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Sagadaÿtaÿ⁵ #12 : Freezepop

 Finissons-en avec un petit peu de synthpop! Freezepop est un groupe strictement inconnu en France et ils ne dépasseront jamais ce statut mais rassurez-vous pour eux, ils n’ont aucune difficulté à subsister. J’ai du passivement leur filer une dizaine d’Euros, pourquoi? Tout simplement parce que ce groupe de Boston est en très étroite collaboration avec le studio Harmonix et une vaste majorité de leurs pistes peuvent se trouver dans les jeux Amplitude, Frequency, Rock Band, etc. Chaque jeu Harmonix contient au moins son Science Genius Girl, son I Am Not Your Gameboy, etc etc. Du coup le groupe jouit quand même d’une très belle popularité parmi les gamers… et autant dire que cette musique est parfaitement pour nous! Sans conceptualiser le rock geek (qui appartient davantage à Weezer, They Might Be Giants and co.) c’est un genre rare qui se développe chez eux. J’aime bien cultiver une relation très tsundere avec ce groupe qui fait des productions très sporadiques, parfois fabuleuses, parfois un peu trop simples et minimalistes…Quoi qu’il en soit, FutureFutureFuture Perfectest l’album le plus emblématique pour situer ce genre et l’esprit de ce groupe composé de Justinne (Liz Enthusiasm) Gannache et de ses deux claviéristes – qu’est ce que la pop synthétique? Une utilisation massive de sons qui le sont tout autant. Le groupe est connu pour avoir passé ses débuts à composer sur un séquenceur Midi dont les mut mut s’approchent des sonorités produites par une Game Boy – ce style très caractéristiques de basses et de pêches qui ne pouvaient pas beaucoup se superposer, d’où un sentiment mixé entre minimalisme et rétro. Ce séquenceur est aujourd’hui pratiquement abandonné par le groupe…

… la meilleure façon de cerner l’esprit sucré et électro de cette musique là étant de lancer directement Less Talk More Rokk. Ce machin qui, à sa manière, provoque les mêmes sensations qu’un bon AC/DC s’axe autour d’une progression harmonique, une espèce d’exercice de gammes qui va démarrer archi lentement, s’accélérer encore et encore jusqu’à atteindre la vitesse de pointe et enfin démarrer le morceau. Ca sent le clavier bien synthétique à fond – et Jenny de débiter son chant très absent, presque nonchalant, sur l’euphorie des petits concerts. C’est ce qu’on leur reproche souvent – la naïveté et la qualité du chant. Euphorie est le mot parfait pour décrire ce machin. Pop Music Is Not A Crime utilise ce fameux clavier incriminé, on retrouve ces piaillements électroniques qui font de ce morceau un spectre très serré, on entend rarement plus de trois trucs à la fois. A deux minutes, le solo ressemble à s’y méprendre à une musique de jeu portable, justement. Le grand final est plus excitant : une ligne très aigüe qui part dans tout les sens et qui met en joîîîîîîe.

Ninja Of Love, en plus d’être un bon sous titre potentiel pour SKMT, s’axe beaucoup sur une superposition très discrète mais néanmoins discrète d’une demi douzaine de bruitages accumulés, le tout derrière une boîte à rythmes qui pourrait facilement remplir le rôle de deux véritables percussions. C’est foufou sans perdre de cohérence, c’est donc bien. Le bon coté de la techno, celui qui résulte d’un véritable travail harmonique.

Do You Like My Wang est rigolote car elle comporte une voix d’homme qui demande si on aime son Wang et si on veut le toucher. C’est d’autant plus rigolo car dans mon souvenir, « Wang » est un des innombrables synonimes « zizi » et il y a une autre piste nommée Do You Like Boys? plus loin. La première ressemble à Daft Punk à son meilleur avec son très long solo (aéro)dynamique. La voix devient de plus en plus androgyne, la batterie est follement disco. Bref, les interprétations sont nombreuses et ouvertes, le morceau, lui, est indubitablement cool. La deuxième voit le retour de la voix cristalline pour – attention vocabulaire Masterchef – sublimer la pop song électronique. Entre les deux, He Says He Says, particulièrement déstructurée et un poil dissonante… il y a même ce sens de la question-réponse des sexes qui ferait presque Eurodance mais hé, ne nous engageons pas dans ce terrain là.

Brainpower raconte une histoire sympathique ; l’érection (OUI) d’un groupe éponyme. Après une intro qui balance son aller-retour en basse, on amorce une chanson beaucoup plus guitaristique (sans pour autant savoir si ce sont de véritables cordes très saturées ou un autre clavier. En tout cas, il y a un passage fortement musclé qui fait défiler des notes à vitesse Van Halen!

Swimming Pool, morceau final, est parfait quand il s’agit d’installer une ambiance : le titre est parfaitement choisi. En entendant ce morceau, on voit un carré bleu, on voit les petits reflets de la lumière de nuit… et je ne déconne pas. Ce machin est aquatique. Effets délayés rétros, petite vitesse, chant très langoureux… hé, j’ai oublié Frontload. Très mécanique, binaire, un solo de fou à la fin. De toute manière, c’est un peu toujours la même chose, décliné selon l’inspiration du moment : c’est dynamique et parfait pour écouter dans le métro ou pour une activité physique. Cette utilisation de ces sonorités oubliées n’est jamais gratuite, toujours justifiée et dansante. Encore un groupe qui véhicule un peu de bonne humeur!

Avant de clôturer cette Sagadaytay parfaitement anecdotique mais qui, je l’espère, vous aura permis de vous trouver un nouveau groupe phare, je vous propose humblement un petit jeu qui va mobiliser votre attention. Sortez vos neurones, mobilisez votre sens cinocinétique, appuyez sur play et laissez vous guider. Attention! Il y a des pièges !!

On se retrouve très vite pour un vrai post, enfin.

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