Category Archives: Vidéo-lubrique

Ahoy etc.

Un article par mois, c’est ma joie.

Salut, ça va ? Je suis pas mal occupé, ne rien avoir écrit ici depuis six semaines est une première, c’est assez symptomatique. Faut dire que l’actualité est un sacré bordel. Ça a tendance à se calmer – et à être éclipsé de force avec l’actu internationale – mais les cinq premières semaines de 2014 en France ressemblaient à un gloubiboulga conspirationniste, avec des gens qui défilent sans aucune conscience de quoi que ce soit, en disant des trucs du genre « le cumul des mandats m’a fait perdre mon boulot » ou « franc-maçons, démissions » – une espèce de rupture d’anévrisme générale, donc. Sur l’internet, on rigole bien avec les reptiliens et les illuminatis mais quand on voit que « le djendeur branleur de bébés » a failli devenir un truc, on se rend compte qu’on est pas les plus dingues du lot.

aaaaarrrrr bargle bargle

Et vous savez quelle intrigue de jeu repose sur cet esprit conspirationniste, au premier degré ? Assassin’s Creed. Depuis 2007, on a quasiment un volet par an sur cette grande saga bien trop feuilletonante pour son bien. Moi j’aime bien l’esprit feuilletonant et je la supporte depuis Brotherhood. Le 4, « Black Flag », a été annoncé alors que j’étais encore en train de jouer au 3. Une année pour monter un truc si vaste, soit le même lapse de temps qu’Amélie Nothomb met pour écrire un livre bof mais aussi le lapse de temps que les Thee Oh Sees ont pour sortir trois albums géniaux. C’est à la fois beaucoup de temps et peu de temps. C’est le temps accordé à une poignée d’individus à Montreal pour finir un open-world super grand. Faut pas s’étonner qu’ils soient remplis de bugs. (Enfin, non, il n’ont pas un an, mais ce planning stakhanoviste a toujours été impresionnant. Je doute fort que le 5 soit annoncé prochainement)

Bref. Revelations était le meilleur, III changeait un peu les choses mais était quand même bien chiant. Il fallait prescrire un peu de charisme à Connor pour le rendre intéressant et je le qualifiait de « bon mauvais jeu ». C’est marrant, parce que Black Flag c’est l’inverse : c’est un super jeu un peu foiré. Mon objectif du jour est de vous dire pourquoi et essayer de désamorcer cet amas de critiques « moui-pas-convaincu-c’est-six » car le jeu mérite  plus, à mon sens.

Bon, par contre, le scénario est un sacré bordel. On sent l’écriture par couches, les auteurs se dépatouillent sans jamais arriver nulle part et en écrivant un degré au dessus à chaque fois. Assassin’s Creed, c’est deux timelines – une du présent, où Desmond et son scooby-gang traversent le monde pour fuir les templiers mayas néo-colonialistes, et une timeline du passé où divers membres d’une confédération d’assassins franc-maçonniques quenellistes sautent partout, suivent des gens et font de moins en moins d’assassinats, c’est étrange. Dans le jeu précédent, on jouait avec Connor, mais aussi avec son papa Haytham dans une intro-tutorial qui durait deux ères glaciaires. Dans Black Flag, on se coltine Edward Kenway, père d’Haytham Kenway, etc. Pour une fois, on remonte un peu dans le passé mais ça ne se voit pas particulièrement puisqu’on change d’environnement. Cette fois, c’est Caraïbes, mer bleue et arbres touffus qui ont toujours le même pattern pour « être grimpés ». Je me comprends.

Edward Kenway est un pirate fringuant qui vogue sur les hautes mers et vole des trucs, parce que yo ho ho c’est ça la vie d’un putain de pirate. Une incroyable facilité de scénario le fait échouer sur un îlot paradasiaque avec un assassin. Il le fume pour une raison qui m’échappe encore, lui pique ses vêtements et prend donc son identité pour commencer une énième aventure complotiste qui finira dans une grotte mystérieuse où se trouve un mécanisme bizarrepunk qui prédit l’avenir, bref, les surprises ne sont pas folles folles. Il est intéressant de noter qu’on joue un assassin stagiaire qui maîtrise déjà toutes les techniques et qui a l’habituel réseau Réginesque – évidemment, Edward connaît déjà tout le gratin de la piraterie, Barbe-Noire, Rackam, James Kidd (OH MON DIEU C’EST UNE FILLE JE NE M’EN SERAIS JAMAIS RENDU COMPTE HAAAA) et va subir les habituels mécanismes rise and fall, rien de bien nouveau. Le jeu comporte son lot de cinématiques et de sous-intrigues dont on se fout pas mal MAIS certaines séquences réussissent encore à être émouvantes, bien mises en scène, il y a un truc à en tirer, une capacité que la série a toujours eu dans ses moments de bravoure. Enfin, quand elles ne se concluent pas par un Edward qui remet une capuche invisible.

 La timeline du présent est aussi intéressante, sinon plus, que les habituels « brins d’Animus revisités ». Souvenez vous, à la fin du trois, [gros spoiler qui a ravi des générations entières], on se demandait un peu à quelle sauce on allait être cuisinés. Du coup on fait (presque) table rase et on se téléporte chez Abstergo, qui est maintenant une société-écran de divertissement. En gros, vous êtes un John Doe qui commence une carrière « d’animuseur » pro pour une grande production. Le parallèle avec Ubisoft est plus que souligné et vous allez vous retrouver, malgré vous, au cœur d’une autre intrigue reptiliano-secrète. Elle ne progresse qu’à des points précis et je l’ai trouvé particulièrement fascinante, surtout dans son habituelle manière de nous envoyer des pages et des pages de textes à lire pour ceux qui veulent. Bien sûr, les deux intrigues se croisent dans une non-fin absolue qui permettra des dizaines d’autres Assassin’s Creed mais il y a assez de méta pour rendre le truc intéressant. J’ai sincèrement été impressionné par quelques idées.

Puis on se rend compte à la fin du jeu que toute cette intrigue sert surtout à faire la promotion d’Assassin’s Creed : Liberation.

Huh.

Enfin. Le premier contact avec le jeu peut s’avérer difficile : le menu sent la nouvelle génération. Elle sent un peu des pieds. Quand tu vois ces cases partout façon Windows Surface, toutes ces offres pour des DLC, des time savers, le petit bouton Uplay et autres appeaux à microtransactions, tu te dis quand même « merde, si c’est ça la Ps/One… » (oui d’ailleurs j’ai fait ma copie sur 360 et c’est toujours très beau malgré des textures souvent foireuses) – c’est une démarche qui, je l’espère, n’est pas révélatrice de ce qui nous attend dans un futur proche.
Je disais donc que ce jeu est une tentative ratée de faire quelque chose de vraiment très bien. Ce « très bien », c’est l’open-world et ses mécanismes. Le ratage, c’est la campagne solo. Comme d’hab, on peut progresser à sa guise, cette fois dans les Caraïbes tout de même. Les zones ne se libèrent pas au fur et à mesure mais on a aucun intérêt à aller plus vite que la musique parce que les futurs « niveaux » sont toujours gardés par des vaisseaux trop évolués pour vous – j’y reviendrais. Faut bien faire progresser l’intrigue, souvent avec des mission dont les introduction ne fascinent pas, et les exigences in-game ne valent pas mieux : 80 % de la campagne solo consiste à suivre quelqu’un. En marchant, en courant, en se planquant dans les buissons, en dansant la Carmagnole, etc. Edward Kenway, stalker de l’extrême. Ce sentiment est exacerbé par une IA aux fraises qui continue de vous considérer invisible si vous êtes dans des herbes hautes qui dépassent vos chevilles.

Vraiment. Le truc est d’une redondance dingue. Les 20 % restants sont des assassinats qui ponctuent la fin d’une séquence (vous savez, avec la cible qui n’arrête pas de parler avant de mourir etc etc) précédé d’une séquence souvent pénible à boucler. C’est la cata sur ce pan du jeu et il va falloir faire gaffe pour la suite, messieurs.

 MAIS. L’open-world est vraiment bon. Prenez ça comme un Wind Waker en moins lisse et en plus agressif. On récupère le Jackdaw, un fier rafiot qui bientôt se fera faire dessus les matelots du coin. On croise un navire, on lui tire dessus, on l’aborde, la première fois c’est extatique. Votre bateau se rapproche de l’autre, les marins s’activent, ton quartier-maître hurle n’importe quoi dans le genre « hissez les cacas d’oie », vous prenez de la hauteur et vous allez botter des culs, c’est sexy. Les ressources vous servent à accumuler de l’argent – qui a enfin de la valeur dans un Assassin’s Creed – et permettent d’améliorer le vaisseau, ce qui devient indispensable pour aborder plus gros que soit etc, le cercle vertueux. L’habituel mini-jeu de management permet, cette fois, de gagner plus de reales en envoyant sa flotte là et là. Same old shit, cette fois à gérer sur tablette pour ceux qui peuvent et qui en ont quelque chose à faire. Plein de petits éléments de gameplay : pécher la baleine, trouver des repaires secrets, glaner toujours plus de milliards de fragments d’Animus qui ne servent à rien et ne débloquent aucun succès, pourquoi, c’est maboulerie.
Y’en a qui valent le coup, notamment les chants à débloquer. Voguer et entendre tes hommes chanter les putes et le rhum est rigolo et rentre bien dans ce carcan arrrr ye olde ahoy meister hookers & adventure. Il y a de quoi faire entre deux missions chiantes et ça pallie avec cette éternelle imprécision totale du gameplay dans les sauts, les combats, parfois les deux. Pas simple de rester planqué quand Edward saute en plein dans ta cible au lieu d’aller se cacher dans les fourrés. Pas simple de faire un saut de 60 mètres alors que tu voulais juste grimper sur une branche plus haute.

Et Edward… disons qu’il a plus de personnalité que Connor et de sa monoexpression contrite mais ses motivation sont si floues, il rappelle un peu Niko Bellic. Moi vouloir argent et moi tuer tout le monde, aaaaarrrrr on ne vit qu’une fois. Sa backstory – il abandonne sa copine pour aller en mer – ne sert au final à rien et les connexions avec les autres Assassin’s tarde pas mal. Ça fait partie d’un ensemble scénaristique assez faible qui tend à prouver qu’histoire et gameplay ne s’équilibrent jamais bien dans cette saga. D’ailleurs, maintenant que le combat naval est devenu le pan central du gameplay, en quoi va consister le 5 ? J’aime bien ce sous-entendu sur le Flower Power. J’ai hâte d’incarner un hippie qui traîne avec Nixon, Carter et Reagan.

DONC. C’est pas mal. Plus passionnant que d’habite. Il est dommageable de devoir faire des concessions pour supporter un jeu en se disant que ça vaut le coup mais la série s’améliore un peu avec Black Flag. Faut juste abandonner l’idée d’une conclusion sur cette série. Bizarre de voir un tel plot twist à la fin du trois, comme si les cinq jeux précédents n’avaient servi à rien. Ubisoft, demerden sie sich, comme disait un de mes profs d’allemand.

P.S. : Oh et j’ai joué à une grosse moitié de Beyond et hahahahahahaha-
P.P.S : Inutile de vous présenter Twitch Plays Pokémon. C’est le truc le plus fascinant inventé depuis l’AGDQ.

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , , | 1 Comment

Vieux et aigri

Avez vous passé une bonne première quinzaine de janvier ? J’aurais aimé me concentrer un peu plus sur mes échéances de fac – mais ça y est, il faut réviser l’actu tous les jours pour les concours. OH NON ATTENDEZ. C’était l’Awesome Games Done Quick. Un vrai petit évènement, comme le Mario Marathon mais en plus long, plus axé sur la performance et avec pleiiiiin de jeux différents. C’était d’un fun incroyable, ils ont récolté plus d’un million pour la recherche contre le cancer et ils sont toujours en after. J’aurais adoré en faire un pavasse et les rédactions numériques de quelques grands médias l’ont fait – le Fig et l’Express, par exemple. C’est chouette chouette chouette et tous les passages/jeux que vous avez manqué sont sur Twitch.

Non, aujourd’hui j’aimerais parler de trucs encore moins importants. Disons, le problème que j’ai avec les jeux Mario récents. Mario, sa moustache, sa salopette et son studio qui a vraiment très très peur de prendre des décisions trop radicales ou de faire quelque chose d’original. J’ai deux problèmes assez différents avec deux jeux, on commence avec celui où je suis de bonne foi pour finir sur un jugement assez personnel. Les illus viennent des Zero Punctuation respectifs, Yathzee et moi avons été clonés, je crois.

FUTILE DRAME PERSONNEL NUMÉRO 1 – PAPER MARIO STICKER STAR (2012)

L’idée que je me faisait du truc – Vous le savez peut-être, j’ai pris quelques pages pour le disséquer à tort et à travers, Paper Mario est un jeu absolument unique qui mérite d’être cryogénisé pour être ressorti dans 200 ans et faire l’objet de cultural studies du futur, dans une discipline qui s’appellerait « les jeux foutrement bons partout ». Le premier était une petite merveille sortie trop discrètement, il enterrait la N64 et ancrait définitivement les bases des deux sagas des RPGs Mario, sur consoles de salon et portables, amorcée par Super Mario RPG. Le deuxième, The Thousand Years Door, est mon jeu préféré. Il aura dix ans en novembre. Troisième numéro : Super Paper Mario, sur Wii, prévu sur Gamecube, il perd quelques morceaux d’histoire et de RPG pour tenter un truc un peu différent. Le gameplay se morcelle, il a tout de même pas mal de trucs pour lui. La 3DS a son propre Paper Mario de prévu mais il met du temps à sortir. Il sort avec un an de retard, pour Noël 2012. C’est sensé être un autre grand jeu de la saga, qui pourrait remettre l’esprit original du truc sur les rails. Un peu plus de scénario, garder cette gravité, cet humour, tout ça.

Il s’avère que c’est un déception incroyable. Je veux dire, un peu surréaliste, inconcevable, qui-ne-peut-être-conçue, et pourtant ! Ils l’ont fait. J’ai un mal fou à croire que c’est la même équipe, Intelligent System, derrière. Je vais juste lister les gros soucis du truc :
Le jeu n’a pas de scénario. Le jeu n’a volontairement pas de scénario. Les devs ont rapidement sondé un panel qui a sorti que c’était l’aspect du jeu qui leur importait le moins. D’une : quoi la baise ??! De deux : arrêtez de mettre n’importe quoi dans les questionnaire du club Nintendo pour avoir rapidement vos étoiles, vous créez littéralement des jeux de chie en faisant ça. C’est donc la fête des Stickers chez Mario (l’excitation est absolue) et le truc habituel arrive. Pas de persos secondaires (sinon votre sidekick Colette, qui n’a rien de mémorable, qui fait semblant de mourir devant le boss final pour être ressuscitée dans un ending qui n’en a visiblement rien à foutre) et il faut aller de mondes en mondes jusqu’au boss final. Aucune dramaturgie, pas d’ambiance un peu dark, épatante chez les précédents. Queud’. Bon.
Le gameplay est encore fragmenté par une fichue carte du monde. Partout, tout le temps, même dans Paper Mario, probablement bientôt dans Smash Bros, ils en sont capables. Gameplay morcellé donc, sans liant. Le système de combat est complètement bouleversé par ce système de stickers qu’on ramasse partout et qui constituent un « mouvement » à faire pendant un tour. Pas d’expérience donc, tous les combats ne sont qu’une perte de temps – le seul enjeux étant le pognon et on vous douche littéralement de pièces à la fin de chaque niveau. C’EST ABSURDE QUOI. En voulant le simplifier, ils l’ont rendu chiant au mieux, absurde au pire.

Absurde, justement. Le jeu est le machin le moins intuitif que j’ai fait depuis que j’ai réussi à monter ma première convention de stage. Je sais pas par où commencer.
– Dans tout le jeu, vous récoltez des « trucs », des objets qui permettent de résoudre des puzzles. C’est parfois évident, ça l’est parfois pas du tout. Chaque boss demande systématiquement d’avoir le bon « sticker rare ». Problème : si vous le dépensez pour rien, vous devez soit vous retaper tout le chemin dans un autre niveau pour le récupérer et retenter une fois autre part, soit acheter le-dit sticker, et il faudra trouver l’argent. Vous l’avez raté ? Vous pourrez toucher vos fesses pour savoir où il est planqué.

– Le jeu gère mal ses triggers, ne vous dit jamais ce qu’il faut faire et vous laisse en permanence sur le carreau. C’est super étrange pour Nintendo, dont les jeux sont carrés à l’extrême et dont l’invasion des tutoriaux est parfois irritante (et là je pense fort à Dream Team Bros)
– Le boss final est une sorte de best of du non-sens, il demande – encore une fois, littéralement – une liste de courses et une soluce pour avoir un début d’espoir d’être vaincu. Juste avant, il y a Kamek, une vraie petite saloperie qui demande beaucoup trop de chance pour que ce soit fun.
– 
Après avoir fini le jeu, je n’ai toujours pas pigé le timing à avoir avec le marteau.

Donc voilà. L’hallucination. Les musiques sont super cools mais c’est un phénomène qui s’arrête subitement à mi-chemin. Quelqu’un a aspiré toute l’imagination et l’inventivité qui habitait les précédents avec une paille. Non, vraiment, l’histoire de ce jeu est dingue, ils se sont vraiment dit « Non attendez c’est trop bien il faut remédier à ça » en pre-release. Le simplifier l’a rendu un peu con. Forêt, désert, volcan et tout le toutim, c’est plus un hommage rétro à Mario 3 qu’autre chose, mais la franchise Mario est devenu un tapis roulant d’hommages rétro depuis des lustres ALORS HEIN KESKON ATTEND ? Vais-je trouver un hommage rétro à Mario 3 dans mon paquet de Dinausorus ?

FUTILE DRAME PERSONNEL NUMÉRO 2 – SUPER MARIO 3D WORLD (2013)

Ce qui était prévu. Je n’attendais rien de ce jeu. L’intégration du Miiverse semblait intéressante mais j’ai un mal fou à me fasciner pour les jeux traditionnels Mario hors Galaxy. Depuis… depuis ce que nous allons appeler La Grande Ère de Massification des Revivals Pas Originaux (2006-2013) qui culminait avec Mario 3D World, intelligemment nommé car le machin demandait de temps en temps à activer la 3D pour pouvoir résoudre au moins oh la la  deux énigmes dans tout le jeu. J’ai rarement vu un Mario avec si peu d’âme derrière – des bouts de niveaux sans grande intelligence qui se font en pilote automatique – et ça fait bien longtemps que j’étais gavé avec ces différents jeux de plate-forme ultra fragmentés. Damn, Mario Galaxy était comme ça, il avait quand même droit à son hub ! On y joue deux secondes à la PGW, pas grand chose ne change, puis les premières retombées critiques sont là. Elles sont excellentissimes, la presse est unanime, c’est le GOTY alternatif de tout le monde. #bizarre. Puis je commence à y croire, à voir les pubs flashys à la télé, à lire Edge – je cite – critiquer « le jeu le plus next-gen de l’année – bref la HYPE S’INTENSIFIE. Mes parents me demandent ce que je veux pour Noël.
Deux jours plus tard, je me sens comme un gamin trahi par une « cartouche de Noël » qu’il aurait grillé, parce que c’est plus ou moins le sentiment présent.

Il s’avère que j’ai du mal à être aussi enthousiaste sur le soft en général. C’est encore une histoire d’attentes contre la réalité, de jugement objectif contre un jugement subjectif. Avec un vrai media à note, je lui aura foutu huit sur dix, la mort dans l’âme. Pour schématiser le plus possible, je m’attendais à un jeu au level design de fou, au vrai « une grosse idée par niveau » et je me retrouve avec un « encore un jeu mario un peu lamba plus plus ». Ne pas comprendre l’ensemble de la presse internationale est un peu perturbant et du coup, j’ai l’impression d’être comme Dieudonné en plein délirium et prêt à conquérir Israël avec une épée en carton.

Bien sûr que c’est beau. C’est peut être le troisième jeu de la A-Team Nintendo à sortir en HD, alors comprenez, ça nous met encore des étoiles dans les yeux. Seulement voilà, ce n’est pas aussi excellent. Oui, le contenu est très dense (grosse replay value, multi amusant, un très gros tas de niveau et quatre mondes en bonus !) mais il y a cette petite voix dans ma tête qui, quand elle ne me dit pas de tuer des gens ou de dépenser des millions sur Amazon, répétè « es-tu bien sûr de t’amuser, là ? » en boucle. Et j’ai pas attendu le troisième monde pour être d’accord. Le power-up chat est rigolo et assez sassy mais ça pète un peu les collectibles qui demande certains persos avec certains bonus au bon moment pour tout faire. Donc refaire. Hé ouaiiiis Nintendo j’ai lu clair dans ton jeu. Je sais pas, c’est pas fantastiquement maniable, les persos sont un poil lent, tout se fait avec un bouton (encore moins simple avec les WiiMotes) et glider vers sa mort est quelque chose de trop frustrant pour moi – et vous le savez, la frustration et Mario, j’en connais un sacré rayon.
Mais ce « flash » n’est jamais vraiment venu. Forêt-désert-lave-boss etc etc. Les mêmes boss idiots. Un sur deux est bien, cela dit. Mais un sur quatre est une redite de ces un sur deux. C’est compliqué. Il y a bien Harmonie en costume fleur-de-feu, mais cette phrase sonne bizarrement fétichiste.

Alors oui c’est effectivement très next-gen puisqu’on peut taper sur la mablette pour ouvrir des portes, activer deux plateformes et utiliser le miiverse et les tampons qu’on débloque pour faire des dessins où les personnages se pètent dessus ou, quand on est un gars mature comme moi, disent des trucs comme « hashtag le patriarcat » ou « as-tu vu les belles quenouilles ». L’interactivité et le social media c’est bien, et ça nous aura donné un compte Twitter à l’humour très spécial où on voit des gamins poster des messages comme quoi leurs parents adoptif les battent ou quelque chose du genre. Si c’est le truc le plus remarquable que ça nous aura apporté, je sais pas. C’est « encore un autre ». Il n’apporte pas grand chose, c’est un tas de petites idées. Quel est le jeu que j’ai déjà cité deux fois ? Ouaip, Galaxy. C’était le dernier pallier du genre et ça remonte à 2007, quand même ! J’adore le genre de la plateforme mais big N continue juste de s’enfoncer dans ses propres fesses nostagiques et on m’a appris à faire le deuil des bonnes choses passées.

Voyez, deux futiles drames personnels en un an, c’est bien trop. Cela doit cesser. D’un coté, un jeu où ils n’ont avaient rien à foutre, dans l’autre, un truc dont je ne trouve plus le fun. C’est pas évident de se trouver vieux con quand, deux secondes plus tard, tu vas mater ton Kill La Kill hebdomadaire et sa dose de nichons bondissants. Et je n’ai plus de Pringles au Paprika. Haaaaa l’univers me hait. Mais Nintendo hait ses univers, je crois.

(Ps : LOLJAPON #4 sur Le Vent Se Lève et Miyazaki vendredi soir. Je sacrifie mon super chiasme en conclusion pour en faire la pub alors écoutez-le ! Ca va être bien !)

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , , , , | 4 Comments

Super duper psychologie

DONC ! Encore un post bizarre à la gloire des jeux dont le gameplay importe peu. Je suis le premier apôtre des choix à faire mais on va parler d’un cas d’école – on ne peut pas se prétendre connaisseur en JV sans avoir parcouru un peu de Phoenix Wright, parce que c’est le visual novel le plus accessible, populaire et fun qui soit.

Le héros de PW6 aura sûrement un Jawbone UP magique

C’est la énième fois que je l’écris sur ce blog, la saga Phoenix Wright est un incontournable du jeu vidéo. On y incarne un avocat pas très sûr de lui qui doit défendre des personnages frappadingues dans des situations du même tonneau. Bref, un whodunnit interactif où chaque jeu intègre quatre ou cinq affaires qui s’alternent en deux phases : la recherche, un vague point-and-click où on fait la collection de preuves pour les phases de procès, où il faut les présenter au bon moment et contre les bons témoignages. Mon descriptif est un peu fouillis mais le tout donne une saga irrésistible qu’on a souvent comparé à Layton, dates de sorties synchronisées aidant. Je ne vais pas vous refaire le topo, j’ai écrit sur le quatrième jeu fin 2010, sur le troisième un an avant, je me relisait beaucoup moins bien. Là, on va juste faire les louanges du cinquième jeu et voir comment il fait progresser la série, alors abandonnée depuis cinq piges en France ! Il est même tout a fait accessible en premier contact de la saga, mais il serait dommage de passer à coté de tous ces retours-surprise de persos, et le gap graphique sera trop dur à franchir.

C’est donc avec une joie immense qu’on a tous pu jouer au cinquième volet de la saga, après un break interminable et un épisode un poil plus faible que tous les autres. Tous ? Non ! Dual Destinies n’est sorti qu’en démat’ sur l’E-Shop de la 3DS et, bien entendu, en anglais seulement. Bon niveau obligatoire pour piger toutes les petites subtilités langagières qui font le sel de ce genre de jeu. Après, pas besoin d’aller chercher très loin – c’est pas le plus simple à localiser et les jeux précédents restent trop nichés – pour simplifier les choses au maximum. C’est déjà pas mal d’avoir le jeu complet en anglais après la non-traduction d’un spin-off (l’autre étant sorti en France et en boîte mais pas traduit, bref, le bordel) en gros, si vous boycottez ce jeu et que vous aimez la saga, vous êtes une sacrée andouille, pour le dire poliment. Vous méritez de disparaître dans la culotte magique de Vérité.

Les « investigations » mises à part, Dual Destinies est le cinquième jeu de la saga. Ace Attorney, Justice For All et Trials and Tribulations forment une petite trilogie. Le deuxième était un peu plus faible, le troisième était ouf gueudin. Apollo Justice était le nouveau héros du quatrième, mais était quand même raccordé au canon original. C’était un héros un peu chiant, et il n’arrivait pas à être le protagoniste de son propre jeu, ce qui est un poil gênant. Une affaire de ce jeu était un peu catastrophique d’imprécisions, mais il se terminait en tentant quelques trucs. Le cinquième, donc, peut amorcer une « deuxième trilogie ». Disons qu’il reprend des éléments de tout le reste pour en faire un sacré petit best of.

Et Dual Destinies est bon. Il est même très bon. Il est un poil moins bien que Trials And Tribulations, et c’est tout. Au début, j’ai cru que ce serait un mini-opus de deux ou trois affaires. Rien de plus qu’une petite parano qui entoure le démat’. Que nenni, ce jeu est d’une constance dingue, il n’y a pas d’affaires en deça, pas de réel moment de bravoure dinguissime, c’est peut être tout ce qui manque. Il est bon, il reste bon, il n’est rien de moins, pas une seule seconde et ça, c’est une grande première. Par contre, il fait évoluer la saga dans d’autres directions.

Le jeu se passe un an après Apollo Justice. Si j’ai bien pigé la timeline de la série, nous sommes donc en 2026. Le gimmick du jeu : « l’âge sombre de la loi », ce qui ressemble juste à une métaphore de mon année de droit entre 2008 et 2009. Phoenix a enfin regagné son droit d’exercer pour mettre fin à cette ère où on obtient des verdicts n’importe comment. La profession est bafouée, plus personne ne croit en la justice de son pays, etc. Phoenix revient et il va botter du cul ! Il n’est pas seul, Apollo est de retour – avec de mystérieux bandages et une lueur badass dans les yeux, c’est incroyable, c’est révolutionnaire, Apollo est un peu plus charismatique (même si je l’aimais bien quand même.)
Les deux sont rejoints par Athena Cykes, une jeune avocate de 18 ans (rien d’étonnant, c’est la norme dans cet univers d’avoir son bac à 12 ans) qui sort d’un long voyage d’études en Europe, et dont la spécialité est l’analyse du profil psychologique. Ça en fait UN PERSONNAGE SUPER COOL. C’est un peu le « sidekick habituel », mais c’est la première à être aussi avocate, elle va intégrer le gameplay qui rentre rapidement dans une dynamique de trio. ENCORE UN. Un lieu commun rigolo du JV en 2013. Athena est un personnage adorable, sympathique et pas trop lourdingue (l’écueil du sidekick dans cette saga) dont la backstory va bien sûr monopoliser les affaires finales. Quand les jeux PW veulent avoir une cohérence d’ensemble, on sait bien comment ils font, ça ne loupe pas ! De l’autre coté, Blackquill, « prosécuteur » fana de culture jap’ médiévale, mais aussi taulard depuis sept ans. Il a ses gimmicks, il est un peu archétypé mais pas mal de gens le préféreront à Klavier, un poil lisse et gentil. Comme tous les autres, il a, au final, pas mal de mal à bien faire son boulot et sert davantage à donner la réplique qu’à réellement faire condamner les gens. De toute on sait qu’il est sur un siège éjectable, comme les profs de Défense contre les forces du mal de Poudlard.

COMMERCE AVEC CA

COMMERCE AVEC CECI

Après, la bonne nouvelle, c’est qu’on est sur 3DS. Toute la trilogie originelle tient du rétrogaming (des adaptations GBA) et alignait poses fixes sur poses fixes. Ça ne dérangeait pas, mais maintenant, ça va être difficile d’y revenir. Tout est animé, les-dites animations sont irrésistibles (Athena qui se tripote les cheveux, une parmi des dizaines d’autres), la musique est de bien meilleure qualité… et quel bonheur d’avoir un nouveau « Cross-Examination Theme », Allegro et Moderate – mais aussi un nouveau « set » de musiques : le Mood Matrix ! J’y reviens un peu plus tard. Les musiques sont chouettes comme jamais, les personnages toujours aussi hauts en couleurs… et s’il y a bien un truc que j’aime dans cette saga – et dans cet opus plus que jamais, c’est que chaque mimique, chaque trait de chara design, aussi fantasque qu’il puisse paraître, va toujours avoir une signification ou une importance. La première fois que j’ai vu un personnage « bouger » et que ça m’avait marqué l’esprit, cette animation est devenue liée à la preuve finale du jeu. Damn, ce jeu se la pète. Tout est foutu-de-pensé-à-l’avance. Ça a ses bons comme ses mauvais cotés : après quatre jeux, on commence à bien piger la manière qu’ont les scénaristes pour construire leur truc et on finit par un peu tout deviner. C’est dommage. Tous les persos secondaires, eux, sont aussi réussis que d’habitude, toujours conçus sous cette loi du « bandit manchot des identités ». « Oui, euh, là on va faire un professeur… dieu grec… puis on va fait une punkette-pirate… et euh ça va être bien cool ». Ouais c’est cool !

Quelques directives qui sont franchement visibles dans PW5, et qui tendent à faire évoluer le truc dans une approche toujours plus « visual-novelesque ».
Le jeu est nettement, nettement plus facile. Enfin, plus précisément, plus dirigé. Un peu comme pour Pokémon, des tas d’indices prouvent qu’ils ont voulu faciliter tout ça. La « barre d’erreur » n’a plus d’importance, la vider nous ramène directement avant le « plantage », on vous dit quelle déclaration est louche après trois tentatives, les « tells » sont volontairement sur des endroits distinctifs et l’emphase sur la démarche à adopter, les trucs à faire (y’a une séquence dans le DLC où on te dit très précisément quoi faire !) est toujours en gras, d’une autre couleur et soulignée trois fois si c’était possible. Bref, on vous dit quoi faire et le choix est toujours moindre.
De la même manière, les phases d’enquête sont simplifiées à mort. On ne doit plus présenter tel objet à telle personne pour déclencher un trigger, ou, le cas échéant, c’est clairement indiqué dans une to-do list qui vient s’ajouter à votre dossier d’enquête. On ne peut plus « trifouiller » n’importe quel écran, les investigations sont limitées à endroit – et un curseur vous dit ce que vous avez déjà examiné ou pas. Emma Skye n’est pas de la partie, au revoir LA SCIENCE ! Beaucoup de gameplay tronqué pour des phases un poil moins courtes. Le jeu, dans sa globalité, est en revanche plus long. (40 heures avec le DLC, quand même !) Ça tend à rapprocher la saga du livre interactif. Se planter, ne pas savoir quoi faire est de moins en moins une option.

Je parlais de « best of ». En fait, c’est le seul jeu qui regroupe toutes les mécaniques de gameplay des précédents. Comme on joue Phoenix, Apollo et Athena tour par tour, les spécificités de chacun sont incluses. Les psychés-locks sont donc de retour, simplifiés aussi. Si on tombe dessus, on a nécessairement ce qu’il faut pour s’en défaire (alors qu’il fallait très souvent marchander des preuves ailleurs avant) et Apollo peut toujours se concentrer pour déceler les tells chez les gens. Là aussi, il y en a trois, pour deux d’entre eux, le chara-design fait que vous allez directement zyeuter là où il faut. Et Athena ? Elle utilise son Mood Matrix, qui permet de disséquer les émotions des témoins. Bonheur, colère, surprise, tristesse, tout tourne autour d’une émotion déplacée, d’une variation malvenue ou d’une absence illogique d’émotion. C’est toujours facile, le concept est bien tourné jusqu’au bout, s’intègre parfaitement dans le gameplay. Ce petit « bye bye » est irrésistible. C’est juste impeccable, et tant pis si on vit dans un monde où il n’y a que quatre émotions possibles. Dernier petit ajout, et pas des moindres : une petite séquence supplémentaire, une par affaire, où votre perso va faire une sorte de « finish him ! » en modélisant un train de pensées qui va vous sortir de la dernière problématique de l’affaire.


Par contre, on perd la petite tradition du « donner un objet un peu incongru qu’on devine jamais à la fin d’une affaire pour débloquer une ligne de dialogue ». Enfin, si, elle apparaît deux fois, mais cette fois c’est super simple.
Donc voilà pour les faits. Maintenant, attention, [chaque spoiler sera balisé. Si vous avez fini l’affaire en question, vous pouvez surligner ce qui manque. Sinon, tant pis, j’y vais franco, surtout pour expliquer en quoi je trouve un gros pan du jeu prévisible.]

5.1 : Turnabout Countdown. L’habituelle affaire-tutorial qui contextualise le tout. Une bombe dans le tribunal qui va installer tout le « temps présent » du jeu (qui ne dure que trois ou quatre jours, tout le reste est un flashback !) et qui n’offre rien de particulier, si ce n’est enfin retrouver Phoenix. Pas de difficulté particulière, on distille un peu les storylines, on retrouve aussi Apollo (Qui a mon âge, damn it) et on fait connaissance avec les capacités d’Athena. Rien de particulier, on découvre, on est émerveillé par le gap graphique et sonore, rien de particulier, bon petit climax final, une situation originale… et juste une phase de procès, comme toujours. Oui, ce jeu est long. Est-ce que je vous ai dit que cette affaire n’avait pas grand chose de particulier ? Bon, c’est pas totalement vrai.

5.2 : The Monstrous Tournabout. La caution « folklore » du jeu. Au menu : Yokai + Culture Catch. On reprend la construction classique depuis Justice For All : deux phases de recherches, deux phases de procès. On fait la connaissance du nouveau flic de service, Bobby Fullbright, perso qui m’a jamais trop enchanté. Jinxie Tenma est choupinoupinette. C’est une affaire qui lance une constante dans le jeu, moins abusée dans le reste de la série : les persos qui mentent tout le temps. Pour le fun, ou par plaisir du parjure. Parfois, les « couches » d’écritures sont moins visibles ! C’est également une affaire qui va codifier le « la scène de crime n’est peut être pas là », un vrai gimmick dans Dual Destinies. Pour une raison qui m’échappe, c’est un reverse whodunnit ; On vous montre d’emblée que c’est Florent LaBelle le meurtrier. [Et y’a pas de subversion, c’est vraiment lui le meurtrier. Disons que c’était le tutorial des spoilers de ce post.]

JOURNALISME !

5.DLC : Turnabout Reclaimed. Une « sixième affaire » en DLC, qui s’intègre parfaitement dans la storyline. Si vous n’avez pas joué au jeu, achetez-le et jouez-y à cette place. Cette fois, Phoenix nous parle de la première affaire qui lui tombe dessus après avoir retrouvé son badge et va défendre… une orque. YOLO MES BRAVES ! Une pléthore de personnages hauts en couleurs, mêlant piraterie et identité punk et rap west coast. Ça a beau être un DLC, c’est excellent, long, varié, plutôt sympa et avec quelques enjeux, malgré ce qu’on pourrait croire. Quelques imprécisions, quelques phases frustrantes où on voudrait montrer ce qu’on a déjà deviné. Le début est over-facile et sent le tutorial à plein nez. On m’a soufflé que c’était pour ceux qui commenceraient le jeu avec cette affaire. Oui, ok, certes. [Marlon Rimes est le coupable le moins prévisible de tout le jeu. POUR UNE FOIS, il maîtrise un minimum ses red herrings – ses fausses pistes, quoi. Je dirais même que c’est le méchant le moins méchant depuis Acro. Son rap est toujours un grand moment.] Bref, un gros casting plein de fraîcheur. 

5.3 : Turnabout Academy. L’affaire qui évite miraculeusement la « malédiction de la troisième » qui veut qu’elle soit systématiquement bancale ou chiante. Nope ! Cette fois, c’est Athena aux commandes pour démanteler un vaste boxon à l’école Thémis, où on forme les petits justiciers de demain. C’est déjà cool d’avoir un peu de background, mais on peut en plus se targuer d’avoir un casting assez irrésistible, Myriam Scubblebutt en tête de liste. Quelques coïncidences et bizarreries trop voyantes et un criminel qui, damn, fait des plans décidément trop compliqués. Beaucoup d’intrigues à résoudre et pas mal de moments épiques, voir bizarres. L’affaire du gender-scandale. [Les soucis identitaires de Robin sont présentés d’une manière bizarre, comme si elle avait un bouton « on-off ». Ça passe d’autant plus bizarrement que c’est le premier Mood Matrix « Allegro ». Ca ne me froisse pas mais je comprendrais qu’on puisse trouver ça limite. Au delà de ça, si vous trouviez que Means n’avait pas une sacrée tête de coupable, il faut changer de lunettes ! C’est l’affaire où on retrouve Klavier et son theme musical de fou wouuuuuuuh]

5.4 : Cosmic Turnabout. Maintenant DANS L’ESPACE ! C’était le procès interrompu par la première affaire, vous savez donc, par définition, que ça allait mal finir. On a quand même droit à une « breakdown animation » d’un perso chtarbé. Une affaire light (procès-terrain-procès-boum) qui vaut son pesant de cacahuètes mais qu’on joue surtout pour ses robots CHOUPIS. Pas grand chose à dire, elle prépare surtout le grand finish !

L'écran d'après est cauchemardesque

L’écran d’après est cauchemardesque

5.5 : Turnabout For Tomorrow. C’est marrant comme cette affaire ressemble à la 1.4. Il y a même ce retour du « dossier XX-Chiffre ». On a deux grammes du passé d’Apollo mais ils sont assez touchants. Enfin l’occase de dévellopper un peu Athena et Blackquill. Le souci, c’est que son « big bad » est visible depuis l’espace. [L’histoire d’Athena est fantastiquement similaire à celle d’Hunter dans le premier jeu. Fullbright est le grand méchant du jeu ? Sans blague ! Dès que je l’ai vu, sa tête ne me revenait pas, je le trouvais beaucoup trop exagératif. Puis… je me suis demandé pourquoi j’avais cette impression. Puis je me suis demandé « quel perso-lieu-commun n’a pas été à cette place ? Le flic de service. Exactement comme Adachi, de Persona 4. Damn, encore un. Tous les indices correspondaient, le gars est beaucoup trop « émotif » et passe son temps à simuler quatre émotions distinctes. Le reste des indices était un poil trop gros. Bref…] Pas mal de fanservice, un fin qui aurait être un peu plus épique, un tout petit stinger qui pourrait conduire un sixième épisode.

Et c’est ça le plus embêtant : ça va pas être simple de faire quelque chose après. D’une part parce que le mode d’écriture par couches de la saga commence à trop se faire sentir, d’autre part parce qu’il est difficile d’enchaîner avec un tel best-off. Le « trio » est probablement fixé. Bref, l’excellence, facile mais d’une constance irréprochable.
Fun fact – spoiler sur tout le jeu : [TOUS LES COUPABLES SONT DES MECS. OHLALALALALALALALALALA MISANDRIE]
Ha, et bien sûr, remarque obligatoire pour signifier que la saga Ace Attorney est l’objet du prochain LOLJAPON, en live le 20 au soir. Maintenant, pour vous remercier d’avoir lu tout le post, voici un rendu bien moche de Phoenix en 3D.

http://usineaproblemes.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/08/sealn3.png

Mention spéciale aux animes au doublage douteux, par BONES, mesdames messieurs, rien de moins. Le studio qui nous a donné FMA, et bientôt Soul Eater Not!.

Posted in Otakeries, Vidéo-lubrique | Tagged , , , | Leave a comment

Omelette du fromage

Nous sommes le 8 janvier 2013. Il est 14 heures, je suis à peine debout, après tout, le réveillon c’était il y a une semaine seulement et il faut continuer à décuver. Le ouaib est en feu. La raison ? Ce Nintendo Direct. Iwata, toujours avec son accent anglais plus que perfectible, nous fait un historique très détaillé des précédentes générations de Pokémon. Il fait durer le truc, c’est Nintendo, notre attention est déjà captée. Il rappelle que la localisation nous a toujours séparé de six mois des précédentes versions japonaises. ET LA, MEGATON : Pokémon X et Y. 2013 n’est pas que l’année de Luigi, c’est aussi celle de la sixième génération de Pokémon. En 3D. En France in-game. Oh la la, beaucoup trop d’émotions à gérer, surtout que Noir et Blanc ne datent alors pas encore de deux ans, c’est un tout petit laps de temps, nous étions habitués au double.

Début 2011 donc, j’avais vraiment aimé Pokémon Noir et Blanc et je ne me relisait pas. Vu de l’extérieur, on peut se demander comment ces six jeux, fragments d’un empire qui fête ses quinze ans, peuvent se dissocier les uns des autres. Bien sûr que le gameplay ne changera jamais, qu’il y aura toujours huit champions, un maître, des Pokémons à choper et un voyage initiatique un peu bizarre ! Tout le monde sait en quoi consiste ce jeu, mais Noir/Blanc avait le mérite de dérouler un scénario un poil plus grave et mature, d’avoir un bestiaire bien foutu et de proposer une aventure globalement plus difficile. Cette fois, nous y sommes, nous avons pratiquement tous fini X ou Y et deux points de vue se mélangent dans ma tête.

C’est, sans aucun doute, l’épisode le plus abouti et le mieux fichu de la série. Pourtant, il lui manque un truc. Un petit machin qui lui donnerait du sex appeal en plus. Je vais essayer de développer et gardez à l’esprit que ce sont des griefs assez personnels puisque, au fond, ce sont surtout des signes que les AAA estampillés Nintendo font de meilleurs efforts pour s’adresser à tous, habitués comme petit nouveaux. Justement, X/Y articulent pas mal de concepts, publics, générations différentes. Voyons ça.

On incarne donc un énième ado de 10~13 ans qui démarre un parcours à travers la région de Kalos. Kalos, c’est « beau » en Grec, mais Kalos, c’est la peinture d’une France d’après la vision d’un Japonais qui a passé deux semaines à Paris ou à Baux-de-Provence. Il va falloir capturer des bestioles, les faire combattre etc etc. Personne ne nous explique vraiment le but du jeu, parce qu’on part du principe que – soit on connaît la franchise depuis notre naissance – soit on a maté « Pokémon : The Origins », petit anime récap pas fantastique de la première génération. Honnêtement… tout le monde rentre dans ces cases, donc pourquoi pas, après tout. Mais ? Que se passe-t-il ? Des gens gueulent des trucs à travers les fenêtres des rédactions spécialisées ! Ils disent « PAS DE CHANGEMENT FONDAMENTAAAAAL ! » Hey on l’a déjà dit, c’est pas une surprise, ça. Pokémon va pas soudainement se changer en jeu de golf. Y’a quand même plein de petites particularités.

Du Mystipr0n partout sur les Internets

J’ai donc pris X parce que le légendaire avait l’air cool, original, c’était un type « Fée » – vous savez, ce nouveau type sensé équilibrer ces foutus dragons qui nous volent notre travail, la couv’ est bleue, donc « froide », le Dracaufeu, banco. « Pokémon Y » sonne infiniment plus classe mais c’est comme ça. Fidèle à mes habitudes autistiques, j’ai encore une fois pris le starter d’eau, Grenousse. Son gameplay est un peu différent : on sort du carcan du tank bourrin pour passer à une petite chose fragile mais très rapide. Un ninja, quoi, l’analogie est pas difficile dans ces design aux inspirations médiévales.

La 3D, déjà. C’est un ajout attendu mais pas révolutionnaire. C’est pas une 3D de liberté totale hein, ça reste une vue de haut parfois précalculée, avec de nombreux passages où la caméra tourne autour du personnage, comme dans Noir et Blanc. Dans les faits, le jeu est toujours littéralement quadrillé, les premiers pas sont une horreur et la « 3D gravity » ne sert qu’à se faire casser la gueule au framerate. C’est nettement plus joli, les combats sont bien plus dynamiques et cools (qui d’entre vous a désactivé les animations, cette fois ?) et l’aventure est bien plus smooth. Le petit luxe étant bien sûr d’acheter des fringues à son avatar et de tourner des « vidéo dresseur » swaggi swaggantes. Un ajout vraiment apprécié mais qui devenait nécessaire sur une console qui s’appelle 3DS. Au moins, le rythme n’est pas complétement niqué façon Collosseum, la nation est sauvée.

Ensuite, il faut bien comprendre que tout est fait pour que le jeu soit plus facile. Plus précisément, on nous montre toujours la voie pour rendre le bouzin super simple. Regardez, Tv Tropes a listé tout ça, sous « Anti Frustration Measures« . Le Multi Exp rend le machin plus simple que la simplicité même. On peut l’éviter – et je n’ai jamais eu le réflexe de le désactiver – mais cette fois c’est toute la team qui prend de l’expérience, ce qui évite ce coté « cas par cas » qui m’avait vite fait constituer une vraie équipe dans (one more time) Noir et Blanc. Mes vieux démons sont revenus et j’ai littéralement surfé ma voie vers le Maître et son thème musical super cool. Tout est plus simple… et tout est plus technique : c’est une génération qui donne encore plus ouvertement des moyens de tweaker un peu ses bestioles, via ce mini jeu un peu crétin et pas du tout gaucher-friendly. D’ailleurs, le PokéVirus vous disait-il quelque chose il y a deux mois ? Non. Moi non plus. Toute l’humanité, je pense. J’en profite d’ailleurs pour me la péter : j’ai chopé mon premier shiny sur la première route. C’était un Flabébé. Hautement symbolique, vu le scénario. Yay !
Bref, on peut la jouer cool, on peut faire du métagame, le champ des possibles est vaste. L’aventure ne pose pas souci, comme la deuxième arène de (devinez quoi ?) Noir et Blanc. CE PUTAIN DE MIRADAR ET SON REGARD DE FOU. Haaaaa.

Alors justement, transition pour parler des nouvelles bestioles et de leurs design. Dans (poum poum poum) Noir et Blanc, on avait cent nouveaux spécimens, ronds, mignons, bien foutus et avec des noms idiots. Souvenez-vous, Nanméouïe ou Toutankafair, quand même. Là on est réduits à 75 mais toujours avec de chouettes designs, si on ignore un tendance étrange à donner vie à des frigos et des porte-clés. On a évité un Pokémon Camembert. La carte – Kalos donc – est tout aussi chouette, avec de beaux bâtiments, cafés, mais surtout des arènes au design fantastique. Il y a des efforts là où on les attendait et c’est chouette. Et oui, c’est la Fronsse, donc c’est hon hon baguette baguette, château de Versailles, menhirs, usine au nord et des noms de fou du genre Rélifac-Le-Haut. Damn ! Moi qui pensait m’évader en jouant à Pokémon. Notez que dans la version anglophone, les villes ont les mêmes nom Disneyland que d’habitude. Nous, on a droit à Trifouillis-Pontoise et Kernek Le Pointu. C’est chouette… non ? Y’a cinquante cafés mais plus de casinos. Des musées partout, on peut filer des pourboires (geste considéré comme très malvenu au Japon), on défile sur les Champs-Elysées, etc. Bon. Pourquoi pas, hein, c’est rigolo.

En fait l’impression qui me gêne dans X c’est se sentiment de non pas avoir une sixième génération indépendante, mais davantage le début d’un cycle. Les références à la première génération sont trop nombreuses – au détriment de, par exemple, vous-savez-laquelle. Un Ronflex à réveiller, une fausse Sylphe SARL, tout plein de schémas qui rappellent Kanto. Quel est l’anime qui faisait office de tutorial au Japon ? Un remake de la G1. Un Pikachu dans la première forêt. Mewtwo pas planqué dans le post-game, pas de « trilogie légendaire », mais les trois piafs de la G1, encore. Vous voyez où je veux en venir. C’est un phénomène étrange. Tu vois, dans la G5 ( LA GESSINQUE ! ) tu combattais le légendaire après le conseil des quatre, et le boss final était pas le maître. C’était complétement fou.

Le Post Game est un peu « mouais ». Le bestiaire ne se débloque plus d’un coup mais il y a quelques bonnes idées : le safari Ami qui permet de piocher dans un type spécifique généré selon le code ami, par exemple. Les enquête de Beladonis sont prometteuses (il faut déclencher une série de triggers pas bien précise, attention) mais y’a pas ce sentiment de « Deuxième round » inhérent à… bref. C’est dommage mais pas la mort non plus puisque chacun aura loisir de constituer sa team parfaite et de la fignoler jusqu’à plus soif. On pourra aussi caresser ses Pokémon à des endroits inappropriés pour augmenter leur affection et débloquer des bonus passifs, du genre, « encaisser une attaque fatale pour vous ». PARCE QUE OUI. MAINTENANT, POKEMON COPIE DIGIMON ET PERSONA. C’EST PAS BIEN.

Je profite de cet instant nerderie pour justifier les emprunts à Digimon : les fans de Tamers auront reconnu la manière de faire « méga évoluer » vos bestioles, et l’intrigue gentiment patho-grave du truc est liée à un scénario archi semblable de la-franchise-d’en-face. Désolé pour ceux à qui je parle en codé. Les méga-évolutions, ça reste super anecdotique, ça permet quelques beaux designs, d’autres ratés (Tortank, sérieusement) et ça peut sauver quelques miches en combat, rien de plus. Dans ce jeu, tout le monde est obsédé par ce concept, comme si c’était crucial ou révolutionnaire. Je crois qu’à Kalos, on brûle ceux qui s’en foutent.

Et ouais, le jeu est quand même assez niais. Les dialogues sont supra-enfantins, la bande de gosses qui vous sert de rivaux est pas évidente à supporter, plus de références loufoques, beaucoup de premier degré… et la Team Flare, boudiousse, la Team Flare. Comme dirait Amo, « ils font un peu Manif Pour Tous« . Aucun objectif fixe, ils sont juste là, ils sont méchants et ils sont fabulous. C’est cool. Il paraît que dans l’autre version, le leader prend cher à la fin. J’ai pas suivi, je m’en fichais un peu et c’est dommage. Toute la période avant le légendaire où on bute les cinq mêmes Pokémon avant le légendaire pendant trois heures a de quoi rendre dingue. Le Prof. Fabulous ne sert pas à grand chose, les rivaux sont chiants, les champions d’arène n’ont plus d’existence propre en dehors de leurs… arènes zut répétition, etc. Pourquoi faire plein d’efforts sur d’autres trucs et pas là ? Je suis triste, Nintendo, triste. C’est quoi cette bizarrerie transphobe dans Phoenix Wright 5 ? C’est quoi ce bug dans Illumis ? Des microtransactions, sérieusement ? Vous devenez gagas ? Gagas. sDFsdflksmdlfsmdlfkssdfsdfsdfsgagas.

Heureusement. Et là, c’est le bonheur, c’est la joie, c’est mâââââtin, les musique sont super. C’est pas un truc que j’attends comme un fou comme dans un Paper Mario (que j’ai toujours pas fini, c’est dire le problème) mais la génération précédente se démarquait bien. TOUS les « checkpoints musicaux » sont là. La musique du rival. La musique des champions d’arène. La musique du légendaire. La musique du maître. Elles tuent toutes. Y’a même un petit gimmick. Le combat final est une crème : « c’est comme un vitrail mis en musique ». Je sais plus qui a écrit ça mais oh la la le bonheur dans les oreilles. C’est probablement ce que je vais le plus retenir de cette G6. Et comme je le disais plus haut, tout ce qui a été lancé à tel ou tel moment de la saga est aujourd’hui abouti : les modules d’échanges et de combat en lignes sont impeccables et intuitifs. Il faut juste un peu découvrir par soi même, mais après une phase de jeux qui te prennent pour un con (Galaxy 2, Mario & Luigi 3 etc etc) c’est pas plus mal.

C’est fou ces petites tendances qui se dégagent du JV en 2013. Les best-offs, les quarantenaires, les duos, les trios aussi. Et Nintendo qui se laisse un peu aller. Pokémon X et Y, lui, est excellent. En revanche, bizarrement, il me laisse pas un souvenir impérissable alors que la G5 reste mon chouchou. Suis-je hipster ? Sans doute ! C’est toujours un plaisir de parcourir un Pokémon mais celui-là m’a paru un poil en deça.

Posted in Otakeries, Vidéo-lubrique | Tagged , , , | 3 Comments

Personne ne se doute de rien

Le premier numéro de LOLJAPON est en podcast depuis quinze jours, le deuxième arrive dans neuf ! Il y a la page du podcast, la page de live et même un flux RSS et une page Itunes. Chouette, non ? On parlera de Pokémon et d’un tas d’autres trucs (l’Attaque des Titans, Garden Of Words, Diabolik Lovers, un anime qui promet d’être délicieux) alors viendez, etc.

MAIS. Nous n’allons pas parler de  mangasses pour le moment. Par contre, je vais insérer quelques screens de Kill La Kill car cet anime me fascine et il va falloir en parler intelligemment, un vrai petit défi en soi. Non, la semaine dernière a été marquée par deux grosses actu du JV en France, deux petits trucs qui méritent l’attention et c’est un peu comme une mauvaise et une bonne nouvelle. On va faire comme d’hab et commencer par la Paris Games Week.

Sans aucun rapport : du TENNIS !

Je sais même pas vraiment pourquoi. C’est comme un réflexe pavlovien. Ça fait cinq ans que je chronique pour le fun « l’évènement d’Halloween Parisien » – en référence à cette époque qui commence à s’éloigner où c’était encore le Micromania Game Show. J’y reviens toujours avec un avis plus que mitigé, je dois avoir une mémoire défaillante, ou alors c’est mon amour des rituels qui parle. Bref, le Paris Games Week, c’est le lieu idéal pour râler si on a un besoin fondamental de râler : ce n’est un salon intéressant que pour un certain type de joueur. Un panel large, certes, puisqu’il exclut seulement les « métas » – presse et industrie – qui n’y verront rien de nouveau, quand bien même c’est une bonne façon de s’amuser et de rattrapper deux trois trucs. Ça reste une vitrine pour quelques studios et indépendants français, on va y revenir, mais rien de transcendant, ce n’est pas l’E3. En revanche, c’est un évènement qui génère un minimum d’attention médiatique et qui se tape parfois un mini-scandale. C’est fou, on dirait Rock En Seine. Toujours la vitrine de Noël, certes, mais si vous arrivez à vous procurer une PS4 avant février, c’est que vous êtes franc-maçon.

Dans la « mauvaise » nouvelle, du positif tout de même puisque le malaise s’est déplacé des journalistes vers l’industrie, mais aussi les joueurs par extension. C’était il y a déjà un an, le fameux Doritosgate a soulevé pas mal de questions restées latentes dans l’année.
Késsadire ? Un Geoff K, journaliste JV, un peu « whatever » entre un kakémono Halo 4 et des Doritos/ bouteilles de Mountain Dew. Le symbole était parfait, la presse spé a un problème de connivences avec les éditeurs. A partir de là, des médias plus généralistes ont commencé à disséquer les pratiques douteuses qui émanent de certaines rédactions ou éditeurs, tout en questionnant le statut de journaliste. Un débat intéressant mais un peu confus puisque le jeu vidéo est une pratique journalistique culturelle comme une autre et pas forcément compatible avec l’imagine du journaliste généraliste intrépide. C’était, en revanche, l’occase de faire un peu d’investigation et de propulser des petits nouveaux. Bref, beaucoup de regards vers beaucoup de nombrils mais ça a soulevé des questions importantes, parce que rien ne dit que le journalisme – par exemple – musical n’est pas frappé par les mêmes réflexes. L’origine du bouzin n’a pas eu de rapport direct avec la PGW, sinon un souci de timing. Résultat, des journaleux survoltés et un évènement qu’on doit aux grands pontes d’Activision qui peut ainsi faire la promotion de son Call Of annuel. ET LA, TRANSITION !

Call Of Duty. Je ne suis pas fan. Avant de ne pas aimer le jeu, je n’aime pas ce qu’il représente. Les chiffres qu’il génère, son public, ses messages mixés. Ce n’est pas bien grave, mais les jeux en eux même ne sont pas toujours fantastiques. Call Of et Battlefield sont souvent des AAA bêtes et méchants, pas très non-américains friendly, on peut l’ignorer et jouer à des machins qui prennent ce genre de sujet bien plus intelligemment, Spec Ops : The Line en tête. Le truc c’est qu’il cristallise tout ce qu’on aime pas dans le jv et son public fait un peu de même. Sans se lancer dans un discours identitaire à la con, c’est un soft qui polarise pas mal de trucs gênants et ça va jusqu’aux jeux en eux-mêmes. Ghosts est un cran au dessous, difficile de pas se souvenir du jeu vita 2012 et de sa durée de vie amusante, bref même le « standard » n’a jamais été grande folichonnerie.

Video games haaa~

Video games haaa~

ET DONC ACTIVISION A EU LA BONNE IDÉE DE PROPOSER 500 PACKS PRESTIGES A 200 BROUZOUFS AUX 500 PREMIERS PRÉSENTS SUR LE STAND. Une idée tellement réfléchie, surtout après des gars piétinés à Milan dans l’exact même contexte. Donc voilà, deux milles gus qui attendent toute la nuit par moins trois, qui pètent un peu les plombs, qui ne donnent pas forcément le meilleur d’eux même et qui provoquent un meme forcé pas forcément super drôle. Après le bazar initial on retrouve des packs sur leboncoin et ils sortent tous du 93, les implications sont infortunées. Vous me direz, au moins, c’est pas des kits presse. Enfin bref. La démographie au PGW, c’est un sujet pas simple à aborder, surtout quand on voit tout ces Youtubeurs « accrédités » qui se baladent avec leurs parents.

Bon, y’avait quand même pas mal de trucs à essayer ou tester. Déjà, très bonne idée que ce coin enfant dans un deuxième hall, loin du sang et du monde du machin principal. On y trouvait pas mal de choses adaptées à tous : un énorme stand Skylanders (ce concept qui devient un genre à part, hmm hmm Ubi) un gros coin rétro où on peut jouer pépère et un carré consacré à l’indé Français avec, par exemple, un Tetrobot aux présentateurs enthousiastes (et qui filent des bons des réductions) et plein d’autres choses, un quiz de l’extrême dans un périphérique-kart, un FPS qui se joue avec les doigts et une air-manette (j’ai encore oublié le terme précis, damn) etc etc.

Pêle mêle, sans grand fil conducteur : Octodad est, comme prévu, débile à souhait, rigolo à jouer et à regarder mais je doute que le concept soit fun plus de quelques heures, surtout avec ces commandes volontairement oulipiennes. Le coin Nintendo – après avoir focalisé toute l’attention l’année dernière – valait encore son pesant de jeux Wii U. C’est bizarre à dire, mais y’a quelques jeux qui pourraient y sortir cette année. Tous mais pas Smash Bros, faut pas trop espérer non plus. Un autre Mario 3D bien animé mais toujours sans âme, le dixième de suite donc, un Mario Kart qui sera sûrement excellent et qui compile tous les petits mécanismes qui ont fait le succès des jeux précédents et un Bayonetta 2 incompréhensible, je ne suis pas encore de ce bord là, malheureusement. J’aimerais être intéressé par le prochain Zelda sur 3DS, mais pour une raison qui m’échappe, il me passe vraiment par dessus. Sans doute parce que je n’ai pas ce fétiche des Zelda en 2D…

La Xbox One était à la disposition de tous (du moment qu’on ne la touche pas en pleine private session) et, il faut bien l’avouer, l’objet en lui même n’est pas très sexy. Trop carré, trop rugueux, un peu massif-agressif. La manette est pas mal pensée et un Forza 5 était en démo. C’est là que je me rends compte à quel point Horizon était fun et bon esprit. Des vibrations dans les gâchettes. Des petits sticks repensés. Voilà voilà.

De l’autre coté, chez Sony, on a joué un peu à Knack. Le tout premier jeu présenté de la PS4 ! Moi de me dire « oh la la ça va être choupi et gosses-friendly façon Kameo » et je ne suis pas certain. C’est assez difficile, comme démo présentée. Sympathique, s’oublie en très peu de temps. Tout le monde a passé la soirée à nous dire que #Driveclub n’était pas bien. On va croire la doxa et attendre un peu. J’ai plus tendance à attendre The Crew mais Ubi a un petit souci avec ses deadlines ces temps ci, je ne sais pas si ça s’est vu. Et c’est déjà tout, rien eu le temps de tester en plus en une soirée.

La vie de salon : une aventure en pyjama

La vie de salon : une aventure en pyjama

Spéciale dédicace au stand Jeuxactus et Cyprien Gamin, un mystère pour les générations futures, mais aussi pour Bethesda, qui ne générait pas beaucoup d’intérêt. Namco avait une thématique clairement japoniaisante – enfin, une thématique – et un bisou au copains de BigBen et assimilés qui faisaient essayer WCR (qui est sûrement pas bon du tout mais hé c’est des copains !)

Donc ça c’était pour la « mauvaise » nouvelle. Mitigée, quoi, pas spécialement pour nous, quand bien même il y a toujours à boire et à manger. Ça n’empêche pas le salon de toujours être un moulin quand il ne le faut pas, d’être globalement sale et de cultiver les choix curieux.

La BONNE nouvelle, c’est l’apparition d’un nouveau mag JV, JV. Je crois que le titre a été choisi pour la vanne. Walou commentait ce même article l’année dernière, c’est l’un des rédacteur du-dit magazine, rédigé par des anciens de Joystick, entre autres. Je maîtrise très mal cet organigramme, mais c’est un projet des gars de Zqsd, qui a du agir comme un think tank. Sans aller dans le publi-communiqué, c’est un vrai bon premier essai qui garnit un rayon JV devenu super pauvre par la force des choses. Il rejoint donc Canard PC et le mystérieux Videogamer.

Je vous en parle parce que je suis un terrible novice de la presse papier. Je vous l’expliquait déjà dans un viiiiieil article consacré à mes archives de magazines favoris, mais je ne sais encore rien de, par exemple, la presse lifestyle. En ce qui concerne le JV, je suis toujours accro et fermé sur Edge et Games, les deux pontes de la presse UK. Les deux s’équilibrent bien et sont de beaux objets aux bonnes idées, même si s’y abonner en Europe coûte trois bras – couplé à un mag qui commence à prendre l’habitude d’arriver très tard en boîte. Avec le mou du bouclage, ça fait presque un mois de retard complet. Je m’abonne à JV avec pas mal d’enthousiasme puisque c’est une première fois depuis le défunt Nintendo Mag, à l’époque des débuts en 2002, on était petits, peu critiques mais il y avait quand même plein de belles choses dedans.

JV numéro 1 donc. Mensuel de quatre euros. 100 pages, beaucoup de pubs heureusement concentrées au début. Une tranche carrée (OUI ! :D) qui était une grosse préoccupation de la rédac (RE-OUI ! :DD) et une maquette pas trop fantasiste dont je suis pas le premier fan – beaucoup de blanc partout. Mes notions dans le domaine sont faiblissimes mais j’aime vraiment les deux magazines sus-cités pour leurs designs respectifs. D’ailleurs, JV semble sortir d’un blend entre les deux. Pas trop volontairement « funifun », beaucoup d’emphase sur l’insight, les analyses précises, mais aussi ce fétiche du rétro qui conclut Games. Cher amis, si vous me lisez, le « coming next » des deux en dernière page est un indispensable à mon goût. Peut être pas en utilisant un screenshot – quoique l’idée a toujours été charmante – mais dès que vous êtes sûr de vos deadlines, pensez-y.
De l’actu, de l’analyse, des critiques, un peu de méta, quelques focus et une petite prise de risque : une double page consacrée à d’autre produits culturels. Ca désarçonne mais c’est pas particulièrement malvenu. Par contre, la BD et « l’humour plein-pot » dans un mag, j’avoue que j’ai toujours trouvé ça bizarre, et c’est pas faute d’avoir été nourri à ce mélange à grands coups de Picsou et Kid’s Mania, comme tout le monde.

Joue à Call Of, nettoie ton lycée (encore)

Joue à Call Of, nettoie ton lycée (encore)

L’emphase est mise sur l’absence de notes. On trouve quand même un macaron « Jean Vidéo », l’Ulysse local. C’est un choix et c’est à respecter, ça permet d’articuler bien plus facilement divers avis sur un jeu. Et ça tombe bien ! Le tout premier test du mag, c’est Beyond !
Exemple de premier dossier : les clés russes bradées. Etant pas PCiste pour un sou, j’ai découvert un vrai petit phénomène, c’était traité avec précision et sérieux, c’est chouette. Du même auteur, une page sur les notes fluctuantes de Polygon, que j’avais alors dans le radar en début d’année. Ça m’a rappelé de chouette souvenir, mais bref. Le ton global ? Sympa, assez pro, gentiment familier, plus destiné à ma génération qu’à des gamins de quinze ans.
Vraiment, au delà de cette couverte assez bof, c’est une centaine de pages qui promet pas mal de belles choses. L’aventure commence, elle est casse-gueule, et essayer avec professionnalisme et cohérence, c’est déjà super honorable et ça fait une saine lecture en plus.

Bonne chance les gars !

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , | 3 Comments