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Les femmes mentent mais elles ont des seins

… et j’aime les seins.

 Non pas qu’il y aie quelque chose de mal à ça. Helia est khâgneuse ce qui signifie deux choses : d’une part, elle a réussi là où je me suis contenté de faire une bonne sortie et je peux vous dire que ça m’inspire un respect assez tellurique. D’autre part, elle est donc fatalement en plein concours ce qui ne l’as pas empêchée de me faire un billet télévisuel. Bonne chance! D’autre part, nous sommes copains de Plate Forme mais je n’oserais pas trop me comparer à elle… j’attire votre attention sur un point bien précis : elle rédige un visual novel avec des personnages aux… gros seins.

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Je n’ai pas pour habitude de parler série, notamment parce que cela fait des années que je ne regarde plus la télévision, mais là il y a une exception que je devais absolument faire, de préférence pas sur mon propre blog (que j’essaye plutôt d’orienter vers les animes et japoniaiseries en tout genre). C’est donc l’occasion rêvée pour vous parler de la série la plus lol du monde (que dis-je, de l’univers) : Le cœur a ses raisons. Derrière ce nom complètement pourri tiré d’une maxime philosophique se cache en fait une parodie des soap-opéras américains avec tout ce que cela implique de loufoque.

 
Image-2.jpgLe pitch de départ, un pastiche direct et peu reluisant, nous indique que Doug Montgomery, puissant dirigeant de l’entreprise de cosmétique Montgomery internationale, est mort dans d’étranges circonstances, que sa famille va se déchirer pour prendre sa succession et blablabla, osef. Ce synopsis n’est qu’un vague prétexte pour basculer dans un monde où règne l’absurde et l’anarchie. C’est bien simple, tous les clichés possibles et imaginables du genre passent à la casserole à un moment ou à un autre : les acteurs
s’embrassent torridement à deux mètres de distance, miment la copulation aussi élégamment qu’une troupe de gorilles, surjouent avec du vent dans les cheveux dans des scènes d’intérieur (sinon ça serait moins drôle), déclament de terriiiiiiibles révélations telles qu’une pénurie de pichets en ville, le manque de papier hygiénique dans les toilettes ou le menu du jour, et se jettent des regards pseudo-dramatiques à tout bout de champs sur fond de musique qui va bien (généralement ça va avec les révélations).
Image-3.jpgTous les cliffhangers de soap opéras possibles et imaginables sont utilisés de manière incohérente et poilante : les héros sont beaux, riches, ont une liste impressionnante d’exs délurées qui apparaissent régulièrement sous des prétextes plus ou moins légers (des guest-stars généralement) et les femmes ont souvent des poitrines très volumineuses à base de ballons de baudruche en plus d’une hystérie assez systématique. Une héroïne est enceinte ? Elle accouche au bout d’un mois. Son copain prend l’avion pour aller au supermarché d’à côté ? Il se retrouve dans le Sahara après un crash bien évidemment. Le manoir est en feu ? Chantons. Quant aux décors et effets spéciaux, ils sont volontairement cheap et sources de marrade, surtout lorsque les personnages décident soudainement de se faire une virée au pôle Nord ou dans la jungle amazonienne pour le fun.

Image-4.jpgLe cœur a ses raisons se centre donc sur les péripéties de la famille Montgomery, foyer à dingues de la région il semblerait. Il y a Brett, le fils aîné (joué par Marc Labrèche), qui est le prince charmant par excellence, toujours à parler de façon châtiée et archaïque, médecin sur son temps libre. Une excuse qui lui donne le statut tour à tour de gynécologue ou de pédiatre selon la situation. Ne touche plus à l’alcool depuis que, sous sa terrifiante emprise, il a oublié de mettre sa serviette de table ! Toujours par monts et
par vaux, Brett n’a pas très envie de s’occuper de l’entreprise familiale qu’il laisse un peu au bon vouloir des autres, dont son frère Brad (toujours joué par Marc Labrèche) qui est le type du jumeau MALEFIQUE, la preuve il porte la moustache et des pantalons en cuir ! Beaucoup moins niais et guimauve que le médecin effarouché (et pas toujours très viril), lui aime beaucoup comploter dans le dos des autres, parler tout seul pour exposer ses plans DIABOLIQUES et faire des blagues au téléphone. Quand Brett et Brad se rencontrent, il y a toujours une mise en scène bien cheap pour se moquer du fait que Marc Labrèche joue les deux personnages (à chaque saison il se récupère un nouveau rôle d’ailleurs, ce qui multiplie les possibilités), genre « Oh tiens, pendant que je te parle, je vais en profiter pour me cacher derrière mon journal ». Bizarrement les deux frères n’ont aucune agressivité quand ils se croisent alors que Brad fait un peu de
son passe-temps de tuer « discrètement » son aîné, principale source de manipulations foireuses.

 Mais que serait le prince charmant/charmeur sans sa princesse ? Et c’est comme ça que Brett se retrouve assortie d’une délicieuse compagne au nom tout aussi adorable : Criquette Rockwell (jouée par Anne Dorval). La douce enfant a été particulièrement bien pourvue par la Nature sur le plan mammaire et étale régulièrement son narcissisme un peu partout parce que, pensez-vous, c’est une star la madame, elle est reporter ‘tention (reporter signifiant surtout se rendre dans les kermesses du coin). Criquette est surtout
connue pour ses réactions au quart de tour, ses cris, son aversion pour les aspirateurs et son hobby qui consiste à maltraiter Madge, la bonne de la maison, dès qu’elle se sent un peut patraque,
c’est-à-dire tout le temps. Son couple avec Brett traverse quasiment en permanence des « crises » qu’ils règlent soit au lit soit en jouant au scrabble. Criquette possède aussi une sœur jumelle, Ashley (encore jouée par Anne Dorval) qui est infirmière et d’une naïveté incroyable. Ashley aime beaucoup jouer les justicières et défendre la bienséance partout où elle va, le tout en déclenchant moult catastrophes au passage. Elle apparaît surtout pour démonter les plans MACHIAVELIQUES des méchants en les traitant de vilains, ce qui se révèle souvent totalement inefficace pour les stopper (on se demande pourquoi). Malgré son affection pour sa sœur, elle ne peut tenir une conversation de plus de trente secondes avec elle.

Autour de ce quatuor de choc gravite toute une galerie de personnages plus absurdes et plus attachants les uns que les autres comme Crystale Bouvier-Montgomery (Sophie Faucher), la mère des jumeaux, qui est botoxée jusqu’à l’ongle et ne peut plus avoir d’expression faciale tant elle est défigurée par la chirurgie esthétique. Non contente d’être barjo, elle est aussi atteinte d’amnésie récurrente, ce qui fait qu’on doit lui expliquer régulièrement où elle est et à qui elle parle…souvent en vain. Il y a aussi Ridge Taylor
(Pierre Brassard) le bellâtre présentateur télé et ex de Criquette qui, même en étant l’ennemi juré de Brett, se retrouve sollicité inexplicablement (et mêlé aux différents complots), une situation dont il profite pour tripoter dès qu’il le peut la poitrine avantageuse de la reporter ; Becky Walters (Pascale Bussières), la fiancée de Brad et sa complice en cas d’acte malfaisant à accomplir, qui apparaît toujours de nulle part ; Megan (Macha Grenon), jolie blonde complètement à l’ouest et droguée notoire, qui a du mal à garder prise avec la réalité, son incompétence est sa principale source de fierté ; Brittany Jenkins (Elise Guilbault), 72e meilleure détective de la ville, à l’intuition foireuse. Je pourrais élargir longtemps comme ça, en évoquant par exemple Flatsy, la chienne des Montgomery, qui est la conseillère de la maison et conduit la voiture de Brett de temps en temps quand celui-ci est trop occupé à répondre au téléphone.

 Ils ont tous du mal avec lé téléphone dans la famille Montgomery d’ailleurs…

 Vous l’aurez compris, c’est du lourd ! Chaque épisode du Cœur a ses raisons contient des dizaines de vrais-faux cliffhangers plus ou moins sérieux, du deux ex machina à outrance, des métaphores sexuelles complètement loufoques et des tas de running gags visant à se foutre de la gueule du soap opera. C’est juste impossible de rester de marbre devant une telle pluie de gags. Les acteurs sont très bons, les situations abracadabrantesques et le scénario part dans le sens qu’il veut quand il veut (Un des méchants est accusé de meurtre envers les héros ? On le reçoit dans le salon le lendemain comme si de rien n’était). Le seul reproche qu’on pourrait faire à la série c’est qu’elle s’essouffle avec le temps : la première saison est hilarante, la deuxième très bonne mais commence déjà à perdre un peu de charme, et la troisième est apparemment encore moins bien (je me suis arrêtée à la 2e pour éviter d’être déçue). Cependant ce serait dommage de bouder son plaisir devant tant de qualité (en plus les fins de saison sont souvent complètement épiques)

Si vous avez envie de rire un bon coup, c’est pile ce qu’il vous faut. Je vous encourage donc à découvrir Le cœur a ses raisons et à propager la bonne parole autour de vous ;). Et ne vous fiez pas au premier épisode, c’est loin d’être le meilleur, il est surtout là pour poser les bases.

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