Personne ne se doute de rien

Le premier numéro de LOLJAPON est en podcast depuis quinze jours, le deuxième arrive dans neuf ! Il y a la page du podcast, la page de live et même un flux RSS et une page Itunes. Chouette, non ? On parlera de Pokémon et d’un tas d’autres trucs (l’Attaque des Titans, Garden Of Words, Diabolik Lovers, un anime qui promet d’être délicieux) alors viendez, etc.

MAIS. Nous n’allons pas parler de  mangasses pour le moment. Par contre, je vais insérer quelques screens de Kill La Kill car cet anime me fascine et il va falloir en parler intelligemment, un vrai petit défi en soi. Non, la semaine dernière a été marquée par deux grosses actu du JV en France, deux petits trucs qui méritent l’attention et c’est un peu comme une mauvaise et une bonne nouvelle. On va faire comme d’hab et commencer par la Paris Games Week.

Sans aucun rapport : du TENNIS !

Je sais même pas vraiment pourquoi. C’est comme un réflexe pavlovien. Ça fait cinq ans que je chronique pour le fun « l’évènement d’Halloween Parisien » – en référence à cette époque qui commence à s’éloigner où c’était encore le Micromania Game Show. J’y reviens toujours avec un avis plus que mitigé, je dois avoir une mémoire défaillante, ou alors c’est mon amour des rituels qui parle. Bref, le Paris Games Week, c’est le lieu idéal pour râler si on a un besoin fondamental de râler : ce n’est un salon intéressant que pour un certain type de joueur. Un panel large, certes, puisqu’il exclut seulement les « métas » – presse et industrie – qui n’y verront rien de nouveau, quand bien même c’est une bonne façon de s’amuser et de rattrapper deux trois trucs. Ça reste une vitrine pour quelques studios et indépendants français, on va y revenir, mais rien de transcendant, ce n’est pas l’E3. En revanche, c’est un évènement qui génère un minimum d’attention médiatique et qui se tape parfois un mini-scandale. C’est fou, on dirait Rock En Seine. Toujours la vitrine de Noël, certes, mais si vous arrivez à vous procurer une PS4 avant février, c’est que vous êtes franc-maçon.

Dans la « mauvaise » nouvelle, du positif tout de même puisque le malaise s’est déplacé des journalistes vers l’industrie, mais aussi les joueurs par extension. C’était il y a déjà un an, le fameux Doritosgate a soulevé pas mal de questions restées latentes dans l’année.
Késsadire ? Un Geoff K, journaliste JV, un peu « whatever » entre un kakémono Halo 4 et des Doritos/ bouteilles de Mountain Dew. Le symbole était parfait, la presse spé a un problème de connivences avec les éditeurs. A partir de là, des médias plus généralistes ont commencé à disséquer les pratiques douteuses qui émanent de certaines rédactions ou éditeurs, tout en questionnant le statut de journaliste. Un débat intéressant mais un peu confus puisque le jeu vidéo est une pratique journalistique culturelle comme une autre et pas forcément compatible avec l’imagine du journaliste généraliste intrépide. C’était, en revanche, l’occase de faire un peu d’investigation et de propulser des petits nouveaux. Bref, beaucoup de regards vers beaucoup de nombrils mais ça a soulevé des questions importantes, parce que rien ne dit que le journalisme – par exemple – musical n’est pas frappé par les mêmes réflexes. L’origine du bouzin n’a pas eu de rapport direct avec la PGW, sinon un souci de timing. Résultat, des journaleux survoltés et un évènement qu’on doit aux grands pontes d’Activision qui peut ainsi faire la promotion de son Call Of annuel. ET LA, TRANSITION !

Call Of Duty. Je ne suis pas fan. Avant de ne pas aimer le jeu, je n’aime pas ce qu’il représente. Les chiffres qu’il génère, son public, ses messages mixés. Ce n’est pas bien grave, mais les jeux en eux même ne sont pas toujours fantastiques. Call Of et Battlefield sont souvent des AAA bêtes et méchants, pas très non-américains friendly, on peut l’ignorer et jouer à des machins qui prennent ce genre de sujet bien plus intelligemment, Spec Ops : The Line en tête. Le truc c’est qu’il cristallise tout ce qu’on aime pas dans le jv et son public fait un peu de même. Sans se lancer dans un discours identitaire à la con, c’est un soft qui polarise pas mal de trucs gênants et ça va jusqu’aux jeux en eux-mêmes. Ghosts est un cran au dessous, difficile de pas se souvenir du jeu vita 2012 et de sa durée de vie amusante, bref même le « standard » n’a jamais été grande folichonnerie.

Video games haaa~

Video games haaa~

ET DONC ACTIVISION A EU LA BONNE IDÉE DE PROPOSER 500 PACKS PRESTIGES A 200 BROUZOUFS AUX 500 PREMIERS PRÉSENTS SUR LE STAND. Une idée tellement réfléchie, surtout après des gars piétinés à Milan dans l’exact même contexte. Donc voilà, deux milles gus qui attendent toute la nuit par moins trois, qui pètent un peu les plombs, qui ne donnent pas forcément le meilleur d’eux même et qui provoquent un meme forcé pas forcément super drôle. Après le bazar initial on retrouve des packs sur leboncoin et ils sortent tous du 93, les implications sont infortunées. Vous me direz, au moins, c’est pas des kits presse. Enfin bref. La démographie au PGW, c’est un sujet pas simple à aborder, surtout quand on voit tout ces Youtubeurs « accrédités » qui se baladent avec leurs parents.

Bon, y’avait quand même pas mal de trucs à essayer ou tester. Déjà, très bonne idée que ce coin enfant dans un deuxième hall, loin du sang et du monde du machin principal. On y trouvait pas mal de choses adaptées à tous : un énorme stand Skylanders (ce concept qui devient un genre à part, hmm hmm Ubi) un gros coin rétro où on peut jouer pépère et un carré consacré à l’indé Français avec, par exemple, un Tetrobot aux présentateurs enthousiastes (et qui filent des bons des réductions) et plein d’autres choses, un quiz de l’extrême dans un périphérique-kart, un FPS qui se joue avec les doigts et une air-manette (j’ai encore oublié le terme précis, damn) etc etc.

Pêle mêle, sans grand fil conducteur : Octodad est, comme prévu, débile à souhait, rigolo à jouer et à regarder mais je doute que le concept soit fun plus de quelques heures, surtout avec ces commandes volontairement oulipiennes. Le coin Nintendo – après avoir focalisé toute l’attention l’année dernière – valait encore son pesant de jeux Wii U. C’est bizarre à dire, mais y’a quelques jeux qui pourraient y sortir cette année. Tous mais pas Smash Bros, faut pas trop espérer non plus. Un autre Mario 3D bien animé mais toujours sans âme, le dixième de suite donc, un Mario Kart qui sera sûrement excellent et qui compile tous les petits mécanismes qui ont fait le succès des jeux précédents et un Bayonetta 2 incompréhensible, je ne suis pas encore de ce bord là, malheureusement. J’aimerais être intéressé par le prochain Zelda sur 3DS, mais pour une raison qui m’échappe, il me passe vraiment par dessus. Sans doute parce que je n’ai pas ce fétiche des Zelda en 2D…

La Xbox One était à la disposition de tous (du moment qu’on ne la touche pas en pleine private session) et, il faut bien l’avouer, l’objet en lui même n’est pas très sexy. Trop carré, trop rugueux, un peu massif-agressif. La manette est pas mal pensée et un Forza 5 était en démo. C’est là que je me rends compte à quel point Horizon était fun et bon esprit. Des vibrations dans les gâchettes. Des petits sticks repensés. Voilà voilà.

De l’autre coté, chez Sony, on a joué un peu à Knack. Le tout premier jeu présenté de la PS4 ! Moi de me dire « oh la la ça va être choupi et gosses-friendly façon Kameo » et je ne suis pas certain. C’est assez difficile, comme démo présentée. Sympathique, s’oublie en très peu de temps. Tout le monde a passé la soirée à nous dire que #Driveclub n’était pas bien. On va croire la doxa et attendre un peu. J’ai plus tendance à attendre The Crew mais Ubi a un petit souci avec ses deadlines ces temps ci, je ne sais pas si ça s’est vu. Et c’est déjà tout, rien eu le temps de tester en plus en une soirée.

La vie de salon : une aventure en pyjama

La vie de salon : une aventure en pyjama

Spéciale dédicace au stand Jeuxactus et Cyprien Gamin, un mystère pour les générations futures, mais aussi pour Bethesda, qui ne générait pas beaucoup d’intérêt. Namco avait une thématique clairement japoniaisante – enfin, une thématique – et un bisou au copains de BigBen et assimilés qui faisaient essayer WCR (qui est sûrement pas bon du tout mais hé c’est des copains !)

Donc ça c’était pour la « mauvaise » nouvelle. Mitigée, quoi, pas spécialement pour nous, quand bien même il y a toujours à boire et à manger. Ça n’empêche pas le salon de toujours être un moulin quand il ne le faut pas, d’être globalement sale et de cultiver les choix curieux.

La BONNE nouvelle, c’est l’apparition d’un nouveau mag JV, JV. Je crois que le titre a été choisi pour la vanne. Walou commentait ce même article l’année dernière, c’est l’un des rédacteur du-dit magazine, rédigé par des anciens de Joystick, entre autres. Je maîtrise très mal cet organigramme, mais c’est un projet des gars de Zqsd, qui a du agir comme un think tank. Sans aller dans le publi-communiqué, c’est un vrai bon premier essai qui garnit un rayon JV devenu super pauvre par la force des choses. Il rejoint donc Canard PC et le mystérieux Videogamer.

Je vous en parle parce que je suis un terrible novice de la presse papier. Je vous l’expliquait déjà dans un viiiiieil article consacré à mes archives de magazines favoris, mais je ne sais encore rien de, par exemple, la presse lifestyle. En ce qui concerne le JV, je suis toujours accro et fermé sur Edge et Games, les deux pontes de la presse UK. Les deux s’équilibrent bien et sont de beaux objets aux bonnes idées, même si s’y abonner en Europe coûte trois bras – couplé à un mag qui commence à prendre l’habitude d’arriver très tard en boîte. Avec le mou du bouclage, ça fait presque un mois de retard complet. Je m’abonne à JV avec pas mal d’enthousiasme puisque c’est une première fois depuis le défunt Nintendo Mag, à l’époque des débuts en 2002, on était petits, peu critiques mais il y avait quand même plein de belles choses dedans.

JV numéro 1 donc. Mensuel de quatre euros. 100 pages, beaucoup de pubs heureusement concentrées au début. Une tranche carrée (OUI ! :D) qui était une grosse préoccupation de la rédac (RE-OUI ! :DD) et une maquette pas trop fantasiste dont je suis pas le premier fan – beaucoup de blanc partout. Mes notions dans le domaine sont faiblissimes mais j’aime vraiment les deux magazines sus-cités pour leurs designs respectifs. D’ailleurs, JV semble sortir d’un blend entre les deux. Pas trop volontairement « funifun », beaucoup d’emphase sur l’insight, les analyses précises, mais aussi ce fétiche du rétro qui conclut Games. Cher amis, si vous me lisez, le « coming next » des deux en dernière page est un indispensable à mon goût. Peut être pas en utilisant un screenshot – quoique l’idée a toujours été charmante – mais dès que vous êtes sûr de vos deadlines, pensez-y.
De l’actu, de l’analyse, des critiques, un peu de méta, quelques focus et une petite prise de risque : une double page consacrée à d’autre produits culturels. Ca désarçonne mais c’est pas particulièrement malvenu. Par contre, la BD et « l’humour plein-pot » dans un mag, j’avoue que j’ai toujours trouvé ça bizarre, et c’est pas faute d’avoir été nourri à ce mélange à grands coups de Picsou et Kid’s Mania, comme tout le monde.

Joue à Call Of, nettoie ton lycée (encore)

Joue à Call Of, nettoie ton lycée (encore)

L’emphase est mise sur l’absence de notes. On trouve quand même un macaron « Jean Vidéo », l’Ulysse local. C’est un choix et c’est à respecter, ça permet d’articuler bien plus facilement divers avis sur un jeu. Et ça tombe bien ! Le tout premier test du mag, c’est Beyond !
Exemple de premier dossier : les clés russes bradées. Etant pas PCiste pour un sou, j’ai découvert un vrai petit phénomène, c’était traité avec précision et sérieux, c’est chouette. Du même auteur, une page sur les notes fluctuantes de Polygon, que j’avais alors dans le radar en début d’année. Ça m’a rappelé de chouette souvenir, mais bref. Le ton global ? Sympa, assez pro, gentiment familier, plus destiné à ma génération qu’à des gamins de quinze ans.
Vraiment, au delà de cette couverte assez bof, c’est une centaine de pages qui promet pas mal de belles choses. L’aventure commence, elle est casse-gueule, et essayer avec professionnalisme et cohérence, c’est déjà super honorable et ça fait une saine lecture en plus.

Bonne chance les gars !

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Rage impuissante

Comme je ne sais combien de millions d’adulescents sur Terre, j’ai vraiment aimé GTA V. Je comprendrais qu’on puisse lui reprocher pas mal de choses mais voilà mes « deux centimes » sur le sujet. Un mois depuis sa sortie et on a pu tous le finir et se forger un avis dessus. La hype est retombée, l’emballement médiatique, très éphémère mais bien présent le jour J, n’est plus. Concrètement, j’y ai laissé une soixantaine d’heure pour boucler le 100 % et sans beaucoup aller sur GTA Online; Un peu comme Persona 4 il n’y a pas longtemps. Quelques heures de plus que Skyrim. Investissement net et divers, pas comme Diablo que je me suis retapé quatre fois pour les succès.

Cette peinture des psys est... intéressante
Bon, il y a deux postures sur GTA V. Produit de consommation ? Vrai bon jeu ? Truc violent qui rend Jéhovah triste ? Peut être un peu tout à la fois. Je vais encore taper le même pamphlet : je ne fais pas la distinction entre bon et efficace. Oui, GTA V est un quadruple A+ qui a généré moult chiffres très imprécis diffusés dans la presse. Oui, il a demandé autant de pognon qu’un blockbuster américain et oui, on sent nettement cet amas de thunasses dans cet open-world puisqu’il permet de faire à peu près tout. En revanche, on se rend compte que le 4, sorti il y a cinq piges et testé il y a trois et quelques par votre serviteur, donnait la même impression à ses débuts. Deux choses :

– Je suis intimement persuadé que GTA IV et V se distinguent « d’un degré. » Rockstar a dû se dire «bon, on va pas faire de la next-gen mais on va ajouter tout une dimension.» Je considère qu’il y a tout une profondeur supplémentaire avec le 5, sans parler de gameplay asymétrique, de plusieurs persos etc etc. Non, un vrai ravalement de façade couplé à une façon de repenser le gameplay. C’est cliché à dire mais tout ce qui a été fait jusque là a clairement servi pour concevoir le 5. C’est la marque à battre, donc. Pas étonnant avec un postulat pareil et une attente de guedins du public ! Je me souviens du premier teaser d’il y a deux ans comme si c’était hier – on voyait déjà Michael parler – et je me souviens de cette époque où on spéculait un GTA V en France. Ben non, finalement, c’est Pokémon. Wow. C’est bizarre.

Deuxièmement, le 4 paraît bien chiant et premier degré comparé à ça. C’était mon premier contact avec la saga et ça passait plutôt bien – surtout fourni des Episodes Of Liberty City – mais oui, c’était marron, sombre, parfois un peu chiant. Chez Rockstar, la puissance du soleil est visiblement proportionnelle à la dinguerie de l’univers puisqu’évoluer dans Los Santos est beaucoup plus agréable, second degré, marrant – pas toujours mais en général – et agréable. Je n’ai jamais joué à San Andreas et mon dernier contact vidéoludique avec LA, c’était avec Cole Phelps. Je rappelle que le principal intérêt de ce bac à sable est la conduite + radio. Vivre des petits moments sympas quand votre chanson préférée tombe devant un soleil couchant, y’a que ça de vrai ! Los Santos est un vrai monde persistant, avec ses petits évènements aléatoires, bien scriptés, ses passants, ses milliards de lignes de dialogue (je serais curieux de savoir dans quelle part du budget va le travail sonore) et son authenticité. Y’a pas le Convention Center mais on y retrouve plein de petits endroits emblématiques. On pourrait se limiter à la ville intra-muros mais la carte est trois fois plus grande ! Un faux désert du Mojave, un massif montagneux, quelques plages, un téléphérique, autant d’espaces variés.

Trois parties de la carte, trois environnements différents, avec leurs radios, leurs mentalités, trois identités distinctes. Prendre un hélicoptère, survoler un lac avec les Doobies Brothers en fond sonore, c’est du caviar et je ne demande que ça. Beaucoup d’entre nous ont retrouvé des sensations perdues depuis Red Dead – sans les cougars qui one-hit-killent. L’environnement est magnifique, le champ de vision super large, c’est beau, c’est mieux animé, il manque que quelques images par seconde pour que ce soit parfait. Ho, et la technologie faciale de L.A. Noire n’est pas au rendez-vous, c’est dommage. Ça bloque au niveau de Team Bondy ? Dans les faits, GTA V est un énorme environnement rempli de milliards de collectibles et de possibilités. C’est au delà de mes espérances et c’est un énorme plaisir de le parcourir. En plus, fière tradition Rockstar oblige, on le découvre logiquement et graduellement, sans limitations.

Je répétè l’idée donc : tout est « un cran au dessus ». Ça pourrait être cyclique. GTA 6 sera next-gen et peut-être qu’il sera un peu chiant.

En revanche, il est plus compliqué de parler du scénario. Je ne sais pas vraiment s’il y en a un. C’est surtout l’histoire d’une amitié très bizarre entre Michael De Santa et Trevor Phillips. Deux habitués aux casses qui en foirent un, Michael simule sa mort, on le retrouve huit ans plus tard au soleil. Les retrouvailles font quelques étincelles et millions de dollars en plus. Au milieu, Franklin Clinton, la caution « ascenseur social » du jeu, pris entre deux feux. C’est d’ailleurs lui qui va incarner votre décision finale dans le jeu. En bref, deux persos et un miroir. Yathzee disait : « juste un jeu ou trois gars font des trucs» ça tape assez juste parce que le tout manque de liant. GTA 4 avait ses arch-nemesis, la progression de Nico dans la vie de truand, etc. Dans les 5, c’est comme si les persos avaient déjà vécu leurs GTA à eux avant que l’action ne commence.
Il faut prendre ça comme « un mois un peu dingue pour trois persos un peu dingues », rien de plus. Il y a bien quelques « méchants » qu’on va tous dézinguer en même temps vers la fin mais rien de plus. C’est une approche différente, moins feuilletonnante, il n’y a rien de mal à ça. Niveau rythme, c’est à chacun de gérer l’action comme il le veut, il y a suffisamment de missions principales et annexes pour tenir entre telle ou telle activité et garder un flux de « fun » continu. Le début est un peu chiant. L’intro est intéressante mais les premières missions avec Franklin sont pas bien palpitantes. Ça va venir, sans grand gigantisme, au final, on ne fait pas grand chose de vraiment dingue dans GTA V.

L’histoire de GTA V a donc une spécificité. Trois persos, trois storylines qui se croisent, trois bons persos. Vraiment. Si on reste à cette échelle, le jeu est réussi. J’aime bien cette culture du quarantenaire désabusé en 2013, c’est une tendance si PROTO HIPSTER.

Michael est donc votre victime lambda de la midlife crisis. C’est plus ou moins le narrateur du jeu : il pourrait se résumer au récit de ses conneries dans la chaise de son psy. Rien que cette idée est séduisante. Très cinématographique. Wow such Alan Ball. Bref, je raconte n’importe quoi mais ce perso est follement attachant.
Pas trop charismatique mais attachant. Un peu blasé de tout, un peu dingue, ayant un gros problème avec la gestion de la colère. Sa (dingue de) famille se barre, tout s’écroule autour de lui, ce mec est coincé dans une spirale surréaliste. Malgré tout, il tient bon en serrant les dents et il s’accroche à ses rêves de cinéma. Quand Trevor se ramène avec une nana dans un coffre, la réaction de Michael résume tout son personnage. « Putain, pourquoi moi ? » Les persos de la saga sont souvent désabusés mais ils ne le montre pas continuellement pas comme ça. Je trouve ça rafraîchissant.
Franklin est le perso de GTA de base. J’ai pas connu CJ et je saurais pas comparer mais j’apprécie son pragmatisme. Un peu cliché dans les « yo » « homie » et autre « nigger » – puis un peu lassé par ses copain débiles. Il tombe sur les bonnes personnes et a bientôt sa belle baraque à Hollywood. Enfin, Vinewood. Franklin Clinton c’est le bon copain, la bonne poire, un mec sympa mais gentillement con et pas bien réfléchi.

Je suis #teamTrevor depuis les premiers teasers. Ce mec incarne tout ce qu’on veut voir dans un GTA. Un pur concentré de dinguerie. Vêtements dégueux, calvitie hirsute, regard de fou, ancien de l’Air Force, remercié parce que trop dingue. Un pur aligné chaotique qui provoque la majorité des rires dans le jeu. Ce n’est pas toujours amené pour la joie et la bonne humeur – dans une scène, il a un comportement psychotique qui va terriblement loin et ça n’a aucune incidence sur rien ni personne, sinon provoquer un léger malaise pour le joueur. Son introduction est plus que mémorable et il va se payer le luxe de massacrer un personnage fondamental de la saga GTA. Comme ça, nonchalamment. Voilà donc votre psycho killer de luxe. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses origines canadiennes, il n’aime pas être traité de hipster. Tout ce qui gravite autour de ce perso et soit très drôle soit très malaisant. M’enfin, vous aurez compris l’idée.

Trois persos constants et qu’on aime voir évoluer. On pourrait dire « trois persos un peu cons ». Je sais pas. Tout le monde l’est un peu. On a accusé GTA d’être misogyne ; Et bien, oui, c’est certain, puisque les nanas font partie de cet univers où tout le monde est parfaitement con ou caricatural. Une héroïne serait cool et intéressant, c’est certain. Rockstar est le premier à jouer au petit con puisqu’il s’est prouvé bulletproof via une scène de torture qui n’a pas beaucoup fait parler. Certes, elle est usée pour un élément de caractérisation (et peut être de satire mais pfiou que c’est vague dans ce contexte) mais perpétuellement pousser le joueur à faire les pires conneries pour avoir les meilleures « notes » est une constante dans GTA V. SENTIMENTS MIXES DONC.

En parlant de constante étrange, GTA V a ce fétiche bizarre des tâches chiantes et redondantes. (Notez la masse d’épithètes dans cette phrase. C’est mon péché mignon) on va vous demander, en gros, de faire un pèlerinage de huit kilomètres à pieds dans le désert, de vous taper un triathlon d’une demi heure, de récolter soixantes collectibles dans la mer à vitesse d’escargot (trente à la nage, trente en sous-marin lent comme la mort) etc. Ce qui me fait penser que Los Santos et ses environs sont en fait une île, c’est un peu bizarre mais bref, l’idée est qu’il y a tellement de trucs à faire que le jeu est parfois aussi chiant que la vraie – il y a tout une couche « activités chiantement réalistes ». Du genre, faire du yoga à deux à l’heure en bougeant les joysticks, etc. C’est quasi-oulipien. Les développeurs, en plus d’être des petits cons, voulaient manifestement qu’on les déteste. Soit.

Et « tout », c’est quoi ? Enfin pouvoir nager, aller dans les profondeurs à poil ou en sous-marin, prendre tous les véhicules possibles (un zeppelin) faire X courses, activités, cascades, sortir entre amis, aller se payer du bon temps ou du sexe, les conneries habituelles d’un GTA. On y rajoute du golf, du tennis et on a tout le champ des possibles de la « trilogie » GTA IV. L’intérêt du truc étant le démon des détails qu’ont les développeurs sur leur jeu. Ils pensent à tout, le font savoir, se la pêtent un peu. Les show télé, les dialogues, les radios, autant de mini-productions qui valent le coup. Mickael a fini son film ? On peut aller le voir au cinéma, et Dieu qu’il est pourri. Ca ne vaut pas le fameux « Antoiiine ! Antoiiine ! » de ce machin d’arts et d’essai – même si rien ne supplante les films de Red Dead Redemption. Bref, vous voyez l’idée. Les fans de la saga pourront y voir moult caméos, bien cachés ou pas. Pas mal dans un jeu où les missions principales ne sortent pas vraiment de l’ordinaire – seuls les « Inconnus et Détraquées » apportent le petit grain de dinguerie qu’on attend du jeu. Persos bien doublés, animation impeccable, inutile de s’épancher sur le sujet, il n’y avait pas de doute en amont.

Y’a-t-il des ajouts particulier dans le 5 ? Rockstar a bien pigé qu’on avait tous aimé la mission No Leaf Clover dans le précédent et les casses font désormais partie intégrante du gameplay. Les circonstances font qu’on aura toujours besoin d’argent à tel moment, il va falloir planner la mise à sac d’une banque ou d’une institution locale, le FBI, par exemple. C’est là que bouzin se la joue Ocean’s 11, vous demande une approche « subtile » ou « agressive ». On peut choisir son équipe, sa manière de procéder, le jeu fait pas mal semblant d’étaler des possibilités mais il n’y aura pas d’énormes incidences à moins de vraiment le faire exprès.
Ces petits rajouts de gameplay sont frustrants car à l’importance minime : l’expérience de votre crew est pas bien importante puisqu’ils servent tous deux fois grand maximum, les « statistiques évolutives » des personnages sont risibles… des petits éléments qui font un peu semblant. Les « super pouvoirs » des trois persos, eux, sont bien utiles. Pouvoir ralentir le temps en bagnole ou en plein gunfight façon Max Payne, ou faire rentrer Trevor dans une transe dingue qui lui fait encaisser encore plus de dégâts : cool ! Les trois personnages sont bien « articulés », d’ailleurs. Oui, ils s’équilibrent bien en termes de caractérisation, mais le liant « entre eux » est bien fichu. On en choisit un, zoom-dézoom dans tout LA, petite animation pour faire le lien (une tonne en mode aléatoire, celles de Trevor sont géniales, y’en a une où on le voit vainqueur d’un survival game sur une île ok) et hop, c’est reparti. Tout est « pensé en trio », c’est cohérent, les trois vont piquer une voiture d’une manière différente. Michael invite prestement les passages à sortir, Franklin les fout de force par terre, Trevor les cogne contre le volant. Mamma mia, les petites touches.

Enfin, j’aime bien l’idée des GTA ancrés temporellement. C’est quand même un jeu où on assassine le wanabee Mark Zuckenberg, on voit ça partout dans la ville, le métro, la télé, autant de références à ce qui a bougé depuis 2008. Ce qui compte le plus ? Les radios, bien sûr. Une tripotée, quinze, avec autant de morceaux par radios – ce qui fait beaucoup dans l’absolu mais ce qui vous ramène très vite aux mêmes titres si vous en écoutez deux trois en boucle, comme une majorité de joueurs. Edge avait fait un papier sympa pour expliquer en quoi GTA éduquait musicalement les joueurs et je ne peux qu’opiner du chef : si on retrouve une caution rock classique, pop (avec tout ces morceaux d’eurodance 90′ ! Yippee !) soul, rap, disco et même country, je ne peux qu’applaudir devant la programmation de Vinewood Radio qui s’efforce de coller à l’actualité : Wavves, Sharks ?!, Thee Oh Sees (coeur avec les mains) Fidlar et autres machins qui seraient inconnus hors scène d’origine sans ce jeu. Le tout est bien mâtiné de guest-stars qui font les DJs, de talk-shows etc etc. Un bon point indispensable et complété par un score excellent qui ajoute une ambiance toujours adaptée au contexte : la « zik de fuite », la « zik de cambriolage », la petite « zik de la bicyclette », tout ça est conçu avec talent et intelligence et sert toujours ce qui se passe à l’écran. Tout ça devrait sortir en disque dans pas longtemps et c’est dispo sur Deezer.

BREF. GTA V n’est pas vraiment une œuvre minimaliste et arty mais je serais le dernier à lui reprocher. Je me fiche de la légèreté du scénario, je suis là pour l’environnement schtarbé, les personnages et la beauté globale du truc. Enfin, j’entends par là les beaux graphismes. Ça me dérange pas d’avoir découvert San Andreas (la ville) avec ce jeu, car il pousse le jusqu’au bout-isme dans des dimensions qui font plaisir, tout simplement. C’est un bon GTA, qui mêle beaucoup de choses, de tons et qui les traite bien. Ça me suffit amplement. GTA V est un très bon jeu et son battage m’a semblé justifié.

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Aww

Okaaaaaay alors les p’tits gars, avant toute chose, l’instant pub. Amo et moi allons poursuivre les choses en parallèle et en podcast. Ça s’appelle LOLJAPON, ça rejoint le pôle Radio Kawa et c’est diffusé sur Synopslive. Un « statut culturel », exactement comme pour Respawn, un dossier thématique, puis une foultitude de rubriques rigolotes : Le Seuil de Tolérance où Amo me force à regarder un anime savamment choisi pour me rendre dingue, Les deux minutes du Pitch où je lui rend la pareille et en le forçant à décrire un truc qu’il adore en deux minutes – sans qu’il sache quoi à l’avance – puis l’instant vocabulaire où on vous explique ce qu’est le netorare ou le futanari. Excitant, non ? Pour le premier numéro, le dossier est consacré à DanganRonpa et aux survival games. Après la diffusion, c’est podcasté et – gros bonus – un deuxième numéro vous attend. Le pilote, consacré au MALAISE et à WataMote. Venez nombreux, abonnez vous, partagez notre chaîne et n’hésitez pas à manger vos dents.

Bref, aujourd’hui, je voulais vous parler d’un petit phénomène que j’aurais dû évoquer il y a bien longtemps, ça n’a rien d’une actualité, mais j’ai découvert cette vidéo il y a un mois, sous la bannière du old. Elle datait du Superbowl de 2012. Voici le clip de Needing/Getting d’OK GO. Si ça ne vous dit rien, ne lisez pas la suite, prenez juste quatre minutes de votre temps pour le mater. Vous savez que j’aime les jeux de rythme, les gars qui se souviennent de « Star Guitar » des Chemical Brothers ne peuvent qu’aimer ceci. Donc voilà, aujourd’hui, mini post en mode Buzzfeed.

Je trouve cette vidéo fantastique. L’idée est formidable, puissante, rigolote, elle ne veut rien dire et tout dire à la fois. Il y a des petits moments que j’aime encore plus, le passage des barils (il y a un moment vers 2′ où ça marche particulièrement bien) le petit passage en chœur et en marche arrière, puis à peu près tout. Au départ de la vidéo, on se demande si c’est juste une pub cachée pour la Chevrolet et s’il ne vont pas bouger et juste taper en rythme un peu partout. Pis non. Des bras mécaniques, un sens du timing imprécis – et c’est là qu’est tout le charme du truc, parce que croyez le ou non, je ne sais pas si je préfère la version originale du morceau à celle-ci – les guitares… c’est chouette. Damian Kulash, le chanteur, a du faire un petit stage de cascadeur pour exécuter le truc, qui n’est évidemment pas fait en une prise. Le groupe à sorti un petit logiciel pour calculer la vitesse idéale selon les parties de la chanson, ce petit coté home-made n’enraye évidemment pas la douce folie et les moyens évidents qui émanent du truc. Autant d’instruments, il faut les thunasses et ils peuvent remercier Chevrolet qui ont été laxistes et ont laissé le groupe faire à peu près ce qu’ils veulent, sans imposer des pubs trop subliminales. Bref, tout le monde devrait être content.

Mais les fans hardcore du groupe ne sont pas trop trop contents. OK Go, c’est l’amour de la prise unique et du minimalisme, mais avant tout l’amour des clips à idées. Du pognon derrière tout ça ? Bleuaaargh. Il fallait sûrement se contenter d’un Domino Express de trente secondes.
Et donc OK GO, c’est quoi ? Un groupe américain de, disons, Power-Pop, Power-Rock, je sais pas comment classer ça, du rock tout gentil et tubesque. Je ne suis pas particulièrement fan, parce que je lui reproche – et c’est là le paradoxe de fou avec ce groupe – un manque d’idées. Je le trouve très comparable à Weezer, qui ne va pas du tout chercher la performance, qui n’est pas super ambitieux, qui cultive le simple et le minimaliste. Bref, « Meg White, le groupe ». Bon, ça c’est l’avis de chacun, mais la critique n’est pas particulièrement emballée derrière le dernier album sorti en 2010. En revanche, ils sont davantage connus pour leurs clips. C’est même devenu leur marque de fabrique, on retient plus leurs vidéos que la zique derrière. C’est pas un mal parce que le fétiche du clip est un truc lointain aujourd’hui disparu. C’EST TRISTE ! GONDRY NE PEUT PAS ÊTRE PARTOUT, VOYEZ !
Souvenez vous, en 2006, Here It Goes Again. Le tout premier morceau à jouer dans la saga Rock Band. (Guitar Hero a préféré Do What You Want) Quatre gars, des tapis roulants, une chorégraphie de l’enfer à tenir pendant trois minutes. Je sais pas combien de prises et un ramdam sur une toile d’un autre temps, où Youtube est encore un truc tout jeune. Ça créé son micro-phénomène qui s’exporte jusqu’à ici, merci Koreus, puis ça se recalme aussitôt. Il n’ont jamais eu une grosse actu en France depuis mais ils ont gardé ce concept du « clip über alles » : une grosse idée, de préférence en prise unique, un plan fixe et yadda yadda. Mon objectif du jour et que vous preniez le temps de parcourir un peu leur chaîne Youtube. On se mate deux-trois autres clips, pour l’amour des yeux et de la créativité ?

« This Too Shall Pass »

Alors oui parce qu’en plus, ils se targuent parfois de faire le truc en plusieurs clips différents. Avec des idées différentes. Je poste celle-là parce que je préfère largement cette version à la fanfare ambulante, qui, elle, est en un plan-séquence. Comment ça, ce clip aussi ? Ben non ! Ça ne se voit presque pas mais trois morceaux ont été collés ensemble pour mieux synchroniser le tout à la musique, à des points précis où ça ne se voit pas (le passage dans le noir, etc) – comment ne pas aimer ces histoires de réactions en chaîne ? Imaginez, les quatre membres qui flippent pour leur vie de ne pas voir le truc continuer et qui doivent en plus se déplacer à vitesse flash derrière la caméra pour être partout et chanter nonchalamment. C’est tourné à Los Angeles, il a fallu une soixantaine de prises, trente personnes et une heure à chaque Reset. Voilà. Un clip façon Domino Day était ce qu’il manquait à ce blog. Toute cette variété ! Cette facilité d’exécution ! J’en reste tout flabistouflé. Ce genre de truc m’hypnotise comme jamais.

WTF

Ils ont fait un clip pour la moitié des pistes de ces album qui en compte, de mémoire, seize ou dix-sept. Ok, pourquoi pas. J’ai une affection toute particulière parce que j’ai très longtemps été victime du « Windows Effect » sur mon vieux XP qui aura bientôt dix ans. Ils ont du partir de ce constat pour créer un petit logiciel qui fait la même chose volontairement : toutes les frames restent à l’image, il faut « repasser au premier plan » pour imprimer quelque chose par dessus. Le premier plan, c’est tout, puisqu’il font ça sur un fond vert. Ça marche partout, sauf sur eux, donc, bref, la vidéo parle d’elle même. A partir de là, ils trouvent tous les trucs qu’il fallait faire dans ce contexte, et comme d’habitude, la vidéo n’a aucun sens sinon d’exploiter le truc à fond. Encore une fois, en une prise, sans probablement avoir de retour sur le rendu, l’effet est impeccable. Bravo le veau.

« White Knuckles »

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus foooooort : plan unique, pas de coupes, une petite chorégraphie et un facteur aléatoire lancé et relancé dans les pattes du truc – des chiens partout. Une centaine de prises a été nécessaire pour trouver la bonne. Encore une fois, ça ne veut rien dire de rien, c’est pour le plaisir de la performance. C’est complètement infaisable en live. En tant que morceau, c’est pas génial, mais pour être « le gars relou qui veut montrer une chouette vidéo en pleine soirée », c’est parfait.

Etc etc. Quatre gars qui font peut être pas de la musique excellente ni même bonne mais qui ont des idées en tête et plein d’argent.

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Un peu de bon temps

OUPS. J’ai été pris en flagrant délit de manque de temps. Septembre aurait pu être un mois de rattrapages, il y a eu aussi quelques petits trucs en plus comme, disons, GTA V (un assez gros bouffe-temps) Breaking Bad, Papers Please il y a un mois, etc. Peut-être plus tard. Là, j’ai l’impression de mettre ce blog en soins palliatifs. J’ai tout de même eu envie de vous parler brièvement de The World’s End.
Même si j’ai envie d’en écrire des tonnes sur Breaking Bad. Pour l’instant, je me contenterais de dire que c’est une dernière saison très cruelle, cohérente et vraiment sympa en termes de caractérisation. Il se passe ce qu’il doit se passer à chaque fois et, bizarrement, ça sonne aussi inhabituel qui bien.

Il n’est peut être pas malin de lire des tas et des tas de pavés analytiques sur le sujet avant de voir le film – et il devrait être assez difficile de le voir au cinoche de nos jours. Il sortira en boîte pour Noël et c’est typiquement un film qu’il faut voir à l’aveugle, je l’ai fait et je ne regrette pas. Vraiment vierge de toute impression est un état d’esprit idéal pour voir ce truc qui aime sauter une armée de requins et changer le genre de son film en cours de route, comme ça, nonchalamment. Pourquoi celui-là ? Sans chercher un public niché, je pense qu’il peut davantage nous atteindre, nous les giks, parce qu’il invoque quelques codes qui traînent ici et sont généralement bien vus et parce qu’il est fait par des gens qui ont les mêmes passions, de toute évidence. C’est un peu général comme phrase, donc justifions.

Ça parle d’alcool et on y boit beaucoup. C’est un mécanisme narratif mais ça parle quand même d’alcool. Et mon rapport à l’alcool est super simple : il est nécessaire pour réseauter, mais je ne le tiens pas. Essayez chez vous, faites boire votre Concombre, il roule sous la table au troisième verre. Au quatrième, il décède, parce qu’il est à jeun et pèse trente kilos. D’ailleurs, le premier titre localisé en français du film était Le Dernier Bar Avant La Fin Du Monde, ce qui nous faisait hurler ; En tant que promotion un peu honteuse au bar qui pourrait te facturer l’oxygène ambiant. Tout va bien, c’est devenu le Dernier Pub, c’est quand même bien plus englishe.
En outre, c’est un film qui part d’une idée esthétique irrésistible : plus tu picoles, plus le monde autour de toi se désagrège. C’est quand même super séduisant.

Ce film fait partie de la « trilogie Cornetto ». C’est vrai, ça m’était sorti de la tête, mais ça rentre effectivement dans ce carcan – trois films n’ayant rien à voir mais fait par les mêmes gars. Edgar Wright à la réalisation (Scott Pilgrim VS The World, amour infini, ce simple critère est déterminant à lui tout seul) Simon Pegg (Benji Dunn dans Mission Impossible) et Nick Frost devant la caméra. Pourquoi la « trilogie Cornetto » ? Parce que la force des choses fait qu’un petit bout de papier de la même marque, ou les glaces, bref des Cornettos, font toujours un caméo dans les films – à savoir Shaun Of The Dead et Hut Fuzz. Dans ces trois films, Pegg se casse toujours la gueule en voulant poser et sauter une barrière. Dans les deux premiers, on parle de Pegg qui y incarne un personnage posé dans un univers tout à fait rationnel et réaliste, jusqu’à ce que quelque chose déconne et qu’on aille de plus en plus loin dans les strates de la dinguerie.
Par exemple, le premier est une zombie apocalypse, il faut donc en tirer les conclusions qui s’impose pour Le Dernier Pub. Enfin, les trois cultivent le postulat de la petite bourgade anglaise et du vocabulaire jolly. C’est 100% British et c’est très bien. Mixé à des genres de SF où à des pistes du même tonneau, fait par un gars dont le bon goût a été prouvé, c’est cool. Autant le dire tout de suite, le titre est effectivement un spoiler et le film YOLOTE suffisamment pour se transformer en post-apo dans les cinq dernières minutes. C’est osé, probablement un peu crétin, ça donne un plan final raté, je ne suis pas fan mais il y a surement pas mal de gens pour apprécier. Bref, un film pour des jiks, par des jiks, joie et bonne humeur.

Y'a aussi ce sacré connard de Walder Frey

Y’a aussi ce sacré connard de Walder Frey

Enfin, c’est un film sur un adulte qui ne veut pas grandir. Vous me direz que c’est pas nouveau mais quand on a 20+ ans, c’est toujours un sujet qui nous touche. A ce petit jeu, Simon Pegg est démentiel, voire touchant. C’est d’autant plus dommage que le machin commence un peu in medias res et n’apporte pas énormément de développements. Je ne trouve pas ça important dans le contexte. Deux visions m’ont suffi pour apprendre le film par cœur et pour noter que tous les éléments indispensables sont distillés à un moment ou un autre. En bref, c’est maîtrisé.

Tout ces paramètres font du Dernier Pub un film à voir. Les étudiants en cinéma, les connoisseurs et les cinéphiles y verront surement un film gentiment moyen, tendance sympa, un peu brouillon, mais je reste persuadé qu’il rentre dans un catalogue de films à culture geek HA JE SAIS CE MOT MAIS VOUS M’AUREZ COMPRIIIIIIS.

De quoi on y parle, d’ailleurs ? Cinq amis d’enfance retentent le barathon avorté un peu trop tôt, vingt piges auparavant – pas loin du jour de ma naissance, preuve que ça n’a rien de générationnel – dans la petite bourgade de Newhaven. The First Post, The Old Familiar, The Famous Cock, The Cross Hands, The Good Companions, The Trusty Servant, The Two-Headed Dog, The Mermaid, The Beehive, The King’s Head, The Hole In The Wall et The World’s End, autant de checkpoints où on aura droit à des gros plans chelous à base de verres qui se remplissent et oui, j’ai une mémoire terriblement sélective. Ce barathon va effectivement avoir lieu, devenir de plus en plus barré et c’est l’occasion de refaire un peu de numérologie, d’insérer des chiffres plus ou moins bien planqués dans les divers pubs pour distiller un peu la progression du truc, et aussi aider un petit culte autour de ce film car ouaip, c’est comme ça qu’on fait. Gary, Ollie, Andy, Peter et Steven se réunissent après vingt ans de vide – surtout emmenés par Gary, grand crétin irresponsable impossible à contredire. Quelque chose bascule et le film démarre enfin.

Ça commence comme un buddy movie sympatique, bien rythmé mais sans saveur particulière, avec quelques runnings gags pas bien brillants et une écriture sympa mais pas extraordinaire. Il y a des petites trouvailles visuelles mais qui n’égalent en rien le peps de Scott Pilgrim. Bon, ce n’est pas une adaptation, on ne peut pas tout inventer. J’ai donc eu un fantastique « gasp » de surprise à la vue de cette tête de robot qui décolle de ses épaules, à l’issue d’une scène de baston pas mal foutue. Au pub 4, paf, ça devient soudainement un film sur une invasion extraterrestre. Au final, après des zombies et un culte secret, ça ne pouvait qu’arriver. On se retrouve donc dans le « syndrome South Park » où les cinq personnages sont les seuls normaux dans un monde de dingues, ou plutôt de « machins ». Je sais pas comment appeler ça. Une beer apocalypse ? C’est marrant, ça sonne pas mal. On va la garder. L’expression.

Glou glouDonc j’imagine aisément que toutes les discussions autour de ce film sont à propos de ces différents sauts de genre. J’pense pas que ce soit confus. C’est juste une manière de faire. Un peu gonzo, un peu sans conséquences (et pourtant, dans la diégèse…) mais nécessaire. Ce film avait l’aura d’une truc un peu dingue et on ne peut pas surfer sur les codes visuels du post apocalyptique sans retombées. Il faut juste pas être fatigué devant puisqu’il accuse de deux trois longueurs et je connais des gens qui se sont endormis en cours de route. Trois quart d’heure de « tout va bien tout est normal » et une quinze de « yolo tout se barre en cacahuète mais il faut quand même le finir ce truc ».

Puis, Gary King. Il est irrésistible. En début d’année, j’avais pas mal aimé Hapiness Therapy (ce tiiiitre) parce que Bradley Cooper y est tellement, tellement impec’ en mec qui ne maîtrise rien autour de lui, à l’inverse de ses autres rôles plutôt flegmatiques. Gary King est un personnage flippé, un peu psycho, pas super bien dans sa tête mais toujours très positif. J’en ai connu des comme ça, j’en connais aussi et je suis sûr que vous en avez dans votre entourage. Ça apporte une dimension d’anti-héros pas encore tout à fait explorée et on sent que Pegg est à fond dans le truc. Bon, c’est aussi une question de caractérisation – le caractère insupportable de Gary est précisément ce qui va déclencher la-dite fin du monde, mais il y a du charisme dans cet éternel looser déchu. Les autres font un peu plantes vertes à coté, excepté de Nick Frost, toujours là pour assurer la bromance indispensable. C’est dommage mais encore une fois, les deux persos les moins développés se font broyer en engrais, alors à quoi bon ? Inutile de donner une tonalité grave gratuite au truc.
Et puis, hé, ça se termine sur une note bizarre, mais positive. C’EST PAS MELANCHOLIA QUOI.
Ha, et y’a Martin Freeman. (*Cris de fangirls*) Mais il meurt dans d’atroces souffrances.
Mine de rien, c’est aussi une petite réflexion sur « la connard way-of-life » et l’alcool en général. Le truc autour de la « ville un peu pérave » qui ne change pas a également son petit charme, mais ça reste dans la continuité des deux autres.

Quels sont les petits machins qui font la plus-value de ce film ? La BO. Oh que oui. C’est pas bien dur ni recherché, mais à l’inverse d’autres films dont la bande son est juste là pour faire « youpi je suis dans l’actualité » à la Kick Ass (damn, ce que le 2 est con) y’a une vraie cohérence d’ensemble parce que c’est beaucoup de Britpop. Ou pratiquement que ça. Le film commence sur cette petite tournerie rigolote de Mark Summer, y’a There’s No Other Way de Blur, mais aussi du Pulp, Suede, tout le film tourne autour du monologue d’intro d’une chanson de Primal Scream… et y’a une fantastique séquence autour d’Alabama Song des Doors. « Show me, the way, to the next, whisky baaaar~ » ha bah oui, forcément. Un petit moment d’angoisse collective très marrant et gentillement chorégraphié. Donc voilà, peut être l’occase de découvrir une ou deux pistes sympa.
Je note aussi le caméo de Pierce Brosnan qui vieillit, hé oui. Il est passé de « James Bond » à « méchant d’un James Bond » et c’est une peu le malaise en y repensant. Enfin bref, il a un rôle bien marrant et ça s’inscrit dans la continuité d’Hot Fuzz où on pouvait voir… Timothy Dalton !

 Pour résumer, je dirais qu’un vague buddy movie qui fétichise les pubs anglais, qui plonge à deux mains dans la SF gratuite et qui fait l’apologie des grands crétins ne se refuse pas. Même si on est #TeamGrenadine. Dites vous bien que si ce film ne virait pas de bord aussi franchement en son milieu – d’une part il ne ferait pas partie de cette fameuse trilogie, mais il serait resté un film comique gentil mais pas mémorable. Ce sont ces prises de risques, habituelles chez Wright, qui font que je parle de ce film aujourd’hui.

PS : D’ailleurs, le saviez vous ? Le Monaco et le Perroquet Bleu ont beau être mes boissons trademarks, j’adore aussi la Vodka Orange et les Tequila Sunrise. Mais bon, j’avoue, tout ça est très sucré, je suis une lopette.

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moe.

Non, désolé, c’était un piège. C’est un groupe sympa de jam, comme Phish ou Widespread Panic. Attendez, on va articuler ça avec quelque chose de plus cohérent.

Je suis dans une position un peu gênante. Plus tôt dans l’année, je commençais à faire ma précieuse en disant des trucs approchant les « Non, mais vous comprenez, ma période otake est derrière moi, j’ai grandi maintenant ».
PUIS PAS DE BOL, CETTE SAISON D’ANIME EST VACHEMENT BIEN. Pire, WataMote est même mon petit favori du lot – série qui, je le rappelle, n’est pas une ode à l’animal social. L’anime est vraiment drôle, bien fichu et apporte une plus-value certaine. DanGanRonpa est pas mal aussi même si les derniers épisodes partent un peu en vrille… et je ne doute pas de la qualité de l’attaque des Titans que je finirais par mater presto. Y’en a pour tous les goûts, du sérieux, du moins sérieux et Bonne Nuit PunPun est toujours là pour distiller un peu de malaise de temps en temps alors tout va bien. Je regarde tout ça en me disant qu’au final, il faut juste bien dissocier œuvres et fandom.

Sentarô : un sacré douche !!!! Ha ha !!!!

Sentarô : un sacré douche !!!! Ha ha !!!!

Je ne peux pas vivre sans mes petites manies et j’en ai une un peu plus chouette que les autres : faire un anime en fil rouge pour mon mois d’Aout. Après quelques années à me taper l’univers Hinamizawa, après le mastodonte Evangelion – et bientôt les films, joie et bonne humeur – j’ai rattrapé un petit phénomène récent en matant Kids On The Slope, vendu une quarantaine d’euros à la Japan. C’est mimi tout plein et ça mérite un peu d’attention alors poum poum CRITIQUE.

Vous en conviendrez, Cowboy Bebop est la meilleure série du monde, c’est prouvé***. Une collaboration entre S. Watanabe et Yoko Kanno, plagiats musicaux ou pas. Kids On The Slope (ou Sakamichi No Apollon) est le retour de ce duo dans un registre vraiment, vraiment différent. Est-ce que c’est mieux ? Non. Est-ce que c’est aussi bien ? Non ! Clairement pas, mais KoTS – l’anime – est largement mieux que KoTS – le manga. Je ne sais plus qui a été adapté de l’autre, mais le manga est de trop et la raison est simple – un manga musical sans musique… toi même tu sais.

Kids On The Slope commence dans une salle de classe, comme 98% des japoniaiseries. Et comme 97% des japoniaiseries, elle commence avec un transfert student et ow shit comme un air de déjà vu. Plot twist cependant, tout ça se passe en plein milieu des années 60. Avant de creuser le synopsis, il faut donc préciser deux contextes bien distincts liés à cette époque – historique, car c’est bien sûr une période éminemment connotée – souvenez vous, La Colline Aux Coquelicots – quand on essayait de rester éveillé devant le film – des pères marins, donc des pères absents, on retrouve la même chose ici. Ce qui nous intéresse aussi c’est le contexte musical – c’est en plein dans l’ère des Beatles qui ne vont pas tarder à débarquer au Budokan. Un potentiel infini pas franchement exploité parce que non, les Beatles ont une faible importance dans Kids On The Slope. Non, Kids On The Slope n’est pas une anime sur les Beatles. Kids On The Slope est un anime sur LE JAZZ. Et là, immédiatement, je pense « Jazz on my pants » mais c’est un piètre jeu de mots. Heureusement, grâce à la puissance de la prétérition, je peux quand même l’écrire. Bref.

Kaoru est donc un nouvel élève dans la classe du lycée X de la ville Y. Une ville japonaise avec plein d’étudiants en uniforme qui gravissent une forte pente pour aller au lycée. Un plot déjà palpitant mais soudain !! Il s’avère que le jeune homme est si balloté d’écoles en écoles qu’il développe une sorte de phobie scolaro-sociale qui le fait avoir une crise d’angoisse au premier stimulis. Un petit souci fort fâcheux qui va finir par le faire rencontrer Sentarô, un camarade de classe au caractère opposé. Le premier est un gringalet, le second une brute, le premier est un gosse de riches, l’autre sort d’un milieu bien moins aisé et doit s’occuper de ses quinze petits frères et soeurs, etc. Ce qui devait arriver arriva : passés deux quiproquos et demi, ils deviennent meilleurs zamis du monde. Ce qui les lie ? Le JIZZ. Heu, le JAZZ.

On s'touche beaucoup dans Kids On The Slope

On s’touche beaucoup dans Kids On The Slope

Sentarô a pour habitude de traîner dans la cave d’un magasin de vinyles – et Sentarô est batteur. De jazz. Kaoru est pianiste. Ils vont jammer ensemble et cultiver un vrai petit tranche de vie dont l’intégralité des storylines se résume à l’intro de « Love Sucks », des J. Geils Band : « Il l’aime, elle l’aime, il en aime encore un autre, tu ne peux pas gagner ».

Kids On The Slope est donc un univers strictement crédible, rationnel, 100% sans fantastique et qui pourrait tout à fait être une histoire vraie sur une jeunesse qui se cherche un peu, pour les critères des années 60. C’est comme un Sofia Coppola mais en réaliste – à dix ans près, la tranche de vie de nos parents, si vous préférez. Avec des enjeux des années 60 – je préfère préciser qu’il n’y a pas de smartphones, de magicals girls mais bien des gens qui vont en vacances en allant se baigner vers la plage du coin, qui ont des soucis davantages philosophiques que matériels etc etc. Loin de vouloir me positionner en grand yaka mais c’est un fait, c’est un monde un poil différent.

Je ne le vous recommanderais pas si il n’y avait pas quelques petits trucs qui font la différence. C’est le JIZZ, bien sûr, qui fait tout ça. L’opening résume bien l’idée, malgré sa petite voix crispante pour les oreilles sensibles – des mélodies, de la mélancolie, des gens qui bougent bien, de la synesthésie partout, oh la la. Si vous aimez cet opening (pourtant pas vraiment jazzifiant), son esprit faussement précieux et son swing, vous aimerez l’anime derrière. Les trucs qui, qualitativement, culminent dans cet anime, ce sont ces quelques petites sessions de jams entre potes. C’est Yoko Kanno au clavier, mais quand Kaoru se lance et rejoint le truc, il y a un petit truc qui fait « tilt » dans le cerveau et qui fait qu’on apprécie vachement ce qu’on entend et ce qu’il se passe. Bref, on est dans le jam.  Ce machin – en plus de proposer beaucoup de bonne musique, un peu hors du temps pour nous jeunes fans de twerk mais hé, c’est du jizz – et tout ça paraît délicieusement authentique.

Je m’étais fendu d’une critique subtilement assassine dans le JdJ pour le manga car il ne racontait que dalle, en ouvrant sur le fait que peut être, ô peut être, ce postulat super cliché allait aboutir à quelque chose après les deux premiers tomes. Oui, c’est le cas, merci tout le monde ! La focale s’ouvre très vite et confirme que le bordel amoureux peut atteindre un bordel dodécahédrique. Spoiler : dans cet anime, la réciprocité est un vague concept. Mais comme dans la vraie vie, ces jeunes gens se désirent et se touchent sans trop savoir ce qu’il font, c’est mignon. Parfois gênant. Toujours réaliste.
Parfois, on abandonne même un peu nos deux personnages principaux et leur copine, Ritsuko, évidemment prétexte à un terrible triangle amoureux comme précisé plus haut ; pour découvrir d’autres persos avec d’autres petits bobos d’amour. Puis il y a ce couillon un peu opportuniste obsédé par la gloire et les Beatles. Puis il y a ce mec un peu baroudeur qui fait de la trompette qui vient rejoindre ce groupe… puis cette nana très longiligne pour qui il jette son dévolu mais qui ne semble pas la remarquer, puis il y a cet américain un peu trop bourré qui hurle n’importe quoi en plein concert (pour contextualiser un peu le truc historiquement, de temps en temps, quand même) etc etc. Il n’y a pas de storylines très précises, je suppose qu’il y a eu des coupes par rapport au manga, tout ça évolue gentiment vers un ending un peu foutraque qui révèle que, horreur ! Kids On The Slope est en fait l’introduction de Monster. Gênant gênant.

« Hey Bon ! Si tu arrives à lever Ritsuko, je veux bien devenir prêtre »

Bref, avant d’arriver à ces derniers plans qui font lever quelques sourcils – pas à un niveau Weedsien mais quand même – le suc de l’anime consiste pas mal à voir ces personnages évoluer. Nos deux compères sont très complémentaires et ont une amitié qui feront fujoshé comme une intrigue n’a jamais fait fujosher. D’ailleurs, en lisant le manga, je me demandais s’il allait oser aborder l’homosexualité un peu. Comme vous le savez peut être, la vision du Japon sur le sujet y est assez différente, alors dans les années 60, c’était une piste intéressante. Spoiler : il n’en est rien. Le premier va se détendre un peu et oublier sa connasse de tante, le deuxième va apprendre à se canaliser et à s’ouvrir un peu plus. Les deux personnages ont pas mal de choses en commun, ont un abandon familial à leur palmarès et ces profondeurs vont les rapprocher. Généralement, dans cet anime, tout se règle avec la musique. Les amitiés, les frustrations, les baffes qui se perdent, on résout ça en jammant. C’est chouette, non ?

Donc voilà, c’est vraiment une question de portrait, voyez ça comme une capsule temporelle. On y voit des tons sépias partout, pas le moindre flashy, une ville un peu éloignée de tout (mais quand même super grande et pas trop trop loin de Tokyo en train, as usual) et justement, le coup d’œil qu’on peut jeter à la capital semble assez sombre, oppressant, pas familier. Les références musicales sont pas nombreuses nombreuses – c’est une période où le jazz est quand même assez désuet – mais ce rapport très compliqué qu’entretient le pays avec les USA est bien rendu. Le tout baigne dans un esprit assez relaxant et posé, avec des titres d’épisodes toujours coolissimes.

Bref, c’est un anime assez cool, rafraîchissant, pas génial mais qui a toutes les qualités nécessaires pour capter votre attention – quand il veut décrire un truc, il ne va pas se perdre en chemin, n’est-pas monsieur Goro. Kids On The Slope est fait par les bons gars, a reçu tous les prix du grand chelem des bons animes et a contribué à faire de la case noitaminA un vrai petit rendez vous déjà légitimé il y a fort longtemps. C’est du jizz. Et sans jizz, pas de free jizz, pas de math rock, il ne reste PLUS RIEN.

Et vraiment, laissez tombez le manga, allez directement par la case anime. Les douze épisodes sont disponibles légalement sur Dailymotion et là on dit MERCI LA FRANCE, MERCI LE JIZZ.

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