Category Archives: Le bouzin

Jeu de regards

Bien. C’est encore moi, votre maître des lieux préféré. Pour vous familiariser avec les commandes, je vous propose un petit jeu. N’oubliez pas : login QuartierLibre et mot de passe Shinji.
Vous n’êtes pas sans savoir que Kim Jong-Il, grand leader éternel de la Corée du Nord, est connu pour sa capacité à regarder des trucs. C’est probablement ce qu’il faisait de mieux. Regarder des trucs. Et comme la Corée du Nord est un pays résolument high tech (ils ont autorisé une connexion Internet pendant au moins trois semaines !!!) le grand Kim aime bien regarder des écrans d’ordinateur.

Kim Jong-Il regarde des trucs.

Heureusement, son fiston est là. Il a cette même fascination pour les trucs. Entouré de son État Major, toujours avec l’air placide, droit comme un I. Décidément, un grand homme, une grande famille.

Kim Jong-Un regarde aussi des trucs.

Alors moi je dis ok, reprenons un vieux concept que j’avais exploité en 2009. On s’était tous bien amusés. Bouclons la chose. Moi aussi, je peux regarder Kim Jong-Un en train de regarder des trucs. Bon, je suis remplacé par mon Vipélierre domestique mais l’idée est là.

Vipélierre regarde une photo de Kim Jong-Un en train de regarder des trucs.

Bonne chance, chers regardeurs de regardeurs de trucs.

WWWWWOUAAAALLEZ JE POSTE CHEZ LE LÉGUME ! AMENEZ LES BIÈRES ET LA TABLE DE PING-PONG !

Parce que ouais, pour une fois que j’suis à jour sur les posts du Cucumis sativus, et parce que ouais, cette peluche me paraît pas nette et enfin parce que ouais, moi j’veux pas faire les choses comme les autres qui sont définitivement tellement mainstreams, et ben moi j’hésite pas, j’suis un ouf, J’AUSCULTE VIPELIERRE en train de regarder Kim-Jong-Un en train de regarder des trucs ! Me cherchez pas, j’suis un malade.

… oh sérieusement c’est bien pas drôle à écrire « Vipélierre » quand on vient pas du milieu.

Youé en train d'ausculter Vipelierre en train de regarder Kim-Jong-Un en train de regarder des trucs.

Youé en train d’ausculter Vipelierre en train de regarder Kim-Jong-Un en train de regarder des trucs.

Et pour continuer la chaîne (oui Concombre, c’est une CHAÎNE INTERNET), j’espère qu’au moins on sauvera la petite Elise, qui a 5 ans depuis 1999 et qui depuis cette date est atteinte d’une leucémie curable uniquement si vous postez sur ce blog suivant la règle plus bas.

LET’S KEEP IT GOING.

Un Traquenard sauvage apparaît ! Toi aussi fais preuve de créativité et continue cette chaîne pour qu’elle atteigne des degrés de stupidité rarement égalés ! Auto-références obscures, simple continuation ou concept inédit, poursuis le rêve fou de Concombre ! Évite juste les svastikas penchés à 45° et les verges turgescentes s’il te plaît.

Boo en train de regarder sur sa Wii U Youé en train d'ausculter Vipélierre en train de regarder Kim-Jong-Un en train de regarder des trucs.

Boo en train de regarder sur sa Wii U Youé en train d’ausculter Vipélierre en train de regarder Kim-Jong-Un en train de regarder des trucs.

Parce que même les méduses peuvent voir en 3D (rappelons que la méduse-boîte a 24 yeux), entre deux parties de FE, Clara regarde des trucs.

Clara en train de mettre des cœurs avec sa 3DS sur Boo en train de regarder sur sa Wii U Youé en train d’ausculter Vipélierre en train de regarder Kim-Jong-Un en train de regarder des trucs.

Clara en train de mettre des cœurs avec sa 3DS sur Boo en train de regarder sur sa Wii U Youé en train d’ausculter Vipélierre en train de regarder Kim-Jong-Un en train de regarder des trucs.

Le vieux doudou à Amo, sobrement appelé Pouf, en train d'observer une jolie peluche nommée Clara qui elle-même observe un Boo, un docteur, un Vipélierre à chapeau et Kim Jong-un. Oh wow.

Le vieux doudou à Amo, sobrement appelé Pouf, en train d’observer une jolie peluche nommée Clara qui elle-même observe un Boo, un docteur, un Vipélierre à chapeau et Kim Jong-un. Oh wow.

 

Pampa le cactus qui visiblement, observe d'un air médusé le vieux doudou à Amo, sobrement appelé Pouf, en train d'observer une jolie peluche nommée Clara qui elle-même observe un Boo, un docteur, un Vipélierre à chapeau et Kim Jong-un. Oh wow.

Pampa le cactus qui visiblement, observe d’un air médusé le vieux doudou à Amo, sobrement appelé Pouf, en train d’observer une jolie peluche nommée Clara qui elle-même observe un Boo, un docteur, un Vipélierre à chapeau et Kim Jong-un. Oh wow.

 

Pampa le cactus qui visiblement, observe d'un air médusé le vieux doudou à Amo, sobrement appelé Pouf, en train d'observer une jolie peluche nommée Clara qui elle-même observe un Boo, un docteur, un Vipélierre à chapeau et Kim Jong-un. Oh wow.

Mayuri qui présente d’un air enjoué Pampa le cactus, observant le vieux doudou d’Amo sobrement appelé Pouf, en train d’observer une jolie peluche nommée Clara qui elle-même observe un Boo, un docteur, un Vipélierre à chapeau et Kim Jong-un.

 

Maintenant, élève-toi vers de nouveaux paradis spirituels en continuant cette chaîne grâce aux règles suivantes :

Prenez une photo de vous (ou de votre mascotte) en train de regarder la photo précédente – points bonus pour la pokerface. N’effacez pas cette consigne et mettez ce post à jour comme bon vous semble. Mettez ce que vous voulez en légende ou avant votre cliché, mais la phrase à rallonge c’est quand même plus rigolo.

PS : Et oubliez pas les préservatifs, c’est important. Vérifiez bien leur date de péremption au passage, ces choses-là se périment plus vite que l’amour.
PS2: N’achetez jamais de préservatifs à la fraise, ou alors oubliez l’idée de pouvoir respirer un air pur dans votre chambre les deux semaines qui suivent.
Edit de Concombre : Qui achète des préservatifs parfumés ? Vous voulez que votre zboub ait le goût de la fraise Tagada? Z’êtes bizarre, chers lecteurs. Mais n’oubliez pas que vous pouvez aussi faire d’autre fabuleux papiers. Pis tant qu’on parle préservatifs, ignorez les Manix, pas lubrifiés, eargh. Durex Jeans, c’est parfait.
PSInfini: Faut avoir une piaule de 10m² pour que ça empeste ou fourniquer dans un placard ce qui dans les deux cas est assez exempt d’élégance et le problème sera par conséquent PAS le préservatif.

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Avant que l’amour n’envahisse les ondes

Oï mates ! C’est Quartier Libre. Ça veut dire qu’à partir de cet instant, pour « vaguement tout le mois », chacun peut poster ici les productions de son cru. C’est un mois où je ne peux plus me permettre de consacrer du temps à ça – les concours sont imminents, ils sont difficiles, casse-couilles et nécessitent une préparation quotidienne en plus d’un sprint final. Le mois de Mai, quoi. C’est même pas tout, il y a encore des partiels – je pensais être immunisé en Master, même pas – et reste l’élaboration de mon mémoire qui demande aussi pas mal de temps. Bref, autant j’arrive à le trouver quand même le reste de l’année, autant ce mois ci n’est pas le moment. C’est donc à vous que je m’adresse. Une idée en tête? Une envie de tenter sa chance et de publier un truc? C’est le moment où j’ouvre ma page à qui veut – enfin, à ce petit cercle d’initiés qui me suivent ou qui lurkent. Ce mois ci, c’est vous qui écrivez ! Vos sujets favoris, vos angles, vos démarches, n’hésitez pas à écrire un truc pour faire partie d’un « beau quartier libre », il n’y a rien de plus cool.

Troisième quartier libre de l’Usine à Problèmes, toujours à la même période de l’année. L’année dernière, un peu tout et n’importe quoi. Une « Ultimate Blague », un édito schtarbé posté le jour de l’élection de François Hollande, un billet-troll qui prenait My Little Pony au premier degré, un chouette top ten d’émissions radios, un hommage à Mario Maso, des critiques sur un manga, un webcomic, un jeu. Tout ça s’est équilibré naturellement et c’était fort chouette. Je renouvelle donc le bouzin et je passe en mode « passif », et posterais beaucoup plus sporadiquement ce mois ci.

Comment publier quelque chose? Il suffit de passer par l’onglet « Connexion » à droite ou de passer par ce lien. Il vous faut rentrer les identifiants suivants : QuartierLibre pour le login, Shinji pour le mot de passe. C’est le nom du héros le plus moisi de l’animation. A partir de là, vous accédez au back office en mode « auteur » et vous pouvez publier des textes et les modifier en cas de souci. A partir de là, le « derrière » de WordPress est assez intuitif. Ajouter un article, le relire, le valider, un module très simple permet d’intégrer vos images, liens et vidéos. Je reste à votre disposition pour d’éventuelles questions. Vous pouvez le publier immédiatement ou le programmer pour plus tard – au cas où, par exemple, vous auriez peur de « marcher sur quelqu’un. » Je ne préconise pas de rythme de publication : s’il y a un post pour tout le mois ou un tout les deux jours, je m’en fiche, je ne ferais que regarder ça avec un œil bienveillant. Ne partez pas du principe que vous devez « attendre », l’espacement des posts se fait toujours de manière naturelle. N’oubliez pas de classer votre écrit (le mettre dans une catégorie précise) et de le tagger, c’est recommandé si vous voulez que les aggrégateurs et que Google le repèrent. Bref. Dans très peu de temps, je lancerais un post idiot qui vous permettra de vous familiariser avec les commandes. Après, c’est à vous. Rendez-moi fier ! L’un d’entre vous chopera probablement le post N°600 ! C’est chouette !

Parler de quoi? Ben là au moins c’est pas compliqué, de tout, sauf de ce que le bon sens vous interdit, et je vous fait confiance pour disposer de bon sens. Utilise le pour faire comme moi et évoquer ce que vous voulez dans tous les domaines possibles. Ciné, musique, jeux, n’importe quoi, tout est possible, j’ai bien réussi à sortir un post sur le thé glacé – et c’était le plus lu de ce mois ci. Vous n’avez pas à suivre de standards. Toute figure de style est bienvenue et on peut faire bien d’autres choses que des critiques. Il n’y a pas de support canonique non plus : images, textes, vidéos, tout est possible. La question, c’est plutôt la forme : vous n’avez pas de quota de mots, bien sûr. Je suis un apôtre des textes longs mais un bon texte condensé est bien plus efficace et il sera bien plus lu, ici comme n’importe où. Gardez juste un français correct et on est bons. Je me garde un droit de véto mais il faudrait vraiment sortir un truc inapproprié ou offensant pour que j’ose toucher à vos posts. N’hésitez pas à signer vos posts, c’est quand même mieux. Faites votre pub en intro si vous préférez, y’a pas de soucis.

  Des conseils ? Oui. Si vous êtes rédacteurs ou que vous aimez bien pianoter en général, voilà mes tips. Le texte justifié, c’est rarement propice au genre journalistique sur Internet, mais c’est tellement plus joli. Le texte justifié sauve des vies, vous l’avez lu ici en premier. Aussi, sauvegardez votre texte autre part, sur Word par exemple. La déconnexion en multi comptes peut provoquer de méchantes surprises. Relisez vous. Il y a un mois, j’ai publié sur Le Fig un machin truffé de fautes, j’ai voulu mourir et on m’a tué, donc je suis sûr de pas le refaire nulle part. C’est promis, je serais gentil. Enfin, un texte sans illustrations est un texte bien triste.  Rien d’autre. J’espère attirer votre attention et votre envie de participer et avoir une belle série de textes. Moi, je pars réviser ma culture gé, on se retrouve pour un emploi du temps plus stable en Juin pour les deux derniers mois.

Amusez vous bien !

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Le complexe du scaphandrier (Deuxième round)

DANS LES ÉPISODES PRÉCÉDENTS. Concombre se lance dans la grande aventure du journalisme. Avec son profil un peu barré et peu adapté à la rigueur implacable des concours, il prépare le terrain et commence à se faire un réseau en, basiquement, picolant à travers Paris. C’est super efficace puisqu’il se fait recruter pour faire quelques piges rigolotes, dont une interview de Buono!. Comment préparer les écoles, ce qu’elles impliquent, si c’est compatible avec la vie universitaire et comment conjuguer tout ça. Un an plus tard, une nouvelle étape est franchie, mais il faut aussi faire avec un mémoire à rédiger…

C’est le moment idéal pour faire le point. Je suis en pleine journée « vide » – demain, c’est le concours Celsa, donc ma deuxième tentative pour intégrer la « voie royale » de la profession. Deuxième épisode d’une grande saga masochiste, entre racontage de vie et fenêtre sur cette formation beaucoup-d’appellés-très-peu-d’élus. Premières piges en 2012, premier stage en 2013. École en 2014? Ce serait génial, mais une warpzone existe, prouvant par la même que je ne savais pas vraiment m’informer. Prière de lire le post sus-linké pour piger les tenants et aboutissants (en gardant en tête que j’y suis un poil plus naïf et idéaliste sur la chose, donc un cran moins expérimenté). Qu’est-ce qui a changé, un an plus tard, et un ratage de deux points globalisé aux concours? Rien. Les écoles demandent toujours des profils clé en main, en supposant qu’on a le temps de s’y préparer, donc de négliger nos études où de prendre une année sabbatique – idéal pour bosser et capitaliser pour, par exemple, s’installer quelque part. Je ne ferais pas la même introduction sur le journalisme JV – toutes les problématiques de l’année écoulée m’ont convaincu que oui, c’est un journalisme de niche, qui peut être sérieux, rigoureux, qui a son public et ses emmerdes. Donc laissons-le tranquille pour le moment et, avec tout l’amour que j’ai pour le journalisme spécialisé (si un jour j’ai l’occase de bosser chez CPC ou similaire, je ne dirais jamais non) je suis un profil très « culture généraliste », c’est comme ça et on ne peut pas vraiment le changer.

Bon, je fais le rappel des écoles parisiennes. Sciences po, il faut un profil béton sinon c’est pas la peine. Le Celsa, c’est demain, donc bon. L’une des plus difficiles, avec un Anglais qui frôle le niveau maximal. La culture gé et actu sont des questions ouvertes sortie des ENFERS. Avec des questions putes et précises. Le double p de la mort. Après, c’est l’institut français de presse, qui demande un gros dossier, un mois de stage au préalable et un autoportrait. A ce stade seulement, c’est un concours (le plus facile du lot mais il faut avoir passé le premier cut) puis une journée d’examens-reportage. Bientôt Juin et son tri-concours, dont le CFJ et l’IPG. Synopsis d’article, actu et culture en deux notes séparées, un interminable questionnaire pourtant sur tout et strictement tout avec une notation NEGATIVE. C’est diabolique. Rajoutez l’épreuve de Grammaire où les malus sont doublés et hop, vous obtenez une journée diabolique qui approche les meilleures épreuves de téléréalité. Stratégie, métagame, etc. Tout y est. Ces QCM incarnent l’impuissance, on sait qu’on ne sait rien. C’est génial, c’est les concours. Les élus auront aussi une journée pour tirer un sujet de reportage et passer une batterie d’oraux. Ça n’a pas changé en un an : c’est bête, ingrat, injuste. Si vous êtes à Bordeaux ou à Lannion, de nouveaux instituts sont là pour vous, s’il n’est pas trop tard pour septembre.

Incroyable mais vrai. Il existe une warpzone. Une bypass rule. Ça s’appelle le contrat d’apprentissage. Le CFJ fait ça, par exemple. Travailler en alternance, suivre les cours, avoir le statut d’étudiant et d’apprenti pendant deux ans avec la carte de presse au bout de six mois? Avec une bonne chance d’être engagé en bout de course ! C’est incroyable, fabuleux, mirifique ! MAIS. Il faut trouver une entreprise qui vous prenne ET qui paye vos études. C’est le seul pas à franchir, il est énorme, gargantuesque, mais c’est le seul. Il faut donc choisir un établissement adapté à votre profil, qui dispose d’un minimum d’argent (si le patron n’est pas en prison, c’est mieux) et qui a un siège dispo. Bon courage. Moi, je vais tenter, parce que le gadin pour demain, je le vois venir de loin, de loin, hin-hin.

Les concours, c’est super pour faire une bonne école, donc avoir une bonne formation théorique et décrocher un stage. J’ai réussi, avec un peu de bon timing et beaucoup d’acharnement, à cheater la matrice et à directement passer par cette étape, histoire de gagner un peu d’XP. En gros, suivre les conseils de Reguen (cf. épisode 1) et découvrir la vie d’une rédaction, sa hiérarchie, son ambiance, comment ça se passe. Incarner Gaston Lagaffe est un bonheur est si ce n’est évidemment pas représentatif de la vie lambda d’un encarté (qui n’est pas collé à son desk et qui ne doit pas forcément passer par toute son ascendance pour valider un papier car lui l’aura bien fait du premier coup) ça permet une très belle fenêtre dans la profession. MAIS ALORS ! CA POSE PLEIN DE QUESTIONS ! ON VA Y RÉPONDRE ! Ça fera office de rapport de stage, que je n’ai pas à faire – puisque fait «  »en dehors de mes études » ».

Un titre à deux lignes ! A DEUX LIGNES !

Les terribles et horribles problématiques modernes d’une rédaction deux point zéro

– Blogging versus journalisme C’est l’évidence même mais il faut le rappeler : le style journalistique est froid, détaché, rapide et concis. L’inverse total de ce que vous lisez ici. Je me suis même pas mal fait vanner pour mes posts interminables : « Qui lit des pavés aussi longs? La réponse est personne ». Et c’est vrai. Si vous en êtes là, c’est parce que vous me connaissez depuis quelques temps déjà, les autres ont abandonné en cours de route. Ben ouais, les longs textes sont sympas à faire mais restent confidentiels : mon tout premier article a fait plus de vues que ce blog en six mois ! Un article sur Internet oscille entre 1600 et 2500 signes, j’ai fait monter un test JV dans les 6000 et quelques, un machin plus fouillé peut vaguement tourner autour des 4000… tout ça c’est très peu et il faut savoir dire beaucoup en peu de mots, tout en sortant la moindre idée ou analyse qui tourne autour du sujet. On a tendance à oublier que les autres ne sont pas dans notre tête. Les adverbes et les temps complexes sont à éviter, le moindre mot peut poser problème, les clichés et écueils sont nombreux. Ça, c’est de la théorie, ça s’apprend vite et rien n’empêche d’écrire pour les deux écoles en parallèle. « J’écrivais beaucoup aussi, mais j’ai commencé à arrêter avec un salaire ». Ah, ça, c’est un autre problème. Petite question annexe : le « relâchement du style » est il permis avec un sujet plus niché? Hé oui ! Si il y a une dichotomie évidente entre le Fig’ et Canard PC, sachez tout de même qu’un test sera plus « littéraire » qu’un article de fond sur l’actualité. Rien de plus chouette de constater qu’on peut parler de jeux dans un gros média du genre, avec le minimum de formes. Vous voyez, tout va bien, on va dans la bonne direction.

– L’INTIMITÉ SUR LE TWITTER Alors ça pourrait sembler être un débat à la con mais il est important pour les élèves d’écoles de journalisme, « formatés » – le mot est d’origine – pour ça. Peut-on continuer à twitter des conneries si on met son employeur dans sa bio? Deux écoles encore. Je fais partie de ceux qui s’en fichent. Même avec des rédac’ chef dans mes followers, je continuerais à Twitter des « niquez-vous » à deux heures du matin, tout simplement parce que je suis comme ça sur Internet, un peu dérangé, et que ça ne m’empêche pas d’être le plus sérieux et normal possible au boulot. Sans aller jusqu’à poster des bizarreries NSFW à 15 heures de l’aprèm – tumblr est là pour ça – je pense qu’on peut tout à fait continuer à assumer un compte twitter assez « gris ». Je signais chacun de mes articles d’un @LaDebauche dans mon profil d’auteur et ça n’a jamais dérangé personne. Il faut comprendre l’autre mentalité : chaque étudiant en journalisme est sommé d’avoir un compte pour des raisons évidentes et il est bien pratique et bien vu d’avoir son @NomPrénom. Il est évidemment plus difficile de coller des bêtises en lien si le compte à une « vocation pro », quand bien même je ne crois pas beaucoup à ça. Ça ne tient qu’à vous – mais j’ose espérer que les recruteurs vont jauger notre professionnalisme sur LinkedIn. On ne vit qu’une fois, mes braves ! Continuez à poster n’importe quoi, ne vous réfugiez pas derrière une façade ! (C’est peut être un mauvais conseil, mais ce mini débat me fascine)

– Mais tu es de droite alors? Si on me donnait un dollar à chaque fois qu’on me faisait cette vanne, je serais millionnaire, à la Bruno Mars. Je crois même qu’elle ma éliminée d’un entretien qui se passait alors plutôt pas mal, j’ai du tomber dans un piège façile. La bonne occase pour brasser le portrait d’un journaleux type. Il est évident que le print est anglé. Les éditos du matin de Thréard, surtout en pleine période de mariage gay, n’étaient pas vraiment mon « moment reboost » de la journée. Beaucoup d’articles web ont des titres un poil trompeurs et j’ai moi même un peu abandonné pour trouver une alternative au titre un poil sensationnaliste à ce qui était mon article le plus réfléchi et personnel. Toutefois, je pense qu’il y a une différence web/print à faire. Si les premiers sont aussi compétents et publient de temps en temps sur la version papier (ou alors voient leurs papiers adaptés s’ils sont repérés) on parle d’une joyeuse bande de jeunes où la moyenne d’âge doit être la petite trentaine d’année. Avec mes 22 ans, je suis un bébé, la plupart des stagiaires ont entre 23/24 et 28 ans. A aucun moment je n’ai senti de prise de position dans la moindre réunion édito. Tout le monde bosse, mais tout le monde est souriant, détendu, ça n’empêche pas les quelques moments de joyeux bordel et de passages de ballons de rugby à travers la rédaction. Limite c’était moi qui était un peu coincé des fesses à vouloir véhiculer une image de bon élève, à cacher le fait d’être vraiment très, très content d’être là. Non, vraiment, ces gens sont des amours et je suis sûr que la plupart des rédactions sont comme ça. Les angles se font par les vieux routards qui s’accrochent à leurs convictions. Je crois. Rien n’est sûr, hein. Mais c’est une problématique intéressante et il n’y a aucun préjugé. Je retiendrais un moment rigolo où un grand reporter du print, infichu de mettre son article en ligne, me tombe dessus en me prenant pour un chef d’édition. Comme quoi, les compétences, ça se partage ! Et les perspectives de carrière sont là, même si j’ai souvent entendu la phrase « Si je suis encore là… » mais hey, toutes les blagues ont un fond de vérité. « S’installer » pour longtemps n’a pas l’air d’être la mentalité ambiante.

Le journalisme musical > Le journalisme

Le journalisme musical > Le journalisme

Les lecteurs hashtag les lecteurs. RÉVÉLATION. Les lecteurs sont cons. Enfin, on précise; 100% des lecteurs qui commentent veulent donner l’impression qu’ils le sont. Règle numéro 1 : prendre son lecteur pour un « con » – c’est un principe journalistique de base et ce n’est en rien négatif, il faut juste fournir tout les éléments dans un article pour sa compréhension. Je suis, par exemple, un vrai con en mode et en sport. Par contre, dans l’acception con con, il y a les commmentaires. Vous pensiez que c’est un mythe? Pas du tout, et pas qu’au Figaro. On m’a rapidement prévenu « Lis pas les commentaires si tu veux préserver ta santé mentale ». Une fois, j’ai répondu, j’ai essayé de lancer une conversation, je ne le referais plus. Le Fig a lancé sa nouvelle version il y a deux semaines, du vrai pr0n d’interface. Parmi ses nouvelles featurettes : les journalistes peuvent se faire plaisir et sélectionner un com’ par article pour le mettre en valeur. Je me suis creusé la tête, mais sur une trentaine d’articles de mon cru, je n’en ai pas trouvé. Les gars qui commentent là bas restent sur leurs obsessions, trouvent toujours à redire sur Hollande ou le gouvernement quand bien même tu leur balance un sujet sur l’histoire du téléphone portable… bref, ils justifient bien le fabuleux Gorafi qui a égayé mes pauses déjeuner. Bravo, les commentateurs. Vous êtes bizarres. Et un peu teubés avec vos avatar à base de bérets et de Tour Eiffel.

Ho, si je ne devais garder qu’un conseil à partager? J’ai appris un truc qui pourrait peut être vous servir : dans ce genre de position, genre réclamer un stage, il ne faut pas avoir peur de relancer. A aucun moment il ne faut avoir peur d’être relou. Au contraire, c’est peut être ce qui fera de vous l’heureux élu. Excelsior !

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Try again

Bonjour ! Laissez moi vous présenter Alvin Stick.

Ouh ! Quel air coquin !

De son vrai nom Alvin H., vous le connaissez peut être comme étant le gars qui était venu parler de journalisme JV dans deux épisodes de Mario Maso. A part faire des caméos et apparaître dans une émission de Radio01 sur deux, Alvin est un gars charmant et plein de qualités. Le hasard fait que nous avons pas mal de choses en commun. Par exemple, nous sommes pratiquement nés en même temps, il a une semaine de plus d’existence que moi. Bon, il est vrai, nous avons des préférences sexuelles divergentes mais nous sommes tous les deux des gamers accomplis. Lui est spécialiste PC et Free-To-Play. Encore plus loin : il avait, il n’y a pas si longtemps, un Overblog vidéo nommé « Haru a un avis sur tout » – ce qui est étrangement proche de « Le Concombre Masqué voit tout », l’ancien nom de ce blog. Hé oui, l’ancien pseudo d’Alvin est « Dirloglory », ce qui me fait terriblement penser à « glory hole ». Mais ça, c’est une autre histoire. Aujourd’hui, nous sommes bons potes, membres éminents de la Team Alcolol (souvenez vous, le journalisme) et il sait très bien sur quel bouton appuyer pour m’énerver. Ca ne rate jamais ! Quand nous nous sommes rencontrés l’année dernière, il n’arrêtait pas de parler en « Hashtags », ce qui m’a transmis la fabuleuse expression « Hashtag bizaaaaaarre ! » toujours très appropriée sur les Internets.

Alvin est journaliste JV. Nous avons choisi deux voies différentes : lui s’est lancé directement dans le bain pro et je me suis lancé dans les études. Résultat des courses, j’ai un bagage académique et lui a beaucoup d’expérience dans le milieu. Et oui, si vous vous le demandiez, ce prénom vient d’Alvin et les Chipmunks, anecdote qu’il a du mal à confesser. Mais ça, c’est pas grave. Ce statut de journaliste free-lance lui pose quand même quelques soucis : les affres du chômage planent sur sa barbe impeccablement taillée. Alvin a trouvé la parade : participer à des jeux télé, toujours sur France Télévisions. Du coup, le gameplay des jeux TV est devenu sa deuxième spécialisation. Le truc, c’est qu’il ne gagne jamais. C’est pas comme si c’était compliqué ou comme s’il n’avait aucune culture, bien au contraire – les éléments sont toujours contre lui. Aujourd’hui, je vous propose de retracer ce parcours et de faire l’incroyable Top 5 des passages télé ratés d’Alvin. A noter que le sieur fait toujours de belles profil pic à partir de screencaps où il a toujours un petit regard en biais de fripon. Aussi, il arrive toujours à faire des caméos sur d’autres chaînes. Perso, j’attends de le voir dans Sexy Demain.

Les fritouplay

Les frites, ou play?

5) Tout le monde veut prendre sa place
On ne sait pas grand chose sur cette apparition. Évidemment, personne n’a rien pu conserver de ces divers ratages, captures ou vidéo. Le jeu phare de Nagui, où un champion est couronné après divers écremages parmi six personnes, est la cible favorite de notre petit Alvin. Après tout, ce mec est impeccable en casting et sait très bien parler devant un micro ou une caméra, difficile de l’arrêter ! Tout ce qu’on sait, c’est qu’il est passé dans l’émission vers fin 2010 et qu’il n’est pas allé jusqu’au bout. Peut être n’a-t-il pas passé le premier round. Un ratage de petite envergure qui le place directement en dernière position.

4) Slam
Les débuts des feux de la rampe pour Alvin ! C’était il y a au moins trois ans et c’était une époque où il culpabilisait sur son physique. A tort ! Monsieur Glory était une bête de culture gé et brillait particulièrement dans cette émission un peu anxiogène où un jeune homme fait faire des mots des croisés à des candidats. A partir de là s’amorce une grande tradition : il se plante à l’avant-dernière étape. Alvin doit s’incliner à deux pas de la finale, face à une petite vieille ou un étudiant chômeur, je ne sais plus. C’est la loose. Pas de panique cependant, le meilleur est à venir. A noter que l’émission se conclut sur un moment étrange où un candidat lui fait une prise de karaté. #gênant

3) Harry
Celui là est tout récent ! Harry est ce jeu frappadingue où un Sébastien Folin au bord de la dépression fait jouer des candidats contre un ordinateur géant. Enfin, un smiley géant, plutôt. Les candidats doivent remettre dans l’ordre des bouts de mots pour reconstituer des … mots. Oui, tous les jeux de l’après-midi sur France Télé ont strictement le même gameplay. Alvin est malmené par Folin : il essaie de le caser avec sa voisine de droite (qui est spécialiste des poulets à la bière et au maroilles, OUI) et notre ami doit jouer poliment le jeu. Tout ça est déjà assez embêtant quand il se voir refuser l’accès à la troisième manche. Il ne sera pas parmi les deux derniers, il le sait, « Hé nooon ça ne marchera paaaas, j’en ai peuuuur ». Il est genre savvy, et c’est ça qui le rend si exceptionnel. Malgré ce petit malaise au montage, ce parcours peu réussi ne le place qu’en troisième place.

2) Que le meilleur gagne
Dans sa carrière, Nagui a conçu et présenté trois milliards de jeux. Plus de jeux que d’atomes sur cette planète. Il faut le faire. Il a même eu le temps de voir certaines de ses émissions couler et d’en faire le revival. Moi, je serais pas contre le retour du « Mur » ou de la fabuleuse « Gym des Neurones » mais je digresse. Que le meilleur gagne est un bête jeu où une centaine de candidats répondent à des questions jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que dix, puis un, pour que ce candidat ultime participe à une épreuve sur-cheatée faite pour qu’il ne gagne pas grand chose. Alvin, héroïque, était de passage. Il arrive même à se faufiler dans le top 10. Moment d’hilarité générale quand Nagui, qui a du voir des milliers de visage de candidats dans sa vie, repère ce minois qui doit lui dire quelque chose. Les choses deviennent méta et Alvin doit avouer qu’il est effectivement un habitué. Le deuxième jeu commence, il est rapidement éliminé. LA MALEDICTION DE L’AVANT DERNIÈRE ÉTAPE. Sur une question à la con, en plus.

Bientôt les balles à blanc par courrier

1) Tout le monde veut rendre sa place (deuxième round)
Alors celle là, il pourra la raconter à ses gosses. C’est donc son deuxième passage dans TLMVPSP. Nous sommes en Décembre 2011. Le décor est planté, sapins, neige artificielle et beaux contrastes bleus/argent seront témoins d’un passage d’anthologie. Déjà, Nagui, ceinture noire de taquinage, lui fait passer un sale quart d’heure pour son « moment présentation anecdote ». Alvin ne peut parler de manière passionné de Portal 2 sans que le présentateur lui sorte les désespérants « Et alors, vous êtes un geek? » doublé de l’incontournable « Et donc vous avez une copine »? Le désespoir. Par contre, le jeu se passe bien. Il se retrouve dans les quatre derniers. Il a plein de points. Viens le moment où la championne d’époque pose les questionnaires personnalisés. Il est clair qu’elle veut son corps en duel parce qu’elle lui pose une question simplissime où la réponse est « le marchand de sable. » Emporté par l’hubris et la précipitation, il ne demande pas de répéter la question et savonne un « la petite fille aux allumettes? » avant de littéralement facepalmer et de comprendre qu’il a fait une belle connerie. La souffrance s’est lue dans ses yeux et on l’a vu faire rencontrer son front et son pupitre. Bravo, tu as perdu, tu aurais probablement été champion sans ce savonnage. Bravo bravo bravo.

(Pour la suite des évènements, c’est sur Néant Vert que ça se passe)

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Mon poumon en métal

Maintenant que Bioshock Infinite est sorti, on peut tous se faire porter pâle et y jouer comme des brutes. Pour tout vous dire, dès que je termine ce post, je m’y mets, la relecture va être pénible. Les chances sont fortes pour que ce soit le GOTY 2013. Ce n’est pas le sujet du jour cependant, mais les deux sont plus ou moins rapprochés. Souvenez vous de Bioshock, version 2007. On collait à ce jeu une identité « Steampunk », ‘aight? C’est vrai. On était dans un environnement aux codes visuels bien précis, qui empruntait quelques clichés de l’Amérique des années 50. Dans ce dernier point, c’est la même chose pour Fallout New Vegas. Infinite, donc, joue un peu dans la même catégorie – et sa couverture réversible laisse peu de place aux doute. Dishonored l’était carrément, on lui collait même du « whalepunk ».

Et encore, z'avez pas vu LA GUITARE !

Et encore, z’avez pas vu LA GUITARE !

Vous vous souvenez de Sucker Punch? Il y avait des traces là et là. On évoque souvent le steampunk mais on ne sait pas nécessairement ce que c’est. Pourtant, c’est un lieu commun de la fiction, surtout aujourd’hui ! Vous ne savez peut être pas ce que c’est, alors je vais tenter d’apporter un début de réponse. D’ailleurs, ça tombe bien – c’est le sujet de mémoire que j’ai pris pour ma première année de Master. Fétichisation transmédiatique du genre steampunk. Le titre est fourni clé en mains – ça traverse les genres de fiction et on en retient que l’identité visuelle parce qu’aujourd’hui, le steampunk, c’est surtout des cosplays et une tranche de design. Bon, je vais peut être pas le poster tel quel sur ce blog mais je vais introduire le sujet. Alors alors alors…

Le steampunk, késsadire ? Un terme dont on entend pas mal parler sur Internet. Ça n’a rien avoir avec le courant musical des Ramones ou des Sex Pistoles – on m’a déjà fait la vanne. Non, et vous comprendrez rapidement pourquoi, on pourrait coller le suffixe punk à tout : seapunk, skypunk… ces termes n’existent pas vraiment mais il serait simple de théoriser dessus. N’oubliez pas que ce sont des termes inventés de manière rétroactive qui s’appliquent sur un postulat littéraire. Verne n’avait pas ce mot en tête en écrivant 20.000 Lieues… mais la Gainax, en écrivant Nadia, probablement. Le « punk » cristallise quelque chose. Le steampunk, ce n’est pas une secte, ce n’est pas une marque, ce n’est pas une vue de l’esprit non plus, heureusement. Le steampunk, c’est un ensemble de codes de fictions. Ou, plus simplement, un type de fiction. Si on le prend au degré zéro, c’est un type de fiction où la vapeur remplace l’énergie principale, comme l’électricité ou le pétrole. Ce n’est pas franchement possible et ça explique l’étiquette « science fiction », automatique. On parle de « whalepunk » pour Dishonored parce que Dunwall marche à la graisse de baleine, ce qui n’empêche pas le jeu d’intégrer des éléments steampunk. Ok? Bon. C’est une énorme simplification mais on parle d’une notion assez floue.

A partir de là, un petit travail de définition s’amorce. On atteint un miasme de concepts sur lequel on ne tombe pas forcément au quotidien et rien ne dit qu’on puisse mettre des mots dessus. Tenez, par exemple. Une uchronie. C’est archi simple : une fiction uchronique est une fiction qui réécrit l’histoire à un moment donné. Bizarrement, la vaste majorité de ces histoires concernent Hitler. Prenez Inglorious Basterd, prenez La Part de l’Autre, prenez la moitié des épisodes de Red Dwarf ou de Doctor Who (les anglais kiffent Hitler) et on a déjà des comédies, un livre plus sérieux, une bonne variété de genres. Dans un autre registre, Battle Royale est une uchronie bien méchante – le Japon a gagné la deuxième guerre mondiale et c’est le bordel. Vous voyez, nul besoin de science fiction si on isole ce concept ! Le seul élément d’articulation, c’est l’Histoire. C’est aussi la constante de ces différentes codifications.

(C’est précisément à ce moment que j’ai arrêté de résister pour m’enquiller une première session dans Columbia)

Autre concept pas bien compliqué. Selon vous, qu’est ce que le rétrofuturisme ? Encore un bug temporel. C’est une manière de mixer passé et futur, un bon prétexte pour coller des vêtements anachroniques à des personnages. Le rétrofuturisme, c’est l’expression du passé dans le futur, et vice-versa. Plus clairement, vous vous souvenez de ces numéros d’Astrapi qui imaginaient les années 2000 avec – attention lieu commun de la mort – des voitures volantes ? Transposez ça dans les années 60, mais théorisé vingt ans plus tard. Ca donne les Jetson, ou, bien plus récent, Futurama. Une technologie balbutiante, surréaliste, cultivant ce goût du chrome et du kitsh. Quoique… là on parle peut être de futur vintage ? Je me perds dans mon propre truc. Bref, c’est la vision du futur dans notre passé immédiat et ça a cristallisé la création. Fallout et Bioshock sont les champions de cette catégorie, par exemple. Hugo est un beau film et collecte ces clichés, beaux à rendre sur pellicule. Il se passe même à Paris : sorti de la France et de la Perfide Albion, le steampunk n’est plus très pertinent. Dans les faits, ça lie les objets du présent ou du futur à la technologie d’hier : imaginez un ordinateur à la vapeur, une bagnole à la vapeur, des objets qui nécessiteraient une machinerie compliquée… et voilà pour le lien. Vous mixez ça à un sens du gigantisme et vous vous retrouvez avec des structures démesurées, des environnements ouverts, des rouages de trois mêtres. Encore une fois, Bioshock.

On s'éloigne un peu du sujet mais l'esprit est là

On s’éloigne un peu du sujet mais l’esprit est là

 Revenons donc à notre terme principal. La science fiction est un genre obligatoire avec le steampunk, le rétrofuturisme y est lié, l’uchronie est fortement probable. L’origine du terme est encore un peu floue à mes yeux – la piste la plus probable est une utilisation en forme de néologisme dans les années 80, dans une correspondance entre auteurs du genre et en variation à cyberpunk (hé oui ! Cet autre terme pourrait avoir été inventé en premier, ce qui prouve bien que « l’ordre des choses » n’a pas vraiment d’importance) pour devenir un courant qui a débordé de la littérature pour rejoindre une utilisation massive du fandom. Plus haut, je parlais de codes visuels – les rouages, par exemples, sont incontournables – et la couleur ocre bien rouillée est indispensable. Hop, vous avez en tête la station de métro Arts et Métiers.

On en trouve dans une variété de genres, dont le Policier (mixé à l’ère Victorienne, ça donne l’étrange Gaslamp Fantasy), le Western (souvenez vous, Wild Wild West) et pas mal chez Sherlock Holmes, récupéré par des auteurs contemporains, mais aussi par les versions films. Là encore, quel est le point commun ? L’époque Victorienne ! Les uchronies côtoient la révolution industrielle (parce qu’elle en a dévié, justement) et se passent, souvent, à la même époque. Aujourd’hui, c’est le style vestimentaire Victorien qui demeure parce que très emblématique. Allez faire un tour au Dernier Bar, vous verrez des hauts de forme, des lunettes d’aviateur et des montres à gousset, ce sont les clichés du genre, ils marchent parce qu’ils véhicule une certaine classe. Dans la littérature, ce ne sont pas des objets qu’on souligne, mais leur environnement. Le biais serait donc de penser que le steampunk est aussi une glorification de la domination angloise – oui, euh, non. On parle bien de codes visuels. En revanche, la présence d’orientalisme dans certaines oeuvres est avérée : le steampunk est souvent lié au roman d’aventure, donc à la découverte de continents eeeeet ça peut ramener une bardée de clichés d’époques, parfois en jouant avec, parfois au premier degré.
Des exemples plus proche de nous, exotisme mis à part – : pensez à FullMetal Alchemist ou au Disney Atlantis : l’Empire perdu. Vous voyez les points en commun?

Que lire pour approfondir tout ça ? Il est évident que le steampunk englobe divers types de fictions et qu’il est difficile de faire passer ce courant par écrit. C’est cependant un énorme vecteur pour le bouzin. Par exemple, on associe souvent Jules Vernes au steampunk. C’est, à mon sens, une erreur – si on trouve effectivement quelques codes visuels correspondant dans les récits fantastiques (De la Terre à La Lune etc, tous trouvables pour une bouchée de pain en poche dans de sublimes éditions – dont l’identité visuelle est reprise par des ouvrages sur le steampunk, d’où le problème) il est davantage question de rétrofuturisme. Je ne peux que recommander la lecture de ces ouvrages mais la nuance est à faire, subtile mais importante. Je conseille surtout la lecture de La Machine A Différences de Gibson, qui rentre bien plus dans le vif du sujet, en plus d’embrasser l’uchronie. Il n’est pas difficile de se lancer dans un gros catalogue : Les Brigades Chimériques en bande dessinée, Nadia en anime, Steam Powered Giraffe en musique, etc. Beaucoup d’ouvrages existent et sont plaisants à lire mais n’atteignent pas l’analyse et se content de photos de cosplay, aussi réussies soit-elles. Pour une vision méta de la chose, Olivize Caïra est une bonne valeur avec son ouvrage Définir la Fiction, chouette pour l’analyse de la fiction dans son ensemble. La page Tv Tropes dédiée collecte pas mal de trucs, mais hé, j’y ai touché un peu, ceci explique cela.

Aujourd’hui, le steamponque est surtout un vivier créatif dingue. On le retrouve dans le design, l’art et la mode, mais ça reste avant tout un mot très cool. En l’état, ça n’a rien à envier au mouvement gothique, c’est juste particulièrement obscur, comme n’importe quel mouvement de niche. Dites vous bien qu’en plus de théoriser sur un « proto-steampunk », les plus hardcore peuvent s’amuser à trouver des mécanismes encore plus précis : Clockpunk, Dieselpunk, Stitchpunk, NESTEAPUNK.

« Love the machine, hate the factory » Hé oui, on peut d’ores et déjà oublier Ayn Rand, La Grêve et l’Objectivisme. Les résidus d’aujourd’hui sont dans le JV, la télé et et et et les jeux de rôles qui adorent cette mouvance et cette esthétique. C’est vraiment le mot clé – esthétique – il ne manque qu’une mouvance picturale mais hé, on a les objets.

Pour aller plus loin : j’ai toujours trouvé qu’il y avait un un lien entre la littérature steampunk et survivaliste, post-apocalyptique. Sans entrer dans le délire des preppers, des mormons et des schtarbés qui restent dans leur bunker, mais le pivot est évident – le dystopique. Un genre de SF qui intervient après un évènement catastrophique, une guerre, une explosion atomique… et là, entre les deux, Fallout New Vegas, encore. Dans les livres, on parle de Barjavel, de Soleil Vert (qui est fait de spoilers) et autres fictions catastrophes qui, à chaque fois, enlèvent quelque chose à l’ordre établi. La nourriture, le soleil, les femmes, quelque chose. Pour une raison étrange – et c’est bien à ça que sert la recherche – les deux sont souvent liés. Ca me permet de conclure sur les masques à gaz, summum du cool, quand il ne sont pas sur le visage de Michael Jackson ou Justin Bieber.

Maintenant vous savez. J’espère vous avoir transmis mon amour des… rouages.
Oui, des rouages.

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