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Les mathématiques c’est fantastique

(Par @AlexisYj)

Au départ je voulais vous écrire un truc sur la dernière saison de Survivor, mais vu que dans sa globalité elle a été aussi chiante qu’un Koh Lanta (bon OK y a eu du serious biglol move, genre viens on va au tribal council à la place de l’autre tribe, ça c’est de la stratégie de haut niveau, digne d’un Erik Reichenbach) je vais plutôt parler de maths.

Alors là vous vous dites peut-être que c’est pas vraiment le meilleur endroit pour parler sciences, encore que, mais attendez ! Vous savez sûrement que chez nos amis japonais, n’importe quel sujet peut se prêter au manga (sorte de Rule 34’ ; if it exists there is a manga of it). Des combats de toupies, un manga ; un club de musique, un manga ; de la GRS, un manga ; des boulangers, un manga ; un jeu de carte avec des poèmes, un manga.

Du coup, alors que chez nous certains ont la phobie des maths, rejettent la faute à l’inconscient et en font un super reportage pour le passer dans le journal de 20h de la première chaîne publique ; Hisaka Mika, elle, en a dessiné un manga (enfin c’est tiré d’un roman de Yuki Hiroshi, mais on en parlera plus tard parce que je l’ai pas lu).

Mathematical Girls (Sûgaku Girl en VO), c’est l’histoire d’un lycéen (qui n’est jamais nommé mais vu que c’est à la fois le héros et le narrateur on va pas lui en vouloir) qui rencontre une fille, Miruka, lui parlant en suites mathématiques. Alors comme c’est pas super pratique il trouve la solution et deviens plus ou moins amis avec elle. Vu qu’il aime bien les maths et qu’il est plutôt bon dans ce qu’il fait, il donne aussi des cours à une kohai, Tetra, qui elle est du genre bidon en math par contre, au début en tout cas.

Une photo de Math Girls sur ma liseuse histoire de faire un peu meta.

Le manga nous raconte donc les problèmes mathématiques que Miruka propose à notre héros ou bien les sessions de tutorat qu’il a avec Tetra. On passe de suites mathématiques aux définitions ou à de simple équations pour aller jusqu’à la trigonométrie. Le tout avec un niveau plutôt lycée que collège parce qu’on a pas de trucs genre CASOTOA (non ce n’est pas le début d’une réplique d’un ancien président, mais un super moyen mnémotechnique qu’on t’apprends au collège pour te souvenir que le Cosinus c’est le côté Adjacent sur l’hypoténuse, le Sinus le côté Opposé sur l’hypoténuse et la Tangente le côté Opposé sur le côté Adjacent) mais des identités avec des lettres grecques dedans.

Serious business, avec des lettres grecques and shit.

Pensez pas non plus que vous allez devenir une tête en math après avoir lu Math Girls, c’est pas le but de la chose, de toute façon la majorité sautera les passages trop matheux pour se concentrer sur la romance lycéenne.
La romance, parlons-en, Tetra en pince évidemment pour son senpai alors qu’on voit bien qu’il y a une certaine tension entre lui et l’impénétrable Miruka. Mais comme Miruka parle que de maths c’est pas gagné pour notre héros. Bienvenu dans un triangle amoureux dont je vous laisse découvrir la (non-)fin.

Jealousy chair kick!

Pour en finir avec le manga, on passe un agréable moment, les chapitres composant les deux tomes n’ayant pas réellement de suite logique on découvre, ou redécouvre, à chacun d’eux un problème mathématique sous un autre angle. Si vous voulez vous remémorer, ou au contraire oublier vos cours de math du lycée, je vous invite à vous procurer Math Girls-

OBJECTION

Alors ouais je vous entend déjà, mais détrompez-vous, si vous voulez lire Math Girls, le manga, en papier, dans une langue compréhensible (bon ça sera l’anglais hein, faut pas trop en demander), c’est (peut-être) possible avec Bento Books et Kickstarter !

XKCD en parle, ça doit être bien alors

Comme je suis sûr que certains connaissent pas encore Kickstarter, en gros c’est un site qui propose du financement collaboratif de projet (du crowdfunding comme ils disent). Chacun décide de donner $X pour le projet, il peut recevoir une contrepartie en échange de sa promesse (bah ouais, les gens font pas des dons comme ça) et si le total des dons dépasse le seuil, le projet se réalise !

Appliqué au sujet qui nous intéresse, si vous avez décidé de donner $35 (pour le pledge à 25 et les 10 supplémentaires de frais de port internationaux) et que le projet atteint les $9,000 au final (ce qui est pas trop mal parti au moment où j’écris ces lignes), vous serez l’heureux propriétaire du premier tome de ce manga ! (Ouais ça reviens cher pour un manga on est d’accord, mais quand on aime les maths on ne compte pas.)

Revenons maintenant aux racines. Comme indiqué précédemment, le manga est tiré d’une série de romans de Hiroshi Yuki. M. Yuki c’est un chic type, il écrit des livres sur le refactoring en Java, des introductions à la cryptographie ou aux wikis et même des quizz sur Perl. Il aime bien les maths aussi, si bien qu’en janvier 2004 il posta sur son site une petite histoire nous présentant Miruka qui montre au narrateur comment trouver les formules de l’angle double à partir de rotations vectorielles.
Bizarrement le succès est au rendez-vous, alors M. Yuki va continuer à sortir ces petites histoires avec nos deux personnages, y introduisant plus tard Tetra.

En 2007, toutes ces histoires sont combinées en un roman publié chez Softbank Creative. Et bim, best-seller ! Du coup on a le droit à des suites qui parlent du dernier théorème de Fermat (en 2008), des théorèmes d’incomplétude de Gödel (en 2009), des algorithme probabilistes (en 2011) et de la théorie de Galois (qui devrait être publié ce mois-ci, et ça commence à faire beaucoup de mathématiciens français dans des romans japonais) avec à chaque nouveau roman, de nouvelles math girls.

Une somme de cœurs en couverture, comme c'est choupinou.

Ça vous intéresse ? Alors bonne nouvelle (si vous lisez l’anglais, encore une fois), nos amis de Bento Books (toujours eux) proposent une version traduite du premier volume et travaillent probablement sur la suite (ou en tout cas s’y remetront quand ils auront fini avec le manga).

Pour résumer Mathematical girls est l’adaptation manga du premier volume de la série atypique de Hiroshi Yuki, les volumes 2 et 3 ayant eu, eux aussi, droit à une version manga en deux tomes mais par d’autres artistes. Si vous êtes encore au lycée, lisez-le ça peut vous être utile, sinon bah lisez-le aussi parce que c’est sympatoche et qu’au pire vous pouvez sauter les explications mathématiques si ça vous intéresse pas.

Awww <3

Allez hop, on va finir par une super blague de matheux ; alors c’est l’histoire de deux fonctions qui vont au resto : exponentielle et logarithme (faut dire que ça doit être fun de manger avec sa réciproque), arrive le moment de l’addition (ouais c’est pas maintenant qu’il faut rire même si parler d’addition dans un dîner entre fonctions mathématiques ça reste cocasse) et l’une des deux paye la totalité de la note. Mais qui est-ce ?
Bah c’est l’exponentielle pardi, parce que le logarithme népérien.

*Ba Dum Tss*

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The game

(Par @Jedesuis)

Hey, vous vous rappelez de Kaiji ? Vous savez, ce type jouant sa vie sur des jeux « de hasard ». Et bien il n’est pas le seul à exploiter cette idée puisque, chez votre mangassier, vous pouvez aussi trouver Liar game. La comparaison était obligatoire mais le traitement du thème est assez différent sur ce dernier, se focalisant moins sur la pression de son protagoniste et la narration. Regardons ça de plus près, voulez-vous ? Pardon ? Ah oui, enchanté, Jedesuis pour vous servir.

Liar game nous raconte l’histoire de Nao Kanzaki, étudiante au caractère naïf et au père mourant (ce dont le manga se fout complètement). Cette fille reçoit un jour une lettre étrange, lui demandant d’extorquer 100 millions à un autre participant tout en évitant de se faire extorquer les 100 qui lui sont confiés. Elle se fait facilement avoir et décide donc d’appeler un ex-taulard à la rescousse pour éviter de s’endetter. Ainsi, ils se lancent dans la série d’épreuves où beaucoup de yens (environ beaucoup/120 d’euros) seront mis en jeu. Derrière ces jeux, les mystérieux membres masqués du LGT aux buts incertains mais certainement mauvais (Désigner un Liar king ? Arnaquer le plus de personnes possibles ? Tuer des bébés baleines ?) et aux moyens conséquents, comme toute compagnie maléfique qui se respecte. On retrouve ces hommes dans la présentation des différentes épreuves et en train de se popcorner devant les épreuves en question (tout est subtil chez ces gars, même leur mise en abyme).

La trame globale est donc placée et ne vous attendez pas à de grosses surprises de ce côté-là. Si le but est plus ou moins de lutter contre ce véritable ennemi qu’est le LGT, cela ne se fait pas de manière très brutale et consiste plutôt à continuer de gagner les épreuves pour pouvoir leur faire « Bisque bisque rage ». De manière plus générale, le scénario en-dehors des jeux n’est pas le point fort de Jeu de menteurs. Vous reconnaîtrez assez vite un schéma commun dans le déroulement des épreuves et quelques procédés narratifs un peu trop évidents. Par exemple, devinez ce qui se passe quand on s’intéresse soudainement à un adversaire plutôt qu’aux héros et qu’on voit ce dernier effectuer un stratagème « inévitable » ? Vous donner la réponse s’apparenterait à du spoil mais vous avez l’idée.

De même, si les personnages deviennent après quelques tomes plus sympathiques qu’on aurait cru, quand l’auteur veut les développer en leur rajoutant un peu de background, c’est assez maladroit et cliché. Ils auraient vraiment gagné à avoir leur passé sous-entendu plutôt que balancé par bloc mais cela n’arrive pas très souvent.

Et puis tiens, tant que j’ai le couteau en main, un autre défaut a du vous frapper si vous avez déjà ouvert un des premiers tomes ; c’est laid. Les personnages ne sont pas très beaux et on a des proportions parfois complètement surréalistes. Mais de ce côté, je peux vous rassurer tout de suite en vous disant que le dessin s’améliore progressivement au long du manga, et qu’il devient par la suite beaucoup plus agréable.                                                               Le même personnage à quelques tomes d’écart.

Cela mis de côté, nous pouvons maintenant regarder le cœur de l’œuvre ; les jeux. Première bonne nouvelle, le manga est très précis. On passe plusieurs chapitres pour l’explication de chaque jeu et on donne des exemples. De même, les stratégies employées sont très explicitées, schémas à l’appui, ce qui peut être très utile. C’est toujours rassurant de savoir qu’on ne risque pas de tomber sur un quelconque deus ex machina ou une résolution frustrante. Après, si j’étais légèrement mauvaise langue, je dirais qu’il donne parfois trop de précisions inutiles et si je l’étais franchement, j’en déduirai que c’est pour laisser des ouvertures à un auteur qui ne connaît pas la fin de ses arcs à leurs débuts. Mais je ne le suis pas et tout va donc pour le mieux.

Comme je le disais, être guidé est parfois nécessaire puisque les jeux sont de complexité et de longueur variables. Un jeu peut durer d’un demi tome à trois (pour le moment) et peut aussi bien être aussi simple qu’une roulette russe (à blanc) qu’aussi complexe que… et bien, c’est assez dur à résumer donc pensez à quelque chose de très complexe. Merci. Parfois, le but n’est pas de gagner mais repose plutôt sur une gestion très poussée de l’argent mis en jeu. Très poussée. Si vous ne faites pas confiance au manga pour les chiffres, vous pouvez préparer votre calculatrice puisque enchaîner les suppositions sur les mouvements adverses ou alliés peut être parfois très statistique. Le jeu peut s’organiser en équipe ou être individuel et les méthodes employées sont parfois à la limite des règles imposées. Oui, je pense beaucoup à un arc dans ce paragraphe mais ce que je veux vous dire est qu’il y a une vraie diversité dans les épreuves et que, évidemment mais parfois de manière très originale, les jeux ne sont jamais dus (uniquement) au hasard.

Dit comme ça, on dirait que Liar game est un immense problème de maths mais vu le titre, vous vous doutez bien que ce n’est pas le cas. S’il y a bien un élément commun à toutes les épreuves, c’est l’aspect psychologique. Nous parlons de jeux où former une alliance peut doubler ses chances de victoire et où la trahir peut les quadrupler. Le but de convaincre les autres pour des intentions plus ou moins sympathiques est donc bien là, quand le jeu ne se base pas quasi uniquement sur cet aspect. Je ne sais pas si les termes de psychologie évoqués sont exactes mais le fait est qu’il y en a et qu’ils sonnent assez vrai pour qu’on se pose la question. Bon, pour être parfaitement honnête, il faudrait dire que les participants sont de manière générale assez facile à duper, ce qui pourrait rendre le côté psychologique un peu automatique. Mais dans la plupart des cas, il faudra bel et bien gagner la confiance des autres pour former une équipe. Eh mais, attendez une minute. Equipe ? Confiance ? Des valeurs positives ?                                                                                     Promis, dernière image du premier tome.

Je vais ici commencer un compliment un peu tordu, suivez-moi bien. On a un peu l’impression, au début, que le manga nous dit de Nao : « Ah ah ! Regardez ! Elle est pleine d’espoir en l’humanité. Quelle conne ! » mais cela s’estompera de manière assez radicale par la suite. Ce que je veux dire, c’est que l’héroïne est foncièrement gentille et elle s’en sort. Son but est de sauver le maximum de personnes et elle le fait. Pour elle, le jeu est un gigantesque test de confiance et elle continue. Ce que ce spammage aléatoire d’écriture italique veut vous dire, c’est que le tout n’est pas pessimiste et tend même vers le contraire. Oui, oui, c’est une qualité pour moi. En ouvrant ce genre de lectures, on peut s’attendre à une vue assez sombre de la société, montrant tous les humains comme des ordures avides qui s’en sortent dans le jeu parce qu’ils sont des connards finis ou friqués (je m’efforce de ne pas citer Kaiji en exemple et j’ échoue) mais ici les perdants sont sauvés et les méchants repentis. Et avant qu’on me le cite dans les commentaires, oui à l’exception du gars au fond qui bute des souris et des autres contre-exemples qui apparaissent dans des tomes pas encore parus en France.

Que dire d’autre ? Je n’ai pas dit que le mangaka était Shinobu Kaitani parce que je suis un sale amateur et que je connais rien de son autre manga, One Outs. Je n’ai pas parlé du premier spin-off, Roots of A, qui n’en est pas complètement un puisqu’il ne consacre qu’un chapitre à notre héros, le reste étant différentes petites histoires assez sympa pour des scénarios d’un chapitre. Je n’ai pas non plus dit que l’édition française était assuré par Tonkam et en est actuellement à 11 tomes, mais nous en sommes au point où la parution ralentit fortement en prévision du rattrapage de celle japonaise. Ne prévoyez pas de relectures régulières du manga. Après, c’est vous qui voyez mais si vous aimez ce concept de jeux et les stratagèmes complexes mélangeant psychologie et statistiques, Liar game fait très bien le boulot tout en évitant de vous rappeler toutes les trente secondes que votre société est pourrie. Cela peut s’avérer une lecture très attachante, en parti grâce à la dose de suspense omniprésente qui va avec ce types d’histoire.

Oui.

Oh, et aussi, je remercie Traquenard-sensei pour le conseil. Si vous voulez des infos sur la série live issue, c’est lui qu’il faudra harceler.

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Digitalisme

C’est jeudi, c’est nostalgie. Allez, je me suis déjà enquillé 8000 mots pour diverses choses les quatre derniers jours, je peux bien en faire un ou deux derniers – mais pardonnez moi si je la joue un peu courte – je dois me farcir trois heures de lecture automatique tout les jours et c’est pas l’évidence même – AUJOURD’HUI, messieurs les jurés, nous allons tenter de répondre à l’une des questions les plus importantes qui soient. Aujourd’hui est le jour définitif où nous allons savoir pourquoi Digimon c’était mieux que Pokémon!

Je me demande si c’est une problématique bien raisonnable pour un gars de mon âge mais rappelons que des gens plus ou moins matures regardent toujours un dessin animé pour l’éveil avec des poneys magiques. Oui, c’est un frag facile destiné à honteusement détourner votre attention -  toujours est-il que la série est, visiblement, toujours nourrie au lance-pierre dans son canon par des saisons récentes que j’ai ni le temps, ni la véritable envie de regarder. Hé, ce n’est pas l’intention qui manque, loin de là, mais je pense pouvoir dire sans me tromper que le souvenir de cet anime, diffusé il y a déjà dix ans le Samedi Matin sur la Une, est une digimadeleine de Proustmon pour pas mal de gens de la même génération. Cependant, en parler avec une simple vue de l’esprit, un souvenir positif ne serait pas super intéressant : je vais enfin appliquer le running gag que j’entretiens depuis trois ans et des brouettes et expliquer pragmatiquement pourquoi les créatures digitales sont bien plus sympas que ces foutus monstres de poche. Ne sont-elles par adorables?

Si, évidemment! Mais quand bien même tout ce que je peux entamer ici va sonner comme des axiomes et évidences, on ne met pas nécessairement le doigt sur ces choses là. Je suppose – je dis bien suppose – que cet anime a été fait dans une vague tentative de contrer le phénomène Pokémon qui décimait déjà tout sur son passage depuis déjà deux ans. Alors oui, l’anime est une porte ouverte à du merchandising à outrance, il y a aussi eu le jeu de cartes, les jeux vidéos (je suis sûr que ramasser des cacas roses est une constante mémorielle pour ceux d’entre vous qui avaient une Playstation) et tout le tremblement habituel, certes – mais je reste persuadé que cette manière de contrer les choses se faisait avec beaucoup de bonne volonté et de bonne foi : faire du pognon peut être, mais le faire sans prendre les enfants pour des cons. Cette critique croisée se fait donc sur de simples souvenirs sur les deux animes, matés religieusement. Un jour, je me remettrais à tout ça et peut être que je ferais une rencontre paume-front en me disant « Comment j’ai pu adorer un truc pareil? » – en attendant, j’ai toujours les VHS, bitches. Même ficelles pour parler à notre génération : des animaux rigolos, de la baston, même combat?

Pour allier pratique et amour du néologisme, appelons les deux univers par Team P et Team D.

SNORE SNORE SCENARIOS

C’est évidemment un bien grand mot pour la team P : dans un monde alternatif où le système éducatif est remplacé par une grande quête initiatique, tout les gamins de 10 ans sont invités à jouer les Kerouac et à partir sur la route chasser le pokémon et les badges, sorte de distinction académique. Inutile de se lancer sur un discours pragmatique sur les dingueries de ce système et de bitcher contre le métier de Maître Pokémon (beaucoup d’appelés, peu d’élus, il faut l’avouer) le scénario est incroyablement cyclique dans l’anime. C’est con tout de même, ce genre d’univers alternatif est une fabuleuse idée de jeu, mais l’adaptation en anime fonctionne selon un schéma qu’on connaît tous : une «  »"intrigue »" » de fond qui se déroule à vitesse de bébé asthmatique pour privilégier des mécaniques feuilletonantes à l’extrême, j’y reviendrais. Quinze ans plus tard, Sasha n’est toujours pas arrivé à réaliser son rêve et pour cause, on sait pas ce que c’est!

Du coté de la Team D, c’est un poil plus compliqué mais ça commence aussi dans un simili scénario de Stephen King : sept gamins sont en camp de vacances, aperçoivent une aurore boréale et sont aspirés par ce grand bug de la matrice dans un monde alternatif. Rencontre avec les bestioles – une par personne – et l’objectif premier et de rentrer chez soi. Voyage initiatique, deuxième, avec quelques variations toutefois. Le bouzin tourne rapidement en sauvetage du monde digital, puis du vrai… et ceci ne concerne que les premières saisons! L’enjeu évolue, trouve une conclusion… et la première saison aurait tout à fait pu aboutir sur une fin définitive. 50 épisodes et voilà! Dans le premier cas de figure, le scénario est mis au second plan, il n’est même pas tangible – mais dans la team D, il est posé d’office, évolue, est transformé, trouve quelques rebondissements et est reconduit dans d’autres saisons… qui prennent la chose d’une autre manière! Par exemple, dans la troisième saison, tout le canon précédent est considéré à notre échelle, comme un anime dans l’anime… sauf que les Digimons sont tout aussi réels. Je pose des formulations alambiquées sur des concepts simples mais la différence est évidente.

COMBAT D’INFIRMES : Persos clichés contre persos crétins

Ce ne pas comme si les personnages de Pokémon étaient de mauvais personnages, ce sont juste des plantes! J’étais complètement fasciné par le show, comme tout le monde, mais rétrospectivement il était déjà évident que tout le monde ne se caractérise que via un unique trait : Pierre est un gros queutard (c’est un homme à femme, mais il ferme toujours les yeux, c’est en fait un grand romantique) Ondine fait la tsundere mais incarne surtout le jeton-féminin, position remplacée chaque année, c’est un peu comme Doctor Who mais sans explication potable ; Sacha est le jeune fougueux sans passé ni libido, héros niais un peu type de l’époque. Ni réellement intelligent, ni fort, mais n’incarnant pas de « mauvaises valeurs ». Jusque là – pas de soucis… pas que sait-on d’autre sur lui? Si je vous dis « Sacha », qu’est ce que vous viendra en tête? Une casquette? Sa mère? Bande de déviants! Son nom de famille – à priori Ketchum – est une quasi inconnue, personne n’a de background, de motivation autre que ce désir de réussite un poil bestial… etc. Tout les autres font figurations et sont – parfois littéralement – interchangeables. Oui, souvenez vous de l’infirmière Joëlle et de la fliquette dont le nom m’échappe… soi-disant une immense fratrie, mais oui bien c’est bien sûr!

Douze ans plus tard, Izzy est toujours sur son PC

De l’autre coté, les sept personnages du monde digital étaient… chiants et clichés. … et c’est bien parce qu’à priori, c’est exactement ce que sont les enfants de 9 à 12 ans, non? Il y avait cette même unicité de caractères : le leader, le poulidor, le geek, la pourrie-gâtée, etc. Tout le monde n’était pas appréciable de base, c’était délibéré. Les défauts des un et des autres étaient voyants, et l’une des directives de l’anime était de montrer comment surpasser ces divers écarts en mettant l’emphase sur des valeurs (avec ces jolis petits « symboles » qui font évoluer les créatures, vous aurez compris l’idée) certains s’engueulaient, se faisaient la tête et se bastonnaient parfois, des indices de romance étaient disséminés là et là (juste de sous-entendus, faut pas pousser à cet âge) et le pauvre petit TK a assumé son rôle de boulet jusqu’au bout. Ça se voyait, il y avait souvent ce schéma un épisode = un personnage mais ces derniers avaient de la personnalité, bon sang! Des profondeurs! Dans les deux premières saisons, on notait des thèmes un peu risqués comme l’adoption, les petits frères décédés, la jalousie… ce genre de chose qu’on retrouve dans la vraie vie – AVEC DES MONSTRES! C’est génial! Supériorité totale et absolue!

Quid des bestioles?

Là aussi, le défonçage de portes ouvertes est imminent. Les Pokémons sont des animaux mutants choupis qui ne savent dire que leur nom. Les autres parlent. Ils ont donc des sentiments, une personnalité, ils sont humanisés. C’est tout, on pourrait s’arrêter là. Tous peuvent se battre et invoquer divers éléments pour mettre sur la tronche de l’autre mais la finalité n’est pas la même : c’est un sport dans le premier cas de figure, un mécanisme de défense dans le second. Ça implique une particularité : il existe de méchants Digimons. Très souvent androïdes, plus intelligents donc maboules et un poil sadiques et psychopathes, le deuxième anime impliquait toujours de se battre contre les forces du mal, cette bonne vieille expression valise qui n’échappait pas à un certain manichéisme mais c’est comme ça, c’était les virus, pour reprendre la terminologie du canon. On pourrait même y retrouver ce bon vieux Hobbes en interprétation mais je ne mange pas de ce pain là. Même ce système « d’évolution » a été repensé d’un univers sur l’autre – ça reste définitif chez un Pokémon et ça reste pour ça que le pauvre Pikachu refusait toute pierre foudre – il craignait la dépersonnalisation, le fait d’être renié quoi, ce n’est pas quelque chose qu’on peut vraiment conceptualiser quand on est un bout de chou. A notre échelle, on se dit juste « mais il ne sera plus jamais le même! »… et ça suffit amplement. De l’autre coté, ça peut faire du yoyo entre quarante stades d’évolution, ça donne de cools séquences en 3D (et insuffle des fétiches bizarres aux gamins) et ça permet de « profiter » de ses monstres favoris sans problème d’apparence définitive. Bon, la logique était toujours un peu étrange, faudra m’expliquer comme Palmon et sa voix de camionneur arrivait à une fée/nymphette végétale mais cela ne nous regarde pas. Ce que je veux dire en trois mots : c’était plus malin.

En reliant mes deux paragraphes précédents, on arrive à ceci : les Pokémons étaient des machines de guerre, les Digimons des espèces de copains sympas d’aventure. C’est évidemment plus fédérateur et un meilleur moteur d’intrigue! On peut les faire douter, les scléroser un peu, les faire reconquérir des angoisses/peurs/ failles diverses et voilà, vous avez le parfait petit dessin animé pour enfants.

Et la dramaturgie, dans tout ça?

Bam bam évoquons maintenant les enjeux. Quand je parle de dramaturgie, je ne parle pas de « drama » dans le sens classique du terme mais bien de tension, de petites quenelles lancées aux personnages. Dans Pokémon, il n’y avait pas de réelle menace – je doute que la team Rocket soit plus dangereuse qu’un verre d’eau – et ce n’était réservé qu’aux films qui, avec du recul, étaient absurdes. Cool mais absurdes. Tiens, même la structure même d’un épisode de Pokémon était scandaleusement cyclique : la bestiole du jour et son scénario construit autour, une nana-du-jour pour Pierre, un la team Rocket vole vers d’autres cieux-du-jour, etc, comptez un épisode de badge une fois sur quinze, et voilà, vous avez l’intégralité de la série depuis quinze piges. Et Sasha n’a même pas grandi d’un millimètre là où les héros de Digimon étaient normaux et s’étalaient sur une narration de plusieurs années! Plus tard, certains sortaient ensemble et d’autres avaient même des métiers pourris! (Wut)

Rooooh, implosion de sucre <3

Il est juste indéniable que Pokémon manquait de drama. Les héros vont droit vers l’objectif, aucun obstacle, on le fera éventuellement perdre à la fin pour montrer aux têtes blondes qu’on a pas toujours ce qu’on veut mais c’est tout. Non pas que ce soit un mal mais ça rends l’ensemble si… prévisible et chiant? Digimon, ça a toujours été une aventure, une petite épopée avec tout ce que ça implique. Hell, la notion de mortalité était clairement abordée, avec quelques artifices certes, mais ces chers scénaristes ne faisaient pas semblant de nous infliger quelques petites séquences tristes voire flippantes : le casting progressivement transformé en porte-clés? C’est super efficace. Étrangement, l’ultime tabou était exploité avec Pokémon où – si je n’invente pas tout ça – Sasha se prends un lustre sur le pif et… meurt. Avant d’être magiquement ressuscité, ce n’était que pour introduire le concept « Ectoplasma ». C’est vrai hein, pourquoi respecter des conventions si élémentaires et logiques? Ça paraissait juste absurde voire dada. Le monde digital comprenait son petit lot de sacrifices, de concessions et de passages à vide pour triompher de tout ces phénomènes surréalistes. Pas de piège, pas de surprises monstrueuses mais on tenait réellement à ces personnages et on vivait le truc avec eux. Concept totalement improbable sur Kanto et compagnie.

L’univers alternatif est mieux construit, plus appréciable, mieux emballé et animé, écrit d’une manière relativement plus adolescente, grandissait avec son téléspectateur et ne le prenait pas pour une bille tout en distillant les bonnes ficelles de genre.

Là!

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Clip show

Je me suis rendu compte que cela faisait déjà deux ans que je tournais autour d’un concept sans réellement l’expliquer, voilà donc pour ceux qui auraient chopé le train en retard! Petit post n’ayant vocation qu’à faire un bête acheminement vers sa conclusion, et de vous apporter quelques petits bonus, en attendant que je puisse sortir du mode « sous marin » Les concours, c’est génial, non? Regarde tout ce qu’on peut faire. Bon dieu, tuez moi.

J’aimerais donc faire un petit résumé sur les AMV HELLs. Sous ses airs de franchise un peu hystérique avec ces majuscules sorties de nulle part, on tient ici un fabuleux mix entre les AMV et le Zapping. Vous connaissez le deuxième : un récapitulatif-choc de tout ce qui a été marquant la veille à la télévision, souvent orienté, cette impression venant des perches que peuvent lancer une vidéo à leurs voisines. Jusque là, pas de souci – un AMV, c’est un Anime Music Video, aka un clip déroulant un montage plus ou moins réussi derrière un montage (plus ou moins réussi d’anime) – il existe toute une échelle de gradation dans la réussite de ce petit art tout sauf émergeant, du truc naze fait en deux secondes avec Movie Maker aux petites pépites qui réinventent l’anime en question.

En mixant les deux, on obtient le genre de vidéo sus-citée où deux consignes subsistent : une vidéo Amv Hell doit être en fait une succession plus ou moins longue d’Amvs, toutes enchaînées via une petite transition astucieuse (en l’occurrence, un zoom/dézoom sur une télé qui zappe) – les spécificités du genre sont les suivantes : chaque vidéo doit obligatoirement faire moins de 30 secondes, et elles doivent toutes comporter un gag, un rapport à établir avec l’univers de l’anime, un truc à comprendre ou qui parle de lui même. Ca ne se limite pas nécessairement au son : ça peut être un extrait sonore de série, d’un discours, une bande originale, la voix de l’auteur derrière le montage, tout est possible. L’Amv Hell doit avant tout rester une vidéo musicale et permettre de découvrir des trucs, c’est d’autant plus facile quand il y a une bonne image derrière! Bien sûr, la visée humoristique n’est pas obligatoire et on peut toujours garder la visée « clippesque » des Amv originaux… mais l’ensemble marchera bien mieux si on enchaîne les bonnes vannes et références à feu rapide, si on se marre toujours pour la vidéo précédente alors qu’on regarde l’actuelle… c’est tout un concept, un pot pourri géant et archi jouissif, qui encourage la créativité et le partage. Pardonnez le discours neuneu et faussement fédérateur mais je peux vous assurer que ça galvanise des cercles planquées… dont le « mien », mais ça, c’était il y a deux ans! Alors pourquoi remettre tout ça sur le tapis?

Et bien, je rappelle qu’après avoir moi-même organisé la réponse française au concept (onglet en haut de page, film d’une heure sept, plus de 200 sketches) la suite est dans les tuyaux depuis une petite huitaine de mois. Ca se passe sur le forum Asylum – et ça manque toujours de momentum, de masse critique. Comprenez qu’il y a déjà plein de bonnes vidéos proposées mais ça manque un poil de vitesse – et ouais, plus difficile de fédérer quelque chose quand on ne perds pas le quart de sa vie à écrire des pavasses! L’Amv Enfer 2 (nom provisoire) est toujours un projet à la concrétisation plus ou moins tangible et il n’appartient qu’à vous de faire preuve de créativité et de donner une suite à cette vidéo qui occupait mon esprit non-stop il y a déjà un an. Pour vous aiguiller dans la méthode de création de bonnes vidéos, je me suis permis de faire des commentaires audios, exactement comme je l’avais déjà fait avec l’Amv Enfer. Petit récapitulatif…

>> Tout les téléchargements sont disponibles sur cette page, section AMV Hell.

La série Hell a donc une petite histoire derrière hell (hon hon hon) après la création du site, la formation un peu hasardeuse des premières vidéos, la standardisation du genre… puis les films, longueur type long-métrage, apparaissent…

Par exemple, l’AMV Hell 1 et 2 ne valent pas vraiment la peine. Ils sont plutôt cools mais ont valeur d’essais, ils contiennent surtout les pistes pour les running-gags des opus suivants. Les transitions empiètent un peu sur le reste, tout n’est pas nécessairement compréhensible, bref on est encore au stade de balbutiement du genre. La comparaison à faire est simple, j’ai moi même fait une première vidéo de la même qualité et de la même longueur, avec votre aide. Mais si, souvenez vous, en Juillet 2010…

L’AMV Hell 3 (2005) est le premier grand tour de force de la « franchise ». Cette fois, une petite communauté est présente autour des premiers essais et ils ont mis tout leur cœur dans la création d’une vidéo d’une heure. C’est le premier long métrage estampillé « HELL » et c’est une bonne manière de découvrir le concept. Cependant, il faut un bon niveau en anglais et avoir un minimum de vécu en animes pour piger ce qu’il peut se passer à l’écran. Minime. Au deça, cela deviendra une vague succession d’images pas toujours compréhensible, ça se regarde mais c’est un poil dangeureux… probablement la moins bonne de la trilogie qui s’amorce mais ça reste une vidéo de très bon acabit où existent quelques répétitions, notamment un surabus d’Azumanga Daioh… une très bonne introduction au genre. >Commentaire audio de l’AMV HELL 3

L’AMV Hell 0 (2005) a été créé en même temps que son grand frère. C’est le Yang de son Yin – le petit frangin est un sale gosse cracra et potache, avant de carrément virer dégueulasse sur la fin. Hé oui, le 0 est la version porno de l’AMV Hell. 40 minutes sensées faire de l’humour sur des images qu’il n’est pas bon de regarder avant 18 ans sous peine d’aller croupir en prison, enfin, surtout après au vu des agréables projets de lois qui passent parfois sous les yeux du législatif. Quoi qu’il en soit, je ne recommanderais peut être pas cette vidéo pour ses vertues « de montage » mais pour son humour très… noir, jaune, blanc et… malheureusement un peu marron sur la fin, et exclusivement sur la fin (attention, très mauvaise surprise pour les deux dernières secondes) après Faggot où on amorce la dernière ligne droite qui commence à sévèrement nous faire demander ce qu’on regarde. Donc bon heu pff vous êtes prévenus hein, éventuellement en fin de soirée où les choses commencent à devenir un peu floues, ça se tente, mais vous êtes prévenus. Bonne musiques, malgré tout.

Enfin, voilà probablement le meilleur film jamais fait à ce jour dans ce contexte : l’Amv Hell 4 (2007) est la barre à atteindre! Nous sommes de retour dans un contenu normal – cette fois, les petits logos des créateurs disparaissent en incrustation, la qualité d’image est bien plus rigoureuse, il y a davantage de diversité à tout les niveaux… on assiste ici à plusieurs séries de vidéos à la qualité inégalable. Comment expliquer un tel bond? Facile, les deux années suivant le 3 ont donné un processus créatif bien plus étendu, donnant lui-même lui à une grosse sélection. A priori, une très forte minorité a été retenue pour figurer dans le montage final, ce qui donne 240 sketches impeccables. Bien montés, aux incrustations épatantes, un réel bonheur qui vous fera forcément découvrir pléthore d’animes, de musiques et de séries… la recommandation du chef. >Commentaire audio de l’AMV HELL 4

Fin du monde! L’opus 0 a encore plus inspiré les esprits pervers de cette communauté et c’est en 2008 qu’est venu au monde ce qui est probablement la vidéo la plus dérangeante que j’ai eu la chance de voir jusqu’à présent : l’AMV Hell Divided By 0. On a ici une vidéo très exhaustive sur le pire du porno animé au Japon… et vous n’avez probablement pas idée de ce qu’on peut y trouver. C’est embêtant parce qu’il y a toujours moyen de rigoler un peu (entre deux grincements de dents) mais il va falloir faire gaffe à pas mal de clips qui vont vous faire saigner les globes oculaires. J’ai la chance d’encore être très sensible face à toutes ces images maboules et je ne recommanderais pas spécialement cette vidéo dont le seul but est la recherche totale et assumée du gore/glauque/miam miam les bons fluides corporels. A vos risques, on a ici la version porno de la version porno, c’est dire l’aspect atomique du truc. Damn, les clips sensés nous faire respirer sont des vidéos violentes ou historiquement sensibles. Si vous avez le cœur bien accroché, quoi.

A priori, nous sommes définitivement débarrassés des versions hard du concept, mais il aura fallu trois ans pour que l’AMV Hell 5 point le bout de son nez. Cela fait déjà trois fois que la vidéo précédente est sensée être la dernière… et le sixième est dans les tuyaux! Je vous redirige vers mon post de l’époque pour une review détaillée. En résumé, bonne vidéo qui laisse transparaître une fanbase bien plus étendue. Hé oui, on sent que la série est devenue nettement plus connue entre temps, les créateurs sont plus laxistes, les vidéos de moins bonnes qualité… cela n’empêche pas un certain nombre de bonnes idées mais c’est un poil moins bien que le 4. Beaucoup trop de clips parlés, de références un poil obscur, un attachement un peu trop présent à la télé, une valeur ajoutée musicale un peu plus faible et une faible part d’animes parus entre temps… des petits détails qui dévalorisent une – tout de même – excellente vidéo qui à l’originalité de s’ancrer dans le temps avec certains de ses gags (les vuvuzelas…) > Commentaire audio de l’AMV HELL 5

Bien bien bien. A vous d’écrire la suite! Je n’ai pas automatiquement posé d’options sur la création d’un hypothétique AMV Enfer 2 car je savais bien en avance que le temps manquerait – croyez moi quand je vous dis que c’est un véritable petit marathon… course de fond dont la conclusion serait un sprint, imaginez l’horreur – mais nous avons, sur le site d’à coté, une bonne base de vidéos qui peuvent donner une autre création française. Inspirez vous de ce que vous avez déjà, matez des animes, écoutez de la musique… vous trouverez sur Asylum des conseils pour monter vos vidéos, pour y ajuster la qualité, le format, etc.

Voilà! J’en ai définitivement fait la promo, la suite selon le bon alignement des astres.

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Stupeur et tremblements

  »Ho non il va encore faire une review un peu molle d’un manga qui dépeint la réalité du quotidien et faire du sentimentalisme gnan-gnan »

Oui alors heu, cher interlocuteur imaginaire, je te trouve un peu injuste. Je devrais même pas être en train de poster là, je prends trois heures sur ça au lieu d’aller apprendre sur quoi repose l’économie de Trinité Et Tobago et NON, aujourd’hui je vais pouvoir te parler d’un truc qui fait une sorte de compromis dans ce clivage de genres que j’établis depuis longtemps. Si vous lisez mes pavasses depuis peu de temps, j’aime bien faire la promotion de deux trucs bien précis : des univers complétements fantastiques où ces mêmes éléments semblent normaux à tout le monde et les univers complétements cartésiens, normaux, ancrés dans la réalité. Bien entendu, on pourrait faire une longue échelle de valeurs où ces deux notions se mélangent : où placerait-on Buffy? Fallout? Etc – mais à défaut de pouvoir en dire des tartines, je vais pouvoir me permettre un angle un poil inédit, et c’est grâce à Bonne Nuit PunPun, manga dont les deux premiers tomes sont édités chez Big Kana.

Vous vous souvenez peut être de Solanin, ce manga adorable – en deux tomes, est-ce que ça en fait un « Two Shots? » c’est généralement la quantité qu’il me faut pour plus savoir ce que je dis- qui traitait d’une bande de jeunes adultes construite autour d’un groupe, un fabuleux petit bijou qui a su me tirer une larmichette. Son auteur, Inio Asano, n’en était déjà pas à son coup d’essai mais ce même Solanin date déjà de 2005 et ce jeune homme a pondu pas mal d’autres choses avant et après, dont Bonne Nuit Punpun. J’en tire un sentiment un poil mixé mais je peux d’ores et déjà dire que j’étais extrêmement satisfait de voir… que la série était toujours en cours (neufs tomes au Japon à l’heure actuelle) et la série aurait, d’une manière étrange, très bien pu s’arrêter sur ce point. Après avoir découvert cet auteur via un « beau manga », on pourrait pas mal sacraliser ses volumes – son style réaliste et bien plus « proportionné » que la moyenne, sa fabuleuse propension à détailler au maximum, n’importe lesquels de ses œuvres font mangas de luxe. Les deux volumes à part entière sont fabuleux : criards, en relief, ils me donnent personellement envie de faire carrière dans l’édition mais hé, c’est un petit fantasme, comme ça.

Bonne Nuit PunPun pourrait simplement se limiter à la vie et aux déboires d’un gamin d’une grosse dizaine d’année. C’est pas quelque chose de très intéressant dans l’absolu alors prenez donc ces quelques retournements de situation : notre héros est un espèce de drap sur pattes, un pigeon façon dessin de maternelle. Idem pour le reste de sa famille et tout le monde ne semble pas s’en préoccuper ou s’en apercevoir. Ca promet du symbolisme plein tubes!

Dans le même ordre d’idée, l’univers du bonne nuit Punpun est bien le notre, mais sa matrice est un peu bugguée. J’entends par là la présence d’éléments tout aussi perturbants qui affectent à peu près n’importe qui : gens hystériques, hallucinations, débarquements de soucoupes volantes, de Dieux Caca et autres trucs provoqués par l’imagination débordante de certaines bambins… mais pas toujours. On pourrait croire que tout ça n’est qu’une fantaisie issue des yeux d’enfants du perso principal et que nenni, c’est juste une sorte de tradition locale, la bizarrerie. Soit.

Passés ces infimes détails, on rentre dans une logique très « Punpun savait compter deux par deux et lacer ses chaussures » de la tranche de vie comme seul Asano sait en faire, en mêlant simplicité de la narration et profondeur du propos, ce genre de choses. Après tout, Punpun est un garçon tout à fait normal, il découvre les choses de la vie, les premiers amours, un début de puberté qui prouvera qu’il à un crâne à l’image de son apparence globale (« Son cerveau était sorti de son ZIZI! ») et ses premiers amours qui nous feront comprendre qu’il a aussi un petit cœur d’artichaut. La vie un peu cliché d’un enfant relativement normal, quoi. Qui ça peut intéresser? Aucun manga pour adultes ne prendrais la peine de développer un truc aussi inintéressant, de prime abord…

SAUF QUE VOILA

L’univers du petit PunPun est « comme un gateau sur lequel une truie aurait fait son nid » – comme disait l’autre – le pauvre gars est l’archétype du petit Japonais pas aidé par la vie, il ne lui manque que les brutes pour l’attendre à la sortie de l’école, mais il doit se contenter d’un père à côté de ses pompes, d’une mère pas plus rationnelle dans sa vie de tout les jours, d’un cadre qu’on pourrait qualifier de « pas super propice » à l’épanouissement. On peut même pas parler de héros sclérosé, c’est juste un gamin complètement dépassé par les évènements qui vit sa vie. Quid du contenu et de la forme? Il serait malvenu de comparer Bonne Nuit… à d’autres oeuvres du même auteur car il y a un cachet ici tout particulier… et, il faut le dire, assez dérangeant. Je parlais d’évènements étranges tout à l’heure, c’est plus ou moins lié à un grand gimmick de ces deux premiers volumes, une volonté d’hyper-réalisme cette fois : les visages déformés. Réellement déformés, moches, « comme dans la vraie vie », en bien pire. Des crises d’hystérie constantes, des gens qui pètent un cable impunément, ce genre de chose… et c’est perturbant. Ca rentre dans une logique qui rappelle le guro et je doute que ce soit l’objectif… mais il est clair que c’est un manga qui sait déranger.

De la même manière, il est souvent questions de trips psychédéliques délicieusement rendus sur la page – parfois justifiés, parfois non, toujours issus d’un imaginaire enfantin. Si Solanin est « le manga de la jeunesse désœuvrée » je pense que Bonne Nuit PunPun est celui de « la jeunesse qui en prend de la bonne ». Parfois dans un sens métaphorique, parfois de manière purement gratuite, ces petits passages WTF sont bienvenus dans un roman qui, à l’évidence, fonctionne à tiroirs. Encore une fois, il fut surprenant de voir que le récit ne s’arrêtait pas là… quand bien même l’évidence de la durée de vie du truc était largement posée. Ces deux premiers tomes sont plus la narration d’un postulat et une première storyline qu’autre chose, mais la fin du deuxième tome use d’un procédé qui ne pourra probablement pas être utilisé à chaque tome – à moins que le manga, dans sa globalité, nous parle de l’intégralité de sa vie mais bon – d’où un sentiment de surprise bien déstabilisant… et d’une grosse envie d’attendre sagement la suite. Il n’y a pas grand chose d’autre à dire, pour le reste, je vous redirige sur ce post, même chose avec une belle tranche de malaise, de surréalisme et de cynisme en plus. Ca pourrait devenir quelque chose de vraiment bien sur la longueur.

P’tain, j’ai pas écrit un post aussi court depuis au moins deux ans po po po chon chon

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