des lecteurs, un planning de sorties (truc essentiel souvent oublié) et un tout récent (depuis un numéro) coin sur l’industrie du jeu. Jeune mais lorgnant sur ce que Edge met en avant… à voir avec le temps.

Haaa, oui, c’est un match. Dites vous que les deux combattants abandonnent le combat et se font des bisous à la place – ils sont tellement complémentaires! Ils ont des focalisations différentes. Le premier se concentre sur l’industrie, l’autre par son accessibilité. C’est une différence qui se repère dès le titre : à sa manière, Games est un übermensch de magazine français. Si je devais sortir un favori, ce serait Edge – mais de très peu parce que d’un point de vue joueur, Games est plus « fun » et calibré pour « nous ». Quoi qu’il en soit, ces deux magazines atomisent ce qu’on peux trouver chez nous et je vous conseille humblement d’y jeter un coup d’oeil… avec les versions numérisées, par exemple.

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Lectures cursives

Le souci est le même tout le monde : pour chaque bouquin, manga, dévédé acheté, il arrive un stade où on doit jouer à Tétris jusqu’à réorganiser tout ses meubles. A vrai dire je dépense un pognon fou dans une demi-douzaine de séries en mangas, j’ai une kilotonnes de livres de cours et d’ouvrages de support plus tout une super livrée de littérature qu’un curé m’a filé après une longue discussion théologique (et pour le coup, ce n’est même pas une phrase aléatoire mais une vraie anecdote) et les fatwas posées sur Salman Rushdie prennent beaucoup de place sur mes meubles qui ne sont pas vraiment faits pour des petits volumes. Hop, rangements drastiques, je me suis dit qu’il serait temps de faire le ménage dans mes autres étagères et de me débarrasser de certain de mes … attention les yeux… MAGAZINES. Je n’ai jamais vu ce réflexe chez aucun ami, je suis le seul à ma connaissance à ne strictement rien jeter quand j’achète un périodique? Sans aller jusqu’à la conservation de certains quotidiens ou de mensuels spécialisés qui ont une formule vraiment interchangeable (JV Mag en tête de liste) j’ai beaucoup de mal à me débarrasser de tout ce que j’ai pu acheter jusqu’à maintenant. Même les fascicules en tout genres, bonus, solutions, guides… rien ne doit être jeté, c’est criminel! Et quand je me replonge dans ces interminables piles c’est comme dans le coffre de Picsou : le nettoyage se transforme en mission d’archiviste et je retrouve des trucs qui dépassent la demi douzaine d’année, mais aussi plein de choses improbables comme des copies aux annotations sensées être oubliées à jamais ou le dossier de personnage de ma première Murder Party (L’ivresse des profondeurs! J’étais Patrick Darver, le seul crétin innocent!) 

 Alors tiens, regardons tout ça de plus près, en ne gardant tout ce qui possède une pertinence minime sur ce blog… bah oui, les Science et Vie Junior c’est rigolo mais c’est personellement un peu trop tard pour m’intéresser au pouvoir de la SCIENCE!

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Ha! Cette pile de Nintendo Magazine! Peut être qu’un jour elle vaudra des millions. Strictement tout y est, du premier numéro de Mai 2002 à celui de Janvier 2008. 63 Numéros en état impeccable. Le drame avec ce mensuel c’est cette incapacité que j’ai à avoir de la distance sur la qualité de son contenu : est ce la qualité du magazine qui a décroît ou juste moi qui aie grandi? Je trouvais déjà le contenu assez lassant et à la limite du lèche-fesses (mais ça c’était une marque de fabrique) depuis un certain temps quand j’ai abandonné. Je me souviens d’un ouvrage au prix un peu scandaleux, bardé de pubs, le contenu éditorial de plus en plus décevant… et là il me semble que très récemment le groupe a été racheté par un organisme jeunesse – résultat : moins large, moins cher, encore moins bien foutu et une cible sévèrement moins mature. On se retrouve avec un mag qui affiche « Epate tes amis » en une et qui occulte l’E3… Sévère!

 Alors pourquoi cet enthousiasme des départs? De base, le « premier » numéro était une nouvelle formule d’une ancienne parution qui accompagnait la durée de vie de la 64. Avec cette reprise on disposait du meilleur équivalent actuel au fameux « Nintendo Power » – au delà de la case visée un peu moins ouverte, le truc proposait dès son numéro 1 tout une rubrique de « défis » ciblés, photographies d’écran à l’appui. Bien sûr l’enthousiasme lié à ce magazine était surtout lié à la Gamecube et à son line-up de folie (Luigi’s Mansion! Smash Bros en Mai! Pikmin en Juin! Splortsh) qui m’a valu nombre d’après midi à jouer avec des copaings. Chaque mois, un bon gros jeu analysé, des tests en pagaille (jeux, accessoires) les news qui vont bien et tout une section consacrées aux lecteurs et à leur interaction avec le mag. Il a toujours été très cher (6 ou 7 euros, probablement les deux successivement) mais, même avec douze petites années dans le tiroir, on avait déjà l’impression de tenir un véritable journal de qualité. Bien sûr, le truc était un poil orienté et avait un mal FOU à mettre des mauvaises notes (d’autant plus qu’ils gardent le système décimal mais les demis étaient courants) – tu savais à l’avance qu’un Wind Waker ou un Mario Sunshine allait se taper un dix. Ca n’empêchait pas le propos d’être formel, limite protocolaire mais on nous prenais pas pour des jeunes cons. Pour un magazine axé sur une firme et une console, tu avais l’impression de tout connaître sur la bécane et les sorties. Ca aliénait un peu mais au moins tu ne savais pas ce que tu manquais, Socrate serait content. Ils étaient toujours très avares en cadeaux bonux (même les posters étaient rarissimes) mais les numéros de Juin 2003, 04 et 05 avaient la bonne idée de fournir un DVD « officiel » sur les teasers issus des E3 récents. Je dois toujours les avoir… et le truc manquait rarement de bonnes idées! Au delà des Hi Scores, une rubrique chroniquait un espèce de grand concours interne où dans chaque numéro, valider des « défis » sur certains jeux te rapportait des points que tu accumulait, etc. C’était bien écrit, assez passionnant, ça donnait envie d’acheter les jeux chroniqués, ça remplissait parfaitement le rôle. Changement de formule à mi chemin, ça ne rendait pas le contenu plus clair ou plus pertinent, juste un certain nombre de changements esthétiques. Avec la sortie de la Wii, le truc devient plus cher, moins intéressant à suivre, on sent que la passion n’est plus aussi présente… seasonal rot en quelque sorte. Quand je compare ça à mes quelques autres magazines JV des débuts d’années 2000, la différence de contenu est flagrante – j’ouvre un Console News, c’est du « Les 15-25 parlent aux 15-25 », ils hésitaient pas à être méga familiers, présence de bédés moches mettant en scène le fameux Jay et ses rollers, grille de notes des testeurs… Nintendo Mag était à la limite de l’esprit entrepreneurial et le reste faisait comme un grand parterre libre et déconneur. Ca doit être un peu étroit comme vision des choses mais c’est celle que j’ai… et maintenant y’a JV Mag et ses 3 euros, sa maquette moche et son papier dégueulasse. Après, le gros de l’information y est… mais est-ce vraiment la peine de faire des infidélités au grand Internet? 

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 Han! J’ai envie de dire Han! Jusqu’à un certain temps il était quasi-impossible de trouver un bon périodique sur les séries. Il fut un temps ou ces dernières n’avaient même pas de statut légitime pour avoir leur petit papier spécialisé et de toute façon le gros du marché se cantonnait à ses machins aux unes criardes se focalisant non pas sur les séries mais sur les tétons de leurs personnages (enfin dans la limite du possible. Plus Lost que NCIS, vous voyez le genre) puis soudainement, Générique(s) déboule et dès le titre on sait que le traitement va être impeccable, ou de manière plus pragmatique, complètement conforme à mes attentes. Rien que le titre à tout bon – les débuts honteux du blog se focalisaient parfois sur certains générique que j’adorais, eux ont repris le concept. Un ou deux par mois, description linéaire détaillée et analyse à l’appui. La mode de confier son intro à un studio indépendant était alors toute jeune et l’art de la séquence d’ouverture n’était pas encore vraiment reconnu… mais au delà de cette simple rubrique, vous remarquerez le sérieux du truc, à la limite de l’encyclopédique : colonnes serrées, petit texte, aucun vide sur la belle page, peu d’images au risque de laisser des trous un peu gênants dans la maquette. Au moins, il y avait vraiment peu de pubs et j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour ce format 24×32 maigrelet! L’offre ne se limitait pas au papier, Générique(s) étaient l’un de premiers papelard à proposer un forfait en format numérique. C’est d’autant plus important puisque le numéro 28 vient de marquer la très probable fin du mag’ en papier… il aura donc eu une petite durée de vie, un peu plus de deux ans, pas vraiment le temps de décoller… c’est vrai que le propos est un poil antinomique – même aujourd’hui on a du mal à associer les séries (et par extension, les bonnes) à un public réellement adulte, d’autant plus que le haut du panier se fait de plus en plus discret au fil des années (un jour je me materais un Glee. Un jour)

 Du coup le magazine ne pouvait pas faire grand chose d’autre que de taper dans l’analytique pur. Les premiers numéros consacraient leurs dossiers à une thématique bien spéciale, à la limite du tropisme « actuel » (place des femmes, le fantastique, Amérique et new-york, fiction française) avant de plus se consacrer à une série en particulier. Vous me voyez venir : on ne peut pas tourner en boucle sur le passé et l’actualité ne se renouvelle pas temps que ça – rapidement, il n’y avait plus grand chose à lire. Là aussi, division en trois : rapides news sur les projets, les diffusions et les tournages (le bazar occultant totalement le net et ses implications, il n’y avait jamais de planning, dommage) – dossier donc, très fouillé, rempli de référence donc parfois un peu obscur – et critique des sorties DVD. Jamais de notes, parfois un gros pavasse sur les séries qui le méritaient (chaque sortie en France d’une saison d’Oz avait au moins une double page de review) et le ton était très, vraiment, super premier degré. On sent le réel désir d’opposition… à des mags hors sujets. Il leur manquait peut être un peu de fantaisie, de décoincage… mais la qualité était réellement au rendez vous. Je me suis jamais abonné, j’aurais dû, ça m’aurais rapporté un coffret DVD sympathique.

Dans un ordre d’idée très différent il y les incroyables Inrockuptibles, l’hebdomadaire que j’adore suivre pour parfois râler dessus… j’ai pas encore vu cette fameuse nouvelle formule, il serait temps, mais fatalement je vais peut être taper à coté. Quoi qu’il en soit, j’ai des numéros qui datent de l’été 2006 et je garde les numéros bilans annuels très précieusement. Le mag brasse toute forme de culture et divise simplement ses rubriques : Littérature, Scènes, Musique, Télévision, une petite page Jeux Vidéos pour faire paradoxalement éclectique et hop, bonheur. Ils sont bien sûr connus pour leur ton super tranché, dans le plus ou moins sérieux (je me souviens d’un encadré qui racontait le diner d’un journaliste chez Chris Martin où tout prenait cher, sérieusement, whatzefuck) et pour cette constante prise de position virulente oh la la violence. C’est pas comme si j’étais souvent en désaccord avec eux mais quand les Inrocks aiment quelque chose, on ne sait pas si c’est uniquement pour établir une culture alternative bien à eux où si c’est vraiment pour les qualités intrinsèques de ce qui est testé. Ce qui me fâche le plus c’est leurs goûts musicaux mais c’est une conséquence toute logique : moi j’en suis toujours au stade de la découverte du passé et les Inrocks critiquent la musique actuelle. Deux options : la scène moderne est-elle un peu moyenne ou c’est le magazine qui garde les mêmes réflexes? Probablement un peu des deux mon capitaine! Un best of tout les deux mois, il y aura forcément un truc qui plaît. Le reste (et ça en fait du reste!) se vaut surtout pour son actualité politique et ses petites pépites culturelles qui ne seraient pas traitées nulle part ailleurs. Cet espèce de point de vue lorgnant dans le geek est toujours assez délicieux et je me précipite toujours sur le « Ca va, ça vient » toujours rempli de conneries et jamais trop radasse en « lol » et autres « mèmes » – sur un périodique à aussi gros tirage, ça surprends toujours. Ca fait pas des Inrock’s un équivalent français de Wired mais ça y contribue. Dans l’absolu on en avait pour son argent : un peu plus de trois euros pour un contenu vraiment dense, cent pages pile, toujours pertinent. C’est un peu le Reader’s Digest soft pour tout les pans culturels : à chaque fois, une actualité principale, des tas de bêtises annexes et une écriture jamais dégueue. Bien sûr ça correspond à un « esprit » très (hohoho) Parisien, laconique et qui se prends pas pour rien mais j’ai toujours aimé et je continue à adhérer.

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 Je me rendais pas compte que j’avais autant de Premiere en stock. De 2002 a 2007 environ, une grosse cinquantaine de numéros. Ils m’ont un peu poussé au danger et au masochisme gratuit : c’est après avoir lu des bonnes critiques que je suis allé voir le Promeneur du Champ de Mars pour m’endormir raide devant ou
La Moustache, film indescriptible mais si peu mémorable. Il y avait d’autres papiers mais j’étais moins fidèles : Ciné Live était un poil foutraque et Studio était pas toujours lisible. Premiere était un peu plus consensuel, pas un poil qui ne dépasse de cette ligne éditoriale purement consacrée au cinéma… et ces petites étoiles qui font frémir. C’était tellement fun de pas être d’accord où d’aduler le rédacteur de telle ou telle critique, tant et si bien que dans le grand tableau des étoiles il y avait une colonne « vous ». La moyenne allait pas se changer magiquement mais le geste était rigolo. Après, suivre l’actualité des tournages et la vie des actrices avait rien de passionnant mais les critiques des sorties salles/dvd étaient le mieux mis en valeur, c’était tout ce qu’on demandait. Anecdote : pendant un certain temps, le magazine proposait des fiches à collectionner, j’en ai encore quelques une, inutiles donc indispensables! D’autres trucs à dire? Pas vraiment.

J’ai aussi une pile non négligeable de Guitar Part, qui était un peu le runnig gag de la reprise du blog… j’ai eu le malheur de découvrir le mensuel à l’apogée du DVD offert avec. Un nombre impressionnant de rubriques de qualités, des styles et des niveaux de difficultés hilarants, des plans de guitare que j’écoute parfois indépendamment et des profs hilarants. Puis le nombres de plans par rubriques sont passés de 5 à trois… puis le nombre de rubrique à baissé aussi… puis certains chroniqueurs se sont barrés, etc, fin dans le monde. Après l’actualité du genre n’est elle non plus pas toujours fascinante : concerts marquants, anecdotes rigolotes sur certain groupes… mais je reproche un très gros suce-boulisme dans les critiques des albums dont les intervenants principaux faisaient des masterclass le mois d’avant! Ils ont réussi à foutre « The Resistance » de Muse en disque préféré de la rédaction, je suis toujours un peu scié… mais quel régal de voir toutes ces haches, ces pédales d’effets et ces dossiers thématiques (sortir sa maquette, enregistrer, prendre soin du matos, les mécaniques des maisons de disques etc) là aussi on pourra reprocher des bédés atrocement pas drôles mais le meilleur était bien sûr les partitions et le contenu pédagogique. Dommage, j’ai découvert la chose à son apogée et le retour au niveau « normal » m’a déçu, fatalement. Il n’empêche que Guitar Part à su être passionant, pédagogique ET hilarant (parce que les chansons flash de François Corbier au Yukulélé, ça n’a pas de prix)

Je passe mon tour, en tout cas sur cette fois, sur le bloc « jeunesse » que j’ai de toute façon déjà un peu archivé. Je suis juste retombé sur le fameux Kid Paddle Magazine et son 18è et dernier numéro… je me souviens d’une maquette et d’un contenu très étrange, limite dégueulasse mais ce sera tout … POUR LE MOMENT.

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