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Mon poumon en métal

Maintenant que Bioshock Infinite est sorti, on peut tous se faire porter pâle et y jouer comme des brutes. Pour tout vous dire, dès que je termine ce post, je m’y mets, la relecture va être pénible. Les chances sont fortes pour que ce soit le GOTY 2013. Ce n’est pas le sujet du jour cependant, mais les deux sont plus ou moins rapprochés. Souvenez vous de Bioshock, version 2007. On collait à ce jeu une identité « Steampunk », ‘aight? C’est vrai. On était dans un environnement aux codes visuels bien précis, qui empruntait quelques clichés de l’Amérique des années 50. Dans ce dernier point, c’est la même chose pour Fallout New Vegas. Infinite, donc, joue un peu dans la même catégorie – et sa couverture réversible laisse peu de place aux doute. Dishonored l’était carrément, on lui collait même du « whalepunk ».

Et encore, z'avez pas vu LA GUITARE !

Et encore, z’avez pas vu LA GUITARE !

Vous vous souvenez de Sucker Punch? Il y avait des traces là et là. On évoque souvent le steampunk mais on ne sait pas nécessairement ce que c’est. Pourtant, c’est un lieu commun de la fiction, surtout aujourd’hui ! Vous ne savez peut être pas ce que c’est, alors je vais tenter d’apporter un début de réponse. D’ailleurs, ça tombe bien – c’est le sujet de mémoire que j’ai pris pour ma première année de Master. Fétichisation transmédiatique du genre steampunk. Le titre est fourni clé en mains – ça traverse les genres de fiction et on en retient que l’identité visuelle parce qu’aujourd’hui, le steampunk, c’est surtout des cosplays et une tranche de design. Bon, je vais peut être pas le poster tel quel sur ce blog mais je vais introduire le sujet. Alors alors alors…

Le steampunk, késsadire ? Un terme dont on entend pas mal parler sur Internet. Ça n’a rien avoir avec le courant musical des Ramones ou des Sex Pistoles – on m’a déjà fait la vanne. Non, et vous comprendrez rapidement pourquoi, on pourrait coller le suffixe punk à tout : seapunk, skypunk… ces termes n’existent pas vraiment mais il serait simple de théoriser dessus. N’oubliez pas que ce sont des termes inventés de manière rétroactive qui s’appliquent sur un postulat littéraire. Verne n’avait pas ce mot en tête en écrivant 20.000 Lieues… mais la Gainax, en écrivant Nadia, probablement. Le « punk » cristallise quelque chose. Le steampunk, ce n’est pas une secte, ce n’est pas une marque, ce n’est pas une vue de l’esprit non plus, heureusement. Le steampunk, c’est un ensemble de codes de fictions. Ou, plus simplement, un type de fiction. Si on le prend au degré zéro, c’est un type de fiction où la vapeur remplace l’énergie principale, comme l’électricité ou le pétrole. Ce n’est pas franchement possible et ça explique l’étiquette « science fiction », automatique. On parle de « whalepunk » pour Dishonored parce que Dunwall marche à la graisse de baleine, ce qui n’empêche pas le jeu d’intégrer des éléments steampunk. Ok? Bon. C’est une énorme simplification mais on parle d’une notion assez floue.

A partir de là, un petit travail de définition s’amorce. On atteint un miasme de concepts sur lequel on ne tombe pas forcément au quotidien et rien ne dit qu’on puisse mettre des mots dessus. Tenez, par exemple. Une uchronie. C’est archi simple : une fiction uchronique est une fiction qui réécrit l’histoire à un moment donné. Bizarrement, la vaste majorité de ces histoires concernent Hitler. Prenez Inglorious Basterd, prenez La Part de l’Autre, prenez la moitié des épisodes de Red Dwarf ou de Doctor Who (les anglais kiffent Hitler) et on a déjà des comédies, un livre plus sérieux, une bonne variété de genres. Dans un autre registre, Battle Royale est une uchronie bien méchante – le Japon a gagné la deuxième guerre mondiale et c’est le bordel. Vous voyez, nul besoin de science fiction si on isole ce concept ! Le seul élément d’articulation, c’est l’Histoire. C’est aussi la constante de ces différentes codifications.

(C’est précisément à ce moment que j’ai arrêté de résister pour m’enquiller une première session dans Columbia)

Autre concept pas bien compliqué. Selon vous, qu’est ce que le rétrofuturisme ? Encore un bug temporel. C’est une manière de mixer passé et futur, un bon prétexte pour coller des vêtements anachroniques à des personnages. Le rétrofuturisme, c’est l’expression du passé dans le futur, et vice-versa. Plus clairement, vous vous souvenez de ces numéros d’Astrapi qui imaginaient les années 2000 avec – attention lieu commun de la mort – des voitures volantes ? Transposez ça dans les années 60, mais théorisé vingt ans plus tard. Ca donne les Jetson, ou, bien plus récent, Futurama. Une technologie balbutiante, surréaliste, cultivant ce goût du chrome et du kitsh. Quoique… là on parle peut être de futur vintage ? Je me perds dans mon propre truc. Bref, c’est la vision du futur dans notre passé immédiat et ça a cristallisé la création. Fallout et Bioshock sont les champions de cette catégorie, par exemple. Hugo est un beau film et collecte ces clichés, beaux à rendre sur pellicule. Il se passe même à Paris : sorti de la France et de la Perfide Albion, le steampunk n’est plus très pertinent. Dans les faits, ça lie les objets du présent ou du futur à la technologie d’hier : imaginez un ordinateur à la vapeur, une bagnole à la vapeur, des objets qui nécessiteraient une machinerie compliquée… et voilà pour le lien. Vous mixez ça à un sens du gigantisme et vous vous retrouvez avec des structures démesurées, des environnements ouverts, des rouages de trois mêtres. Encore une fois, Bioshock.

On s'éloigne un peu du sujet mais l'esprit est là

On s’éloigne un peu du sujet mais l’esprit est là

 Revenons donc à notre terme principal. La science fiction est un genre obligatoire avec le steampunk, le rétrofuturisme y est lié, l’uchronie est fortement probable. L’origine du terme est encore un peu floue à mes yeux – la piste la plus probable est une utilisation en forme de néologisme dans les années 80, dans une correspondance entre auteurs du genre et en variation à cyberpunk (hé oui ! Cet autre terme pourrait avoir été inventé en premier, ce qui prouve bien que « l’ordre des choses » n’a pas vraiment d’importance) pour devenir un courant qui a débordé de la littérature pour rejoindre une utilisation massive du fandom. Plus haut, je parlais de codes visuels – les rouages, par exemples, sont incontournables – et la couleur ocre bien rouillée est indispensable. Hop, vous avez en tête la station de métro Arts et Métiers.

On en trouve dans une variété de genres, dont le Policier (mixé à l’ère Victorienne, ça donne l’étrange Gaslamp Fantasy), le Western (souvenez vous, Wild Wild West) et pas mal chez Sherlock Holmes, récupéré par des auteurs contemporains, mais aussi par les versions films. Là encore, quel est le point commun ? L’époque Victorienne ! Les uchronies côtoient la révolution industrielle (parce qu’elle en a dévié, justement) et se passent, souvent, à la même époque. Aujourd’hui, c’est le style vestimentaire Victorien qui demeure parce que très emblématique. Allez faire un tour au Dernier Bar, vous verrez des hauts de forme, des lunettes d’aviateur et des montres à gousset, ce sont les clichés du genre, ils marchent parce qu’ils véhicule une certaine classe. Dans la littérature, ce ne sont pas des objets qu’on souligne, mais leur environnement. Le biais serait donc de penser que le steampunk est aussi une glorification de la domination angloise – oui, euh, non. On parle bien de codes visuels. En revanche, la présence d’orientalisme dans certaines oeuvres est avérée : le steampunk est souvent lié au roman d’aventure, donc à la découverte de continents eeeeet ça peut ramener une bardée de clichés d’époques, parfois en jouant avec, parfois au premier degré.
Des exemples plus proche de nous, exotisme mis à part – : pensez à FullMetal Alchemist ou au Disney Atlantis : l’Empire perdu. Vous voyez les points en commun?

Que lire pour approfondir tout ça ? Il est évident que le steampunk englobe divers types de fictions et qu’il est difficile de faire passer ce courant par écrit. C’est cependant un énorme vecteur pour le bouzin. Par exemple, on associe souvent Jules Vernes au steampunk. C’est, à mon sens, une erreur – si on trouve effectivement quelques codes visuels correspondant dans les récits fantastiques (De la Terre à La Lune etc, tous trouvables pour une bouchée de pain en poche dans de sublimes éditions – dont l’identité visuelle est reprise par des ouvrages sur le steampunk, d’où le problème) il est davantage question de rétrofuturisme. Je ne peux que recommander la lecture de ces ouvrages mais la nuance est à faire, subtile mais importante. Je conseille surtout la lecture de La Machine A Différences de Gibson, qui rentre bien plus dans le vif du sujet, en plus d’embrasser l’uchronie. Il n’est pas difficile de se lancer dans un gros catalogue : Les Brigades Chimériques en bande dessinée, Nadia en anime, Steam Powered Giraffe en musique, etc. Beaucoup d’ouvrages existent et sont plaisants à lire mais n’atteignent pas l’analyse et se content de photos de cosplay, aussi réussies soit-elles. Pour une vision méta de la chose, Olivize Caïra est une bonne valeur avec son ouvrage Définir la Fiction, chouette pour l’analyse de la fiction dans son ensemble. La page Tv Tropes dédiée collecte pas mal de trucs, mais hé, j’y ai touché un peu, ceci explique cela.

Aujourd’hui, le steamponque est surtout un vivier créatif dingue. On le retrouve dans le design, l’art et la mode, mais ça reste avant tout un mot très cool. En l’état, ça n’a rien à envier au mouvement gothique, c’est juste particulièrement obscur, comme n’importe quel mouvement de niche. Dites vous bien qu’en plus de théoriser sur un « proto-steampunk », les plus hardcore peuvent s’amuser à trouver des mécanismes encore plus précis : Clockpunk, Dieselpunk, Stitchpunk, NESTEAPUNK.

« Love the machine, hate the factory » Hé oui, on peut d’ores et déjà oublier Ayn Rand, La Grêve et l’Objectivisme. Les résidus d’aujourd’hui sont dans le JV, la télé et et et et les jeux de rôles qui adorent cette mouvance et cette esthétique. C’est vraiment le mot clé – esthétique – il ne manque qu’une mouvance picturale mais hé, on a les objets.

Pour aller plus loin : j’ai toujours trouvé qu’il y avait un un lien entre la littérature steampunk et survivaliste, post-apocalyptique. Sans entrer dans le délire des preppers, des mormons et des schtarbés qui restent dans leur bunker, mais le pivot est évident – le dystopique. Un genre de SF qui intervient après un évènement catastrophique, une guerre, une explosion atomique… et là, entre les deux, Fallout New Vegas, encore. Dans les livres, on parle de Barjavel, de Soleil Vert (qui est fait de spoilers) et autres fictions catastrophes qui, à chaque fois, enlèvent quelque chose à l’ordre établi. La nourriture, le soleil, les femmes, quelque chose. Pour une raison étrange – et c’est bien à ça que sert la recherche – les deux sont souvent liés. Ca me permet de conclure sur les masques à gaz, summum du cool, quand il ne sont pas sur le visage de Michael Jackson ou Justin Bieber.

Maintenant vous savez. J’espère vous avoir transmis mon amour des… rouages.
Oui, des rouages.

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Nous mêmes nous savons

Attention. Un gros morceau. Un petit post. Soyez rassurés. Temps de lecture : dix minutes. Présence de liens : beaucoup trop faible pour le contenu. Flemmardise de l’auteur : maximale

Twitter est à la concision ce que Tumblr est à l’efficacité. Mais Twitter est à l’info ce que Tumblr est au fandom. Ca fait de Tumblr un sujet bien intéressant.

Bernardo > Ryan Gosling

Bernardo > Ryan Gosling

Bon, revenons tout de même au premier. Après plus de trois ans sur Twitter, on peut tous affirmer qu’il n’est pas voué à être abandonné. Il faut croire qu’un réseau social passe toujours par une phase de décrépitude « vue de l’esprit » – comme Facebook, qu’on croit mourant depuis deux ans – avant de sévèrement sombrer. Twitter à l’air de s’en foutre un peu et reste promis à un grand avenir rempli de tweetclashs, de rap game et de journées mondiales du premier degré. C’est fantastique, Twitter – le plus grand MMORPG du World Wide Web. On y trouve de tout : des pros, des étudiants, des lycéens, d’autre qui ne font rien et qui attendent que ça passe, des petits malins, des sérieux, des célébrités, une foultitude de profils et c’est ce qui rend le machin intéressant. Au delà du bouzin purement « social interactif », les utilisateurs ont tourné et retourné le concept original pour transformer le site aux gazouillement en grand concours de la meilleur vanne, entre autres. Twitter s’est vu attribué des fonctions jusque là inattendues : distributeurs d’emplois, d’appartements et d’âmes soeur pour les plus chanceux. Le Twitter est même allé jusqu’au bout de son concept – la tendance des « faux comptes » est là depuis une grosse année. Dire quelque chose ne suffit plus? Il faut le dire en masquant son identité et en se fiant à un concept. Il existe des comptes Twitter pour insulter tout le monde, dire des bêtises en ancien français, « mixer » deux personnalités du web, autant de possibilités qui font émerger des super héros du web. Certains comptes ont d’ailleurs intérêt à rester anonymes car je n’aimerais pas être leurs futurs employeurs. Bref, une belle cour de récré qui a l’intérêt de nous informer plus vite que le reste. Le reste étant l’AFP. Oui. Parfois, quoi.

Twitter, vous connaissez. C’est comme un jeu : il a été maîtrisé à fond et un métagame est déjà bien établi. Tumblr est né dans les mêmes eaux (en 2007) mais commence à peine à se faire connaître sur nos Internets. C’est un réseau social très américain. Petite exposition du concept si ça ne vous dit rien. Comment ça se présente?

Tumblr est une plateforme de – attention terme clé – microblogging. Tout simplement parce qu’il est dédié à des posts à la chaîne, de touts petits textes, une simple image, un extrait sonore. Le contenu est volontairement lapidaire et la plate-forme d’upload suggère elle même cette concision. Le but n’est pas tant de discuter de contenu mais d’en 1) proposer ou 2) d’en partager. Pourquoi parler d’un « jeu parallèle » mis en relation avec Twitter? Sur Tumblr, les interactions entre usagers sont minimes. On ne peut communiquer qu’en rebloggant ce qu’on aime, on pourra ainsi ajouter sa pierre à l’édifice. Un « retweet » simple qui montre le contenu au lieu de le pointer. Vous avez intérêt à bien watermarker vos œuvres! Sinon, il s’agit de publier, faire le tri, et gérer son réseau. La bonne nouvelle c’est que la manie des chiffres est moins présente : le nombre de followers/followings n’est pas mis en avant, pour notre plus grand bien. En revanche, la popularité d’un post est signifiée par ses « notes ». On peut « aimer » un truc à la facebook, le reblogger, le commenter. Chacune de ses actions est une « note » dont le total peut vite virer exponentiel si vous trempez dans les bons cercles. Bref, votre contenu aura fait le tour des yeux mais ce ne sera absolument pas votre contenu.

SOUVENEZ VOUS. "Les Expressions de Norbert"

SOUVENEZ VOUS. « Les Expressions de Norbert »

Tumblr est, généralement, mémétique. Que ce soit face à l’actualité ou je ne sais quel phénomène du web, il y aura toujours un Tumblr pour. Soit pour collecter des trucs, soit pour sérialiser un concept de base pour y faire de l’humour. Pensez à la campagne présidentielle et ses loltoshops. Le débat? Des photomontages. Pareil avec les candidats. Ca peut tout couvrir : il existe plein de Tumblr dédiés à Bernard de la Villardière, comme de gens qui « meurent comme Marion Cotillard ». Bref, il fait l’actu et s’en inspire dans la foulée, c’est donc parfais pour nous. D’ailleurs, 95% utilisent le même thême visuel « minimaliste ».

Que faire de tumblr? On peut s’en faire un site perso. C’est tout con, sans la moindre pub, un concept assez bien fichu et assez hybride pour que beaucoup puissent s’y retrouver. Numériquement, l’utilisateur moyen est américain et pourrait s’incarner dans une gamine fan de Bieber. Pour des millards de posts, un demi pourraient nous intéressez – sacrée marge tout de même. Pour nous, ça correspond souvent à un Twitto « influent ». Ouais, on tourne en rond dans notre petit microcosme, c’est vrai. Dans le meilleur des cas, c’est participatif : on peut soumettre son billet si le tumblr est thématisé. On y revient.

C’est simple, facile à gérer, ça peut avoir en deux jours la popularité d’un blog développé ou spécialisé depuis dix ans. Vous savez, l’Internaute lambda n’a pas forcément le temps de lire tout ça (mais toi tu l’as visiblement eu et comme je te remercie) et ça se vérifie et met à jour rapidement. J’ai tendance à considérer que c’est un bon vivier créatif et, par extension, une excellente banque d’images et de fanarts. Hé oui, il y a un bon système de tags, alors vous pourrez trouver du contenu, en demandant aux auteurs ou, grand minimum, en linkant leur site. Certains utilisent Tumblr pour vouer un culte à tel ou tel perso. Il est souvent l’objet de prédilection des fandoms, le gros, le moteur de ce site. La fiction et ses réécritures constituent le gros du truc. Il trouve des utilisations plus ou moins dingues (je suis tombé il n’y a pas si longtemps sur un – accrochez vous – tumblr corbeau qui relatait cash la vie privée de mes amis, j’ai ramassé ma mâchoire, il faut être un enculé de la pire espèce, félicitations) mais rassurez-vous, c’est un cas purement isolé. Tout, dans Tumblr, a une visée visuelle. C’est pour cela qu’elle inspire les créatifs et, le saviez vous, a un assez fort impact dans le milieu de la mode. Concrètement, on y trouve des images, peu de textes mais surtout beaucoup, beaucoup, beauuuuucoup de gifs. De séries, de films, de personnages, d’acteurs. Je met l’emphase sur le fandom actif et ses QGs Tumbluriens. Tumblr ne se visite pas avec un modem 56k.

Enfin, on trouve souvent une petite featurette « Ask Me Anything » mais Formsrping et Ask.me sont passés par là. Attention, dans de rares cas, l’internaute anonyme peut être coquin voire pas toujours super bien intentionné. Encore une fois, cas isolés. C’est un chouette outil à l’énorme potentiel !

"Chers voisins". Les ascenseurs en résidence U <33

« Chers voisins ». Les ascenseurs en résidence U <33

Ce n’est pas tout! On distingue facilement plusieurs types de Tumblrs. Voici quelques exemples simples.

BAISE OUAIS ! Essayez chez vous. Vous aimez une série ou n’importe quel objet culturel populaire – de préférence sériel – il y aura forcément une bardée de Tumblr dessus. Bon, il y en aura au moins un. Essayez la combinaison suivante : « Fuck Yeah [ton truc que tu aimes] ». Résultat garanti pour 99% des cas. Il y aura toujours un fandom et il peut se limiter à une personne et elle sera toujours active, ça pourrait être un axiome de l’internet! Par exemple, je me refais dernièrement Six Feet Under. Hop, il y en a deux. Gifs, citations, screenshots, petits trivias, il y a de quoi faire. On pourrait peut être faire un Tumblr best-off qui s’appellerait Fuck Yeah! Fuckyeahs.

1/jour Des Tumblr concepts il en existe à la pelle, voici le plus simple. Ce site dispose d’une option de programmation plus ou moins intuitive. On peut donc programmer un post thématique, tous les jours à minuit ou n’importe quel horaire régulier, façon simplissime de créer un rendez vous avec ses lecteurs, pour la peine qu’on garantisse un rythme quotidien ou prédéfini. Ca n’a pas d’intérêt s’il n’existe pas de ligne directrice, de thématique affichée, sérieuse, humoristique ou que sais-je. Un exemple que j’adore : La Vie de Tintin. Chaque jour, une case de la bédé accompagnée d’un commentaire crétin, qui sort la situation initiale du contexte. Déclinable à l’infini. J’ai eu plusieurs idées, n’hésitez pas à le signaler si ça vous plaît, des choses du genre « un moment de JV » par jour, un extrait musical par jour, un DLC Rock Band par jour, un fétiche par jour, vous voyez, c’est un moyen simple d’évacuer une monomanie.

Ton 9gag à toi : Parfois ça tiens juste du blog perso et ça permet de republier tout ce qui peut nous avoir fait rire ou vibré. Ce n’est pas nécessairement très « personnel » mais on peut tout de même insuffler sa patte en ne publiant que tel ou tel type de contenu, puisque la personne en question aura une catégorie bien à elle de followings. En revanche, dans une acception bien plus cliché, le contenu peut être diversifié comme se focaliser sur un fandom bien précis. Il faut bien distinguer les tumblr « collection » des tumblrs « musées »… on ne s’échange pas les croûtes comme des images Panini (et on ne les taggue pas non plus, merci de votre compréhension)

SI TOI AUSSI ! TMTC : Un genre un peu décati. Prendre une thématique donnée, la coller avec des situations données et l’accompagner d’un gif résumant la situation. Les gifs sont toujours sortis de séries populaires anglophones, avec beaucoup de 30 Rock. Parfois, c’est drôle. Parfois c’est lamentable. Le fait est que les mêmes gifs tournent souvent et que l’effet cherché fait parfois plouf. Ça dépend évidemment de votre expérience et de vos goûts. Par exemple, j’aime bien Du Journalisme Musical. Une situation de journaleux zicos, un gif rigolo, du lol dans vos têtes. Il va de pair avec le rigolo J’ai Un Physique de Radio (expression authentique) D’autres Tumblrs puent le même forcé. C’est vraiment une question de goûts mais là on a vraiment fait le tour du genre.

Quand j’ai appris le report de Rayman Legends

Tumblr est un outil très chouette. Que je n’utilise pas encore parce qu’un énième chronophage. Un outil très chouette tout de même !

Trivia : j’ai un petit chouchou. C’est pas du jeu, il a fait le tour des médias spécialisés mais je l’aime quand même malgré sa popularité, preuve d’un kiff inconditionnel. Les Boloss Des Belles Lettres. Je vous laisse découvrir.

En revanche, je ne sais pas comment font tous ces gens pour se fournir en gifs. Le mystère.

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Le complexe du scaphandrier

Oh la la, idée de génie. Au lieu de me plaindre d’un truc pour la quinzième fois d’affilée, je vais clairement approfondir le sujet et faire un post plus ou moins détaillé. Bien évidemment, je ne prétends pas à l’exhaustivité mais cela fait un certain temps que je recueille des données, sait-on jamais, je vais peut être réveiller des vocations ou motiver des lycéens. Ouais, j’adore me mettre en position christique, c’est comme ça, la modestie fait partie des mes talents innés.

OYEZ OYEZ, PARLONS JOURNALISME.

Ce métier ingrat.

Je suis encore très loin d’y être et ça sentais le métier foireux depuis le collège. C’est terrible, parce que la profession est tsundere. Il va falloir en caguer des meubles pointus pour accéder à un métier à priori assez mal payé, instable, fantastiquement peu ouvert. Le problème est inhérent à n’importe quelle passion plus ou moins interdite : je kiffe ça et je le sais depuis longtemps. Inutile d’en faire une deuxième sexualité mais si il y a bien deux choses qu’un journaliste vous dira, ce serait 1) « Tu sais, en fait je suis timide » et 2) « J’ai toujours voulu faire ça ». A ce stade, impossible d’y arriver par hasard.

Ci dessus une racaille journaliste travaillant pour Arbres-en-fleurs Mag

Permettez moi de poser quelques limites. Pour moi, il n’y a pas de journaliste sans carte de presse, ce fantastique sésame qui s’obtient selon des conditions bien précises : exercer la profession depuis un minimum de mois ET, basiquement, en vivre. Il faut donc prouver que plus de la moitié des revenus viennent de vos publications et… montrer un casier judiciaire récent mais ça ne devrais pas poser de problèmes. A partir de là, faut savoir ce qu’est un journaliste – confondre avec un présentateur ou un chroniqueur serait une erreur facile mais je ne vais pas vous prendre pour des débiles. Non, j’aimerais poser une limite sur une idée qui est en fait à la source de ce post :

Le journalisme et les jeux vidéo sont ils compatibles? Heeeeurgh. Question fort touchy. Disons que pour rejoindre la secte, il faut d’abord s’y imprégner et s’y croire un minimum, quitte à faire péter le mot sur votre première carte pro. En revanche, je suis franchement persuadé que ces deux notions sont incompatibles – vous savez pourquoi? Je crois qu’on parle davantage d’un métier de rédaction. Il est évident que le jeu – médium culturel comme un autre, nous sommes bien d’accords – offre les mêmes opportunités : interviewer des gens, établir des relations, rédiger des pavasses et même fonder des périodiques pour ceux qui auraient passé un pacte faustien. Honnêtement, si j’ai un jour l’opportunité d’avoir un emploi régulier sur un magazine atteignant le niveau d’Edge en France, je n’aurais aucun scrupule à accepter. Mais…

… il faut peut être tuer dans l’œuf des vocations un peu… adolescentes. Raisonnement un poil manichéen que voilà mais représentatif de ce que je constate : il y a la haute, les investis, travailleurs… et les autres qui pensent faire carrière en pondant quelques textes sur des sites spécialisés. Ce que je veux dire, c’est que tous ne distinguent pas hobby et boulot. Ce site est un hobby. Faire un test serait Press Start Button serait aussi un hobby. Nolife? On tourne davantage vers le boulot : plannings serrés, fatigue du gamer, dégout du jeu au final, ce serait dommage, non? Demandez à un pro : il vous dira que ça atomise la passion. Enfin, une dernière idée un peu péteuse mais néanmoins personnelle : c’est pas super ambitieux.

Ca n’empêche pas le concept de journalisme et celui de loisirs d’être compatibles : le métier peut englober un certain nombre d’acceptions, de spécialités ; Actualité, Politique, Sports, Loisirs… les grandes écoles vous demanderont une globalité de connaissances un poil effrayante mais cela prouve que du moment que vous vous vous intéressez à un domaine précis, vous êtes de facto capables de bosser en amont dessus, sous peine de faire preuve d’ouverture sur d’autres domaines. Le journalisme culturel reste un truc peu nécessairement très peu ouvert : il faut généralement s’inscrire dans un mix entre Hunger Games et Tout le Monde Veut Prendre Sa Place et détrôner à l’usure le méga spécialiste de votre papier qui bosse seul depuis vingt ans. Au pire, on peut toujours faire comme dans Le Couperet et mettre du polonium dans le café de votre cible. Hmm?

Bon, c’est là que les problèmes commencent. Profession fermée? Inutile de vous faire un topo sur la diversité des médias aujourd’hui, de vous faire un speech sur le dématérialisé et sur le coté « échelon façon Sims » du bazar. Faire des études. Etre diplômé. Faire un stage, faire un bon boulot, intégrer une équipe. Mourir heureux et avoir la certitude de faire un métier fondamentalement intéressant. Parcours tous sauf calibré!

ET VOILA LE PROBLEME : le cercle d’initiés se réduit peut à peut et la demande réclame du jeune « opérationnel ». Ca veut dire quoi? Etre formé par une grande école. Ces dernières évitent le coté un poil trop théorique des filières Infocom, par exemple, notamment en imposant un stage entre la première et la deuxième année. En gros, les diplômés arrivent généralement vers leurs 23-24 ans et repartent deux ans plus tard, diplômés et parfaitement formés à leurs branches, réseau en plus.

De l’importance du réseau : Dites vous qu’il y trois modes d’interactions sociales dans ce contexte.             1) Copiner.  2) Se faire un réseau. 3) Faire des gâteries à gauche à droite. Sont compatibles : 1 et 2, 1 et 3 dans les cas extrêmes, 1, 2 et 3 pour les plus libertins, mais certainement pas 2 et 3. Pourquoi vouloir faire un métier de communication si on ne s’inscrit pas de base dans une démarche où on va vers l’autre? On veut s’orienter dans un métier où, de base, on rencontre des gens pour en tirer quelque chose… il est donc important de savoir aller vers autrui et, parfois, se vendre un peu. Argh. Il y a deux poids deux mesures, mais on peut montrer ses compétences sans pour autant s’agenouiller.

LE PROBLEME, EPISODE DEUX : Il y a donc une fabuleuse dichotomie entre les écoles « reconnues par la profession/l’état » et « les autres ». Il faut lire « les autres » de manière nonchalante, presque vacharde, imaginez une bulle qui coule dans une BD avec ces deux mots dedans. Non pas qu’elles offrent de mauvaises formations mais les « vraies », en oppositions, sont des portes ouvertes quasi-automatiques… c’est statistique! Ces mêmes écoles sont également de parfaits lieux de rencontres avec des journalistes connus et reconnus! Pensez réseaux!

C’est là que les emmerdent commencent. Supposé que vous en intégriez une, il faut y mettre le prix : le coût d’une formation peut atteindre les cinq chiffres. Deuxièmement, il y en a neuf, elles sont toutes très centralisées… et nous ne sommes pas tous Parisiens par définition. Enfin, et c’est limite le plus facile, il faut être de niveau Bac +3. Ce n’est qu’une malheureuse donnée : on y trouve autant de possesseurs de Masters que de scientifiques en Hypokhâgne – bien plus qu’on ne pourrait le penser, parfois la majorité! Être « formaté » n’est pas une donnée nécessaire non plus, être atypique et sérieux n’est pas interdit! … et enfin, il y a fantastiquement peu d’élus, énormément d’appelés – tout en sachant que la marge de manœuvre est interdite aux plus de 25 ans. En gros, cette année, coup de filet sur ceux nés avant mi 1986. Vous êtes dans mon cas et êtes nés mi-90? Vous avez encore trois rounds pour tenter votre chance. Okay, voilà donc les neufs voies possibles pour intégrer une grande école de journalisme.

Moi en épreuve de culture générale

Le Centre de Formation des Jouralistes (CFJ), école parisienne, inscriptions jusqu’en Mai, concours un mois plus tard. Sérieux à en mourir, cette formation nécessite une batterie fantastique d’examens. Comme dans toutes les écoles, il faut passer le cap de l’admissibilité puis celui de l’admission. C’est parfois l’écrit, puis l’oral, ce n’est en l’occurrence pas le cas. Les écrits : Maîtrise de la Langue Française, Rédaction d’un Synopsis d’Article, Actualité, Culture Générale, Créativité, Sujet d’Actualité. 6 épreuves.

Vous y êtes arrivés? Putain, respect… mais il faut encore passer par l’épreuve reine, la « journée marathon » – réaliser un reportage sur un sujet tiré au sort le matin même. Vous revenez à l’école le soir et rédigez ce qui fera votre destin. Ajoutez bien évidemment à cela un oral de motivation et d’anglais, hé, ce serait bien trop simple.

L’institut pratique du journalisme fait preuve des mêmes modalités. C’est peut être de là que vient son nom, c’est super pratique, non? Passer les concours en parallèle avec le CFJ et… l’Ecole Superieure de Journalisme de Lille (exemple numéro 1 en dehors de la Capitale) permet non seulement d’avoir des tarifs dégressifs mais aussi d’avoir un centre d’examens proche de chez soi. Les épreuves font partie du même paquet collectif. EN GROS, HEIN.

Pour le CELSEA, institut public, c’est un tout petit peu trop tard… les épreuves viennent de se dérouler, elles comprenaient : une synthèse d’articles, une épreuve de créativité, le fameux couple Culture Générale et Connaissance de l’Actualité (dont le niveau est un micro poil moins élevé qu’au CFJ) et une épreuve d’Anglais qui ne réclame pas vraiment un niveau minimal.

Science Po Paris a également ouvert un master pro. C’est également trop tard puisque les procédures se terminent fin Janvier, le concours se limite à une « bête » synthèse de dossier en quatre heures. Cette année, il était question de démographie et de propriété intellectuelle… mais pour faire partie de la trentaine d’élus, il faut aussi se souvenir que le dossier, probablement le truc le plus laborieux à monter de tout les temps, est épique : demi douzaines de textes à fournir, recommandations professionnelles, recommandations académiques, notes intégrales, mémoires et expérience pro à fournir, niveau d’anglais attesté B2 obligatoire : voilà voilà. Deuxième étape : passer l’oral qui, malgré son jeune âge, est déjà connu pour être nazi. Cela ne va pas dire que vous allez être évalué par J. Mengele mais bien que la proportion du coup de filet est égale : les deux se préparent de manière équivalente.

L’IFP clôture ses téléchargements de dossiers demain. Il vous sera peut être difficile de réunir toute la paperasse nécessaire mais cette école, toujours parisienne, est un mix amusant entre la trinité et Science Po : il vous faudra attester d’un mois de stage – éventuellement entre l’inscription et la rentrée – en plus d’un autoportrait et des notes fournies. Épreuves façon tri-concours.

Je connais si peu de choses sur les trois dernières, situées respectivement à Bordeaux, Marseille et Grenoble que je vais laisser cette fabuleuse synthèse de L’Etudiant faire le sale boulot. Han!

Au delà de ça, la préparation de ces concours reste un marathon formidablement exigent : si le niveau d’Anglais est normalement plus ou moins acquis à se stade, que la créativité est (et doit) être votre truc et que l’esprit de synthèse vous habite comme l’esprit des feuilles mortes habite Pocahontas, les épreuves d’Actualité et de Culture sont VOTRE PIRE ENNEMI. Il faut travailler cela en amont comme vous faites votre réseau pro : exploiter n’importe quelle faille, penser tentaculaire, that’s what she said. La méthode Puf est la meilleure : lire un quotidien chaque jour, le consigner, exploiter n’importe quelle piste, n’importe quel creux de connaissance. C’est épuisant, totalement incompatible avec toute autre forme d’étude ou activité professionnelle, je m’y met après ma première branlée sur le sujet mais suck it up, c’est juste nécessaire. La pluralité des sujets abordés dans ces questionnaires (et ce ne sont PAS des QCM, non mais) sont à l’image du niveau de précision qu’on va vous demander. Bref, il faut chercher partout, tout le temps, comprendre tout ce qu’on ne maîtrise pas, connaître ses chiffres, ses noms, ses faits, ses enjeux. Se transformer en champion de jeu télé… à vingt piges et quelques.

Mais au final, l’instinct de l’étudiant reprendra toujours le dessus.

Par exemple, je suis en plein processus, tout en pondant ceci (7-8 heures par semaine) et terminant ma Licence 3 (25 heures) et en exerçant mes petits débuts là et là pour quitter au mieux la catégorie hobby (5 autres heures) … il faut donc ajouter la préparation quotidienne (10 heures) Il n’y a pas de piège, c’est épuisant. Un peu impossible. Cela nécessitera probablement plusieurs tentatives, les Masters Adaptés, les prépas, en attendant, existent pour parfaire ses connaissances en attendant le prochain Round. Bon, ces Masters sont sélectifs aussi.

Et n’oubliez pas qu’une fois que vous aurez vaincu tous ces obstacles, vous serez traités comme du caca pour un salaire de misère. Se sortir de la pige sera un obstacle. Je peux vous assurer qu’en étant à peine sur le tout début du processus et l’enfer est palpable, sa durée palpable… mais belle valorisation à la clé.  Le tribut à payer pour faire un métier cool et se faire insulter par Mélenchon est là. Gloire aux vaincus, que la Force soit avec vous.

Maintenant, une question dans la catégorie « ego ».

Le 500è post approche à grands pas. … on fait quoi?

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