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Onze questions à un profane

Les aminches ! En Mai, c’est Quartier Libre. Pour moi c’est révisions et vous aurez l’occasion de publier vos propres bêtises. Le prochain post, j’explique ça et juste après on fera un petit truc participatif et simple. Vous avez une idée? Gardez là pour dans pas longtemps.

Bon, ok, je ne suis plus vraiment un otaque. C’est pas grave, c’est pas une maladie ou une fatalité. J’en vois qui font du pathos 24/7 parce qu’il n’ont plus la « passion » – mais comme disait une copine, elle se transfère, elle peut revenir à tout moment. Il n’empêche que je suis toujours les japoniaiseries de cette période phare de mes années fac (comprenez dans les 2009/2010) et que ces séries ne perdent pas en qualité. Tout ça représente une période rigolote dans ma vie mais derrière moi néanmoins – il faudra que je fasse ce post sur « comment l’otakusphère se fait mal voir » – mais bref, j’ai été taggué par Corti dans un lieu commun du blogging : répondre à des questions et répandre la bonne parole. Bon, d’habitude, ce genre de procédé est pas mon truc, mais là au moins on à un angle – je n’y connais plus grand chose. Ça devrait être rigolo de me voir me dépêtrer dans des périphrases en me faisant parler de notions auxquelles je ne comprends plus grand chose. Alors, en gras, les questions de Corti (puceau de formation – je n’y crois pas un instant mon gars ! C’est un sex-symbol ce mec !) et juste après, votre serviteur qui répond.

– Si tu devais choisir entre anime et mangas et ce de manière définitive, lequel d’entre eux choisirais-tu ? Et pourquoi ?
Ooooh. Ça dépends de pas mal de choses. L’anime a tous les avantages du dématérialisé, il est moins cher, prends moins de place, il se mate bien au fond du lit pendant que ta cops rage nerveusement en tentant de dormir. C’est quand même plus immersif mais ça peut parfois se mater en pilote automatique, sans démarche volontaire derrière. Et quand bien même j’adore mater des séries et des animes quand le contexte s’y prête, tu sais que tu ouvres un manga pour y prendre du plaisir, y’a une démarche plus puissante derrière.  C’est difficile comme question parce que je lis pas mal de manga dont l’adaptation en anime est de qualité équivalente… mais à choisir définitivement, ce serait manga. Ça fait très péteux comme réponse, ça sent le « oui, tu vois, moi j’aime le livre, humer les pages et respirer l’encre » mais faut croire que c’est le support qui a une meilleure durée de vie chez moi.

– Quel est ton souvenir le plus marquant d’anime/manga ?
T’sais quand on parle de moi on te dira toujours les mêmes choses : « bicolore », « débauche » ou « Soul Eater ». C’est pas nouveau. J’ai, comme tout le monde, maté pas mal de trucs dans ma prime jeunesse pour passer le petit déjeuner et ce sans avoir aucune idée qu’il pouvait y avoir tout une culture et une actualité derrière (et des communautés, et des magazines de chie, etc). J’ai découvert circa 2008 qu’il y avait tout une niche culturelle à creuser, on m’a parlé d’Haruhi Suzumiya, ça m’a fatigué en deux-deux puis j’ai maté quelques animes dont cette adaptation de manga assez moyen qui a donné un bon anime. Le contexte s’y prêtait, il y a eu un coup de cœur sur les persos et l’univers en général. En revanche, en terme de « vrai truc marquant », Haibane Renmei alias Les Ailes Grises serait mon petit chouchou. C’est mon unique 10/10 dans My Anime List, et en bon nazi des chiffres, ça a une signification. Regardez le. Il a une puissance émotionnelle rare. LES ÉMOTIONS T’ENTENDS ! LES POLYGONES !

– Est-ce que tu penses que tout le temps que tu as passé à lire manga ou regarder des animes aurais pu être utilisé de manière plus « intelligente » ?
Très probablement mais si on commence à admettre un truc pareil, c’est plusieurs années de vie en cumulé qui s’en vont donc non, pas terrible. Y’a pas de gradation à faire entre les mangasses (oui, je dis « les mangasses », j’imagine que ça a la même portée profane que le mot « geek ») et les films, jeux ou que sais-je. Je vais pas culpabiliser parce que je vais souvent au cinéma, surtout avec le coût démentiel que demande la carte illimitée. J’estime avoir maté pas mal d’animes qui apportent des éléments intéressants en termes de fiction, de narration et d’idées, et j’aurais pu m’abstenir pour d’autres. Soyons honnêtes, sans avoir perdu du temps à voir tout ça (il en faut du temps pour lire 80 tomes de Détective Conan) j’aurais surement glandé sur Tv Tropes. Donc tout va bien. Ça n’a jamais empêché de faire ce que je voulais en parallèle.

– Yoko Kanno, plagieuse de génie ?
Du coup, voilà, je ne saisis pas la profondeur de la question. Comme beaucoup, je sais qu’elle a composé Tank ! (on va y revenir) mais je ne sais pas pourquoi tu parles de plagiat. Du coup, je vais vous rappeler la recette des crêpes. C’est pas difficile : vous prenez un gros paquet de farine, deux œufs, du lait, hop hop hop on mélange tout doucement pour éviter les grumeaux, on rajoute un peu de flotte et un brin d’alcool, on fait reposer la pâte une heure et c’est parti pour la séquence crêpe, gage de convivialité et de bonne humeur.
(…) Donc après m’être renseigné sur tout ça à force de clics, ton affirmation semble avérée. C’est dommage, je partais avec un bon présupposé sur elle. Rien de plus insultant que le plagiat – je pense à Macé-Scaron, le journaliste le plus choupi du monde, dont on entends plus parler depuis dix huit mois à cause de ça. Le génie, je ne sais pas, comme disait Flaubert, n’importe quel péquin peut s’approprier un texte. J’aime pas Flaubert, mais ça c’est une autre histoire. Bref. On est pas bien avancés.

– Si tu devais conseiller une série à ton pire ennemi, ça serait laquelle ? Pourquoi ?
J’en ai déjà parlé mais « Drainage City » est un manga eroguro impossible à mater sans subir une combustion spontanée rétinienne mais c’est un peu tricher (ne cherchez pas, c’est Not Safe For Mind) et si je devais me demander quels sont les pires trucs que j’ai lu ou vu jusque ici, deux contenders me viennent immédiatement à l’esprit. D’une part, le fameux K-On. Pas méchant, juste un peu neuneu et sans intérêt. En deuxième position, Spice And Wolf, juste chiant. Rien d’autre. Pas intéressant, pas palpitant, chiant. Mon coup de pute ultime serait Battle Royale. C’est même pas une question de « scénario malsain », disons que c’est la prolongation de ce qu’on peut aimer voir dans ces plots survivalistes. C’est pas si difficile à assumer. En revanche, c’est moche, gratuit, moche, laid, moche. Évidemment qu’un univers pareil n’est pas sensé sentir la rose mais je trouve ça incongru de mettre du sexe dans du contexte pareil, surtout pour le voir si peu consentant et douloureux. Je conseillerais à mon pire ennemi de le lire avec un stroboscope d’ailleurs, et il le ferait. Normal, c’est mon pire ennemi, il est très très con.

– Penses-tu avoir le courage de te taper PGSM en entier un jour ?
PGSM. PGSM… Google est mon ami. Paris Graduate School of Mathematical Sciences… Sailor Moon. Par le pouvoir de la lune, tout ça. Non. Malheureusement, je m’en fiche. J’ai du mater trois secondes quelque part sur M6 puis je suis directement passé dans le Fandom Yugioh. Je ne comprenais pas trop le concept de Magical Girl puis je me suis maté le premier épisode de Panty et Stocking, j’ai eu une révélation. Une grosse révélation. Mater ça à mon âge serait un peu gênant. Je préfère Bob l’Éponge.

– Niveau consommation, es-tu plutôt du genre à bouffer à tous les râteliers pour trouver ta dose, du genre à être très éclectique, ou plutôt élitiste qui ne consomme que peu mais que du bon ? D’ailleurs, comment te décides-tu à commencer une œuvre ?
C’est vrai, je suis élitiste. Je n’aime pas me la jouer « curieux » pour tenter de dénicher des bonnes surprises. Je n’aime pas l’admettre mais c’est comme ça – je ne joue qu’à des bons jeux, tous les films que je vais voir me plaisent, etc. Je préfère ne pas parler musique sur ce coup là. Je suis sincèrement convaincu qu’il y a de mauvais animes, que certaines productions dévalorisent leurs spectateurs, qu’il y a un paquet moyen et un haut du panier. Donc je m’efforce de mater peu, de mater bien et je suppose que ça rentre dans ta définition de l’élitisme. Du moment que ça ne fait pas de moi un connard au quotidien (j’espère bien!) je ne le prends pas mal. D’ailleurs, ton choix de mot « consommation » est intéressant, ça part du principe qu’une lecture est par définition automatique, industrielle…

– Quelle est ta série ULTIME, celle pour qui tu serais capable de tuer père, mère, fils, fille et petits-enfants ainsi que des chatons et autres animaux domestiques afin de pouvoir en profiter jusqu’à la fin de tes jours ? Et elle a quoi de bien ?
Cowboy Bebop. C’est probablement un lieu commun dans « les conseils » de l’animation, il y a peut être mieux mais c’est une excellente façon de faire découvrir le genre à n’importe qui. Ce générique de fous – composé par Yoko Kanno (ou plein d’autres gens derrière, visiblement) cet histoire futuro-bordelpunk qui adopte une thématique et un genre par épisode, de très très bons personnages, une esthétique poussée et un anime qui retombe sur ses pattes, encore spoilable aujourd’hui. Certains épisodes sont cultes – ils le sont tous mais j’ai une petite préférence pour « Mushroom Samba » et « Toys In The Attic ». Il faut vraiment se débarrasser du présupposé « japonais » pour le vendre aux pires récalcitrants mais hé, notre rôle n’est pas d’adopter une démarche messianique. Si je ne devais en garder qu’une, ce serait celle-là.

– Ton avis sur le fait que les éditeurs arrêtent des séries en cours de route ?
C’est chiant mais c’est comme ça. On ne va pas essorer jusqu’au bout une série qui représente un manque à gagner. Le meilleur exemple qui me vient en tête est l’édition très anarchique des Sayonara Prof. Désespoir – une série aussi intelligente que rigolote, mais qui ne peut pas parler à grand monde. Les séries peu efficaces ne peuvent pas survivre pour notre bon plaisir et je doute que le crownfunding et autres puisse y faire grand chose. Des solutions existent (en l’occurrence, l’édition anglophone, ou Tokyopop… AH NON OUPS). Bon, je deale avec. J’ai la chance de commencer des séries à succès, généralement.

– Si le Japon finit par interdire l’affichage des petites culottes dans les animes/manga, tu fais quoi ?
Rien. Au contraire, ça m’énerve. Les pantsu shots me gavent. J’ai l’impression d’être pris pour un crétin libidineux et ça me retourne qu’un bout de tissu puisse faire partie d’un cahier des charges. Ça me rappelle qu’il y a tout un paquet d’otakes « extrêmes », pour qui le genre opposé est un vague fantasme, et c’est un brin déprimant. J’aime bien le mystère, mais ce n’est pas la même chose que la suggestion. On peut tout à prendre des culottes dans la vie de tout les jours et les retirer à des personnes consentantes. Alors qu’est-ce qu’on attend? Peut être que le niveau globale de la fiction japoniaisante n’en serait qu’améliorer. De toute, c’est comme les virées au Kawaii Café : plus elles sont espacées, plus elles sont délicieuses.
Ne prenez pas ce proverbe neuneu pour argent comptant partout quand même.

– Le hentaï, univers dangereux ou fabuleux ?
Laissez moi dire OLOL mon bon monsieur Corti, le hentai c’est toi, c’est moi, c’est la vie, sans pr0n nous ne sommes plus rien. (Cf la réponse précédente, de toute évidence) le hentaï, terre de contrastes, vaste miasme de fétiches où le vanilla côtoie la hardcore. Sans le hentaï, nous sommes comme réduits de moitié. C’est ce qui me reliera à jamais dans le monde otaku. VIVE LE HENTAI.

Je sais que je suis sensé tagger des gens mais non car non.

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