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Malaise

Vous allez me trouver monomaniaque – et c’est parce que c’est le cas – mais je prends au moins un post dans l’année pour décrire à quel point cette émission si cool et intéressante comme Koh Lanta (je suis un gros fan de la première heure, comme Davy Mourier, en espérant faire moins de pathos) est de plus en plus déçevante. Cette dernière itération m’évoque plus une succession de détails fatigants qu’autre chose. Allez, on a qu’à les lister. C’est l’esprit Gérards de la Télévision qui m’habite aujourd’hui.

1) Le générique est pourri. C’est con, les deux dernières fois, avec ce petit effet 3D, ils tenaient un truc. Pour une majorité de gens ça pourrait sembler un peu vain mais c’est une petite pépite de montage et de photographie – à son meilleur, évidemment. Là, c’est un gros rétropédalage, un machin monté avec les pieds par un stagiaire. Un stagiaire community manager. Non, sérieusement, c’est un gros « narm », ça se veut épique mais c’est juste ridicule, ce schéma « plan d’action/gros plan », ce coté je montre un animal = je fous le cri d’une BDD pérave par dessus, etc etc. D’ailleurs, même sur le plan musical, je sais pas, il pourraient le sérialiser, le dériver. C’EST PAS COMPLIQUE, SMERDE. Taillez dans le budget-chemises-bleues de Denis et payez vous un compositeur.

2) Casting standardisé. Là, ça suffit. Surtout avec vingt têtes de pipe. Faire une émission plus longue, très bien, mais varier un peu ces satanés schémas de recrutement? La « mère courage », le « papy débrouillard », le « noir qui fait vivre sa famille dans le 93? » Je serais Namadia, je le prendrais mal d’être un quota. Il pourrait y avoir trois noirs, cinq, quinze, même aucun, ça paraîtrais bien plus naturel, décoincé et représentatif – la valeur qu’ils sortent à tout bout de champ. Damn, je pense à la fille qui était présente dans les deux derniers all-stars, qui n’avait rien de particulier mais qui débarquait dans un casting tout blanc. Tf1, ce qui tu fais est vraiment très très raciste, j’appelle le Sénat.

3) Lâcher de maboules. Ca devient un topos chez Koh Lanta : un dingue, ou, en l’occurrence une dingue. Sara, une fille qui a enrichi le quota d’yeux exorbités, de phrases cultes, de « Y’A PAS D’FATIGUE QUI SOIT RAAAH » hystériques, etc. C’est rigolo dans les faits mais je n’aimerais pas être elle quand on va se rendre compte qu’on se paie sa tête. D’ailleurs, avec son portrait, on comprend que ses pectoraux sont issus d’un complexe parental. OUPS. Morale étrange, mais de l’autre coté il y a Philippe, ce survivaliste fou, le didon de la farce. Il est peut être promis à une bonne durée de vie mais le montage ne lui fait pas honneur. Ce n’est pas sain.

4) … en plus ils sortent au bout du troisième épisode Non parce que quitte à rigoler, autant ne pas faire toute une montagne d’un personnage qui sort sur maladie au bout de six jours. CE N’EST PAS COHÉRENT!

5) Prénoms. Oui d’ailleurs ils ont toujours les mêmes prénoms les castés, y’a au moins cinq Catherine et douze Phillipe par saison, ils font un élevage ouuuuuuu?

6) Lol, l’île des bannis De qui se moque-t-on? On nous présente ce truc comme une incroyable nouveauté de gameplay et ça ne dure qu’un épisode. On n’en reparle plus. Ça n’a jamais eu aucune utilité, si ce n’est avoir mis une cible gratuite sur quatre personnes. C’est crétin parce que c’est une idée américaine, « Exile Island », où on envoyait un gonze à chaque round pour qu’il trouve un indice de plus en plus précis pour un sacré bon avantage. Là, encore une tempête dans un verre d’eau et probablement un étonnant gâchis de moyens – tout ce pognon pour une équipe de tournage aurait sûrement servi à plein d’autre choses plus utiles.

7) Prévisible C’est l’effet kisscool, le point précédent dessert complètement le bouzin dans son ensemble. On savait quels allaient être les premiers sortants, on sait quand une équipe va aller sur le billard – le montage est toujours tout sauf subtil, il met toujours l’emphase sur les disputes des futurs perdants, il n’y a jamais le moindre red herring – bref c’est assez mal branlé tout ça. Astuce : si vous voulez repérer le sortant d’un conseil, trouvez celui qui parle le plus. Ça ne rate jamais, c’est la même chose depuis dix ans. Une fille s’est encore faite sortir deux fois de suite. Ça n’a pas de sens.

Pendant ce temps…

8) Les bruitages un peu crétins qui ponctuent chaque bêtise sortie par un candidat. C’est un tout petit détail mais il est horripilant, les « boom » et divers bruits de flutiaux insérés par le monteur. Faites-en un jeu à boire, vous irez pisser de la vodka orange dans les vingt minutes. Au début, c’était un élément assez subtil mais là il n’y a plus aucune forme d’humour derrière, juste une espèce de grammaire qui ne sert qu’à souligner que les candidats sont un peu neuneus… et nous, on veut de l’insight, des gens intelligents, des stratèges, etc. Pas quatre gonzes qui bloquent complètement sur le soleil qui se lêve à l’ouest en Suisse ou à Marseille.

9) Denis l’embrouille. Alors lui quand il est briefé il arrive à ses fins de manière diabolique! En tant que candidat, il serait formidable. Notre aimé présentateur Denis Brogniart arrive toujours à mettre le bazar entre les aventuriers pendant un conseil… mais ces temps-ci, il fait mieux : il fout délibérément le boxon dans l’équipe de son choix en posant les bonnes questions avant une épreuve. « Alors Tartempion, il parait qu’Olibrius a piqué vos bananes? » Et voilà, la tribu s’engueule. Ils perdent, sans surprise. Ça équilibre un peu plus le jeu. Objectif réussi. Bravo Denis, on voit tes cornes… et ce plaisir devient quasi sadique puisqu’il fait toujours ça pour les perdants, dans une sorte de « briefing post épreuve » fait dans l’espoir que des gens se tapent dessus.

10) Voix off. Si on me donnait un Euro à chaque fois que Denis dit un présent de vérité générale, je serais riche. Super riche. Finie la vie like a hobo. J’achète un restaurant de malbouffe au poulet et je monte un empire de meth. Koh Lanta c’est un peu comme Alan Wake, vous entrez dans une pièce, vous ramassez quelque chose et là sans crier gare badamoum « Mais c’est alors que Tartempion entra dans une pièce pour ramasser un truc! » Partout, tout le temps, pas besoin de narration pour raconter une histoire. Aussi, c’est rarement pour raconter des trucs intelligents.

11) Denis et les réseaux sociaux.

Bien sûr que c’est drôle. C’est même vraiment drôle. Le souci étant que ce soit plus drôle et plein d’esprit que le show en lui même! Regardez Denis, il twitte n’importe quoi, on dirait un ado qui découvre l’internet : il n’a aucune idée que sur le web, on juge tous les gens sur leur ortho. Denis Brogniard, présentateur préféré des Français, champion de l’exotisme et de la formule un, écrit les pires conneries sur Twitter et nous donne régulièrement des informations d’une qualité rare, du genre « les participants doivent se nettoyer le cucul avec du sable ». Bon, même ça, on s’en doutait un peu.

12) Les gifs de l’émission sont plus sympas que l’émission. Ouais. Parce que voir la maboule du petit 3) faire des pompes en boucle, ça n’a pas de prix.

13) Les récompenses pourries. Denis n’est pas qu’un monstre de sadisme, c’est aussi un mec d’une condescendance rare. Il fait tout subir à ses cobayes et qu’est-ce qu’il donne comme récompense? Pas le feu, non… trois allumettes. Comme ça on peut faire des dilemmes à la Saw et ça permet une porte vers du drama si ils se plantent. C’est ridicule et le manège continue longtemps : un bête hamburger, une mousse au chocolat… allez quoi. Ils méritent des belles sorties, des distractions, y’a toujours moyen de faire de jolies séquences où d’y insérer du gameplay. Mais pas trois allumettes quoi.

14) PAUSE EMOTION! La séquence téléphonique qui arrive toujours en début de saison. Les candidats n’ont pas vu leur famille depuis dix bons jours et si ils gagnent, ils ont tous une minute de communication avec leurs proches. Ils se passent la patate chaude, pleurent, disent n’importe quoi et l’ambiance devient chewing gumesque. Il y a des fondus horribles avec des images génériques de leurs interlocuteurs. C’est laid, ça dure à peu près trois jours. Je n’ai pas vu ma copine depuis deux semaines et je ne me scarifie pas, hein.

Y’a pas d’humour dans Koh Lanta.

Coach et Russel font les cons.

15) La voix de Camille. « Mais j’te faisait cent pour cent confiaaaaance! » Tu te tais ou JE te tais!

16) Portraits, spoilers passifs Partout, tout le temps. Ils sont trop nombreux, ils arrivent à les caser dans des endroits improbables, genre dans un jeu concours. Genre des photos de candidats avec des barbes de trente jours. OUUUPPPPS. C’est la même chanson à chaque fois, un mec est safe si son portrait n’a pas été diffusé. Lâchez cette histoire de portraits, les gars. Ce n’est pas une question de personnalité mais de caractérisation. Dièse pas la même chose.

17) Les cris de guerre. Ce petit moment « Fort Boyaux » est à peu près le truc le plus gênant de la télévision depuis… le cri de guerre précédent. Qui était déjà super gênant.

18) Rouge, jaune Allez les gars, ça ne va pas vous tuer de changer les couleurs des équipes. Il y a plein de belles autres couleurs dans l’arc en ciel. Prenez le bleu. C’est très beau, le bleu. Ça marche bien avec le violet, ou le noir. Allez, la ménagère va pas exploser si vous prenez un si petit risque. C’est si peu de choses, ce n’est pas particulièrement « ancré » dans l’identité de l’émission tant c’est un détail. En gros, pourquoi des concepts à d’autres versions pour ne pas changer le moindre kopek et s’enfermer dans un si gros conservatisme?

19) Une plage, de l’eau Et pourquoi pas la Chine? Un pays africain? Une réserve présidentielle? Celle du Kenya est très bien. Le Guatemala a un très beau parc naturel avec des constructions d’outre temps, c’est joli. C’est vert. Ça n’exclut pas des épreuves aquatiques et ça change de toutes ces localisations interchangeables sans identité. Vous me direz que ce n’est pas nécessaire, une identité. Alors pourquoi coller ça sous le logo HEIN HEIN HEIN? RÉPONDEZ. PLUS VITE QUE CA. NON, JE NE SUIS PAS FOU FLBFLBFL.

20) Actor studio Oui alors je parlais d’identité mais il faudrait dire à la production que le faux indien qui est sensé incarner la faune, la flore et l’exotisme de la région est toujours le même, avec ses tatouages et son didgeridoo-flêchette. Le mec est une sorte d’avatar de toutes les civilisations à lui tout seul, c’est l’indien-générique avant le générique. C’est un peu ridicule et ça ruine la notion d’exotisme, justement, parce qu’on ne les retrouve que dans ce prégénérique interminable. Rep a sa bo Denis.

21) DEUXIÈME PAUSE MUSICALE. Le petit piano larmoyant là. Oui oui, celui là précisément, ces trois mêmes petits accord en quarte, quelque chose du genre. C’est chiant. C’est un peu nous prendre pour des veaux, une manière de nous dire « Cher téléspectateur, c’est le moment d’être ému ». Ça marche pas et ça fait l’effet inverse, le tout devient un peu ridicule et pénible. Voir la « séquence-téléphone ».

22) Le médecin de l’émission. Oh, je suis sûr que c’est quelqu’un de tout à fait respectable dans la vie, quelqu’un de pro, d’intègre et tout, mais il faudrait songer à le caster en tant que candidat. Non parce qu’on le voit chaque année. Chaaaaque année. Au moins, il pourrait survivre avec les autres et il deviendrait un asset super important à la survie. Parce que là, il y a toujours un candidat pour se faire des bobos et ça invoque cette règle stupide qui fait revenir le dernier éliminé en cas de sortie médicale. C’est absuuuurde!
(Edit : OUPS)

23) C’est interminable. Deux heures trente. Du coup, il y a du remplissage. Ce même remplissage est tout aussi systématique. Hourra, on a trouvé du riz. On a trouvé de l’eau. On a trouvé les cannes à sucre de la production. On s’en fout. C’est terrible. Soit ça, soit des engueulades, pas toujours belles à voir. On s’endort un peu, heureusement qu’il y a les épreuves pour pimenter tout ça. Epreuves? Ah oui mais…

24) Cheap. Alors ça il ne le lâcheront jamais, ces bambous qui servent d’obstacles pour faire des jeux. Toujours les mêmes, aucune variation, pas d’inventivité… et quitte à piquer des jeux aux ricains, il y a plein d’idées exploitables qui ne couteraient rien. Ils suffirait de s’axer sur des trucs plus adresse/réflexion dans la phase individuelle de jeu. Trois cartons, ça fait un joli jeu de mémory, hop, économie.

Heureusement, tout ça se termine dans le nazisme et l’absence de pantalon

25) Teasers bullshit. Ca, c’est très simple à reproduire, regardez, je vais prédire le teaser du prochain épisode. « Des tensions! Les organismes vont s’affaiblir! De la stratégie! Des épreuves insurmontables! Désormais, c’est chacun pour soi! » Et voilà. C’est universel, ça passe si on fait pas attention, universel comme une prédiction chinoise.

BONUS IN AMERICA) Outre Atlantique, Survivor fait largement mieux avec une saison dont le gagnant est spoilé d’avance. Si, si. Même la S26 est spoilée dans ses moindres détails. Ça va être un peu dingue. Allez allez.

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Frag facile

« Prendre un fusil à pompe et aller exploser la cervelle des gens, c’est pas bien » nous disaient déjà les comptines de notre enfance, soucieuses de notre bien être et de notre éducation. Hélas, trois fois hélas, en tant que petits gnomes déjà victoriens et soucieux de tout transgresser, nous avons tous eu notre liste de victimes (message à la police : vous ne me trouverez jamais! JAMAIS! HAHA)

Heureusement les jeux vidéos sont apparus magiquement pour sauver notre vie – une fois de plus – et calmer certaines pulsions. Le FPS que ça s’appelle, le First Person Shooter. Un peu le genre qui a ressuscité cette croyance des années 70 qui disaient que les jeux de rôles rendaient maboules et qui fait qu’aujourd’hui, jouer à GTA équivaut, dès le lâcher de manette, à aller prendre le volant sans permis pour écraser des grand mères (bon – OK, c’est un acte qui reste légitime et ce retour de cycle a lui aussi dix ans, ce qui nous laisse en fait en plein creux de la vague pas ne vous en faites pas, Nadine veille au grain)

 Et c’est faux. Oui, FAUX.

Le joueur intelligent, lui, n’en a rien à battre du FPS, de base. Et comme je me sens pas concerné par les FPS, ça fait de moi un joueur intelligent. Implacable!

Tristesse!

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Non bon c’est vrai, j’ai toujours été un espèce de baba cool qui trouvait déjà Yoshi’s Story un peu borderline dans son propos alors les FPS, pensez.Peut être que ce manque d’appétence au genre vient probablement d’un manque d’expérience… combiné à un certain nombre de mauvaises expériences, justement. La sortie toute fraîche et moulue d’Halo Reach m’a fait souvenir que j’avais toujours voulu dresser un petit bilan du genre et du peu de regard que j’avais dessus, puis par extension d’expliquer un minimum pourquoi l’emballement n’as jamais atteint des niveaux ni cochons. Tain je sais pas ce que j’ai mangé aujourd’hui, mais un jour viendras nous nous lancerons tous dans une semaine thématique « Petrif‘ » et nous feront tous plein de vannes glacées, sophistiquées et des jeux de mots à la Devos, oh la la comme je fourmille d’impatience.

 Ce non plaisir assez tellurique commence en une sombre journée, quelque part dans la fin des années 90. Je termine mon primaire et mes premières armes vidéoludiques sont déjà loin. Voilà t’y pas que je vais chez un copain pour jouer à la 64 (sans qui je n’aurais jamais découvert Pokémon Stadium! Ou Mario Party! Fin du monde) et revoilà t’y pas que sa mère, cette sainte, nous emmène à la salle de jeux en réseaux du coin. Chouette! Avec des yeux brillants et rempli de sucres d’orges je m’imaginais ça comme un lieu de partage, d’échange d’anecdotes de guerre, tout ça. Le lieu même était plutôt rassurant : exigu mais bien éclairé, casque individuel et tout le tralala. Toute une brigade de gamers est déjà là, ils n’ont pas l’air mort de faim comme les djeun’s qu’on voit dans les cybercafés de nos jours – bref tout ça s’annonce bien… jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais toujours négligé le jeu en lui même, bien évidemment Counter Strike.

Draaaame! Draaaaame! Je peux concevoir l’immense popularité du truc mais la jeunesse FPS des années 2000 est strictement la même que celle d’aujourd’hui – très fermée sur elle même. Idem pour les MMORPGS, tu es sensé avoir la science infuse pour tes premiers donjons et la phase d’apprentissage risque d’être un peu douloureuse car elle passera nécessairement par des tonnes d’erreurs passible de peine capitale pour le joueur aguerri (le premier partage du butin est toujours un grand moment) et pas de bol, curieusement les premières impressions correspondent à cette phase d’apprentissage. Ok, ok, vous me dites qu’un FPS et l’art du frag sont censées être innées, de là a ne pas être aidé du tout – ne serait ce que dans la connection au serveur local, aux règles établies et non-dites, aux commandes… tu dois tout apprendre sur le tas – tu dois comprendre toi même pourquoi telle arme semble préfigurer sur une autre, tu dois reconnaître ton ennemi pour éviter le friendly fire (n’oublions pas qu’on joue côte à côte d’où réaction immédiate) etc etc. C’est une affaire d’expérience mais l’autre joueur en lui même n’est jamais vraiment … supportable. Souvent très très investi dans le bazar, parfois un peu bipolaire dans ses objectifs de jeu (jouer bien et jouer efficacement sont deux concepts diamétralement opposés) et jamais foncièrement aimable. Tu es sur son territoire, tu merdes, tu payes et tu est banni du salloon! Il faut apprendre les règles, piger le langage local, respecter l’usage, les us et coutumes – bref après quelques parties je suis plutot allé découvrir un peu le deuxième Age Of Empire et construit des Forums et des casernes. La gestion y’a qu’ça de vrai ma bonne dame! 

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Ah n’importe quoi les textes, comme le jeu

 Bon personne n’est trisomique au point de ne pas savoir se déplacer, viser et tirer. Loin de moi l’idée de totalement m’émanciper au genre et le karma m’aidait tout seul dans cette tentative de reconversion puisqu’Exen était fourni avec une 64 tombée du camion. Il est très probable que ça ne dise rien à personne mais ce Doom Like avait la particularité d’avoir un scénario incompréhensible et des graphismes… atroces! La pixellisation et le clipping a son meilleur mais je dois avouer que ça avait un certain fun. L’objectif était très vague, avancer au gré de terres damnées d’héroïc fantasy et se taper le boss final, en gros. Il y avait de bonnes idées, le fait de choisir sa classe et son équilibre Energie/Mana/Puissance de feu et surtout le fait d’avoir de nouvelles armes au fil du jeu – grosse jouissance. Le principal, l’énorme, le MAJOR souci du truc était son imprécision totale, pas dans les tirs hein, bien dans la progression. Après le niveau introductif, vous vous baladez successivement dans trois ou quatre ubs successifs où sont rattachés une demi douzaine de niveaux à chaque fois. Il faut donc effectuer une action précise (buter tout le monde, actionner un levier, les deux) pour pouvoir ouvrir une porte et se rendre dans un souci niveau – y faire quelque chose, revenir au hub et faire des allers retours entre ce qui sont parfois les deux parties du même en mode « miroir » – ajoutez à celui une dimension bien labyrinthique au truc et un mode plan pas intuitif du tout, vous obtenez une grosse frustration bien grasse et handicapante. Le jeu ne te dis jamais ce qu’il faut faire, je me souviens n’avoir vu que le troisième hub une fois… et encore, je ne sais plus comment j’avais atteint le deuxième puisque je n’avais jamais réussi à reproduire la manoeuvre, non sauvegarde aidant. Enfin si je pense que j’ai miraculeusement réussi à sauvegarder une fois mais je n’ai pas non plus réussi à réitérer la manoeuvre. Bref… Ce jeu était chaotique. Pour sortir du premier niveau, il fallait aller taper sur la cloche de l’autre coté, le gong provoquant l’apparition du téléporteur final – très bien mais quel rapport? Comment savoir ce que déclenche un interrupteur, dans des niveaux qui ont tous la même tronche? Impossible de savoir et c’était même pas une question de gameplay « meurs et réessaie » puisque le jeu avait quand même une « mémoire immédiate », une mémoire vive qui faisait que tout les ex machinas étaient définitivement enclenchés, du moment que tu éteint pas le bazar. Dans des jeux un peu plus « basiques » à la mini jeu Adi, tu dois buter les monstres, aller à la fin du niveau et passer au travers de la difficulté dangereusement grandissante, normal. C’est bien trop tard que j’ai découvert l’existence de codes… heureusement il y avait le mode coopération en
split screen, bien agréable, de bons souvenirs.

 Le coopératif est une notion qui reste relativement absente des FPS si on reste dans ce cadre temporel. Dans le meilleur des cas on constituait des équipes qui s’opposaient mais les exemples qui allient tout les joueurs contre le jeu principal… pas évident. En termes de pur classique et toujours sur 64, GoldenEye reste mon petit jeu fétiche. Le multi d’une part : simple, efficace, a lancé les conventions pour la suite! Le mode solo était, quand à lui, bien plus travaillé et intuitif. Quand bien même tout était en anglais, le choix de mode de difficulté était une excellente excuse à la redécouverte des niveaux (toujours très vastes d’ailleurs) et même si on retrouve cette indécision totale dans l’exécution des objectifs, le tout était assez intuitif sans qu’on nous prenne vraiment par la main. Là, d’accord, je dois admettre qu’il y avait un certain fun derrière ce jeu mais le jeu solo tire peut être mieux son épingle du jeu, à coté il y avait déjà Mario Kart et consorts… puis intervient Perfect Dark.  THAT OTHER GAME.

 Le drame avec Perferct Dark c’est que je suis passé totalement à coté à l’époque puis contextuellement avec sa ressortie XBox Live. Le jeu écopait d’un statut quasi divin et d’une fanbase qui savait étaler les bons arguments que pouvait offrir le truc. Banco : achat direct pour ratrapper les choses et voir ce qu’il en est. Les aminches, la sanction est irrévocable : j’ai trouvé ça vraiment chiant, une fois fini y’avait très peu de risques que j’y revienne. Le jeu est concrètement bon pour l’époque, d’accord, c’est difficile à contester. Mais avec le recul… j’ai l’impression d’avoir perdu de l’argent sur un espèce de gros navet sci-fi avec son intrigue extraterrestre et son alien (nommé Elivs! Qui porte un bermuda Stars & Stripes! Derp derp) – on prends le modèle de Golden Eye, on rajoute des petits bonus sympa (l’entraînement de maniement aux armes est une excellente idée, soit) et on rajoute une campagne calquée sur le même niveau de difficulté. En jouant à ce jeu, j’avais l’impression de mater une saison récente de 24 : j’entamais un niveau dans le seul espoir de le terminer pour justifier l’achat du truc. Le jeu est cette fois traduit mais on retrouve cet atroce sentiment d’être lâché dans la nature sans avoir aucune idée de ce qu’il faut faire. A d’assez nombreuses reprises j’ai du m’aider d’un guide sur internet… pour passer le simple mode agent! On retrouve cet incroyable manque d’intuitivité criant dans certaines séquences : ce cube explosif et flottant est une horreur, l’ordre des trucs à faire dans l’Alaska est un peu nébuleux, l’emphase n’est pas toujours mise sur les éléments nécessaires à la progression et les checkpoints ne sont pas génialement répartis. Ol, les checkpoints sont les niveaux eux même, les deux jeux sont clairement fragmentés à la différence d’Hexen mais il est frustrant d’être bloqué et de tourner en rond dans des halls vides sans savoir quoi faire. Par dépit… tu fait Hara-Kiri dans l’espoir de redécouvrir un élément manquant.

Je passe mon tour sur le scénario hein, mettre en cause cet élément du jeu ce serait un peu remettre en question toute son identité mais oui, je trouve ça assez inapproprié. Encore une fois d’accord, c’est un bon prétexte pour avoir des armes originales… bon. Gros ennui sur le truc tout de même.

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  Master Chief veut vous faire un CALIN.

 Heureusement qu’il y a Halo et son mode multijoueurs en ligne! Techniquement, le fossé est gigantesque – dommage qu’on ne puisse pas toujours regarde ce qu’il se passe à l’écran – on peut définitivement dire adieu aux personnages carrés qui s’accrochent partout! L’expérience du troisième Opus et d’ODST resteront une vraie expérience à part… mais là aussi c’est probablement quelque chose qui ne se renouvellera pas! 

Très bien, le jeu est captivant, le scénario est immersif et on oublie facilement les persos super premier degré et leurs doublages « Cap’tain Amérique » – de toute façon on est pas là pour jouer dans la subtilité et puis c’est une bonne occasion pour se marrer à plusieurs devant les situations atrocement… voilà des saynètes. Ca c’est un petit aspect du jeu – en solo, je me suis fait défoncer la face !§ Le jeu est méchant! Le jeu est beaucoup trop difficile et encore j’était loin de jouer en légendaire! Ca doit être une question d’expérience? Ranafoutre, un jeu se doit d’être accessible même en cours de saga et c’est pas uniquement les trois premiers pas dans la pampa de l’espace qui font un bon tutorial. Est-ce qu’on peut voire la chose sous un autre angle, comme quoi il faut chercher le challenge?

A mon avis, la réponse se trouve dans le fait que la difficulté ne change pas selon le nombre de joueurs humains sur la campagne : le multi est favorisé. Et là, effectivement… un certain plaisir de jeu s’est dégagé de ces parties. Après des années d’online super biaisé, un (et même deux DEUX) vrai jeu parcouru de bout en bout ça fait du bien. Même si il faut se taper des petits soucis de connection au milieu, pas grave, c’est un mal nécessaire. Au final, ce dyptique conjugue des séquences épiques (le fait d’avoir son petit hélico individuel, classieux, la séquence avec les deux MECHAS GEANTS qu’on a refait trois trillions de fois avec trente plan de guerre différents, la fuite motorisée ou tout pête pendant une demi heure, fantastique) et je dois admettre que tu peux très souvent t’arrête en plein jeu pour contempler. Tu es sur une planète étrangère, tu as accès à pratiquement tout avec les véhicules volants, le cadre est épique et magnifique, c’est une véritable petite aventure qu’on se tape en ligne. Grosse cerise sur le gateau, le mode bonus d’OST qui ressemble à l’incroyable mode survie de Time Splitters 2 : tu es lâché sur le terrain, tu es voué à mourir mais il va falloir résister le plus longtemps possible et sous différentes conditions : CA c’est un bon mode de jeu. Dès que tu reviens au mode online classique, ennuis et insultes fusent, MEH. Du coup, la plus value des jeux Halo c’est la configuration où deux ou trois potes ont la même console, le même jeu, du gold et du temps à partager…

 Et si par malheur on revient au mode « plébéin » – tu te tapes le retour de baton du poncif Counter Strike – tu te tapes les gamins énervés… mais la génération d’après. C’est pas non plus un phénomène réservé à ce jeu là ou à cette localisation en
particulier

Tout ça change pas beaucoup mon opinion sur ce genre : c’est soit imprécis, soit un peu chiant, soit répétitif, soit contraignant. C’est d’autant plus chiant quand tu as l’impression que les FPS constituent la moitié des jeux sur 360…

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