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Rage impuissante

Comme je ne sais combien de millions d’adulescents sur Terre, j’ai vraiment aimé GTA V. Je comprendrais qu’on puisse lui reprocher pas mal de choses mais voilà mes « deux centimes » sur le sujet. Un mois depuis sa sortie et on a pu tous le finir et se forger un avis dessus. La hype est retombée, l’emballement médiatique, très éphémère mais bien présent le jour J, n’est plus. Concrètement, j’y ai laissé une soixantaine d’heure pour boucler le 100 % et sans beaucoup aller sur GTA Online; Un peu comme Persona 4 il n’y a pas longtemps. Quelques heures de plus que Skyrim. Investissement net et divers, pas comme Diablo que je me suis retapé quatre fois pour les succès.

Cette peinture des psys est... intéressante
Bon, il y a deux postures sur GTA V. Produit de consommation ? Vrai bon jeu ? Truc violent qui rend Jéhovah triste ? Peut être un peu tout à la fois. Je vais encore taper le même pamphlet : je ne fais pas la distinction entre bon et efficace. Oui, GTA V est un quadruple A+ qui a généré moult chiffres très imprécis diffusés dans la presse. Oui, il a demandé autant de pognon qu’un blockbuster américain et oui, on sent nettement cet amas de thunasses dans cet open-world puisqu’il permet de faire à peu près tout. En revanche, on se rend compte que le 4, sorti il y a cinq piges et testé il y a trois et quelques par votre serviteur, donnait la même impression à ses débuts. Deux choses :

– Je suis intimement persuadé que GTA IV et V se distinguent « d’un degré. » Rockstar a dû se dire «bon, on va pas faire de la next-gen mais on va ajouter tout une dimension.» Je considère qu’il y a tout une profondeur supplémentaire avec le 5, sans parler de gameplay asymétrique, de plusieurs persos etc etc. Non, un vrai ravalement de façade couplé à une façon de repenser le gameplay. C’est cliché à dire mais tout ce qui a été fait jusque là a clairement servi pour concevoir le 5. C’est la marque à battre, donc. Pas étonnant avec un postulat pareil et une attente de guedins du public ! Je me souviens du premier teaser d’il y a deux ans comme si c’était hier – on voyait déjà Michael parler – et je me souviens de cette époque où on spéculait un GTA V en France. Ben non, finalement, c’est Pokémon. Wow. C’est bizarre.

Deuxièmement, le 4 paraît bien chiant et premier degré comparé à ça. C’était mon premier contact avec la saga et ça passait plutôt bien – surtout fourni des Episodes Of Liberty City – mais oui, c’était marron, sombre, parfois un peu chiant. Chez Rockstar, la puissance du soleil est visiblement proportionnelle à la dinguerie de l’univers puisqu’évoluer dans Los Santos est beaucoup plus agréable, second degré, marrant – pas toujours mais en général – et agréable. Je n’ai jamais joué à San Andreas et mon dernier contact vidéoludique avec LA, c’était avec Cole Phelps. Je rappelle que le principal intérêt de ce bac à sable est la conduite + radio. Vivre des petits moments sympas quand votre chanson préférée tombe devant un soleil couchant, y’a que ça de vrai ! Los Santos est un vrai monde persistant, avec ses petits évènements aléatoires, bien scriptés, ses passants, ses milliards de lignes de dialogue (je serais curieux de savoir dans quelle part du budget va le travail sonore) et son authenticité. Y’a pas le Convention Center mais on y retrouve plein de petits endroits emblématiques. On pourrait se limiter à la ville intra-muros mais la carte est trois fois plus grande ! Un faux désert du Mojave, un massif montagneux, quelques plages, un téléphérique, autant d’espaces variés.

Trois parties de la carte, trois environnements différents, avec leurs radios, leurs mentalités, trois identités distinctes. Prendre un hélicoptère, survoler un lac avec les Doobies Brothers en fond sonore, c’est du caviar et je ne demande que ça. Beaucoup d’entre nous ont retrouvé des sensations perdues depuis Red Dead – sans les cougars qui one-hit-killent. L’environnement est magnifique, le champ de vision super large, c’est beau, c’est mieux animé, il manque que quelques images par seconde pour que ce soit parfait. Ho, et la technologie faciale de L.A. Noire n’est pas au rendez-vous, c’est dommage. Ça bloque au niveau de Team Bondy ? Dans les faits, GTA V est un énorme environnement rempli de milliards de collectibles et de possibilités. C’est au delà de mes espérances et c’est un énorme plaisir de le parcourir. En plus, fière tradition Rockstar oblige, on le découvre logiquement et graduellement, sans limitations.

Je répétè l’idée donc : tout est « un cran au dessus ». Ça pourrait être cyclique. GTA 6 sera next-gen et peut-être qu’il sera un peu chiant.

En revanche, il est plus compliqué de parler du scénario. Je ne sais pas vraiment s’il y en a un. C’est surtout l’histoire d’une amitié très bizarre entre Michael De Santa et Trevor Phillips. Deux habitués aux casses qui en foirent un, Michael simule sa mort, on le retrouve huit ans plus tard au soleil. Les retrouvailles font quelques étincelles et millions de dollars en plus. Au milieu, Franklin Clinton, la caution « ascenseur social » du jeu, pris entre deux feux. C’est d’ailleurs lui qui va incarner votre décision finale dans le jeu. En bref, deux persos et un miroir. Yathzee disait : « juste un jeu ou trois gars font des trucs» ça tape assez juste parce que le tout manque de liant. GTA 4 avait ses arch-nemesis, la progression de Nico dans la vie de truand, etc. Dans les 5, c’est comme si les persos avaient déjà vécu leurs GTA à eux avant que l’action ne commence.
Il faut prendre ça comme « un mois un peu dingue pour trois persos un peu dingues », rien de plus. Il y a bien quelques « méchants » qu’on va tous dézinguer en même temps vers la fin mais rien de plus. C’est une approche différente, moins feuilletonnante, il n’y a rien de mal à ça. Niveau rythme, c’est à chacun de gérer l’action comme il le veut, il y a suffisamment de missions principales et annexes pour tenir entre telle ou telle activité et garder un flux de « fun » continu. Le début est un peu chiant. L’intro est intéressante mais les premières missions avec Franklin sont pas bien palpitantes. Ça va venir, sans grand gigantisme, au final, on ne fait pas grand chose de vraiment dingue dans GTA V.

L’histoire de GTA V a donc une spécificité. Trois persos, trois storylines qui se croisent, trois bons persos. Vraiment. Si on reste à cette échelle, le jeu est réussi. J’aime bien cette culture du quarantenaire désabusé en 2013, c’est une tendance si PROTO HIPSTER.

Michael est donc votre victime lambda de la midlife crisis. C’est plus ou moins le narrateur du jeu : il pourrait se résumer au récit de ses conneries dans la chaise de son psy. Rien que cette idée est séduisante. Très cinématographique. Wow such Alan Ball. Bref, je raconte n’importe quoi mais ce perso est follement attachant.
Pas trop charismatique mais attachant. Un peu blasé de tout, un peu dingue, ayant un gros problème avec la gestion de la colère. Sa (dingue de) famille se barre, tout s’écroule autour de lui, ce mec est coincé dans une spirale surréaliste. Malgré tout, il tient bon en serrant les dents et il s’accroche à ses rêves de cinéma. Quand Trevor se ramène avec une nana dans un coffre, la réaction de Michael résume tout son personnage. « Putain, pourquoi moi ? » Les persos de la saga sont souvent désabusés mais ils ne le montre pas continuellement pas comme ça. Je trouve ça rafraîchissant.
Franklin est le perso de GTA de base. J’ai pas connu CJ et je saurais pas comparer mais j’apprécie son pragmatisme. Un peu cliché dans les « yo » « homie » et autre « nigger » – puis un peu lassé par ses copain débiles. Il tombe sur les bonnes personnes et a bientôt sa belle baraque à Hollywood. Enfin, Vinewood. Franklin Clinton c’est le bon copain, la bonne poire, un mec sympa mais gentillement con et pas bien réfléchi.

Je suis #teamTrevor depuis les premiers teasers. Ce mec incarne tout ce qu’on veut voir dans un GTA. Un pur concentré de dinguerie. Vêtements dégueux, calvitie hirsute, regard de fou, ancien de l’Air Force, remercié parce que trop dingue. Un pur aligné chaotique qui provoque la majorité des rires dans le jeu. Ce n’est pas toujours amené pour la joie et la bonne humeur – dans une scène, il a un comportement psychotique qui va terriblement loin et ça n’a aucune incidence sur rien ni personne, sinon provoquer un léger malaise pour le joueur. Son introduction est plus que mémorable et il va se payer le luxe de massacrer un personnage fondamental de la saga GTA. Comme ça, nonchalamment. Voilà donc votre psycho killer de luxe. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses origines canadiennes, il n’aime pas être traité de hipster. Tout ce qui gravite autour de ce perso et soit très drôle soit très malaisant. M’enfin, vous aurez compris l’idée.

Trois persos constants et qu’on aime voir évoluer. On pourrait dire « trois persos un peu cons ». Je sais pas. Tout le monde l’est un peu. On a accusé GTA d’être misogyne ; Et bien, oui, c’est certain, puisque les nanas font partie de cet univers où tout le monde est parfaitement con ou caricatural. Une héroïne serait cool et intéressant, c’est certain. Rockstar est le premier à jouer au petit con puisqu’il s’est prouvé bulletproof via une scène de torture qui n’a pas beaucoup fait parler. Certes, elle est usée pour un élément de caractérisation (et peut être de satire mais pfiou que c’est vague dans ce contexte) mais perpétuellement pousser le joueur à faire les pires conneries pour avoir les meilleures « notes » est une constante dans GTA V. SENTIMENTS MIXES DONC.

En parlant de constante étrange, GTA V a ce fétiche bizarre des tâches chiantes et redondantes. (Notez la masse d’épithètes dans cette phrase. C’est mon péché mignon) on va vous demander, en gros, de faire un pèlerinage de huit kilomètres à pieds dans le désert, de vous taper un triathlon d’une demi heure, de récolter soixantes collectibles dans la mer à vitesse d’escargot (trente à la nage, trente en sous-marin lent comme la mort) etc. Ce qui me fait penser que Los Santos et ses environs sont en fait une île, c’est un peu bizarre mais bref, l’idée est qu’il y a tellement de trucs à faire que le jeu est parfois aussi chiant que la vraie – il y a tout une couche « activités chiantement réalistes ». Du genre, faire du yoga à deux à l’heure en bougeant les joysticks, etc. C’est quasi-oulipien. Les développeurs, en plus d’être des petits cons, voulaient manifestement qu’on les déteste. Soit.

Et « tout », c’est quoi ? Enfin pouvoir nager, aller dans les profondeurs à poil ou en sous-marin, prendre tous les véhicules possibles (un zeppelin) faire X courses, activités, cascades, sortir entre amis, aller se payer du bon temps ou du sexe, les conneries habituelles d’un GTA. On y rajoute du golf, du tennis et on a tout le champ des possibles de la « trilogie » GTA IV. L’intérêt du truc étant le démon des détails qu’ont les développeurs sur leur jeu. Ils pensent à tout, le font savoir, se la pêtent un peu. Les show télé, les dialogues, les radios, autant de mini-productions qui valent le coup. Mickael a fini son film ? On peut aller le voir au cinéma, et Dieu qu’il est pourri. Ca ne vaut pas le fameux « Antoiiine ! Antoiiine ! » de ce machin d’arts et d’essai – même si rien ne supplante les films de Red Dead Redemption. Bref, vous voyez l’idée. Les fans de la saga pourront y voir moult caméos, bien cachés ou pas. Pas mal dans un jeu où les missions principales ne sortent pas vraiment de l’ordinaire – seuls les « Inconnus et Détraquées » apportent le petit grain de dinguerie qu’on attend du jeu. Persos bien doublés, animation impeccable, inutile de s’épancher sur le sujet, il n’y avait pas de doute en amont.

Y’a-t-il des ajouts particulier dans le 5 ? Rockstar a bien pigé qu’on avait tous aimé la mission No Leaf Clover dans le précédent et les casses font désormais partie intégrante du gameplay. Les circonstances font qu’on aura toujours besoin d’argent à tel moment, il va falloir planner la mise à sac d’une banque ou d’une institution locale, le FBI, par exemple. C’est là que bouzin se la joue Ocean’s 11, vous demande une approche « subtile » ou « agressive ». On peut choisir son équipe, sa manière de procéder, le jeu fait pas mal semblant d’étaler des possibilités mais il n’y aura pas d’énormes incidences à moins de vraiment le faire exprès.
Ces petits rajouts de gameplay sont frustrants car à l’importance minime : l’expérience de votre crew est pas bien importante puisqu’ils servent tous deux fois grand maximum, les « statistiques évolutives » des personnages sont risibles… des petits éléments qui font un peu semblant. Les « super pouvoirs » des trois persos, eux, sont bien utiles. Pouvoir ralentir le temps en bagnole ou en plein gunfight façon Max Payne, ou faire rentrer Trevor dans une transe dingue qui lui fait encaisser encore plus de dégâts : cool ! Les trois personnages sont bien « articulés », d’ailleurs. Oui, ils s’équilibrent bien en termes de caractérisation, mais le liant « entre eux » est bien fichu. On en choisit un, zoom-dézoom dans tout LA, petite animation pour faire le lien (une tonne en mode aléatoire, celles de Trevor sont géniales, y’en a une où on le voit vainqueur d’un survival game sur une île ok) et hop, c’est reparti. Tout est « pensé en trio », c’est cohérent, les trois vont piquer une voiture d’une manière différente. Michael invite prestement les passages à sortir, Franklin les fout de force par terre, Trevor les cogne contre le volant. Mamma mia, les petites touches.

Enfin, j’aime bien l’idée des GTA ancrés temporellement. C’est quand même un jeu où on assassine le wanabee Mark Zuckenberg, on voit ça partout dans la ville, le métro, la télé, autant de références à ce qui a bougé depuis 2008. Ce qui compte le plus ? Les radios, bien sûr. Une tripotée, quinze, avec autant de morceaux par radios – ce qui fait beaucoup dans l’absolu mais ce qui vous ramène très vite aux mêmes titres si vous en écoutez deux trois en boucle, comme une majorité de joueurs. Edge avait fait un papier sympa pour expliquer en quoi GTA éduquait musicalement les joueurs et je ne peux qu’opiner du chef : si on retrouve une caution rock classique, pop (avec tout ces morceaux d’eurodance 90′ ! Yippee !) soul, rap, disco et même country, je ne peux qu’applaudir devant la programmation de Vinewood Radio qui s’efforce de coller à l’actualité : Wavves, Sharks ?!, Thee Oh Sees (coeur avec les mains) Fidlar et autres machins qui seraient inconnus hors scène d’origine sans ce jeu. Le tout est bien mâtiné de guest-stars qui font les DJs, de talk-shows etc etc. Un bon point indispensable et complété par un score excellent qui ajoute une ambiance toujours adaptée au contexte : la « zik de fuite », la « zik de cambriolage », la petite « zik de la bicyclette », tout ça est conçu avec talent et intelligence et sert toujours ce qui se passe à l’écran. Tout ça devrait sortir en disque dans pas longtemps et c’est dispo sur Deezer.

BREF. GTA V n’est pas vraiment une œuvre minimaliste et arty mais je serais le dernier à lui reprocher. Je me fiche de la légèreté du scénario, je suis là pour l’environnement schtarbé, les personnages et la beauté globale du truc. Enfin, j’entends par là les beaux graphismes. Ça me dérange pas d’avoir découvert San Andreas (la ville) avec ce jeu, car il pousse le jusqu’au bout-isme dans des dimensions qui font plaisir, tout simplement. C’est un bon GTA, qui mêle beaucoup de choses, de tons et qui les traite bien. Ça me suffit amplement. GTA V est un très bon jeu et son battage m’a semblé justifié.

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Ici et maintenant

Je vais me faire older, mais tant pis.

Je vous épargne les 4593459 screens que j’ai pris du jeu, voici des extraits du comic d’Hiimdaisy

On va faire comme ça : je vais juste publier moins. Arrêter de m’imposer un rythme et publier de temps en temps sur un sujet qui en vaudra vraiment la peine. Idéalement, stopper ce rythme zinzin d’un tous la trois jours, si j’arrive à avoir la discipline de ne plus en avoir une. Ok ? Ok. Là, immédiatement, tout de suite prestement hic et nunc je dois faire un post sur Persona 4. Ce jeu est fascinant, il est super complexe, pas franchement connu car légèrement niché, il pourrait faire l’objet d’un pilote de podcast que j’enregistre bientôt avec Amo (Conditionnel conditionnel nudge nudge) bref, mon petit jeu de l’été et, potentiellement, mon GOTY. Oui, il m’a légèrement plus marqué que Bioshock Infinite car ce dernier a une durée de vie qui est six à sept fois moindre ! Persona 4 est comme un bouquin de vacances – une intrigue épaisse qu’on parcourt deux heures par jour, un mois durant. Un scénario super fat qui se mange comme un visual novel. Ça tombe bien, c’est un jeu dont le rapport gameplay/narration est particulièrement intéressant, mais prenons les choses du début.

Pour faire simple, Persona 4 est « le dernier bon jeu de la Playstation 2 ». Pour faire un peu moins simple, Persona 4 est aussi un JRPG – donc un RPG au tour par tour avec santé et mana, issu de la série Shin Megami Tensei. Les rapports entre les deux noms me sont très flous, mais le jeu en lui même succède à Persona 3, soft similaire mais un peu plus sombre – on y invoque des monstres en se tirant une balle dans la tempe, ce que je trouve super edgy, yeah baby. Pour faire exhaustif, Persona 4 est un excellent jeu d’Atlus, cf. Catherine, qui a vu une refonte en février 2013 nommée Persona 4 Golden pour Vita. Un remake aux graphismes légèrement plus fins mais toujours très agréables quand on, comme moi, est habitué à très peu – et à l’ajout conséquent de contenu. Il y a une vraie plus-value entre les deux versions et son coté portable est salvateur quand on est pas en vacances, parce que ce jeu est foutrement complexe, tout en étant simple dans un sens. Je suis très content d’y avoir joué et d’avoir aimé le truc – j’avais déjà acheté nombre de goodies avant même de connaître l’univers et je viens de recevoir Persona 4 Arena, mon premier jeu de baston depuis Marvel Versus Capcom, c’est dire. Je vais donc, probablement pour la première et dernière fois, tenter de vous vendre un jeu Vita.

Ce jeu est un mix improbable entre Hinamizawa, Digimon et Heavy Rain, pour l’ambiance rurale, le POUVOIR DE L’AMITIÉ qui invoque et fait évoluer des monstres et une emphase scénaristique sur le temps qu’il fait. Persona 4 c’est beaucoup de choses, dont une identité visuelle très marquée, visiblement beaucoup plus positive que son prédécesseur – avec beaucoup de jaune et un générique aussi cool que pop. Comme 98% des japoniaiseries, ce jeu commence dans une salle de classe de lycée. Et comme 97% des japoniaiseries, le protagoniste y est un « transfer student » qui doit s’accommoder à un nouveau milieu. Parents à l’étranger, expédié chez son oncle – et père discutable – pour un an. L’année scolaire pourrait se passer comme n’importe quelle année scolaire mais une rumeur commence à se répandre dans la classe et ses environs : les jours de pluie, à minuit, on voit notre âme sœur sur le poste qui s’allume tout seul. Gênant. Une série de meurtres s’amorce et des cadavres pendus aux poteaux électriques commencent à apparaître. Le héros découvre qu’il peut entrer dans la télé et parcourir tout un monde alternatif où on bute des monstres pour y sauver les « prochaines victimes ». Parce que ouaip, tout est lié, les phases d’action du jeu consistent à parcourir des donjons générés au hasard mais toujours bien raccords à la personnalité de la personne captive en question. Bref, tout un mystère va commencer à se mettre en place et vous allez constituer un party de huit personnages pour débusquer le méchant derrière le méchant derrière le méchant derrière le faux méchant derrière le copycat du faux méchant. LE CASTING !

Yu est le héros du jeu. On l’appelle Nom + Prénom, à votre convenance. J’ai joué le jeu et donné mon exact patronyme mais vous pouvez vous faire appeler Patriarcat-kun pendant tout le truc si ça vous amuse. A un incroyable pouvoir de magnétisation avec les gens et les filles en général, peut romancer sept nanas en même temps sans la moindre remontrance. Pour un jeu où le transfert est certainement une intention, je doute que ce soit une bonne idée. Yosuke (ou Brosuke) est votre meilleur futur copain. Sa première scène d’introduction est dans une poubelle. Est assez étonnant en termes de gender politics. Est soit un hilarant petit ressort comique, soit un mec assez lourd qui ne sait pas s’arrêter. Chie et Yukiko sont les deux copines « de base », la première est un tomboy obsédé par les steaks et le karaté, la deuxième veut au contraire incarner la féminité et l’élégance. Rigole tout le temps à des moments bizarres. Kanji est la brute locale qui n’arrête pas de faire des bras d’honneur en « victory pose », est doublé par le même gars que Booker DeWitt ou la voix masculine 1 du personnage de Saints Row. Il ne faut pas lui dire « qu’il est bizarre ». N’a presque pas de SP, mais a plein de santé et tape très fort.

83c6082680144cb04860a45a41f070bd-1Rise est une idole qui décide de prendre des vacances à Inaba – c’est le nom de votre petit patelin – et vous allez l’entendre, beaucoup, tout le temps, dire des évidences, beaucoup d’évidences. Teddie est un ours en peluche vivant d’un mètre soixante. Je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler, mais c’est une adorable mascotte qui réserve bien des surprises. Enfin, Naoto est un reverse trap dont je suis secrètement amoureux (le spoiler le moins bien caché de tout les temps après la mort de Jésus dans la Passion du Christ) qui a de légers soucis d’identité mais qui a un sacré beau béret alors ça va. Vous aurez donc constaté que tout ce beau monde a des petits tracas et ils vont quasiment tous se faire aspirer par la télé. Votre but ? Entrer dans un monde virtuel pour déclencher un monstre qui se nourrit de vos vertus. Hé oui, c’est vraiment comme Digimon…en un poil plus mature.

Revenons sur le gameplay. C’est du Atlus, donc très très axé scénario et assez peu substanciel en termes de jeu brut. Le truc c’est que Persona 4 masque très bien cette pauvreté et le compense par son énooooorme scénario. En fait, avec Persona 3, Atlus était un peu marié avec un concept – angsty drama d’écolier le jour, combattre des monstres et être pourchassé par des culs la nuit – mais là il faut souligner deux notions inhabituelles et fondamentales du jeu. La première, c’est que – hourra ! C’est un jeu à routine. Vous allez suivre toute une année scolaire, jour par jour. On ne se tape peut être pas l’intégralité des cours, mais chaque après midi ou soirée devra être occupée par une activité qui devrait vous profiter d’une manière ou d’une autre : lire un livre, manger chinois, aller au cinéma, autant de petits trucs qui sont régulés par le hasard et la météo, sachant que votre priorité alpha va être d’entretenir vos…
S-Links. Visiblement un point de gameplay récurrent de la saga dont le message subtil est « VA TE FAIRE DES AMIS, JOUEUR-CHAN » ce qui est pas facile facile quand on est absorbé par un jeu qui met plus de temps que Skyrim pour être fini. Dans le jeu, vous vous faites des copains, vous créez un « S-Link » symbolisé par une carte de tarot, vous devez les entretenir de temps en temps pour apprendre des trucs sur eux et passer aux niveaux supérieurs. Cela va conférer des bonus passifs et montera le niveau des Personas que vous allez fusionner, bref, c’est compliqué mais indispensable. Et tout ce gameplay sert… le scénario ! On résume donc : les parties jouables sont les balades en ville, les donjons et les quelques choix textuels qu’offrent la vie scolaire. Ça peut sembler minime mais c’est déjà quinze fois plus que les déplacements de Vincent dans le Stray Sheep.

Le truc c’est que ça ne l’est pas du tout, minime. Une année scolaire complète, donc une platrée d’évènements scriptés (festival culturel, sortie entre copains, concours de crossdressing). Plein de petites scène de vie. Un S=Link égal une histoire, toujours assez touchante et pleine de profondeurs. Une mamie endeuillée (Death) une infirmière salace (Devil) un renard-enculé de profession (Hermit) un flic pas bien doué (Jester) votre oncle et sa fille, terrible avatar du sister complex (Hierophant et Justice) etc etc, sachant que tout le casting de base a son symbole aussi. Si vous vous engagez dans la « bonne » voie, vous débloquerez Hunger, le S-Link caché. Des ramifications, il y en a plein, il faut juste aller sur Internet avant tant les décisions à faire sont subtiles et rarement intuitives. Heureusement, il y a un système de sauvegardes multiples mais un accident est vite arrivé !

Bientôt, on se met à flipper pour son planning parce que hé, c’est cool de copiner avec les gens, mais le prisonnier actuel du donjon va mourir si vous n’avez toujours rien réussi au premier jour de brouillard en ville. Dès qu’on voit plusieurs jours de pluie dans un futur proche, il faut commencer à urger. Faut tout stratégiser et ça n’empiète nullement sur le scénario qui est d’une profondeuuuuuuur de maboules. Son emphase sur « chercher la vérité » ? C’est pas pour de rire. Il faut échapper à la bad end. Puis ne pas se contenter de la normal end. Puis chercher la true end. Les détenteurs de Golden peuvent tenter de choper la Golden End. Votre seul regret sera d’aboutir certains S-Links puisque cela fait évoluer vos Persona en mochetés cosmiques.

83c6082680144cb04860a45a41f070bdC’est terrible ! Les phases de combat sont parfaites ! Le scénario est parfait ! Il faut dans les trois heures de lecture pour réellement commencer le jeu ? ON S’EN FOUT ! Ces quintaux de cinématiques sont hilarantes ! Les éclats de rires sont nombreux, sincères, sont toujours basées sur des traits de caractère mais ça marche à chaque fois ! Des blagues rigolotes sur les attributs génitaux de chacun ! Sur le malaise existentiel et les sexualités refoulées ! Autant de thèmes profonds et subtils (le mot « gay » n’est pas droppé la moindre fois sur 253495 lignes de texte) qui sont autant de gimmicks rigolos dans les cinématiques ! La replay value est concrète puisque vous devrez revivre d’autres embranchements et rattrapper tout ce que vous n’avez pas pu faire la première fois – argent et « statistiques » sont conservés d’une sur l’autre. On serait tenté de zapper les dialogues trop longs mais le jeu est très généreux en indices sur le scénario – on vous donner une lecture sur la mythologie du Japon ? C’est peut être pas anodin. Votre manette vibre à un moment étrange ? C’est peut être pas innocent, etc. L’écriture est maîtrisée et garder des trucs en tête peut aider… et aller plus vite que la musique. Parfois, les personnages butent sur des évidences et ça peut être un poil frustrant.

Le « AHA ! IS THIS OUR CHANCE ??! » de Chie va me hanter encore quelques mois.
Ce moment où Chie et Yosuke font du stalking dans une position super duper bizarre aussi.

La difficulté ? Paramétrable en début de partie, idéal en « Normal ». Et on parle bien sûr du « Normal » Atlus, donc « Dur » pour le reste du monde, sans être punitif. Tout le monde bute sur les mêmes checkpoints, une fois qu’on maîtrise un peu plus le jeu, tout passe presque tout seul, il faut parfois leveler un peu ou tomber sur ces Golden Hands qui VIENNENT DE S’ENFUIR HAAAAHUHEUHEU. D’ailleurs, les loots sont souvent agrémentés de bonus immédiats grace à un système de « Tirage de Carte » assez bien foutu, un vrai petit jeu de stratégie en soi. C’est ça la magie de Persona 4 – il y a autant de machins qu’on vous lance dans les pattes que d’outils qui vous permettent de vous démener. Tous ces outils nécessitent un petit Tuto qu’on a toujours, en temps et en heure… ça en fait un jeu vraiment complet et difficile à décrire. Les combats sont simples à comprendre et sont expliqués progressivement. Ils nécessitent une attention complète car un tour fatal – tout le monde peut attaquer plusieurs fois de suite sous les bonnes conditions – est vite arrivé.

Indipensable paragraphe musique – monsieur Shoji Meguro était déjà à la barre. Si, comme moi, ce nom ne vous évoque que des classiques du classique remixés avec percussions, sachez que ce compositeur vous ramène dans une ambiance qui rappelle terriblement la Dreamcast en général. Rien que le groove de « Let’s Make History » vous fera comprendre ma remarque. Quelques musiques de visual novel – le jingle de Junes qu’on croit entendre partout et un bon travail sonore de la part des doubleurs qui ont l’équivalent d’A La Recherche Du Temps Perdu à enregistrer. Désolé, c’est en anglais, ça le restera mais ça ne demande pas un niveau démentiel.

Le seul truc que ça m’évoque de négatif est évidemment un message très troublant de la part du jeu. Incarner un mec qui devient le centre du monde absolu de son patelin n’est pas forcément très astucieux ni réaliste et il fait un peu croire qu’on se fait des amis en ne disant rien et en laissant les autres parler de leurs problèmes persos, parce que c’est ce que tout le monde fait. Ok, c’est un jeu, mais il te glisse quelques messages de vie, parfois légèrement mixés. Personne n’a sauté dans sa télé pour essayer d’invoquer des monstres. Enfin, sûrement un au Japon, il y en a toujours un au Japon. Les esprits chagrins pourront dire que c’est une fantastique simulation de schizophrénie, donc.
On pourra aussi se plaindre des petits espaces dans lequel on évolue librement, mais on peut en débloquer quelques uns si on a assez de courage. Non, le vrai problème c’est peut être ces phases d’investigation super floues où il faut interroger des NPC au hasard, c’est pas bien palpitant et ça donne l’impression de « perdre son temps ».

Absolument impeccable d’un bout à l’autre, interminable, complexe, bonne histoire, compense un gameplay faible par tous les moyens possibles, profond, Persona 4 Golden est le jeu qui m’a fait cet été 2013 et je m’en souviendrais comme d’un très bel objet de fiction qui fait très suite logique à cet anime où une platrée de bambins passent des vacances d’été étranges dans un monde virtuel. Je vais suivre la série avec attention – et c’est pas comme si le canon était inexploité. J’ai Arena en face de moi, il ne coute plus rien – The Animation résume mollement mais honnêtement le jeu, etc. Ce jeu a complètement niqué Fire Emblem dans mon backlog. On en est là. Il n’a qu’un seul défaut : un coupable un poil trop évident. Il reste plein de belles promesses (dont Rayman et GTA) mais Persona 4 Golden est potentiellement mon jeu de l’année 2013, ce qui est pas mal pour un jeu jeu sorti en 2012 d’abord et adapté d’un jeu de 2009.

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No fun

Et voilà, je suis présentement dans le train vers mon mois d’Aout, déjà bien entamé. C’était une saison plus remplie que prévue, la même chose que depuis toujours mais sans Mario Maso, quoi.
C’était donc la cinquième. Notez bien que je vais faire sauter la redirection automatique sur l’Over Blog, comme ça vous pourrez relire les vieux articles sans sauts de lignes intempestifs. Secondement (oui, parfaitement), je vais finir l’année sur une note négative. Hé ouais. Je suis fou. Pour mon dernier post, on va parler de Games and Wario. Ce drame vidéoludique.

Pas la peine d’être hystérique non plus, c’est juste un fantastique gâchis, une bonne promesse dans l’eau. Je le dis pour la cinquième fois, Nintendo n’est pas en si mauvaise forme; Je veux dire, la 3DS est en pleine vitesse, la Wii U aura peut être sa chance d’içi le même lapse de temps et peut être que des gens finiront par l’acheter. Je viens d’acheter plus de 100 balles de jeux 3DS et il serait temps que je reprenne Kid Icarus, même si ce jeu est agréable comme un toucher rectal qui serait en pleine rave-party. Sur Wii U, Pikmin 3 vient de sortir, j’y ai joué comme un fou furieux, il est vraiment bien. Puis il y a Games and Wario. Je sais pas si le premier mot est au singulier ou pas, j’ai peur de confondre avec la marque de retail ou le magazine qui me coute des milliards en abonnement.

NON MAUVAISE IDEE

NON MAUVAISE IDEE

Vous avez remarqué comme les jeux qui sortent cette année sont issus de séries restées sans suites depuis six ou sept ans, systématiquement ? Je n’étais pas à compter les jours depuis le dernier Paper Mario ou le dernier Wario Ware mais mon enthousiasme était fort fort fort. Je n’ai pas parlé de Paper Mario Sticker Star depuis sa sortie pour une raison bien précise : je n’en aurai sorti qu’un article vaguement déprimé et peu enthousiaste. Le jeu est relativement bon mais subissait des prises de décisions loufoques qui le privait du fun qui caractérisait ses aînés. Je n’irais pas dire que Paper Mario est devenue une « série casual » parce que ce serait une affirmation hors de tout bon sens mais c’est un jeu faussement simple, parfois simpliste, parfois loufoque, qui peut nous laisser dans l’incompréhension… et qui souffre d’une certaine répétitivité. Avec ces stickers, l’expérience n’est plus, l’argent seul est la dernière motivation. Pas de bol, on nous arrose littéralement de pognon à la fin de chaque niveau ! Niveaux fragmentés dans une foutue carte du monde ! Plus de personnages secondaires ! L’intrigue est passée de « joyeuse » à « enfantine » ! Adieu combats de catch, meurtres du train et voyages dans l’espace ! Bonjour ennui et énigmes foireuses ! Zetsuboushita !
Vous l’aurez compris, je suis déçu. Non pas parce que le jeu est mauvais (il a quand même ses moments de dinguerie et, ouf, les musiques sont toujours aussi excellentes, surtout devant un boss) mais c’est toujours une histoire d’attente et de constance.

Terrible interrogation qui s’offre alors à nous vers fin 2012. La rumeur se répand, les gens chuchotent, horrifiés « imagine, ils ont fait la même chose à Wario Ware… ce serait terrible » BEN PAS DE BOL MON COCHON.
Bon, je suis de mauvaise foi, on sent qu’il ne voulaient pas inscrire ce jeu dans le « canon » Wario Ware mais c’est un peu quand même avec les mêmes graphismes sporadiques, les mêmes personnages, la même équipe derrière, la même équipe dans le jeu, le même esprit bref si c’est tout pareil. Une seule modulation pourtant : on passe de « micro-jeux » à « mini-jeux ». Encore une série qui se simplifie ? Sacrebleu ! En fait, il a l’air clair que GW a été « planné » pour être lancé dans le line-up de la Wii U et que quelque chose a du se passer pour qu’il soit repoussé de huit mois. Quelqu’un est peut être tombé dans les escaliers. Quelqu’un a peut être gagné au loto et planté tous ses collègues. Peut être que quelqu’un est parti avec la caisse de Nintendo Europe, histoire de recréer les plus grandes anecdotes des associations otaques. Il s’est passé quelque chose et maintenant le jeu ressemble à ce type à Nanterre qui doit avoir 60 ans et qui passe la même L2 Lettres depuis dix piges : extrêmement trop tard.

GW ne vaut absolument pas 40 euros. Il vaut la gratuité avec la console ou un petit téléchargement en démat pour une vingtaine de brouzoufs. Je ne sais pas ce qui se passe dans la caboche de Nintendo pour sortir des jeux si fantastiquement peu substantiels, surtout depuis Pilot Wings Resort qui a pas du demander beaucoup de boulot. Mon exemplaire du jeu a été envoyé à Tombouctou par Amazon, comme si tous les éléments me disaient de ne pas y prêter attention. Faut dire que les retours presse étaient des indicateurs – rien au dessus de 5 ou 6 sur dix. A part à un 8/10 un peu drogué de Canard PC. Huit sur dix, le type de note que Fire Emblem a, justement.

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Mais bref. Games and Wario est une compilation de douze mini jeux plus quatre jeux en multi. Deux de ces derniers sont intéressants. A peu près le même volume a cette propriété dans le volet solo.
On va rapidement les décrire. Il y a un jeu par personnage, il faut jouer au premier pour débloquer le second etc etc, il y a quelques niveaux de difficulté à chaque fois, quatre ou cinq, ils se terminent tous en quelques minutes.
Donc, dans Arrow, on lance des flèches sur des cibles mouvantes. Ca ressemble pas mal à un jeu de NintendoLand, en beaucoup plus lent et mou, on a pas spécialement envie d’y revenir. Ski est comme le F-Zero du pays de Monita : pencher la mablette pour négocier des virages dans une piste de…ski. Pas particulièrement intéressant quoi. Ambiance bizarre et disco pour coller au personnage mais c’est tout. Young Cricket revient directement de Smooth Moves pour un jeu étrange où on doit bondir de plateforme en plateforme dans un parcours vu de haut. Ca ne présente pas de difficulté particulière et c’est pas follement excitant.

Mona, fidèle à sa chaîne de petits boulots, est JRI dans ce jeu, ou détective privé, quelque chose du genre. Elle a cinq cibles qu’elle doit photographier dans un petit décor évolutif. C’est pas mal, ça exploite bien les finesses de mouvements de la mablette et ça ne manque pas d’humour. Une fois bouclé les cinq niveaux, on risque pas vraiment d’y revenir.
Dans Taxi, on se balade sur un petit espace en 3D pour empêcher des animaux-de-ferme-napping par des extraterrestres (une récurrence bizarre chez Nintendo) encore un machin de visée qui nous fait alterner avec la conduite. Un peu trop long, pas passionnant passionnant, méchamment moyen quoi…

Pirate est le dernier jeu, on doit se taper un espèce de jeu de rythme qui consiste surtout à pointer la mablette vers trois directions. Le doublage est plus sympa que le reste du truc qui est un poil usant. La déprime. Patchwork est un vague jeu de puzzle qui nous offre une centaine de stages à la Picross en un peu moins difficile. Oui, bon, pourquoi pas mais j’irais peut être pas sur une Wii U pour faire ça. Dans Design, le Dr. Crygor nous fait dessiner des cercles parfaits, des lignes, des triangles… assez sympa au début mais finalement austère, le jeu ne poussant pas cette logique de contraintes et d’estimations très loin. Il y a un mode deux jours assez anecdotique.

Oui, Ashley fait partie du crew, dans un espèce de schmup over lent où les tirs sont automatiques, seuls ses déplacements sont gérés. Et encore, c’est vers le h aut, vers le bas, faire des petits loopings… encore trop minimaliste pour être quelque chose de bien.
Vous le savez peut être, Gamer est l’atout du bouzin. Un vrai mode « Wario Ware », réellement asymétrique, puisqu’il faut jouer mais aussi faire gaffe à la mére de 9-Volts qui doit pas le choper en train de jouer au lit. Si on se planque, on perd des points d’énergie, mais on peut aussi perdre au jeu de base, comme n’importe quel Wario Ware. Il faut donc réellement être sur deux fronts à la fois. C’est marrant parce qu’ils ont été jusqu’au boutistes : l’attitude de la maman (qui sort de la télé, joue à la console derrière vous, vous regarde amoureusement respirer et faire semblant de dormir) est absolument délicieuse. Le truc c’est que les micro-jeux – en l’occurrence – sont très peu nombreux (probablement deux fois moins qu’un « volet » classique de Wario Ware) et qu’on a fait le tour du concept… en quatre ou cinq parties. Exactement comme tous les autres mini-jeux. LA MEGA DEPRIME.

Ce qui nous ramène à la frustration originale : les concepteurs soulignent souvent qu’ils ne feraient un nouveau Wario Ware que s’ils ont un nouveau type de gameplay à disposition. Ah bah justement ! Ils avaient une bonne idée. Ces gars en ont plein, d’habitude. Ils aurait pu trouver une contrainte, un truc à surveiller à chaque fois. Se planquer, certes, mais les deux écrans peuvent se répondre directement dans un micro jeu, utiliser les trouzemilles fonctions de la mablette (tactile, mouvement, micro et caméra quand même hein) et trouver plein de jeux asymétriques. Mais bref. Hashtag gâchis.
Bon, y’a aussi un jeu de Bowling archi-simple et l’habituel Pyoro mais c’est pas bien glorieux.

Le multi ? Pas mal, pas mal. On y trouve un remake d’Hidden In Plain Sight, un super concept. Vous êtes un PNJ noyés dans une masse de bots et vous devez passer par certains checkpoints pour valider la partie. Par contre, si le joueur qui « surveille » vous a repéré, c’est perdu. C’est tout con et beaucoup moins simple que le modèle sus-nommé.
 

Orbulon, fidèle à lui même dans les jeux plus cérébraux, dirige un remake de Pictionnary. Ici c’est l’honnêteté qui prime : on a le mot indice, on dessine, on passe au suivant si les autres ont sorti le bon mots. Il y a autant de mots à dessiner que de tweets émos écrits par Phil Fish sur l’internet, donc de quoi faire. Assez marrant, assez tendu dans la mesure ou passer explose vingt secondes de votre temps, ce qui est beaucoup sur deux minutes. On accumule les bonnes réponses pour tout le monde, on a un rang a deux balles et on peut revoir les chef-d’oeuvres. Un vague système sur le miiverse permet de soumettre ses propres mots-clé dans les mêmes conditions.

Enfin, un mini jeu rigolo qui rappelle terriblement le « monkey target » de Super Monkey Ball : on balance des « poulets » sur une cible, on chope des points, on se fait niquer par des évènements injustes, on rigolo, on recommence, on gagne et on perd des amis. C’est pas Mario Party mais ça ferait un bon jeu dans Mario Party. Tiens, Mario Party 10, sur Wii U et Online ? Oh pardon, j’étais en train de rêver tout haut. Je vois mal un jeu avec QUATRE MABLETTES.

Le dernier jeu en multi est un pseudo jeu de rythme absolument incompréhensibles. N’hésitez pas à m’envoyer un mail en m’expliquer pourquoi une séquence fonctionne ou pas. Mystère mystère.

Et voilà ! On a fait le tour. Beaucoup de choses décevantes, peu remplies, fades, incompréhensibles ou faisant les choses à moitié. On peut éventuellement le dégainer pour une soirée et le faire tourner en fond pour ses trois minijeux rigolos mais il est à des kilomêtres, des années-lumière du fun et des bonnes idées que le jeu multi avait sur Gamecube. Et il exploitait les jeux de la GBA ! Et il coûtait que trente euros ! Ouais, mais il avait des idées de gameplay fantastique. Le docteur. LE DOCTEUR QUOI ! Avant, on s’humiliait pour le fun, maintenant, on doit le faire pour avoir une profil pic dans le menu principal. Enfin, humiliation, quand même pas, je suis bien souague avec mes lunettes rouges.
En bref, laissez un copain con (exemple : MOI) l’acheter pour vous.

Allez, un très bon mois d’Aout à vous. Jouez à Katawa Shoujo, prenez le soleil, détendez-vous, pensez à ce que vous avez accompli dans l’année et à ce que vous allez faire la suivante. En rentrant, nous seront dans un monde avec Antoine de Caunes au quotidien. Un monde, j’espère, de stages, d’expérience, de concours – troisième round – et de validation des acquis pour boucler ce master parfois passionnant, parfois usant. Oups, j’ai dérivé sur ma petite personne.

Bref. Pas de Sagadaÿtaÿ pour moi cette année. Si, cependant, vous avez une idée, contactez moi, sait-on jamais.
Bon mois d’Aout les copains !

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5.55

Vlan ! Cinq piges de blog. Une demi-décennie. Il y a déjà trois ans, je blaguais que j’étais parti pour une décennie. Le titre de ce même post impliquait – subtilement – que j’allais arriver à ce stade. Et encore, ce n’est que la date semi-officielle puisque je suis déjà en retard d’un mois et des bananes pour faire ce post, mais aussi parce que la vraie date est en fait il y a sept ans. Je n’ai commencé à réellement poster des textes construits que vers Juin 2008, où j’étais certain de faire ça régulièrement. Là, je suis à un pivot du truc, sans réellement savoir si je vais rempiler régulièrement à la rentée. Un petit sacrifice d’égo et « d’assise Internet » qui rapporterais un fantastique gain de temps. Au lieu de faire un habituel bla-bla sauce bilan, je me suis donc posé une question, appuyée par la rondeur de ce beau chiffre.
« Qu’est-ce que j’ai appris en cinq ans ? »
C’est pas simple mais il y en a des choses. Disons que j’ai fait pas mal de découvertes. Je n’ai pas réellement évolué – en tout cas pas des masses – mais j’ai fait une kilotonnes de rencontres et de trucs fascinants. Il faut comprendre que cette page est, pour moi, toute ma période post-bac, et qu’elle va pratiquement mourir d’elle même dès que j’aurais un boulot. La réponse en version light, car être exhaustif ici et maintenant c’est pas simple, non non non.

Déjà le cinquième Excalibur d’anniversaire ohlala

Donc. L’été 2008, c’était à peu près comme hier, je sortais de la Prépa, équivalence magique en poche. Plein d’idées en tête mais sachant bien que je n’y arriverais jamais avant une licence au minimum, je me dirige vers le droit. Je fais ma première Japan Expo, découvre qu’il y a un truc derrière. La Fac commence et je vais devoir me prendre en main sur tous les plans. C’était sympa, j’étais relativement frais dans ma tête, mais écrire sur des sujets rigolos, même dans le vide, était quelque chose d’assez excitant. Nous sommes maintenant cinq ans plus tard. J’ai moins de cheveux, plus d’expérience, beaucoup plus d’assurance, j’ai écrit quinze milliards de signes sur Internet et je tape tout ça depuis le Maroc, mille-feuille à la main. Bref, la vie est cool, c’est les vacances et bientôt le shit va getting real. Un peu comme chaque année, finalement. Que s’est-il passé entre temps ? Je vous fait le best-of, ici et maintenant. La vaste majorités des machins évoqués ci-contres ont eu droit à un post dédié. Il va falloir les chercher car j’aime faire de la flemme sur les petites choses une constante.

En 2008 j’étais absolument profane des animes. Aucune idée qu’il pouvait y avoir une actualité et un fandom dédié. Je pensais que c’était une sorte de relicat du passé et que certaines productions subsistaient en France de temps en temps, la saison « Kaz » étant soit une exception, soit une ouverture discrète. Je lisais quelques mangas avec grand plaisir sans savoir que des adaptations étaient quasi-systématiques. Entrer à la fac était synonyme de glandouille sur le net devant un Guy Carcassonne encore vivant. Bientôt, j’apprends l’existence de La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya, commence un peu voir, trouve ça formidablement moyen et découvre qu’il y a plein d’autres trucs. J’ai eu un gros coup de coeur pour Soul Eater dont l’univers me colle à la peau, très perfectible et la fin approche. Sinon, les meilleurs animes que j’ai vu sont probablement Haibane Renmei (mon seul 10 sur My Anime List, folie furieuse), Tokyo Magnitude 8.0, Sayonara Zetsubo Sensei et Baccano!. Mention honorable pour les idées barrées de Kaiji. Bon, on est d’accords, pas facile de battre Cowboy Bebop mais certains se défendent comme ils le peuvent. Ce n’est que le préambule d’une liste assez longues de séries vues, finies, abandonnées ou purement snobbées (K-On ! est un running gag qui tient toujours) et qui passionnent beaucoup de gens.
Surprise numéro 1 : la japanime est aussi une affaire d’adultes, et je ne parle pas de la masse impressionnante de pr0n qu’elle génère – non, que nenni, il y a de belles intrigues, des thèmes adultes, des machins complexes, pince-sans-rire ou violents. Parfois, c’est juste des mécha-loli à qui on a oublié de donner un pantalon et c’est embarrassant pour tout le monde. J’ai été assez otaque pendant cinq ans, j’ai même cofondé une asso et couvert pas mal de conventions, parfois avec une assez belle boule dans le ventre mais toujours avec plaisir, finalement. Ce n’est plus un milieu dans lequel je me passionnerais à outrance mais c’était une grosse bulle sympa et originale. C’est pas comme si j’avais rencontré plein de gens via ce médium ou sa périphérie : une vaste majorité de gens bien, énormément de gens bien intentionnés, une tout petite minorité de gens chiants. Une très belle moyenne et des gens souvent originaux. Maintenant, je regarde pas mal de trucs en dilettantes (et c’est un peu hypocrite de ma part parce qu’il y a plein de trucs bien cette saison et pas que des machins bien nets) donc un pan bien particulier qui a pris de grooooOsses proportions dans ma vie. Maintenant, je me suis calmé, je préfère jouer à Rock Band.

CE JEU !!§

Le jeu vidéo, c’est une autre histoire. Le saviez vous ? J’étais complétement Nitendautiste jusque là. Comme tous les autres, je vivais dans un joyeux monde de gameplays parfaits, de Mario Party, de Wario Ware, etc. Et paf, je finis par avoir envie de succès (la motivation la plus étrange de tout les temps) et de jouer à Banjo-Kazooie (ditto) et j’achète une 360. ET LA PATATRAC TONITRUANTE DÉCOUVERTE, la même qu’au dessus ! Il y a toute une actualité et elle est encore plus intense ! Dingue !!
Moui, plus sérieusement, j’ai appris à comprendre qu’il y avait plein de trucs pour moi de l’autre coté du JV, à l’époque où Nintendo savait ce qu’il faisait. J’ai réussi à ouvrir ma focale quoi, ça demandait un certain effort intellectuel à l’époque. J’en retiens des jeux comme Read Dead RedemptionRayman Origins, Alpha Protocol, Fallout New Vegas ou Catherine. Sans compter les milliers d’eurobrouzoufs – littéralement – dépensés dans Rock Band. Les choses ont bien changé, on est sur le point de passer à la génération d’après et elle aura pris son temps. Sega a perdu le jeu à force de perdre les siens. La 3DS a raté son démarrage comme jamais, elle est en pleine forme deux ans plus tard. La Wii U pourrait suivre le même chemin mais il va falloir beaucoup de jeux et d’abnégation. Sincèrement, je crois qu’en 2008 je me disais que GTA était un jeu un peu con et violent. Pardonnez moi, je l’étais un peu aussi, con. Faut dire qu’à l’époque, acheter un jeu était quelque chose de rare et puissant, aujourd’hui, c’est une routine !
C’est devenu quasi-industriel, parfois pour le boulot, encore plus rarement pour rattrapper le passé. En cinq ans, le jeu vidéo s’est un peu cassé la gueule. Le marché est en train de changer de modèle, Game a glissé sur une peau de banane, le journalisme JV est devenu – un vaste problème de connivence chez les autres – un vaste concours de celui qui va dénoncer le voisin en premier sur Internet. La presse est quasi-disparue en France. Internet a une fois de plus tout pété et la réponse émerge dans quelques pratiques alternatives qui se cherchent encore aujourd’hui. Le retail existe toujours mais Zozon.com reste la meilleure façon de se fournir. Oui, pour les consoles. Ne me parlez pas de master race. L’élitisme PC est peut être la seule constante du truc.

Souvenons nous, ce blog était à la base un blog télé ! Est-ce que les choses ont changé ? Noooon ! Quelques petites séries résistent toujours à l’envahisseur. Je peux même pas écrire de généralités sur les networks parce qu’House Of Cards, premier produit de l’écurie Netflix, à l’air de valoir son pesant de cacahouètes. La grande ère HBO reviendra pas mais elle nous fournit encore Girls, The Newsroom où Game Of Thrones. Ok, Six Feet Under, The Sopranos, The Wire et Oz appartiennent au passé mais la création taylay a encore de belles choses devant elle. Imagine, Monster par Del Toro ? Ca risque d’être quelque chose. En 2008, c’était le grand retour à la sitcom. Je porte pas beaucoup The Big Bang Theory dans mon cœur, préférez The Office. Enfin, toute « l’ère ABC de 2004-2005 » avec Grey’s Anatomy, House, Lost et Desperate Housewives est terminée, bien heureusement pour cette dernière.
En 2008, on sortait à peine de la call-tv, ce concept qui me fascinait. Aujourd’hui, pas bien loin sur la TNT, restent les émissions de type Discovery qui exploitent des concepts foufous. Je matais Survivor en live depuis déjà un an et j’allais découvrir The Amazing Race en vomissant de bonheur. Si vous voulez recréer ces conditions, matez la saison 6 ou 9 et tant pis pour le 4:3. La première a de meilleurs restes que le second (mais il paraît que la dernière saison est vraiment bien donc allez savoir)
Pendant ce temps, en France, on tend vers le concept de mini-jeux partout. Dans cinq autres années, on invente le Wario Ware télévisuel. Vivement quoi. Ici, commencer une phrase par « Bref » est devenu connoté.  Gros coup de coeur pour Nolife dont l’aventure est inspirante.

Bonjour ceci est la meilleure vidéo des Internets

Niveau musical ? Deux groupes que j’ai découvert en 2007/2008, The Go! Team et les Flaming Lips, restent parmi mes préférés encore aujourd’hui. Je suis devenu « ce genre de type » qui préfère acheter des vinyles parce qu’il a la chance d’avoir une platine. J’ai pris l’habitude de systématiquement aller à Rock En Seine chaque été, même si j’y vais en me disant « tout de même, la programmation est pas terrible »… parce qu’il y a toujours deux ou trois groupes qui sont une motivation du tonnerre. Dans un mois, c’est Franz Ferdinand, Phoenix et NiN. Aller à un concert cool et pas trop cher de temps en temps est devenu une sorte d’obligation bien saine. Je n’arpente plus les jeunes talents comme je le faisais autrefois et c’est un poil dommage, ces soirées au Trabendo me manquent pas mal. Sinon, un album toutes les deux semaines et un bon gros coup de cœur de temps en temps. Je dois bien remercier les jeux musicaux et certains Youtubeurs pour avoir découvert une foultitude de singles et de groupes.
J’ai vu Oasis splitter sous mes yeux et on me vanne toujours avec ça, quatre ans après. C’est bien ce single, sans surprises, que j’ai le plus écouté dans ce gros lapse de temps. Je nourris toujours l’espoir de bosser dans cette industrie, parce que commenter l’actualité en passant quelques disques sur Nova a l’air d’être le meilleur boulot au monde. D’ailleurs, en 2008, tous ces gens que j’adorais écouter mais qui ont disparu du radar : Bibi Tanga, Kenna, Cajun Dance Party, z’êtes passés où ? Y’a que les Friendly Fires et Vampire Weekend qui ont su tirer leur épingle du jeu, visiblement.

Pis bon, rester devant son Macbook c’est très sympa mais bouger c’est aussi très bien. En cinq ans, je suis allé sur autant de continents que d’UFR différents à la fac. Ou presque, quelque chose du genre, bref. J’ai suivi mon cursus un peu en traînant des pieds mais toujours en sachant que j’aime – la plupart du temps – ce que je fais. Les Lettres, c’est une question d’idéologie, d’époques et de goûts, parfois on a juste envie de s’en foutre. Aujourd’hui, je fais de la recherche et je boucle un mémoire, ça, c’est bien plus cool. Le deuxième cycle devrait se terminer sous peu et je vais reretenter les concours d’écoles de Journalisme. Peut être l’occasion de retourner en prépa.
Parfaitement, avec une majuscule ! C’est mon truc, un métier ingrat – décrié par les ignorants, parce qu’il y a peu de professions plus passionnantes et enrichissantes – difficile à intégrer. Pas de bol, ce qui m’intéresse c’est aussi le vrai, le généraliste. Il a fallu apprendre que la fac te laisse un peu te démerder et que c’est à toi de faire ton trou où tu veux. Qu’à cela ne tienne : premières rencontres, premières expériences, premiers stages, la machine se met en marche. Sans ce blog, les choses auraient été différentes, je n’aurais pas eu la petite motivation, l’incentive d’écrire partout sur divers sujets. Vraiment, la prochaine fois que vous écrivez une crasse sur un journaliste, réfléchissez bien. C’est un parcours qui se mérite et qui n’est pas toujours tendre – personne n’est là par hasard, alors dites vous bien qu’il y a peut être des paramètres que vous ne maîtrisez pas dans votre critique… en tout cas, études et boulot, concilier les deux est l’éternel casse-tête. A suivre, donc, et merci au Twitter et au JDJ d’avoir kickstarté tout ça !

Pis bon, le social, bien sûr. Pas besoin d’apprendre que les rencontres sont la clé de tout. L’appliquer, après, c’est autre chose ! J’ai fréquenté pas mal de sphères des internets ; des (bons) bloggeurs BD (pas girly) des otakes, des journalistes, des soiffards, des gars de l’industrie du JV ou de la musique, des lecteurs. Plein sont devenus des amis, une petite poignée sont devenus un peu plus. Arpenter des bars stratégiques est devenu une stratégie clé et un plaisir depuis une grosse année et demie. Rencontrer des gens, tisser son lien social et son réseau, le temps filtre naturellement tout ça. J’ai donc appris qu’il ne fallait pas toujours me brusquer, suivre mon instinct sur les gens sympas et ne pas être trop premier degré sur le web, même si c’est dur.
Puis j’ai pigé que mener des projets, même de niche, ça n’a rien de compliqué. Le Velvet Video Burger et l’AMV ENFER restent mes deux machins trademark, les deux ont été la suite logique d’une expérience qui tâtait le terrain. Même sans le crier sur les toits, le bon concept se suffisait à lui même. Alors avec un brin de communication maîtrisée !

Woof !

Woof !

Bon, je vais pas parler de trucs dont j’ai jamais parlé ici, genre de bouquins, je doute que mon fétiche sur Castaneda ou la littérature nord-Américaine vous fascine franchement.

Puis y’a Internet. En 2008, Youtube est encore un truc relativement récent. On ne maîtrise pas encore bien Twitter, Tumblr arrive, on écoute timidement de la musique légalement sur Internet et Tv Tropes s’apprête à ruiner nos vies. Bientôt, le gros du truc va se faire là. Tous les trucs. Aujourd’hui, l’Internet est citoyen, participatif, il nous offre le serious gaming, il finance à plusieurs, plus personne ne veut payer pour de la bonne information et de bons pure players surnagent au dessus d’un Melty aussi dégueu que bien référencé. Cinq ans, le temps d’un tapis roulant de mèmes. Le plus rigolo restera à jamais Trololo. Un an après, j’aime toujours les conneries à la Dolan. C’est bien Twitter qui est devenu le meilleur des terrains de jeux – et j’ai connu des sites qui m’ont aidé à étendre #leréseau, d’autres qui m’ont permis de mettre tout le reste à profit. Ben ouais, comme tout le monde, j’aime faire des podcasts. Des bons, de préférence. Proposer des choses, le partager, voir comme c’est gratifiant, idéalisme béat. Tout le monde y gagne, ça rentre dans cette période classique de pré professionnalisation qui nous atteint tous, le temps d’engranger des diplômes.

Bref, ça fait cinq ans que j’écris sur les Internets et c’est passé sacrément vite. Ça m’a apporté plein de choses. Souvent indirectement mais hé, c’est très bien comme ça. J’ai, basiquement, appris qu’il fallait se battre pour ce qu’on aime, qu’il ne faut pas s’en faire pour trop peu, que j’ai un fétiche étrange pour les cultures de niche et qu’il ne faut pas laisser passer les bonnes idées.
Merci à vous pour votre fidélité. Cœur avec les mains. Un autre encore plus gros pour ceux qui sont là depuis le début.
On se retrouve dans deux jours pour la deuxième moitié de ce post !

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Foutu lapin blanc

La Japan Expo est finie et je suis là à compter mes dettes. C’était très très bien, sincèrement, mais maintenant je dois ramasser mes os. Le saviez vous ? L’une de mes principales activités a été de streetpasser. Dès que je savais pas quoi faire, hop, génuflexion et streetpass. Première grande convention avec une 3DS, ça aide. J’ai donc capitalisé dans les 300 miis et ça prenait du temps, beaucoup de temps. Imaginez, saluer les arrivants, jouer à Mii en Péril et échanger les pièces prend déjà dans les 5 minutes avec un batch de 10 miis, alors prenez en compte les quatre nouveaux jeux ! C’est un poil trop tard pour les rentabiliser mais si vous aviez quelques doutes, je vais m’occuper de les décrire pour vous.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a grosso modo trois semaines, une mise à jour importante de la 3DS a été faite. Elle transforme votre console en vrai aspirateur à pognon – entre autres, elle vous redirige vers l’achat d’un jeu en démat si vous streepassez beaucoup de gens avec le-dit jeu. En parallèle, un lapin blanc est apparu dans la refonte de la place Mii. Ce petit batard, pro de la manipulation émotionnelle, voulait vous vendre quatre nouveaux jeux « à streetpass », tous fait par des petits studios différents. Le mammifère nous vendait les jeux comme si la vie de sa portée en dépendait. Un vrai salaud. « Oh la la ! Ce serait tellement cool que tu achètes tous ces jeux ! Et tu peux même acheter les quatre d’un coup pour quinze Euros au lieu de vingt, mais seulement pour le premier achat ! » … diabolique. Et surefficace parce que ouais, ils valent tous le coup. Y’en a juste un qui est un poil en dessous du lot, qui fait presque gratuit avec le pack. Vous pouvez donc vendre votre âme à ce lapin et voir où va le terrier SI vous habitez dans une grande métropole parce que oui, à chaque fois, l’algorithme est respecté : pour démarrer une « session », il faut streetpasser quelqu’un, et tout sera bien plus facile avec un batch plus gros. Définitivement, votre 3DS est devenue Prizee.

J'ai piqué...

J’ai piqué…

De manière un peu plus détaillée : ils respectent d’un bout à l’autre la philosophie de la maison. On vous prend par la main, on débloque du contenu en jouant, le gameplay est simple sinon parfait. Je suppose – et je dis bien suppose – qu’en les finissant, vous pourrez toujours vous retaper un new game plus un peu plus difficile. Bien sûr, les quatre trouvent aussi des moyens de vous faire dépenser des pièces acquises avec le podomètre. Malin ! Enfin, ce sont quatre univers très différents où un sidekick bien fichu vous dit quoi faire.

Conquête. Tous les jeux sont bons, variés, bien foutus mais celui-là a le plus compris ce qu’est la « philosophie du Streetpass », si j’arrive à penser comme Nintendo. Exemple concret ; c’est le seul que j’ai pris la peine d’allumer à chaque fois, en pleine Japex. Il est vraiment malin – Conquête StreetPass vous mets aux commandes d’un royaume en pleine croissance, épaulé d’un motherfucking majordôme nommé Alfred. Vous êtes monarque et vous devez conquérir vingt territoires. Comment augmenter votre troupe ? Super bonne idée : c’est le nombre de gens qui sont dans la place mii des autres qui viennent rejoindre vos rangs. Si vous croisez quelqu’un d’autre qui a le jeu (un monarque itinérant donc), vous avez la possibilité de croiser le fer et d’absorber une partie de son armée. Si vous vous plantez, vous perdez une partie de vos troupes.

C’est là que ça devient intéressant : une bataille est en fait une partie de pierre feuille ciseaux en un poil plus compliquée. Vous avez X soldats, en face, Y. On va vous répartir tout ça entre trois classes qui se contrebalancent. Vous ne savez pas qui va attaquer dans quel ordre mais vous pouvez répartir vos troupes avant de vous lancer. Avoir la bonne classe peut réduire la foule adverse de moitié. Ça peut paraître un poil hasardeux mais on vous file quelques outils : on vous indique si vous gagnerez/perdez quelle que soit la situation et une pièce dépensée peut vous répartir votre gang de manière optimale. C’est à vous de jouer pour augmenter votre armée et c’est souvent exponentiel.
Évidemment, on vous lance quelques paramètres dans les pattes : parfois, le terrain fait qu’une catégorie sera toujours désavantagée et le jeu n’attend pas beaucoup pour vous lancer des übermensch aux propriétés abusées dans les pattes. En gros, c’est le seul jeu des quatre qu’on ouvre pour capitaliser sur le long terme, car 10 miis peuvent rapporter pas mal de soldats, surtout si on combat des monarques itinérants. C’est souvent dans la poche ou absolument impossible, on ne peut pas vraiment se planter. On peut aussi sacrifier des soldats pour bâtir son château, ce qui permet de recruter artificiellement des soldats avec des pièces, pour un rapport toujours plus intéressant sans jamais vraiment l’être… 15 pièces pour 750 soldats, c’est un peu surréaliste.
Un jeu super simple, super malin, super addictif. Si vous ne devez en prendre qu’un, ça doit être celui là.

... toutes ces captures d'écran...

… toutes ces captures d’écran…

Maison hantée. Celui là est probablement le plus complexe mais il est un poil fatiguant si vous streetpassez peu. Foncièrement, c’est probablement le meilleur des quatre jeux et celui avec les meilleures idées. Vous devez arriver au trentième étage d’une maison hantée, duh. Le jeu mélange des éléments de RPG et de puzzle game, sous un fond « horrifique Nintendo ». Tout commence dans une pièce sombre et quadrillée. En fait, chaque streetpass va vous offrir une pièce de couleur, mais pensez « pièce tetris ». Vous ne pouvez pas les superposer et vous créerez des zones remplies d’objets en formant des gros carrés de la même couleur. Quelque part dans la salle sombre se trouve un escalier permettant d’aller à l’étage supérieur, il va falloir tâtonner pour le trouver. Pourquoi des objets, en fait ?

Parce qu’ouvrir une nouvelle pièce (donc mettre deux couleurs côte à côte) augmente le risque de tomber sur un monstre, donc de déclencher un combat. Vous accédez alors à une véritable petite interface en temps réel où vous attaquez, bloquez, changez d’arme, utilisez des objets etc etc. C’est minimaliste mais vraiment, vraiiiment bien fichu. A vous de prendre les pièces (de puzzle) dans le bon ordre pour créer des pièces (de l’étage) les plus grandes possibles et looter des objets de beau gosse. On peut ne peut stocker que très peu de choses mais on peut les améliorer en utilisant des orbes et des gemmes. A l’étage 5, un boss va commencer à poser problème, il va peut être falloir pexer en retournant vers les étages inférieurs. Le but du jeu est de triompher du trentième étage. Seul défaut du jeu : pas être très équilibré dans la difficulté. Mais #malin et #astucieux. Il réserve pas mal de surprises et mêle bien plusieurs genres, en plus d’un fond sonore sympa.

… à Edge

Galaxie. Il n’y a pas de jeu western mais il y en a un DANS L’ESPACE ! ET C’EST UN SCHMUP, MESDAMES MESSIEURS !
Vous êtes donc le héros de la flotte Mii-de-l’espace-mes-genoux et devez combattre la flotte-des-méchants-crétins-de-l’espace. Vous recrutez tout un armada de compagnons d’aventure pour traverser les niveaux et gagner le trésor-de-l’espace. Bon.
C’est donc un schmup. Vous représentez un petit vaisseau sur l’écran et l’environnement défile, vous laissant vous démerder pour survivre à une armée d’ennemis et un boss. Comment ça marche ? Encore une fois, un mécanisme très malin : chaque couleur représente un type d’attaque bien spécial. Le rouge est un lance-flamme, le noir un jet de bombe, etc. Vous avez une dizaine de slots pour récupérer tout votre batch dispersé dans le scrolling automatique. Trois points d’accès sont dispos devant pour attaquer, un derrière, et si vous mettez des autres gars de la même couleur derrière, ça renforce les attaques. Vous appuyez sur un bouton pour déclencher l’attaque de tout le monde en continu et vous appuyez sur les gâchettes pour pivoter toute la formation. Ça peut paraître compliqué par écrit mais c’est tout simple à prendre en main.

Comment on perd ? Simple, un copain c’est un point de vie, si on perd le dernier, c’est retour à l’envoyeur jusqu’à la prochaine session. On ne peut faire qu’un niveau par session et en commencer une avec un, deux ou trois streetpass est assez casse-gueule, soyez prévenus. EN REVANCHE, vous n’avez pas qu’une seule tentative. La bonne nouvelle, c’est que l’ensemble est vraiment bien fichu, c’est beau, c’est bien animé, la musique est très bien (le jingle d’invincibilité fait honneur aux vieux Sonic !) et la difficulté plus progressive. Ca ressemble à un jeu flash bien fichu, quoi. Il est fun et bien emballé, à prendre si vous vivez dans une métropole. Sinon, il va falloir douiller sur les pièces pour recruter.

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Sans aucun rapport

Jardin. Pourquoi est-ce que je mets ce jeu au fond du panier ? Il a le malheur de trop ressembler à un jeu Facebook. C’est comme s’il trahissait des directions peu honorables prises par Nintendo. En revanche, il équilibre les autres, avec son ton plus posé et relaxant – les premières notes du jeu, bizarrement semblables à une chanson Disney avec un tapis volant, ne trompent pas beaucoup. C’est un jeu de jardinage.
Un jeu posé, zen, sans violence. Tout n’est qu’amour, gentillesse et bon esprit. Dans l’une des premières missions du jeu, vous cultivez une fleur pour qu’une fille puisse réconforter sa frangine à l’hôpital. Plus relaxant et choupi, tu meurs. Vous êtes donc accueillis par un « docteur » au nom de dignitaire nazi qui vous invite à devenir « Expert Jardinier » et à cultiver plus de 20 fleurs. Je sais pas si avoir lu plus de vingt bouquins fait de moi un « Expert de la Littérature » mais bon. Vous plantez une graine, vos amis viennent l’arroser. Une fois. A chaque fois, elle se développe un peu. Une fois éclot, s’il y a du rab, elle donnera des graines. Vos copains vont influer sur l’espèce et la couleur de la-dite graine. Vous pouvez aussi les vendre, pour gagner des brouzoufs et ainsi acheter pots, emplacements de jardin, décorations de jardin, commandes. Et là le pièse se referme. Vous aimez vos fleurs. Vous les chérissez. Vous les entassez dans le jardin avec délicatesse, elles ne flétrissent jamais, vous achetez des petits meubles en bois façon ©Maison du Monde© pour embellir tout ça. Herr Mengele vous explique toujours plus de détails, de subtilités, tout ça n’a pas de fin. Pour cultiver une nouvelle plante, il faut jouer les probas et espérer une nouvelle couleur, au pire.

C’est complétement inoffensif mais assez rigoureux dans son approche. Il y a quelque chose de rigolo à voir les miis de vos copains se dandiner pour arroser votre précieux sésame. Là aussi, la couleur trouve une importance et on peut y jouer avec moins de Miis si on est un peu plus patient. (Herr Mengele parle beaucoup, mais son environnement est étonnamment complexe.) Un petit jeu sympathique qui ne vaut probablement pas cinq balles mais hey, souvenez vous. Avec un pack, c’est gratuiiiiit ! Quinze balles dépensées gratuitement !

Et comme d’habitude, aucune finalité, divers succès dans les quatre jeux vous octroient des « Ticket Prestige », qui ne servent qu’à acheter des chapeaux moches sur la place Mii. Vraiment, c’est du bon boulot. Confier ça à des studios différents était une bonne idée et a permis de cultiver quatre trucs très différents et bien construits. Vous pouvez y aller, mais n’oubliez pas – sans gens à Streetpasser, ça ne sert à rien. Quinze euros, c’est beaucoup, dix pour le tout aurait été un peu plus raisonnable. Mais vous savez ce qu’on dit dans ces cas là : « Bon, okaaaay, tant piiiis ».
Par contre, il est vraiment inhabituel, pour ne pas dire perturbant de voir Nintendo s’engager dans une offre payante et dans le circuit des microtransactions. « La logique et la proportion sont tombées raides mortes… »

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