Tag Archives: Kuroshitsuji

Catch-up moutarde


soul-eater-979374.jpgPour des raisons de bête favoritisme, ce post ne sera illustré qu’avec du Soulïteurre. Comme le jeu Windows : un plaisir esthétique et si peu coupable

C’est triste mais c’est comme ça : nous sommes en vacances, la moitié d’entre vous sont définitivement partis faire quelque chose un poil plus enrichissant et entre deux cavalcades françaises et Européennes, j’ai toujours le temps de consacrer une poignée d’heures à monologuer en Tahoma taille 12. J’ai presque droit à mes vacances « internetesques » mais avant de rendre les armes pour un temps, je manquais sévèrement d’idées… du coup, au lieu de pondre une figure de style un peu casse-gueule ou de faire un article au thème forcé, douloureux à lire et à écrire, me suis penché sur ma liste de mangas achetés à la Japan et le tout est venu de lui même : au final, c’est un excellentissime moyen de faire le bilan/point sur les « lectures » de l’année, via ces nouveaux tomes. En gros, j’en ai déjà parlé, plus ou moins dans le détail… mais que sont-ils devenus? 

Pendant ce temps là, à Shibusen

soul-eater-627726.jpgSoul Eater n’a jamais été un coup de coeur très rationnel : sans être fantastique ou novateur, il tombait juste pour moi au bon moment et au bon endroit (comprenez un gus traversant une vague phase émo) – mais cette affinité était surtout liée à l’anime – bien foutu, bien décoré et prenant, il a tout pour lui mais il reste désespérément fixe et pour cause, il est fini depuis deux ans et quelques. (Capitaine Evident was here) Eu’l manga reste donc la solution qui, pendant un temps, faisait tristement office d’alternative. Pas mal mais un assez grave souci de style qui, a
juste titre, pêtait quelques rétines – le charisme ambiant des personnages et de l’univers en général balançait astucieusement tout ça. La publication française continue son petit bonhomme de chemin, la très ciblée couverture du tome 17 arrivera dans nos contrées en Octobre et les impatients qui lisent les scantrads n’arrêtent pas d’hurler sur les toits que le dernier chapitre,
classieusement nommé « Just A Simple Story About Killing People » – fout quelques baffes. Ce manga ayant une capacité très perturbante à me rendre Xsexuel (remplacer X par n’importe quel perso, homme, femme, Excalibur) je prépare dès à présent un autel à l’éventuelle future victime d’Atsuchi Ohkubo. Problème : cette année en France, Soul Eater ramait un peu dans un arc à rallonge qui te faisait penser que certains doujins et cercles de « parodies
non-officielles » – et ça n’a rien de négatif – valaient mieux que l’oeuvre originale. Je me garde les explications et références poussées sur le sujet pour après les vacances mais c’est comme si
les travaux des fans monomaniques étaient mieux dessinés ou plus passionnants que cette interminable histoire où nos héros doivent dégommer le méchant du moment, chercher un MacGuffin et finir le tout dans une scène classe en robe de soirée. Tout ça est évidemment très sympa mais lire un tome 20 minutes tout les deux mois est quelque chose d’encore plus frustrant… si l’action avance de cinq minutes à chaque fois. Du coup, si vous aimiez un personnage hors-champ, vous allez l’attendre jusqu’à l’année prochaine, cool!

Ce petit souci de rythme était habilement balancé car quelques petites couilleries inventives là et là, saupoudré de développements inédits (balancer une histoire de fond sur ses persos n’a jamais été quelque chose de honteux) mais j’étais fort satisfait de voir le manga définitivement prendre sa voie, le vrai canon de l’histoire SE dont les petits détails sont spoilés depuis des lustres à l’internaute un peu trop curieux. Résultat des courses?

Ce dernier tome 16 était carrément salvateur. Je vais me la pêter un peu : j’ai beaucoup de chance en ce qui concerne l’avenir de mes petits poulains de fiction, quand j’en ai un… il prends soudainement de la valeur, comprenez que le manga donne de plus en plus de raisons de l’aimer. Il reste « jeune » (tome 20 à prévoir) et la synchronisation des publications s’approche mais ce nouvel arc est terriblement enthousiasmant. Pourquoi?

Maka en ange

Le manga devient bien dessiné… et ça c’est un peu l’extase. On est passé de « pas très précis » à « carrément joli ». Ramza, rédacteur Total Manga, m’expliquait qu’Ohkubo lisait très peu d’oeuvres de ses collèges et en devenait donc peu influencé… Je pense sincèrement qu’on a atteint le moment où il arrête de tâtonner et ça donne un résultat si cool, surtout parce que…

– Les personnages grandissent. C’est tout con mais ça se voit et ça fait du biiiiiien. Le chara design change, les repères évoluent, il n’y a toujours pas vraiment de véritable « héros » dans l’histoire et de nouvelles têtes apparaissent (Gopher et son hilarant tic de lèvres pincées) si on essaie d’oublier deux trois passages qui sonnent faux, si faux (le duo « comique » et son apparition dans le chateau, pardon, excusez moi, ne nous la refaites plus) bref tout ça est couillu, se renouvelle dans le bon sens et c’est pas habituel si tôt dans un shonen.

Ce tome nous montre en plus qu’on peut enfin prendre son temps en lisant un volume.. mais aussi assister à une scène d’action bien gérée, dynamique mais pas trop rapide… et avoir un bon cliffhanger. Rafraîchissant parce que je commençais à me demander si Ohkubo n’était pas juste un mec un peu chanceux, ayant pleins de bonnes idées pour construire un cadre mais sans réelle « vision » – certains choix graphiques/scénaristiques etc semblant un peu maboules. Ces craintes sont franchement éteintes et j’attends la suite avec une impatience non dissimulée!

En gros, en Octobre, ça va être la fête à la maison… avec plein de bras, une épée par membre. Good luck!

soul-eater-1048313.jpg

… meanwhile, in Victorienne Angleterre

J’aurais aimé vanter les mérites de Black Butler avec un peu plus de conviction… mais il manquait un petit quelque chose, un truc que le manga a : un peu de constance. Si le deuxième anime commence avec un autre majordome et un autre shota, ce serait un scandale monsieur le juge – mais pas vu, pas la légitimité de commenter – disons que l’anime criait « LIS MA VERSION PAPIIIIIER C’EST UN POIL MIEEEEUUUUUX. » – Problème! A l’époque, il n’y avait que deux ou trois tomes… et Kana publie ça à la vitesse d’une Amy Whinehouse à la poursuite d’une bouteille d’eau, la faute à une publication japonaises qui prends son temps, elle aussi. (Si Black Butler dépasse les 27 tomes, on ne lui en voudra pas… mais j’aurais probablement atteint cet âge dans ce lapse de temps, attention les narines) 

C’est avec quatre tomes supplémentaires en un an qu’on a pu voir la « véritable » histoire de Black Butler, dans le sens où le canon manga diffère de l’anime, comme dans l’exemple d’au dessus. J’ai toujours tendance à penser que l’anime est une « face B » mais celle la avait les cojones de proposer une fin cohérente, bien qu’un peu… sortie de nulle part. Après la « phase indienne », l’histoire prends donc un nouveau tournant dans ce cirque qui donne l’occasion de constater plein de trucs!

D’abord – et ça vaut pour à peu prêt tout – si les préfaces de l’auteur d’un manga semblent émo, la suite va être bien dessinée. Vous n’êtes pas d’accord? Non seulement ces messages sont étranges, non seulement le manga Black Butler est extrêmement stylisé. Passé le stade du « Héééé c’tune histoire de gonzesse! *burp* », des couvertures pas toujours simples à arborer dans le métro et des posters très rococos offerts par Kana, on se rends compte que le baroque peut avoir du bon. Comme Soul Eater à sa manière (dans une portée plus symbolique) – Black Butler est beau. En apparence évidemment puisqu’il a une tendance surprenante à être méchamment… glauque.

… Non pas qu’il y ai du mal à ça mais c’est comme si il y avait tromperie sur la marchandise… une bonne tromperie, comme une réduction par erreur. Ce manga acquiert une profondeur sans qu’il en ai réellement besoin, même si il dépasse peut être un peu les bornes (la fin du tome 7 est sombre, sombre, ne véhicule rien de positif et se permet un cynisme inhabituel) sans que ce soit… réellement perturbant, toujours dans le « mauvais » sens du terme. Il bouscule un peu, met quelques pointes d’humour là et là… et n’hésite pas à fournir une plâtrée de nouveaux persos très détaillés. Je rappelle qu’on parle de la fin du XIXè siècle et que ça se répercute d’une manière – probablement, j’en sais rien) réaliste non pas sur l’ambiance, mais sur la mentalité aristocratique de l’époque. En gros, les puissants sont débauchés et se permettent un peu tout…

Toujours excellent à suivre, un régal pour les yeux, un peu schizophrène dans son traitement mais qualitativement GRAND.

… pendant ce temps, mais il y a un instant, à moins que ce ne soit dans cinq minutes

Mirrai Nikki est sur le point de se terminer. Actuellement, si il ne devait rester qu’un seul manga dont le scénario est « il ne doit rester qu’un personnage » – Mirrai Nikki gagnerait le concours de sa propre intrigue – dessins cools, personnages cools (oui, jusque là l’argumentaire n’est pas flamboyant) et ce petit sens du suspense et de l’action « à vitesse rapide » que peut avoir la narration de temps en temps en font un manga tellement agréable. Il doit en exister des tonnes au même niveau mais celui là n’a jamais été un achat regretté…

MAIS. Mirrai Nikki est comme cette ligne, il commence parfois par des mots interdits dans les petites règles de la syntaxe et à cette tendance carrément fâcheuse a ne pas savoir sur quel pied danser. Thriller psychologique? Romance? Action? Je vais pas plus paraphraser mon autre post mais ce souci est devenu encore plus évident quand la relation Yukiteru/Yuno atteint son aspect « happy end » où on a droit à une scène un peu redoutable où je me suis senti un peu voyeur. C’est très peu de choses, ça peut paraître touchant mais le moindre bout de sein dans un manga qui a passé tout le reste de son action a être safe m’évoque Battle Royale et y’a comme un petit réflexe Pavlovien qui me fait baigner les dents du fond. C’est minuscule et voilà un autre souci, bien plus majeur à l’approche du final : l’intrigue s’embourbe dans le grandiloquent… et c’est pas génial. On dirait que l’histoire est pensée en couches, à la Lost en moins bien gêré… pourquoi nous sortir la carte du « voyage dans le temps? » C’est cohérent dans le contexte mais ça rends confus une histoire de base assez peu précise. Un Concombre confus est un concombre triste, et un concombre triste fait des billets émos sans interêt. 🙁 

Allez, on sent bien que les choses s’accélèrent puisque les seconds couteaux subissent une Blietzkrieg effarante, un perso charismatique comme pas deux se tape la fin la plus agréablement surréaliste de l’histoire et… il n’y a plus rien à exploiter, concrètement. Mes attentes sur la fin de ce manga sont assez hautes car les portes ouvertes sont nombreuses et la fin imprévisibles… mais j’attends au tournant la vision définitive du « genre » de Mirrai Nikki. Non pas que je réclame une fin de type « Ho, c’était qu’un rêve, je peux retourner à ma vie pourrie sous mon placard… han! Poudlard aussi c’était qu’un rêve? :(« 

… mais il y a deux poids deux mesures.

gopher-kidd-fool-030.jpg

Le post devient interactif! Remplacez Gopher par ma tronche et Kid par Yuno. La scène est parfaite. Le coup bien placé. C’est indubitablement agréable pour tout le monde

… au pays de Candy, comme dans tout les pays

Deux autres trucs avant de vous lâcher. Bakuman, d’une part, a eu droit à son post et il n’y a eu qu’un tome de sorti entre les deux donc pas de quoi en rajouter des tonnes au delà du sempiternel « c’est très bien ». Évidemment que c’est très bien banane, que l’interêt d’en parler sinon – et ça reste foutrement bien. Ce nouveau volume s’est un tout petit peu calmé dans sa vitesse de narration (il écoule quand même six mois… à moins que ce ne soit une année, saitplusfaitchaudici) et il a le chic de commencer à planter les quelques petites graines qui, on le sent de très loin, feront toute la saveur de la suite. La discorde va finir par briser notre petit duo de génie et c’est là qu’on va craindre pour leur amitié (l’équivalent de la vie pour tout autre fiction, c’est Bakuman là) – même si les persos stagnent un peu, voire beaucoup, on lit des réactions un peu nouvelles mais cohérentes – le manga ne sait pas s’éloigner ne serait-ce qu’un tout petit peu de ce derby mis en abyme, le temps de deux trois pages… si c’est pour nous servir des histoires amoureuses insipides, très bien, continuons à la cacher en filligranes, c’est très bien. En revanche, pourquoi nous imposer les bases de ce qui risque d’être un triangle amoureux destructeur pour les personnages? Et voilà, je suis de nouveau triste. 🙁

Pour aller toujours plus loin dans la structure « eladimaryp » de ce post, trois lignes sur Maria Holic en manga : achetez les vites, leur éditeur est mort, du canon frais, aussi agréable graphiquement que l’anime, un peu sérieux de temps en temps… et une propension hilarante à se foutre du rythme au profit du sens parodique qu’à, de manière systématique, cet univers… c’est amusant.


Petit hors sujet pour vous recommander chaudement Edge et Games, les deux magazines anglophones sur le jeu vidéo… et une mention spéciale sur le dernier que j’ai découvert récemment, moins cher, plus accessible et un poil plus ouvert – mais dans les deux cas, que ce soit dans le contenu, la maquette ou l’originalité, c’est deux fois supérieur à tout ce qu’on peut trouver chez nous.

Posted in Otakeries | Tagged , , , , , | 2 Comments

Jai guru deva om

 Le concours d’AMV commence bien.  J’ai bien reçu les premières participations (qui peuvent se targuer d’être variées) et j’ai moi même commencé à monter une demi douzaine de petites idées potentielles (et souvent de très très mauvais goût) alors n’hésitez pas à y ajouter votre petit grain de sel, il vous reste… 6 posts! De la même manière, la fin de Mario Maso est bouclée. On s’est permis de faire péter certains chiffres pour finir tout ça avec les honneurs, vous pourrez bientôt voir tout ça.

En attendant, critique plus ou moins expresse d’un univers qui avait pas mal de potentiel mais qui m’a apporté une certaine déception via tout ce que le manga annonçait. C’est une situation plutôt rare : découverte du manga, gros enthousiasme et en attendant la suite, on mate l’anime… et il décoit pour qu’on puisse mieux se reporter dans le manga – ce manga étant Black Butler. C’est limite deux choses différentes puisque la distinction se fait dès l’appellation, on achète un Black Butler chez Kana et on matera un Kuroshitsuji sur son lecteur/ordi. C’est juste pour sodomiser les insectes mais le cas est tellement rare qu’une différence d’enthousiasme soit si grande dans un manga et son adaptation! J’ai personnellement l’impression que ça fait un peu trop longtemps que j’ai pas vraiment été très très fan d’une nouvelle série, cette petite blasitude très gênante s’installe et on termine des animes juste pour les terminer, cette joie d’enchaîner les épisodes n’est plus si présente depuis le très intimiste Tokyo Magnitude voire Gurren Lagann, dans un autre ordre d’idée…

vlcsnap-2010-07-05-16h45m05s153.pngRevenons en début d’année où Black Butler fait une sortie plutôt discrète chez Kana. En matant la couverture plastifiée avec son majordome laconique qui nous sert le thé sourire en coin, on pourrait penser qu’à l’intérieur on trouvera une histoire de majordome assassin qui décapite ses hôtes et fout les cadavres dans les placards, le tout dans un grand château et dans une ambiance mystérieuse et victorienne à la Poe. Ben le taux de réussite sur cette simple impression est plutôt élevée – après un achat plus ou moins compulsif, on ouvre le manga pour se retrouver plongé dans une Angleterre de fin de 19è siècle (avec des voitures élaborées, des flingues automatiques, des jeux vidéos et des tronçonneuses quequequoicomment) et dans le manoir des Phantomive, où règle Ciel, le shota le plus charismatique de la fiction japonaise – chaudement épaulé par son majordome Sebastian Michaelis. Le premier gère avec shotabrio sa shotacompagnie de jouets et le deuxième est le sidekick tout puissant qui ne semble pas vraiment être limité par les lois de la causalité et du bon sens, comprenez par là qu’il peut dézinguer toute la mafia russe en trente secondes. Normal et c’est le plot twist (en plus du jeu de mot) du premier volume, Sebastian est un démon à la botte de Ciel, il y a un pacte entre les deux – dès son décès, le premier donne son âme au deuxième qui le sert loyalement en attendant. Pourquoi, comment, la façon dont tout ça se termine, ce sont des problématiques dévellopées dans les deux versions.

Ce premier tome de manga est assez réjouissant et se lit avec beaucoup de plaisir, sans que l’histoire ne démarre vraiment. J’apprécie beaucoup ce style de dessin et encore plus cette ambiance d’époque qui, bien que très romancée et exagérée pour le coté esthétique global de la chose, est un petit paramètre très rafraîchissant. Les grands espaces, les jardins à l’anglaises, les costumes tout en frou frou… le mangaka joue à fond sur la carte du baroque et je trouve ça très original. De la même manière, Ciel et Sebastian sont exagérément bien fichus de la tronche (le premier a quoi… douze ans?) et le coté couple du duo est exagéré à toute les sauces, de façon plus ou moins subtile. Ca n’a rien de dérangeant, c’est juste un gimmick assez rigolo qui donne naissance à pas mal de sous entendus qui déchaînent les amatrices de fanfictions! Cette relation très hormonale donne naissance à une petite controverse sur le genre de Black Butler, classée dans la collection Shonen (public adolescent) de Kana, pas mal de gens peuvent penser que le public est davantage féminin (donc on parlerait de shojo) et ben un peu des deux. En ouvrant Black Butler j’avais l’impression de lire mon premier shojo… et là aussi c’est une impression à moitié véridique parce que ce premier tome est assez différent de la suite de la série. Rien de désagréable à constater cela mais le début n’est qu’une vague introduction à l’univers de la série et pas à son scénario! Les chapitres sont une accumulations de petites tranches de vies, de petites pépites du quotidien dans le manoir Phantomive où les trois quatres serviteurs semblent tous êtres totalement nazes dans leurs qualifications (le jardinier qui fait son boulot au lance flamme, littéralement…) on pense au début que toute la série va être dans cet « objectif de quotidien », à voir Sebastian rattraper les frasques de ses collèges sans qu’il n’y aie d’autres véritables enjeux scénaristiques. A ce stade, on sait même pas si la série est sensée être humoristique où si la relation entre les deux « hommes » va servir à quelque chose dans ce grand cadre bourgeois et mondain. Malheureusement cette entrée en matière d’ambiance est unique puisque immédiatement après, le scénario démarre pour de bon et les chapitres fonctionnent autour d’un petit nombre de cycles ponctuels. La psyché des personnage évolue, le casting également, les cadres se diversifient… la vie de tout les jours et déjà loin avec le quatrième tome, toujours aussi bien dessiné. Les deux personnages sont fascinants, le reste du casting est assez bien foutu dans le même esprit victorien troisième dan (quand bien même surtout joué à des fins purement comiques) et y’a pas un moment où le lecteur s’ennuie.

Tout ça c’est bien beau mais la série est jeune, Kana ne veut pas griller toutes ses cartouches de suite et le rythme de parution est méga syncopé… en attendant, vla-t-y-pas que j’apprends qu’il existe une adaptation en anime (dont une deuxième saison est sur le point de commencer, avec un autre shota et un autre majordome) avec des endings, des openings, des gens qui bougent avec des vraies voix et tout le tremblement, magie! Signe total du destin, l’adaptation sort en DVD en même temps! Là je laisse le mystère sur le fait que j’ai regardé la série légalement ou pas, vous vous ferez votre petite idée.

vlcsnap-2010-07-05-16h44m02s21.png

 Ca commençait pas mal d’ailleurs, le premier tiers de la série reprenant tout ce qui a été publié en français. C’est avec tout autant d’enthousiasme que je retrouvais Ciel, son majordome et sa batterie d’employés maboules – la maid à la voix éraillée et adorable, le chef cuisinier bourrin et le jardinier méga androgyne (je déconne pas, je suis toujours pas sur personnellement c’est assez perturbant quand les auteurs ne sont pas clairs sur ce genre de gros détail) évoluant dans ce milieu de richesse et de volupté. De retour avec les frous frous et les tenues afriolantes, de retour avec les bals, les barons et les chemises à jabot – et de retour avec les personnages secondaires très cliché dans leur propos (mention spéciale à la fiancée de Ciel qui a peut être la moitié de la majorité sexuelle, ex-aequo avec le faucheur d’âme très barré) et vas-y que je t’aligne les séquences suggérées avec des serrages de corset, et vas-y que je combat le crime et l’injustice avec mon majordome tout puissant. On retrouvait se postulat de base très intéressant, principalement composé d’anti-héros tous très intelligents et amers – tout ça jusqu’à re-découvrir le postulat de base et les premières avancées et risques scénaristiques. C’est tout frais et pimpant que le lance la suite pour découvrir un peu la suite du bazar et … c’est un peu plus décevant. En fait, la majorité des reproches qu’on pourrait attribuer à cet anime c’est une certaine culture du flou. Artistique, scénaristique, de cohérence… on n’est pas toujours sûrs de ce qu’on voit, ni même de comprendre ce qu’il se passe ou même pourquoi ça se passe. Bien sûr les enjeux de base sont assez clairs mais y’a pas beaucoup de subtilité dans l’agencement de la chose. En fait, dès que l’histoire est lancée, l’anime progresse selon un petit système de cycles, de mini-histoires où Ciel et Sebastian résolvent des petites enquêtes policières à la botte de la Reine, le coté surnaturel en plus.

Cette façon de mélanger les genres est un poil perturbante… bien sûr, Sebastian est un démon de fait et ça suffit à faire comprendre que l’univers n’a rien de réaliste mais le tout pourrait rester dans une dimension cartésienne. Non, ça devient de plus en plus barjo et même si certains arcs utilisent des mythes/contines/faits
historiques le tout plonge toujours plus loin dans le fantastique à outrance. Des anges, des statues vivantes, des possessions, des chiens démoniaques… ça pourrait être sympa mais c’est exploité d’une manière tellement gênante, pour ne pas dire maladroite! Certaines séquences sont assez hilarantes et pas dans le bon sens du terme, je pense notamment à tout un arc qui consacre quarante minutes de temps à l’art de faire du curry. Avec épicité, attaque de zombies, fin du monde et tout ça, c’est dire si faire du curry c’est du bisness sérieux!

vlcsnap-94716.png

Au delà de cet aspect maladroit l’anime peut carrément être perturbant dans son propos. Bon y’a une scène un peu olé olé au milieu et sortie de nulle part, c’est assez marrant sur le coup mais symboliquement cette scène amorce l’arc final qui, dans le fond, est assez incompréhensible et se targue d’être méga manichéen avec cette histoire de pureté. Ce mot est sorti à tort et à travers, sous prétexte que Ciel ne l’est pas (et je PENSE sérieusement que c’est exactement dans l’acception basique du terme – oui il a toujours 12 ans et pas mal de scènes suggèrent pas mal ce sens là, sans JAMAIS L’EXPLIQUER CLAIREMENT) d’où une envie de purification… pourquoi? Quel interêt? Pourquoi un ange? Pourquoi il a subitement des seins? Pourquoi cherchez cette histoire de vaste complot avec la Reine? Je sais pas si c’est un espèce de syndrome Fullmetal Alchemist où on tire des axes de scénario via des faits très peu tangibles mais la dernière partie de l’anime est méga surjouée, pour pas dire ridicule et incompréhensible… ce qui est dommage vue la toute fin de l’anime, qui bien que logique est assez couillue et mystérieuse. De la même manière, certains arcs ne sont pas bien amenés, comme si personne ne s’était donné la peine d’expliquer le tenant de telle ou telle situation. Là encore, le tryptique un peu indien m’a un peu laissé sur ma faim, je sais même pas comment on s’est retrouvé en situation de duel entre les deux majordomes, pourquoi le Prince était en Angleterre, plein de petites failles laissées béantes et on tombe dedans avec pas mal de dégoût. C’est méga pénible de ne pas comprendre ce qu’il se passe, encore plus quand c’est involontaire! Dès fois c’est juste un test de patience avec le spectateurs, là j’ai l’impression que c’est juste de la paresse ou une adaptation ratée. Je sais pas comment va évoluer le manga et où le scénario diffère entre les deux supports mais c’est pas bon signe.

C’est gavant parce que ce flou est servi à toutes les sauces! Partout, tout le temps! De temps en temps, l’anime lance des petites pistes sur des personnages secondaires mais il n’y réponds jamais où très peu! Pourquoi le deuxième majordome se « chibise » la plupart du temps? Pourquoi cette scène de torture et cette super force avec un tel? Pourquoi un passé surprise d’assassin pour le deuxième? C’est aléatoire! Complètement RANDOM! Surtout avec une telle fin où pratiquement tout est mis en flou, laissé à interprétation! Pour une fois qu’on a une bad end plutôt intelligente, autant faire ça dans les règles de l’art… et c’est d’autant plus dommage puisqu’en parallèle l’anime peut faire preuve de bonne foi avec d’autres personnages secondaires – des face-heel bien pensés et bien foutus, des personnages qui sortent un peu de leur caricature pour être un peu plus complexes, d’autres qui évoluent dans le sens brut du terme… mais très souvent ces petites injustices refont surface. En finissant l’anime les storylines les plus élémentaires, aussi importantes que le pourquoi du trauma et du pacte démoniaque de Ciel ne sont PAS expliquées! Juste de la shotarelation ambigue avec la majordome, comme si toute la série n’était construite qu’autour de cette « relation »!

Ca me tue de dire tout ça parce que la carte victorienne est tellement bonne sur le papier! Mais c’est tout aussi littéral! SUR LE PAPIER! Les avantages de l’anime sont quand même bel et bien présents mais ils reposent tous sur cette ambiance bien menée et ce postulat historique… et la métaphore latente de l’échiquier et toujours aussi agréable, surtout quand on suit l’armée des noirs… contre les blancs qui ne le sont pas vraiment. Bref le seul et unique personnage totalement bien intentionné de l’anime n’est pas super bien traité et ceux qui lorgnent vers le gris n’ont pas droit à un traitement correct en terme de cohérence. Pff… tout ça faisait que j’avais un peu du mal à finir les épisodes sur la fin, à compter les minutes rien que pour updater mon compte My Anime List et c’est nettement l’inverse souhaité… puis l’anime n’a pas un trait aussi accrocheur que le manga, l’ambiance jazzy n’est pas aussi agréable qu’elle pourrait être, les génériques sont un peu meh (en particulier le premier ending, un peu neutre et la chanson utilisée et un poil neuneu et totalement hors sujet si ce n’est carrément antinomique. Je suis franchement déçu… parce que les personnages principaux surnagent de charisme dans cet océan de flou. A voir peut être, pour l’ambiance d’époque et de lieu et pour le postulat de base méga bourgeois… qui n’est joué qu’au début. C’est terrible à dire mais c’est dès que l’anime essaie de caser du scénario qu’il devient moins bon… car il n’existe pas vraiment. Juste une situation déjà fixée qui n’évolue pas d’un poil, juste plein de pistes sans cohérences qui jaillissent de partout.

La meilleure façon de réparer tout ça c’est de continuer à suivre le manga qui parait bien plus sympa et bien mené. A suivre donc… parce que je suppose, et je met l’emphase sur cette supposition plein d’espoir que l’adaptation est juste bizarrement fournie en remplissages superflus et en changements maladroits.

vlcsnap-2010-07-05-17h07m58s58.png(ah et vous prenez pas la tête : c’est du sanskrit)

Posted in Otakeries | Tagged , , | 8 Comments