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Gérard du monomaniaque

Bernard de la Villardière est le plus grand homme que la Terre aura jamais porté.
Peut-être même plus grand et beau que Michel Rocard ou Peter Falk.
Quelque part entre le Christ et Michel Sardou. Un juste milieu, humble et rock’n'roll.
Pour des raisons de commodités, nous allons l’appeler Bernardo. Señor Bernardo el Journalisme Total.
Parlons un peu de Bernardo parmi le peuple.

Bernardo est l’un de mes modèles. J’en ai quelques uns, mais en tant que journaliste au tout début début de ma carrière, j’aime à penser qu’il faut me fixer un maître à penser, un modèle de vie. Je pense que ce monsieur incarne la réussite, le charisme et le souague. Oui, parfaitement, le souague. Bernardo ne fait que des pas assurés. Il marche, derrière lui, tout implose. Nous ne sommes que de misérables vermisseaux dans son sillon. J’oserais dire que, pour moi, c’est un peu un gaycrush. Oui, sur Internet, nous avons tous des personnalités que, malgré notre sexualité à priori opposée, nous ne quitterions pas pour la salle de bains s’ils étaient dans notre lit. Ryan Gosling est un peu dans ce cas pour moi. Monomaniaque, mystérieux, on dirait un Moaï vivant – pourtant, sa tête dégage une folle quantité de choses et sa petite voix de redneck-mormon (preuve est que c’est possible) est toujours plus délicieuse, surtout remixé pour chanter Call Me Maybe. Dans Drive, c’est le mystère. Dans Gangster Squad, la nonchalance. Tout implose avec Clooney dans les Marches du Pouvoir – trop de charisme.

Bernardo, c’est un peu la même chose, mais lui est une sorte de fétiche vivant, surtout pour les journalistes. Amusons nous à comprendre ce qui fait de Bernardo un übermensch.
Le saviez vous? Le vrai patronyme de Bernardo est Bernard Berger de la Villardiere. B.B. – rien qu’avec ses initiales, on sent du lourd, du charisme, de la qualité. Après être né d’une relation sexuelle qui, j’en suis sûr, était explosive et périlleuse, Bernardo naît quelque part dans les années 50. Il a sûrement fait plein de choses palpitantes dans son enfance jusqu’au Bac, puis il enchaîne les diplômes : licence de droit, maîtrise en sciences politiques, le tout à Paris X Nanterre, comme votre serviteur et Nicolas Sarkozy. L’usine à élites. Po po po, il intègre le CELSA, vainc son concours d’entrée ultra compliqué et se lance dans une belle carrière de journaliste. Aujourd’hui, il est au firmament. Comme n’importe quelle journaliste, il accumule les expériences en périphérie et en Presse Quotidienne Régionale avant de se voir intégré à des entreprises plus prestigieuses ! France Info, LCI, Bernardo se spécialise dans l’actualité de pointe et devient un grand ponte de l’analyse et de l’investigation. La gloire lui est déjà promise mais le voilà qui intègre M6 en 98 pour présenter Zone Interdite pendant une demi douzaine d’années. Vous voyez le pattern? Bernardo a trouvé son créneau définitif : il va raconter la vie palpitante des gens, de préférence avec quelques explosions sur le chemin. Il s’engage dans de nombreuses associations caritatives, en créé quelques unes et devient même membre du conseil d’administration du Centre de Formation des Journalistes ! En 2005, ça y est, il créé Enquête Exclusive et ravit nos dimanches soirs depuis près de huit ans. Ha, Bernardo, tu n’imagines pas le nombre de pizzas que j’ai pu engloutir devant tes incroyables sujets.

Le style en toutes circonstances

Parlons de l’homme. Adoptons une démarche Arthurienne, verticale et de haut en bas. A cinquante ans passés, c’est un bel éphèbe qui arbore un brushing impeccable. Ni le vent, la neige ou les explosions ne sauraient perturber ce petit monticule de cheveux stratégiquement répartis. Le front large, dégagé, il a le regard de Patrick Mc Goohan qui déjoue les plans du vil Numéro 2. Le regard est sérieux, pesant ; Bernardo voit mais ne juge pas. Au mieux, il concède et tend la main vers nous, péons, sujets d’un reportage potentiel.
Chemise et veste, le dresscode est simple et a déjà fait ses preuves. Toujours les deux. L’un est ouvert sur l’autre, points bonus sur la veste est portée par dessus l’épaule, façon Coach dans Survivor. Petit pantalon bien serré, pompes formelles et chaussettes invisibles, la collection Printemps-Bernard 2013 est sobre et distinguée. Bien sûr, l’habit ne fait pas le moine et les fringues ne seraient pas grand chose sans l’allure et l’assurance dégagées par ce bonhomme. Dans Enquête Exclusive, il en a fait son image de marque : il introduit toujours ses sujets en parlant à la caméra, et en marchant. Il pourrait sauter d’un hélicoptère, faire une course de dragster en départ arrêté et mener un combat au sabre qu’il serait toujours capable de faire son speak avec le plus incroyable des flegmes. Moi, dans la vie, j’aime les pince-sans-rire, mais j’aime encore plus les flegmatiques.

Maintenant, parlons un peu d’Enquête Exclusive. Tout le monde le sait : le CSA, les téléspectateurs, les équipes, même Yann Barthès s’en est amusé devant le principal intéressé – ce n’est pas vraiment de la télé de haut vol. On dirait un film d’Europa Corp : on tombera toujours dans les putes, la drogue, les putes, la violence et quelques putes. On dirait que ce format veut absolument nous empêcher de vivre en nous faisant craindre tout ce qui constitue notre quotidien : les autoroutes, les transports en commun, les supermarchés, les PARKINGS. Les lieux communs sont la violence, les fraudes, ce genre de choses. Tout est sensé rendre le sujet anxiogêne : caméra à l’épaule, caméra cachée, les deux tiers de l’écran flouté, ces mécanismes pas toujours compréhensibles. Pis y’a la « Enquête Touch ». Toujours, le sujet glisse lentement mais sûrement mais… les putes ou la drogue. Enquête Exclusive sur les voleurs de poules à Triffouilli les Oies? PUTES ET DROGUES. Ça, c’est dans 75% des cas… parce que dans les autres, on aborde frontalement ces sujets. Le pinacle du truc étant ce reportage sur la drogue dans la capitale où la caméra suivait un couple de camés en train de se faire un shoot de crack dans les toilettes publiques. Parfois, c’est un peu plus folklorique, comme cet exemple récent où on nous expliquait en détail comment se faisait un mariage gitan, avec une vague histoire de vérification vaginale et de traces sur une serviette sacrée. Un sacré bordel. Folklorique, quoi.
Donc Enquête Exclusive est fantastiquement putassier. Je le sais, tu le sais, ils le savent. Ça alors : c’est même ce qui marche ! Quand ça se voit trop, ils tournent un ou deux reportages « émerveillement » avec des animaux, hop, notre cœur d’enfant est mobilisé et on oublie un peu toutes ces substances illicites. Non, lâche cet eucalyptus !

Bernardo préside aussi le grand conseil des méchants des James Bond

Vraiment, c’est de la bad TV. A mater avec des oréos, des chipsters, ce genre de choses. C’est carrément putassier, on peut le dire. Je le répète, ils le savent et il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Nous, on mate, par fascination morbide, par syndrome de l’accident routier. Ça marche ! Mais l’émission ne serait rien sans son avatar. C’est là que ça devient génial. Le cœur de l’émission, lui, est souvent interchangeable. Il est même extrêmement probable qu’on le retrouve rapidement sous un autre emballage sous W9, etc. Le groupe TF1 fait aussi ça : on recycle le sujet (monté) et on le colle derrière « enquête d’action » ou autre titre sympa. Il suffit de tourner une intro ou une conclusion personnalisée pour rendre ça « actuel ». C’EST LA QUE BERNARDO INTERVIENT. Déjà, truc absolument démentiel ; il ne se mettra jamais en danger. Il est au dessus de ça. Si les reporters du sujet se mettront dans les pires situations (investiguer dans les cartels, etc) Bernardo se contentera d’aller dans le 16è arrondissement interroger un spécialiste en blouse blanche. Le souague.
La chaîne commence même à piger qu’il y a un espèce de « culte » de Bernardo. Le gars est tellement « over the top » qu’on hésite plus vraiment à sauter le requin et introduire un sujet ski/jeunes/alcool/délinquance par Señor Journalisme en train de dévaler les pentes. Derrière Guns Of Brixton. Avec un clone du moniteur des Bronzés font du ski. PENDANT UN QUART D’HEURE. C’est n’importe quoi, le sujet, très premier degré, est parasité par les sessions de Bernardo. Et on kiffe. Parce que c’est Bernardo, et parce que c’est, justement, surréaliste. Fap fap fap keystrokes keystrokes. On peut suivre les aventures de Bernardo sur deux tumblrs souverains.

Astuce. Votre sujet se déroule à Miami ? Vous êtes Bernardo, vous avez donc le droit d’aller en Floride tourner quelques rushes, marcher dans la rue et énoncer votre sujet. Putain, génial ! Et ça marche partout. Points bonus si vous faites un truc fabuleux juste avant, genre sauter en parachute ou faire de la boxe avec la faune locale. C’est ça, le style Bernardo : marcher, regarder droit devant, et ne pas se retourner pour les EXPLOSIONS. BAOOOUM. Mais Bernardo est proche des gens. Quand il consulte des spécialistes, il écoute, il fait « oui » de la tête, parfois il s’adonne à quelques expériences ou fait don de soi – Bernardo parmi les requins, Bernardo maîtrise un cobra, etc. Une sorte d’aventurier des temps modernes… mais toujours de manière indépendante avec le sujet.

Il n’y a pas si longtemps, Bernardo a été invité dans le cadre de l’émission de Baffie où des gens célèbres de la télé vont à un dîner filmé. Exactement comme le truc avec Ardisson quoi, mais passons. Baffie, taquin, préviens ses convives : « Regardez, Bernard il est tout coincé mais après deux ou trois verres et il va se rouler sur la table et raconter des blagues de cul ! » … et c’est exactement ce qui est arrivé. Il nous explique, sérieux impérial inclus, qu’il est « un concept à lui tout seul ». Ben oui. Bernardo incarne le YOLO. On dit souvent que cette place est réservée à Nicolas Cage, vous avez devant vous son équivalent français, tout simplement. Interrogé sur sa maniaquerie des filles de joie, il répond « Toutes les putes sont des miss. Moi qui ai fait le tour du monde, ce sont toutes des miss à l’intérieur ». Le poids des mots, le choc des photos. En plus d’être modeste, Bernard est un casanova doublé d’un philosophe. Il s’empresse de raconter deux blagounettes bien gauloises. Les autres ne rigolent pas beaucoup. Ils ne comprennent pas, ils ne savent pas qu’ils sont sur un autre plan d’existence, voilà tout. Les blagues de Bernardo sont Cosmiques, voilà tout. Cette soirée, il a fait semblant de prouver qu’il n’était pas le Christ, mais bel un bien un homme parmi les hommes.

Bernardo est notre sauveur à tous, et en plus, il le sait.
Alors tout va bien.

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La classe américaine

En passant avant les hostilités : je suis en train d’optimiser un peu le blog, dans le sens où j’ai enfin réduit le poids des bannières, qui faisaient toutes un demi Mo en .png. C’est comme ça, je suis pas toujours un apôtre du bon sens. J’essaie de mettre un peu à jour la page « Best Off » pour y indexer les articles les plus consultés (c’est chouette parce que ce sont tous ceux qui ont demandé le plus de boulot) et la « Première Visite », qui est, à mon grand bonheur, très souvent consultée depuis que j’en ai enfin fait quelque chose.

Voilà un nouvel épisode de notre grand feuilleton « Les Américains sont meilleurs que nous quand il s’agit de divertir » ! Aujourd’hui, nous nous attaquons à une institution, un fondamental qui fêtera bientôt sa quarantième année. Les chances sont grandes que vous ayez récemment entendu parler du Saturday Night Live. Si vous êtes un casual des médias ricains, vous l’avez lu plein de fois sans trop savoir ce que c’est. Si vous êtes bien branché « esprit Internet », vous le connaissez déjà un peu par des moyens détournés. Enfin, si vous avez Canal, vous aurez vu Le Débarquement, récente adaptation française par Dujardin et compagnie. Ok, on va expliquer ce que c’est et on va faire la comparaison. Avant toute chose et pour teaser un peu, c’est loin d’être le premier concept Américain que Canal essaie d’adapter et ce n’est même pas la première fois que le SNL passe par cette case dans l’hexagone : les soirées des Nuls étaient dans le même esprit (avec le même succès critique) et un Samedi Soir en Live a déjà vu le jour, mais pas pour longtemps, cette adaptation tombant dans cette période un peu malheureuse de 2002-2004 où chaque nouveauté durait deux ou trois émissions. Prochain pilou! Entre les deux, en 1993, Hazanavicius avait tenté sa propre formule avec quelques uns de ses copains. Ça semble avoir le même destin que le présent Débarquement.

Le Saturday Night Live est une émission phare de NBC, la chaîne qui a un joli phaon coloré en guide de logo, au cas où vous vous seriez demandé ce que c’était. Aux USA, on en parle pas beaucoup au boulot, dans la vie ou sur les autres chaînes car le SNL est devenu un élément du quotidien, dans le sens où il est ancré dans les médias depuis toujours et son annulation n’est absolument pas prévue. Le SNL est présent aux states comme les impôts, Wall Mart ou le Superbowl. Voyez ça comme des Guignols qui seraient restés drôles avec le triple de durée de vie. On le commente pas parce qu’on sait que ça reste bien. Il n’empêche que son contenu est très discuté sur Internet, notamment sur TV Tropes où il occupe un genre à lui tout seul. Le SNL est donc une émission hebdomadaire – le Samedi et en live, d’où le titre, enregistrée à New York dans le fameux 30 Rock, immeuble qui inspire la cool série comique du même nom. D’ailleurs, Tina Fey ne joue pas que Liz Lemon dans ladite série, c’est aussi une intervenante régulière du SNL. Ce show possède depuis toujours, et avec quelques roulements, une batterie d’auteurs réguliers. Pourquoi? Ce n’est pas vraiment une série mais un show de sketches possédant toujours deux pauses musicales. Ces sketches (qu’on appelle aussi « skit », on va dire de manière simplifiée que le skit est au one-man show ce que le minijeu et au jeu, notez que ce mot a débordé pour désigner les extraits des Amv Hell) sont joués devant un public qui aura réservé sa place depuis trois ans, souvent pour se foutre un peu de l’actualité politique ou culturelle États-unienne. Vous saurez facilement définir ce que ce terme englobe, par exemple, l’avant dernier mobilisait, pour Noël, un skit rigolo parodiant Charlie Brown.

Il s’agit là d’un humour assez caustique et incisif mais c’est localement vu comme un humour à cycles. Selon les américains, le SNL devient trop caustique, s’assagit, se politise un peu, tout ça par paquet de demi-douzaine d’années. Évidemment, c’est diffusé depuis plusieurs décennie et les fans peuvent déterminer les heures du gloires du show, heures qui sont en fait des douzaines d’années. Le show a bien évidemment évolué au fil du temps mais a su garder ses lignes directrices. L’une des particularités, notamment, est le fait d’être écrit à deux niveaux – d’abord par ses intervenants réguliers, égrenés pendant ce générique pas terrible, mais aussi d’accueillir un guest qui va apparaître un peu partout dans les sketches de la semaine, parfois pour conduire le live. Justin Timberlake ou Dave Grohl, par exemple, est un habitué du show et a déjà joué avec ses cinquante groupes. Enfin, je ne pourrais pas vraiment en parler dans les moindres détails, je n’en regarde qu’un sur cinq environ. En fait, vous avez déjà vu plein de choses issues du SNL : le fameux skit « Mmh Watcha Say », qui parodiait cette séquence absurde, le « Dick In A Box », le « I’m Fucking Matt Damon » et plein d’autres, notamment tout The Lonely Island. Moi je vous recommande de prendre le train en marche, de remater ça avec un peu d’astuce sur les sites de rediff dédiés, de demander à tante MadDonald de vous envoyer les Vhs par les meilleurs services de transit en vigueur, notamment eztv et rlslog.

Ce qu’on peut en retenir, c’est que c’est le divertissement le plus luxueux et ancien qui soit à la télé. Pas étonnant qu’on tente de le localiser tout les six ans. Voilà pour la brève introduction ! A regarder si vous aimez l’humour glacé et sophistiqué, un peu poseur et avec plein de moyens derrière. C’est bien moins coincé qu’on peut ne l’imaginer mais ça reste résolument « américain », avec tout ce que ça implique. Bien bien bien.

Jean Dujardin, qu’on ne présente plus, s’est donc lancé dans l’adaptation de ce format après sa tournée triomphale post-The Artist. Comme précisé ci-dessus, il n’est pas le premier et inutile de développer le fait que lui et Hazanipouet sont assez proches. Monsieur a donc réuni une équipe de comédiens (notez bien la terminologie : pas d’auteurs, mais de comédiens) qui sont tous potes et qui ont tous bossé avec Canal de près ou de loin, on va pas de mentir. Une grande bande de potes, il est vrai, rien de mal à ça. Il n’empêche que tout ça fait un peu copinage et comme vous le savez, la présomption d’inceste est ce qui se rapproche le plus de l’insulte suprême. On va dire que c’est plus ou moins nécessaire pour le premier numéro et que ça peut attirer des jeunes talents, pas comme le Petit Journal qui se retrouve cantonné à un (très gros) sac d’invités copains qui tournent en boucle. La promo se lance, on est quelques un à être discrètement hypés. Bizarrerie numéro 1 : Dujardin and co. se défendent de faire un « SNL français ». D’une part, je ne sais pas pourquoi refuser cette héritage, ça n’a aucune connotation négative (bien au contraire) et c’est du beau bullshit parce que oui, c’était exactement la même chose. Des sketches, – je mettrais toujours un e à la fin, oui – des chansons, des smokings, beaucoup de « ha ha ha ha à la Dujardin » et un casting all-star qui pioche dans tous les trucs a minima talentueux qui ont fait parler d’eux récemment. Par de guest-star, ce qui n’aurais pas de sens puisque le rapport auteur/comédien n’est pas exactement le même. Deuxième détail : pourquoi « Le Débarquement? » n’était-ce pas une vague américaine sur une plage française? Je veux dire, ils le font exprès où l’hommage est assumé dans le fond…? Je suis un peu perdu.

Un homme sur deux est une Tour Eiffel !

Un homme sur deux est une Tour Eiffel !

 Pour mater ça, un vendredi soir et en concurrence directe avec Koh Lanta (super idée, ça, ça ne les aurait pas tué de faire ça aussi le samedi) il fallait se taper la pire journée de promotion de l’existence ! Trois heures de promo compulsive. Un teaser, une pub, une pastille rappelant l’existence du programme toute les deux minutes, au sens strict, premier degré et littéral. L’access prime-time avant était horrible, de la pure branlette – il n’y a pas d’autre mot – effectuée sur la longueur par le grand yaka Michel. C’était parfait pour dégouter n’importe qui, du Canal dans ce qu’il fait de pire, du bon concentré de suffisance qui n’annonçait rien de bon et qui, au mieux, allait décevoir. Au final? Mmmouais, pas mal, encourageant. Disons que cette promo massive s’explique par l’ampleur des moyens déployés, en plus de constituer un vrai risque qui, effectivement, s’est vérifié.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que tout le monde peut encore découvrir les deux. Le premier est diffusé sur un format régulier (duh) et l’autre a un deuxième numéro commandé et dans les tuyaux. Cette première mouture était fort potable mais bon sang ce qu’elle était montée au diesel. Le tout début était bien naze et pas drôle, comme si le but du jeu était de nous faire peur et de nous éloigner fissa de l’écran. Non, il s’avère qu’ils se débarrassaient juste du plus faible avec un skit écrit pour fonctionner en deux temps, le premier étant délibérément sans humour aucun. Après, c’est parti pour la série de tableaux sans contenu politique ou réellement culturel – dans le sens inscrit dans le temps, sinon une série rigolote mais attendue de fausses pubs sur l’Iphone, ça n’a juste pas grand chose de local – juste à l’humour très aléatoire, façon Seth MacFarlane. A partir de là, ça implique une infinité de skits possible si la manière et l’humour sont toujours derrière. En revanche, non, ça n’avait rien de caustique ou d’incisif, sinon quelques piques très discrètes envers la mentalité Canal actuelle et l’infotainment en général. Le truc c’est que l’ensemble se fait toujours dans l’auto référence qui, pour le coup, est bien de chez nous. Bon, je fais mon esprit chagrin, il y avait quand même pas mal de bonnes choses. Des costumes partout, des chansons (avec de bonnes idées mais véhiculant parfois un malaise de débutant) de la classe ambiante et pas mal de mauvais esprit. Pas d’humour scato mais beaucoup de sketches à la con, ça n’a rien de négatif, ce sont les meilleurs. Ceux qui ne font pas sens mais qui sont juste drôles, un peu façon Pérusse. Donc oui, il y a quelque chose.

"Un homme sur deux est UN LOUVRES !"

« Un homme sur deux est UN LOUVRE ! »

Du moment qu’aucun périodique ne nous sort un « le renouveau de l’humour à la télé » où ce genre de titre, tout va bien. C’était de qualité acceptable sans pour autant s’engager, ce qui prouve qu’on peut encore faire rire avec un humour sorti de nulle part. C’est encourageant, non? Par contre, peu de monde était devant son écran ce soir là. Canal a bien trop concentré ses efforts et c’est comme si cet essai était déjà oublié par tous. Discret, ambitieux, lourdingue et encourageant, Le Débarquement c’était tout ça à la fois. Je ne vais pas comparer un numéro à une émission vieille de quarante ans – parce que oui, la réelle visée de ce post est de vous encourager à mater le SNL – mais les formats français peuvent exister et peuvent être potables.

En fait, ce qu’il nous manque, c’est des vraies gueules. Inconnues, charismatiques, avec plein de cheveux. Pas le cliché adolescent que le cinéma aime bien faire évoluer. Juste une bande de pince-sans-rire qui feraient les pires conneries sur scène. Comme le Morning Live, en sage et en bien plus « actuel ».

Bon, peut être qu’aujourd’hui le divertissement a juste évolué dans une succession de concepts bizarres, genre faire une compétition de plongeon avec des ex candidatsde real-tv. Mais ça n’a aucun sens et ça reste une adaptation, duh.

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Je ferais tout par journalisme (mais je ne ferais pas ça)

« Pouvez vous nous expliquer en quoi les Etats-Unis sont le plus grand pays du monde? »

Nous sommes dans l’amphithéâtre d’une école de journalisme, près de New-York, NY – dont l’entrée n’est pas aussi ténue et nazie que les équivalents français, vu le niveau de la question qui vient d’être posée – et Will McAvoy, journaliste ayant à peu près tout fait et tout accompli dans sa vie, a un peu du mal à donner suite à ce giga parterre d’étudiants. Il réponds un peu à coté, évite le sujet. Pourtant, républicain convaincu et activiste, la réponse devrait être fournie clé en main. Quand il arrive enfin à ouvrir la bouche pour dire autre chose que ce que ses voisins viennent de sortir, il pète un câble et sort une tirade démentielle où il explique en quoi le pays a perdu de sa majesté d’antan, en insultant l’étudiante qui a posé cette question au passage. Les gens commencent à filmer, la scène dure à peu près cinq minutes (le temps d’une chronique lambda en radio, après quoi le monologue devient difficile à gérer) et les retombées vont être pénibles pour quelqu’un qui va remettre en cause le modèle d’infotainment sur lequel il a basé sa carrière. Will McAvoy a eu la révélation de sa vie parce qu’une nana, quelque part dans le public, tenait un petit carton « Ils (les USA) ne le sont pas – mais ils peuvent le redevenir ».

Cette scène, franchement bien foutue et parfaite en termes d’introduction, est la toute première chose qu’on voit en lançant The Newsroom, d’Aaron Sorkin. Le nom du réal derrière est important, comme dans la plupart des séries HBO d’ailleurs, c’est le (grand) homme derrière The West Wing, alias A La Maison Blanche. Ça alors, cette toute première scène ressemble très étrangement à la toute première scène de Studio 60, du même Aaron Sorkin. En tout cas, c’est un nom commun de la fiction ricaine, et il le mérite tout à fait. D’ailleurs, Alan Poul produit la plupart si ce n’est l’intégralité des épisodes. Tiens, un des scénaristes/réals de Six Feet Under. Sorkin, lui, est connu pour son écriture – pas en tant que macroécriture mais plutôt dans une acception « bons dialogues ». On reconnaît une « scène Sorkin » quand des personnages font une tirade en traversant un couloir ou dans un ascenseur. Quoi qu’il qu’il en soit, c’est un mec ayant une aura, un passé et dont le nom polarise fans et haters depuis plus de dix ans. Il faut coupler ça à la chaîne Home Box Office dont je recommande vraiment fort les séries (y’a pas mieux, disons le clairement) une chaîne du câble américain qui a connu un fabuleux essor qualitatif avec l’an 2000 en pivot. The Wire, SFU, Game Of Thrones, tout ça est produit et diffusé par cette chaîne. Elle possède une réputation vraiment justifiée de chaîne qui aime bien jouer un peu sur les limites et diffuser du sexe, de la drogue et du rock n roll à une heure de grande époque, dans un pays où dire un « Fuck » vous bipe et vous floute la bouche. L’un n’empêche pas l’autre, et HBO représente le fin du fin de la fiction sérielle ricaine. Pourquoi préciser tout ça? Les critiques très mixées des séries. C’est justifié et vous allez vite comprendre les tenants.

La cravate du souague

Jim est trop bon pour toute cette misogynie alors il pardonne

Revenons sur la substantifique moelle. The Newsroom est, comme son nom l’indique, une série dont le théâtre est l’antichambre du plateau télé d’une chaîne fictionnelle du câble américain. On retrouve justement ce coté très théâtre et statique d’un décor façon The Office. Une saison de dix épisodes et de prime fraîcheur, diffusée l’été dernier. Une chose est sûre, c’est qu’elle « ne fait pas HBO « justement – et c’est rare, mais là c’est dans le mauvais sens du terme. Les premiers signes ne trompent pas : le générique – avouons-le, tout pérave – est un peu effrayant. Dans toute une saison, pas la moindre scène 12+, pas de sexe explicite, implicite ou même rapporté. On parle vaguement d’un pétard à un moment et non pas un mais deux space cakes sont évoqués. C’est donc plus sain qu’un épisode de Totally Spies, c’est presque gênant. Enfin, le show met une grosse emphase sur les relations que les personnages peuvent avoir. C’est pourquoi j’aime bien promouvoir cette série autour de moi avec un « Grey’s Anatomy des journalistes », tout en sachant qu’on ne voit pas le moindre bout de chair et que les deux séries traitent leurs sujets respectifs de manière bien différentes.

C’est donc une chouette combinaisons de paramètres. Le réal, la chaîne qui diffuse, et le sujet m’ont fasciné pour des raisons évidentes – je suis à deux doigts de commencer mon premier stage dans une grande rédaction, mais si je namedroppe le nom précis une malédiction vaudou va faire imploser ma convention, disons que c’est un quotidien qui cite Beaumarchais – mais The Newsroom est une série que je conseille certes mais qui n’est pas exempt de défauts et pose un standard de qualité solide mais bizarrement hésitant pour une série HBO.

 Revenons sur le scénario. Ce monologue de base n’est qu’une manière de s’introduire dans cette rédaction : Will revient après quelques jours de repos forcé et constate qu’il va devoir changer l’intégralité de son équipe, donc de contenu éditorial. A partir de là, on suit la progression idéologique de News Night, ce late show tout aussi fictif, mais aussi celle de sa figure principale et de la chaîne en général. Plot twist à mi-chemin du pilote : nous sommes début 2010 et les ennuis vont bientôt débarquer pour Deepwater Horizon. Certains évènements marquant de l’actu vont in fine dicter la Newsroom, qui va être confrontée à tel ou tel conflit d’intérêts. Y’a-t-il une storyline de fond? Oui et non. Autant vous le dire, il n’y a pas de plot twist final et le tout reste assez épisodique – on hésite pas à envoyer les grosses ellipses pour le coup – on reste dans une logique plus ou moins thématique mais rassurez vous, Jeff Daniels ne fait pas de voix off pour nous dicter X ou Y maxime de quadra d’aujourd’hui.

High as fuck

On est donc plongés dans une ambiance à la CTU. Une salle de référence, des bureaux, beaucoup d’ordinateurs, plein de fourmis qui butinent H/24. Minimum de réalisme et d’immersion donc, je retrouve donc pas mal ce moment rituel où la rédaction papier s’agglutine autour de l’écran géant pour déterminer l’actu phare du jour – MAIS il y a cette tendance bizarre voire gênante de caser du drama amoureux à tout prix. Ce n’est pas une mauvaise chose, c’est même le moteur de la quasi totalité des séries mais en l’occurrence c’est tellement envoyé à la figure, hors propos, omniprésent. Parfois, ça embraie dans cette direction quand on ne le veut vraiment pas et on est là, planté par le plot, à se dire « Mais vaziiii lààààà ». Et encore, il pourrait y avoir un vaste réseau à la Grey’s. Non non, il n’y a qu’une intrigue amoureuse et demie de ce genre. Suggérée dès le pilote, pas génialement résolue à la fin. Un an et demi plus tard, rien n’a bougé. Le « plot tumor » dans toute sa splendeur. Vous savourez votre série edgy et ça vient s’incruster de temps en temps sans que ce soit voulu, c’est assez gênant. Bref, l’un des enjeux de la deuxième saison sera de doser un peu mieux tout ça. Je ne fais que supputer mais ça devait être absent de The West Wing, d’où un petit manque de nuances dans la palettes. Ce n’est pas comme si c’était foncièrement mauvais comme séquence, juste formidablement invasif. Heureusement, ça réserve quelques passages bien drolatiques sur la fin.

Heureusement qu’il y a plein d’autres trucs biens dans The Newsroom, à commencer par ses personnages. Enfin ouais n’exagérons rien, son personnage. Will McAvoy (Jeff Daniels, le mafieux ronchon* de Looper) – monstre d’égo – en termes de présence ou de manière purement freudienne – grosse manie des tirades et d’écorcher les noms. On a ici un mec complètement hors normes qui implose de charisme et d’idéaux, toujours. Républicain, aimant bien le rappeler, idéaliste et déçu de la tournure qu’à pris son environnement, il n’y a pas de réelle évolution pour lui mais rappelons que le tout commence in medias res. Il va passer la saison à se remettre en question, à gueuler et à se coltiner les menaces d’Internet. Oui, parfaitement. Un vrai bonhomme fascinant à suivre – et à la voix d’or.

Un tiers de seconde plus tard, il fait LA grimace

 D’ailleurs, la VF est sympatoche (avec le fameux doubleur de Robbin Williams dans le rôle titre) mais je ne saurais que trop conseiller le bazar en langue originale, comme souvent. Pour prendre un exemple simple, celle de Game Of Thrones est pas terrible du tout. Autour de lui, une batterie de nanas fortes : Maggie (une hystérique) Sloan (une hystérique) mais aussi son ex, Mackenzie (une hystérique) … hein, attendez. Oui, voilà, la gender politics de cette série est vraiment étrange. Y’a des double standards partout : ce moment où Sloan pète un boulon et plaque le pauvre Neal contre un mur sans aucune raison était très gênant. En termes de caractérisation, pas de chamboulement total. Y’a Maggie, la petite nouvelle un peu flippée interprétée par Alison Pill. Alison Pill oh oui ok elle avait une perruque rousse. Autour d’elle, un triangle amoureux s’installe. Dans le coin bleu, Don, le mauvais flic, le mec faussement méchant au grand coeur, vous voyez le genre. Dans le coin rouge, Jim, adorkable, ressemble beaucoup au Jim de The Office mais en bien plus docile. Deux bons persos qu’on aimerait suivre s’ils ne patinaient pas autant. Autour d’eux, une batterie de second rôles pas toujours intéressant. On se souvient du vieux boss excentrique (parce qu’il a un nœud papillon, clin d’oeil clin d’oeil) et d’un Dev Patel en producteur junior, geek et obsédé par le paranormal. Encore une fois, le manque évident – ou délibéré – de storylines va empêcher, parfois, ces gens de décoller. A l’image des mécaniques internes de la rédac, il y en a surtout pour Will et ses problèmes.

Mais mais mais à chaque yang son ying et à chaque moment gênant son penchant de bravoure. Souvenez vous, Aaron Sorkin? Les dialogues, exactement. C’est le suc, l’essence, tout ce qui peut faire The Newsroom. Dans la vie, on cherche ses mots, on bégaye, on buggue de temps en temps. Dans cette série, on débine du texte à Mach 5, on sort références sur références sur faits, on fait même souvent les petits malins pendant cinq minutes avant même de commencer à sortir le dialogue qui fera avancer le scénario. Je vous jure, amusez vous à déceler ces « pré-dialogues », c’est étonnant. Heureusement qu’il y a cette caution verbeuse qui je ne justifie pas le fait que TOUT LE MONDE HURLE DANS CETTE FOUTUE RÉDACTION IL SUFFIT. Ce moment où quelqu’un hurle et où un second rôle se tourne là tête avec l’air étonné? Il est omniprésent, faites-en un jeu à boire. Heureusement, on se sent intelligent en matant cette série. Est-ce de la poudroizieux, est-ce la pertinence des dialogues? Je ne suis pas sûr, mais c’est précisément ce qui m’a fait enchaîner les épisodes : je voulais plus de Will. Plus d’égo, plus de tirades, plus de métaphores sans aucun sens sur Don Quichotte. Puis il y a ces nombreuses scènes phares : un cours de putasserie télévisuelle, un faux débat télévisé, une panne de courant qui déclenche l’hystérie solitaire – c’est nouveau – un épisode super intéressant où des personnages sont coincés dans un avion sans pouvoir bosser sans une actualité majeure (d’où émane un patriotisme étrange mais là c’est culturel, je ne peux juste pas comprendre en tant que Français) un mic mac pas possible autour de Fukushima, l’interview glauque du porte parole de Rick Santorum. Toutes ces scènes sont vraiment bien foutues, pensées, montées, interprétées. C’est pour ces moments que vous devez avoir envie de mater cette série. Elle a des défauts. Quelques uns. Elle fout du Coldplay en fin d’épisode comme si c’était émouvant ou actuel. Sa peinture du genre féminin est super discutable. Cette unique storyline sur le Tea Party est un peu douloureuse. Mais ça n’en fait pas une mauvaise série, bien au contraire, il faut juste éviter de se focaliser sur ces choses-là. The Newsroom a été un petit kiff et je serais au rendez-vous avec impatience. Plus de journalisme, de marques de journalismes, d’actualité qui écrit le plot de la série, davantage sur le long termes. Les enjeux sont réussis, l’exécution ne l’est pas toujours. C’est suffisant, mais ça pourrait être excellent. Ça ne l’est pas encore. Est-ce une critique planquée des networks américains? C’est pas clair. La morale est mixée, parce qu’elle baigne dans un esprit aussi naïf qu’idéaliste. Des FAITS, pliz.

Ne montrez pas ça à Mar_Lard

* Oui oui, je reste persuadé qu’il existe des mafieux qui respirent la joie de vivre et qui s’en vont péter des jambes en chantant

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2012 // The Masochism Tango

« Sentez bonne odeur et prospérité. »

Je vais vous mettre en confiance : avec 6300 mots, ce post est le plus long du blog. La bonne nouvelle, c’est qu’il synthétise tout ce que j’ai pu écrire cette année, soit l’équivalent de quarante tomes du Trône de Fer. Hardi les gars, nous voilà partis pour le résumé d’une années de beaux gosses. Dièse beaux gosses.

 #JANVIER

 L’année commence on ne peut mieux : Katawa Shoujo sort le 4 en version complète. La fin d’une longue attente et l’aboutissement d’un projet amateur qui, malgré sa bizarrerie et sa niche évidente, sort un truc pas mal foutu et cohérent. Un bon running gag de l’année et un pan créatif intéressant, mine de rien. Moi, je sort de ma grotte pour amorcer mon petit gimmick de l’année : je découvre enfin les RPG Occidentaux, et j’ouvre Skyrim. Puis j’y reste quatre-vingt heures. Impossible de s’en décoller : ce sont des aventures prenantes et inédites, mine de rien. Du coup, 9gag fait péter les flèches dans les genoux et c’est un peu gavant mais rien de bien grave. Coté mémétique toujours, un rigolo fait des photos crpytopédo pour laredoute et ça lance une des grandes modes de l’année, le tumblr parodique et les loltoshops. Certain vont monétiser, d’autre ont de bien mauvaises intentions, mais le lol règne dans la majorité des cas.

 Zelda Skyward Sword est mon grand perdant de l’année. Un donjon et un boss de fait et puis c’est tout. C’est pas comme s’il était mauvais ou quoi que ce soit, il est juste un peu zélé dans son gameplay à mouvements. Les Unrelated, ça continue. Un petit groupe se forme. Il y aura des suites. Grâce à Radio01, je gagne The Binding Of Isaac. Ce jeu est fantastique, il ne coûte rien et je vous le conseille à tous, il a une rejouabilité démentielle… et il amorce deux grands trucs qui font le jeu en 2012 : une difficulté punitive et les permadeath. Au ciné, La Colline aux Coquelicots n’est pas fantastique. Peut être une des raisons qui font que Matthieu Kassovitz veut envoyer le cinéma se faire enculer. Trêve de trucs peu intéressants, j’ai découvert Yotsuba. C’est léger, pas profond pour un sou, très relaxant. Une popularité étrangement méritée, quoi. Bonheur intégral : Prêt A Manger ouvre ses premières enseignes en France, et je constitue la moitié de son chiffre d’affaires. Vous voulez du malaise? Bonne Nuit PunPun va vous en fourni avec pertes et fracas tout du long de l’année. Ne pas se fier à son auteur et à ses couvertures colorées. Cassedédi à Guy Delisle dont j’ai toujours aimé les bédés qui va bientôt sortir Chroniques de Jérusalem. Megaupload ferme et Kim Dotcom se fait coffrer. L’année des mégalos maboules du net.

#FEVRIER

Je découvre Sherlock avec deux bonnes saisons de retard. Ce n’est pas ça qui va raviver la flamme des séries anglaises dans le coeur de votre serviteur, mais ça a son charme et ses persos bien écrits, fatalement. Et hey, la reprise surprise de Red Dwarf n’est plus très éloignée. Nous l’avons attendu pendant dix huit mois, Catherine sort enfin sur nos étals. Bien traduit, bien propret avec sa BO de classiques « rockisés ». C’est loin d’être méga substantiel mais ce jeu est original comme jamais, mangez-en sans modération, un de mes chouchous de l’année. Assassin’s Creed : Revelations poursuit de manière un poil flemmarde le canon Assassin mais il permet d’évoluer dans un décor tout neuf, une dernière virgule avant la suite, en quelque sorte. Klout s’éveille et on se kloute tous dessus, épatés par tant d’égo et d’influence, mais la vraie implosion d’égo légitime est pour Jean Dujardin qui rafle tous les prix pour The Artist, dont l’Oscar du meilleur film. Quel poseur! Heureusement, Morsay lance sa contre-attaque avec La Vengeance, le véritable meilleur film français de l’année. Kocobe débarque et nous parle des poneys, sa grande passion. Soit. De toute manière, Adventure Time va bientôt les détrôner dans la case de « cartoon du moment ». Disparition de Christian Blachas – autant, Whitney Houston, Delarue et autres personnalités qui auront glissé sur une peau de banane cette année, je préfère rendre hommage au créatif qui nous a donné Culture Pub.

Le webcomic Black Adventures utilise tous les univers possibles et c’est tout à son honneur. Hourra, un coup de poker me fait intégrer la rédac virtuelle du Journal Du Japon, et mon baptême du feu est une interview + live report de Buono!. Inutile de préciser que c’est aussi naze que robotique et que ça ne relève pas le niveau d’une J-Pop qui à l’air complètement dictée par la kawaiitude de ses adeptes… euh, de ses émissaires. Bref. Ce n’est pas mon truc, mais je ne sais pas si je préfère les roucoulement de Lana Del Canard, qui se met tous les critiques dans la poche en miaulant un peu. Ca contraste bien avec les Pussy Riots qui font peut être, il est vrai, de la musique discutable mais qui auront quelques soucis à dénoncer du Poutine un peu trop ouvertement. 2012, tu vois.

#MARS

Bref je fais mon aller-retour annuel à Londres pour oublier tout ça. C’est génial, je vais même y trouver mon sujet de futur mémoire. Quelqu’un en profite pour stopper les Unrelated. C’est fini les réunions entre proto-journalistes où tout le monde connaît tout le monde. Quoique… les mondanités ne sont pas finies. Le jour de la St Patrick, Kitsuntsun, Kocobe, Alvin Stick, yllwngg, Pimii et moi même créons la Team Alcolol. Oui, c’est vain écrit comme ça mais ça illustre une grande ligne conductrice de cette année : la boisson. Pso fait enfin son apparition dans Mario Maso et assiste impuissant à la première mort de mon mac, tué par la gravité. Il y a des Buffy toute la journée sur Teva, nostalgie intense… mais pas de quoi lambiner devant la TV, la période des concours commence. Pendant ce temps, Mass Effect 3 se fait un peu dessus sur la fin (comme pas mal de jeux) mais modifie son canon avec un DLC parce que pourquoi pas hein, la droguidrogue.

D’ailleurs, j’en ai pas parlé sur la moindre ligne ici mais la comédie musicale Avenue Q était plus que drolatique, c’était carrément fun et bien traduit. « Internet c’est pour le cuuuul », tout ça. Bazar Merat pendant ce temps, je vais pas vous faire les vannes liées à Counter Strike, ce n’est pas la peine. La folie Hunger Games s’importe toujours plus concrètement en France avec l’apparition du premier film en salles. L’adaptation est impeccable, on ne peut pas leur enlever ça. Les fakes Burger Kings se prolifèrent, tout le monde tombe dans le même panneau à chaque fois. C’est carrément absurde et je n’ose plus croire les photos de celui de l’aéroport de Marseille. C’est le Salon du Livre, il est consacré au Japon, c’est plus que cool, what else? Je fais la connaissance de Yuyutopia, une artiste qui mérite fort des coups de pouce médiatiques. Heuuuu le jeu Scene It est vraiment bien, si vous le trouvez pour pas grand chose avec ses pads, prenez-le, faites vous plaisir. Mon post le plus lu et commenté aura été mon premier tour d’horizon sur comment devenir journaliste. Oui, bien sûr qu’il y a des inexactitudes, mais si ça vous intéresse… et mon dieu, découverte des vidéos de The Vinz Vincent. Ca n’a aucun foutu sens, c’est absurde, mais ça change complètement notre langage. Vazi que je te « huu je suis la reine d’angleterre », que je te « Cela est très très raciste, j’appelle le Sénat » et « oui car oui ». Tout ça est bizarre. Dièse bizarre. Final Fantasy XIII : 2 est long, pas toujours intéressant et pas toujours très fin mais il reste la résultante de doléances réellement prises en compte. Bien joué Square Enix!

#AVRIL

En fait, non, oubliez, le meilleur jeu 2012 est en fait un jeu 2010 : Fallout New Vegas est un kiff absolu. Peut être assez moche et pas toujours très clair dans son gameplay mais bon dieu ce qu’il est bien écrit et rebon dieu ce qu’il ouvre comme perspectives. Du caviar made in Obsidian. Merci pour ces bons moments. Dans un tout autre registre, il y a SSX. Reboot fun et potable, parfois un peu injuste mais traçant de bonnes idées dans son gameplay persistant en multijoueur. Sa BO est un plus. C’est au tour d’Alvin de faire le guest et il va nous confirmer que ce n’est pas le moment de vouloir intégrer la profession JV. Ce même Alvin qui me reproche de ne pas assez boire? Il n’a pas vu les Nocturnes Epita qui ferment à cause de trop gros incidents éthyliques. Aïe… heureusement pour les habitués, ce n’est que provisoire. Pendant ce temps, boom de divertissement à la télé. Top Chef va bientôt se terminer et on aura surtout retenu les one-liner sexo de ce bon vieux Norbert. Ceci est une ligne sur un Koh Lanta pas mémorable du tout. High as fuck devient notre grammaire du moment. Exemple : « Concombre, high as fuck, rédige un pavasse de six mille mots »

Une dichotomie étrange arrive sur les chaînes payantes : The Office revient juste pour s’en faire aller Steve Carell. C’est étonnant ce que cette série se bonifie avec le temps. WorkingGirls en est-il le penchant français? Hé bien, non, pas du tout, The Office est drôle, au moins. Pas besoin d’être extrême pour provoquer un rire. CAMPAGNOL. Le Konami Code fait parler de lui avec Bayrou.fr. Le coupable est sus-nommé, bravo gars. Dolan est le même le plus creepy, extrême et hilarant de l’année. Pls. Nouvelle édition du disquaire day pour les collectionneurs… et déjà l’heure du premier tour, avec Radio Londres qui est là pour nous ruiner le plaisir et spoiler le scrutin, rah la la.

Trials Evolution sort en dématérialisé. C’est aussi addictif que le précédent, en un peu plus… bucolique. Là, il y a un multijoueurs, un récupérateur de pistes et un niveau de quinze kilomètres de long. Quelle chance on a. Sinon, le premier épisode de Trapèze avait l’air pas mal du tout mais qu’est-ce que j’en sais, marmaille.

Pls internet, pls

#MAI

La France à peur. Le deuxième tour est proche. La rivalité entre Mélenchon et le petit journal est à son maximal (Mélenchon qui, je perds pas une occasion de le rappeler, m’a ouvertement dit que j’étais prétentieux, le monde doit savoir) et c’est à gauche toute quand même pour tout le monde. La Grèce se casse définitivement la gueule et Aube Dorée au Parlement n’en finit pas de nous faire flipper. Moi, je suis en partiels, c’est Quartier Libre. Une myriade de posts d’invités pour le coup : des crétins (son intro, la « ultimate blague » que j’aime bien – c’est con mais elle est drôle en plus -) des supercrétins (Analyse pragmatique du régime politique de Célestia ouais) et des cools, sur les maths, un webcomic cool, un pastiche Maso, ce genre de chose. Merci encore pour vos contributions. Ca m’a servi, j’ai validé ma licence haut la main.

Big up à Avant-Premières, l’habituel mouton sacrifié de l’année dans le rang des émissions culturelles à la programmation absurde. J’obtiens un papier de l’administration des examens en trois heures chrono au lieu de l’équivalent en mois, c’est mon succès de l’année. A trois chiffres. Diablo 3 sort après autant d’ère d’attentes… fatalement, les gens sont déçus. Moi, j’espérais surtout une sortie console, mais je dois être un peu simplet. Nolife fête ses 5 ans et fait son super hoax à base de gens faussement bourrés qui font semblant d’embêter des gens, qui prennent faussement l’air terrifié, du coup on est tous faussement emballés et vraiment confus. D’ailleurs, c’est pas l’Eurovision et son habituelle dinguerie qui vont améliorer tout ça. Enfin, c’est Epitanime, qui se démêle bien de quelques petits soucis en amont avec une convention réussie, tournée autour de l’auteur du Sanglot des Cigales. Le cool n’est pas mort et il porte un chapeau.

Je mate UN ANIME ! FOLIE ! C’est Kaiji II. Ce machin est absurde mais tellement prenant. Il oscille entre le plaisir coupable et le roman épique. Je n’aurais jamais cru qu’un trou dans une machine puisse être aussi impénétrable. Regardez cette série, on ne voit pas ça ailleurs. Peut être dans la saga Saw, remarque. Enfin, Wrath Of The Lamb est une extension fort appréciée pour Isaac. Il double presque le contenu pour un mini-prix.

#JUIN

Vous savez, parfois, je deviens étrangement monomaniaque sur nos expressions à nous ou sur le patois d’internet. Mais là c’était vraiment le pic du midi pour deux expression bien précises : Les gens hashtag les gens et Hashtag Bizarre. Ce qui fait qu’on pouvait dire de manière tout à fait sensée des phrases telles que « Hashtag bizarre, tmtc ». C’est une époque lointaine, les heures les plus sombres de 2012. Heureusement, ça ne se voit pas puisque tout le monde a définitivement le nez rivé sur Tumblr, ça s’équilibre tout seul. D’ailleurs c’est ce mois-ci qu’un mec a fait un hélico télécommandé avec son chat mort, #lesgens.

Début de l’E3. Ubisoft casse la baraque, Nintendo reste un poil incompréhensible et opaque, Sony s’excuse timidement pour à peu près tout et Microsoft ne bouge pas d’un poil ses fers de lance. On y a vu plein de bonnes choses, en somme. C’est la fin du Golden Show. Ce n’est pas une grande grande surprise, vu le malaise véhiculé par certains sketches du duo, surtout sur scène.

HEEEEU! HAAAAA! HEUUUUUU! HIAAAARGH! Oui, Roland-Garros démarre et c’est plein de sueur, de raquettes et de terre battue. Sexy. Ouverture en alpha du Dernier Bar Avant La Fin Du Monde. Ca aurait pu être sympa mais pas avec un personnel pas toujours agréable, compétent ou même des foutus cocktails à douze Euros. Les Législatives s’amorcent. Protip façon Shortlist : si vous voulez draguer, proposez-vous pour dépouiller. Sur Steam sort le très intéressant Indie Game : The Movie. Il faut le mater avec un certain regard critique mais on y retrouve les fantastiques mimiques de Phil Fish : Fish fait la gueule dans sa piscine, Fish fait la gueule pendant la PAX, Fish fait la gueule sur un trampoline, etc. Ca aurait pu être bien plus drôle et mémétique, d’ailleurs. C’est à peu près le meilleur jeu Facebook de l’existence : You Don’t Know Jack sort en version gratuite, quotidienne et accessible à tous. C’est aussi nébuleux que le jeu original mais c’est impeccable pour les anglophones qui y trouveront un hilarant jeu de trivia. A peu près le moment le plus jouissif de l’année en ce qui me concerne : soirée Respawn Live In Paris + Synops 5 ans. Première émission avec votre serviteur, la deuxième où le staff déroule son anniversaire via quelques happenings absurdes (chercher les pizzas en live, les manger en répondant à un quiz, lire du Molière avec des jingles crétins en fond sonore, etc, la joie)

Une soirée exhilarante. D’ailleurs, Inks est l’avant dernier invité de Mario Maso, aucun rapport fils unique. Max Payne 3 est le Rockstar du printemps (celui de 2013 risque d’être méchamment GOTY/mémorable/désapprouvé par Nadine Morano) et reste un fantastique tapis roulant pour buter du méchant péon autour du monde. Difficile mais pas bien subtil et parfois un peu assommant, dommage. The Walking Dead version Telltale sort pour un premier épisode fascinant. On va être complètement pendus aux prochaines annonces, chaque épisode supplémentaire est une petite torture, mais c’est un véritable grand jeu épisodique qui transmet beaucoup de choses avec peu de moyens. Un jeu très /feel/ et aussi encourageant qu’inspirant. 2012, l’année où tout l’Internet se prend de passion pour une gamine de neuf ans, et c’est tout à fait normal.

Nouvelle édition du Mario Marathon. Bonne occasion pour donner à Child’s Play, même si c’est avec des pseudonymes douteux. Toujours une très belle initiative, passionnante à suivre. Découverte des Youtube Poops françaises. En gros, SUUS, JEEJ, SAUCISSE. Comprenne que pourra. Je commence le Trône de Fer et c’est évidemment fantastique, tant en série HBO qu’en livre interminable. Un véritable univers et des personnages qui puent la classe. Une excellente saga.

Enfin, ouverture de la bouche de l’enfer : on nous présente au Kawaii Café. Fabuleux bar, les proprios sont des amours, impeccable pour jouer à la console, faire des blind-test et boire des alcools forts masqués par moult sucreries. Aujourd’hui, votre serviteur à un shot à son nom, oui.

#JUILLET

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Mario Maso, c’est fini. J’invite le Pipomantis pour conclure tout ça, en essayant de zigzaguer entre les dauphins, le jonglage de deux objets et le scrolling automatique. Une bonne occasion de parler de Canard Console qui prend son envol après une période d’essai réussie (comprenez Barre De Vie), un peu de sang neuf dans une presse qui glisse doucement sur une peau de banane.

Qu’est-ce qui se passe à chaque début de Juillet? La Japan Expo, bien sûr. Que de souvenirs : on croise Satoru Iwata (hiiIIIIIIII), on fait des émissions qui seront peut être montées un jour, on joue à des jeux déjà sortis et on se tape les activités habituelles. Les joyeuseries d’été commencent, avec elles, une dépense outrancière. Dans ce rack de mangas, il y a le tome 20 de Soul Eater et son fameux plot twist. Glauque, bien amené, cohérent, mais méchamment spoilé par Pixiv quelques jours plus tôt. Après plus d’un an d’attente, c’est un peu con.

Frank Ocean sort l’un des meilleurs albums de l’année et se permet même le luxe de faire son outing deux jours avant, pas évident dans un milieu gay-friendly mais très hétérocentré. Les gens découvrent #lesgens, les gens découvrent Stip Tease. Ce n’est pas la première diffusion du show, loin de là, mais il faut croire que c’est la première fois qu’il est un tant soit peu accessible. Oui, nous ne sommes pas seuls. Ils sont là. Walking Dead Ep : 2, remake de Soylent Green. Beat The Beat permet de rallumer un peu sa Wii pour jouer à une copie carbone des opus précédents : c’est tout ce qu’on réclame. Wabadabadub is that true? Wow, yunno big guy. Si vous n’êtes pas tombés sur la parodie 34 de ce minijeu, vous êtes des saints. Bref se termine. L’épisode final n’a rien de particulier, l’avant-dernier est malin et montre quelques bollocks. C’était bien, mais c’était très éphémère : je vous ai probablement rappelé l’existence de cette série. Un coréen très souague de déhanche sur une musique insupportable, c’est Gangnam Style, c’est insupportable et c’est bientôt la vidéo la plus vue des Internets. Anxiogène. Sinon, y’a 60 secondes chrono à la télé. Super méga giga anxiogène. Y’a que La Parenthèse Inattendue pour relever le niveau, plus tard dans l’année.

Que le Grand Quiz Me Croque. On gagne, ouais. Le meilleur jeu radio JV de l’existence. Si vous avez un autre nom en tête, c’est forcément une pale imitation. Je regarde enfin Madoka Magicka. Cette série a quelque chose de fascinant : elle ne devient vraiment intéressant qu’à partir de son avant dernier épisode… et c’est absolument délibéré. Etrange, mais émouvant sur la fin. Début des Jeux Olympiques de Londres. Le logo est toujours aussi perturbant, un peu comme celui de Resident Evil 6. Je retiens la petite dent de Renaud Lavillénie (et son nom de famille de fous).

Sortie du livre Nolife Story et de ses litotes épatantes. La sortie de The Dark Knight aux Etats-Unis n’est pas très heureuse, bang bang. Quelle belle journée, je suis très gai, il n’y a pas d’homme plus heureux…

#AOUT

Avant de partir enfin en vacances, l’achat d’une 3DS se fait trop pressante, après quelques relances successives de l’Internet qui veut absolument en fourguer à prix cassés pour les lêves-tôt. Récapitulons un peu le line-up qui va avec : il y a d’abord Mii en Péril, cette engeance qui t’oblige à trimballer ton matos partout comme le dernier des drogués. C’est ultra efficace. Nintendo, pro du domaine social. Hé, c’est même largement meilleur que Petits Flirts entre Amis en tant que jeu. En même temps sort Thearthrthrthrythm Final Fantasy. Sympathique, pas bien compliqué, un brin répétitif mais un joli musée pour les fans de la saga. J’en ai pas tiré de grosses découvertes musicales, cependant. Puis il y a ce sacré Kid Icarus. Ah, là là. Nous allons entretenir une relation passive-agressive, tout les deux. Enfin bref, je suis incapable d’y jouer, donc d’y prendre du fun. Enfin, VVVVVV, Métroïd-like rétro et sympa, assez court même. Si vous êtes passés au travers, ça vaut le coup. Enfin, enfin, les jeux vidéo… une sombre histoire de calvaire charnel va déclencher un débat lamentable sur le web : on va parler féminisme. Enfin, ils, moi je suis sur mon hamac à lire le trône de fer… et quelques mangas aussi. Parmi ceux là, on trouve Samidare (non, vraiment, c’est pas bon, mon avis est très tranché, il n’y a rien qui va là) ou Prophecy (oui, il y a un truc, quelque chose, il faut aimer le dessin aussi)

Le Summer Of Arcade est un peu pérave. Dommage, après trois éditions pétries de jeux-phares… heureusement, Harmonix sauve l’univers une fois de plus avec Rock Band Blitz. Meilleur jeu du siècle, trois places avant Bioshock et Paper Mario 2 réunis. 25 pistes assez cool et une propension un peu gênante à trop se reposer sur les réseaux sociaux. Un vrai community manager, ce Rock Band Blitz. Moi, je fais la Sagadaytay 5 sur quelques albums que j’aime bien. C’était une douleur dans les fesses à écrire, plus jamais, de préférence. Le mois se termine sur des trucs de fous : l’habituel Rock En Seine envoie du bois avec sa programmation sans risque mais jouissive. On y trouve Green Day, qui cabotine comme jamais et qui crache son répertoire avec brio (juste avant de sortir cette trilogie douteuse) et Foster The People, dont l’unique album est une de mes obessions de l’année. Ca plus une trentaine d’autres groupes cools. Puis il y a Evangelion. Mon dieu, j’ai enfin découvert et maté cette série. Je suis toujours un peu enduit de transcendance. Sérieusement, c’est de la bonne came, évidemment, le fanatisme autour est un minimum justifié. Enfin, il y a Homestuck, ce fabuleux comic, indescriptible… et lui risque d’être un de mes grands gimmicks de 2013. Ca bute.

Entamons maintenant une très rébarbative série de chiffres : Mario Party 9 est, malheureusement, aussi entreprenant que raté. On dirait cette vidéo où un mec tente de plonger sur une piscine gelée : dommage. Guitar Hero 5 ne coûte plus rien sur les internets et a une bonne playlist, mine de rien. Course à la fortune est aussi sympa qu’un Monopoly, mais est long comme un Monopoly. Et enfin, sans aucun rapport, 3615 Usul est une bonne websérie avec des acteurs sympa et savant mettre les formes. J’ai rencontré Dorian par hasard le mois d’avant, mince.

#SEPTEMBRE

HAAAAA CA Y EST TOUT LE MONDE DECOUVRE SLENDER ET SE FAIT DESSUS HAAAA non attendez, c’est pas si effrayant que ça. C’est un jeu fascinant, on aime y rejouer et il développe une mythologie mais ça ne fait pas si peur, voyons. C’est un grand flippé qui vous dit ça.

Par contre, The End Of Evangelion, suite (non) logique de l’anime, sa fin alternative, était bien flippante en soi, avec son Shinji plus inutile que jamais et son apocalypse fronto-vaginale. Un film à déconseiller aux épileptiques, mais still better than Enter The Void. Les cours sont encore loin, je passe au moins deux journées à mater les Digicritiques de JesuOtaku sur le site du Nostalgia Critic. Cette nana adore faire des vidéos de deux heures pour expliquer un simple point de vue pour une unique saison, nostalgie addictive. Masterchef, hé oui, toujours avec le cheum Demorand, cette fois bizarrement désarticulé façon Angela Anaconda. La France à encore peur. Le Grand Journal reprends comme chaque année – et comme chaque année on est un peu blasés ; ici le rire forcé de Daphné Burki qui nous vrille les tympans et pas mal d’autres trucs. Bazar autour du « film » L’Innocence… qui recréé un bon gros climat bien cradingue et qui créé un gimmick rigolo dans les médias : les premiers jours, tout le monde était infichu de donner le nom du-dit film, qui ressemble surtout à un mauvais vlog, fond vert et tout le tremblement. Deuxième tentative de bibi aux Golden Blogs Awards, je passe de non-shortlisté à sixième et je me fais bien vanner dans le processus. Il est en promo sur le XBLA, hop, c’est la découverte très tardive de Bully : Scholarship Edition. Un jeu tout simple mais relativement bien fichu qui propose un univers original et maîtrisé. Idéal pour caler entre deux actus.

FRIGO

Fin du monde en avance : sentant le sapin avec un paquet de mois d’avance, Harmonix solde une grosse partie de ses DLC de moitié, ce qui à l’effet logique de nous faire dépenser bien plus dans une frénésie acheteuse. Enfin, eeeenfin, Rocksmith sort en France et en Europe en général. Peut être laid comme un pou et pas très user friendly mais assez efficace quand il s’agit de toucher un public de gratteux qui ont quelques bases. La setlist est d’une qualité très surprenante, avec une bonne moitié de titres post-2010. Survivor Philippines se lance – vingt cinquième édition, oui – et c’est bien plus sympa que les Hunger Games… mais là aussi, la fin est spoilée d’avance. Dommage, car c’était un acheminement d’une qualité surprenante, elle aussi.

Poussé par la sortie du 3, je démarre Mass Effect! Shep Shepard, sauveur de la galaxie, savate les journalistes de l’espace avec brio, envoie les gens en cure de désintox et fait preuve de son infinie conciliation. On dirait un snobinard anglais… le jeu a assez mal vieilli, possède des mécaniques de gameplay fossilisés et a cette tendance gênante de mettre le même bâtiment partout dans la galaxie. Au moins, il y a les ballades en Mako.

Alors, Batman, c’est comment? Chiant, malheureusement. C’est bien le premier film depuis longtemps où je vois trop le temps passer. Pas mauvais, vraiment mal rythmé. Par contre, de l’autre coté du spectre, il y a Les Enfants Loups : Ame et Yuki. Une fable délicieuse d’un bout à l’autre, encore un beau film de ma morue au soda. Achat tardif de Mario Kart 7. Rien à dire, rien de particulier. Cette multiplicité de véhicule est déjà là dans Diddy Kong Racing ou même PenPen. Je fais un post à la con sur le thé glacé et il remporte son petit succès, bien sûr. Début des chroniques sur RSP.fm, pour faire peur aux Science-Pistes avec mes jeux bizarres. Ho… et le film Phoenix Wright n’est vraiment, vraiment pas bon. Evitez le, vous allez vous endormir devant.

#OCTOBRE

Fin d’un beau roman, fin d’une belle histoire : le Nostalgia Critic se permet un suicide diégétique avec To Boldly Flee, et c’est sans surprise qu’il annonce la fin de sa rubrique phare. La suite est prometteuse : plus de moyens, un vrai studio, une équipe motivée mais pour le moment, Demo Reel n’est pas super encourageant. C’est la reprise séries US. Les Simpsons entament un vingt-quatrième round, Dexter va devoir se démerder avec sa soeur, ce genre de choses. Grey’s Anatomy atomise son casting avec joie. C’est aussi la reprise pour l’Apero du captain, podcast high-tech trash et jouissif, pour ce qu’ils vont nommer « la saison de trop ».

Toujours dans la série « ça n’en finit pas », le tome 69 de Détective Conan vient de sortir. Hu hu hu, 69. Il faudrait que je remesure, on a peut-être dépassé les dix kilos de manga. Nuits cools, nuits branchées, si fun. Chante les nuits branchées, France 4 organise ses Nuits 4.0., fabuleuse occasion de compiler des courts métrage et de les thématiser. Idéal pour les découvertes et « rencontrer » des créatifs. Felix fait son saut de la foi, et tente à trois reprises de monter dans la stratosphère pour y revenir de la manière la plus expresse qui soit. La troisième sera la bonne et les images sont impressionnantes. REDBULL APPROUVE LA SCIENCE!

Parlons un peu littérature. Le fantastique Cinquante Nuances de Chie fait son boom en France, et moi, petite fleur, je n’ai rien d’intéressant à dire. Bien plus substantiel mais bien plus intéressant, To The Moon aura été un jeu très rapide, très éphémère (une fois de plus) mais installe son joueur dans une petite bulle douce-amère. Pas mémorable du tout mais très émouvant dans le contexte, une petite bizarrerie que je vous conseille allégrement. Haa… quel bonheur. L’ami Amo m’a offert Alpha Protocol et c’est une tuerie, c’est vrai. Son gameplay n’est pas si mauvais que ça d’ailleurs, il est juste très bancal, mais le système cause-à-effets est sincère et se répercute sur les actions les plus inattendues. Un outsider total qui a fait ses preuves et qui n’aura jamais de suite, beuh. Vraiment, il ne coute plus rien, jouez-y, vous y trouverez d’indéniables qualités d’écritures et d’embranchement. Suave? Pro? Agressif?

Sonic Adventure 2 était l’un de mes jeux préférés et je n’aurais peut être pas du télécharger sa énième réédition sur le Xbox Live : ce jeu s’est momifié en dix ans, j’ai l’impression d’avoir profané quelque chose. Je passe aussi mon mois à écouter Blur 21, l’intégrale du saint groupe de Damon Albarn.

Apparition progressive d’un nouveau paquet de chaînes gratuites sur la TNT. Parmi elles, Direct 8, et parmi ses programmes, Amazing Race. Adaptation courageuse s’il en est mais pas très réussie, plombée par des réflexes à la Pékin Express, un petit budget et des épisodes bien trop longs qui zappent le coté « course », justement. Je pensais être immunisé dans mes séries de rentrées hasardeuses à la fac? Hé bien, le Master commence avec des profs peu volontaires (ou juste mourants), hum. Passion rester en bibliothèque universitaire. Soul Eater Not! Sort enfin et méga-surprise : c’est pas mal! Peut être même meilleur que certains passages du manga original si on se met dans l’esprit et le public visé. Skyfall dans les salles et Javier Bardem en méchant pas-très-crypto-gay, sympa, j’ai retenu un James Bond qui, comme nous, prend le métro. Alloresto fait ses pubs avec Katsuni et je fais des avances à Alloresto. Le cycle de la fainéantise. Tremblez, carcasses, le Doritos Gate est là. On se retrouve dans un mois pour comprendre ce que c’est. Comparez avec la Scripted Reality.

#NOVEMBRE

Oui, donc, quel est le problème? Un souci latent s’est cristallisé via une sombre histoire de chips au Royaume Uni – la problématique entre communication et journalisme devient très voyante dans le milieu du jeu vidéo. Pas de bol, ça tombe en plein Paris Games Week qui génère deux écoles : celle qui propose un line-up à constituer soi même pour Noël contre celle des glaireux amateurs de bordel. A vous de faire la part des choses.

Un énorme smiley coeur pour Le Commandant qui sort enfin l’AMV ENFER 2 : PROJECT ASYLUM dans sa version complète. Très, très très belle surprise qui provoque un peu les américains sur leur terrain – le niveau est largement là, aidé par une impeccable rigueur technique. Une véritable tuerie. Le vrai petit truc créatif de l’année dans nos sphères. Ca fait déjà dix ans que j’ai ouvert mon premier manga, c’est le tome 1 de Yu Gi Oh. Pendant ce temps, d’autres font des jeux de carte pour enfants sur des motos. La glauquerie des débuts est loiiiiin. La TNT a maintenant évolué vers sa forme ultime : il y a toujours un reportage de chie façon « Enquête d’action » à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, et tout le monde se passe les mêmes patates chaudes. Si j’entends encore une fois Down The Road de C2C, c’est promis, je mange un bébé. L’UMP, pour ainsi dire, se lole dessus. Le PS avait été précurseur pas si longtemps avant mais on dirait qu’ils souhaitent tellement donner une mauvaise image du parti, ils y arrivent tellement bien, c’est un peu crade. Looper au ciné : postulat super intéressant un peu gâché par des plans moches, mais moches! Ne me donnez pas du gamin surdoué qui hurle, c’est narmesque. La France a encore peur : un gros bouleversement de société va bientôt s’amorcer, le mariage gay/pour tous est dans les tuyaux. Du coup on assiste à un ping pong de manifestations et l’apparition des Femen relance en périphérie un débat d’été assez désagréable (oui, ça se voit, je ne suis pas super conciliant avec tout ça)

Alt Minds, késsadire? Un jeu épisodique par les créateurs d’In Memoriam (Eric Viennot) qui se passe sur le web et les réseaux sociaux. Il a la particularité d’être en temps réel, mais il faut avouer qu’il est un peuuuu chiant, n’ayont pas peur des mots. Quoi qu’il en soit, c’est une démarche encourageant. Edition des Journée Mondiales du Jeu Vidéo – organisées par un pro de la com’. OUPS. Ca reste un événement non intéressé qui promeut le jeu, encore une fois, la part des choses. Je me suis pris Saints Row : The Third – oui, il est sympatique et foutraque, mais trop volontairement débile pour être pris au sérieux. Gameplay assez coulant et facile mais il manque d’identité à force de faire tout ce qu’il veut. Le saviez vous? Canard PC est un magazine avec un véritable humour et une vraie ligne éditoriale. C’est une promo gratuite, ils le mérite, surtout avec l’industrie papier qui se casse la gueule, en témoigne la énième chute du groupe MER7. Mer plus d’argent. Aïe.

walking-dead

« This is going to hurt ». Dernier épisode de The Walking Dead, le jeu. Inutile de vous préciser que ça ne se termine pas dans le rose et les arc en ciels, c’est même un épisode plus court que d’habitude, mais quelle aventure, les enfants. Mémorable comme jamais, on oubliera les ficelles un peu voyantes (faux choix sans effet sur le long terme). Concert de Florence + The Machine au Zénith. J’aime cette femme, j’ai son premier degré, j’aime ses instrus. Glop. Jeu encore, Curiosity est le meilleur équivalent possible au papier-bulle, promotionnel celui-là. Haha, Peter, tu l’as encore fait, quel beau gosse. Sortie de Callof Black Ops 2. Je vais vous résumer ça en m’appropriant un one-liner de mon bien-aimé Yathzee : « Chiant et stupide ». Surtout après Spec Ops qui mettait l’emphase sur la moralité dans le shooter – un jeu bien déprimant – et un Far Cry 3 qui donne un vrai propos à son contenu. On a tous le droit d’aimer, mais c’est un plaisir coupable, tout est cynique dans cette franchise. L’éditeur, les joueurs, le contenu, sa promotion. Rien qui va. Obama est réélu et fait le tweet le plus vu avec sa femme. Quelle morue ce Barrack.

#DECEMBRE

Etrangement, je n’ai pas fait grand chose ce mois ci, c’est, paradoxalement, peut être le moins mémorable. Le fait est que j’ai surtout passé mon temps à bosser pour la fac et entamer sérieusement les hostilités pour rendre un mémoire sur le transmédiatique Steampunk en Juin prochain. La joie des rushs et des rendus, dont un projet de recherche qui, vous vous en doutez, est trois fois moins large que le présent post. LE SERIEUX! Après divers évènements promo dont une soirée quiz au Kawaii, le JDJ me permet de m’entretenir avec les auteurs de Pokémon Noir et Blanc. Sympathique. Encore un truc en solde : Spelunky parachève l’année des permadeath impossible, ici un aventurier qui doit descendre toujours plus bas et éviter mille dangers. Très comparable à Isaac mais en encore plus difficile. Les Video Games Awards récompensent les petites productions au détriment des jeux AAA. C’est encourageant dans le sens où on s’amène vers une logique de cultures parallèles. C’est sympa, non? Petit ratrappage de Breaking Bad. Une des nombreuses victimes des spoilers made in Inrockuptibles. Qu’importe, ça déchire quand même, un vrai bonheur dans la gestiion du drama et de la caractérisation à la pelle. C’est d’ailleurs comparable à la folle aventure de MacAffee qui avait déjà deux cadavres à son actif, une camée et un probable labo de meth dans la pampa. Vous voyez, c’est la même chose! L’année vidéoludique se termine sur ses meilleurs cartouches : Dishonored est un univers formidable, son gameplay est tip top, il est juste trop court. Et Paper Mario, Sticker Star? Le nouvel opus de ma saga fétiche est décevant pour s’être embarqué dans des lignes conductrices très étranges et injustifiées, il est simplifié tout en restant parfois difficile. Bon, les mécaniques y sont toujours et la bonne musique reste en standard, c’est déjà pas mal. Audrey Pulvar lâche l’affaire. Je vais pas me moquer, vous connaissez peut être mes déboires de stagiaire. Sur Twitter, la mode des faux comptes est toujours là, parfois pour insulter tout ce qui bouge, parfois pour faire le malin en ancien français.

La Fin Du Monde n’a pas eu lieu. Dans vos fesses les mayas. Amour pour la petite pastille Sexy Demain sur Canal, qui met en avant tout le talent créatif que la chaîne arrive à induire dans ce genre de format. Wreck It Ralph est un objet essentiel pour nous autres gamers, les références y sont aussi subtiles qu’ouvertes, et le film en lui même est très sympa. Cette année gênante où le Disney est meilleur que le Pixar. Claire Gallois est pas la première à écrire ou dire une connerie sur le jeu vidéo. Oh la la, la Wii U est déjà sortie, il faut l’uploader pendant des siècles avant de profiter de Zombi U, Mario ou NintendoLand. D’autres jeux notables finiront par débarquer le trimestre suivant. ET ENFIN. Découverte de The Hour. Avec The Newsroom qui est probablement une excellente série, l’année 2013 sera journalistique ou ne sera pas. La première est anglais et mêlange habilement L.A. Noire avec la seconde. Grace aux fêtes, je vais devenir encore plus Mac user et je vais twitter le moidre de mes passages aux waters. La foule est en délire. Je vous écrit tout ça dans un bel hôtel, à sortir du spa et à mobiliser tout le room service, je vais avoir une note longue comme le bras mais YOLO. Bonne année, soyez sages.

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2112

Il est deux heures du matin, nous sommes le 21 Décembre et d’ici 24 heures, le calendrier Maya va s’arrêter… puis un autre va continuer. Je me demande si, à chaque visite impromptue de pompier pour vendre un calendrier moche/pédo/les deux, une prophétie vient s’abattre sur un monde alternatif. Avant de nous mettre à raisonner comme Bernard Werber, accumulons les signes qui me font douter de la finalité de cette journée :
- Aujourd’hui est le jour où Gangnam Style va faire son milliard de vues
- L’Amv Hell 6 vient de sortir. C’est perfectible. D’ailleurs, c’est exactement ce qu’il vont faire : l’améliorer. Vous savez quoi? On va prendre notre mal en patience et attendre la version définitive en Janvier. Rien ne vous empêche d’essayer d’envoyer vos participations – le Commandant à réussi à en mettre trois. L’une d’entre elles est la deuxième de la vidéo.
- Paper Mario Sticker Star reste bon esprit mais est pétri de décisions très étranges. Il envoient des petits cadeaux via le Club Nintendo, ça sonnerait presque comme une lettre d’excuse, mais je suis peut être un peu esprit chagrin sur ce coup. On en reparle dans quelques jours.
- Quelque part, un mec au Québec va enfin faire sa veillée. A l’heure où vous lisez ces lignes, il n’est absolument pas impossible qu’il se soit immolé façon OTS pour partir sur je ne sais quelle planète. C’est glauuuuque.

Vous savez, la fin du monde n’est pas une fatalité en soi, elle ne ruine plus des carrières. Les survivalistes s’y préparent depuis toujours, on trouve des traces de ce phénomènes dès l’Apocalypse – le livre, hein – et des traces là et là dans l’Ancien Testament. D’ailleurs, c’est visiblement pour ça que la nomenclature officielle mormonne est de stocker un an de bouffe chez soi. Véridique, les petits amis. Après, des petits malins ne comprennent pas toujours l’idéologie de « survie » et confondent un peu avec « gardons les plus forts » ce qui vire parfois en « prenons un fusil et nettoyons tout ». Laissons un peu ces maboules de coté pour parler de la seule activité survivaliste valable, la vraie, c’est d’ailleurs l’appellation plus ou moins officielle pour les gens en manque de sport extrême : le « lâché en pleine nature ».

Vous me voyez peut être venir. Il existe une émission si cool, si prenante, le genre de truc qu’on n’est pas forcément fier de regarder parce que ça n’a pas la streetcred d’une Thema Arte mais montée et faite avec tellement de passion qu’on peut les enchaîner sans problème. Maintenant, allumez votre télé et dirigez vous sur le câble. Il y aura toujours un reportage de type « La nouvelle délinquance dans le métro » ou « Fraudes : la france qui triche » dans un emballage nommé « Enquête d’enquête » ou « A la recherche d’action »; Ou autre visuel-prétexte pour se refiler ces conneries comme une patate chaude au sein du même groupe TV. Ça, c’est le coté industriel du journalisme TNT, gracieusement fourni par TF1 et M6, ces chaînes bien moins ennemies qu’elles ne le pensent. Non, ce qui nous intéresse, c’est Discovery et ses variantes.

Discovery Channel est une groupe formidable puisqu’il concrétise tous les micro-fantasmes qu’on peut avoir en tant que téléspectateur. De fait, c’est le /d/ de la télévision – ouuuh, vanne aussi crade qu’élitiste – et on y trouve une microtonne de concepts qui sont de plus en plus pompés vers nos contrées. Vous savez, le genre de show qui, quelque soit son sujet, à strictement la même structure et la même démarche : une figure emblématique-présentateur-avatar, un format d’une demi heure entrecoupé d’au moins quinze pages de pubs et un amour immodéré de la steadycam. Il y a un point commun entre les émissions – le personnage principal plongé dans telle ou telle situation – et sa manière de toujours tout résoudre ou expliquer. Vous connaissez peut être « MythBusters », cette émission qui prend des expressions ou des faits cartoonesques au premier degré, voir s’ils sont vérifiables. Du genre « Ah tiens dans les dessins animés on voit souvent Daffy Duck mettre le doigt dans le fusil de Porky pour annuler son tir, faisons la même chose en vrai ». C’est dérivé des émissions scientifiques jeunesse comme FingerTips ou Art Attack en son temps, et ça fait partie d’un ensemble qui comporte, entre autres, The Biggest Loser, Cauchemar en Cuisine, Les Routiers de l’Extrême, Les Démolisseurs de l’extrême et tout le paquet Discovery qui regroupe le paquet grandiloquent « extrême », donc les émissions qui exploitent l’extrême de l’extrême. Hu. C’est rigolo, culte aux USA et fraîchement adapté sur France 5. Soyons honnêtes, les concepts toujours pas localisés en France sont rarissimes, et à ma grande surprise et à celle de toutes les blogueuses modes du coin, Project Runway (real tv éliminatoire sur la mode et le design, avec Heidi Klum, shön) ne l’est toujours pas. Et Man versus Wild non plus. LA véritable émission survivaliste du paysage audiovisuel.

Soyons réalistes : aussi risibles peuvent être ce genre d’émissions, on peut clairement faire le tri entre les bonnes et les mauvaises. Les premières se regardent comme les reportages sus-nommés, avec un esprit deuxième degré qui nous empêche pas de kiffer ce qu’on voit, tel les sagouins que nous sommes. Je me souviens notamment d’un sujet absurde où un coach sportif faisait maigrir des obèses. Très bien, pourquoi pas. Son sujet du jour lui à avoué, entre quelques mois de sessions de sport et de « training montage », son homosexualité, avant de lui avouer comment il avait subi des attouchements plus jeune. Sur le papier, c’est glauque, mais à l’écran c’était juste hilarant d’absurde et de cliché, si on exclut le message super super bizarre sur l’homosexualité que ça pouvait véhiculer. Comme un épisode de South Park, mais au premier degré, avec tout le monde investi à fond. C’est le coté un peu pourri de ce genre de sujets.

Le bon, c’est Man Versus Wild, « l’homme contre la nature ». Cette émission a pris fin en Mars après six ans de bons et loyaux services, elle est toujours diffusée en surdoublé sur NT1, je me suis dit que le jour était idéal pour lui rendre un petit hommage. Alors oui, je parlais de survivalisme un peu à tort, nul question d’apocalypse, il s’agit juste de se défendre contre les éléments et de se débrouiller en milieu hostile mais naturel. Cette émission, c’est avant tout une tronche. Le tout puissant BEAR GRYYYYYYLS. 38 ans. L’alpha-scout. Un vrai mauvais cul. A grimpé le mont Everest à 23 piges. Ancien soldat des forces spéciales, fils d’une figure anoblie du parti conservateur ; Oui, en plus il est britannique, ce garçon a tout pour lui.

Je ne peux que vous inciter à regarder une de ses émissions. Ça n’a rien à voir avec de la real-tv, on est dans de l’épisode qui se regarde sans aucun ordre. Le pitch? « Bear » se fait catapulter quelque part dans un endroit improbable, inhabité et hostile (l’Amazone, les grands canyons, l’Islande, etc) et doit rejoindre la civilisation le plus vite possible, mais avec assez de rushes pour faire une émission d’une demi heure quand même hein. Ils sont donc deux : lui et le caméraman. Ce monsieur est donc très connu pour boire son urine devant la caméra. C’est probablement une séquence d’un seul unique épisode – je n’ai pas le courage de faire une recherche Youtube qui serait très probablement fructueuse – mais malgré son CV berserk, on ne retiendra que ça de lui. Pour être amené à boire sa miction, il faut tout de même se faire larguer avec un équipement minimal… une gourde, un couteau, pas plus. Pour le reste, il se démerde toujours. Croyez moi que je vous dis que c’est immersif comme jamais puisqu’on sent que le mec s’amuse comme un petit fou à faire ses pièges à animaux. Je n’oublierais jamais la tête très choupi qu’il a sorti quand il a découvert une grotte en Islande, exactement comme un gamin à Noël. Le bonhomme doit se rendre d’un point A à un point B et va donner de sa personne pour s’adonner à un tas de manœuvres étonnante : se faire un bain chaud improvisé, faire du feu, des piêges à animaux… tout dépends du biodome dans lequel il se trouve, et chaque épisode est différent. Ça se regarde comme un run de Tomb Raider : c’est réalisé dans un esprit très « première personne » – ainsi, on a l’impression, nous aussi, d’effectuer toutes ces manœuvres hors du commun. C’est particulièrement impressionnant quand il parcourt des espaces verticaux, ses glissades dans les canyons américains sont mémorables! L’intérêt est de voir une variété de paysages exotiques dans des situations qu’on fera rarement – on a pas tous descendu l’Amazon en canyon! Cette caution est joussive et donne effectivement un p’tit coté jeu vidéo à l’ensemble, comme un run effectué en god mode. Car oui, notre Bear national s’en tire toujours, sans une égratignure. Pour résumer, Man Versus Wild est un Minecraft à échelle humaine. Notez bien qu’il existe des épisodes spéciaux avec des guest-star : Ben Stiller, Will Ferell et un Jake Gyllenhaal très flippé à l’idée de traverser un pont de singe ont tous participé le temps d’un épisode.

Spécial CommandantBien sûr, des critiques ont rapidement émergé pour dénoncer le manque de réalisme dans certaines situations, dans le sens où le sacro-saint « seul » n’était pas respecté. Hé bien, duh! Ne rompez pas la magie, les gars, l’objectif n’est pas de décortiquer comment, mais bien de voir un mec qui fait preuve d’une imagination débordante pour se tirer de l’apparent caca naturel dans lequel il s’est fourré. Maintenant, si vous tombez dans des sable mouvant ou que vous vous faites bouffer par un croco, vous saurez. Y’a pas vraiment d’autres formats dans lequel on peut voir un alpha male découper un zèbre mort pour se tailler une bavette. Sans NT1, Youtube sera votre meilleur ami.

Bref, il faut vivre, pas survivre. Bear Grylls, c’est un peu comme Steve Irwin, mais en vivant.
Ahem ahem.

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