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Vieux et aigri

Avez vous passé une bonne première quinzaine de janvier ? J’aurais aimé me concentrer un peu plus sur mes échéances de fac – mais ça y est, il faut réviser l’actu tous les jours pour les concours. OH NON ATTENDEZ. C’était l’Awesome Games Done Quick. Un vrai petit évènement, comme le Mario Marathon mais en plus long, plus axé sur la performance et avec pleiiiiin de jeux différents. C’était d’un fun incroyable, ils ont récolté plus d’un million pour la recherche contre le cancer et ils sont toujours en after. J’aurais adoré en faire un pavasse et les rédactions numériques de quelques grands médias l’ont fait – le Fig et l’Express, par exemple. C’est chouette chouette chouette et tous les passages/jeux que vous avez manqué sont sur Twitch.

Non, aujourd’hui j’aimerais parler de trucs encore moins importants. Disons, le problème que j’ai avec les jeux Mario récents. Mario, sa moustache, sa salopette et son studio qui a vraiment très très peur de prendre des décisions trop radicales ou de faire quelque chose d’original. J’ai deux problèmes assez différents avec deux jeux, on commence avec celui où je suis de bonne foi pour finir sur un jugement assez personnel. Les illus viennent des Zero Punctuation respectifs, Yathzee et moi avons été clonés, je crois.

FUTILE DRAME PERSONNEL NUMÉRO 1 – PAPER MARIO STICKER STAR (2012)

L’idée que je me faisait du truc – Vous le savez peut-être, j’ai pris quelques pages pour le disséquer à tort et à travers, Paper Mario est un jeu absolument unique qui mérite d’être cryogénisé pour être ressorti dans 200 ans et faire l’objet de cultural studies du futur, dans une discipline qui s’appellerait « les jeux foutrement bons partout ». Le premier était une petite merveille sortie trop discrètement, il enterrait la N64 et ancrait définitivement les bases des deux sagas des RPGs Mario, sur consoles de salon et portables, amorcée par Super Mario RPG. Le deuxième, The Thousand Years Door, est mon jeu préféré. Il aura dix ans en novembre. Troisième numéro : Super Paper Mario, sur Wii, prévu sur Gamecube, il perd quelques morceaux d’histoire et de RPG pour tenter un truc un peu différent. Le gameplay se morcelle, il a tout de même pas mal de trucs pour lui. La 3DS a son propre Paper Mario de prévu mais il met du temps à sortir. Il sort avec un an de retard, pour Noël 2012. C’est sensé être un autre grand jeu de la saga, qui pourrait remettre l’esprit original du truc sur les rails. Un peu plus de scénario, garder cette gravité, cet humour, tout ça.

Il s’avère que c’est un déception incroyable. Je veux dire, un peu surréaliste, inconcevable, qui-ne-peut-être-conçue, et pourtant ! Ils l’ont fait. J’ai un mal fou à croire que c’est la même équipe, Intelligent System, derrière. Je vais juste lister les gros soucis du truc :
Le jeu n’a pas de scénario. Le jeu n’a volontairement pas de scénario. Les devs ont rapidement sondé un panel qui a sorti que c’était l’aspect du jeu qui leur importait le moins. D’une : quoi la baise ??! De deux : arrêtez de mettre n’importe quoi dans les questionnaire du club Nintendo pour avoir rapidement vos étoiles, vous créez littéralement des jeux de chie en faisant ça. C’est donc la fête des Stickers chez Mario (l’excitation est absolue) et le truc habituel arrive. Pas de persos secondaires (sinon votre sidekick Colette, qui n’a rien de mémorable, qui fait semblant de mourir devant le boss final pour être ressuscitée dans un ending qui n’en a visiblement rien à foutre) et il faut aller de mondes en mondes jusqu’au boss final. Aucune dramaturgie, pas d’ambiance un peu dark, épatante chez les précédents. Queud’. Bon.
Le gameplay est encore fragmenté par une fichue carte du monde. Partout, tout le temps, même dans Paper Mario, probablement bientôt dans Smash Bros, ils en sont capables. Gameplay morcellé donc, sans liant. Le système de combat est complètement bouleversé par ce système de stickers qu’on ramasse partout et qui constituent un « mouvement » à faire pendant un tour. Pas d’expérience donc, tous les combats ne sont qu’une perte de temps – le seul enjeux étant le pognon et on vous douche littéralement de pièces à la fin de chaque niveau. C’EST ABSURDE QUOI. En voulant le simplifier, ils l’ont rendu chiant au mieux, absurde au pire.

Absurde, justement. Le jeu est le machin le moins intuitif que j’ai fait depuis que j’ai réussi à monter ma première convention de stage. Je sais pas par où commencer.
– Dans tout le jeu, vous récoltez des « trucs », des objets qui permettent de résoudre des puzzles. C’est parfois évident, ça l’est parfois pas du tout. Chaque boss demande systématiquement d’avoir le bon « sticker rare ». Problème : si vous le dépensez pour rien, vous devez soit vous retaper tout le chemin dans un autre niveau pour le récupérer et retenter une fois autre part, soit acheter le-dit sticker, et il faudra trouver l’argent. Vous l’avez raté ? Vous pourrez toucher vos fesses pour savoir où il est planqué.

– Le jeu gère mal ses triggers, ne vous dit jamais ce qu’il faut faire et vous laisse en permanence sur le carreau. C’est super étrange pour Nintendo, dont les jeux sont carrés à l’extrême et dont l’invasion des tutoriaux est parfois irritante (et là je pense fort à Dream Team Bros)
– Le boss final est une sorte de best of du non-sens, il demande – encore une fois, littéralement – une liste de courses et une soluce pour avoir un début d’espoir d’être vaincu. Juste avant, il y a Kamek, une vraie petite saloperie qui demande beaucoup trop de chance pour que ce soit fun.
– 
Après avoir fini le jeu, je n’ai toujours pas pigé le timing à avoir avec le marteau.

Donc voilà. L’hallucination. Les musiques sont super cools mais c’est un phénomène qui s’arrête subitement à mi-chemin. Quelqu’un a aspiré toute l’imagination et l’inventivité qui habitait les précédents avec une paille. Non, vraiment, l’histoire de ce jeu est dingue, ils se sont vraiment dit « Non attendez c’est trop bien il faut remédier à ça » en pre-release. Le simplifier l’a rendu un peu con. Forêt, désert, volcan et tout le toutim, c’est plus un hommage rétro à Mario 3 qu’autre chose, mais la franchise Mario est devenu un tapis roulant d’hommages rétro depuis des lustres ALORS HEIN KESKON ATTEND ? Vais-je trouver un hommage rétro à Mario 3 dans mon paquet de Dinausorus ?

FUTILE DRAME PERSONNEL NUMÉRO 2 – SUPER MARIO 3D WORLD (2013)

Ce qui était prévu. Je n’attendais rien de ce jeu. L’intégration du Miiverse semblait intéressante mais j’ai un mal fou à me fasciner pour les jeux traditionnels Mario hors Galaxy. Depuis… depuis ce que nous allons appeler La Grande Ère de Massification des Revivals Pas Originaux (2006-2013) qui culminait avec Mario 3D World, intelligemment nommé car le machin demandait de temps en temps à activer la 3D pour pouvoir résoudre au moins oh la la  deux énigmes dans tout le jeu. J’ai rarement vu un Mario avec si peu d’âme derrière – des bouts de niveaux sans grande intelligence qui se font en pilote automatique – et ça fait bien longtemps que j’étais gavé avec ces différents jeux de plate-forme ultra fragmentés. Damn, Mario Galaxy était comme ça, il avait quand même droit à son hub ! On y joue deux secondes à la PGW, pas grand chose ne change, puis les premières retombées critiques sont là. Elles sont excellentissimes, la presse est unanime, c’est le GOTY alternatif de tout le monde. #bizarre. Puis je commence à y croire, à voir les pubs flashys à la télé, à lire Edge – je cite – critiquer « le jeu le plus next-gen de l’année – bref la HYPE S’INTENSIFIE. Mes parents me demandent ce que je veux pour Noël.
Deux jours plus tard, je me sens comme un gamin trahi par une « cartouche de Noël » qu’il aurait grillé, parce que c’est plus ou moins le sentiment présent.

Il s’avère que j’ai du mal à être aussi enthousiaste sur le soft en général. C’est encore une histoire d’attentes contre la réalité, de jugement objectif contre un jugement subjectif. Avec un vrai media à note, je lui aura foutu huit sur dix, la mort dans l’âme. Pour schématiser le plus possible, je m’attendais à un jeu au level design de fou, au vrai « une grosse idée par niveau » et je me retrouve avec un « encore un jeu mario un peu lamba plus plus ». Ne pas comprendre l’ensemble de la presse internationale est un peu perturbant et du coup, j’ai l’impression d’être comme Dieudonné en plein délirium et prêt à conquérir Israël avec une épée en carton.

Bien sûr que c’est beau. C’est peut être le troisième jeu de la A-Team Nintendo à sortir en HD, alors comprenez, ça nous met encore des étoiles dans les yeux. Seulement voilà, ce n’est pas aussi excellent. Oui, le contenu est très dense (grosse replay value, multi amusant, un très gros tas de niveau et quatre mondes en bonus !) mais il y a cette petite voix dans ma tête qui, quand elle ne me dit pas de tuer des gens ou de dépenser des millions sur Amazon, répétè « es-tu bien sûr de t’amuser, là ? » en boucle. Et j’ai pas attendu le troisième monde pour être d’accord. Le power-up chat est rigolo et assez sassy mais ça pète un peu les collectibles qui demande certains persos avec certains bonus au bon moment pour tout faire. Donc refaire. Hé ouaiiiis Nintendo j’ai lu clair dans ton jeu. Je sais pas, c’est pas fantastiquement maniable, les persos sont un poil lent, tout se fait avec un bouton (encore moins simple avec les WiiMotes) et glider vers sa mort est quelque chose de trop frustrant pour moi – et vous le savez, la frustration et Mario, j’en connais un sacré rayon.
Mais ce « flash » n’est jamais vraiment venu. Forêt-désert-lave-boss etc etc. Les mêmes boss idiots. Un sur deux est bien, cela dit. Mais un sur quatre est une redite de ces un sur deux. C’est compliqué. Il y a bien Harmonie en costume fleur-de-feu, mais cette phrase sonne bizarrement fétichiste.

Alors oui c’est effectivement très next-gen puisqu’on peut taper sur la mablette pour ouvrir des portes, activer deux plateformes et utiliser le miiverse et les tampons qu’on débloque pour faire des dessins où les personnages se pètent dessus ou, quand on est un gars mature comme moi, disent des trucs comme « hashtag le patriarcat » ou « as-tu vu les belles quenouilles ». L’interactivité et le social media c’est bien, et ça nous aura donné un compte Twitter à l’humour très spécial où on voit des gamins poster des messages comme quoi leurs parents adoptif les battent ou quelque chose du genre. Si c’est le truc le plus remarquable que ça nous aura apporté, je sais pas. C’est « encore un autre ». Il n’apporte pas grand chose, c’est un tas de petites idées. Quel est le jeu que j’ai déjà cité deux fois ? Ouaip, Galaxy. C’était le dernier pallier du genre et ça remonte à 2007, quand même ! J’adore le genre de la plateforme mais big N continue juste de s’enfoncer dans ses propres fesses nostagiques et on m’a appris à faire le deuil des bonnes choses passées.

Voyez, deux futiles drames personnels en un an, c’est bien trop. Cela doit cesser. D’un coté, un jeu où ils n’ont avaient rien à foutre, dans l’autre, un truc dont je ne trouve plus le fun. C’est pas évident de se trouver vieux con quand, deux secondes plus tard, tu vas mater ton Kill La Kill hebdomadaire et sa dose de nichons bondissants. Et je n’ai plus de Pringles au Paprika. Haaaaa l’univers me hait. Mais Nintendo hait ses univers, je crois.

(Ps : LOLJAPON #4 sur Le Vent Se Lève et Miyazaki vendredi soir. Je sacrifie mon super chiasme en conclusion pour en faire la pub alors écoutez-le ! Ca va être bien !)

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Morsay rébrale

Pour vous éviter dix minutes de lecture fort laborieuse, je vous invite à directement passer à la dernier phrase de ce post. Bonne journée les amis!

Je suis très en colère contre moi même : je n’ai strictement aucune discipline et, par la même, ces fichues tendances masochistes n’arrivent pas à s’en aller – notez la distanciation. Je continue désespérément à perdre du temps sur des machins que je n’aime pas. Et si, sur internet, on peut se dire que son interlocuteur est pouilleux ou consanguin, quand il s’agit du fabuleux petit monde des médias, ce n’est plus une excuse pertinente, là où les grosses légumes et les magnats du pétrole règnent en maître. Vous aurez peut être déjà deviné que je veux parler du créneau qu’on trouve sur Canal +, de 19 à 21 heures, en semaine. Vous savez quoi? Ne nommons pas cette émission. On va juste l’appeler « le fap ». Un acronyme Fort A Propos pour une quotidienne qui aime bien se toucher.

Et vous savez quoi? Je suis déjà fatigué d’en parler. Beaucoup d’entre vous auront compris et sont déjà la à se tenir la tête en pensant « pourquoiiii, Concombre, on passait une si belle journée ». Le fait est que nous sommes beaucoup à rentrer de nos diverses activités pour directement tomber sur le Grand Fap, pour peu qu’on allume le poste sur la quatrième chaîne. C’est sa neuvième saison, il est vrai et à chaque rentrée, le fap polarise toujours autant les spectateurs. J’en ai déjà rapidement parlé il y a deux ans – pour en pondre les mêmes idées – et, à chaque premiers jours de la rentrée tv, nous sommes là à tenter de vaguement ignorer le sujet sur Twitter, mais à quand même mater ça une ou deux fois pour voir s’il y a eu des changements. En fait, je vais vous expliquer pourquoi ce talk show me fout le bourdon au pire, m’énerve au mieux – et on va procéder de manière linéaire. En gros, il est 18 heures 50, nous venons de voir le JT (et cette voix off volontairement traînante qui pense être ironique quand elle est juste pénible) et voilà, le Grand Fap commence.

Chris Esquerre et son air coquin viennent aérer tout ça ~~~

Procédons chronologiquement. La toute première phase de cette émission reste le « hot topic ». Le sujet brûlant d’actualité de la journée, rarement autre chose que les unes du matin. Parfois, il s’est passé quelque chose dans l’après midi et on dépêche des spécialistes génériques pour en parler. Soit. Le problème est que ça ne vend pas particulièrement de rêve (et croyez que c’est un réel problème dans la profession et dans le journalisme en général) : ce sujet est soit déprimant par définition, soit totalement imbuvable parce que c’est précisément ce dont on a soupé dans le flux d’actualité les huit heures auparavant. Le premier cas est particulièrement pénible, c’est un long moment à passer – le Grand Fap a cette manie maboule d’inviter des « soeurs/femmes/maris/victimes/femmes de victimes » pour… aller, pas « stigmatiser » car c’est un vrai mot de connard mais rien qui fasse avancer le bouzin en question. Il n’y a rien à apprendre, ce n’est pas particulièrement sensationnel – et heureusement – mais l’ambiance est lourde et chaque intervention fait pénible, surfaite. On sent la tristesse dans le visage des brunettes systématiquement placées derrière Michel Denifap, elles qui pensaient passer un bon moment. Pas de faits, seulement des « témoignages », des visages tristes et déjà une folle envie de mater un épisode du Docteur Cac à la place. Mais soit, show must go on.

D’ailleurs, l’équipe, parlons-en. Michel est là depuis le début. Sa carrière est longue, pleine de bons choix et de réussites. C’est bien, c’est frais, c’est fou mais le personnage n’est plus vraiment… sympathique. On sent les émanations de l’homme voulant tout contrôler dans sa production et c’est un poil pénible; quand bien même il tente de s’en moquer (les petites intros, nécessaires…?) ça ne marche pas parce que ce n’est pas drôle. D’ailleurs, l’arrivée de Daphné Fapki dans le Grand Fap était particulièrement attendue – les amateurs de l’Édition Spéciale la connaissent bien. Elle y incarnait un personnage dinguodingue, vrai petit topos chez Canal Fap, pas gênant ici, au contraire, souvent sincère et drôle. On avait juste peur qu’elle s’enferme dans ce rôle de fille qui dégaine sa fursuit de chat toutes les deux émissions et… ce n’est… plus vraiment le cas? Le vrai problème est ailleurs : sa dynamique de duo avec le Michel est désastreuse on en sent une vraie envie d’exister chez cette fille – rigoler grassement à chaque phrase prononcée n’est pas une bonne manière de se faire voir, surtout quand on a été sérieux business pendant la première partie, à croire qu’il y a un bouton on-off quelque part. Le Grand Fap rendrait Daphné presque fatigante et c’est une contre performance qui me rend fort marri. Bouuuh. Le reste de l’équipe n’est pas dénué de compétences : les analyses de Bruno Donnet sont délicieuses (mais toujours ignorées, ce mec doit avoir un sang-froid à tout rompre) et Augustin Trapenard a, en plus d’une classe sans égale quand il se tripote les bretelles – une pertinence rare et une propension à bien taper là il ou devrait. En gros, il a du charisme et il fait ce qu’on attend de lui, le rôle « Baddou » est assuré un peu plus nerveusement. Je ne peux pas vraiment dire du mal de Jean Michel Apathie du haut de mon statut d’étudiant branleur d’une petite vingtaine d’années mais il m’est pénible de voir quelqu’un avoir un avis sur tout, du foot à la copie privée…

MAIS ce casting subit parfois une… rhétorique de l’échange qui manque de sincérité. Problématique intéressante : caser les invités à coté d’un intervenant régulier. Peut être pour créer une interaction, un dialogue? Peut être pour cesser ces séquences déprimantes où deux personnes aux idéologies opposées sont obligées de débiner leur pensée en baissant les yeux, c’est humiliant pour tout le monde et ça devient plus un ping pong mental qu’un talk show, on ne se pose pas décemment devant un dialogue passif agressif, mais soit, c’est la politique. Tout ça manque juste de spontanéité et échange il n’y a jamais, juste des discours pré-construits. Pas digeste.

Après arrive le moment qui culmine toute cette tristerie, le truc avec les marionnettes là. C’est bon, ce n’est plus drôle depuis déjà cinq ou six ans et c’est bien la seule chose en ce bas monde qui veillit moins bien que l’ère moderne Simpsons. Inutile de s’appesantir sur une descente qu’on pressent tous depuis des années, juste souligner qu’en deux trois émissions matées en six semaines tous les runnings gags de la saison étaient déjà palpables, la prince il te dit que c’est pas drôle alors tu arrêtes et tu essaie de ne pas embaucher tes auteurs dans Menu W9. J’aime bien Benjamin Morgaine mais je n’aime pas boire du Nestea après une rondelle de saucisson, mmh mmh?

Pendant ce temps…

Nouveau sur Nolife : la sitcom « Concombre est parti pisser » (ou alors j’étais à la bourre, comme souvent)

Retour plateau, météo étrange – la culture du sketch a tellement envahi cet instant, pourtant tout con, de l’émission que la visée de base n’est plus respectée. Parfois, on ne peut pas savoir le temps qu’il fait, la fille fait son show et n’évoque pas la moindre carte ou température. Ou carte vierge. Troublant. Voilà déjà l’heure duPetit Fapet nouvelle problématique en vue. Yann Barthes est quelqu’un de fondamentalement sympa, son histoire et sa progression à travers ce support sont admirables mais il faut se poser quelques questions – vous savez sans doute que la feud avec Mélenchon et les problèmes rencontrés par l’équipe à renouveler des cartes de presse sont les deux points soulevés par les autres médias en 2012 – cette balance entre journalisme et divertissement devient effectivement trop déséquilibrée. Ça a probablement toujours été le cas mais on rentre dans des sphères systématiques, c’est pénible (ou alors, je commence peut être à grandir, hourra)

L’équipe de Yann fait preuve de moins en moins de créativité. Après des pépites « suédées » pendant la présidentielle, on sent maintenant que la moindre bonne idée va être spammée jusqu’à asphyxie (Oui, Julie Lescaut mange du jambon c’est bien drôle hahaha non attendez ils le font cinq fois par séquence et tous les jours) et que l’identité du genre reste… peu évidente à cerner. La question est : jusqu’où peut-on transmettre l’information? Est-elle pertinente? C’est bien beau de voir tous ces métalleux montrer leurs cul (visiblement la cause alpha dans ces problèmes de cartes) mais l’intégralité de ces sujets consistent à chercher la petite bête et à démontrer chaque petite manœuvre de communication chez les uns et chez les autres. Certes, mais c’est à double-sens : chaque pique est également applicable au Petit Fap, de facto. Ma sympathie pour l’émission commence franchement à s’étioler et c’est un peu rapide après une saison – n’est pas Jon Stewart qui veut, décidément – et je passe mon tour sur cet humour forcé, mal assuré et pas toujours super subtil.

Revenons à notre graaand fap après une page de pub qui rendrait dingue n’importe quel homme sain – deux réclames, toujours les mêmes, en boucle, overdose de C2C – et passage à la case « légère », décontractée, où le Michel et la Daphné sont cote à cote. Il n’y a plus personne pour «  » »incarner la pop culture » » » alors on adopte un format, il est vrai, très US – faire intervenir un live et très rarement y revenir après. Oui et non : cela gagne en rythme et perd en légitimité de la séquence ; Veut-on vraiment faire du bon groupe un bête objet prêt à faire un live pour la moindre caresse? N’y a-t-il vraiment plus de spécialiste pour faire l’interlocuteur et avoir une vraie culture musicale, quelque chose qui dépasserait les habituels épithètes Denisiens à la « le plus grand X du monde? » allez quoi. Et cette identité musicale que Canal revendique tant? C’est vrai qu’ils relayent quelques trouvailles de la presse spécialisée mais bon dieu ce qu’ils ont cette fâcheuse tendance à être monomaniaques et à déborder – un Coming Next se retrouvera bien vite dans un film produit par la même chaîne (Polisse avec Breakbot et Keeds, c’est voyant à mort) alors un peu d’ouverture s’il vous plaît. Soyons courtois. L’inceste musical est une notion anxiogène.

Le drame continue : la deuxième partie est construite autour d’une succession d’humoristes qui prennent le relais sur toute la semaine, ala Edition Spéciale des débuts. C’est d’ailleurs sur cet horaire qu’on retrouve le grand, le fabuleux Chris Esquerre… qui perd totalement de sa superbe en recyclant mot pour mot, phrase pour phrase et avec la même intonation ses vannes d’il y a quatre ans. Le Pince-Sans-Rire et la répétition ne sont pas compatibles, hey. Puis y’a Sébastien Thoen qui roule bien moins efficacement sans l’hilarant Action Discrète. Stéphane Bak est porté disparu et c’est très bien. Je comprends les interventions de Kamel le magicien comme j’aime les gnocchis – pas vraiment. Tout ça amène un gloubi boulga d’humour péremptoire* qui me rend cynique. Ultime coup au moral avec « Sophie et Sophie » qui réussit le contre-exploit d’être au niveau de « La Vie Des Jeunes » – pourquoi ne pas saisir qu’on ne peut pas faire quelque chose avec des personnages insupportables par défaut? Est-ce nous prendre pour des sadiques? Est-ce qu’on est drôle parce qu’on hurle? Enfin, dernière séquence où on retrouve la team de 10 minutes à pe… non, vraiment, vous connaissez déjà mon avis sur les sphères populaires qui se croisent. Là, c’était juste prévisible. Déprime.

Hé oui je suis en direct d’un post où les illustrations n’ont rien à voir

Bre- EN CONCLUSION, cette émission m’a gavé en peu de temps. Les changements dépassent certes le cosmétique mais le problème réside toujours dans le fond. Je préfère lire le Monde en ligne ou feuilleter les Inrocks, Technikart et consorts dans le bus. Si je suis disponible à cette heure là, j’essaie plutôt de lire un truc, d’avancer dans mes recherches où de rédiger une lettre de motivation. Ou de faire un peu de vélo d’appartement, tiens. Ça enraye le pouvoir bedonnant de la bière.

En gros, matez donc le Saturday Night Live, tellement moins éreintant

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