Tag Archives: lums qui chantent

#Ladrogue

 « Rayman n’a jamais été un héros d’un grand jeu d’un calibre de Mario ou Donkey Kong Country. Ne pas le reconnaître serait au mieux, faire preuve de mauvaise foi ou, au pire, un manque de discernement inquiétant. A notre sens, sa réputation est assez surfaite (…) »

STOOOOOP. Temps mort. Je ne sais pas qui a écrit ce test sur Nolife mais il doit lui manquer un élément de compréhension pour sortir un truc aussi aberrant. C’est impossible de raisonner comme ça. Ne serait-ce qu’évoquer les deux premiers jeux, sortis quelque part autour de 1995 et 1999, c’est parler de deux moutures assez différentes mais terriblement volontaires dans leur démarches, animistes, créatifs à en mourir, le top du top de la plate-forme, rétrospectivement. Animation, gameplay, musique impeccable… et encore, c’est ignorer la sortie de Rayman 3 en 2003 (le jour où ça fera dix ans, en février 2013, ça fera vraiment mal.) Rayman 3, c’était surtout un humour à couteaux tirés et une belle succession de tableaux. Ca sort bientôt sur le XBLA et j’en ferais probablement un rétro post.

Et soudainement, Rayman Origins sort il y a un petit mois. Je ne vous ferais pas l’historique (Pix N Love le fait très bien, honnêtement) Disons sporadiquement que la création de la mascotte et du jeu originel ont été fédérateurs pour le studio ET la place du jeu vidéo français dans le marché mondial, je rigole pas. Rayman, pour les béotiens, est une mascotte créée sans bras ni jambes – ce qui, d’une part, lui donne un certain charme et a lancé une petite mode qu’on voit là et là. (J’ai un fétiche inexpliqué pour l’absence de membres, et non, ce n’est pas de l’acrotomophilie beuargh) et d’autre part c’était un moyen ingénieux pour faciliter l’animation du personnage. Bon, de 2006 à aujourd’hui, Montreuil nous a pondu un opus des Lapins Crétins chaque année (ce qui revient un manger un oeuf Kinder de Pâques géant tout les jours pendant cinq jours ; la première fois, c’était très savoureux) et l’E3 2009 nous fait soudainement la promo de ce retour aux sources qui avait l’air de déchirer. Un jeu animé en 2D, jouables à plusieurs, présenté comme le premier titre qui mériterait ENFIN le titre du « c’est comme un dessin animé »? Waah, il en aura fallu du temps et des grandes décisions pour le voir en boîte. C’est à peine moins bandant que dans les premier teasers. D’abord sensé se vendre en épisodes en dématérialisé, quelque chose a du refroidir Ubi Casablanca et Montréal dans le processus. Sonic 4? Non, probablement pas… mais le stand alone n’était peut être pas le choix le plus judicieux puisque Rayman Origins se vends mal, très mal. Aucune idée des chiffres français mais cela n’a évidemment pas beaucoup de sex appeal aux USA… et c’est, pour une fois, vraiment injuste. Il aura eu la malchance de sortir dans l’un des mois les plus vidéoludiquement chargés depuis, facilement, quelques années. (Rayman et Sonic dans le même mois, pour moi et d’autres fans, c’est byzance. Conceptuellement byzance tant l’émotion est forte derrière ces deux GRANDS noms.)

En tout cas, il est bien là, avec son édition collector peu chère (pute borgne cong baiser Fanny) et sympathique car l’OST est plus qu’agréable, le petit livret d’artworks est drôle et bien fichu. Je reviendrais sur la zique – mais maintenant, révolution, Rayman Origins est un jeu de PLATES FORMES. Un vrai de vrai comme on n’en fait plus depuis bezef (sorti en boîte, en tout cas) car honnêtement, quel est le dernier bon gros die-and-retry que vous avez parcouru ces cinq dernières années sur un grand écran, hein? Les vraies questions! Origins, c’est ça. Une carte du monde, une demi-douzaine d’univers différents et roulez jeunesse pour une soixantaine de niveaux qui peuvent, en étant doué, se traverser en une, deux ou trois minutes. Bon, le fait est que ça ne va pas se passer comme ça, la première fois, tout du moins. Mais attention! Je sors de mon schéma de déroulement habituel! Si je ne change pas ça, l’univers implose!

Pourtant, le scénario, il n’y a pas grand chose à dire. Il est débile, rigolo, un gros prétexte qui sert de vitrine : Rayman et ses potes DORMENT TROP BRUYAMMENT, CE QUI ROMPT L’EQUILIBRE DE L’UNIVERS – je sort d’une séance prolongée d’études de textes médiévaux et je dois vous avouer que ce n’est pas très différent – le boss final (qu’on voyait me semble-t-il depuis le tout premier trailer,  ne fait même pas partie du gameplay de base, il est optionnel) bref tout ça est un peu inutile mais reste une bonne porte ouverte au moteur tout frais, Ubi Framework, qui anime le jeu. Voilà, je vais le dire maintenant, c’est bien animé, très bien animé, vraiment très très très bien animé. Terriblement. Les personnages bougent le plus naturellement du monde, ont des mouvements archi-fluides, il n’y a pas une seconde de ralenti ou la moindre saccade, c’est un foutu délice. Si il n’y avait que ça – c’est un jeu sublime. Pas beau comme les fonds de Final Fantasy XIII qu’on voit sans pouvoir toucher – là, tout est nuancé, comme un beau dessin Photoshop perpétuellement animé, avec des fonds chargés sans péter les yeux ; Tout ça avec un gros sens du détail. Il faut le voir pour le croire, comme ces pubs crétines pour Blanco Vanish, le doublage débile en moins. Effets de lumière, d’ombre, d’eau, de clair/oscur – il manque qu’un niveau en noir et blanc ou en 3D (durp di derp) pour compléter un tableau vraiment, réellement valorisant. Là aussi, on pourrait râler sur les niveaux qui n’existent pas mais hé, ce serait un poil branleur. Et dieu sait si je ne suis pas… wait –

Donc donc donc donc. Plate-forme pure : le but du jeu est d’arriver au point B en fonçant vers la droite et ignorant la masse d’ennemis qui semble ne pas accepter votre existence dans cet univers fantastique. Comme dans Rayman 1, l’objectif secondaire est la complétion de médaillon et de différents paramètres : finir le bazar sans checkpoint et un temps (très) serré (ça c’est, de mon coté, joué à la seconde prêt sur une bonne demi-douzaine de niveaux – mais hey, les stages sont excellemment faits pour pouvoir faire tel saut, telle course sur une grande distance en rebondissant sur X ou Y. C’est bien fait, quoi. Ces médaillons se remplissent avec des cages, comme le premier jeu, sensé se passer « après » celui là (ce qui impliquerait une mentalité étonnante de Rayman envers son propre look pff) – une en fin de niveau, deux, toujours planquées quelque part où il y a un interstice suspect. Ouais, elles sont mal planquées mais raisonner autrement aurait été une singularité quantique, on va donc largement pardonner pour ça.

Non, la véritable difficulté, c’est la gestion des Lums. Quand même rares dans Rayman 2 (souvenez vous du millième planqué) ils sont ici noooombreux. Et toujours là pour vous frustrer : un triple quota détermine en fin de niveau si vous gagnez une, deux cages… ou une médaille. Et ça, les gars, pour ça va falloir trimer comme des champions et assimiler quelques principes pas forcément très intuitifs, on vous laisse un peu vous démerder avec ça. Des lums, il y en a partout, mais ils se planquent « sous » les plateformes (saut-fessier pour toutes les déloger d’un coup) et des vagues apparaissent de temps en temps. En gros, il faut faire les bonnes « séquences », la bonne série de mouvements, comme un bac de gymnastique! Encore plus si vous chopez un « Roi Lums » qui, pendant dix secondes, double le quota ramassé. En gros, des machins importants à collecter si vous avez cette folie de la COMPLÉTION. Ce mot existe à peine, c’est génial, regarde tout ce qu’on peut faire. Donc, attendez vous à moult suicides pour recommencer un partie d’un niveau afin de le « perfectionner ».

Au final, quid de la difficulté? Heeeeey, pas si donnée que ça. Oui, au début, c’est un peu donné. Ca se complique très gentiment au fil des mondes et des acquisitions de pouvoirs – courir sur les murs, rétrécir, planer, le stuff habituel – si on considère une dose tout les septennats comme une habitude – et soudainement, le jeu devient moins tolérant. Puis, passé le « premier round » du jeu, on sent qu’on monte d’un cran. Et soudainement… le dernier monde, le temps de deux-trois niveaux, vous VIOLE. Sans demander pardon – ce n’est pas d’une difficulté herculéenne mais ça demande quand même un minimum de bagage en plate-formes. La difficulté dans ce contexte, c’est quoi? Pas nécessairement plus d’ennemis mais placés a des endroits plus difficiles, plus tordus. Il y a même la Lande aux Esprits Frappés, niveau bonus mais tellement ultime tant chaque saut, chaque obstacle agit comme un tutorial… pour les gens qui maîtriseraient le jeu. Comme le niveau Elite 4 dans l’école de Théophile, quoi, hum hum. D’ailleurs, pour accèder à cet ultime niveau, il va falloir s’investir dans un long processus…

Parce qu’heureusement, il n’y a pas de niveaux seulement « classiques » – on y trouve deux autres machins ; les stages à dos de moustique (Moskito donc, pour les vrais) où vous dézinguez tout ce qui bouge, des vagues intelligentes, bien fichues et qui transpirent le bon sens et la bôôôôtée. Mémorable… mais pas autant que les niveaux « coffre au trésor » où vous devez poursuivre une boîte sur pattes, le temps d’une ou deux minutes, dans un scrolling forcé et toujours très peu évident – une véritable chorégraphie qu’il va falloir apprendre ; si certaines vous poseront aucun problème, certaines (la quatrième, la dernière) vont ramasser vos dents maiiiis c’est tellement hypnotisant. Ne serait-ce que regarder ces séquences est un énorme plaisir pour les yeux – je met l’emphase sur le chorégraphié – c’est comparable à la séquence un peu dingue dans les marchés de Tintin.

Il est intéressant de noter que l’emphase a longtemps été mise sur l’hypothétique mode multi du jeu – je craignais qu’il soit omniprésent, presque nécessaire… d’autant plus que le monde Online… est quelque part entre le triangle des Bermudes et le boson de Higgs – nulle part. Dommaaaaaage. De toutes manières, c’est du « bonjour/au revoir » – on peut se co/déconnecter n’importe quand avec le joueur principal, qui sera le seul à gagner des succès/trophés. Vilénie ! M’en fout, j’ai pas trois amis moi. Enfin, jamais en même temps. C’est arrivé deux fois dans ma vie, quoi.

Histoire d’y trouver des défauts – et putain ce que je me force – Rayman a beau être maniable, il souffre de petites imprécisions qui ne seront éliminatoires que si vous visez les hi-scores – hitboxes peu précises, sauts pas toujours très calibrés, un accident est si vite arrivé… surtout dans les derniers niveaux qui demanderont un nombre assez éloquent d’essais. Enfin – vous serez peut être plus doués.

Et merde, la musique. J’ai acheté la version collector parce que j’accordais une confiance strictement aveugle à cet aspect du jeu. Banco – c’est démentiel. Habile mélange de chants yaourt, de guimbarde, de yuku, ça vous évoquera nécessairement LocoRoco – mais c’est unique en son genre, CA TUE. CA ME DONNE DES ENVIES D’EXCLAMATIONS. Allez sur Youtube, tapez Rayman Origins Soundtrack et hop – j’aime ce concept de chants choupi-mimi de lums qui font « glou glou glou » en feignant la noyade. C’est réellement indescriptible – je tiens à une bonne bande son et là, ma joie est grande sur ce point. C’est pourquoi je conseille de vous délester de cinq pauvres euros pour ça, ça vaut le coup.

Easy. J’ai pas grand chose à dire sur ce jeu, il n’a pas de réel défaut. Peut être une répétitivité très minime dans son gameplay qui, malgré tout, se renouvelle au minimum en balancant les mécanismes bien connus du genre. Le jeu est pas génial mais il représente tout ce qu’on attendait de lui – il est réellement très bon. J’abuse de cet adverbe mais c’est ce qui caractérise Rayman Origins : plus d’humour mais un énorme travail d’ambiance, d’animation, c’est parfait dans le genre – si pauvre et oublié de la plateformes. Je l’ai complété, c’était un très grand plaisir, des DLCs seraient vraiment les bienvenus mais allez-y, boostez-moi les ventes de ce jeu injustement noyé sous la vague d’autres bons jeux. Tout aussi bon, juste bien plus original – parce cette resucée-hommage était, en comparaison, mieux foutue que Sonic Generations – et c’est pas comme si on parlait du bas du panier – si votre timeline de jeux de plate-forme dinguos s’est arrêtée à Little Big Planet, voilà enfin votre nouveau jeu. Bonne nouvelle, on peut aussi se mettre des baffes entre amis.

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , , | 5 Comments