Tag Archives: cinéma

Bordelpunk

Ce début d’année, complètement emporté par les perspectives pécuniaires qu’offraient mon premier stage (j’ai presque gagné 400 balles en deux mois !!!!) je me suis offert une folie et j’ai complètement annihilé cette rentrée d’argent en faisant ce que j’ai retardé depuis toujours : me payer une carte UGC. En solo, vous rentabilisez au troisième film par mois (simple quoi) et le rapport tombe un poil plus bas si vous prenez une duo et que vous vous y tenez en couple. Et même si, chaque mois, vous constatez avec tristesse ce retrait automatique, comme une sensation de prêt étudiant contracté, ce sentiment de puissance quand vous retirez une, voir deux places sans rien faire est fantastique. Mieux : ça pousse à la curiosité, on fait des découvertes en se disant « Bon, de toute, j’ai un engagement, autant le rentabiliser ». Un mode de pensée que je recommande, et si ça vous fait voir des merdes, tant pis, au moins vous saurez pourquoi c’était des merdes.

Jakazure Nonon, marraine de ce top, ma nouvelle waifu, parce queeeeee

Avec Smaug, Frozen et Wall Street, j‘aurais vu 44 films en 2013. Plein d’américains, quelques français, un argentin, un espagnol, un coréen, un américano-luxembourgo-israélo-polonais et même un suédois, ce qui prouve chez moi une ouverture d’esprit démentielle – y’a qu’à voir mes tops des années précédentes. Alors justement, encore une fois, je vais prendre les films qui m’auront particulièrement plu (je vais pas faire un top de tous les films car on va pas s’en sortir, même si c’est un panel qui parcourt tout le spectre qualitatif ; Et je vous les pitche. On fait ça ? On fait ça.

13) La Maison de la Radio
In bed with Radio France.
Un petit documentaire qui a discrètement circulé dans les salles vers avril. Aucune voix-off, aucun argument de ton, la caméra se balade de salles en salles dans l’immense immeuble place du président Kennedy. Des petites storylines, le stagiaire qui apprend à faire un speak, le CDI qui le refait cinquante fois, les deux nanas qui enregistrent une saga audio mais qui galèrent avec les effets sonores, l’orchestre en bas qui s’active, le live de nuit… ça me touche car la radio fait partie de mon projet pro mais n’importe quel profane pourra passer un bon moment devant. C’est même un poil trop court pour ses deux petites heures… bref, une grande fourmilière passionnante à observer.

12) The Bling Ring.
First World Problems (en prison), le film. Contrairement à beaucoup d’entre vous, j’aime bien Sofia Coppola. J’aime bien la BO de ses films, même si celle de The Bling Ring n’est pas particulièrement marquante, même si elle commence avec les Sleigh Bells et se termine avec Phoenix (mais quand on est la copine de Thomas Mars, c’est pas difficile) – et j’aime bien cette « culture du vide » qui habite The Bling Ring. Ses personnages abrutis, cette dimension loin de tout, cette histoire complètement loufoque d’ados qui dévalisent tout Beverly Hills (adaptée d’un article de Vanity Fair, de mémoire) de manière super froide et « panurgesque ». C’est surréalise, ça ne veut pas dire grand chose, c’est aussitôt oublié, c’est LOL dans le bon sens, j’ai bien aimé, c’est un peu inexplicable.

11) Casse-Tête Chinois
C’est toujours le bordel dans la vie de Xavier.
Jusqu’à voir l’affiche du film il y a trois semaines, je pensais encore que c’était un mythe, mais non. Le troisième volet de la trilogie-Erasmus est d’autant plus dingue quand on le mate à 23 ans, soit grosso modo l’âge de Xavier dans l’Auberge Espagnole. C’est un troisième film un peu gratuit, on s’en rend compte qu’on pourrait faire chaque décennie de sa vie comme ça mais c’est un film qui se regarde avec pas mal de bonheur. Quelques hommages, du fanservice, des fils rouges… On revient à une structure simple, on reste à New-York et on n’y décolle pas, on fout une vraie bonne BO derrière et c’est parti. Des histoires toutes simples qui veulent raconter l’histoire super compliquée d’un mec, de ses cinquante nanas et gosses. Il n’a pas réellement progressé dans sa vie, mais au moins, c’est un gros feel-good movie qui nous rappelle que, parfois, la vie nous fait caca dessus. Beaucoup d’humour, un esprit « grande pomme » que j’adore, une bonne BO (emphase) et yaddah yaddah. « Mais enfin Martine, c’est ma bite ça. »
Donc voilà, dans la catégorie « Tautou et Duris sortent ensemble », Casse-Tête Chinois était le meilleur film. J’avais un peu plus d’espérances pour l’Ecume des Jours.

*voix de crécelle*

10) Snowpiercer
Tchou tchou !
Ce film, adapté d’une BD française, est un melting-pot d’idées visuelles vraiment séduisantes. Pour faire simple, l’humanité est plongée dans une nouvelle ère glacière et les seuls survivants sont à bord d’un énorme train qui fait un immense cercle perpétuel à travers les restes. C’est déjà pas mal mais il faut ajouter l’élement-killer : les compartiments du train trahissent les strates sociales de ce groupe d’individus, plus on est au fond, plus on appartient à la plèbe. Les « queutards » du trains sont en quasi-servitude. Un groupe d’entre eux vont donc fomenter une révolte, le traverser et piger le terrible secret derrière tout ça. Bon, il y a ce postulat efficace MAIS AUSSI un tas d’idées sur la construction et les codes de cet univers. C’était tout ce qu’on demande, et même si la fin est cliché à mort et que l’ensemble respire les tropes déjà vus et prévisibles, ça envoie pas mal de choses dans les mirettes. C’est un film qu’on aime regarder pour sa « traversée » entre les wagons, où tout devient plus vain, facile, artificiel, épuré… et pour une Alison Pill avec une énième coiffure dingue. Tout ce qui devait être exploité l’a été, une hypothétique suite paraît pas nécessaire. 

9) Highjacking
Un rafiot se fait aborder par des pirates somaliens, son employeur est un peu trop pragmatique.
J’aime tout particulièrement ce genre de film très « étroit ». J’entends par là des espaces réduits, une caméra qui bouge peu, qui prend le risque – ou l’économie de moyens – de rester dans un espace très clos, limite claustropobe. Par exemple, j’aimais bien Phone Game, qui n’a peut être rien d’un grand film mais qui faisait son micro-effet à l’époque. Ici, on suit l’histoire d’un cuistot qui va être pris en otage pour longtemps, loooongtemps. Au bout d’un moment, le syndrome de Stockholm (*rires du public*) va commencer à apparaître, il va y avoir des déceptions, des fausses joies, etc etc jusqu’à une fin cynique +++. De l’autre coté du front, le patron du rafiot, un mec incroyablement froid et posé, qui négocie à distance avec les pirates, petit à petit, à pas de velours. Au final, presque tout le monde aura ce qu’il voudra mais, MAIS. C’est à voir, ça sort un peu de l’ordinaire, c’est vraiment pas mal et y’a le « pistolet de Chekhov » le plus chanmé de l’année.

8) Gravity
L’univers déteste Sandra Bullock.
L’histoire est simplissime : Bullock et Clooney sont dans l’espace, dérivent et tentent de rentrer sur Terre, c’est aussi con que ça. Le truc c’est qu’on parle de Cuaron, le meilleur chaînon de la saga Harry Potter, mais aussi l’auteur du démentiel Les Fils de l’Homme. Un mec qui aime les plans-séquence et ça tombe bien, Gravity commence avec un vrai oner d’un quart d’heure, qui va partout, qui gravite autour de cette station spatiale jusqu’à ce que les emmerdes commencent. C’est un vrai film-concept, fantastique sur le grand écran, sa valeur sera divisée sur une télé. Faut donc le mater tant qu’il est temps et en 3D svp. Ouaip, l’assombrissement n’est pas un vrai problème et le film a visiblement été conçu pour ça. Je le place si « haut » car malgré son «  » » »minimalisme » » » », c’est la première fois depuis longtemps que je me suis dit que je n’avais pas vu un truc comme ça. Clooney n’est pas un perso très intéressant (ce n’est pas un perso, c’est Clooney qui fait le malin), son attitude paternaliste est gentiment chiante – truc que je n’aurais jamais perçu un an avant -, Bullock qui aboie c’était un peu étrange mais s’eut été ridicule dans n’importe quel autre contexte. Il FAUT voir Gravity, parce que sensations inédites DANS L’ESPACE.

Comme un chef

Comme un chef

7) Quai d’Orsay
D̶o̶m̶i̶n̶i̶q̶u̶e̶ ̶d̶e̶ ̶V̶i̶l̶l̶e̶p̶i̶n̶ Alexandre Taillard de Vorms est un gars impossible à suivre.
Quai d’Orsay est un film drôle. Genre vraiment drôle. Ça m’a donné envie de lire la BD qui, j’en suis sûr, aborde les choses différemment (il me paraît évident que la copine du protagoniste ne peut pas suivre ce mec qui se transforme peu à peu selon cet environnement schtarbé). J’arrête de parler en crypté : on suit les tribulations d’un nouveau conseiller de pas-Villepin, à une époque qui ressemble trop fortement à son discours de l’ONU sur le véto français. Ce film est bien fichu, bien monté, bien articulé, Thierry Lermitte est impeccable, le premier rôle a une belle gueule parfaite – et tout le monde l’est tout autant. J’ose espérer – en seul Villepiniste de France, rappelons-le – qu’il était vraiment comme ça au quotidien. Des gags assez subtils, ce lieu commun « Brazil » du straight man qui plonge dans le terrier du lapin blanc qui marche à chaque fois. Vraiment, une excellente surprise.

6) Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde
Cinq copains refont le barathon de leur jeunesse et le monde se désagrège autour d’eux.
Je me suis déjà fendu d’une critique complète. Le top cinq !

5) Hapiness Therapy
Jennifer Lawrence et Bradley Cooper ne sont pas bien dans leurs têtes.
Ce film a fait gagner un oscar-surprise à Jennifer Lawrence. Ayant vu le film autour des Oscars, je n’osais pas y croire et il est tombé. Jennifer Lawrence y joue cinquante fois mieux que dans Hunger Games, surtout dans Catching Fire, c’est fou. C’est pas du tout la même nana. Bradley Cooper est impeccable en mec complètement paumé, un peu psychotique. Dans les faits, c’est une petite histoire toute mignonne en Amérique pas-fascinante-pas-super-sexy mais c’est un film super constant, assez mignon, assez touchant (sans aborder des thématiques trop graves façon Le Monde De Charlie) je ne sais pas moi même pourquoi je le mets aussi haut, il m’a laissé un sacré bon souvenir. 

4) Inside Llewin Davis
Llewin Davis ne sait pas où dormir ce soir (et le chat s’est encore barré) LES COHEN BROS ONT ENCORE FRAPPE ! J’ai pas mal préféré ça à True Grit qui était déjà réussi dans son genre. On garde les mêmes lieux communs : un esprit très américain hobo, rural, un esprit un peu barré… ici, les tribulations d’un Folksinger de New York, un peu enfermé dans son monde, qui vivote de canapés en canapés dans un microcosme un peu étrange, de bars pourris en bars pourris… j’aime beaucoup ce film car il raconte l’histoire d’un mec obsédé par la réussite des autres. Lui vit au jour le jour, se lance dans des aventures improbables (je ne pourrais pas faire cet aller-retour Boston-NY comme ça) et revient au strict point de départ, après le conclusion du film et une sacrée « guest-star ». Rien de particulier, pas d’artifices, peut-être le moins tendu et « pétaradant » des frères, mais encore une fois un paquet de bons sentiments. J’étais fantastiquement nauséeux en début de séance, le film m’a guéri. D’habitude, je n’aime pas voir les gens chanter, ça n’a jamais posé problème ici. C’est même un élément de caractérisation – voir ce personnage faire de très mauvais choix dans la vie, par exemple abandonner des droits d’auteur pour avoir un peu d’argent pour manger ce soir, est assez rigolo. Vous allez passez le film à vous demander « Mais c’était Justin Timberlake ou pas ? »

3) Le Vent Se Lève
Jiro fait des avions.
Le prochain et « dernier » Miyazaki, selon Miyazaki. Surprise ! C’est un excellent film. Il est même un poil différent des dernières productions du maître puisque c’est probablement l’oeuvre la plus « adulte » du lot. Je dis ça car elle déroule l’histoire d’un adulte accompli, qui va avoir une histoire d’amour adulte – très japonaise, très années 40 mais une histoire d’amour tout de même – des gens vont se tenir la main sous la couette et nous allons tous fondre d’amour. Quelques cascades formelles : Hideaki Anno – monsieur Evangelion – peine à masquer son intonation de vieillard, ce qui passe pas trop sur un adolescent – et des effets sonores faits à la bouche. On voit des avions décoller en faisant « prout prout prout » et ça n’a pas fini de me faire rire parce que je suis quelqu’un de très mature. Des scènes d’apocalypse, le fameux tremblement de terre, toujours un subtil mélange entre réalité et fantasie, une bromance entre ingénieurs et un film divisé en deux parties. La première, un Aviator moins chiant où on suit le parcours du mec qui a sorti le Japon de sa torpeur avionnesque, puis on se focalise sur sa rencontre avec une petite pépé, un peu de background historique – pas le moindre argument de ton sur l’histoire japonaise, alors pas très heureuse. Jiro est un grand rêveur idéaliste qui n’aime pas trop le concept de bombes sur ses modèles, c’est tout. Très beau, très touchant, mature, si c’est la dernière, c’est parfait. Cassedédi à l’allemand au gros nez.

2) Cloud Atlas
Six storylines frappadingues qui se croisent. Pourquoi si haut ? Parce que ce film, dans une moindre mesure, c’est SnowPiercer mais en six fois. On ne comprend pas bien l’histoire de cette « cartographie des nuages », sinon que tout est lié etc etc. Six univers, six histoires, six identités visuelles, Ben Wishaw se supprime dans les cinq premières minutes (je suis en concurrence avec lui, c’est une longue histoire) et bra bra bra on y va pour un sacré bordel de références, de codes, d’intertextualité et de zapping interdimensionnel. Ca dure quinze heures, ça donne l’impression de durer quinze minutes, c’est à peu près quinze fois mieux que Speed Racer. Comme je l’ai déjà dit quinze fois dans ce post : c’est beau. C’est très bordélique. Il faut un peu remettre les choses dans l’ordre et à leur place pour comprendre, ça s’apprécie tout aussi bien individuellement, c’est profond sur plein de niveaux et c’est un parfait produit de la pop culture des dix dernières années. Tant et si bien que ça pourrait être mon film de l’année mais ! MAIS !

Attention, on va bien s’enjailler

1) Le Congrès
???.
Il faut aller le voir à l’aveugle. Robin Wright vit dans un vieil hangar, un homme vient lui proposer un contrat douteux et oh la la la la la la la la la la. Toutes ces questions posées sur notre rapport à la réalité, à l’animation, à plein de choses.

Avec, potentiellement, Le Loup de Wall Street qui pourrait s’incruster quelque part.
Des cacas, pour le plaisir : Les Profs est naze, limite offensant, Man Of Steel était chiant comme la mort et bourré d’approximations (mais on s’en fiche parce qu’on dort devant) Kick Ass 2 était un film de petits cons, mais dans le mauvais sens, Les Stagiaires était un poil irritant et La Vie d’Adèle a sûrement été primé pour de mauvaises raisons et est rempli de trucs qui ne devaient sûrement pas être drôles. Du genre gros plans sur spaghettis, des « petite pute ! » qui appellent au corpsing, des claquements sur les fesses et un mec qui, ça passe assez discrètement, dit un truc du genre « J’aime pas les réalisateurs qui sont chiants quand ils bossent ».

Posted in Kulture moderne | Tagged , , , , | Leave a comment

Salles obscures et goûts mainstream

~ Attention. La remarque qui va suivre sent bon le mauvais esprit ~

Je regardais le calendrier du blog et je me rendais compte qu’à peu de choses près, j’étais pas loin de faire un space invader avec les jours de parution. Très nourri intellectuellement par cette réflexion, je me rendais immédiatement compte qu’il n’y avais que SEPT JOURS EN GRAS. Sept foutus jours. C’est TROP PEU. Sans arriver à mon petit ratio habituel, je me devais, en ce jour d’Halloween, arriver au moins à un joli 8. Ce chiffre est joli avec ses deux axes de symétrie, c’est une bonne alternative. Comment remédier ce problème d’ordre capital?

Je peux pas fêter Halloween en rédigeant ce post qui me trotte dans la tête depuis quelques temps et qui me ferait passer pour un fou dangereux où j’y expliquerais le concept de « grotesque » dans le manga. Par la même, je ne saurais pas consacrer tout un billet à une nouvelle vidéo passivement flippante du web… mais après Fabienne Dupond et le Violongay, considérez ce jeune homme comme étant « Mister Halloween 2011.

Enfin, je me suis dit que j’étais peu allé au cinéma cette année. Dans des conditions fort plaisantes, ça, c’est certain… mais peu de fois. C’est mal! C’est très mal! Paf, il se trouve que je ne suis allé voir que dix films depuis le premier Janvier 2011. Dommage, trois jours plus tôt, j’aurais peut être fichu Scott Pilgrim en tête de ce top 10!
Ce n’est pas sensé être éclectique, cela n’a rien d’une consigne, ce sont juste, factuellement, les dix films que j’ai vu. Go!

10) Very Bad Trip 2

Faut pas se laisser avoir : c’est pas parce que je le met tout en bas que c’est foncièrement le pire film, voire même « le moins bon ». J’ai ri devant, sans aucun doute, j’ai passé un bon moment et je me souviens pas avoir payé la place – tout bénef. Faut quand même ajouter que je n’ai pas vu – toujours pas à l’heure actuelle – le premier et mon point de vue envers ce film est probablement un peu biaisé : si on considère que cette suite reprends la formule de son supérieur hiérarchique en l’enrichissant d’une façon mollassonne, difficile de considérer ça comme un film incontournable. Ca peut paraître dingue mais de mon point de vue, une histoire où trois copains se réveillent après une cuite et doivent reconstituer les évènements de la nuit passée est une histoire inédite! C’est prévisible comme jamais mais plutôt drôle et bien porté par ce trio d’acteurs, ce clone de l’Angry Video Game Nerd, ce beau gosse à lunettes dont le nom m’échappe et le troisième. Enfin, ce film rappelle pourquoi le futanari est sensé être un kiff caché. Voilà. Drôle, pas transcendant, il fera dans un avenir proche une soirée distrayante sur Canal ou TF1.

9) Harry Potter et les Reliques de la Mort

A 21 piges tapantes, je fais partie des ultra-chanceux qui ont lu Harry Potter en grandissant. Les quatre premiers tomes en (superbe) cadeau dévorés entre la sixième et la cinquième, chaque film sorti était plus ou moins raccord avec ma propre vie. Je vais pas comparer mon existence à celle du personnage de Daniel Radcliffe (j’ai de bien meilleurs goûts en nanas non mais hein bon hé) (et mes amis d’enfance ne feront pas de gosses entre eux, z’êtes fous ou bien) mais chaque film est un énorme plaisir symbolique – toujours matés avec une personne différente, importante, huit âmes symboliques y sont passées. Je vais pas jusqu’à chorégraphier ma vie hein mais passons à la substantifique moëlle : ce film était décevant. Après, question logique : comment ne pas être déçu après une saga pareille? Vous étiez content après la fin de Lost? Après n’importe quelle saga, SF ou pas? C’est impossible. Là aussi, place délicieusement gratuite et avant première rigolote à Bercy mais foutue 3D. Elle ne servait à rien de rien. Le film en lui même était plutôt cool, fidèle au possible (très difficile avec un contenu aussi dense) mais le doublage VF est toujours un peu involontairement hilarant et les gens aplaudissaient pour un peu n’importe quoi. Hey les gens, on n’applaudit pas la mort d’Harry Potter. Il faut être un sacré cynique, damned.

Je dois avoir un petit truc irrationnel contre David Yates après la super-déception de L’ordre… avoir un réal par opus semblait une excellente idée et quand on se souviens de la rumeur Terry Gilliam, c’était comme Sonic jouable dans un Smash Bros. Sauf que…

8 ) The Tree Of Life

7) Drive

Il serait tout à fait compréhensible de se sentir un poil lésé après avoir vu le joli minois de Ryan Gosling dans cet univers un peu kitsh, composé de musique shoegazing et d’immenses titres en rose fluo. Sans s’attendre à un nouvel opus de Fast and Furious, l’affiche et le titre te font penser que tu vas assister à quelque chose de rythmé et prenant, façon Collateral (un peu invoqué au hasard mais vous voyez les genre) hé ben paf, ce n’est pas du tout ça. Drive est un film – attention mot poncif – intimiste. Vous connaissez peut être ce réalisateur, c’est un habitué des personnages très monolithiques, celui là est un poil plus nuancé. La séquence d’ouverture est top – des règles, un braquage, une petite virée nocturne et soudainement, on s’arrête. On cultive le silence. On flippe un peu, mais on sait que le « héros » va quand même pas se faire trouer la peau dès les cinq premières minutes… puis ça repart, doucement. Après, c’est tout une esthétique comparable à cette musique noyée dans les effets (ce qui n’est pas le cas du film, se référer à numéro 5) – le temps ralentit, on pose une petite histoire d’amour potentielle bientôt perturbée – on voit le truc progresser, lentiement, trèèèès lentement… et soudainement, c’est reparti. Un silence, bang bang, scène d’ultraviolence. Puis une autre. Et encore une dernière! Tu en ressors sans trop savoir quoi penser, tout et son contraire, un peu schizophrène, comme le script. Après, inutile de rejoindre les critiques pro un poil pompeuses qui sortent les arguments du genre « haletant » car on ne pourrait absolument pas dire ça du film dans sa globalité. C’est pas un mal, c’est juste un poil bizarre. Probablement visionné avec un état d’esprit améliorable, je ne sais pas. Il vaut le coup d’oeil, il peut probablement conduire à une déception mais il ne laisse pas indifférent. Attention, fin qui envoie le tapis roulant de clichés. Marrant, parce que Drive fait effectivement très *fashion week*, hahaha.

6) Scream 4

Parce que j’aime l’humour subtil.

Oui héhé. Pourquoi pas finalement? Complètement étranger à la saga de Wes Craven (je ne sais pas si les Scary Movie sont à considérer en temps qu’ouverture vers le genre du film d’horreur) je n’avais aucune traître idée de ce que voulaient dire ces trois films. Je m’imaginais des trucs très premier degré, nanards sans vouloir l’être, plaisirs coupables… et vlam, Scream 4 s’avère être un plaisir tout court. Hé ben tu parles d’une surprise!

Pas un instant j’aurais songé au caractère gentiment auto-dépréciatif des Scream. Mes plus « anciens » lecteurs sauront que j’aime bien faire péter le pop-corn devant des slash-movies façon Saw, histoire de voir quels sont les nouveaux pièges ridiculement tordus qui permettront de faire gicler un peu de ketchup dans la joie. Je ne sais pas si l’esprit était le même dans ses débuts mais Scream ne se prends pas du tout au sérieux – au contraire, on dirait Scary Movie en intelligent. Il est pas impossible que j’aie du caca dans les yeux mais ce film sait donner un réel plaisir et distraire, sans essayer de viser plus. Un mort? Un autre? Plein d’autres? Ouais, mais ce film fait pas peur un instant. Quand le mec sort « hé, je peux pas mourir, je suis homo » ou que le vieux flic se fait charcuter à deux jours de la retraite, c’est à se demander si les premiers films mettaient déjà en dérision des codes… qui n’existaient alors pas? Hommage rusé aux dialogues plutôt fins ou juste très auto-parodique pour surfer sur la vague? Si c’était le cas, on aurait peut être du mater ça avec des lunettes sur le pif!

5) Sucker Punch

J’en ai déjà parlé ici. Il serait tout à fait compréhensible de dire que Sucker Punch est un mauvais, voir un très mauvais film (je pense qu’il est objectivement un peu moyen) mais force est de constater qu’il est un poil fait pour nous et qu’il attire l’attention. Un film aussi maniéré, aussi minutieux sur les détails et une telle propension à la dingueries et aux « tableaux » ne peut être louable mais on a vite fait de se perdre dans les méandres de ce scénario très faussement compliqué où tout le monde perd un peu la boule. Si, en 2010, l’idée générale était « accepte un fait grave qu’on suggère depuis le début du film », on nous donne désormais toutes les clés et on profite de l’imagination débordante de cette bande de filles. Je rappelle que la bande sonore déchire comme jamais (que des reprises de pépites, mention spéciale pour ce White Rabbit) et, sans être aucunement familier aux réflexes de Monsieur Snyder, j’ai apprécié me laisser porter par ces univers fantaisistes et sortis de nulle part, sans rapport. Si il existe une notion de fanservice potable et pas trop grasse, elle doit s’apparenter à quelque chose comme ça. Il y a de l’esthétique steampunk dedans, grande « tendance » de cette année, pourquoi faire la gueule à ce film? Parce qu’il est un poil « simple »? Parce qu’au final, il est un peu « faux »? Peut être pas très fourni ou ne racontant pas grand chose? Je ne sais pas. C’était cool, peut être un peu coupable, mais cool.

4) Cars 2

Peut être un poil haut dans la liste mais le Pixar « nouveau » est, pour moi, une grande et sincère bonne surprise. Je m’étais un peu enfermé dans l’idée qu’ils avaient un peu baissé les bras avec les univers nouveaux, en attendant Brave et ce film « sur le cerveau humain ». Cette folie des suites n’était à priori pas engageant : je suis enthousiaste sur cette fameuse suite de Monstres et Cie, mais faire un autre Indestructibles? Urk urk. Toy Story 3 ne m’as pas arraché de larme et je me suis senti un peu monstre, c’est donc à reculons et en moonwalk que je suis allé voir la suite à, et de loin, l’histoire Pixar la moins réussie de son histoire. Miiiiince, ça s’avère être bien. Saloperie de préjugès!

En version française, s’il vous plaît. Rien contre Larry The Cable Guy mais la maison sait offrir de la qualité à ce niveau là, et y’a pas de chansons donc tout le monde pourra en profiter. Cette suite à le mérite de dire directement « ok les gars, on va faire quelque chose de différent et puis c’est tout » on faisant directement mourir Doc Hudson (bon, avec le doubleur décédé, ça semblait logique) … et en virant, plus ou moins, le héros du champ de vision. C’est un peu étrange car Martin est le « mec » ayant si peu de charisme, il arrive à tirer du film la conclusion « hé, j’ai beau être pas très beau et pas super intelligent, j’ai attiré dans mes filets une belle petite plante » euuuuuh… tu es certain de vouloir nous enseigner ça? Je suis très sceptique sur le sujet et il n’y a rien de personnel dans cette déclaration. Quoi qu’il en soit, la technique est au top, un Pixar sans humain et ce qui fait à mon sens la base du studio et on y trouve cet humour assez fin qui manquait dans les dernières productions (depuis Wall-E, plus concrètement) – je suis friand de cette intrigue qui parodie les films d’espionnages – là encore, la séquence d’ouverture est un grand délire où fourmille mille petites idées, mille détails qui prouvent qui Pixar continues d’en avoir dans le ventre… et ça, c’est cool.

3) Arrietty

Là encore, je vais faire redite. Cette re-re-re-relecture des Borrowers est douce comme une gâterie de boulangère – et je parle bien évidemment de pains au chocolat, viennoiseries et autres joyeusetés – elle s’apprécie de la stricte même façon à tout les âges. Évidemment, un adulte remarquera cette fameuse incohérence de la porte à fermeture variable, cette tante bipolaire aux intentions inconnues (« tueeeeer tout les chapardeuuuuurs graaaah ») et ce petit sadisme infligé à un enfant cardiaque mais Arrietty est un film réellement planant. Pas vu Redline, tiens, d’ailleurs, puisqu’on est dans le milieu. Les deux ont bien sûr rien à voir, Arrietty est un film très calme, très vert… et à l’issue un peu baddante, je dois l’avouer. Pas dramatique, très logique mais pas si attendue que ça. Pas grand chose mais une petite prise de risque (là aussi, question de point de vue) qui se loue, surtout après cette quarante-millième histoire de souci de communication entre deux peuples et ses deux émissaires. Faites vous plaisir et jetez-y un oeil, ça vient de sortir en galette!

2) True Grit

Ceci est ma confession : je n’ai toujours pas vu Le Discours d’un Roi. Vous l’aurez compris : je raisonne en films nommés aux Oscars et celui là était comparable à Drive… en plus attendu. Hé oui, c’est un remake, pas de surprise… mais avouez le, un far west des frères Coen avec Jeff Bridges et une Maka Albarn vengeresse et précoce? Bingo les enfants. Ne pas se méprendre sur le genre du film, c’est un petit road movie à l’histoire toute simple mais déroulant les choses de manière ultra efficace, puis en collant quelques scènes franchement étranges. Pas vraiment un film pour rire, rêver ou se sentir l’âme d’un pirate mais parfait pour retranscrire un genre, une ambiance, une époque… j’adore les films hommage de ce genre, ceux que Tarantino fait en brûlant-des-cinémas-par-le-feu! Moins de violence et plus de monologues un peu ratés ici, des personnages qu’on aime voir évoluer et une fin fataliste au possible – ce fut un bon film, assurément. Loin d’être excellent (et ça prouve que j’ai vraiment pas vu grand chose cette année) mais tout ce qui est chevaux, feux de camp et brigands dézingués au plomb est bon à prendre.

1) Les Aventures de Tintin

Ce post est, grosso modo, construit pour subtilement vous dire « allez voir Tintin. C’est de la bombe ». Je ne suis pas moins expert en la question qu’un autre : j’ai, comme tout le monde, lu la majorité des albums et kiffé ça, malgré ce héros désespérément plat, sans passé… et très alpha, pour quelqu’un qui ne présente pas une once de libido! Presque inenvisageable d’ailleurs dans un univers si… masculin, ce qui ne pardonne pas. En tout cas, j’ai aussi eu peur que vous en voyant les premiers trailers et nan. C’EST VRAIMENT VRAIMENT BIEN. Assez épatant, même : je dois dire que c’est le premier film que je suis content d’avoir vu en 3D. Apportant quelque chose, ne gâchant rien, c’est même une recommandation que je vous fait là, ça vaut bien deux minutes en cumulé à avoir mal aux mirettes. L’invention est minime, c’est du Crabe aux Pinces de Licornes, mâtiné de quelques transitions cohérentes… et quelques personnages phares font leur apparition impromptue. Techniquement, c’est incroyable. Le mot est fort, mais c’est le mot – c’était un peu ahurissant. Le film a même tendance à un peu se la péter avec ses effets de loupe, de réfraction, de reflets… et quand on voit ces transitions, ce registre épique et cette séquence énormissime dans Bagghar (alerte longue course-poursuite de folie où le moindre truc est un détail parmi trente chorégraphié) il y a de quoi donner sa chance au film. Yep, même pour les sceptiques – on oublie ce syndrome très étrange d’avoir un Tintin animé et qui parle dans un univers résolument british – les paroles, l’intonation, le vocabulaire, tout sent la Sheperd’s Pie dans la version originale et c’est pas plus mal. On pourrait râler contre ces deux trois trucs sortis de nulle part mais cette petite remarque zoophile m’a fait rire et le reste appartient au personnage. Une adaptation remplie de bonne volonté, à voir! C’est une obligation!

Posted in Kulture moderne | Tagged , , , | 4 Comments