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Le complexe du scaphandrier (Deuxième round)

DANS LES ÉPISODES PRÉCÉDENTS. Concombre se lance dans la grande aventure du journalisme. Avec son profil un peu barré et peu adapté à la rigueur implacable des concours, il prépare le terrain et commence à se faire un réseau en, basiquement, picolant à travers Paris. C’est super efficace puisqu’il se fait recruter pour faire quelques piges rigolotes, dont une interview de Buono!. Comment préparer les écoles, ce qu’elles impliquent, si c’est compatible avec la vie universitaire et comment conjuguer tout ça. Un an plus tard, une nouvelle étape est franchie, mais il faut aussi faire avec un mémoire à rédiger…

C’est le moment idéal pour faire le point. Je suis en pleine journée « vide » – demain, c’est le concours Celsa, donc ma deuxième tentative pour intégrer la « voie royale » de la profession. Deuxième épisode d’une grande saga masochiste, entre racontage de vie et fenêtre sur cette formation beaucoup-d’appellés-très-peu-d’élus. Premières piges en 2012, premier stage en 2013. École en 2014? Ce serait génial, mais une warpzone existe, prouvant par la même que je ne savais pas vraiment m’informer. Prière de lire le post sus-linké pour piger les tenants et aboutissants (en gardant en tête que j’y suis un poil plus naïf et idéaliste sur la chose, donc un cran moins expérimenté). Qu’est-ce qui a changé, un an plus tard, et un ratage de deux points globalisé aux concours? Rien. Les écoles demandent toujours des profils clé en main, en supposant qu’on a le temps de s’y préparer, donc de négliger nos études où de prendre une année sabbatique – idéal pour bosser et capitaliser pour, par exemple, s’installer quelque part. Je ne ferais pas la même introduction sur le journalisme JV – toutes les problématiques de l’année écoulée m’ont convaincu que oui, c’est un journalisme de niche, qui peut être sérieux, rigoureux, qui a son public et ses emmerdes. Donc laissons-le tranquille pour le moment et, avec tout l’amour que j’ai pour le journalisme spécialisé (si un jour j’ai l’occase de bosser chez CPC ou similaire, je ne dirais jamais non) je suis un profil très « culture généraliste », c’est comme ça et on ne peut pas vraiment le changer.

Bon, je fais le rappel des écoles parisiennes. Sciences po, il faut un profil béton sinon c’est pas la peine. Le Celsa, c’est demain, donc bon. L’une des plus difficiles, avec un Anglais qui frôle le niveau maximal. La culture gé et actu sont des questions ouvertes sortie des ENFERS. Avec des questions putes et précises. Le double p de la mort. Après, c’est l’institut français de presse, qui demande un gros dossier, un mois de stage au préalable et un autoportrait. A ce stade seulement, c’est un concours (le plus facile du lot mais il faut avoir passé le premier cut) puis une journée d’examens-reportage. Bientôt Juin et son tri-concours, dont le CFJ et l’IPG. Synopsis d’article, actu et culture en deux notes séparées, un interminable questionnaire pourtant sur tout et strictement tout avec une notation NEGATIVE. C’est diabolique. Rajoutez l’épreuve de Grammaire où les malus sont doublés et hop, vous obtenez une journée diabolique qui approche les meilleures épreuves de téléréalité. Stratégie, métagame, etc. Tout y est. Ces QCM incarnent l’impuissance, on sait qu’on ne sait rien. C’est génial, c’est les concours. Les élus auront aussi une journée pour tirer un sujet de reportage et passer une batterie d’oraux. Ça n’a pas changé en un an : c’est bête, ingrat, injuste. Si vous êtes à Bordeaux ou à Lannion, de nouveaux instituts sont là pour vous, s’il n’est pas trop tard pour septembre.

Incroyable mais vrai. Il existe une warpzone. Une bypass rule. Ça s’appelle le contrat d’apprentissage. Le CFJ fait ça, par exemple. Travailler en alternance, suivre les cours, avoir le statut d’étudiant et d’apprenti pendant deux ans avec la carte de presse au bout de six mois? Avec une bonne chance d’être engagé en bout de course ! C’est incroyable, fabuleux, mirifique ! MAIS. Il faut trouver une entreprise qui vous prenne ET qui paye vos études. C’est le seul pas à franchir, il est énorme, gargantuesque, mais c’est le seul. Il faut donc choisir un établissement adapté à votre profil, qui dispose d’un minimum d’argent (si le patron n’est pas en prison, c’est mieux) et qui a un siège dispo. Bon courage. Moi, je vais tenter, parce que le gadin pour demain, je le vois venir de loin, de loin, hin-hin.

Les concours, c’est super pour faire une bonne école, donc avoir une bonne formation théorique et décrocher un stage. J’ai réussi, avec un peu de bon timing et beaucoup d’acharnement, à cheater la matrice et à directement passer par cette étape, histoire de gagner un peu d’XP. En gros, suivre les conseils de Reguen (cf. épisode 1) et découvrir la vie d’une rédaction, sa hiérarchie, son ambiance, comment ça se passe. Incarner Gaston Lagaffe est un bonheur est si ce n’est évidemment pas représentatif de la vie lambda d’un encarté (qui n’est pas collé à son desk et qui ne doit pas forcément passer par toute son ascendance pour valider un papier car lui l’aura bien fait du premier coup) ça permet une très belle fenêtre dans la profession. MAIS ALORS ! CA POSE PLEIN DE QUESTIONS ! ON VA Y RÉPONDRE ! Ça fera office de rapport de stage, que je n’ai pas à faire – puisque fait «  »en dehors de mes études » ».

Un titre à deux lignes ! A DEUX LIGNES !

Les terribles et horribles problématiques modernes d’une rédaction deux point zéro

– Blogging versus journalisme C’est l’évidence même mais il faut le rappeler : le style journalistique est froid, détaché, rapide et concis. L’inverse total de ce que vous lisez ici. Je me suis même pas mal fait vanner pour mes posts interminables : « Qui lit des pavés aussi longs? La réponse est personne ». Et c’est vrai. Si vous en êtes là, c’est parce que vous me connaissez depuis quelques temps déjà, les autres ont abandonné en cours de route. Ben ouais, les longs textes sont sympas à faire mais restent confidentiels : mon tout premier article a fait plus de vues que ce blog en six mois ! Un article sur Internet oscille entre 1600 et 2500 signes, j’ai fait monter un test JV dans les 6000 et quelques, un machin plus fouillé peut vaguement tourner autour des 4000… tout ça c’est très peu et il faut savoir dire beaucoup en peu de mots, tout en sortant la moindre idée ou analyse qui tourne autour du sujet. On a tendance à oublier que les autres ne sont pas dans notre tête. Les adverbes et les temps complexes sont à éviter, le moindre mot peut poser problème, les clichés et écueils sont nombreux. Ça, c’est de la théorie, ça s’apprend vite et rien n’empêche d’écrire pour les deux écoles en parallèle. « J’écrivais beaucoup aussi, mais j’ai commencé à arrêter avec un salaire ». Ah, ça, c’est un autre problème. Petite question annexe : le « relâchement du style » est il permis avec un sujet plus niché? Hé oui ! Si il y a une dichotomie évidente entre le Fig’ et Canard PC, sachez tout de même qu’un test sera plus « littéraire » qu’un article de fond sur l’actualité. Rien de plus chouette de constater qu’on peut parler de jeux dans un gros média du genre, avec le minimum de formes. Vous voyez, tout va bien, on va dans la bonne direction.

– L’INTIMITÉ SUR LE TWITTER Alors ça pourrait sembler être un débat à la con mais il est important pour les élèves d’écoles de journalisme, « formatés » – le mot est d’origine – pour ça. Peut-on continuer à twitter des conneries si on met son employeur dans sa bio? Deux écoles encore. Je fais partie de ceux qui s’en fichent. Même avec des rédac’ chef dans mes followers, je continuerais à Twitter des « niquez-vous » à deux heures du matin, tout simplement parce que je suis comme ça sur Internet, un peu dérangé, et que ça ne m’empêche pas d’être le plus sérieux et normal possible au boulot. Sans aller jusqu’à poster des bizarreries NSFW à 15 heures de l’aprèm – tumblr est là pour ça – je pense qu’on peut tout à fait continuer à assumer un compte twitter assez « gris ». Je signais chacun de mes articles d’un @LaDebauche dans mon profil d’auteur et ça n’a jamais dérangé personne. Il faut comprendre l’autre mentalité : chaque étudiant en journalisme est sommé d’avoir un compte pour des raisons évidentes et il est bien pratique et bien vu d’avoir son @NomPrénom. Il est évidemment plus difficile de coller des bêtises en lien si le compte à une « vocation pro », quand bien même je ne crois pas beaucoup à ça. Ça ne tient qu’à vous – mais j’ose espérer que les recruteurs vont jauger notre professionnalisme sur LinkedIn. On ne vit qu’une fois, mes braves ! Continuez à poster n’importe quoi, ne vous réfugiez pas derrière une façade ! (C’est peut être un mauvais conseil, mais ce mini débat me fascine)

– Mais tu es de droite alors? Si on me donnait un dollar à chaque fois qu’on me faisait cette vanne, je serais millionnaire, à la Bruno Mars. Je crois même qu’elle ma éliminée d’un entretien qui se passait alors plutôt pas mal, j’ai du tomber dans un piège façile. La bonne occase pour brasser le portrait d’un journaleux type. Il est évident que le print est anglé. Les éditos du matin de Thréard, surtout en pleine période de mariage gay, n’étaient pas vraiment mon « moment reboost » de la journée. Beaucoup d’articles web ont des titres un poil trompeurs et j’ai moi même un peu abandonné pour trouver une alternative au titre un poil sensationnaliste à ce qui était mon article le plus réfléchi et personnel. Toutefois, je pense qu’il y a une différence web/print à faire. Si les premiers sont aussi compétents et publient de temps en temps sur la version papier (ou alors voient leurs papiers adaptés s’ils sont repérés) on parle d’une joyeuse bande de jeunes où la moyenne d’âge doit être la petite trentaine d’année. Avec mes 22 ans, je suis un bébé, la plupart des stagiaires ont entre 23/24 et 28 ans. A aucun moment je n’ai senti de prise de position dans la moindre réunion édito. Tout le monde bosse, mais tout le monde est souriant, détendu, ça n’empêche pas les quelques moments de joyeux bordel et de passages de ballons de rugby à travers la rédaction. Limite c’était moi qui était un peu coincé des fesses à vouloir véhiculer une image de bon élève, à cacher le fait d’être vraiment très, très content d’être là. Non, vraiment, ces gens sont des amours et je suis sûr que la plupart des rédactions sont comme ça. Les angles se font par les vieux routards qui s’accrochent à leurs convictions. Je crois. Rien n’est sûr, hein. Mais c’est une problématique intéressante et il n’y a aucun préjugé. Je retiendrais un moment rigolo où un grand reporter du print, infichu de mettre son article en ligne, me tombe dessus en me prenant pour un chef d’édition. Comme quoi, les compétences, ça se partage ! Et les perspectives de carrière sont là, même si j’ai souvent entendu la phrase « Si je suis encore là… » mais hey, toutes les blagues ont un fond de vérité. « S’installer » pour longtemps n’a pas l’air d’être la mentalité ambiante.

Le journalisme musical > Le journalisme

Le journalisme musical > Le journalisme

Les lecteurs hashtag les lecteurs. RÉVÉLATION. Les lecteurs sont cons. Enfin, on précise; 100% des lecteurs qui commentent veulent donner l’impression qu’ils le sont. Règle numéro 1 : prendre son lecteur pour un « con » – c’est un principe journalistique de base et ce n’est en rien négatif, il faut juste fournir tout les éléments dans un article pour sa compréhension. Je suis, par exemple, un vrai con en mode et en sport. Par contre, dans l’acception con con, il y a les commmentaires. Vous pensiez que c’est un mythe? Pas du tout, et pas qu’au Figaro. On m’a rapidement prévenu « Lis pas les commentaires si tu veux préserver ta santé mentale ». Une fois, j’ai répondu, j’ai essayé de lancer une conversation, je ne le referais plus. Le Fig a lancé sa nouvelle version il y a deux semaines, du vrai pr0n d’interface. Parmi ses nouvelles featurettes : les journalistes peuvent se faire plaisir et sélectionner un com’ par article pour le mettre en valeur. Je me suis creusé la tête, mais sur une trentaine d’articles de mon cru, je n’en ai pas trouvé. Les gars qui commentent là bas restent sur leurs obsessions, trouvent toujours à redire sur Hollande ou le gouvernement quand bien même tu leur balance un sujet sur l’histoire du téléphone portable… bref, ils justifient bien le fabuleux Gorafi qui a égayé mes pauses déjeuner. Bravo, les commentateurs. Vous êtes bizarres. Et un peu teubés avec vos avatar à base de bérets et de Tour Eiffel.

Ho, si je ne devais garder qu’un conseil à partager? J’ai appris un truc qui pourrait peut être vous servir : dans ce genre de position, genre réclamer un stage, il ne faut pas avoir peur de relancer. A aucun moment il ne faut avoir peur d’être relou. Au contraire, c’est peut être ce qui fera de vous l’heureux élu. Excelsior !

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Gérard du monomaniaque

Bernard de la Villardière est le plus grand homme que la Terre aura jamais porté.
Peut-être même plus grand et beau que Michel Rocard ou Peter Falk.
Quelque part entre le Christ et Michel Sardou. Un juste milieu, humble et rock’n’roll.
Pour des raisons de commodités, nous allons l’appeler Bernardo. Señor Bernardo el Journalisme Total.
Parlons un peu de Bernardo parmi le peuple.

Bernardo est l’un de mes modèles. J’en ai quelques uns, mais en tant que journaliste au tout début début de ma carrière, j’aime à penser qu’il faut me fixer un maître à penser, un modèle de vie. Je pense que ce monsieur incarne la réussite, le charisme et le souague. Oui, parfaitement, le souague. Bernardo ne fait que des pas assurés. Il marche, derrière lui, tout implose. Nous ne sommes que de misérables vermisseaux dans son sillon. J’oserais dire que, pour moi, c’est un peu un gaycrush. Oui, sur Internet, nous avons tous des personnalités que, malgré notre sexualité à priori opposée, nous ne quitterions pas pour la salle de bains s’ils étaient dans notre lit. Ryan Gosling est un peu dans ce cas pour moi. Monomaniaque, mystérieux, on dirait un Moaï vivant – pourtant, sa tête dégage une folle quantité de choses et sa petite voix de redneck-mormon (preuve est que c’est possible) est toujours plus délicieuse, surtout remixé pour chanter Call Me Maybe. Dans Drive, c’est le mystère. Dans Gangster Squad, la nonchalance. Tout implose avec Clooney dans les Marches du Pouvoir – trop de charisme.

Bernardo, c’est un peu la même chose, mais lui est une sorte de fétiche vivant, surtout pour les journalistes. Amusons nous à comprendre ce qui fait de Bernardo un übermensch.
Le saviez vous? Le vrai patronyme de Bernardo est Bernard Berger de la Villardiere. B.B. – rien qu’avec ses initiales, on sent du lourd, du charisme, de la qualité. Après être né d’une relation sexuelle qui, j’en suis sûr, était explosive et périlleuse, Bernardo naît quelque part dans les années 50. Il a sûrement fait plein de choses palpitantes dans son enfance jusqu’au Bac, puis il enchaîne les diplômes : licence de droit, maîtrise en sciences politiques, le tout à Paris X Nanterre, comme votre serviteur et Nicolas Sarkozy. L’usine à élites. Po po po, il intègre le CELSA, vainc son concours d’entrée ultra compliqué et se lance dans une belle carrière de journaliste. Aujourd’hui, il est au firmament. Comme n’importe quelle journaliste, il accumule les expériences en périphérie et en Presse Quotidienne Régionale avant de se voir intégré à des entreprises plus prestigieuses ! France Info, LCI, Bernardo se spécialise dans l’actualité de pointe et devient un grand ponte de l’analyse et de l’investigation. La gloire lui est déjà promise mais le voilà qui intègre M6 en 98 pour présenter Zone Interdite pendant une demi douzaine d’années. Vous voyez le pattern? Bernardo a trouvé son créneau définitif : il va raconter la vie palpitante des gens, de préférence avec quelques explosions sur le chemin. Il s’engage dans de nombreuses associations caritatives, en créé quelques unes et devient même membre du conseil d’administration du Centre de Formation des Journalistes ! En 2005, ça y est, il créé Enquête Exclusive et ravit nos dimanches soirs depuis près de huit ans. Ha, Bernardo, tu n’imagines pas le nombre de pizzas que j’ai pu engloutir devant tes incroyables sujets.

Le style en toutes circonstances

Parlons de l’homme. Adoptons une démarche Arthurienne, verticale et de haut en bas. A cinquante ans passés, c’est un bel éphèbe qui arbore un brushing impeccable. Ni le vent, la neige ou les explosions ne sauraient perturber ce petit monticule de cheveux stratégiquement répartis. Le front large, dégagé, il a le regard de Patrick Mc Goohan qui déjoue les plans du vil Numéro 2. Le regard est sérieux, pesant ; Bernardo voit mais ne juge pas. Au mieux, il concède et tend la main vers nous, péons, sujets d’un reportage potentiel.
Chemise et veste, le dresscode est simple et a déjà fait ses preuves. Toujours les deux. L’un est ouvert sur l’autre, points bonus sur la veste est portée par dessus l’épaule, façon Coach dans Survivor. Petit pantalon bien serré, pompes formelles et chaussettes invisibles, la collection Printemps-Bernard 2013 est sobre et distinguée. Bien sûr, l’habit ne fait pas le moine et les fringues ne seraient pas grand chose sans l’allure et l’assurance dégagées par ce bonhomme. Dans Enquête Exclusive, il en a fait son image de marque : il introduit toujours ses sujets en parlant à la caméra, et en marchant. Il pourrait sauter d’un hélicoptère, faire une course de dragster en départ arrêté et mener un combat au sabre qu’il serait toujours capable de faire son speak avec le plus incroyable des flegmes. Moi, dans la vie, j’aime les pince-sans-rire, mais j’aime encore plus les flegmatiques.

Maintenant, parlons un peu d’Enquête Exclusive. Tout le monde le sait : le CSA, les téléspectateurs, les équipes, même Yann Barthès s’en est amusé devant le principal intéressé – ce n’est pas vraiment de la télé de haut vol. On dirait un film d’Europa Corp : on tombera toujours dans les putes, la drogue, les putes, la violence et quelques putes. On dirait que ce format veut absolument nous empêcher de vivre en nous faisant craindre tout ce qui constitue notre quotidien : les autoroutes, les transports en commun, les supermarchés, les PARKINGS. Les lieux communs sont la violence, les fraudes, ce genre de choses. Tout est sensé rendre le sujet anxiogêne : caméra à l’épaule, caméra cachée, les deux tiers de l’écran flouté, ces mécanismes pas toujours compréhensibles. Pis y’a la « Enquête Touch ». Toujours, le sujet glisse lentement mais sûrement mais… les putes ou la drogue. Enquête Exclusive sur les voleurs de poules à Triffouilli les Oies? PUTES ET DROGUES. Ça, c’est dans 75% des cas… parce que dans les autres, on aborde frontalement ces sujets. Le pinacle du truc étant ce reportage sur la drogue dans la capitale où la caméra suivait un couple de camés en train de se faire un shoot de crack dans les toilettes publiques. Parfois, c’est un peu plus folklorique, comme cet exemple récent où on nous expliquait en détail comment se faisait un mariage gitan, avec une vague histoire de vérification vaginale et de traces sur une serviette sacrée. Un sacré bordel. Folklorique, quoi.
Donc Enquête Exclusive est fantastiquement putassier. Je le sais, tu le sais, ils le savent. Ça alors : c’est même ce qui marche ! Quand ça se voit trop, ils tournent un ou deux reportages « émerveillement » avec des animaux, hop, notre cœur d’enfant est mobilisé et on oublie un peu toutes ces substances illicites. Non, lâche cet eucalyptus !

Bernardo préside aussi le grand conseil des méchants des James Bond

Vraiment, c’est de la bad TV. A mater avec des oréos, des chipsters, ce genre de choses. C’est carrément putassier, on peut le dire. Je le répète, ils le savent et il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Nous, on mate, par fascination morbide, par syndrome de l’accident routier. Ça marche ! Mais l’émission ne serait rien sans son avatar. C’est là que ça devient génial. Le cœur de l’émission, lui, est souvent interchangeable. Il est même extrêmement probable qu’on le retrouve rapidement sous un autre emballage sous W9, etc. Le groupe TF1 fait aussi ça : on recycle le sujet (monté) et on le colle derrière « enquête d’action » ou autre titre sympa. Il suffit de tourner une intro ou une conclusion personnalisée pour rendre ça « actuel ». C’EST LA QUE BERNARDO INTERVIENT. Déjà, truc absolument démentiel ; il ne se mettra jamais en danger. Il est au dessus de ça. Si les reporters du sujet se mettront dans les pires situations (investiguer dans les cartels, etc) Bernardo se contentera d’aller dans le 16è arrondissement interroger un spécialiste en blouse blanche. Le souague.
La chaîne commence même à piger qu’il y a un espèce de « culte » de Bernardo. Le gars est tellement « over the top » qu’on hésite plus vraiment à sauter le requin et introduire un sujet ski/jeunes/alcool/délinquance par Señor Journalisme en train de dévaler les pentes. Derrière Guns Of Brixton. Avec un clone du moniteur des Bronzés font du ski. PENDANT UN QUART D’HEURE. C’est n’importe quoi, le sujet, très premier degré, est parasité par les sessions de Bernardo. Et on kiffe. Parce que c’est Bernardo, et parce que c’est, justement, surréaliste. Fap fap fap keystrokes keystrokes. On peut suivre les aventures de Bernardo sur deux tumblrs souverains.

Astuce. Votre sujet se déroule à Miami ? Vous êtes Bernardo, vous avez donc le droit d’aller en Floride tourner quelques rushes, marcher dans la rue et énoncer votre sujet. Putain, génial ! Et ça marche partout. Points bonus si vous faites un truc fabuleux juste avant, genre sauter en parachute ou faire de la boxe avec la faune locale. C’est ça, le style Bernardo : marcher, regarder droit devant, et ne pas se retourner pour les EXPLOSIONS. BAOOOUM. Mais Bernardo est proche des gens. Quand il consulte des spécialistes, il écoute, il fait « oui » de la tête, parfois il s’adonne à quelques expériences ou fait don de soi – Bernardo parmi les requins, Bernardo maîtrise un cobra, etc. Une sorte d’aventurier des temps modernes… mais toujours de manière indépendante avec le sujet.

Il n’y a pas si longtemps, Bernardo a été invité dans le cadre de l’émission de Baffie où des gens célèbres de la télé vont à un dîner filmé. Exactement comme le truc avec Ardisson quoi, mais passons. Baffie, taquin, préviens ses convives : « Regardez, Bernard il est tout coincé mais après deux ou trois verres et il va se rouler sur la table et raconter des blagues de cul ! » … et c’est exactement ce qui est arrivé. Il nous explique, sérieux impérial inclus, qu’il est « un concept à lui tout seul ». Ben oui. Bernardo incarne le YOLO. On dit souvent que cette place est réservée à Nicolas Cage, vous avez devant vous son équivalent français, tout simplement. Interrogé sur sa maniaquerie des filles de joie, il répond « Toutes les putes sont des miss. Moi qui ai fait le tour du monde, ce sont toutes des miss à l’intérieur ». Le poids des mots, le choc des photos. En plus d’être modeste, Bernard est un casanova doublé d’un philosophe. Il s’empresse de raconter deux blagounettes bien gauloises. Les autres ne rigolent pas beaucoup. Ils ne comprennent pas, ils ne savent pas qu’ils sont sur un autre plan d’existence, voilà tout. Les blagues de Bernardo sont Cosmiques, voilà tout. Cette soirée, il a fait semblant de prouver qu’il n’était pas le Christ, mais bel un bien un homme parmi les hommes.

Bernardo est notre sauveur à tous, et en plus, il le sait.
Alors tout va bien.

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Le complexe du scaphandrier

Oh la la, idée de génie. Au lieu de me plaindre d’un truc pour la quinzième fois d’affilée, je vais clairement approfondir le sujet et faire un post plus ou moins détaillé. Bien évidemment, je ne prétends pas à l’exhaustivité mais cela fait un certain temps que je recueille des données, sait-on jamais, je vais peut être réveiller des vocations ou motiver des lycéens. Ouais, j’adore me mettre en position christique, c’est comme ça, la modestie fait partie des mes talents innés.

OYEZ OYEZ, PARLONS JOURNALISME.

Ce métier ingrat.

Je suis encore très loin d’y être et ça sentais le métier foireux depuis le collège. C’est terrible, parce que la profession est tsundere. Il va falloir en caguer des meubles pointus pour accéder à un métier à priori assez mal payé, instable, fantastiquement peu ouvert. Le problème est inhérent à n’importe quelle passion plus ou moins interdite : je kiffe ça et je le sais depuis longtemps. Inutile d’en faire une deuxième sexualité mais si il y a bien deux choses qu’un journaliste vous dira, ce serait 1) « Tu sais, en fait je suis timide » et 2) « J’ai toujours voulu faire ça ». A ce stade, impossible d’y arriver par hasard.

Ci dessus une racaille journaliste travaillant pour Arbres-en-fleurs Mag

Permettez moi de poser quelques limites. Pour moi, il n’y a pas de journaliste sans carte de presse, ce fantastique sésame qui s’obtient selon des conditions bien précises : exercer la profession depuis un minimum de mois ET, basiquement, en vivre. Il faut donc prouver que plus de la moitié des revenus viennent de vos publications et… montrer un casier judiciaire récent mais ça ne devrais pas poser de problèmes. A partir de là, faut savoir ce qu’est un journaliste – confondre avec un présentateur ou un chroniqueur serait une erreur facile mais je ne vais pas vous prendre pour des débiles. Non, j’aimerais poser une limite sur une idée qui est en fait à la source de ce post :

Le journalisme et les jeux vidéo sont ils compatibles? Heeeeurgh. Question fort touchy. Disons que pour rejoindre la secte, il faut d’abord s’y imprégner et s’y croire un minimum, quitte à faire péter le mot sur votre première carte pro. En revanche, je suis franchement persuadé que ces deux notions sont incompatibles – vous savez pourquoi? Je crois qu’on parle davantage d’un métier de rédaction. Il est évident que le jeu – médium culturel comme un autre, nous sommes bien d’accords – offre les mêmes opportunités : interviewer des gens, établir des relations, rédiger des pavasses et même fonder des périodiques pour ceux qui auraient passé un pacte faustien. Honnêtement, si j’ai un jour l’opportunité d’avoir un emploi régulier sur un magazine atteignant le niveau d’Edge en France, je n’aurais aucun scrupule à accepter. Mais…

… il faut peut être tuer dans l’œuf des vocations un peu… adolescentes. Raisonnement un poil manichéen que voilà mais représentatif de ce que je constate : il y a la haute, les investis, travailleurs… et les autres qui pensent faire carrière en pondant quelques textes sur des sites spécialisés. Ce que je veux dire, c’est que tous ne distinguent pas hobby et boulot. Ce site est un hobby. Faire un test serait Press Start Button serait aussi un hobby. Nolife? On tourne davantage vers le boulot : plannings serrés, fatigue du gamer, dégout du jeu au final, ce serait dommage, non? Demandez à un pro : il vous dira que ça atomise la passion. Enfin, une dernière idée un peu péteuse mais néanmoins personnelle : c’est pas super ambitieux.

Ca n’empêche pas le concept de journalisme et celui de loisirs d’être compatibles : le métier peut englober un certain nombre d’acceptions, de spécialités ; Actualité, Politique, Sports, Loisirs… les grandes écoles vous demanderont une globalité de connaissances un poil effrayante mais cela prouve que du moment que vous vous vous intéressez à un domaine précis, vous êtes de facto capables de bosser en amont dessus, sous peine de faire preuve d’ouverture sur d’autres domaines. Le journalisme culturel reste un truc peu nécessairement très peu ouvert : il faut généralement s’inscrire dans un mix entre Hunger Games et Tout le Monde Veut Prendre Sa Place et détrôner à l’usure le méga spécialiste de votre papier qui bosse seul depuis vingt ans. Au pire, on peut toujours faire comme dans Le Couperet et mettre du polonium dans le café de votre cible. Hmm?

Bon, c’est là que les problèmes commencent. Profession fermée? Inutile de vous faire un topo sur la diversité des médias aujourd’hui, de vous faire un speech sur le dématérialisé et sur le coté « échelon façon Sims » du bazar. Faire des études. Etre diplômé. Faire un stage, faire un bon boulot, intégrer une équipe. Mourir heureux et avoir la certitude de faire un métier fondamentalement intéressant. Parcours tous sauf calibré!

ET VOILA LE PROBLEME : le cercle d’initiés se réduit peut à peut et la demande réclame du jeune « opérationnel ». Ca veut dire quoi? Etre formé par une grande école. Ces dernières évitent le coté un poil trop théorique des filières Infocom, par exemple, notamment en imposant un stage entre la première et la deuxième année. En gros, les diplômés arrivent généralement vers leurs 23-24 ans et repartent deux ans plus tard, diplômés et parfaitement formés à leurs branches, réseau en plus.

De l’importance du réseau : Dites vous qu’il y trois modes d’interactions sociales dans ce contexte.             1) Copiner.  2) Se faire un réseau. 3) Faire des gâteries à gauche à droite. Sont compatibles : 1 et 2, 1 et 3 dans les cas extrêmes, 1, 2 et 3 pour les plus libertins, mais certainement pas 2 et 3. Pourquoi vouloir faire un métier de communication si on ne s’inscrit pas de base dans une démarche où on va vers l’autre? On veut s’orienter dans un métier où, de base, on rencontre des gens pour en tirer quelque chose… il est donc important de savoir aller vers autrui et, parfois, se vendre un peu. Argh. Il y a deux poids deux mesures, mais on peut montrer ses compétences sans pour autant s’agenouiller.

LE PROBLEME, EPISODE DEUX : Il y a donc une fabuleuse dichotomie entre les écoles « reconnues par la profession/l’état » et « les autres ». Il faut lire « les autres » de manière nonchalante, presque vacharde, imaginez une bulle qui coule dans une BD avec ces deux mots dedans. Non pas qu’elles offrent de mauvaises formations mais les « vraies », en oppositions, sont des portes ouvertes quasi-automatiques… c’est statistique! Ces mêmes écoles sont également de parfaits lieux de rencontres avec des journalistes connus et reconnus! Pensez réseaux!

C’est là que les emmerdent commencent. Supposé que vous en intégriez une, il faut y mettre le prix : le coût d’une formation peut atteindre les cinq chiffres. Deuxièmement, il y en a neuf, elles sont toutes très centralisées… et nous ne sommes pas tous Parisiens par définition. Enfin, et c’est limite le plus facile, il faut être de niveau Bac +3. Ce n’est qu’une malheureuse donnée : on y trouve autant de possesseurs de Masters que de scientifiques en Hypokhâgne – bien plus qu’on ne pourrait le penser, parfois la majorité! Être « formaté » n’est pas une donnée nécessaire non plus, être atypique et sérieux n’est pas interdit! … et enfin, il y a fantastiquement peu d’élus, énormément d’appelés – tout en sachant que la marge de manœuvre est interdite aux plus de 25 ans. En gros, cette année, coup de filet sur ceux nés avant mi 1986. Vous êtes dans mon cas et êtes nés mi-90? Vous avez encore trois rounds pour tenter votre chance. Okay, voilà donc les neufs voies possibles pour intégrer une grande école de journalisme.

Moi en épreuve de culture générale

Le Centre de Formation des Jouralistes (CFJ), école parisienne, inscriptions jusqu’en Mai, concours un mois plus tard. Sérieux à en mourir, cette formation nécessite une batterie fantastique d’examens. Comme dans toutes les écoles, il faut passer le cap de l’admissibilité puis celui de l’admission. C’est parfois l’écrit, puis l’oral, ce n’est en l’occurrence pas le cas. Les écrits : Maîtrise de la Langue Française, Rédaction d’un Synopsis d’Article, Actualité, Culture Générale, Créativité, Sujet d’Actualité. 6 épreuves.

Vous y êtes arrivés? Putain, respect… mais il faut encore passer par l’épreuve reine, la « journée marathon » – réaliser un reportage sur un sujet tiré au sort le matin même. Vous revenez à l’école le soir et rédigez ce qui fera votre destin. Ajoutez bien évidemment à cela un oral de motivation et d’anglais, hé, ce serait bien trop simple.

L’institut pratique du journalisme fait preuve des mêmes modalités. C’est peut être de là que vient son nom, c’est super pratique, non? Passer les concours en parallèle avec le CFJ et… l’Ecole Superieure de Journalisme de Lille (exemple numéro 1 en dehors de la Capitale) permet non seulement d’avoir des tarifs dégressifs mais aussi d’avoir un centre d’examens proche de chez soi. Les épreuves font partie du même paquet collectif. EN GROS, HEIN.

Pour le CELSEA, institut public, c’est un tout petit peu trop tard… les épreuves viennent de se dérouler, elles comprenaient : une synthèse d’articles, une épreuve de créativité, le fameux couple Culture Générale et Connaissance de l’Actualité (dont le niveau est un micro poil moins élevé qu’au CFJ) et une épreuve d’Anglais qui ne réclame pas vraiment un niveau minimal.

Science Po Paris a également ouvert un master pro. C’est également trop tard puisque les procédures se terminent fin Janvier, le concours se limite à une « bête » synthèse de dossier en quatre heures. Cette année, il était question de démographie et de propriété intellectuelle… mais pour faire partie de la trentaine d’élus, il faut aussi se souvenir que le dossier, probablement le truc le plus laborieux à monter de tout les temps, est épique : demi douzaines de textes à fournir, recommandations professionnelles, recommandations académiques, notes intégrales, mémoires et expérience pro à fournir, niveau d’anglais attesté B2 obligatoire : voilà voilà. Deuxième étape : passer l’oral qui, malgré son jeune âge, est déjà connu pour être nazi. Cela ne va pas dire que vous allez être évalué par J. Mengele mais bien que la proportion du coup de filet est égale : les deux se préparent de manière équivalente.

L’IFP clôture ses téléchargements de dossiers demain. Il vous sera peut être difficile de réunir toute la paperasse nécessaire mais cette école, toujours parisienne, est un mix amusant entre la trinité et Science Po : il vous faudra attester d’un mois de stage – éventuellement entre l’inscription et la rentrée – en plus d’un autoportrait et des notes fournies. Épreuves façon tri-concours.

Je connais si peu de choses sur les trois dernières, situées respectivement à Bordeaux, Marseille et Grenoble que je vais laisser cette fabuleuse synthèse de L’Etudiant faire le sale boulot. Han!

Au delà de ça, la préparation de ces concours reste un marathon formidablement exigent : si le niveau d’Anglais est normalement plus ou moins acquis à se stade, que la créativité est (et doit) être votre truc et que l’esprit de synthèse vous habite comme l’esprit des feuilles mortes habite Pocahontas, les épreuves d’Actualité et de Culture sont VOTRE PIRE ENNEMI. Il faut travailler cela en amont comme vous faites votre réseau pro : exploiter n’importe quelle faille, penser tentaculaire, that’s what she said. La méthode Puf est la meilleure : lire un quotidien chaque jour, le consigner, exploiter n’importe quelle piste, n’importe quel creux de connaissance. C’est épuisant, totalement incompatible avec toute autre forme d’étude ou activité professionnelle, je m’y met après ma première branlée sur le sujet mais suck it up, c’est juste nécessaire. La pluralité des sujets abordés dans ces questionnaires (et ce ne sont PAS des QCM, non mais) sont à l’image du niveau de précision qu’on va vous demander. Bref, il faut chercher partout, tout le temps, comprendre tout ce qu’on ne maîtrise pas, connaître ses chiffres, ses noms, ses faits, ses enjeux. Se transformer en champion de jeu télé… à vingt piges et quelques.

Mais au final, l’instinct de l’étudiant reprendra toujours le dessus.

Par exemple, je suis en plein processus, tout en pondant ceci (7-8 heures par semaine) et terminant ma Licence 3 (25 heures) et en exerçant mes petits débuts là et là pour quitter au mieux la catégorie hobby (5 autres heures) … il faut donc ajouter la préparation quotidienne (10 heures) Il n’y a pas de piège, c’est épuisant. Un peu impossible. Cela nécessitera probablement plusieurs tentatives, les Masters Adaptés, les prépas, en attendant, existent pour parfaire ses connaissances en attendant le prochain Round. Bon, ces Masters sont sélectifs aussi.

Et n’oubliez pas qu’une fois que vous aurez vaincu tous ces obstacles, vous serez traités comme du caca pour un salaire de misère. Se sortir de la pige sera un obstacle. Je peux vous assurer qu’en étant à peine sur le tout début du processus et l’enfer est palpable, sa durée palpable… mais belle valorisation à la clé.  Le tribut à payer pour faire un métier cool et se faire insulter par Mélenchon est là. Gloire aux vaincus, que la Force soit avec vous.

Maintenant, une question dans la catégorie « ego ».

Le 500è post approche à grands pas. … on fait quoi?

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