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Nous mêmes nous savons

Attention. Un gros morceau. Un petit post. Soyez rassurés. Temps de lecture : dix minutes. Présence de liens : beaucoup trop faible pour le contenu. Flemmardise de l’auteur : maximale

Twitter est à la concision ce que Tumblr est à l’efficacité. Mais Twitter est à l’info ce que Tumblr est au fandom. Ca fait de Tumblr un sujet bien intéressant.

Bernardo > Ryan Gosling

Bernardo > Ryan Gosling

Bon, revenons tout de même au premier. Après plus de trois ans sur Twitter, on peut tous affirmer qu’il n’est pas voué à être abandonné. Il faut croire qu’un réseau social passe toujours par une phase de décrépitude « vue de l’esprit » – comme Facebook, qu’on croit mourant depuis deux ans – avant de sévèrement sombrer. Twitter à l’air de s’en foutre un peu et reste promis à un grand avenir rempli de tweetclashs, de rap game et de journées mondiales du premier degré. C’est fantastique, Twitter – le plus grand MMORPG du World Wide Web. On y trouve de tout : des pros, des étudiants, des lycéens, d’autre qui ne font rien et qui attendent que ça passe, des petits malins, des sérieux, des célébrités, une foultitude de profils et c’est ce qui rend le machin intéressant. Au delà du bouzin purement « social interactif », les utilisateurs ont tourné et retourné le concept original pour transformer le site aux gazouillement en grand concours de la meilleur vanne, entre autres. Twitter s’est vu attribué des fonctions jusque là inattendues : distributeurs d’emplois, d’appartements et d’âmes soeur pour les plus chanceux. Le Twitter est même allé jusqu’au bout de son concept – la tendance des « faux comptes » est là depuis une grosse année. Dire quelque chose ne suffit plus? Il faut le dire en masquant son identité et en se fiant à un concept. Il existe des comptes Twitter pour insulter tout le monde, dire des bêtises en ancien français, « mixer » deux personnalités du web, autant de possibilités qui font émerger des super héros du web. Certains comptes ont d’ailleurs intérêt à rester anonymes car je n’aimerais pas être leurs futurs employeurs. Bref, une belle cour de récré qui a l’intérêt de nous informer plus vite que le reste. Le reste étant l’AFP. Oui. Parfois, quoi.

Twitter, vous connaissez. C’est comme un jeu : il a été maîtrisé à fond et un métagame est déjà bien établi. Tumblr est né dans les mêmes eaux (en 2007) mais commence à peine à se faire connaître sur nos Internets. C’est un réseau social très américain. Petite exposition du concept si ça ne vous dit rien. Comment ça se présente?

Tumblr est une plateforme de – attention terme clé – microblogging. Tout simplement parce qu’il est dédié à des posts à la chaîne, de touts petits textes, une simple image, un extrait sonore. Le contenu est volontairement lapidaire et la plate-forme d’upload suggère elle même cette concision. Le but n’est pas tant de discuter de contenu mais d’en 1) proposer ou 2) d’en partager. Pourquoi parler d’un « jeu parallèle » mis en relation avec Twitter? Sur Tumblr, les interactions entre usagers sont minimes. On ne peut communiquer qu’en rebloggant ce qu’on aime, on pourra ainsi ajouter sa pierre à l’édifice. Un « retweet » simple qui montre le contenu au lieu de le pointer. Vous avez intérêt à bien watermarker vos œuvres! Sinon, il s’agit de publier, faire le tri, et gérer son réseau. La bonne nouvelle c’est que la manie des chiffres est moins présente : le nombre de followers/followings n’est pas mis en avant, pour notre plus grand bien. En revanche, la popularité d’un post est signifiée par ses « notes ». On peut « aimer » un truc à la facebook, le reblogger, le commenter. Chacune de ses actions est une « note » dont le total peut vite virer exponentiel si vous trempez dans les bons cercles. Bref, votre contenu aura fait le tour des yeux mais ce ne sera absolument pas votre contenu.

SOUVENEZ VOUS. "Les Expressions de Norbert"

SOUVENEZ VOUS. « Les Expressions de Norbert »

Tumblr est, généralement, mémétique. Que ce soit face à l’actualité ou je ne sais quel phénomène du web, il y aura toujours un Tumblr pour. Soit pour collecter des trucs, soit pour sérialiser un concept de base pour y faire de l’humour. Pensez à la campagne présidentielle et ses loltoshops. Le débat? Des photomontages. Pareil avec les candidats. Ca peut tout couvrir : il existe plein de Tumblr dédiés à Bernard de la Villardière, comme de gens qui « meurent comme Marion Cotillard ». Bref, il fait l’actu et s’en inspire dans la foulée, c’est donc parfais pour nous. D’ailleurs, 95% utilisent le même thême visuel « minimaliste ».

Que faire de tumblr? On peut s’en faire un site perso. C’est tout con, sans la moindre pub, un concept assez bien fichu et assez hybride pour que beaucoup puissent s’y retrouver. Numériquement, l’utilisateur moyen est américain et pourrait s’incarner dans une gamine fan de Bieber. Pour des millards de posts, un demi pourraient nous intéressez – sacrée marge tout de même. Pour nous, ça correspond souvent à un Twitto « influent ». Ouais, on tourne en rond dans notre petit microcosme, c’est vrai. Dans le meilleur des cas, c’est participatif : on peut soumettre son billet si le tumblr est thématisé. On y revient.

C’est simple, facile à gérer, ça peut avoir en deux jours la popularité d’un blog développé ou spécialisé depuis dix ans. Vous savez, l’Internaute lambda n’a pas forcément le temps de lire tout ça (mais toi tu l’as visiblement eu et comme je te remercie) et ça se vérifie et met à jour rapidement. J’ai tendance à considérer que c’est un bon vivier créatif et, par extension, une excellente banque d’images et de fanarts. Hé oui, il y a un bon système de tags, alors vous pourrez trouver du contenu, en demandant aux auteurs ou, grand minimum, en linkant leur site. Certains utilisent Tumblr pour vouer un culte à tel ou tel perso. Il est souvent l’objet de prédilection des fandoms, le gros, le moteur de ce site. La fiction et ses réécritures constituent le gros du truc. Il trouve des utilisations plus ou moins dingues (je suis tombé il n’y a pas si longtemps sur un – accrochez vous – tumblr corbeau qui relatait cash la vie privée de mes amis, j’ai ramassé ma mâchoire, il faut être un enculé de la pire espèce, félicitations) mais rassurez-vous, c’est un cas purement isolé. Tout, dans Tumblr, a une visée visuelle. C’est pour cela qu’elle inspire les créatifs et, le saviez vous, a un assez fort impact dans le milieu de la mode. Concrètement, on y trouve des images, peu de textes mais surtout beaucoup, beaucoup, beauuuuucoup de gifs. De séries, de films, de personnages, d’acteurs. Je met l’emphase sur le fandom actif et ses QGs Tumbluriens. Tumblr ne se visite pas avec un modem 56k.

Enfin, on trouve souvent une petite featurette « Ask Me Anything » mais Formsrping et Ask.me sont passés par là. Attention, dans de rares cas, l’internaute anonyme peut être coquin voire pas toujours super bien intentionné. Encore une fois, cas isolés. C’est un chouette outil à l’énorme potentiel !

"Chers voisins". Les ascenseurs en résidence U <33

« Chers voisins ». Les ascenseurs en résidence U <33

Ce n’est pas tout! On distingue facilement plusieurs types de Tumblrs. Voici quelques exemples simples.

BAISE OUAIS ! Essayez chez vous. Vous aimez une série ou n’importe quel objet culturel populaire – de préférence sériel – il y aura forcément une bardée de Tumblr dessus. Bon, il y en aura au moins un. Essayez la combinaison suivante : « Fuck Yeah [ton truc que tu aimes] ». Résultat garanti pour 99% des cas. Il y aura toujours un fandom et il peut se limiter à une personne et elle sera toujours active, ça pourrait être un axiome de l’internet! Par exemple, je me refais dernièrement Six Feet Under. Hop, il y en a deux. Gifs, citations, screenshots, petits trivias, il y a de quoi faire. On pourrait peut être faire un Tumblr best-off qui s’appellerait Fuck Yeah! Fuckyeahs.

1/jour Des Tumblr concepts il en existe à la pelle, voici le plus simple. Ce site dispose d’une option de programmation plus ou moins intuitive. On peut donc programmer un post thématique, tous les jours à minuit ou n’importe quel horaire régulier, façon simplissime de créer un rendez vous avec ses lecteurs, pour la peine qu’on garantisse un rythme quotidien ou prédéfini. Ca n’a pas d’intérêt s’il n’existe pas de ligne directrice, de thématique affichée, sérieuse, humoristique ou que sais-je. Un exemple que j’adore : La Vie de Tintin. Chaque jour, une case de la bédé accompagnée d’un commentaire crétin, qui sort la situation initiale du contexte. Déclinable à l’infini. J’ai eu plusieurs idées, n’hésitez pas à le signaler si ça vous plaît, des choses du genre « un moment de JV » par jour, un extrait musical par jour, un DLC Rock Band par jour, un fétiche par jour, vous voyez, c’est un moyen simple d’évacuer une monomanie.

Ton 9gag à toi : Parfois ça tiens juste du blog perso et ça permet de republier tout ce qui peut nous avoir fait rire ou vibré. Ce n’est pas nécessairement très « personnel » mais on peut tout de même insuffler sa patte en ne publiant que tel ou tel type de contenu, puisque la personne en question aura une catégorie bien à elle de followings. En revanche, dans une acception bien plus cliché, le contenu peut être diversifié comme se focaliser sur un fandom bien précis. Il faut bien distinguer les tumblr « collection » des tumblrs « musées »… on ne s’échange pas les croûtes comme des images Panini (et on ne les taggue pas non plus, merci de votre compréhension)

SI TOI AUSSI ! TMTC : Un genre un peu décati. Prendre une thématique donnée, la coller avec des situations données et l’accompagner d’un gif résumant la situation. Les gifs sont toujours sortis de séries populaires anglophones, avec beaucoup de 30 Rock. Parfois, c’est drôle. Parfois c’est lamentable. Le fait est que les mêmes gifs tournent souvent et que l’effet cherché fait parfois plouf. Ça dépend évidemment de votre expérience et de vos goûts. Par exemple, j’aime bien Du Journalisme Musical. Une situation de journaleux zicos, un gif rigolo, du lol dans vos têtes. Il va de pair avec le rigolo J’ai Un Physique de Radio (expression authentique) D’autres Tumblrs puent le même forcé. C’est vraiment une question de goûts mais là on a vraiment fait le tour du genre.

Quand j’ai appris le report de Rayman Legends

Tumblr est un outil très chouette. Que je n’utilise pas encore parce qu’un énième chronophage. Un outil très chouette tout de même !

Trivia : j’ai un petit chouchou. C’est pas du jeu, il a fait le tour des médias spécialisés mais je l’aime quand même malgré sa popularité, preuve d’un kiff inconditionnel. Les Boloss Des Belles Lettres. Je vous laisse découvrir.

En revanche, je ne sais pas comment font tous ces gens pour se fournir en gifs. Le mystère.

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2012 // The Masochism Tango

« Sentez bonne odeur et prospérité. »

Je vais vous mettre en confiance : avec 6300 mots, ce post est le plus long du blog. La bonne nouvelle, c’est qu’il synthétise tout ce que j’ai pu écrire cette année, soit l’équivalent de quarante tomes du Trône de Fer. Hardi les gars, nous voilà partis pour le résumé d’une années de beaux gosses. Dièse beaux gosses.

 #JANVIER

 L’année commence on ne peut mieux : Katawa Shoujo sort le 4 en version complète. La fin d’une longue attente et l’aboutissement d’un projet amateur qui, malgré sa bizarrerie et sa niche évidente, sort un truc pas mal foutu et cohérent. Un bon running gag de l’année et un pan créatif intéressant, mine de rien. Moi, je sort de ma grotte pour amorcer mon petit gimmick de l’année : je découvre enfin les RPG Occidentaux, et j’ouvre Skyrim. Puis j’y reste quatre-vingt heures. Impossible de s’en décoller : ce sont des aventures prenantes et inédites, mine de rien. Du coup, 9gag fait péter les flèches dans les genoux et c’est un peu gavant mais rien de bien grave. Coté mémétique toujours, un rigolo fait des photos crpytopédo pour laredoute et ça lance une des grandes modes de l’année, le tumblr parodique et les loltoshops. Certain vont monétiser, d’autre ont de bien mauvaises intentions, mais le lol règne dans la majorité des cas.

 Zelda Skyward Sword est mon grand perdant de l’année. Un donjon et un boss de fait et puis c’est tout. C’est pas comme s’il était mauvais ou quoi que ce soit, il est juste un peu zélé dans son gameplay à mouvements. Les Unrelated, ça continue. Un petit groupe se forme. Il y aura des suites. Grâce à Radio01, je gagne The Binding Of Isaac. Ce jeu est fantastique, il ne coûte rien et je vous le conseille à tous, il a une rejouabilité démentielle… et il amorce deux grands trucs qui font le jeu en 2012 : une difficulté punitive et les permadeath. Au ciné, La Colline aux Coquelicots n’est pas fantastique. Peut être une des raisons qui font que Matthieu Kassovitz veut envoyer le cinéma se faire enculer. Trêve de trucs peu intéressants, j’ai découvert Yotsuba. C’est léger, pas profond pour un sou, très relaxant. Une popularité étrangement méritée, quoi. Bonheur intégral : Prêt A Manger ouvre ses premières enseignes en France, et je constitue la moitié de son chiffre d’affaires. Vous voulez du malaise? Bonne Nuit PunPun va vous en fourni avec pertes et fracas tout du long de l’année. Ne pas se fier à son auteur et à ses couvertures colorées. Cassedédi à Guy Delisle dont j’ai toujours aimé les bédés qui va bientôt sortir Chroniques de Jérusalem. Megaupload ferme et Kim Dotcom se fait coffrer. L’année des mégalos maboules du net.

#FEVRIER

Je découvre Sherlock avec deux bonnes saisons de retard. Ce n’est pas ça qui va raviver la flamme des séries anglaises dans le coeur de votre serviteur, mais ça a son charme et ses persos bien écrits, fatalement. Et hey, la reprise surprise de Red Dwarf n’est plus très éloignée. Nous l’avons attendu pendant dix huit mois, Catherine sort enfin sur nos étals. Bien traduit, bien propret avec sa BO de classiques « rockisés ». C’est loin d’être méga substantiel mais ce jeu est original comme jamais, mangez-en sans modération, un de mes chouchous de l’année. Assassin’s Creed : Revelations poursuit de manière un poil flemmarde le canon Assassin mais il permet d’évoluer dans un décor tout neuf, une dernière virgule avant la suite, en quelque sorte. Klout s’éveille et on se kloute tous dessus, épatés par tant d’égo et d’influence, mais la vraie implosion d’égo légitime est pour Jean Dujardin qui rafle tous les prix pour The Artist, dont l’Oscar du meilleur film. Quel poseur! Heureusement, Morsay lance sa contre-attaque avec La Vengeance, le véritable meilleur film français de l’année. Kocobe débarque et nous parle des poneys, sa grande passion. Soit. De toute manière, Adventure Time va bientôt les détrôner dans la case de « cartoon du moment ». Disparition de Christian Blachas – autant, Whitney Houston, Delarue et autres personnalités qui auront glissé sur une peau de banane cette année, je préfère rendre hommage au créatif qui nous a donné Culture Pub.

Le webcomic Black Adventures utilise tous les univers possibles et c’est tout à son honneur. Hourra, un coup de poker me fait intégrer la rédac virtuelle du Journal Du Japon, et mon baptême du feu est une interview + live report de Buono!. Inutile de préciser que c’est aussi naze que robotique et que ça ne relève pas le niveau d’une J-Pop qui à l’air complètement dictée par la kawaiitude de ses adeptes… euh, de ses émissaires. Bref. Ce n’est pas mon truc, mais je ne sais pas si je préfère les roucoulement de Lana Del Canard, qui se met tous les critiques dans la poche en miaulant un peu. Ca contraste bien avec les Pussy Riots qui font peut être, il est vrai, de la musique discutable mais qui auront quelques soucis à dénoncer du Poutine un peu trop ouvertement. 2012, tu vois.

#MARS

Bref je fais mon aller-retour annuel à Londres pour oublier tout ça. C’est génial, je vais même y trouver mon sujet de futur mémoire. Quelqu’un en profite pour stopper les Unrelated. C’est fini les réunions entre proto-journalistes où tout le monde connaît tout le monde. Quoique… les mondanités ne sont pas finies. Le jour de la St Patrick, Kitsuntsun, Kocobe, Alvin Stick, yllwngg, Pimii et moi même créons la Team Alcolol. Oui, c’est vain écrit comme ça mais ça illustre une grande ligne conductrice de cette année : la boisson. Pso fait enfin son apparition dans Mario Maso et assiste impuissant à la première mort de mon mac, tué par la gravité. Il y a des Buffy toute la journée sur Teva, nostalgie intense… mais pas de quoi lambiner devant la TV, la période des concours commence. Pendant ce temps, Mass Effect 3 se fait un peu dessus sur la fin (comme pas mal de jeux) mais modifie son canon avec un DLC parce que pourquoi pas hein, la droguidrogue.

D’ailleurs, j’en ai pas parlé sur la moindre ligne ici mais la comédie musicale Avenue Q était plus que drolatique, c’était carrément fun et bien traduit. « Internet c’est pour le cuuuul », tout ça. Bazar Merat pendant ce temps, je vais pas vous faire les vannes liées à Counter Strike, ce n’est pas la peine. La folie Hunger Games s’importe toujours plus concrètement en France avec l’apparition du premier film en salles. L’adaptation est impeccable, on ne peut pas leur enlever ça. Les fakes Burger Kings se prolifèrent, tout le monde tombe dans le même panneau à chaque fois. C’est carrément absurde et je n’ose plus croire les photos de celui de l’aéroport de Marseille. C’est le Salon du Livre, il est consacré au Japon, c’est plus que cool, what else? Je fais la connaissance de Yuyutopia, une artiste qui mérite fort des coups de pouce médiatiques. Heuuuu le jeu Scene It est vraiment bien, si vous le trouvez pour pas grand chose avec ses pads, prenez-le, faites vous plaisir. Mon post le plus lu et commenté aura été mon premier tour d’horizon sur comment devenir journaliste. Oui, bien sûr qu’il y a des inexactitudes, mais si ça vous intéresse… et mon dieu, découverte des vidéos de The Vinz Vincent. Ca n’a aucun foutu sens, c’est absurde, mais ça change complètement notre langage. Vazi que je te « huu je suis la reine d’angleterre », que je te « Cela est très très raciste, j’appelle le Sénat » et « oui car oui ». Tout ça est bizarre. Dièse bizarre. Final Fantasy XIII : 2 est long, pas toujours intéressant et pas toujours très fin mais il reste la résultante de doléances réellement prises en compte. Bien joué Square Enix!

#AVRIL

En fait, non, oubliez, le meilleur jeu 2012 est en fait un jeu 2010 : Fallout New Vegas est un kiff absolu. Peut être assez moche et pas toujours très clair dans son gameplay mais bon dieu ce qu’il est bien écrit et rebon dieu ce qu’il ouvre comme perspectives. Du caviar made in Obsidian. Merci pour ces bons moments. Dans un tout autre registre, il y a SSX. Reboot fun et potable, parfois un peu injuste mais traçant de bonnes idées dans son gameplay persistant en multijoueur. Sa BO est un plus. C’est au tour d’Alvin de faire le guest et il va nous confirmer que ce n’est pas le moment de vouloir intégrer la profession JV. Ce même Alvin qui me reproche de ne pas assez boire? Il n’a pas vu les Nocturnes Epita qui ferment à cause de trop gros incidents éthyliques. Aïe… heureusement pour les habitués, ce n’est que provisoire. Pendant ce temps, boom de divertissement à la télé. Top Chef va bientôt se terminer et on aura surtout retenu les one-liner sexo de ce bon vieux Norbert. Ceci est une ligne sur un Koh Lanta pas mémorable du tout. High as fuck devient notre grammaire du moment. Exemple : « Concombre, high as fuck, rédige un pavasse de six mille mots »

Une dichotomie étrange arrive sur les chaînes payantes : The Office revient juste pour s’en faire aller Steve Carell. C’est étonnant ce que cette série se bonifie avec le temps. WorkingGirls en est-il le penchant français? Hé bien, non, pas du tout, The Office est drôle, au moins. Pas besoin d’être extrême pour provoquer un rire. CAMPAGNOL. Le Konami Code fait parler de lui avec Bayrou.fr. Le coupable est sus-nommé, bravo gars. Dolan est le même le plus creepy, extrême et hilarant de l’année. Pls. Nouvelle édition du disquaire day pour les collectionneurs… et déjà l’heure du premier tour, avec Radio Londres qui est là pour nous ruiner le plaisir et spoiler le scrutin, rah la la.

Trials Evolution sort en dématérialisé. C’est aussi addictif que le précédent, en un peu plus… bucolique. Là, il y a un multijoueurs, un récupérateur de pistes et un niveau de quinze kilomètres de long. Quelle chance on a. Sinon, le premier épisode de Trapèze avait l’air pas mal du tout mais qu’est-ce que j’en sais, marmaille.

Pls internet, pls

#MAI

La France à peur. Le deuxième tour est proche. La rivalité entre Mélenchon et le petit journal est à son maximal (Mélenchon qui, je perds pas une occasion de le rappeler, m’a ouvertement dit que j’étais prétentieux, le monde doit savoir) et c’est à gauche toute quand même pour tout le monde. La Grèce se casse définitivement la gueule et Aube Dorée au Parlement n’en finit pas de nous faire flipper. Moi, je suis en partiels, c’est Quartier Libre. Une myriade de posts d’invités pour le coup : des crétins (son intro, la « ultimate blague » que j’aime bien – c’est con mais elle est drôle en plus -) des supercrétins (Analyse pragmatique du régime politique de Célestia ouais) et des cools, sur les maths, un webcomic cool, un pastiche Maso, ce genre de chose. Merci encore pour vos contributions. Ca m’a servi, j’ai validé ma licence haut la main.

Big up à Avant-Premières, l’habituel mouton sacrifié de l’année dans le rang des émissions culturelles à la programmation absurde. J’obtiens un papier de l’administration des examens en trois heures chrono au lieu de l’équivalent en mois, c’est mon succès de l’année. A trois chiffres. Diablo 3 sort après autant d’ère d’attentes… fatalement, les gens sont déçus. Moi, j’espérais surtout une sortie console, mais je dois être un peu simplet. Nolife fête ses 5 ans et fait son super hoax à base de gens faussement bourrés qui font semblant d’embêter des gens, qui prennent faussement l’air terrifié, du coup on est tous faussement emballés et vraiment confus. D’ailleurs, c’est pas l’Eurovision et son habituelle dinguerie qui vont améliorer tout ça. Enfin, c’est Epitanime, qui se démêle bien de quelques petits soucis en amont avec une convention réussie, tournée autour de l’auteur du Sanglot des Cigales. Le cool n’est pas mort et il porte un chapeau.

Je mate UN ANIME ! FOLIE ! C’est Kaiji II. Ce machin est absurde mais tellement prenant. Il oscille entre le plaisir coupable et le roman épique. Je n’aurais jamais cru qu’un trou dans une machine puisse être aussi impénétrable. Regardez cette série, on ne voit pas ça ailleurs. Peut être dans la saga Saw, remarque. Enfin, Wrath Of The Lamb est une extension fort appréciée pour Isaac. Il double presque le contenu pour un mini-prix.

#JUIN

Vous savez, parfois, je deviens étrangement monomaniaque sur nos expressions à nous ou sur le patois d’internet. Mais là c’était vraiment le pic du midi pour deux expression bien précises : Les gens hashtag les gens et Hashtag Bizarre. Ce qui fait qu’on pouvait dire de manière tout à fait sensée des phrases telles que « Hashtag bizarre, tmtc ». C’est une époque lointaine, les heures les plus sombres de 2012. Heureusement, ça ne se voit pas puisque tout le monde a définitivement le nez rivé sur Tumblr, ça s’équilibre tout seul. D’ailleurs c’est ce mois-ci qu’un mec a fait un hélico télécommandé avec son chat mort, #lesgens.

Début de l’E3. Ubisoft casse la baraque, Nintendo reste un poil incompréhensible et opaque, Sony s’excuse timidement pour à peu près tout et Microsoft ne bouge pas d’un poil ses fers de lance. On y a vu plein de bonnes choses, en somme. C’est la fin du Golden Show. Ce n’est pas une grande grande surprise, vu le malaise véhiculé par certains sketches du duo, surtout sur scène.

HEEEEU! HAAAAA! HEUUUUUU! HIAAAARGH! Oui, Roland-Garros démarre et c’est plein de sueur, de raquettes et de terre battue. Sexy. Ouverture en alpha du Dernier Bar Avant La Fin Du Monde. Ca aurait pu être sympa mais pas avec un personnel pas toujours agréable, compétent ou même des foutus cocktails à douze Euros. Les Législatives s’amorcent. Protip façon Shortlist : si vous voulez draguer, proposez-vous pour dépouiller. Sur Steam sort le très intéressant Indie Game : The Movie. Il faut le mater avec un certain regard critique mais on y retrouve les fantastiques mimiques de Phil Fish : Fish fait la gueule dans sa piscine, Fish fait la gueule pendant la PAX, Fish fait la gueule sur un trampoline, etc. Ca aurait pu être bien plus drôle et mémétique, d’ailleurs. C’est à peu près le meilleur jeu Facebook de l’existence : You Don’t Know Jack sort en version gratuite, quotidienne et accessible à tous. C’est aussi nébuleux que le jeu original mais c’est impeccable pour les anglophones qui y trouveront un hilarant jeu de trivia. A peu près le moment le plus jouissif de l’année en ce qui me concerne : soirée Respawn Live In Paris + Synops 5 ans. Première émission avec votre serviteur, la deuxième où le staff déroule son anniversaire via quelques happenings absurdes (chercher les pizzas en live, les manger en répondant à un quiz, lire du Molière avec des jingles crétins en fond sonore, etc, la joie)

Une soirée exhilarante. D’ailleurs, Inks est l’avant dernier invité de Mario Maso, aucun rapport fils unique. Max Payne 3 est le Rockstar du printemps (celui de 2013 risque d’être méchamment GOTY/mémorable/désapprouvé par Nadine Morano) et reste un fantastique tapis roulant pour buter du méchant péon autour du monde. Difficile mais pas bien subtil et parfois un peu assommant, dommage. The Walking Dead version Telltale sort pour un premier épisode fascinant. On va être complètement pendus aux prochaines annonces, chaque épisode supplémentaire est une petite torture, mais c’est un véritable grand jeu épisodique qui transmet beaucoup de choses avec peu de moyens. Un jeu très /feel/ et aussi encourageant qu’inspirant. 2012, l’année où tout l’Internet se prend de passion pour une gamine de neuf ans, et c’est tout à fait normal.

Nouvelle édition du Mario Marathon. Bonne occasion pour donner à Child’s Play, même si c’est avec des pseudonymes douteux. Toujours une très belle initiative, passionnante à suivre. Découverte des Youtube Poops françaises. En gros, SUUS, JEEJ, SAUCISSE. Comprenne que pourra. Je commence le Trône de Fer et c’est évidemment fantastique, tant en série HBO qu’en livre interminable. Un véritable univers et des personnages qui puent la classe. Une excellente saga.

Enfin, ouverture de la bouche de l’enfer : on nous présente au Kawaii Café. Fabuleux bar, les proprios sont des amours, impeccable pour jouer à la console, faire des blind-test et boire des alcools forts masqués par moult sucreries. Aujourd’hui, votre serviteur à un shot à son nom, oui.

#JUILLET

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Mario Maso, c’est fini. J’invite le Pipomantis pour conclure tout ça, en essayant de zigzaguer entre les dauphins, le jonglage de deux objets et le scrolling automatique. Une bonne occasion de parler de Canard Console qui prend son envol après une période d’essai réussie (comprenez Barre De Vie), un peu de sang neuf dans une presse qui glisse doucement sur une peau de banane.

Qu’est-ce qui se passe à chaque début de Juillet? La Japan Expo, bien sûr. Que de souvenirs : on croise Satoru Iwata (hiiIIIIIIII), on fait des émissions qui seront peut être montées un jour, on joue à des jeux déjà sortis et on se tape les activités habituelles. Les joyeuseries d’été commencent, avec elles, une dépense outrancière. Dans ce rack de mangas, il y a le tome 20 de Soul Eater et son fameux plot twist. Glauque, bien amené, cohérent, mais méchamment spoilé par Pixiv quelques jours plus tôt. Après plus d’un an d’attente, c’est un peu con.

Frank Ocean sort l’un des meilleurs albums de l’année et se permet même le luxe de faire son outing deux jours avant, pas évident dans un milieu gay-friendly mais très hétérocentré. Les gens découvrent #lesgens, les gens découvrent Stip Tease. Ce n’est pas la première diffusion du show, loin de là, mais il faut croire que c’est la première fois qu’il est un tant soit peu accessible. Oui, nous ne sommes pas seuls. Ils sont là. Walking Dead Ep : 2, remake de Soylent Green. Beat The Beat permet de rallumer un peu sa Wii pour jouer à une copie carbone des opus précédents : c’est tout ce qu’on réclame. Wabadabadub is that true? Wow, yunno big guy. Si vous n’êtes pas tombés sur la parodie 34 de ce minijeu, vous êtes des saints. Bref se termine. L’épisode final n’a rien de particulier, l’avant-dernier est malin et montre quelques bollocks. C’était bien, mais c’était très éphémère : je vous ai probablement rappelé l’existence de cette série. Un coréen très souague de déhanche sur une musique insupportable, c’est Gangnam Style, c’est insupportable et c’est bientôt la vidéo la plus vue des Internets. Anxiogène. Sinon, y’a 60 secondes chrono à la télé. Super méga giga anxiogène. Y’a que La Parenthèse Inattendue pour relever le niveau, plus tard dans l’année.

Que le Grand Quiz Me Croque. On gagne, ouais. Le meilleur jeu radio JV de l’existence. Si vous avez un autre nom en tête, c’est forcément une pale imitation. Je regarde enfin Madoka Magicka. Cette série a quelque chose de fascinant : elle ne devient vraiment intéressant qu’à partir de son avant dernier épisode… et c’est absolument délibéré. Etrange, mais émouvant sur la fin. Début des Jeux Olympiques de Londres. Le logo est toujours aussi perturbant, un peu comme celui de Resident Evil 6. Je retiens la petite dent de Renaud Lavillénie (et son nom de famille de fous).

Sortie du livre Nolife Story et de ses litotes épatantes. La sortie de The Dark Knight aux Etats-Unis n’est pas très heureuse, bang bang. Quelle belle journée, je suis très gai, il n’y a pas d’homme plus heureux…

#AOUT

Avant de partir enfin en vacances, l’achat d’une 3DS se fait trop pressante, après quelques relances successives de l’Internet qui veut absolument en fourguer à prix cassés pour les lêves-tôt. Récapitulons un peu le line-up qui va avec : il y a d’abord Mii en Péril, cette engeance qui t’oblige à trimballer ton matos partout comme le dernier des drogués. C’est ultra efficace. Nintendo, pro du domaine social. Hé, c’est même largement meilleur que Petits Flirts entre Amis en tant que jeu. En même temps sort Thearthrthrthrythm Final Fantasy. Sympathique, pas bien compliqué, un brin répétitif mais un joli musée pour les fans de la saga. J’en ai pas tiré de grosses découvertes musicales, cependant. Puis il y a ce sacré Kid Icarus. Ah, là là. Nous allons entretenir une relation passive-agressive, tout les deux. Enfin bref, je suis incapable d’y jouer, donc d’y prendre du fun. Enfin, VVVVVV, Métroïd-like rétro et sympa, assez court même. Si vous êtes passés au travers, ça vaut le coup. Enfin, enfin, les jeux vidéo… une sombre histoire de calvaire charnel va déclencher un débat lamentable sur le web : on va parler féminisme. Enfin, ils, moi je suis sur mon hamac à lire le trône de fer… et quelques mangas aussi. Parmi ceux là, on trouve Samidare (non, vraiment, c’est pas bon, mon avis est très tranché, il n’y a rien qui va là) ou Prophecy (oui, il y a un truc, quelque chose, il faut aimer le dessin aussi)

Le Summer Of Arcade est un peu pérave. Dommage, après trois éditions pétries de jeux-phares… heureusement, Harmonix sauve l’univers une fois de plus avec Rock Band Blitz. Meilleur jeu du siècle, trois places avant Bioshock et Paper Mario 2 réunis. 25 pistes assez cool et une propension un peu gênante à trop se reposer sur les réseaux sociaux. Un vrai community manager, ce Rock Band Blitz. Moi, je fais la Sagadaytay 5 sur quelques albums que j’aime bien. C’était une douleur dans les fesses à écrire, plus jamais, de préférence. Le mois se termine sur des trucs de fous : l’habituel Rock En Seine envoie du bois avec sa programmation sans risque mais jouissive. On y trouve Green Day, qui cabotine comme jamais et qui crache son répertoire avec brio (juste avant de sortir cette trilogie douteuse) et Foster The People, dont l’unique album est une de mes obessions de l’année. Ca plus une trentaine d’autres groupes cools. Puis il y a Evangelion. Mon dieu, j’ai enfin découvert et maté cette série. Je suis toujours un peu enduit de transcendance. Sérieusement, c’est de la bonne came, évidemment, le fanatisme autour est un minimum justifié. Enfin, il y a Homestuck, ce fabuleux comic, indescriptible… et lui risque d’être un de mes grands gimmicks de 2013. Ca bute.

Entamons maintenant une très rébarbative série de chiffres : Mario Party 9 est, malheureusement, aussi entreprenant que raté. On dirait cette vidéo où un mec tente de plonger sur une piscine gelée : dommage. Guitar Hero 5 ne coûte plus rien sur les internets et a une bonne playlist, mine de rien. Course à la fortune est aussi sympa qu’un Monopoly, mais est long comme un Monopoly. Et enfin, sans aucun rapport, 3615 Usul est une bonne websérie avec des acteurs sympa et savant mettre les formes. J’ai rencontré Dorian par hasard le mois d’avant, mince.

#SEPTEMBRE

HAAAAA CA Y EST TOUT LE MONDE DECOUVRE SLENDER ET SE FAIT DESSUS HAAAA non attendez, c’est pas si effrayant que ça. C’est un jeu fascinant, on aime y rejouer et il développe une mythologie mais ça ne fait pas si peur, voyons. C’est un grand flippé qui vous dit ça.

Par contre, The End Of Evangelion, suite (non) logique de l’anime, sa fin alternative, était bien flippante en soi, avec son Shinji plus inutile que jamais et son apocalypse fronto-vaginale. Un film à déconseiller aux épileptiques, mais still better than Enter The Void. Les cours sont encore loin, je passe au moins deux journées à mater les Digicritiques de JesuOtaku sur le site du Nostalgia Critic. Cette nana adore faire des vidéos de deux heures pour expliquer un simple point de vue pour une unique saison, nostalgie addictive. Masterchef, hé oui, toujours avec le cheum Demorand, cette fois bizarrement désarticulé façon Angela Anaconda. La France à encore peur. Le Grand Journal reprends comme chaque année – et comme chaque année on est un peu blasés ; ici le rire forcé de Daphné Burki qui nous vrille les tympans et pas mal d’autres trucs. Bazar autour du « film » L’Innocence… qui recréé un bon gros climat bien cradingue et qui créé un gimmick rigolo dans les médias : les premiers jours, tout le monde était infichu de donner le nom du-dit film, qui ressemble surtout à un mauvais vlog, fond vert et tout le tremblement. Deuxième tentative de bibi aux Golden Blogs Awards, je passe de non-shortlisté à sixième et je me fais bien vanner dans le processus. Il est en promo sur le XBLA, hop, c’est la découverte très tardive de Bully : Scholarship Edition. Un jeu tout simple mais relativement bien fichu qui propose un univers original et maîtrisé. Idéal pour caler entre deux actus.

FRIGO

Fin du monde en avance : sentant le sapin avec un paquet de mois d’avance, Harmonix solde une grosse partie de ses DLC de moitié, ce qui à l’effet logique de nous faire dépenser bien plus dans une frénésie acheteuse. Enfin, eeeenfin, Rocksmith sort en France et en Europe en général. Peut être laid comme un pou et pas très user friendly mais assez efficace quand il s’agit de toucher un public de gratteux qui ont quelques bases. La setlist est d’une qualité très surprenante, avec une bonne moitié de titres post-2010. Survivor Philippines se lance – vingt cinquième édition, oui – et c’est bien plus sympa que les Hunger Games… mais là aussi, la fin est spoilée d’avance. Dommage, car c’était un acheminement d’une qualité surprenante, elle aussi.

Poussé par la sortie du 3, je démarre Mass Effect! Shep Shepard, sauveur de la galaxie, savate les journalistes de l’espace avec brio, envoie les gens en cure de désintox et fait preuve de son infinie conciliation. On dirait un snobinard anglais… le jeu a assez mal vieilli, possède des mécaniques de gameplay fossilisés et a cette tendance gênante de mettre le même bâtiment partout dans la galaxie. Au moins, il y a les ballades en Mako.

Alors, Batman, c’est comment? Chiant, malheureusement. C’est bien le premier film depuis longtemps où je vois trop le temps passer. Pas mauvais, vraiment mal rythmé. Par contre, de l’autre coté du spectre, il y a Les Enfants Loups : Ame et Yuki. Une fable délicieuse d’un bout à l’autre, encore un beau film de ma morue au soda. Achat tardif de Mario Kart 7. Rien à dire, rien de particulier. Cette multiplicité de véhicule est déjà là dans Diddy Kong Racing ou même PenPen. Je fais un post à la con sur le thé glacé et il remporte son petit succès, bien sûr. Début des chroniques sur RSP.fm, pour faire peur aux Science-Pistes avec mes jeux bizarres. Ho… et le film Phoenix Wright n’est vraiment, vraiment pas bon. Evitez le, vous allez vous endormir devant.

#OCTOBRE

Fin d’un beau roman, fin d’une belle histoire : le Nostalgia Critic se permet un suicide diégétique avec To Boldly Flee, et c’est sans surprise qu’il annonce la fin de sa rubrique phare. La suite est prometteuse : plus de moyens, un vrai studio, une équipe motivée mais pour le moment, Demo Reel n’est pas super encourageant. C’est la reprise séries US. Les Simpsons entament un vingt-quatrième round, Dexter va devoir se démerder avec sa soeur, ce genre de choses. Grey’s Anatomy atomise son casting avec joie. C’est aussi la reprise pour l’Apero du captain, podcast high-tech trash et jouissif, pour ce qu’ils vont nommer « la saison de trop ».

Toujours dans la série « ça n’en finit pas », le tome 69 de Détective Conan vient de sortir. Hu hu hu, 69. Il faudrait que je remesure, on a peut-être dépassé les dix kilos de manga. Nuits cools, nuits branchées, si fun. Chante les nuits branchées, France 4 organise ses Nuits 4.0., fabuleuse occasion de compiler des courts métrage et de les thématiser. Idéal pour les découvertes et « rencontrer » des créatifs. Felix fait son saut de la foi, et tente à trois reprises de monter dans la stratosphère pour y revenir de la manière la plus expresse qui soit. La troisième sera la bonne et les images sont impressionnantes. REDBULL APPROUVE LA SCIENCE!

Parlons un peu littérature. Le fantastique Cinquante Nuances de Chie fait son boom en France, et moi, petite fleur, je n’ai rien d’intéressant à dire. Bien plus substantiel mais bien plus intéressant, To The Moon aura été un jeu très rapide, très éphémère (une fois de plus) mais installe son joueur dans une petite bulle douce-amère. Pas mémorable du tout mais très émouvant dans le contexte, une petite bizarrerie que je vous conseille allégrement. Haa… quel bonheur. L’ami Amo m’a offert Alpha Protocol et c’est une tuerie, c’est vrai. Son gameplay n’est pas si mauvais que ça d’ailleurs, il est juste très bancal, mais le système cause-à-effets est sincère et se répercute sur les actions les plus inattendues. Un outsider total qui a fait ses preuves et qui n’aura jamais de suite, beuh. Vraiment, il ne coute plus rien, jouez-y, vous y trouverez d’indéniables qualités d’écritures et d’embranchement. Suave? Pro? Agressif?

Sonic Adventure 2 était l’un de mes jeux préférés et je n’aurais peut être pas du télécharger sa énième réédition sur le Xbox Live : ce jeu s’est momifié en dix ans, j’ai l’impression d’avoir profané quelque chose. Je passe aussi mon mois à écouter Blur 21, l’intégrale du saint groupe de Damon Albarn.

Apparition progressive d’un nouveau paquet de chaînes gratuites sur la TNT. Parmi elles, Direct 8, et parmi ses programmes, Amazing Race. Adaptation courageuse s’il en est mais pas très réussie, plombée par des réflexes à la Pékin Express, un petit budget et des épisodes bien trop longs qui zappent le coté « course », justement. Je pensais être immunisé dans mes séries de rentrées hasardeuses à la fac? Hé bien, le Master commence avec des profs peu volontaires (ou juste mourants), hum. Passion rester en bibliothèque universitaire. Soul Eater Not! Sort enfin et méga-surprise : c’est pas mal! Peut être même meilleur que certains passages du manga original si on se met dans l’esprit et le public visé. Skyfall dans les salles et Javier Bardem en méchant pas-très-crypto-gay, sympa, j’ai retenu un James Bond qui, comme nous, prend le métro. Alloresto fait ses pubs avec Katsuni et je fais des avances à Alloresto. Le cycle de la fainéantise. Tremblez, carcasses, le Doritos Gate est là. On se retrouve dans un mois pour comprendre ce que c’est. Comparez avec la Scripted Reality.

#NOVEMBRE

Oui, donc, quel est le problème? Un souci latent s’est cristallisé via une sombre histoire de chips au Royaume Uni – la problématique entre communication et journalisme devient très voyante dans le milieu du jeu vidéo. Pas de bol, ça tombe en plein Paris Games Week qui génère deux écoles : celle qui propose un line-up à constituer soi même pour Noël contre celle des glaireux amateurs de bordel. A vous de faire la part des choses.

Un énorme smiley coeur pour Le Commandant qui sort enfin l’AMV ENFER 2 : PROJECT ASYLUM dans sa version complète. Très, très très belle surprise qui provoque un peu les américains sur leur terrain – le niveau est largement là, aidé par une impeccable rigueur technique. Une véritable tuerie. Le vrai petit truc créatif de l’année dans nos sphères. Ca fait déjà dix ans que j’ai ouvert mon premier manga, c’est le tome 1 de Yu Gi Oh. Pendant ce temps, d’autres font des jeux de carte pour enfants sur des motos. La glauquerie des débuts est loiiiiin. La TNT a maintenant évolué vers sa forme ultime : il y a toujours un reportage de chie façon « Enquête d’action » à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, et tout le monde se passe les mêmes patates chaudes. Si j’entends encore une fois Down The Road de C2C, c’est promis, je mange un bébé. L’UMP, pour ainsi dire, se lole dessus. Le PS avait été précurseur pas si longtemps avant mais on dirait qu’ils souhaitent tellement donner une mauvaise image du parti, ils y arrivent tellement bien, c’est un peu crade. Looper au ciné : postulat super intéressant un peu gâché par des plans moches, mais moches! Ne me donnez pas du gamin surdoué qui hurle, c’est narmesque. La France a encore peur : un gros bouleversement de société va bientôt s’amorcer, le mariage gay/pour tous est dans les tuyaux. Du coup on assiste à un ping pong de manifestations et l’apparition des Femen relance en périphérie un débat d’été assez désagréable (oui, ça se voit, je ne suis pas super conciliant avec tout ça)

Alt Minds, késsadire? Un jeu épisodique par les créateurs d’In Memoriam (Eric Viennot) qui se passe sur le web et les réseaux sociaux. Il a la particularité d’être en temps réel, mais il faut avouer qu’il est un peuuuu chiant, n’ayont pas peur des mots. Quoi qu’il en soit, c’est une démarche encourageant. Edition des Journée Mondiales du Jeu Vidéo – organisées par un pro de la com’. OUPS. Ca reste un événement non intéressé qui promeut le jeu, encore une fois, la part des choses. Je me suis pris Saints Row : The Third – oui, il est sympatique et foutraque, mais trop volontairement débile pour être pris au sérieux. Gameplay assez coulant et facile mais il manque d’identité à force de faire tout ce qu’il veut. Le saviez vous? Canard PC est un magazine avec un véritable humour et une vraie ligne éditoriale. C’est une promo gratuite, ils le mérite, surtout avec l’industrie papier qui se casse la gueule, en témoigne la énième chute du groupe MER7. Mer plus d’argent. Aïe.

walking-dead

« This is going to hurt ». Dernier épisode de The Walking Dead, le jeu. Inutile de vous préciser que ça ne se termine pas dans le rose et les arc en ciels, c’est même un épisode plus court que d’habitude, mais quelle aventure, les enfants. Mémorable comme jamais, on oubliera les ficelles un peu voyantes (faux choix sans effet sur le long terme). Concert de Florence + The Machine au Zénith. J’aime cette femme, j’ai son premier degré, j’aime ses instrus. Glop. Jeu encore, Curiosity est le meilleur équivalent possible au papier-bulle, promotionnel celui-là. Haha, Peter, tu l’as encore fait, quel beau gosse. Sortie de Callof Black Ops 2. Je vais vous résumer ça en m’appropriant un one-liner de mon bien-aimé Yathzee : « Chiant et stupide ». Surtout après Spec Ops qui mettait l’emphase sur la moralité dans le shooter – un jeu bien déprimant – et un Far Cry 3 qui donne un vrai propos à son contenu. On a tous le droit d’aimer, mais c’est un plaisir coupable, tout est cynique dans cette franchise. L’éditeur, les joueurs, le contenu, sa promotion. Rien qui va. Obama est réélu et fait le tweet le plus vu avec sa femme. Quelle morue ce Barrack.

#DECEMBRE

Etrangement, je n’ai pas fait grand chose ce mois ci, c’est, paradoxalement, peut être le moins mémorable. Le fait est que j’ai surtout passé mon temps à bosser pour la fac et entamer sérieusement les hostilités pour rendre un mémoire sur le transmédiatique Steampunk en Juin prochain. La joie des rushs et des rendus, dont un projet de recherche qui, vous vous en doutez, est trois fois moins large que le présent post. LE SERIEUX! Après divers évènements promo dont une soirée quiz au Kawaii, le JDJ me permet de m’entretenir avec les auteurs de Pokémon Noir et Blanc. Sympathique. Encore un truc en solde : Spelunky parachève l’année des permadeath impossible, ici un aventurier qui doit descendre toujours plus bas et éviter mille dangers. Très comparable à Isaac mais en encore plus difficile. Les Video Games Awards récompensent les petites productions au détriment des jeux AAA. C’est encourageant dans le sens où on s’amène vers une logique de cultures parallèles. C’est sympa, non? Petit ratrappage de Breaking Bad. Une des nombreuses victimes des spoilers made in Inrockuptibles. Qu’importe, ça déchire quand même, un vrai bonheur dans la gestiion du drama et de la caractérisation à la pelle. C’est d’ailleurs comparable à la folle aventure de MacAffee qui avait déjà deux cadavres à son actif, une camée et un probable labo de meth dans la pampa. Vous voyez, c’est la même chose! L’année vidéoludique se termine sur ses meilleurs cartouches : Dishonored est un univers formidable, son gameplay est tip top, il est juste trop court. Et Paper Mario, Sticker Star? Le nouvel opus de ma saga fétiche est décevant pour s’être embarqué dans des lignes conductrices très étranges et injustifiées, il est simplifié tout en restant parfois difficile. Bon, les mécaniques y sont toujours et la bonne musique reste en standard, c’est déjà pas mal. Audrey Pulvar lâche l’affaire. Je vais pas me moquer, vous connaissez peut être mes déboires de stagiaire. Sur Twitter, la mode des faux comptes est toujours là, parfois pour insulter tout ce qui bouge, parfois pour faire le malin en ancien français.

La Fin Du Monde n’a pas eu lieu. Dans vos fesses les mayas. Amour pour la petite pastille Sexy Demain sur Canal, qui met en avant tout le talent créatif que la chaîne arrive à induire dans ce genre de format. Wreck It Ralph est un objet essentiel pour nous autres gamers, les références y sont aussi subtiles qu’ouvertes, et le film en lui même est très sympa. Cette année gênante où le Disney est meilleur que le Pixar. Claire Gallois est pas la première à écrire ou dire une connerie sur le jeu vidéo. Oh la la, la Wii U est déjà sortie, il faut l’uploader pendant des siècles avant de profiter de Zombi U, Mario ou NintendoLand. D’autres jeux notables finiront par débarquer le trimestre suivant. ET ENFIN. Découverte de The Hour. Avec The Newsroom qui est probablement une excellente série, l’année 2013 sera journalistique ou ne sera pas. La première est anglais et mêlange habilement L.A. Noire avec la seconde. Grace aux fêtes, je vais devenir encore plus Mac user et je vais twitter le moidre de mes passages aux waters. La foule est en délire. Je vous écrit tout ça dans un bel hôtel, à sortir du spa et à mobiliser tout le room service, je vais avoir une note longue comme le bras mais YOLO. Bonne année, soyez sages.

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Esprits malades

Je rédige ce post en plein séminaire sur Proust, je sais, c’est très mal, mais il faut bien tromper l’ennui. A l’heure où j’écris ces lignes, je regarde tellement dans le vide que je commence à voir à travers les murs. Profitons de ce moment « Dead Zone » pour évoquer des sujets réellement importants. Oui, parlons des internets.

Et des youtube poop.

HA!

La créativité, c’est bien. En tant que mec étant complètement incapable de dessiner quoi que ce soit, je fais partie de ceux qui pensent qu’on peut être créatif sans réellement faire de… création. L’originalité n’a pas à être toujours en jeu. Mixer deux trucs, en obtenir un troisième, c’est ce qu’on fait en boucle avec les Amv Hells. Détourner le message original en modifiant quelques paramètres et en tentant de respecter des normes et une certaine esthétique. Voilà pour «  »l’art » »… mais alors pour le lol, fétiche des intrawebs, feu de mes reins, élément de distanciation ultime, boss final de la toile? Non, bien sûr, ça ne se discute pas, ce serait complètement contradictoire, ce serait comme ce documentaire récent sur Groland qui se touchait un peu entre deux séquences vaguement artsy : comment revendiquer un esprit Hara Kiri si il fait du méta et est commenté par le rédac’ chef des Inrocks, incapable de citer autre chose que les Simpsons et les Monthy Python? MAIS QUEL HASARD! J’adhère totalement à cet esprit pépère et je vais faire la même chose pour le web. Figurez vous que quelque concepts de vidéos débiles, mais alors débiles, retiennent notre attention à tous. « Tous », c’est une myriade de profils qui gravitent entre ce microcosme un peu Parisien et mes connaissances Twitter et consorts – journalistes actu, jv, amis, cas sociaux du web. En bref, nous avons un étendard, un point commun : l’amour de l’aléatoire.

Les youtube poops portent bien leur nom. J’en ai parlé il y a quatre ans, voilà un petit résumé : c’est un espèce de courant Youtube, vieux comme le monde (ou vieux comme Youtube, donc émergeant quelque part en 2006-2007) qui consiste à mixer des images de manière complètement arbitraire, sans réellement avoir de sens. Zooms, filtres bizarres, accélérés et autres procédés esthétiquement douteux, souvent dans le but de faire dire « Penis » à Eggman. Car il faut savoir que les sources sont souvent les mêmes et, surprise, sont relativement semblables et définies selon les pays. Par exemple, les Américains adorent mixer les Aventures de Sonic le Hérisson et atroces cinématiques de Zelda sur Mega CD. Nous, en France, on est plutôt Un Diner Presque Parfait, Tintin, Koh Lanta et C’est Pas Sorcier. Il y en a des plus réussies que d’autres et ça se voit, malgré cette ligne de conduite anarchique : une bonne poop garde toujours une certaine cohérence et fait plus ou moins rire. Prenez une vidéo, inversez là : aucun effet. En revanche, si vous faites dire « bite » à François Hollande, succès assuré.

Voilà un premier exemple, en français dans le texte. Cette oeuvre est nommée « Vilain Fred. » Je trouve ça particulièrement représentatif du grand maëlstrom de vidéos que sont les YTP Françaises. Ce pseudo d’auteur n’est pas particulièrement connu, la vidéo est très perfectible mais les bases sont là : un humour bien dada, des références à la pelle, l’obligatoire « You Spin Me Right Round » est un esprit localisé. Ici, des private jokes du 15-18, cette omniprésence du C’est Pas Sorcier – détourné pour leur faire dire des horreurs, c’est ça qui est délicieux. Ce sera compris en intégralité par une poignée d’Internautes, la vaste majorité sera amusée par quelques séquences (honnêtement, qui ne sait pas encore qui est Morsay?) c’est donc rigolo tout plein, sans aucun sens ni interêt mais compréhensible pour des gens ayant l’habitude d’une certaine culture Internet. Parfois, les blagues se suffisent d’elle même : « Je crois que j’ai vu un /con » – plan artificiel sur le flic, hop, emballez c’est pesé.

Le truc c’est que comme dans n’importe quel domaine, il y a des une foule stagnante et des jeunes fous qui émergent du lot. Des maîres du random qui règnent sur cette grosse pile d’images. Ils s’appellent tojolle, 123 Lunatic ou Jefaischierlesgens, ils forment un microcosme et se connaissent probablement tous. Voilà une vidéo parmi d’autres, on se retrouve et on en reparle après.

Fouyaya! C’était intense. Quelques remarques à partir de là : c’est archi speed, il y a plus de vannes et de conneries visuelles que dans la Cité de la Peur – des culs, des chibres, des HA et SUUS JEEJ SUUUUS. Très important, ça, les SUUUUS. Rien que ce néologisme, obtenu à partir d’un « sur » inversé, devient un gimmick dans les hautes sphères vidéoludiques, ces grands enfants. Chaque micro-vanne est avant tout une référence à une autre vidéo, une autre tendance. C’est la forme ultime de la poop : on mixe les mixs précédents… avec Un Dîner Presque Parfait comme support. Il y a des petits moments de bravoure, à moins que ce ne soit des moments d’hystérie, les « ha! », les « hiiIiiIIi » et autres « LE DINER. » Pour rire à ça, il faut soit l’accepter de manière automatique et être amusé par la dinguerie globale sans piger les « enjeux » derrière, soit avoir une bonne connaissance en Poops, ce qui, je dois l’avouer, ne sert pas beaucoup dans la vie de tous les jours. Je vous rassure, ce n’est pas toujours si auto-référentiel. Par exemple, du même auteur…

Encore un titre très révélateur. Cette fois, on est plus dans l’inconstance typique d’une poop. Pas de thème fixe (et encore, il n’y a que la séquence Bob Lennon et la séquence Denis Brogniart) et un machin construit au fil de la pensée de l’auteur, de phrasé détourné et de rigoleries. « Ben, c’est vrai qu’elle est vachement trop con ». « Hmmmm saucisse » – et je ne parle pas de blagues à base d’orifice. Cette vidéo a tout pour elle : faire dire « lol » et « Suuus » à Denis Brogniart, sublimer l’art du conseil en faisant dire des trucs bien plus réalistes aux candidats, un esprit bien « caca », comprenez, Internet. J’adore.

Dites vous bien que ce type de truc existe avec un tas d’univers pré-existants : Tintin, Trotro, Pokémon, etc. Ces deux vidéos ne représentent qu’une infime partie de cette « tendance ». C’est une bonne manière de rendre hommage à toutes les ambulances du moment. Plus une vidéo est ratée, plus elle a de chances d’atterir dans une poop. Si deux gosses belges singent un JT Jeux vidéo et ont la mauvaise idée de la mettre online, quelqu’un va forcément la sublimer dans un mix vidéo. Elle sera agrémentée de running gags, de gimmicks et mélangée avec d’autres éléments (des « PAPAAA! » ou des « saucisses ») et tout ira pour le mieux.

Montons un peu quelques degrés dans la compréhension. J’aimerais consacrer quelques lignes à un utilisateur Youtube qui nous fait rire depuis plus d’un an. Ce monsieur se fait appeller TheVinzVincent. Il est suisse, en Fac de Lettres (hé, copain) et a probablement une vie normale d’étudiant mais sur le web, c’est un espèce de gênie/schtarbé/boss final de l’internet. Ce mec a un esprit créatif de fou doublé d’un sens très verbeux. Sur Internet, ce genre de profil est souvent cristallisé pour… insulter tout ce qui bouge. Ce cher Vincent ne le fait pas, mais à créé une saga parfaitement débile et aussi dada que les vidéos sus-nommées. Par exemple, j’ai découvert ce jeune homme grace à « La Reine d’Angleterre s’encanaille« . Plusieurs déductions à partir de là : son outil de « travail » est Xtranormal, un logiciel qui permet de faire des vidéos dans un style quelque part entre The Movies et RPG Maker. Le premier pour le coté automatique et facilement personnalisable, le deuxième pour le potentiel de dérivation des résultats. Les voix sont générées par ces logiciels de diction qu’on trouve sur PC, Mac et toutes les bonnes gares routières. On passe de dada à absurde : c’est rigolo, très pince-sans-rire, il y a à peine plus de sens que dans une poop.

Mais ce n’est pas tout! Le monsieur à une fréquence de publication quotidienne (cet héros) et a sur bâtir toute une mythologie dans son channel. Sa toute première vidéo est l’histoire d’une séparation, début d’un grand soap opéra nommé Poluxpolis. Tout plein de non-sens et de one-liners barjots, ça se mate sans fin et entre potes. Il y a quelque chose de fascinant à mater ces personnages robotiques débiter cette syntaxe étrange dont Vincent est l’auteur : « Oui car oui » « Bravo bravo bravo » « Ha bah justement » « Le pouuuulpe, le poulpe » font désormais partie de notre vocabulaire. Je suis très sérieux, on se récite ça entre nous en soirée, exactement comme dans une cours de récré. Les personnages de cette saga sont sublimes : Antoine, le mec le plus teubé de la galaxie ; la fille qui a soixante-deux ans, Alice (qui est lesbienne et qui ne vit que pour être lesbienne, on connaît tous quelqu’un qui ne vit que pour annoncer ses préférences sexuelles à tout bout de champ) et certains ont même leur propre série, comme ce fabuleux Docteur Building dont les consutations se résument à des séances d’insultes. Après tout, c’est pas nouveau : quel est notre premier réflexe quand on tape une phrase dans un synthétiseur vocal? Un machin con ou sexo, souvent les deux.
Laura, qui trouve tout très raciste et qui appelle le Sénat non-stop. Si tu as une cravate bleue, « cela est très raciste des Schtroumpfs, cela repousse les limites du racisme, etc ». On pourrait dire que c’est une manière de se payer la tête de ceux qui voient le mal partout, c’est surtout un perso régressif et hilarant. Tout le monde fonctionne comme ça : un unique élément de caractérisation toujours mis en avant. En résumé, c’est comme les Simpsons de nos jours, mais en bien, fais par un esprit un peu malade. Puis il y a ces moments où ça se perd un peu en chemin. Puis ça va toujours plus loin, de retour dans l’esprit dada. Vincent fait partie de ces mecs qui osent sacrifier leur image niveau santé mentale pour nous faire rire. Un peu comme Morsay, finalement.

Maintenant, vous savez. Des gens, sur Youtube, perdent leur temps pour améliorer le notre. Ce sont des héros. Et ce n’est que deux exemples. Vous voyez, le cool n’est pas mort, il est juste un peu crétin. Donc irrésistible. Je vous invite à regarder les vidéos de ces trois auteurs et de ce cher Vinz, entre deux autres trucs plus sérieux. C’est bien plus drôle que « Sophie et Sophie ».

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Fin de partie

C’est fini pour le Nostalgia Critic. Il raccroche après quatre ans de bons et loyaux services.

Mine de rien, c’est une page web qui se tourne – même si cette expression valise me dresse les poils – ça n’en reste pas moins vrai. C’est un incontournable des personnages web qui, depuis 2008, a su tenir une épatante régularité et qualité de contenu. Mon post sur le sujet date de … Mai 2009! Une éternité qui nous sépare de cette introduction que je vais me permettre de résumer :

Doug Walker est l’une de ces quelques personnes qui sont arrivées à vivre de leur passion sur la toile. Aidé par le matos de son papa et le soutien de son frère, il poste quelques vidéos sur Youtube et paf! Le voilà déjà à la tête d’un empire virtuel et d’une armée de critiques tout aussi compétents mais spécialisés dans d’autre domaines. Doug publie la majorité de ses vidéos sous l’identité du Nostalgia Critic, homme à la casquette bien vissée et à la gâchette façile, un avatar qui passe à la moulinette vieux shows et films des années 90. Tout est en anglais et sous un format qui passe d’un quart d’heure à quarante minutes en moyenne, toujours avec un montage assez poussé, alternant images contextuelles et petits moments d’acting. On peut en trouver quelques uns traduits en sous titré français grâce à une savante combinaison qui s’approche de « Nostalgia Critic Vostfr » sur Google. Cela fait déjà quatre ans qu’on attend chaque Mercredi avec impatience pour décortiquer, découvrir voire les deux – un pan de son enfance. La moitié de l’intérêt de ces vidéos résidaient dans le jeu d’acteur de Doug et son sens créatif, c’est à dire sa façon de trouver de nouvelles manières d’insulter son sujet semaines après semaines. Bref, un bout de la culture du « critique caustique » qui fleurit sur le web et qui marche bien sur cette présente page.

Doug ne s’occupe pas que des Nostalgia Critic et campe une myriade de persos, le « Bum » (un clodo résumé de manière un peu hallucinée le dernier blockbuster) ou le « Mec », de la série « Demande-Au-Mec » (un gonze répond a des questions d’une manière volontairement horrible) – et ce n’est pas la seule personne à bosser sur ce vaste site – Doug Walker s’est entouré d’une équipe bien à lui et d’un réseau de gens ayant eux même leurs équipes, sachant que chaque individualité réalise plus ou moins régulièrement des vidéoss spécialisées. Si vous découvrez ce site et que vous maîtrisez la langue de Shakespeare, bienheureux êtes-vous car vous avez trouvé une manière de combler vos cinquante prochaines nuits. Ce sont des gens qui rodent un modèle économique assez … alchimiste, à partir de rien, et ils ont bien le droit de se féliciter sur l’année écoulée – C’est pour cela qu’à chaque mois de Mai on pouvait trouver une vidéo spéciale anniversaire, histoire de marquer le coup. Pour la première année : une rixte géante avec l’Angry Video Game Nerd (qui a déjà freiné ses vidéos il y a quelques années pour ne plus donner de réelles nouvelles par la suite) en 2010, Kickassia, un véritable long métrage assez moyen. En 2011, Susurban Knights, un encore-plus-long métrage gentiment bof mais amusant ça et là. En 2012, révolution – la fameux « évènement de l’année » met du temps à arriver et on constate une série de cross-overs entre le Nostalgia Critic et tout le reste de sa troupe, sur presque trois mois. La fin de la toute dernière review, Scooby-Doo version 2001, laisser déjà planer quelques indices… et voilà qu’est publié To Blody Flee. Interminable métrage de six siècles que j’ai pas eu le courage de mater, voilà ce qu’on doit retenir de la fin – c’est un film qui, à la fin, est centré autour du personnage Nostalgia Critic en tant que création. Gros bris de quatrième mur et beaucoup de méta pour une fin qui dit « Non, vraiment, n’espérez pas trop en voir plus de ce gars ». Une période de flou, le temps d’espérer que ce n’était pas une emphase canonique…

… et c’est confirmé! Doug nous révèle face caméra la mort du personnage Critique Nostalgique. C’était une menace qui planait depuis bien longtemps – quelques indices apparaissaient ça et là dans les vidéos de l’année 2011-2012. D’abord, une tendance à faire des vidéos issues des années 2000, décennie d’abord interdite de son champ d’action. Puis peut être une trop grosse présence de Top 11, sa catégorie qu’on adore tous mais qui faisait remplissage (il oubliait même le fameux « Parce que j’aime aller un pas plus haut » ; S’il ne tient pas ses propres gimmicks, où va le monde? Probablement quelque part sans lui) et généralement une baisse d’inventivité, ses vidéos étaient moins passionnantes à réaliser et à regarder. Après quatre années complètes de travail intensif, cela se comprend – mais l’arrêt de cette rubrique phare est sensée amorcer une nouvelle phase. Visiblement assis sur quelques fonds, une équipe motivée et une fanbase acquise depuis longtemps, Doug a acheté un studio fort spacieux et nous promet quelques nouvelles productions avec Channel Awesome, le nom de ce petit groupe, qui vient de migrer vers la plate-forme de publication Blip. Je ne sais pas s’il y a un rapport mais on est à l’abri de rien avec mon imprécision légendaire. Quoi qu’il en soit, il a fait la même chose que son personnage – il a accédé a un niveau supérieur d’existence. C’est kif-kif, soit on les retrouve bientôt pour de nouvelles émissions avec des enjeux et moyens supérieurs, soit c’est définitivement fini et on ne les verra plus jamais. Ils seront tous obligés de vivre en vendant des nuggets comme nous tous. Les plus Toulousains d’entre vous pourront toujours lui poser la question en live, début décembre, il sera dans les parages et pour la première fois en France, accessoirement. Pensez-y, le Toulouse Game Show regorge d’ailleurs de pas mal d’autres surprises! J’arrête de prédire l’avenir et je passe à quelques recommandations en vidéo pour ceux qui découvriraient le personnage post-mortem.

L’ineffable vidéo sur Sonic The Hedgehog. La vidéo « beaucoup d’entre nous ». Parce qu’on a tous maté celle là en premier, vers 2009, sans trop se souvenir quel a pu être l’élément déclencheur de cette découverte. On y trouve tout ce qu’on aime chez ce type à son meilleur : énormément d’humour, d’idées, beaucoup de séquences « QUOIIII JE SOULIGNE LA DINGUERIIIIE DE CE TRUUUC » et une conclusion où il campe plusieurs personnages et se parle à lui même. C’était il y a trois ans et on savait déjà qu’il était au sommet de son art. Accessoirement, c’est une belle rétrospective. A l’époque, on ne regardait pas vraiment ça avec un œil critique, il va sans dire.

Coïncidence, c’était la vidéo de la semaine suivante, coup de cœur pour le top 11 des Minfucks. Comme dit plus haut, le top 11 est une marque de fabrique appréciée et visiblement agréable à faire, comme si l’enthousiasme en chargeant la vidéo était double, pour peu que le sujet nous fascine. Il y a comme une tension à dérouler ces tops puis-qu’à l’instar des gens qui calent leur pensée sur ce qu’ils viennent de voir – on aime bien caler nos goûts sur ceux des autres et avoir le même podium serait bien sympa. Voilà une vidéo qui a du demander pas mal de temps et – encore une fois – d’idées, la ramage étant aussi barré que le plumage. Idéal pour faire des découvertes qu’on n’approfondira jamais.

La review de The Room est indispensable (ici en VOSTFR) car elle induit un phénomène purement local – personne en France ne connaîtrait spontanément l’égotrip de Tommy Wiseau. C’est probablement l’un des pires films de la création et, à l’instar de La Vengeance, est tellement pensé pour être cliché et malfoutu qu’il en devient enrichissant et délicieux. Le critique a bien capté ce mouvement et se déchaîne pour soulever tout ce qui doit l’être, avec brio. Ça donne une vidéo purement hilarante… et c’est la seule qui lui a valu quelques emmerdes. Délicieuse ironie : quelque part vers 2018, quelqu’un va analyser To Boldly Flee et le démonter avec les mêmes arguments.

J’ai un fétiche étrange pour la vidéo consacrée à « The Thief And The Cobbler » – et pas seulement parce qu’elle passe un extrait de Harvey Danger (en le créditant pour Lit mrfprpf) – c’était l’une de ces rares vidéos qui m’a partagé une découverte sincère. On sent un travail derrière ce dessin animé, ruiné par cette édition parlante… d’où une indécision de notre personnage et cette capacité à nuancer son propos. Inceste animé! Enfin, sans aucun rapport, j’aime beaucoup sa review de Good Burger car ce film particulièrement con lui a donné beaucoup de grain à moudre, résultat : une vidéo à se pisser dessus.

Et maintenant, kékonfait?

En effet, il y a deux types de chroniques vidéos. Celles qui sont vivantes et celles qui sont mortes.

Ce n’est pas parce qu’on nous a retiré UN rendez vous hebdomadaire qu’il n’y en a pas d’autres – on peut déjà signaler la bardée de geeks surdoués qui peuplent encore ce site. Jesuotaku, la Nostalgia Chick, Linkara… autant de personnes avec un sens de l’analyse surréaliste : quand JesusOtaku résume Digimon, elle fait environ trois heures de vidéo par saison! Encore une fois, je vous recommande très sérieusement les Zero Punctuation (page de liens) qui continuent à émettre… et ce depuis fin 2007 – et il est certain que Yatzhee a encore de beaux jours devant lui : l’actualité du jeu vidéo ne risque pas vraiment de le compromettre en contenu! Dans la catégorie « découverte récente » et enfin quelque chose en français, je conseille tout particulièrement le visionnage des 3615 Usul. C’est un mode de pensée que j’aime beaucoup : prendre une thématique bien définie, l’appliquer au jeu vidéo, rester très généraliste et débiner quelques exemples sans véritable fil de conduite, tout ça avec l’art du Verbe et de la parodie. Germinal, Bob Lennon, Sébastien Ruchet, strictement tout y passe et il y a même du copinage… qui n’a pas l’air d’être néfaste pour le show. Tin tin tiiiiiiin. Souvent très drôle, plein d’esprit et qui se mate vite en intégrale… par contre là, le dernier épisode est très nébuleux sur l’avenir de la saga. Malédiction. Ça n’a pourtant qu’un an. Je n’aime pas faire mon community manager d’opérette mais si vous avez des « rendez vous réguliers » de ce genre, n’hésitez pas à faire partager.

Bref, cher Doug Walker, ce fut un plaisir de vous regarder maigrir et… rajeunir pendant ces années. En espérant que votre avenir soit pavé de gloire, de vidéos de qualité et que le bonheur plane sur votre couche. C’était le Critique Nostalgique, et il s’en est souvenu pour nous éviter de le faire. C’était bien cool, merci.

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Ca n’a aucun sens

> BB : Fais ta phrase d’intro et ton préambule pour la saison

Bonjour, c’est dimanche, et comme tous les dimanches, à Bamako, c’est le jour du mariage.

Sur Internet, l’algorithme du succès est une science bien inexacte. Après un bon mois à ne plus avoir à le cerner, je me suis rendu compte qu’une posture passive était tout aussi marrante! Vous l’aurez peut être remarqué, sur les « sphères vidéoludiques », ce mois d’Aout aura été consacré aux grands débats sur le féminisme, les genders politics et le personnage de Lara Croft où strictement personne n’aura su paraître intelligent sur le bouzin. C’est une question de militantisme si vous voulez mon avis mais hé, ceci n’a pas vocation à être un édito.

Tenez, pour fêter cette rentrée, j’ai ajouté une fonction aussi majeure que graphique : une ombre. Ooh.

J’espère que vous partagez l’enthousiasme qui est le mien face à cette rentrée, que ce soit dans votre vie ou sur Internet. Ma boule de cristal m’indique une année fortement chargée en évènements, des trucs chiants vont arriver, des réjouissances seront à prévoir, le schéma habituel… mais allez savoir, j’ai comme une impression que tout sera un poil plus extrême. Pour moi, c’est le Master, un mémoire, mon entrée dans la vie pro et les concours, deuxième round. Je ne peux que prédire l’avenir très proche sur ce blog : un anime culte, une pelletée de jeux – le monde vient visiblement d’imploser parce que je me suis payé une 3DS – un texte indispensable sur les thés glacés, une introduction à la sagasphère française, l’habituel live report de Rock en Seine, un petit focus sur les jeux oulipiens, une brouette de mangasses (dont pas mal de Naoki Urasawa) et plein d’autres trucs qui, je l’espère, seront aussi agréables à écrire qu’à lire.

> BB : Maintenant, touche toi un peu…

Et pour ouvrir cette cinquième saison de l’Usine à Problèmes…

> BB : Présente ton sujet, garde toi de faire des intertitres rigolos

Je ne serais évidemment jamais tombé sur Homestuck sans Meles Badger, porte-étendard local, mais découvrir ce machin était inévitable pour deux raisons simples. D’une part, ce webcomic est tellement fédérateur qu’il s’est rapidement élevé en véritable petit pan de sous-culture à lui tout seul. Ce que je veux dire, c’est que strictement tout le monde y fait des références/parodies/pastiches etc. J’ai même vu du pr0n un peu barré sans savoir que c’était à la manière de Homestuck. Autre indicateur clair : la page Tv Tropes dédiée est visible depuis l’espace.

Je dois quand même vous avouer un truc : je n’ai pas tout lu. Bon, excusez moi, j’ai préféré l’efficacité à l’exhaustivité mais je me suis quand même enquillé de plus de MILLE PAGES! Rendez vous compte, je suis à peine en train de dépasser le quart de ce qui est publié aujourd’hui, et ce n’est absolument pas une BD à lire de manière trop intensive, votre budget-Doliprane ne vous le pardonnerai pas. Mettez-y vous dès maintenant, gardez vous un rythme, une vingtaine de pages par jour, ça tiendra probablement toute l’année et hop! Vous avez une toile de fond pour le long terme. Le fait est que j’en parle dès maintenant parce que décrire Homestuck, c’est comme décrire une planète jusque là inconnue ; Dans un concept infini tel que l’univers, on est certain d’être dans le vrai. D’ailleurs, si la Genèse caractérise le Créateur par son souffle et sa parole, le dieu d’Homestuck a probablement un énorme déficit d’attention. Je ne connaît qu’une infime couche de cet univers et je sais, sans me tromper mais par pure anticipation, que je ne connais encore rien du truc et que les personnages principaux ne sont probablement pas au complet. Ce qui est certain, c’est qu’il règne en maître sur un énorme pan de l’Internet et qu’avec un peu d’ambition, il pourrait carrément fonder un empire à la Penny Arcade. Bref, moi aussi j’ai mes petits schémas : premier post de la rentrée 2008 => Télé, 2009 => Musique, 2010 => Otakerie, 2011 => Jeu Vidéo, 2012 => Internet. Pour l’année prochaine, je suis coincé, je dois trouver une nouvelle rubrique entre temps. Peut être la sculpture sur Pépito?

> BB : TU VAS LE PRÉSENTER TON SUJET OUI

Bon, bon. Je ne saurais expliquer le pourquoi de l’immense popularité d’Homestuck, mais je saurais probablement introduire ce que c’est car là, pour le moment, ça doit vous paraître comme un espèce de truc omniscient et sectaire. Oui, potentiellement, je l’avoue mais pour l’instant ce n’est qu’un « bête » webcomic. Par une coïncidence stupéfiante, il se trouve qu’il regroupe tout ce qu’on peut aimer dans un univers… car il ne s’arrête pas au dessin. Vous savez, le format habituel étant une page publiée trois fois par semaine – quel que soit le genre ou la visée dudit comic – on reste dans un carcan défini. Homestuck brise pas mal de conventions et y ajoute une forte dose d’interactivité. Enfin, plus maintenant. Enfin… si. C’est compliqué, c’est une question de niveaux! Revenons à la base du concept. Homestuck est un fait une histoire toujours en cours de publication sur le site-receuil MS Paint Adventure. Sur cette page, on peut voir la toute première étape de notre sujet du jour… mais aussi des tas de produits dérivés (livres, albums) ce qui tend à prouver que, comme j’essaie de vous le faire subtilement comprendre, cette histoire est totalement hors de contrôle. MSPA est donc un recueil de webcomics dessinés sous Paint et assimilés (ce qui n’empêche en rien le style d’être joli, je dirais même plus, charmant) qui ont pour particularité supplémentaire d’être dirigés par les Internautes. Andrew Hussie, créateur et gourou potentiel, dessine une page et pose vaguement un postulat de base. Hop hop hop, les Internautes vont derechef soumettre une idée pour la suite immédiate. Toutes les pages ont pour titre une sorte de ligne de commande, comme dans un jeu vidéo. Tout est donc possible, cela donne des histoires fantastiquement déstructurées mais à l’humour certain. Homestuck est la quatrième histoire de MSPA… mais «  »rapidement » », le plot et l’univers sont devenus tellement bons et cohérents qu’Hussie a retiré cette option pour se charger presque exclusivement de l’histoire. Je ne sais pas où se situe ce changement, je ne l’ai peut être pas dépassé, mais avoir cela en tête explique énormément de choses quand on lit Homestuck – sans quoi on peut se dire que l’auteur est sévèrement atteint ou juste incapable de se concentrer plus de deux secondes…

Et il n’est pas innocent de préciser que tout le site est caractérisé par cette dernière création… cela fait maintenant trois ans qu’elle tourne et elle occupe 5000 sur les 7000 pages du site! Je viens de finir l’acte 3, dans les 1100 pages. Vous pouvez même vous amuser à lire les autres, bien plus courtes… mais il est clair que l’identité du Magnum Opus est toute trouvée.

> BB : Précise un peu au lieu de te la péter avec tes locutions!

Je vais tenter de résumer l’histoire mais je suis moi-même certain de ne pas encore avoir effleuré le synopsis! Essayons quand même : quatre amis, ayant pour point commun la faculté de tous avoir des anniversaires très proches et de tous posséder un coffre rempli de trucs crétins se lancent dans la bêta d’un nouveau jeu ; Jeu qui va rapidement s’ancrer dans la réalité. Leur vie va devenir un jeu. Un soft particulièrement bien fichu avec une interface façon Sims, beaucoup de similitudes avec un RPG, des MONSTRES, de l’EXPERIENCE, un fort sens de l’IRONIE et une propension à mettre l’emphase sur les termes IMPORTANTS. Croyez-le ou non, mais j’ai une AMIE FACEBOOK qui écrit comme CA. Quatre personnages humains donc : John, le supposé héros, traumatisé par les clowns – Dave, le mec complètement cool qui envoie les beats qui respirent la coolitude, Jade les pouces verts et Rose, fille parfaitement rationnelle et réfléchie, même en face de sa mère de sa passivité-agressive totalement ironique. Vous avez l’impression que j’écris n’importe comment? C’est normal. Tout Homestuck est comme ça.

Alors dès maintenant, gros warning sur la question du langage. Vous avez de la chance, c’est disponible en Anglais ET en français, toujours en traduction. Dans le premier cas de figure, c’est un anglais extrêmement riche, imaginé, rempli de néologismes (REMPLI.) et de formulations improbables : vous devez avoir un niveau universitaire. Il y a un revers cependant : le lire en anglais permet de choper une infinité de subtilités en plus, cette langue ayant comme capacité de traduire des concepts bien plus directement. En revanche, la version français est « simplifiée » mais reste tout à fait fidèle… et tellement plus reposante! Homestuck n’est pas un truc qu’on lit à la va-vite pour se débarrasser, chaque page contenant une infinité de petits détails et rigoleries. Vous voilà prévenus et, de toute manière, on peut toujours jongler entre les deux.

> BB : Très bien. Maintenant, explique un petit peu ce qu’il y a d’unique dans ce webcomic?

Haaa mais cette voix dans ma tête à tout fait raison. J’ai toujours aimé deux trucs : l’interactivité et les génies du Flash. Ce sont les raisons qui font que je suis tombé amoureux des Impossible Quizz et d’Ouverture Facile, par exemple (Bam! SEPT ans en arrière!) – Homestuck témoigne d’une utilisation de plus en plus poussée et judicieuse du flash. Certaines pages sont bien plus que des BD. Une petite moitié d’entre elles sont animées (et certaines tiennent plus du court métrage) mais d’autres permettent au lecteur – qui deviendrait presque joueur pour le coup – de prendre le contrôle et de bidouiller un peu. Combattre un monstre, jouer d’un instrument, faire prendre au perso des poses hystériques, les trois à la fois, etc. Encore une fois, je ne peux pas imaginer les trésors d’ingéniosité que me réservent la suite. Ce truc est un énorme bordel mais un monstre de créativité. Vous savez pourquoi j’ai choisi ce pseudo? Pour l’humour absurde de Mandryka et pour la capacité du Concombre à avoir son propre vocabulaire cingliphonné. Même chose ici. On sent littéralement la tête des auteurs déborder d’idées, de concepts, d’horizons à explorer. Donnez des responsabilités à ces gens là dans quelques années, ils vont vous pondre le meilleur jeu indé qui soit.

Hé oui, ce qui caractérise Homestuck, c’est la cohérence d’ensemble, mais aussi cette capacité à garder stable un univers ridiculement complexe. Ces arcs narratifs tiennent debout grâce à un sens un peu énervant de l’aller-retour, mais aussi grâce à l’assiduité de certains gimmicks (narratifs voir langagiers) et son « esprit » indéfinissable. Il faut le lire pour piger : les persos ne ramassent pas des objets mais les gardent dans des « decks » aux propriétés étonnantes, les fusionnent, tabassent du lutin avec… et ils communiquent via un simili MSN, tout les dialogues sont retranscrits et ils traduisent des idées de génie dans la caractérisation et l’écriture d’un personnage. En Français, tout ça est merveilleusement bien retranscrit, d’ailleurs. Ho, pépite sur le gâteau : j’ai parlé de Flash? Oui, mais cela est l’occasion de rappeler que certaines pages sont musicales et permettent de montrer qu’il y a aussi de bons compositeurs de chiptune dans le lot. Non, vraiment, en plus d’être omnisciente sur le web, je crois que cette bédé est omnisciente dans nos esprits. Le parfait mélange entre jeu vidéo et Webcomic est ici et pas ailleurs.

Cet art du texte bien fichu, nom de nom. Homestuck est drôle. Dans son style, dans son écriture, dans son sens de l’absurde. Peut être que cette direction n’est pas vouée à durer. En tout cas, dans les premiers arcs, certaines planches (et ce sens du détail) sont à se faire dessus. Totalement IRONIQUE.

> BB : IT KEEPS HAPPENING

Argh, ces escaliers. Je vous le conseille fort, lancez vous dans ce webcomic. C’est la tanière du lapin blanc, à son meilleur. Si ça se trouve, c’est voué à devenir un vrai truc dramatique avec des gros spoilers et tout ce qui va avec. Peu de temps après le début de l’intrigue, l’apocalypse guette, le sort du monde est en jeu et tout le tremblement mais cet univers promet une infinités… d’univers qui ne demandent qu’à être explorés. Non, vraiment, décrire Homestuck n’est pas chose aisée. Voilà les quelques conseils pour résumer : ne vous laissez pas endormir par le début. Lisez tout, chaque dialogue, ne sautez rien, passez à autre chose. Ne lisez rien d’autre sur le bouzin avant de vous y lancer. Peut être que, dans quelques temps, j’en ferais un post un peu plus définitif.

Vous voyez, par exemple, ça fait deux ans que je vois ce perso partout et je ne sais toujours pas qui c’est!

> BB : C’était vraiment incompréhensible. Maintenant, bouge-toi les fesses et va trouver un travail pour Septembre. Oh, et commence dès maintenant à te construire un bunker parce que dans trois jours tu vas faire un post sur Evangelion.

Oh merde.

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