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Category Archives: Télédérision
Critique 3000
Vous connaissez le Sonic Cycle? C’est vieux, usé, c’est old, j’ai bien mieux en magasin, j’ai nommé le shortcom cycle! Une constante cependant : le cycle est de durée proportionnelle à la durée d’un épisode. On peut éventuellement stipuler que Bref ne va pas dépasser les grandes vacances.
Un peu de remise en contexte : ici sur notre bon vieux réseau télévisuel français, le Grand Journal est une émission quotidienne qui fait beaucoup parler d’elle depuis huit ans – malgré notre désamour pour cette émission, on se sent parfois obligés de nous faire du mal car – malheureusement – c’est un peu ce qu’il y a de plus qualitatif à cette heure et… disons, réfléchi et bien emballé. On ne peut juste pas s’empêcher de voir le salaire un peu dingue des intervenants qui manquent de pertinence, du présentateur qui s’accroche à son fauteuil, du S.A.V. qui n’est plus drôle depuis X années, und so weiter – on regarde quand même et de toute manière, Tania Bruna Rosso n’est plus là pour agresser les sens des plus otakes d’entre nous. Le truc, c’est qu’à chaque rentrée, le Grand Journal essaye de caser une « shortcom », format court – d’où le nom, c’est une superposition anglishe – pour « pastiller » un peu son contenu. Il y a sept ans, c’était « La Minute Blonde », l’année dernière, c’était « La Vie Secrète des Jeunes »… et ce n’était pas le nom de Riad Sattouf qui empêchait ça d’être fantastiquement naze! Heureusement que ça n’a duré que deux ou trois semaines parce que chaque épisode me donnait envie de me lancer dans un jeu de rôle : façon shériff et brigands, avec moi du bon coté du six-coups. Miracle cependant puisque le créneau occupé par cette saison est donc représenté par « Bref », micro-série de fiction – lancée par quelques esprits malins qui ont su se faire accorder confiance par la chaîne. Ça reste une évènement médiatique très Français et je doute fortement que ça vous dise quelque chose si, par exemple, vous vivez aux USA ou Quebec…
Le fait est que ça génère, depuis Octobre dernier, un enthousiasme un poil imprévu : succès critique et chiffres à l’appui, la presse culturelle s’incline devant K. Kojandi – l’acteur principal – et le réal, B. Mushio, enfin, plus précisément, les deux rôles sont bicéphales… et l’ensemble devient mémétique dans le sens où les parodies, souvent nazes, pullulent sur Youtube et consorts. La vaste majorité des épisodes sont disponibles sur le site officiel… car un Dvd sans réel bonus est disponible. D’ailleurs, on sent nettement que l’émission qui englobe la shortcom se repose dessus puisqu’à chaque fois qu’un épisode est sur le point d’être diffusé, Denisot se fait un plaisir de ne pas dire à quelle heure ; Qu’on puisse regarder le talk-show « en attendant », malin! J’aimerais être plus sympa avec cette série, on voit qu’elle est issue de nouveaux talents mais je ne sais pas, je crois que tout le monde s’est extasié pour pas grand chose, comme si un fabuleux nivellement par le bas nous travaillait depuis des années et paf! Le moindre truc bien poppant sur l’antenne nous semble jubilatoire. « Bref », c’est bien, mais, comme son nom l’indique, c’est très succin et c’est proportionnel à ce qu’il faudra à la série pour traverser tout le mignon schéma des Inrocks – mais si, vous savez « Hype, retour de bâtons », etc… ben là ça se casse la gueule et ça se voit – plus personne n’en parle. C’est pratique même, on voit à peu près où ça commence à déconner : les quarante premiers épisodes constituent une saison tournée en roue libre, la deuxième est commandée par la chaîne et est actuellement diffusée à la pipette pour tenir jusqu’en fin d’année télévisuelle, fin juin donc. (Enfin, fin d’année, pour le nombre d’émissions où ils sont tous en vacances ou en déplacement)
Bref, grandeur et décadence de Bref.
MAIS KESSADIRE? Tout ça fonctionne sur le même principe que les fameuses « Deux minutes du peuple » de Pérusse qui ont bercé nos réveils il y a déjà plus de dix ans de cela – un format ultra speed, lapidaire, pas une seconde de pause pour un maximum de dialogues… ou plutôt de monologue, car le personnage au nom inconnu – un peu le surmoi de Kyan Khojandi – est un adepte de la logorrhée introspective façon John Dorian. Ce mec c’est toi, c’est moi, c’est n’importe qui version trentenaire parisien un peu paumé. A chaque épisode, « Je » se retrouve dans une situation donnée et ironise le plus possible à vitesse flash, comme si on regardait un condensé de Sayonara Zetsubou Sensei. Rien de bien folichon, que des situations qu’on a tous vécu/sommes voués à vivre/etc : Avoir un plan fesses, aller au supermarché, faire un dépistage, terrains connus. Vous me direz : « Mais mon ami Concombre, qu’est-ce que ça change des aventures de Pic et Pik, d’Avez Vous Déjà Vu, de Faut-il? et autre innombrables machins qui fonctionnaient sur le même principe? » Et ben… pas grand chose? Disons qu’il y a un plus grand soin global, pleins de petits détails « qui font que ». D’abord, les auteurs semblent avoir leurs réseaux de petits groupes inconnus qui contribuent à une sono assez cool – parce que le collage son/image est parfois épatant et truffé de petites attentions, cf Ascenseur ou Dépistage (le petit moment de malaise face à l’aiguille, grand moment synesthésie) – d’autre part, c’est bien écrit ET drôle. Ces deux caractéristiques semblaient perdues à jamais dans ce contexte et je sais à quel point je fais vieux con précoce mais c’est un FAIT, rire devant une création originale française est un défi lancé à l’humanité.
Les quarante premiers épisodes suivent donc un train train de moments de bravoure entrecoupés de fillers corrects, des éléments narratifs sont dispersés là et là avec la grâce de l’éléphant – en l’occurrence, la rencontre avec une jolie nana et tout l’acheminement qu’il faudra pour aller en première base avec elle, ce qui fera justement un dernier épisode super feignant – mais ça reste globalement bon et sympa. Je parlais de petites attention, tout ça est parfois purement visuels : incrustations de petits effets, références cachées à tout va, don particulier pour insérer des messages subliminaux destinés aux gens qui « font des pauses »… autant de petits trucs qui ont du nécessité d’innombrables heures de travail, on peut pas le nier. Pis dire très sérieusement la phrase « Bonjour Madame je voudrais une cravate Dingo parce que je suis un vrai déglingo » sans se rater est une petit performance. On y trouve un joli casting de belles gueules, toutes très crédibles et convaincantes – on se reconnaît sans problème, l’objection « miroir » est accompli avec brio.
Le truc c’est qu’on repère déjà le souci avec ce type de série : elle vit trop avec son temps. Même problématique avec n’importe quelle fiction – comment va-t-elle tenir sur la longueur? Probablement très mal. Les débuts de 24 ou Desperate Housewives ont l’air un peu ridicules aujourd’hui, mais c’était il y a dix et sept ans… dans deux ans, ça ne ressemblera plus à rien, et c’est dommage mais on ne peut rien y faire. De toute manière, ça avait aux tout débuts un caractère tellement omniprésent dans les médias, je suis certain que les cours de récré – tendance-ô-mêtre par excellence hein rappelons-le – ressassaient les meilleurs passages en boucle. C’est comme n’importe quel Cyprien ou que sais-je : c’est pas écrit avec génie mais ça y met les formes, donc ça marche, et tutti quantti. On pourra reprocher à Bref une approche pas toujours super mature (la moitié des épisodes se résument à Bref, j’ai niqué untel, sérieusement quoi, c’est un peu nympho comme série, j’ai pas fait ce reproche à quoi que ce soit depuis au moins trois ans) et de ne pas varier ses thèmes… en effet, tout ça représente une façon de vivre et penser très paumée, urbaine, loser-way-of-life avec plein de néologismes en anglais. D’ailleurs, qui dit que « Je » est l’avatar des trentenaires? ‘Serait un peu dingue de penser que tout le monde veut se représenter dans un mec pareil – et je n’en fait pas une affaire personnelle, je suis aussi feignasse que lui – mais ce que je veux dire, c’est que la série n’est pas moins onanistique que n’importe quel autre truc qui marche bien : beaucoup de gens se reconnaîtront dans un pan de « Bref », mais pas mal d’autres seront largués. C’est une série qui transpire un peu le klout, le swag et les followers, vous voyez ce que je veux dire? Ce n’est pas comme si elle était précieuse mais juste un poil ciblée.
… et ça se confirme de plus en plus avec cette deuxième saison. Puisque celle là est écrite après une première vague critique, elle est un poil plus dirigée pour plaire et, au mieux, pour évoluer… mais j’ai du mal à être enthousiaste sur le bouzin, surtout au vu des trois derniers épisodes qui ont été diffusés ; Parce que là non les amis, NON, quand Bref te fait du moralisateur, j’ai envie de déterrer mon six coup qui prenait la poussière. Déjà que l’épisode « Bref, je suis Vieille » hurlait un message plus qu’évident – et en pourtant bon adepte de guimauve, ça n’a pas du tout marché chez moi – mais alors LA. « Chanson préférée », « Mon Père veut être jeune » « Enfants blablas » nous sort trois fois de suite un malaise qui, justement, rendait le film « Jeux d’Enfants » ridicule (vous êtes bannis de ce blog si vous avez kiffé ce truc, même tarif pour LOL et Enter The Void) à savoir une énooooorme pelletée de guimauve moralisatrice. Stylisée. Le « spectre de l’enfance » qui se barre avec un bon gros bruit dramatique, non quoi, c’est pas possible, ça me rends cynique et je ne le suis pas tant que ça. Remarquez que ces trois mêmes épisodes sont plus longs, donc nettement moins rythmés, donc un poil plus tendus avant d’exploser dans la méga Morale 3000 qui explose à gros gouttes de malaise. Bon, ok, c’est un peu hystéro comme approche mais vous aurez peut être eu le même sentiment.
Là par exemple, on peut entendre la douce mélodie de « Two Girls One Cup ». Un gros bonus chocolaté quoi
C’est d’autant plus con puisque l’épisode précédent, « Années 90″, accuse d’un bon compromis : il se permet d’être plus long pour insérer une séquence bien drôle comme Bref sait les faire, tout le reste est drôle… mais cette thématique est tellement « faite pour plaire », on se croirait sur 9gag! C’est idiot car la majorité des épisodes sont, jusque là, à se tordre comme tout les autres… mais gaffe aux déviations, les amis. Il n’y a cette fois pas de trame narrative et même, horreur, des pistes oubliées. Le fait que son frère sorte soudainement avec un autre mec était une piste mignonne et intéressante, en plus d’être un bon twist, pas de nouvelles depuis (mais ça doit être une carte bien gardé, on va leur faire confiance) – et cette tendance à la référence est devenue une norme… le fameux « Ya des gens qui m’énervent » n’existe que pour caser le plus de guest possible, comme si c’était pour rayer le plus possible de gens de la liste « ceux qui veulent absolument faire un passage » ça, c’est de la pure interprétation évidemment, on ne pourra pas les reprocher de taper uniquement chez Canal (Fred et Jamy! Amour!) mais le fait est là : ça sent bizarre et cette deuxième moitié de saison va devoir faire ses preuves. Je ne sais vraiment pas si la série est populaire est discutée comme elle pouvait l’être trois mois auparavant. Et pourtant… il y a toujours de bons épisodes, qu’il soient de purs listings ou des tranches de vie : « Eric Dampierre » est un fabuleux exemple, conciliant écriture, rythme, petit détails et guest-starring – même si là encore, joli « syndrome Internet franc-maçonnique » avec Davy. En plus, elle ose des thèmes plus variés et les figures de style, mais attention à faire la différence entre évolution et le fameux « saut de requin. » Gros warning, mais affectueux et tsundere. Oui, ce post est complètement trilingue. « Hé! On va faire une soirée Urophilie! »
Donc ouais, je fais un mini caca nerveux pour trois pauvres épisodes mais vous savez ce qu’on dit, au delà de deux, ce n’est plus vraiment une coïncidence. Alors trois d’affilée…
Bref, j’ai pas d’âme. Et A Votre Écoute Coute que Coute ne m’a jamais arraché de sourire non plus. Damn. J’ai plus qu’à allumer la télé pour mater Zemour & Naulleau.
Tout va bien
Slurp slurp le bon tea, j’en bois à mon aise.
Bon les enfants, niveau bonnes séries nous sommes définitivement en fin de cycle. Je ne doute pas qu’il existe encore plein de bonnes productions mais elles ne sont plus mises en avant comme cela était le cas il y a déjà quelques années, pas besoin d’entrer dans la sphère cynique pour constater que les bonnes choses sont désormais réservées à des chaînes cryptiques, elles-même réservées aux abonnés d’un opérateur bien connu. Comprenez : impossible d’échapper au format Experts/Rediffusions d’autres trucs/fin des séries d’antan. En effet, le « papy boom » sériel est bel et bien en train de clamser! Ce que je veux dire, c’est que ce quatuor si emblématique sorti de CBS pour la saison 2004/05 (A savoir Grey’s A, Lost, Desperate Housewives et House) est aujourd’hui complètement décimé – plus qu’une série est encore sur pattes. Ça peut sembler réducteur mais c’est bien ceux là qui ont le plus contribué à amorcé ce fameux cycle qui a alors trouvé son pic du midi.
A part nicher les bonnes dernières productions HBO sur le câble, que peut-on faire? Peut être ouvrir un peu la focale et élargir tout ça jusqu’en perfide albion, tout prés de chez nous. Vous verrez peut être là où je veux en venir : les anglais sont aussi très bons en la matière! Je pourrais mettre un point d’orgue sur leur talent d’écriture quand il s’agit de science-fiction – et je ne parlerais pas de Doctor Who mais il existe ici un point commun très simple – mais j’aimerais aujourd’hui parler d’une série de la BBC qui vaut son temps de visionnage et qui, au contraire de la série sus-citée qui partage le même scénariste, n’est pas si connue que ça! Heureusement que cela vous donne une occasion de mater France 4 qui à pris la bonne initiative de programmer quelques épisodes de temps en temps… aujourd’hui, causons Sherlock.
Si vous pensez que je vais évoquer le joli minois de Downey Junior ou la calvitie de Jude Lue c’est que vous êtes vraiment super inattentifs, on parle ici d’une série télé subissant un format téléfilm : à l’heure actuelle, deux saisons de trois épisodes. Six épisodes. Ça n’a pas énormément d’avantages mais j’y reviendrais – c’est donc anglais, c’est extrêmement récent (2010/2011) et c’est assez surprenant. Dans le spectre qualitatif Concombresque, ça se situerait quelque part entre « encourageant » et « réjouissant ». Dans le spectre Top Chef, ce serait davantage entre « malin » et « du terroir ». A vous de choisir vos sources.
… et pour tout vous dire, je ne sais pas grand chose de la saga. N’ayant pas eu la curiosité d’ouvrir un des romans de Conan Doyle, pas eu la chance de tomber sur un des films, je suis complètement extérieur à ce canon. Quelle ne fut ma surprise que j’ai, dès les premiers plans du premier épisode, constaté que… Sherlock est une adaptation moderne – donc 2010 – de l’univers du détective! Exemple simple : ce cher Watson débarque toujours d’Afghanistan… mais bien évidemment, il s’agit cette fois du conflit de la dernière décennie! Une multitude de détails importants sont ainsi distillés dans cette narration : biographie des persos, évènements cruciaux des bouquins, psychologie des personnages, tout est radicalement pensé pour coller à une ambiance de notre temps même si, il faut bien l’avouer, Benedict Cumberbatch incarne un Sherlock fortement old-school. Évidemment, je n’attendais pas de lui une attitude steampunk avec masque à gaz et zeppelin à moteur mais il reste un personnage vraiment figé dans son époque et sa psychopathologie. Ce n’est pas comme si il ne savait pas se servir d’Internet ou quelque chose du genre mais le perso est fait pour être tellement mécanique, froid, robotique… n’oublions pas qu’avant d’être un grand génie, l’homme est surtout un beau sociopathe et ce caractère est rendu par une carte presque oubliée de nos jours : l’espèce d’ambivalence entre autisme et génie. Les plus cartésiens évoqueront Asperger : totalement incapable de saisir le second degré et de capter le mode de pensée d’autrui (quoique, c’est franchement discutable sur ce deuxième point) ce serait surtout une concentration surréaliste et un attachement démentiel aux détails qui pourraient nous faire penser à ça. Quoi qu’il en soit, on a ici une parfaite représentation d’un personnage qui pourrait nous péter entre les doigts à tout moment – et les fans de la saga savent d’avance ce qu’il en est – mais le choix de la série est, en amont, génial. Par exemple, je me demandais fortement si il allaient montré le coté cocaïnomane d’un personnage où le contexte ne rends plus la poudreuse si… légale! La réponse est non et, curieusement, ça me semble cohérent. Amusant de retrouver ce petit malaise du spectateur quand un policier explique à Watson que leur principale crainte et son hypothétique « ennui ». Hu.
Watson, parlons-en. Il incarne de son coté, est une espèce de beau gosse en pleine crise de la trentaine, un tombeur malgré lui, le parfait sidekick et ressort comique dans toute sa splendeur. Ca ne fait pas de lui quelqu’un de niais mais il rentre dans ce costard mille fois taillé du mec devant toujours subir les lubies, contraintes et situations maboules imposées par les pérégrinations de sa moitié. (Ce n’est pas gay) un pseudo couple entre un autiste et un mec un peu paumé, c’est déjà vu mais ça fait fantasmer les fujoshis qui aiment bien « quand Watson se fait embêter par Sherlock ». Je m’imaginais ce dernier chatouiller le premier, je n’ai jamais vu ça, j’étais très déçu, damn you!
Cependant, ce dernier a une libido un poil plus normale que son comparse d’infortune et il y aura quelques pistes de love story disséminées là et là. Comment ne pas résister à cette bouille sympathique? Je suis sûr que vous reconnaîtrez le héros de H2G2 ou Tim, personnage de la version britannique de The Office. En tout cas, les deux forment un duo – attention tarte à la crème ultime – … complémentaire. On ne sait pas trop comment, mais les deux se rencontrent plus ou moins par hasard, s’apprécient mutuellement, s’échangent des dialogues cryptiques et se touchent mutuellement sur leur puissance de déduction et leurs dons respectifs de télépathie. Pas gay, j’ai dit!
Bien bien bien, mais que peut-on sortir de spécial de cet ensemble? Peut être rien de bien surprenant mais tout est traité de manière efficace et, allez osons-le, franchement intelligente. Mécanique sérielle oblige, chaque épisode se concentre sur un mic mac d’adaptations des intrigues originales (trois scénaristes dont Moffat tournent pour écrire les épisodes) se déroulant autour d’un très très vague scénario de fond. Vous connaissez bien la différence entre les deux et, de toute manière, toutes les bases sont posées dès le premier épisode : le vieil appartement de Baker Street (dont la « véritable » occurrence à Londres ne montre pas grand intérêt, dommage ça) sa femme de ménage un peu gâteuse/maman poule, le nom de Moriarty est lâché pour la première fois, etc. Ce qui caractérise les épisodes de Sherlock sont donc la durée peu habituelle qu’affichent les épisodes : une heure trente. On peut en tirer pas mal de choses. Oui, malheureusement, ça fait un peu téléfilm. Ce n’est ni un film d’action à gros budget, ni un épisode de série conventionnel, juste un travail de fiction tourné à Londres avec des moyens corrects, sans artifices particuliers ou emballages du même acabit (le générique est à la fois cool et cheap ce qui procure une sensation étrange, disons qu’il est correct, voire sympa) … mais reste la grosse connotation du mot, téléfilm. Téléfilm quoi. Comme Joséphine Ange Gardien ou Camping Paradis. Hargh, analogie, sors de ma tête.
Là encore, les habitués de l’univers ne seront pas spécialement bousculés dans leurs doudous scénaristiques : les épisodes sont basés, la plupart du temps (mais parler de diversité est un concept compliqué avec si peu d’épisodes… et encore, je n’ai vu que la première saison) sur des intrigues de meurtres en série et, pour ajouter un peu de piment (d’espelette) à toutes ces tueries exsangues, il y a toujours une part de dinguerie ou de mystère dans l’esprit du serial killer. Un épisode se présente à peu de choses près comme un Columbo mais, pour le coup, nous ne savons pas réellement qui est le coupable et on peut rarement le deviner, ce n’est pas un épisode de Détective Conan. (Série où, de toute manière, avoir pile le bon raisonnement est déjà impossible) tout l’intérêt de la série débarque alors dans ces séquences ultra épiques où les sens de Sherlock s’éveillent, quand il rentre en mode « full déduction ». Petites astuces typographiques, plans serrés, champ contre champ, fantastique discours à vitesse flash : quand Holmes déduit un truc, il lui faut deux secondes pour déduire un discours de cinq minutes. Ces séquences sont aussi fascinantes qu’hypnotiques : bien plus présentes dans le premier épisode – syndrome du pilote qui se la pète un peu – on aimerais retrouver ces « indices », ces petits mots qui volettent à l’écran, plus souvent. C’est une astuce esthétique et stylistique indéniable, surtout quand il s’agit d’un truc qu’on devine en même temps. Même chose, ces « phases déductives » font preuve d’un véritable travail d’image, mais aussi de son, tout les sens sont mobilisés pour traduire cet espèce de génie de la synesthésie. Inutile de croire que ces séquences font partie intégrante de la moitié du truc comme si c’était les séquences de procès d’un Ace Attorney, elles sont plutôt rares, mais ces instants « dans la tête du génie » sont d’une fraîcheur et d’une qualité d’écriture épatante.
… et justement, la qualité d’écriture est l’argument ultime de cette série. Moffat n’est peut être pas un nom saint pour vous mais on sent effectivement un esprit qui arrive à rapidement nous captiver, à dérouler les scènes sans jamais ennuyer… mon impression était un peu paniquée à l’issue du premier épisode ; Basiquement, je ne pouvais pas croire que cela faisait déjà une heure trente! C’était passé comme si le temps passait deux fois plus vite, sensation rare. Ce n’est pas une constante mais c’est un bon signe : dans une série qui n’a pas vraiment tout pour elle – peu de diversité des lieux, couleurs toujours très cracra et peu agréables, pas de musique inoubliable – une maîtrise narrative, un tel sens du rythme se salue bien bas. Je ne crie pas au génie, loin de là mais on atteint un rang très honorable sur l’échelle Alan Ball. Bon compromis entre exposition, background du duo, mini scènes du quotidien… oui, peut être que Sherlock – la série – manque un peu d’humour mais il faut se souvenir qu’elle se base sur un duo qui, lui, sera éternellement daté. La relecture ne fait pas tout mais on se laisse quand même entraîner dans ces épisodes qui, heureusement, convoquent des cadres différents. Par exemple, on a pas à dépasser le deuxième pour voir des ninjas, hé ouais. C’est paradoxal mais ces longs épisodes empêchent de facto la routine de s’installer. Pas le temps de vraiment devenir une série, en vocabulaire anime, on parlerait davantage d’OAVs!
Puis impossible de ne pas parler de cet esprit British. C’est obvious as hell mais on a ici une pluie d’accents sophistiqués et de jurons retenus, c’est mignon tout plein… même les méchants sont complètement affables, trop sophistiqués pour se révéler menaçants. Non, vraiment, le haut de la fiction télé UK est probablement par là, où par les mêmes scénaristes (qui se sont également occupés de Jekyll, pour mémoire) – du coup, la prochaine fois que vous irez faire signer vos posters, n’oubliez pas que l’homme ronchon et fatigué que vous aurez devant vous est aussi l’auteur de ces bons épisodes et de cette bonne relecture. Oh dear.
Et à la fin, nos valeureux héros s’en vont vers la caméra, le sourire aux lêvres, plan fixe et crédits finaux. En fait, Sherlock c’est un peu comme une réalité alternative où Zodiaque était en fait une bonne saga de l’été.
Ce moment étrange où
Grand moment de détresse sensorielle quand TF1 a diffusé, hier soir, l’épisode de Grey’s Anatomy où cette grosse dondon de Callie se prends un arbre dans le bout du groin ; pourtant, elle savait probablement que détacher sa ceinture dans une série, c’est automatiquement provoquer un accident. Résultat, tout un épisode sur son délire neurologique où elle voit les gens chanter… et c’est non seulement gênant pour les scénaristes qui se tapent le micro-fantasme le moins bien amené du moment – les voir entonner How To Save A Life n’avait rien d’émouvant, juste super maladroit – et… c’est tout simpelement déjà fait. Bien mieux fait.
C’est le moment de lancer une thématique qui fait déjà chouiner les trois-quart de l’Internet (mais ça, je peux le comprendre, j’ai moi même déjà chouiné très fort) – nous sommes en Février et je me permet de lancer une petite thématique rose et insupportable de bonheur simple : quoi de mieux que l’Hôpital du Sacré Coeur pour entamer un arc sur la Saint Valentin? Coeur? Amour? C’est bon, je peux m’en aller maintenant?
Scrubs est donc une série où, dans le même strict procédé scénaristique, un patient est amené à l’hôpital au centre de l’action, a un petaucaske neurologique et voit tout le monde danser et chanter, ce qui donne un de ces fameux épisodes muscaux-figure-de-style. En l’occurrence, il y avait une justification un poil plus logique derrière, jamais l’épisode ne se prenait vraiment au sérieux et les chansons étaient originales en plus d’être drôles. … la série reprends sur M6 le Vendredi soir à des horaires honteux et je me suis rendu compte que je n’ai jamais parlé frontalement de cette super série qui vient à peine de se terminer. Si Scrubs ne vous dit rien, sachez que c’est une série qui n’existait pour personne en France avant 2004 et des poussières – alors qu’elle cumulait déjà trois saisons. Une série hospitalière, encore? Oui et non. D’abord, elle s’inscrit effectivement dans cet espèce de cycle du genre, elle occupait un créneau bien connu, quelque part entre Urgences et l’autre série un peu coupable de maladresses, là… mais en mixant le lieu avec un paramètre semblant un peu incompatible, un peu comme si vous auriez fait un jeu de Romance avec des Pirates sur Game Dev Story… une SITCOM! Avec l’approche « années 2000″ du genre, amorcée par Malcolm qui abordait un peu les mêmes mécanismes à la même période. Pas de canapé, pas de rires pré-enregistrées, seule l’unité de lieu prévaut sur le reste. C’est toujours nécessaire quand il est difficile de soutirer autre chose que « How I Met Your Mother » aux fans de comédies qui ignorent Curb Your Enthusiasm et autres Arrested Development. Il paraît peu probable que Scrubs ne vous dise rien mais si je peux vous encourager à y jeter un coup d’œil, ce serait bien bien bien bien bien.
La série a une histoire un peu… compliquée envers ses producteurs et ses fans. Durant de 2001 à 2010 (neuf saisons) elle vit sa vie de format comique – vingt fois vint minutes fois X années – elle fait ses premières armes, convainc son public et suit son cours pendant de nombreuses années. Viennent les emmerdes, les pourparlers entre grosses légumes et du balbutiement exécutif – on écrit un Series Finale (un épisode ultime) pour la série qui… se voit reconduite pour une année de plus. Ca fait désordre. Le scénario se reproduit encore l’année d’après. A ce stade là, c’est un gros bazar. La série se termine sur un scénario un peu alternatif avec un casting complètement changé. On arrive à un point qui se situe quelque part entre ma chambre et les ruelles de Naples. Même si les fans ont su pardonner le fait que Scrubs soit comme un appareil électroménager qu’on allume et éteint à loisir, cette dernière saison est simplement reniée par l’intégralité de l’Internet! On ignore tout ça, on diffuse de temps en temps entre Nip Tuck et de la call tv et paf, une fanbase française prends forme pour n’importe quelle bonne série.
Scrubs n’a pas plus de scénario que n’importe quelle sitcom : l’action se déroule dans un hôpital lambda dans un lieu inconnu des Etats-Unis – des patients arrivent, ont souvent des symptômes étranges annonçant toutes ces maladies télévisuellement transmissibles et, série comique oblige, tout ça est pris de manière délirante et, la plupart du temps, légère. Le grand mufti de l’humour de Scrubs, c’est John Dorian, alias JD – et JD, c’est Zach Braff. Zach Braff, c’est Garden State et New Slang des Shins, c’est aussi un rôle dans Arrested Development, mais c’est surtout Alexis Tomassian dont la voix mêne l’un des rares trucs que beaucoup de monde vous recommandera en VF avant tout. John Dorian incarne le héros typique de sitcom moderne : mec à l’apparence ultra-sympathique, un peu (voir carrément) connard quand il le faut, il préside la planète JD – ce mec est l’un des personnages les plus dans la lune qu’il est possible d’écrire ; la moitié de l’humour de la série se base dans ses « petits moments », ses rêveries, ses fantasmes, de petites pastilles débiles qu’il est impossible de ne pas adorer. Évidemment, il n’est pas le seul perso à évoluer devant la caméra. Si ce premier entame le tout premier épisode comme interne débutant au Sacré-Coeur, on y découvre Turk, son meilleur pote (le mec le plus noir et fier de l’être de sa génération – il carbure aux clichés) – Carla, la copine de ce dernier… mais aussi Eliott, la bonne copine totalement névrotique de JD et copine de lit régulière, leur romance est évidemment un point central de la série. Pas facile de sortir avec une nana connue pour avoir des fétiches barrés, dont celui du fameux voleur de pommes mexicain – après, il y a cette batterie de personnages plus ou moins secondaires, comme le fabuleux docteur Cox, mentor-tsundere connu pour ses interminables tirades et son caractère de cochon ; mais aussi Bob (deuxième prénom : Belzébuth) Kelso, le méchant chef de service, le tout puissant balayeur au nom inconnu, etc. Plein de gens extrêmement mémorables qui quittent rarement le champ d’action.
Comment ça marche? Comme souvent, des petites storylines (toujours dictées par les monologues intérieurs de John Dorian – le réalisateur dit que chaque épisode est comme une page de journal intime mais faut pas trop se formaliser sur ça parce que ça ne se voit pas une seconde) sont égrenées sur un épisode qui se superposent à des intrigues de fond. Des arcs apparaissent de temps en temps, un nombre indéfinissable de runnings-gags apparaissent, les personnages évoluent, très peu disparaissent… la routine. Une bonne routine – Scrubs possède deux qualités qui font d’elle une série AAA. Une bonne écriture…
… et de bons personnages. C’est trop rare pour être signalé. Souvent, la sitcom est davantage drôle que réellement écrite pour émouvoir où se soucier des têtes de pipe qui s’agitent dans l’écran – Scrubs trouve, d’un bout à l’autre, un équilibre fin – ses personnages sont appréciables. Même les pathétiques, même les connards, même ceux qui sont faits pour être détestés – sans me lancer sur une diatribe sur la cohérence des persos (tous n’évoluent pas dans le bon sens – JD, en bon perso principal, ne se bonifie pas tant que ça avec le temps) il est évident que ces gens sont tous très exagérés à leur manière mais humains. Il existe probablement des séries comiques avec un casting plus sclérosé mais la barre est quand même très haute, pour le coup. Heureusement, pour une longue série qui a vu défiler une centaine de visage différents dans sa toile de fond! Un « cercle principal », ses interactions, plein de nouvelles têtes qui s’en iront bientôt, et voilà. D’autre part, il est assez difficile d’expliquer en quoi l’écriture de Scrubs est relativement novatrice mais voilà ma tentative.
Il est très rare que la série essaie d’être drôle, elle n’a jamais à vraiment passer par cette étape. L’humour dans ce contexte, c’est rarement autre chose que de l’absurde bien mené ou un bête talent d’écriture, des petites phrases qui volent et qui font mouche ou une multitude de scènes juste cultes… qui se reposent sur une plus grosse multitude de scènes juste bien trouvées. Vous vous souvenez du « Je me seeens tellement bien ce matiiiiin~ »? C’est un exemple comme un autre, parmi une vingtaine dans un épisode donné. En gros, c’est surtout une question de rythme, rapide sans être épileptique, juste efficace et sans trucs inutiles (souvent, une intrigue partant d’une grosse connerie part de quelque chose plus réfléchie) avec plein d’effets sonores rigolos, de bonnes musiques qui se déclenchent au bon moment – le fameux effet clip qu’on retrouve plus ou moins maladroitement dans ces séries, c’est par exemple dans Scrubs que tout le monde a entendu How To Save A Life pour la première fois, la boucle est bouclée – et tutti quanti dans cet esprit de « bon emballage ». Pas excellent, juste bon et efficace, c’est tout ce qu’il faut. On passe pas son temps devant avec un sourire aux lèvres, on rit, parfois même bien plus. L’imagination de JD est une source intarissable de débilités à se faire dessus et le tout est souligné par certaines répliques, cultes as f-.
… et la série passe facilement de l’autre coté du spectre. On a facilement la larme à l’oeil devant tout ça et la source de tragédie est facile à trouver dans un hôpital – certains patients sont plus attachants que d’autres et sachez qu’on va tout faire pour vous tromper si vous vous amusez au jeu des pronostics. Il s’avère juste que les moments émouvants sont plus nombreux qu’on pourrait s’y attendre de prime abord et qu’ils sont toujours bien amenés, pas maladroits, juste logiques et acceptables. Le contraste est rare : aussi hilarant que grave sur certains moments, sans tomber dans la schizophrénie crasse… on pourrait dire qu’elle aborde des thèmes très adultes et blah blah blah mais je doute que Scrubs soit fondamentalement une série pour têtes blondes. Ne serait-ce qu’en puissance scénaristique et en littérarité, les auteurs nous ont plus d’une fois montré qu’ils savaient garder une carte pendant très longtemps pour nous la ressortir au moment optimal. Je ne sais pas si c’est du talent ou de l’opportunisme, mais dans tout les cas, ça marche.
En plus, c’est une série qui a ses période de vide (sur la longueur, ça s’explique) mais qui n’était pas « condamnée » dès un certain point – la dernière saison, la huit donc hein, est universellement qualifiée de plus mature. Un changement de chaîne façon Futurama n’a en rien affecté l’esprit – parce que oui, on peut réellement parler de ça – de la série qui a gardé un niveau assez top tout du long, avec un ratio d’épisode « normaux » acceptables pour accepter des figures de style de temps en temps, que ce soit changements de focales, bizarreries stylistiques ou… comédies musicales. On dit souvent de Scrubs que c’est une série « visuelle » et c’est pas bien dur à expliquer. On se rend compte que les épisodes sont très peu « hachés », souvent composée de gros plans séquences, de gags visuels et autres petits raccourcis sympas. Je me permet d’insister, si vous ne connaissez pas Scrubs, je ne vais pas vous mettre le couteau sous la gorge pour que vous téléchargiez un torrent intégral mais c’est à tout les coups un gros plaisir hebdomadaire que de se réfugier devant deux trois passages dans la vie du Sacré Coeur. L’écriture derrière est indéniable, les personnages sont en acier trempé et on y trouve toujours de la bonne ziq, à commencer par « Superman », le fameux petit truc au banjo qu’on entends dix secondes par épisodes. Ouais, si il y a bien un truc qui manque à cette série, c’est surement un bon générique.
Bon, je me lance quand même : au delà de cette tonne de détails géniaux impossible à lister dans cette série, il y a quand même un traitement relativement astucieux de divers romances vécues entre les personnages. Ca me semble être le strict minimum mais identification du spectateur probable, etc, réalisme des situations, coin coin. Originale, vraiment, et tellement bien équilibrée entre comédie (de fond) et drame (tangible) – globalement, c’est quand même mieux que l’autre série là, qui est tout aussi bien.
2011 // Safety Dance
Comme d’habitude, le dernier post de l’année est celui qui résume les… 110 posts et quelques des douze mois précédents. Aucun sujet important. Que du lapidaire, de l’impression flash, l’année du blog en version laconique. Aucun lien. Gras only. Post final.
JANVIER///////////
Scott Pilgrim Versus The World est un film parfait pour nous autres, à n’en pas douter, mais la série de comics est encore plus géniale avec son histoire originale, ses personnages attachant et sa traduction plus qu’impeccable, l’un des plus beaux fil rouge de l’année. Bref, on décuve et on rattrape son retard en se prenant Bioshock et on plonge sous l’océan steampunk et l’idéologie objectiviste. Très très loin de cet esprit culturel, il y a DJ Hero 2 qui embête son monde avec ses succès aux chiffres improbables… dernier jeu d’Activision avant la mise en berne de la franchise Guitar Hero, aujourd’hui en pause. En pause, c’est ce qui caractérise le Velvet Video Burger qui fêtait alors sa première année! Découverte de l’univers Spice And Wolf : son héroïne est réellement sexy mais ça ne va pas plus loin, la faute à un rythme trop soporifique.
Tiens, j’ai également vu un autre film très décevant : Black Rock Shooter. C’était mignon mais cette grande métaphore sur l’amitié n’a pas servi à grand chose, elle promettait pas mal de bonnes choses avec ces prédispositions et ces codes graphiques sympas mais gros pschiiit dans les faits. Attention, un anime est dans les tuyaux! De l’autre coté du spectre, La Traversée du Temps est un film un poil plus posé et réaliste sur la relation avec autrui… et si il envoie l’argument semi-fantastique, lui le fait d’une manière cohérente et touchante!
Minecraft, concept de l’année, est définitivement sur les rails, son créateur empoche des millions et c’est bien mérité vu son investissement dans le jeu. Avant de m’y mettre et de décrocher rapidement, fascination extrême pour les tutoriaux Youtube dédiés. Sur Twitter, un concours débile d’abstinence se lance, le NoFap. Votre serviteur y participe, pète des durites en chemin, on l’y reprendra plus. Heureusement, pour calmer mes ardeurs, il y a le fabuleux Patrick MacGoohan qui gère ses affaires de Prisonnier comme il peut, se barre de l’île comme un chef mais personne n’a toujours rien compris. Dans la catégorie « je rencontre mes lecteurs », j’appelle Petrified Eyes! Tant qu’on parle musique, les Whites Stripes lâchent l’affaire, mais Rolling Blackouts, album angélique, est dans les bacs. Enfin, allons tous voir Arrietty au cinéma, tiquer sur les même détails mais kiffer malgré tout.
/FEVRIER///////////
Ca commence à chauffer en Égypte, le printemps arabe s’amorce… mais ici, bien au chaud, tout va bien. Les partiels sont passés, on déballe quelques bons jeux : Sonic Colours, plutôt mignon mais un poil décevant de par un certain sens de la répétitivité dans le level design… et il n’a pas de particularité, sans être réellement mauvais. Encore plus « controversé », il y a Final Fantasy XIII, ce fameux jeu en ligne droite qui « ne devient bon qu’après 20 heures » – si vous voulez mon avis, ça se tolère tout à fait. En attendant sa suite, un an plus tard….
*fap* Oups, perdu, troisième. De toute façon, y’avait pas d’enjeux. Hey, bonjour Kirox! Le J-Truc se lance dans le Let’s Play et je fais la rencontre de l’un de ses rédacteurs via des circonstances un peu honteuses. D’ailleurs, je dois l’avouer, je développe un fétiche extrêmement étrange pour Tout le monde veut prendre sa place, je me prends d’affection pour les champions qui durent, je perds du temps pour mater leurs performances, etc. Etrange, je vous dit.
« Ce mec, Hope, est présenté dès le début comme un lâche, fils à maman, socialement barré, émo, etc. Mais dès qu’un combat commence, il sort littéralement un boomerang de ses fesses et rejoint la rixte! COOL TA CONTINUITE »
« a part aman sa lui faiser de l’effet il bander » Quelque part sur internet, quelqu’un écrit des fanfics débiles sur Justin Bieber et nous on est là pour le lire et se désoler. Dans les plaisirs coupables, toujours, le Royal Rumble se déroule, c’est le triomphe du mauvais goût, dixit les commentateurs à propos du gagnant. Twitter, toujours : c’est le Kafuuday, le jour de l’optimisme béant. Dédé Manoukian danse avec les stars, je m’engueule sur Internet avec le claviériste de Freezepop, la Rom de Mario Maso me donne des boutons et Enter The Void est un objet étrange, un peu anxiogène et super branleur, passé son générique hypnotisant. Dommage pour un film de deux heures trente. Sur Nolife, on fait juter les Magnéton et au Nicaragua, on lance Survivor Redemption Island, quatrième tentative pour M. Mariano, il aura enfin sa victoire. Ca ferait bien rire ce cher Yathzee de Zero Punctuation, découverte critique de l’année, ses vidéos hebdomadaires dégrossissant un jeu vidéo en cinq minutes sont fascinantes et assez géniales et verbeuses dans leur genre. A voir!
En fin de mois, on accumule toutes les cérémonies du genre : les Césars où Sara Forestier chope le melon en direct, les Oscars qu’on ne voit pas parce qu’on dort lors de la diffusion en direct, puis on se rendort devant la rediffusion parce que c’est à mourir, mais les Gérards du Cinéma sont là pour rehausser le niveau avec une remise hilarante. Décidément, c’est le mois du fap! Culturellement parlant, il y a le live at Donnington d’ACDC pour faire un peu sérieux dans tout ça.
//MARS//////////
Ne soyons pas trop optimistes tout de même, ce n’est pas fini : l’heure n’est pas aux gateaux, Gameblog contre la blogosphère, ce n’est valorisant pour personne, au suivant. Top Chef, par exemple, c’est bien plus fun avec son Cyril Lignac qui descend son assiette comme personne.
Tremblement de terre en provenance du Japon : Pokémon Noir et Blanc débarque en Europe! Et oui, rappelons-le, cette cinquième génération est extrêmement encourageante dans son approche, ses petites tentatives de renouveau, son bon chara-design et ses quelques musiques étonnamment catchy qui sortent du lot. Bon, évidemment, il y a aussi le véritable tremblement de terre et le désastre nucléaire à Fukushima mais le traitement de l’information n’est pas très glorieux, ici.
Ne paniquez pas, chers amis, Nolife est sauvée. « On va enfin pouvoir faire de la merde! » Carglass non plus ne connaît pas la crise et continue de nous bombarder avec son armée de robots-changeurs-de-pare-brise, découverte d’Heavy Rain sur Youtube pour tenter de comprendre, un an plus tard, ce haro lancé à David Cage. La réponse n’est évidemment pas dans le jeu. True Grit au cinéma : des flingues, Jeff Bridges et une sacrée gamine. Coming Out est un album qui n’enchante pas grand chose et lololol Carré Viip. La qualité télévisuelle va trop loin dans l’auto-parodie, ça ne prends pas. En parlant de la haute, Ezio Auditore connaît tout le monde : de Michel Ange à Machiavel – mais passé son intro poussive, Assassin’s Creed Brotherhood est un jeu prenant, en plus d’être une bonne alternative au Monopoly. La 3DS sort, loupe la marche, n’envoie aucun jeu acceptable dans son line-up : la démarche de Nintendo est plus qu’étrange… et personnellement, j’attends toujours.
Salon du livre – n’oubliez pas qu’en 2012, le Japon est à l’honneur! Découverte très tardive de la saga Professeur Layton : ce n’est pas aussi fascinant que ça pouvait en avoir l’air, cette ambiance maronnasse et cette esthétique vieillotte ne joue pas vraiment en sa faveur. Je reçois Arez pour Mario Maso, lui podcaste, moi, je bois son Mars Liquide, ce n’est pas sale. The Go! Team fait un concert mémorable à Paris, merci aux Inrocks pour supporter ce genre de soirées de qualité. Enfin, diplomatie : après la Diurne Epitanime, tout Bulle Japon pionce à la maison.
///AVRIL////////
Pour le premier avril, je fais semblant de kiffer K-On, j’habille le blog aux couleurs de Michel Sardou (ca aura au moins fait rire une personne) et Youtube passe en mode 1911. Un nouveau challenger apparaît dans le microcosme parisien du jeu vidéo : Barre de Vie, honorable travail collectif, ouvre et lancera, peut être, des carrières. Au cinéma, Sucker Punch intrigue : étonnante collection de plans barrés à l’extrême, quelques tableaux presque fétichisés, un film rendu au ralenti et une bande son composée de reprises qui déchirent : à voir. Petit week-end dans le Calavados. Atchoum!
Au retour, c’est la Formpring Fever : Anonymous se déchaîne et je me retrouve à contribuer à la dinguerie générale en fournissant plus de mille réponses en trois mois. Ca, c’était avant qu’Anon nous montre son côté obscur… L’AMV ENFER est définitivement sur les rails, son montage commence – avec, un amas hallucinant de petites contrariétés techniques, vous n’avez pas idée. Bon, tout le monde en est dingue, mais je n’ai pas réussi à dépasser le premier épisode de Doctor Who. Je ne doute pas de la qualité de cette série mais une approche chronologique n’était peut être pas la bonne… et pour rester dans le registre qualitatif des séries, diffusion de Twin Peaks sur Arte.
Déferlement de qualité dans la Japanimation : d’une part, nous avons Bakuman, manga de plus en plus prenant – parce qu’il est dense, posé, relativement réaliste… et juste fantastiquement agréable à lire. De l’autre, nous avons Panty and Stocking with Gaterbelt, véritable pétage de câble orchestré par Gainax. Archi vulgaire – dans le spectre adulte du terme, mais à se pisser dessus. Une suite serait terriblement appréciée. Lectures un peu moins réjouissantes : The World God Only Knows n’apporte pas grand chose avec son amas de clichés – fut-ils assumés – et l’adaptation manga de Phoenix Wright ne valait pas la peine.
Traquenard Désinvolte, tortionnaire de l’année, débarque dans Mario Maso et se prends une Santos Y Major dans les dents, ça fait un bien fou. On peut aussi allumer son poste pour mater Pékin Express : si vous aimez voir un sosie de Dave pagayer dans le vide en hurlant « J’arrive, mon César! » pendant que son co-équipier se noie, c’est pour vous. Ubuesque.
////MAI///////
Oups, Ben Laden a lui aussi glissé sur une peau de banane, décidément. Ici, c’est la désinvolture à son meilleur, ça fait du montage, ça prépare les enjeux de fin d’année, ça twitte n’importe quoi en cours de grammaire… mais heureusement, Portal 2 est là pour tous nous sauver. Heureusement bien plus long et toujours aussi équilibré, ce jeu témoigne d’un humour noir toujours aussi efficace – du quick and dirty, presque sitôt oublié, dans l’espace, dans l’espace.
Il est sorti fin Janvier mais ce n’est que maintenant que je met la main sur You Don’t Know Jack – jeu de trivia américain, fabuleusement bien écrit, Game OF The Year immédiat si on raisonne en rapport qualité/prix/amibion. (Et la boucle sonore de la question 7 me fait grimper aux rideaux)
On se lance dans la jungle des IRL parisiennes entre grosses légumes (hi hi) – première Unrelated. Bienvenue dans le royaume des gens qui ont dix fois plus de followers! Ego, toujours, je n’ai strictement pas le temps de blogger et j’invite donc à mes lecteurs de le faire pour moi, ce qui m’aura donné trois textes sympas, je le referais sans aucun doute. Soirée Simon Pegg – le combo Shaun Of The Dead et Hot Fuzz me fait découvrir un gonze jusque là complètement inconnu, et me prouve que j’aurais du mater ça depuis bien plus longtemps. Réalisés par Edgar Wright, montage nerveux, one-liners du feu de Dieu, etc.
Découverte de The Office US et c’est une rare preuve qu’une série comique peut devenir encore plus drôle au fil du temps – et éviter de facto le vieillissement. Pas mal et casting all-stars!
Les possesseurs de PS3 peuvent ronger leur frein : le PSN est mort, vive le PSN. Bien sûr, en attendant, on peut aussi jouer à L.A. Noire : incomparable aux productions Rockstar récentes, le jeu est moins animiste, plus linéaire et dirigiste, trop facile et pas décontracté pour un sou… mais le travail d’écriture est réel et l’animation des visages, élément essentiel du gameplay, est épatante.
Mémorable soirée d’Eurovision : rétrospectivement, je n’aurais jamais cru que j’aurais pu voter par SMS pour un truc pareil, encore moins pour la Moldavie. Je suis certain que vous êtes incapables de vous souvenir des gagnants! C’est officiel, DSK est un héros national, je lui lève mon verre. C’est parti pour une implosion d’égo : je suis sélectionné pour les Golden Blogs Awards de Total Manga, l’Epitanime démarre, la projection de l’AMV ENFER est rassurante au possible, tout le monde passe un bon moment, tout va bien dans le meilleur des mondes… et j’obtiens enfin une signature de Marcus, micro-fantasme qui courrait depuis une décennie. Pour l’asso Epita, c’est un peu le début des problèmes qui s’amorce… nous, on va voir Les Rois de la Suède en concert, accompagné du gratin qui entoure le duo. Mémorable, encore, toujours… puis c’est déjà l’heure des partiels. On peut se consoler en lisant Black Adventures, le comic délicieusement crétin basé sur Pokémon B/N, où mater Robot Chicken en mangeant des céréales Trésor ce qui est, j’en convient, très adulte. La série, elle, est tout aussi croustillante et c’est bien normal – c’est Seth Green qui s’en ocuppe.
/////JUIN//////
TERREUR : LE CONCOMBRE TUE. Le mariage princier aussi. Autant d’évènements qu’il n’est pas évident d’ignorer quand l’ère des marronniers commence – le moment est tout trouvé pour mater un doux navet : Very Bad Trip 2 est, supposément, bien plus cool si on a pas vu le premier, l’effet de surprise devenant alors inexistant. Enfin, Bradley Cooper en chemise ouverte et lunettes de Soleil. ~
Le quart d’heure de gloire arrive : l’AMV ENFER – Troll No More est finalisé, il accuse d’une bonne réception, gros soulagement pour ce qui représente le plus gros travail filé de cette année scolaire. A part une sombre histoire de spoiler, les gens aiment, y’aura-t-il une suite? Hé bien… nous verrons, c’est en chantier autre part. Fin de la success story pour le Visiteur du Futur qui a pu s’offrir une deuxième saison, plus décousue, moins constante mais toujours aussi drôle… et avec plus de moyens. Yayifications!
Hystérie collective : l’E3 démarre. Ubisoft présente du prometteur mais tape dans une présentation trop barrée, Nintendo continue de nous vendre du rêve sans rien montrer, Sony s’étale, Microsoft vit dans son monde, on a actuellement toujours pas plus de détails sur la fameuse Wii U. Les autres se lancent dans le concours du plus grand viol de la convention de Genêve avec une avalanche de teasers où les otages ne survivent pas.
Drame collectif, encore : la folie des petits poneys touche définitivement la toile. La série animée touche un public moins jeune que prévu avec sa belle animation et ses personnages rigolos mais, avouons-le… ça reste une série destinée aux moins de six ans, d’où le malaise. En revanche, c’est une belle source mémétique! Rattrapage, toujours : Batman, Arkham Asylum présenté comme jeu de l’année 2009, est effectivement très sympa et une excellente ouverture vers le monde de Gotham… dommage qu’il soit si raide et qu’il donne un peu mal au crâne.
C’est déjà les vacances, c’est parti pour jouer au globe-trotter : départ en grandes pompes à Londres pour tâter un peu du snobisme anglais et pour écouter la garde royale interpréter « Day Tripper », ce qui est symboliquement étrange. On rentre? Pas le temps de respirer, on retourne directement à coté, à Cork, en Irlande. Surréalisme total quand nous nous retrouvons en pleine nuit, devant la petite scène locale à siroter des bières devant le sketch le plus pourri de tout les temps. Au moins, on aura découvert l’orchestre d’hommes-orchestre. Ego, toujours, les chiffres symboliques tombent : 3 ans de blogging, 400è post en vidéo, et genre, Peter Falk casse sa pipe? C’est complètement inacceptable!
La presse vidéoludique commence à rejoindre cet état d’esprit (Yellow Media glisse sur une peau de banane) et justement, de l’autre coté de la Manche, Edge et Games continuent à coexister tout en offrant un très joli travail de maquette et d’esthétisme, tout en offrant deux approches aussi différentes que qualitatives. Gideon Gordon Graves est un connard, les Kaisers Chiefs sortent un nouvel album dont on peut choisir les pistes et Kaiji, cet impayable trublion, se fourre dans des périls toujours plus surréalistes sans jamais savoir s’arrêter. Anime qui noie le poisson dans des dimensions encore inexplorées mais qui capte terriblement l’attention.
//////JUILLET/////
Oh oui, L2 enfin validée. Pas trop tôt… et c’est déjà la Japan Expo? Bonne convention, toujours moult trucs à voir et à découvrir, l’aspect « jeux vidéo » y fleurit tant bien que mal et l’endroit est optimal pour, disons, se faire tripoter où donner des frites au fessier de son voisin. GBA : deuxième; hold up d’un joli trophée symbolique, grande joie après une compétition nourrie au sang et aux larmes.
Découverte de la très stakhanoviste chaîne Video Games Awesome : le boss, sa copine, deux péons derrière le canapé, tous prennent un jeu et font 15 heures de Let’s Play dessus, étrangement fascinant. Kirox revient et il n’est pas content : fin de Mario Maso, troisième mouture… et découverte d’un podcast très barré et bien plus facile à écouter/mater pendant les vacances puisque son enregistrement se termine souvent vers trois heures du matin : Captain Web est dans la place. La fièvre du podcast commence à atteindre le microcosme de l’Internet…
De mon coté, je sacrifie mes yeux et mes doigts pour Child Of Eden – belle tentative pour ressusciter l’esprit « Rez » avec un autre rail shooter très psychédélique. Court, très difficile, très joli, assez fascinant mais pas assez précis avec Kinect. Full Metal Alchemist voir son dernier manga publié, six ans après les débuts de Kurokawa, une bonne occasion pour se mettre à Brotherhood et se laisser porter par son excellente histoire… et constater que l’anime original veillit, hé oui, déjà.
Autre fin d’une autre époque : adaptation de la fin d’Harry Potter au cinéma (et en avant première 3D gratuite comme le dernier des parvenus, s’il vous plaît) et c’est évidemment décevant, mais comment bien adapté un livre pareil? Oups, une peau de banane glisse sur Amy Whinehouse. Faut le faire.
Globetrotteur – épisode 2, cette fois à travers la France : d’abord dans le Doubs, invité dans une ancienne saline, puis à Angers, une semaine à se faire démonter sur Mario Party, ce qui est assez scandaleux. Sinon, Onion Movie est un film rigolo parce qu’il fait des blagues doucement limite… et, soudainement, implosion des Ragecomics sur « notre » web, tout le monde adopte la joie des Pokerface.jpg et des «Not Bad ». Pourquoi pas, hé.
Un an après, retour à ce cher John Marston qui se réveille dans un monde zombifié et qui se voit obligé de sauver, encore une fois, le monde… en pyjama. Ouais, Undead Nightmare est une extension rigolote mais un peu trop courte. Black Butler continue son petit bonhomme de chemin et s’enfonce toujours plus loin dans la glauquerie. Ca lui va bien! Enfin, la publication française de Soul Eater publie ENFIN du canon frais et ça fait un bien fou… surtout quand ça coïncide au moment où le manga devient vraiment bien dessiné.
///////AOUT/////
Mince! Cars 2 était sensé ne pas être terrible, et il s’en sort en étant franchement pas mal. Attention, parce que coté critique, ça commence à moins faire illusion. Sa morale est étrange : même le plus péqueneaud et crétin des types peut séduire une belle nana. Ah bon? Tournage en lousedé d’une Sagadaytay avec Kirox : 4 à 3 sur You Don’t Know Jack, dans ta face!
Globe-trotter, troisième : c’est parti pour un tour du sud de l’Islande, dans des conditions passionnantes mais qui strictement rien à voir avec l’état d’esprit de cette page : je ne saurais pas comment rendre cette semaine à crapahuter dans la nature fascinante. Le pays, lui, l’était, assez inoubliable, même. On revient en France pour se la couler douce dans le sud, comme chaque année, hé oui.
Pendant ce temps! Ano Hana est un anime qui s’oublie vite, très vite, je n’ai pas trouvé d’impact émotionnel derrière, droppé au quatrième épisode. Genshiken lui, traite d’un sujet infiniment intéressant… mais il est terriblement laid et mal animé ; une expression s’impose, what the fuck? Enfin un peu de séries, avec Mad Men, plongée assez passionnante dans un univers qui ne fait pas du tout envie, surtout si vous êtes physiquement capable d’avoir du sable vous-savez-où.
Maria Holic Alive! Continue parfaitement l’esprit instauré dans sa première saison (à savoir beaucoup de pas grand chose mais avec un certain sens de la distraction luxueuse) et anime les derniers chapitres publiés par la maison d’édition Tokyopop qui vient aussi de glisser sur une peau de banane. « Pop », toujours, c’est une demi-douzaine de personnes qui glissent sur une autre peau de banane (grosse hécatombe bananière cette année) au festival Pukkelpop qui a du mal à ne pas voir mourir ses festivaliers/artistes… cette fois, c’est l’extrême mauvais temps qui est en cause. Lecture du début de la saga Hunger Games. Heu… c’est une saga pour ados et ça se voit. Vraiment. Beaucoup.
Ho oui, pour continuer dans la fière tradition estivalière, matage d’une nouvelle saison d’Higurashi. La dernière, puisque l’ensemble qui vient de sortir en OAV est en train de causer des vagues d’étranglement chez les fans. Comme toujours, l’été se termine musicalement avec le festival Rock En Seine avec sa programmation plus qu’agréable : Foo Fighters, My Chemical Romance, The Horrors, Arctic Monkeys, etc. Pour finir un mois extrêmement dense, on revient sur le fauteuil de gamer et on joue à Bastion, très bel objet dématérialisé qui allie parfaitement gameplay et narration. Top. Masterchef (l’émission) est de retour dans le business, Sébastien Demorand s’est transformé en lycéen choupi. Bon, sinon, le nouvel album des Red Hot est tout à fait correct, même sans Frusciante, voilà.
////////SEPTEMBRE///
REVOLUTION SUR L’INTERNET, je me barre d’Over Blog pour m’installer sur un joyeux domaine en .fr auto hébergé. C’est plus classe, mais tout est à refaire, c’est encore loin d’être fini, et ça ne le sera probablement jamais. Redline enthousiaste les foules, mais si, vous savez, ce film d’animation sur… une course, quelque chose du genre? C’est en to-do list.
Les gens hashtag #lesgens, expression totalement bad boy et trois point zéro pour désigner les petits emmerdeurs du quotidien, c’est cool. Go go go à Arcade Street, la nouvelle salle … d’Arcade Parisienne ouverte depuis… plus d’un an! Hey, deux étages de fun à bas prix, il y a même une bat-cave où on peut se dépenser sur DDR, c’est de toute beauté. Folie dépensière, c’est parti : achat d’Insanely Twisted Shadow Planet, l’autre jeu dématérialisé de l’année. Comme disait Nolife, il serait sorti il y a deux ans, tout le monde aurait cru voir la Vierge. Renouveau de la fiction Française? Inutile de lever ce trop précieux bouclier pour Platane mais oui, il y a quelque chose, un bon esprit, ils sont sur la bonne voie, c’est bien. C’était avec Eric Judor et ça défonçait pas mal de murs, dont le quatrième, régulièrement. Est-ce qu’on peut dire la même chose de The Civilisation Blaster? Naaaaah… au moins, les tomes sont archi-épais, ce qui est toujours agréable mais l’histoire se perd un peu en conjonctures, on ne sait pas trop ce que ça veut dire et où ça va, c’est un peu embêtant (hmm, sorcière sexy) – Nevermind a 20 ans. Je préfère me dire que c’était ça la bande son de ma naissance, au lieu, disons, de la Zouka Dance.
« Et là, Concombre en était déjà à 3625 mots. Il savait que personne n’allait atteindre cette ligne de texte. A quoi bon continuer? » Si ma vie était celle d’Alan Wake, je me serais bouché les oreilles depuis longtemps – une narration omniprésente n’est peut être nécessaire que si elle n’invoque pas tout ce qu’on est déjà en train de voir… pour le reste, bonne ambiance, combats pas terrible, bons DLC. A bas prix, ça le fait. En revanche, Drive : San Francisco est, lui, un excellent, excellent jeu. Impossible de lui trouver des défauts : fun, bien écrit, bien dosé, pas trop dur, bon multi… et ce n’était pas vraiment sensé être le cas. Bien joué, c’est une recommandation personnelle. R.E.M. Glisse sur une peau de banane… mais sur une note positive cette fois, tant mieux. Une compilation finale vient de paraître, je vous la recommande tout autant.
Christophe Hondelatte sort un album dans lequel on peut trouver le sublime « Docteur House ». Il évite la peau de banane de peu et ça me fait encore rigoler, honnêtement, j’ai une obsession malsaine avec ce morceau. Tiens, malsain – la transition est toute trouvée, le Violongay fait un comeback remarqué sur les planches grâce à sa super intervention chez Madame Coucoune. Mémorable. Enfin, nous étions sensés aller au festiblog mais on a préféré picoler à la place, hé oui.
/////////OCTOBRE//
Quoi, c’est DEJA la rentrée? Genre, que trois mois et demi de vacances? Bon, fini de rire, on ne peut plus mesure nos Klout. Je le rappelle, c’est cette nouvelle unité de valeur de l’influence, basée sur des rations mystérieux. D’ailleurs, tant qu’on est dans le concours de zguegues, une atroce guerre de podcasteurs éclate. C’est un crime sans victime mais certains y laissent des plumes : à commencer par Cortex, un crétin lambda qui n’a pas compris qu’insulter tout le monde devant une caméra n’était pas une bonne idée, surtout quand on affront la terrible ligue des gens qui se filment en gros plan sur plan large avec des gros titres en blanc derrière. Ha, vous ne devinerez jamais ce qui est arrivé à Steve Jobs. Hé oui…
Bon, consolons nous. D’une part, il y a d’autres hommes sur terre, dont ce qui semble être le beau gosse de l’année, Ryan Gosling, mastodonte monolithique dans Drive – film très étrange et baroque qui plait beaucoup à la presse snob. On peut le retrouver dans Les Marches du Pouvoir et Crazy Stupid Love. C’était un peu son année, quoi.
Ca y est, certains otaques nous prouvent qu’ils se traitent comme de la bouse : arouhi.fr entre dans la suite logique d’une vague de créations de tumblr-bêtisiers, sauf que celui est à l’image des créateurs : trop obscur pour être compréhensible, trop ciblé, trop règlement de comptes passif, donc inutile. Space Channel 5 part 2 débarque enfin sur le XBLA apprès des bazillions d’années d’attente, hnng. Haut, droite, haut, droite, chu chu chu. C’est la fête du slip, je suis invité dans l’émission mensuelle Respawn. L’occasion de se pencher un peu plus sur le très intense travail fourni par l’équipe Radio01.net – la question demeure : ces bonnes âmes arrivent-elles à avoir une vie en dehors du boulot? J’espère pour eux! On revient chez Canard PC qui obtient un supplément Consoles, ce qui permettra peut être à de bons rédacteurs de sortir du chômage, ce qui serait une double bonne action.
« Ja, ich bin melomane !» Et vous? De mon coté, je découvre les deux albums des Silversun Pickups et je dois avouer que c’est assez formidable si on aime la musique éthérée ou exagérément bruyante. Mirrai Nikki trouve sa conclusion… et nous, on cherche désespérément du sens dans tout ça mais dans l’ensemble, c’était fort et c’était bien.
ALLEZ VIENS. ON EST BIEN BIEN BIEN BIEN BIEN. REGARDE TOUT CE QU’ON PEUT FAIRE. C’EST GENIAL NON?
Bon, Coldplay sort un nouvel album, il est toujours aussi cohérent mais il y aura des gens pour crier au plagiat et à la musique neuneu, on s’en fout. Tintin sort enfin au cinéma et c’est une très très bonne surprise – qui justifie la 3D, pour la première fois. Ce film cultive quelque chose pour les effets de loupe, de lumière, de perspective, c’est un régal technique, l’adaptation est top, il y a même une blague zoophile sortie de nulle part, tout y est. C’est l’heure du Paris Games Week! Le quinzième événement où j’ai la chance de ne pas sortir le porte-monnaie est cool mais il ne concerne que des jeux qui sortent les deux semaines suivante ce qui est un peu hors de mon champ de compréhension. Des gens fêtent Halloween, moi j’ai la chance de mettre la main sur Sonic Generations une semaine en avance, de le finir en un jour et de le compléter en sept. Le Sonic Cycle est brisé, oui… mais il n’apporte rien de nouveau, évidemment. C’est une question de balancement… et ça n’en reste pas moins un bon jeu, et un bon Sonic!
//////////NOVEMBRE/
La fête des morts est un moment bien choisi pour jouer à The Binding of Isaac, jeu archi glauque fait pas la team Super Meat Boy. Son secret? Une construction faite autour d’une excellente replay value… mais y jouer seul dans le noir n’est peut être pas une excellente idée. Le Teaser de GTA V est dans les tuyaux et… pas plus d’infos à prévoir avant quelque temps.
Est-ce que les films Eden Of The East valent le coup? Honnêtement, non. Trop… c’est terrible à dire, peut être un peu injuste, mais trop chiants. Ils n’apportent rien à l’anime de base qui, lui, est à voir.
Kyan Khojandi est le nouveau maître de l’internet français : Bref est la nouvelle micro-série à la mode et elle le mérite, avec ses sujets universels et son montage archi-speed. C’est pas comme si la concurrence était rude… mais ça fait un bien fou.
Fin du parcours Forum Thalie pour moi, à ce stade, je n’allais plus servir à grand chose. Houkago Play est un « gag manga » sympathique relatant l’histoire d’un gamer se faisant maltraiter par une gameuse tsundere. Le parfait résumé de mon année, quoi… et tant qu’on est dans l’esprit « feel good », Kurokwa réédite les Yotsuba, à raison d’un tome par mois. Tout le monde aime cette série, et ça se comprends : tout sauf prise de tête, les aventures d’une gamine ayant littéralement une cervelle d’oiseau… c’est dans ce registre que les gens peuvent aimer K-On, je suppose.
Mode étrange : une vidéo japoniaisante sur nos RER franciliens provoque une vague de « personnifications » de nos transports en commun adorés : ce sont les RER-Tan. La créativité, c’est la vie! Ca se complête bien avec le Haikuday, tout aussi spontané et arbitraire.
Golden Blogs Awards, deuxième. Ce n’est pas la même chose, cette fois, c’est à la Mairie de Paris, vraie cérémonie avec tout le tremblement et sa batterie de bloggeuses mode, beuark. Mario Maso reprends (encore!) Time Out est un film avec un terrible potentiel pas génialement exploité, bizarre pour Andrew Niccol… Contagion, lui, est plus posé, mais manque un peu d’enjeu pour une bande qui zigouille un centième de la planète. Deux films intéressants en soi.
Rayman Origins sort enfin. Le nouveau messie de la plate-forme : terriblement beau, bien animé, d’une difficulté suprenante, il n’a pas de réel défaut. Sa durée de vie est même plus qu’acceptable, il ne manque que le jeu en ligne! Enfin, début de visionnage de Code Geass, plus grande illustration hi-tech de l’ascenseur social… une relecture du Paysan Parvenu, avec des méchas quoi.
///////////DECEMBRE~
Et enfin… mettons nous à Mawaru Penguindrum, unanimement qualifié comme l’un des meilleurs animes de l’année. Effectivement, son postulat est intriguant, dommage qu’il s’enferme immédiatement dans une sorte de routine moins sensée… à voir avec la suite! Colourful, lui, est un film à se tirer une balle, et pour cause, c’est son sujet principal. Encore une bande distribuée dans quatre salles à travers la France, la boucle est bouclée. Le Commandant fait son passage local, marque sa trace de putasserie et met en chantier l’AMV ENFER 2 (Nom Provisoire) – et, de mon coté, petit catch-up série. Dexter ne progresse pas d’un iota, Weeds traverse des phases de qualité comme des passages un peu honteux où la série devient une parodie d’elle même… mais le dernier épisode en date aurait pu faire une excellente conclusion. Tout le monde à le nez rivé sur 9gag et il est effectivement peu évident de s’en défaire…
Vous avez le swag? Toujours dans cette série de néologisme, celui-là est particulièrement malin, espérons qu’il ne devienne pas relou. Mission Impossible : Ghost Protocol au cinéma – particulièrement fun, avec plein de Simon Pegg dedans, formidable. VoxMakers s’ouvre avec pour ambition de devenir « le That Guy With The Glasses français » ; je suis personellement très sceptique mais je suis sûr qu’ils vont me prouver le contraire. Nos amis Poulpe et Davy laisse tomber On Va Loler Sur Vos Tombes pour le Golden Show et font des vannes à base de gens qui sautent par des fenêtres. C’est chou!
« J’espère que ce vote te donneras un million de raisons de sourire! »
Sophie Clarke remporte Survivor South Pacific, une fille intelligente, posée et mon cheval de course, de surcroît… dans une saison passionnante où Jésus à plus de visibilité que certains candidats. Un pronostic qui aboutit enfin, cool! Exposition GameStory au grand palais : attendre dans le froid vaut la peine puisqu’à l’intérieur, c’est une rétrospective intelligente et très portée sur l’interactivité – une expo fort honnête, dans tout les sens du terme. Noël approche, habituels Gérards de la Télévision avec des hommes nus, nus, nus, regardez! Nostalgie sur le XBLA : Beyond Good & Evil, joli jeu d’aventure créé par Michel Ancel, rien de révolutionnaire mais que du classique bien exploité… puis Sonic CD, objet un peu perdu dans l’histoire du rétro-gaming, avouns-le, les niveaux manquent pas mal de personnalité.
… puis l’habituelle moisson du sapin est là. Skyrim, Skylard Sword, Fallout New Vegas, Assassin’s Creed Revelations… terminons tout ça en allant voir Cabaret pour nous rappeller une bonne fois pour toutes qu’il serait temps d’arrêter de faire des blagues sur les nazis dans les vidéos commentées. Ha, et La Petite Amie de Minami est un one-shot choupi se terminant bizarrement très mal, d’où un certain malaise. Enfin, mon dernier conseil : ne reproduisez pas les vidéos d’Epic Meal Time.
Maintenant, les choses sérieuses commencent! Année du diplôme, année des concours, les grandes manoeuvres et les grandes décisions vont affluer. Soyez sages. Bon réveillon.
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Hic et nunc
YES PÔPÔ.
Alors nan je ne vais pas me lancer dans l’élégie de mon propre paternel qui, avouons-le, m’a elevé comme il faut, m’a nourri au grain, m’a initié à la bonne zik’ et m’a dit de prendre Grec au lieu de Latin – ce qui est, avouons-le, un conseil de première fraîcheur, j’espère que vous suivez son exemple (moi, je suis dispensé d’enfants) non, je parle d’un gimmick tout aussi frais d’une personne encore plus fraîche… et fortunée. Et ça vient participer à Koh Lanta?
Car oui, au commencement et au premier jour, le Tout-Puissant créa la lumière. Une semaine plus tard, il avait déjà bien bossé mais il se décida également à créer l’île et les gens dessus qui s’entre-éliminent de manière épique. Comme si cela ne suffisait pas, il créa ensuite la caméra, le divertissement et les étudiants qui bloguent sur le sujet pour convertir les masses. Décidément, le monde est bien fait.
Ca tombe deux ou trois fois par an : je me sens obligé de faire un post « Survivalisme » – ce mot à intérêt à exister car je l’ai placé dans un argument clé d’une copie clé – qui recense l’actualité de la planète-Realtv, toujours avec cette emphase sur Survivor et ses dérivés… enfin, Expédition Robinson et ses dérivés, pour les vrais de vrais. Non pas qu’il y ai grand chose à dire mais donner envie à des gens de mater tout ça ne peut que me rendre tout fier du bout des doigts, non pas que ça puisse rentrer dans la case du « divertissement de luxe » maiiiiis il faut avouer que ça à un coté addictif. En tout cas, si vous ne savez pas comment vous procurer des émissions étrangères, et parce qu’il me semble que c’est légal tant que ce n’est pas diffusé en DVD sur le pays émetteur (je crois. Je crois? Pitié?) sachez que vous pourrez tout télécharger, sans sous-titres mais dès le lendemain matin, en torrent sur vtze (rembobinez) et en téléchargement direct sur golslr (là aussi, vous allez devoir rembobiner, c’est dire si je suis confiant sur le sujet.)
La bataille du « lol sur l’île » n’a pas fini de faire rage : chez les ricain, Survivor 23 se conclut dans, vraisemblablement, trois petites semaines. C’est signé jusqu’à une 26è mouture et, in fine, jusqu’à début 2013. Cela rejoint donc le point fatidique où une show de real-tv a eu plus de temps d’antenne que les Simpsons au jour d’aujourd’hui et il est assez triste de constater lequel des deux est devenu le plus fun à voir et à faire, probablement. Cela ne fais rien, gardons le moral et téléportons nous d’abord sur la planète France où les gens sont jeunes et cons, vieux et fous*
Koh-Lanta vient de dépasser ses dix ans. Souvenez vous, en retirant une unité à notre premier chiffre qui nous sert d’âge, nous mations ça en lousedé le Samedi après-midi, c’était animé par un Hubert Auriol assez timide et la dernière épreuve avait duré plus de neuf heures… époque désormais révolue puisque, désormais, si un challenge dure trop longtemps, on le fait « évoluer » – comprenez par là qu’on ampute les candidats restants d’une jambe et on admire fièrement le résultat. Aujourd’hui, Koh Lanta a bien grandi, cette émission est très loin d’être mort et, mine de rien, on peut y trouver quelques petites marques de progressisme. Tenez, par exemple, l’émission devient totalement deux.zéro! Comme son homologue américain, le grand, le beau Denis Brogniart fait des live-tweets des émissions… et comme Jeff Probst, il tweete n’importe quoi. Bien, dans cette onzième édition des « quatre rois », qu’est-ce qui est toujours si peu génial?
- Les épreuves manquent encore d’originalité. Personne ne semblent vouloir débloquer un budget pour améliorer quelque peu le matos utilisé : cher amis, arrêtez – arrêtez d’imaginer qu’on peut faire quelque chose de beau avec trois bambous et un mêtre de ficelle. Je ne sais pas, moi, faites comme à Pyongyang : contentez vous de peindre l’extérieur avec de jolies couleurs criardes, privilégiez les machins en bois, les créations… et cultivez le souci identitaire. J’y reviens – d’autre part, quand ils essaient de pondre un nouveau jeu, nous, pauvres mortels, sommes tout contents de voir un peu d’originalité et de bijoux de familles sur le buffet, tout ça. Problème : elles ne durent jamais plus de trente secondes. Pourquoi? Ce sont toujours de vagues jeux d’équilibres… que les candidats inaugurent, sans équipe de bêta test (de l’autre coté, on appelle ça la dream team) et à l’écran ça fait un gros plouf. Un peu comme, dans un moment de panique lors de mon tout premier oral de Français en Première, j’avais réussi à sortir que Voltaire avait écrit le Cid. Plouf.
Faut dire, mon jury était un peu spécial à l’époque.
- Souci identitaire, donc. Des gens, une île, c’est bien mais c’est interchangeable. De l’autre coté, on a trouvé la parade : on réussit, pour chaque saison, location, à pondre une esthétique, à installer des gimmicks graphiques et on s’y tient. Je me répête pas mal depuis le temps et Adventure Prod n’as pas l’air de vouloir appliquer (car il me paraît évident qu’ils se sont posés la question depuis longtemps… mais qu’il ne veulent pas trop brusquer la ménagère qui paniquerait à l’idée de voir autre chose que des équipes rouges et jaunes) et ça me rends tellement triste, regardez, je prends deux heures de mon temps pour l’exprimer!
- Les candidats sont encore trop archétypés. Vingt têtes de pipes, pourquoi pas, c’est la porte ouverte à plus de personnalités et donc plus de fun mais on retombe toujours dans les vieux poncifs : une batterie de gens invisibles, des gros relous, un « true warrior » né pour se faire avoir à la toute fin et le méchant de service, ce genre de choses -
- Attention… TOP DEPART, VOUS DEVEZ LIRE CE POST TETE EN BAS. Car la loi de Koh Lanta est immuable, elle est aussi à géomêtrie sinusoïdale : il subsiste des petites bizarreries de gameplay qui ne devraient pas exister. Addendum : chaque sortie devraient être définitive – médicale, volontaire, horizontale – car personne ne veut se retrouver avec l’embarras total devoir soit deux gagnants impossibles à départager, soit un gagnant s’étant déjà fais expulser une fois.
En revaaaanche… pas mal d’éléments font que cette mouture est largement la meilleure depuis un bon paquet d’années. Malheureusement, on se coltine toujours la voix suave de Denis, grand narrateur de l’impossible, expressions improbables prêtes à être dégainées – mais on peut noter un certain effort de montage. La moyenne vient de chuter subitement parce que ces teubés ont jugé bon de spoiler le retour d’un candidat dans l’épisode suivant mais, généralement, les choses se font de manière plus subtile en terme de suspence. Il y a toujours ces atroces séquences où on est sensé vomir des arc-en-ciels par les oreilles parce que les candidats appellent leurs proches (pas vu depuis dix jours, bah oui) ou visitent les papous-de-la-production pour mater des enfants sourire, façon Pékin Express. Au delà de ça, le montage sait créer une SURPRISE. Double emphase dans la typo car cela semblait un concept oublié depuis longtemps!
Miracle, les enfants, miracle. Il y a des évolutions de gameplay. Elles sont toutes discrètes, pas énormément mises en valeur, un peu en phase de rodage donc maladroites… mais elles font évoluer une « aventure humaine » (insérer ici effet sonore de pet) en un véritable petit jeu. Bon, je vais pas vous surprendre, rien de tout ça n’est original : le vote noir est une règle qui nous sort des Philippines et le « collier d’immunité » est une spécialité Américaine, aujourd’hui en fin de vie. Mine de rien, cela fait longtemps qu’on (« on » désigne une quinzaine de fans sur Internet, c’est dire si c’est une victoire) attendait un truc pareil et nous n’avons pas été déçus : les candidats, fidèles petits pions candides, ont su choper des opportunité et établir des « stlatégie ». Ouais, cette année y’a un Tahitien dans le cast et ça donne des morceaux de phrase mémorables du genre « Mon ami Laulent ». … d’autre part, parmi les quelques clichés sur pattes… y’a des petits gars intéressants. Là, il y avait bien ce petite gars de Sciences Po qui a tellement sorti son méchant-joueur-de-Survivor-illustré qu’il s’est fait griller pour tout bien trop tôt, c’est dommage… et il y a de quoi citer ce mec de 60 ans, qui n’avait ni dents, ni don de la nage. Il a du manger un fruit du démon. Ouais, concrètement c’est peu de choses mais si l’équipe de production arrive à cerner les autres petits trucs qui stagnent depuis longtemps, le futur de l’émission n’en peut être que plus sympa… surtout avec des commentateurs tels que Davy Mourier. TOP POUR MANGER.
Non mon jeune ami, ce n’est pas Zeus qui a mangé ses enfants, mais son paternel. YES PAPA KRONOS
Sur planète Thanksgiving, on diffuse Survivor South Pacific (pour ne pas dire Samoa, mais c’est déjà la troisième saison tournée là-bas… et la prochaine ne bouge pas d’endroit non plus. Le concept? Une équipe d’hommes, une équipe de femmes… tous sur la même plage. Gné?) et, contre toutes attentes, c’est bien. Je vous le jure, des témoins pourront attester des phrases malencontreuses du genre « Han, je vais pas regarder » ou « Survivor c’est mort » mais il se trouve que cette vingt-troisième édition est l’une des meilleures depuis deux ans. CE N’EST PAS NORMAL puisque les deux émissions sont sensées s’équilibrer d’elle mêmes, on avait l’habitude de se réfugier dans l’une quand l’autre n’était pas terrible (toujours dans le même sens) et non, c’est encourageant. Pas génial, mais bien, encourageant. Pourquoi donc? Les réductions budgétaires et l’ultra-longévité du show font que chaque nouveau concept sonne comme une mauvaise idée. South Pacific (comme la comédie musicale Oscarisée) c’est tout les éléments pourris de Redemption Island, son petit frère : un lieu de dernière chance après s’être fait éteindre son flambeau où l’on « combat » le prochain éliminé pour ne pas se faire définitivement jarter – tout ça avec le retour de deux figures bien connues qui en sont à leur troisième jeu – je ne vais pas en faire la description, ce serait une perte de temps. Le show s’éloigne de ses écueils du passé : le temps de parole y est bien mieux réparti, pas de gus monopolisant le show… il y a bien des invisibles et des gens sur-exposés – John Cochran, ce fameux nerd sorti d’Harvard ou Brandon Hantz, neveu… de Russell Hantz, ce premier s’avérant être aussi maboule que son tonton, lui tape dans la religion, c’est la fête. Des têtes connues, de nouvelles, que des gens appréciables d’une manière ou d’une autre. C’est l’une des saisons les plus équilibrées qui soient (enfin, jusqu’à ce que quelqu’un ose tenter le choix stratégique!) et on a beau avoir un challenge sur deux, on y trouve un fun certain. J’ai venté les mérites de la version américaine à de trop nombreuses reprises et je ne m’étendrais pas mais je recommande très chaudement d’y jeter un oeil, damn it.
Tout ça pour dire que l’industrie du Survivalisme se porte bien. COMMENT CA C’EST COMPLETEMENT FUTILE? Je ne sais pas moi, mettez vous à The Amazing Race, l’émission qui te fait faire du bodybuilding à Bruxelles après avoir fait de la course de lapins à Copenhague. En fait, non, matez vous d’autres saisons plus anciennes, celle-là n’est pas terrible terrible.
Bon. Joyeuseries musicales, petite rigolerie hors-sujet, listing des podcasts sympas, hommage à la GBA, Mario Maso, Rayman entre temps, plein de trucs qui vont rapidement nous téléporter vers le bilan 2011. Wow, j’ai déjà le titre. (J’accepte les pronostics. Si vous avez capté ma façon de penser, vous pouvez deviner)
*J’ai cette chanson en horreur, je tenais à le dire












