Category Archives: Kulture moderne

Aww

Okaaaaaay alors les p’tits gars, avant toute chose, l’instant pub. Amo et moi allons poursuivre les choses en parallèle et en podcast. Ça s’appelle LOLJAPON, ça rejoint le pôle Radio Kawa et c’est diffusé sur Synopslive. Un « statut culturel », exactement comme pour Respawn, un dossier thématique, puis une foultitude de rubriques rigolotes : Le Seuil de Tolérance où Amo me force à regarder un anime savamment choisi pour me rendre dingue, Les deux minutes du Pitch où je lui rend la pareille et en le forçant à décrire un truc qu’il adore en deux minutes – sans qu’il sache quoi à l’avance – puis l’instant vocabulaire où on vous explique ce qu’est le netorare ou le futanari. Excitant, non ? Pour le premier numéro, le dossier est consacré à DanganRonpa et aux survival games. Après la diffusion, c’est podcasté et – gros bonus – un deuxième numéro vous attend. Le pilote, consacré au MALAISE et à WataMote. Venez nombreux, abonnez vous, partagez notre chaîne et n’hésitez pas à manger vos dents.

Bref, aujourd’hui, je voulais vous parler d’un petit phénomène que j’aurais dû évoquer il y a bien longtemps, ça n’a rien d’une actualité, mais j’ai découvert cette vidéo il y a un mois, sous la bannière du old. Elle datait du Superbowl de 2012. Voici le clip de Needing/Getting d’OK GO. Si ça ne vous dit rien, ne lisez pas la suite, prenez juste quatre minutes de votre temps pour le mater. Vous savez que j’aime les jeux de rythme, les gars qui se souviennent de « Star Guitar » des Chemical Brothers ne peuvent qu’aimer ceci. Donc voilà, aujourd’hui, mini post en mode Buzzfeed.

Je trouve cette vidéo fantastique. L’idée est formidable, puissante, rigolote, elle ne veut rien dire et tout dire à la fois. Il y a des petits moments que j’aime encore plus, le passage des barils (il y a un moment vers 2′ où ça marche particulièrement bien) le petit passage en chœur et en marche arrière, puis à peu près tout. Au départ de la vidéo, on se demande si c’est juste une pub cachée pour la Chevrolet et s’il ne vont pas bouger et juste taper en rythme un peu partout. Pis non. Des bras mécaniques, un sens du timing imprécis – et c’est là qu’est tout le charme du truc, parce que croyez le ou non, je ne sais pas si je préfère la version originale du morceau à celle-ci – les guitares… c’est chouette. Damian Kulash, le chanteur, a du faire un petit stage de cascadeur pour exécuter le truc, qui n’est évidemment pas fait en une prise. Le groupe à sorti un petit logiciel pour calculer la vitesse idéale selon les parties de la chanson, ce petit coté home-made n’enraye évidemment pas la douce folie et les moyens évidents qui émanent du truc. Autant d’instruments, il faut les thunasses et ils peuvent remercier Chevrolet qui ont été laxistes et ont laissé le groupe faire à peu près ce qu’ils veulent, sans imposer des pubs trop subliminales. Bref, tout le monde devrait être content.

Mais les fans hardcore du groupe ne sont pas trop trop contents. OK Go, c’est l’amour de la prise unique et du minimalisme, mais avant tout l’amour des clips à idées. Du pognon derrière tout ça ? Bleuaaargh. Il fallait sûrement se contenter d’un Domino Express de trente secondes.
Et donc OK GO, c’est quoi ? Un groupe américain de, disons, Power-Pop, Power-Rock, je sais pas comment classer ça, du rock tout gentil et tubesque. Je ne suis pas particulièrement fan, parce que je lui reproche – et c’est là le paradoxe de fou avec ce groupe – un manque d’idées. Je le trouve très comparable à Weezer, qui ne va pas du tout chercher la performance, qui n’est pas super ambitieux, qui cultive le simple et le minimaliste. Bref, « Meg White, le groupe ». Bon, ça c’est l’avis de chacun, mais la critique n’est pas particulièrement emballée derrière le dernier album sorti en 2010. En revanche, ils sont davantage connus pour leurs clips. C’est même devenu leur marque de fabrique, on retient plus leurs vidéos que la zique derrière. C’est pas un mal parce que le fétiche du clip est un truc lointain aujourd’hui disparu. C’EST TRISTE ! GONDRY NE PEUT PAS ÊTRE PARTOUT, VOYEZ !
Souvenez vous, en 2006, Here It Goes Again. Le tout premier morceau à jouer dans la saga Rock Band. (Guitar Hero a préféré Do What You Want) Quatre gars, des tapis roulants, une chorégraphie de l’enfer à tenir pendant trois minutes. Je sais pas combien de prises et un ramdam sur une toile d’un autre temps, où Youtube est encore un truc tout jeune. Ça créé son micro-phénomène qui s’exporte jusqu’à ici, merci Koreus, puis ça se recalme aussitôt. Il n’ont jamais eu une grosse actu en France depuis mais ils ont gardé ce concept du « clip über alles » : une grosse idée, de préférence en prise unique, un plan fixe et yadda yadda. Mon objectif du jour et que vous preniez le temps de parcourir un peu leur chaîne Youtube. On se mate deux-trois autres clips, pour l’amour des yeux et de la créativité ?

« This Too Shall Pass »

Alors oui parce qu’en plus, ils se targuent parfois de faire le truc en plusieurs clips différents. Avec des idées différentes. Je poste celle-là parce que je préfère largement cette version à la fanfare ambulante, qui, elle, est en un plan-séquence. Comment ça, ce clip aussi ? Ben non ! Ça ne se voit presque pas mais trois morceaux ont été collés ensemble pour mieux synchroniser le tout à la musique, à des points précis où ça ne se voit pas (le passage dans le noir, etc) – comment ne pas aimer ces histoires de réactions en chaîne ? Imaginez, les quatre membres qui flippent pour leur vie de ne pas voir le truc continuer et qui doivent en plus se déplacer à vitesse flash derrière la caméra pour être partout et chanter nonchalamment. C’est tourné à Los Angeles, il a fallu une soixantaine de prises, trente personnes et une heure à chaque Reset. Voilà. Un clip façon Domino Day était ce qu’il manquait à ce blog. Toute cette variété ! Cette facilité d’exécution ! J’en reste tout flabistouflé. Ce genre de truc m’hypnotise comme jamais.

WTF

Ils ont fait un clip pour la moitié des pistes de ces album qui en compte, de mémoire, seize ou dix-sept. Ok, pourquoi pas. J’ai une affection toute particulière parce que j’ai très longtemps été victime du « Windows Effect » sur mon vieux XP qui aura bientôt dix ans. Ils ont du partir de ce constat pour créer un petit logiciel qui fait la même chose volontairement : toutes les frames restent à l’image, il faut « repasser au premier plan » pour imprimer quelque chose par dessus. Le premier plan, c’est tout, puisqu’il font ça sur un fond vert. Ça marche partout, sauf sur eux, donc, bref, la vidéo parle d’elle même. A partir de là, ils trouvent tous les trucs qu’il fallait faire dans ce contexte, et comme d’habitude, la vidéo n’a aucun sens sinon d’exploiter le truc à fond. Encore une fois, en une prise, sans probablement avoir de retour sur le rendu, l’effet est impeccable. Bravo le veau.

« White Knuckles »

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus foooooort : plan unique, pas de coupes, une petite chorégraphie et un facteur aléatoire lancé et relancé dans les pattes du truc – des chiens partout. Une centaine de prises a été nécessaire pour trouver la bonne. Encore une fois, ça ne veut rien dire de rien, c’est pour le plaisir de la performance. C’est complètement infaisable en live. En tant que morceau, c’est pas génial, mais pour être « le gars relou qui veut montrer une chouette vidéo en pleine soirée », c’est parfait.

Etc etc. Quatre gars qui font peut être pas de la musique excellente ni même bonne mais qui ont des idées en tête et plein d’argent.

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Un peu de bon temps

OUPS. J’ai été pris en flagrant délit de manque de temps. Septembre aurait pu être un mois de rattrapages, il y a eu aussi quelques petits trucs en plus comme, disons, GTA V (un assez gros bouffe-temps) Breaking Bad, Papers Please il y a un mois, etc. Peut-être plus tard. Là, j’ai l’impression de mettre ce blog en soins palliatifs. J’ai tout de même eu envie de vous parler brièvement de The World’s End.
Même si j’ai envie d’en écrire des tonnes sur Breaking Bad. Pour l’instant, je me contenterais de dire que c’est une dernière saison très cruelle, cohérente et vraiment sympa en termes de caractérisation. Il se passe ce qu’il doit se passer à chaque fois et, bizarrement, ça sonne aussi inhabituel qui bien.

Il n’est peut être pas malin de lire des tas et des tas de pavés analytiques sur le sujet avant de voir le film – et il devrait être assez difficile de le voir au cinoche de nos jours. Il sortira en boîte pour Noël et c’est typiquement un film qu’il faut voir à l’aveugle, je l’ai fait et je ne regrette pas. Vraiment vierge de toute impression est un état d’esprit idéal pour voir ce truc qui aime sauter une armée de requins et changer le genre de son film en cours de route, comme ça, nonchalamment. Pourquoi celui-là ? Sans chercher un public niché, je pense qu’il peut davantage nous atteindre, nous les giks, parce qu’il invoque quelques codes qui traînent ici et sont généralement bien vus et parce qu’il est fait par des gens qui ont les mêmes passions, de toute évidence. C’est un peu général comme phrase, donc justifions.

Ça parle d’alcool et on y boit beaucoup. C’est un mécanisme narratif mais ça parle quand même d’alcool. Et mon rapport à l’alcool est super simple : il est nécessaire pour réseauter, mais je ne le tiens pas. Essayez chez vous, faites boire votre Concombre, il roule sous la table au troisième verre. Au quatrième, il décède, parce qu’il est à jeun et pèse trente kilos. D’ailleurs, le premier titre localisé en français du film était Le Dernier Bar Avant La Fin Du Monde, ce qui nous faisait hurler ; En tant que promotion un peu honteuse au bar qui pourrait te facturer l’oxygène ambiant. Tout va bien, c’est devenu le Dernier Pub, c’est quand même bien plus englishe.
En outre, c’est un film qui part d’une idée esthétique irrésistible : plus tu picoles, plus le monde autour de toi se désagrège. C’est quand même super séduisant.

Ce film fait partie de la « trilogie Cornetto ». C’est vrai, ça m’était sorti de la tête, mais ça rentre effectivement dans ce carcan – trois films n’ayant rien à voir mais fait par les mêmes gars. Edgar Wright à la réalisation (Scott Pilgrim VS The World, amour infini, ce simple critère est déterminant à lui tout seul) Simon Pegg (Benji Dunn dans Mission Impossible) et Nick Frost devant la caméra. Pourquoi la « trilogie Cornetto » ? Parce que la force des choses fait qu’un petit bout de papier de la même marque, ou les glaces, bref des Cornettos, font toujours un caméo dans les films – à savoir Shaun Of The Dead et Hut Fuzz. Dans ces trois films, Pegg se casse toujours la gueule en voulant poser et sauter une barrière. Dans les deux premiers, on parle de Pegg qui y incarne un personnage posé dans un univers tout à fait rationnel et réaliste, jusqu’à ce que quelque chose déconne et qu’on aille de plus en plus loin dans les strates de la dinguerie.
Par exemple, le premier est une zombie apocalypse, il faut donc en tirer les conclusions qui s’impose pour Le Dernier Pub. Enfin, les trois cultivent le postulat de la petite bourgade anglaise et du vocabulaire jolly. C’est 100% British et c’est très bien. Mixé à des genres de SF où à des pistes du même tonneau, fait par un gars dont le bon goût a été prouvé, c’est cool. Autant le dire tout de suite, le titre est effectivement un spoiler et le film YOLOTE suffisamment pour se transformer en post-apo dans les cinq dernières minutes. C’est osé, probablement un peu crétin, ça donne un plan final raté, je ne suis pas fan mais il y a surement pas mal de gens pour apprécier. Bref, un film pour des jiks, par des jiks, joie et bonne humeur.

Y'a aussi ce sacré connard de Walder Frey

Y’a aussi ce sacré connard de Walder Frey

Enfin, c’est un film sur un adulte qui ne veut pas grandir. Vous me direz que c’est pas nouveau mais quand on a 20+ ans, c’est toujours un sujet qui nous touche. A ce petit jeu, Simon Pegg est démentiel, voire touchant. C’est d’autant plus dommage que le machin commence un peu in medias res et n’apporte pas énormément de développements. Je ne trouve pas ça important dans le contexte. Deux visions m’ont suffi pour apprendre le film par cœur et pour noter que tous les éléments indispensables sont distillés à un moment ou un autre. En bref, c’est maîtrisé.

Tout ces paramètres font du Dernier Pub un film à voir. Les étudiants en cinéma, les connoisseurs et les cinéphiles y verront surement un film gentiment moyen, tendance sympa, un peu brouillon, mais je reste persuadé qu’il rentre dans un catalogue de films à culture geek HA JE SAIS CE MOT MAIS VOUS M’AUREZ COMPRIIIIIIS.

De quoi on y parle, d’ailleurs ? Cinq amis d’enfance retentent le barathon avorté un peu trop tôt, vingt piges auparavant – pas loin du jour de ma naissance, preuve que ça n’a rien de générationnel – dans la petite bourgade de Newhaven. The First Post, The Old Familiar, The Famous Cock, The Cross Hands, The Good Companions, The Trusty Servant, The Two-Headed Dog, The Mermaid, The Beehive, The King’s Head, The Hole In The Wall et The World’s End, autant de checkpoints où on aura droit à des gros plans chelous à base de verres qui se remplissent et oui, j’ai une mémoire terriblement sélective. Ce barathon va effectivement avoir lieu, devenir de plus en plus barré et c’est l’occasion de refaire un peu de numérologie, d’insérer des chiffres plus ou moins bien planqués dans les divers pubs pour distiller un peu la progression du truc, et aussi aider un petit culte autour de ce film car ouaip, c’est comme ça qu’on fait. Gary, Ollie, Andy, Peter et Steven se réunissent après vingt ans de vide – surtout emmenés par Gary, grand crétin irresponsable impossible à contredire. Quelque chose bascule et le film démarre enfin.

Ça commence comme un buddy movie sympatique, bien rythmé mais sans saveur particulière, avec quelques runnings gags pas bien brillants et une écriture sympa mais pas extraordinaire. Il y a des petites trouvailles visuelles mais qui n’égalent en rien le peps de Scott Pilgrim. Bon, ce n’est pas une adaptation, on ne peut pas tout inventer. J’ai donc eu un fantastique « gasp » de surprise à la vue de cette tête de robot qui décolle de ses épaules, à l’issue d’une scène de baston pas mal foutue. Au pub 4, paf, ça devient soudainement un film sur une invasion extraterrestre. Au final, après des zombies et un culte secret, ça ne pouvait qu’arriver. On se retrouve donc dans le « syndrome South Park » où les cinq personnages sont les seuls normaux dans un monde de dingues, ou plutôt de « machins ». Je sais pas comment appeler ça. Une beer apocalypse ? C’est marrant, ça sonne pas mal. On va la garder. L’expression.

Glou glouDonc j’imagine aisément que toutes les discussions autour de ce film sont à propos de ces différents sauts de genre. J’pense pas que ce soit confus. C’est juste une manière de faire. Un peu gonzo, un peu sans conséquences (et pourtant, dans la diégèse…) mais nécessaire. Ce film avait l’aura d’une truc un peu dingue et on ne peut pas surfer sur les codes visuels du post apocalyptique sans retombées. Il faut juste pas être fatigué devant puisqu’il accuse de deux trois longueurs et je connais des gens qui se sont endormis en cours de route. Trois quart d’heure de « tout va bien tout est normal » et une quinze de « yolo tout se barre en cacahuète mais il faut quand même le finir ce truc ».

Puis, Gary King. Il est irrésistible. En début d’année, j’avais pas mal aimé Hapiness Therapy (ce tiiiitre) parce que Bradley Cooper y est tellement, tellement impec’ en mec qui ne maîtrise rien autour de lui, à l’inverse de ses autres rôles plutôt flegmatiques. Gary King est un personnage flippé, un peu psycho, pas super bien dans sa tête mais toujours très positif. J’en ai connu des comme ça, j’en connais aussi et je suis sûr que vous en avez dans votre entourage. Ça apporte une dimension d’anti-héros pas encore tout à fait explorée et on sent que Pegg est à fond dans le truc. Bon, c’est aussi une question de caractérisation – le caractère insupportable de Gary est précisément ce qui va déclencher la-dite fin du monde, mais il y a du charisme dans cet éternel looser déchu. Les autres font un peu plantes vertes à coté, excepté de Nick Frost, toujours là pour assurer la bromance indispensable. C’est dommage mais encore une fois, les deux persos les moins développés se font broyer en engrais, alors à quoi bon ? Inutile de donner une tonalité grave gratuite au truc.
Et puis, hé, ça se termine sur une note bizarre, mais positive. C’EST PAS MELANCHOLIA QUOI.
Ha, et y’a Martin Freeman. (*Cris de fangirls*) Mais il meurt dans d’atroces souffrances.
Mine de rien, c’est aussi une petite réflexion sur « la connard way-of-life » et l’alcool en général. Le truc autour de la « ville un peu pérave » qui ne change pas a également son petit charme, mais ça reste dans la continuité des deux autres.

Quels sont les petits machins qui font la plus-value de ce film ? La BO. Oh que oui. C’est pas bien dur ni recherché, mais à l’inverse d’autres films dont la bande son est juste là pour faire « youpi je suis dans l’actualité » à la Kick Ass (damn, ce que le 2 est con) y’a une vraie cohérence d’ensemble parce que c’est beaucoup de Britpop. Ou pratiquement que ça. Le film commence sur cette petite tournerie rigolote de Mark Summer, y’a There’s No Other Way de Blur, mais aussi du Pulp, Suede, tout le film tourne autour du monologue d’intro d’une chanson de Primal Scream… et y’a une fantastique séquence autour d’Alabama Song des Doors. « Show me, the way, to the next, whisky baaaar~ » ha bah oui, forcément. Un petit moment d’angoisse collective très marrant et gentillement chorégraphié. Donc voilà, peut être l’occase de découvrir une ou deux pistes sympa.
Je note aussi le caméo de Pierce Brosnan qui vieillit, hé oui. Il est passé de « James Bond » à « méchant d’un James Bond » et c’est une peu le malaise en y repensant. Enfin bref, il a un rôle bien marrant et ça s’inscrit dans la continuité d’Hot Fuzz où on pouvait voir… Timothy Dalton !

 Pour résumer, je dirais qu’un vague buddy movie qui fétichise les pubs anglais, qui plonge à deux mains dans la SF gratuite et qui fait l’apologie des grands crétins ne se refuse pas. Même si on est #TeamGrenadine. Dites vous bien que si ce film ne virait pas de bord aussi franchement en son milieu – d’une part il ne ferait pas partie de cette fameuse trilogie, mais il serait resté un film comique gentil mais pas mémorable. Ce sont ces prises de risques, habituelles chez Wright, qui font que je parle de ce film aujourd’hui.

PS : D’ailleurs, le saviez vous ? Le Monaco et le Perroquet Bleu ont beau être mes boissons trademarks, j’adore aussi la Vodka Orange et les Tequila Sunrise. Mais bon, j’avoue, tout ça est très sucré, je suis une lopette.

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5.55

Vlan ! Cinq piges de blog. Une demi-décennie. Il y a déjà trois ans, je blaguais que j’étais parti pour une décennie. Le titre de ce même post impliquait – subtilement – que j’allais arriver à ce stade. Et encore, ce n’est que la date semi-officielle puisque je suis déjà en retard d’un mois et des bananes pour faire ce post, mais aussi parce que la vraie date est en fait il y a sept ans. Je n’ai commencé à réellement poster des textes construits que vers Juin 2008, où j’étais certain de faire ça régulièrement. Là, je suis à un pivot du truc, sans réellement savoir si je vais rempiler régulièrement à la rentée. Un petit sacrifice d’égo et « d’assise Internet » qui rapporterais un fantastique gain de temps. Au lieu de faire un habituel bla-bla sauce bilan, je me suis donc posé une question, appuyée par la rondeur de ce beau chiffre.
« Qu’est-ce que j’ai appris en cinq ans ? »
C’est pas simple mais il y en a des choses. Disons que j’ai fait pas mal de découvertes. Je n’ai pas réellement évolué – en tout cas pas des masses – mais j’ai fait une kilotonnes de rencontres et de trucs fascinants. Il faut comprendre que cette page est, pour moi, toute ma période post-bac, et qu’elle va pratiquement mourir d’elle même dès que j’aurais un boulot. La réponse en version light, car être exhaustif ici et maintenant c’est pas simple, non non non.

Déjà le cinquième Excalibur d’anniversaire ohlala

Donc. L’été 2008, c’était à peu près comme hier, je sortais de la Prépa, équivalence magique en poche. Plein d’idées en tête mais sachant bien que je n’y arriverais jamais avant une licence au minimum, je me dirige vers le droit. Je fais ma première Japan Expo, découvre qu’il y a un truc derrière. La Fac commence et je vais devoir me prendre en main sur tous les plans. C’était sympa, j’étais relativement frais dans ma tête, mais écrire sur des sujets rigolos, même dans le vide, était quelque chose d’assez excitant. Nous sommes maintenant cinq ans plus tard. J’ai moins de cheveux, plus d’expérience, beaucoup plus d’assurance, j’ai écrit quinze milliards de signes sur Internet et je tape tout ça depuis le Maroc, mille-feuille à la main. Bref, la vie est cool, c’est les vacances et bientôt le shit va getting real. Un peu comme chaque année, finalement. Que s’est-il passé entre temps ? Je vous fait le best-of, ici et maintenant. La vaste majorités des machins évoqués ci-contres ont eu droit à un post dédié. Il va falloir les chercher car j’aime faire de la flemme sur les petites choses une constante.

En 2008 j’étais absolument profane des animes. Aucune idée qu’il pouvait y avoir une actualité et un fandom dédié. Je pensais que c’était une sorte de relicat du passé et que certaines productions subsistaient en France de temps en temps, la saison « Kaz » étant soit une exception, soit une ouverture discrète. Je lisais quelques mangas avec grand plaisir sans savoir que des adaptations étaient quasi-systématiques. Entrer à la fac était synonyme de glandouille sur le net devant un Guy Carcassonne encore vivant. Bientôt, j’apprends l’existence de La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya, commence un peu voir, trouve ça formidablement moyen et découvre qu’il y a plein d’autres trucs. J’ai eu un gros coup de coeur pour Soul Eater dont l’univers me colle à la peau, très perfectible et la fin approche. Sinon, les meilleurs animes que j’ai vu sont probablement Haibane Renmei (mon seul 10 sur My Anime List, folie furieuse), Tokyo Magnitude 8.0, Sayonara Zetsubo Sensei et Baccano!. Mention honorable pour les idées barrées de Kaiji. Bon, on est d’accords, pas facile de battre Cowboy Bebop mais certains se défendent comme ils le peuvent. Ce n’est que le préambule d’une liste assez longues de séries vues, finies, abandonnées ou purement snobbées (K-On ! est un running gag qui tient toujours) et qui passionnent beaucoup de gens.
Surprise numéro 1 : la japanime est aussi une affaire d’adultes, et je ne parle pas de la masse impressionnante de pr0n qu’elle génère – non, que nenni, il y a de belles intrigues, des thèmes adultes, des machins complexes, pince-sans-rire ou violents. Parfois, c’est juste des mécha-loli à qui on a oublié de donner un pantalon et c’est embarrassant pour tout le monde. J’ai été assez otaque pendant cinq ans, j’ai même cofondé une asso et couvert pas mal de conventions, parfois avec une assez belle boule dans le ventre mais toujours avec plaisir, finalement. Ce n’est plus un milieu dans lequel je me passionnerais à outrance mais c’était une grosse bulle sympa et originale. C’est pas comme si j’avais rencontré plein de gens via ce médium ou sa périphérie : une vaste majorité de gens bien, énormément de gens bien intentionnés, une tout petite minorité de gens chiants. Une très belle moyenne et des gens souvent originaux. Maintenant, je regarde pas mal de trucs en dilettantes (et c’est un peu hypocrite de ma part parce qu’il y a plein de trucs bien cette saison et pas que des machins bien nets) donc un pan bien particulier qui a pris de grooooOsses proportions dans ma vie. Maintenant, je me suis calmé, je préfère jouer à Rock Band.

CE JEU !!§

Le jeu vidéo, c’est une autre histoire. Le saviez vous ? J’étais complétement Nitendautiste jusque là. Comme tous les autres, je vivais dans un joyeux monde de gameplays parfaits, de Mario Party, de Wario Ware, etc. Et paf, je finis par avoir envie de succès (la motivation la plus étrange de tout les temps) et de jouer à Banjo-Kazooie (ditto) et j’achète une 360. ET LA PATATRAC TONITRUANTE DÉCOUVERTE, la même qu’au dessus ! Il y a toute une actualité et elle est encore plus intense ! Dingue !!
Moui, plus sérieusement, j’ai appris à comprendre qu’il y avait plein de trucs pour moi de l’autre coté du JV, à l’époque où Nintendo savait ce qu’il faisait. J’ai réussi à ouvrir ma focale quoi, ça demandait un certain effort intellectuel à l’époque. J’en retiens des jeux comme Read Dead RedemptionRayman Origins, Alpha Protocol, Fallout New Vegas ou Catherine. Sans compter les milliers d’eurobrouzoufs – littéralement – dépensés dans Rock Band. Les choses ont bien changé, on est sur le point de passer à la génération d’après et elle aura pris son temps. Sega a perdu le jeu à force de perdre les siens. La 3DS a raté son démarrage comme jamais, elle est en pleine forme deux ans plus tard. La Wii U pourrait suivre le même chemin mais il va falloir beaucoup de jeux et d’abnégation. Sincèrement, je crois qu’en 2008 je me disais que GTA était un jeu un peu con et violent. Pardonnez moi, je l’étais un peu aussi, con. Faut dire qu’à l’époque, acheter un jeu était quelque chose de rare et puissant, aujourd’hui, c’est une routine !
C’est devenu quasi-industriel, parfois pour le boulot, encore plus rarement pour rattrapper le passé. En cinq ans, le jeu vidéo s’est un peu cassé la gueule. Le marché est en train de changer de modèle, Game a glissé sur une peau de banane, le journalisme JV est devenu – un vaste problème de connivence chez les autres – un vaste concours de celui qui va dénoncer le voisin en premier sur Internet. La presse est quasi-disparue en France. Internet a une fois de plus tout pété et la réponse émerge dans quelques pratiques alternatives qui se cherchent encore aujourd’hui. Le retail existe toujours mais Zozon.com reste la meilleure façon de se fournir. Oui, pour les consoles. Ne me parlez pas de master race. L’élitisme PC est peut être la seule constante du truc.

Souvenons nous, ce blog était à la base un blog télé ! Est-ce que les choses ont changé ? Noooon ! Quelques petites séries résistent toujours à l’envahisseur. Je peux même pas écrire de généralités sur les networks parce qu’House Of Cards, premier produit de l’écurie Netflix, à l’air de valoir son pesant de cacahouètes. La grande ère HBO reviendra pas mais elle nous fournit encore Girls, The Newsroom où Game Of Thrones. Ok, Six Feet Under, The Sopranos, The Wire et Oz appartiennent au passé mais la création taylay a encore de belles choses devant elle. Imagine, Monster par Del Toro ? Ca risque d’être quelque chose. En 2008, c’était le grand retour à la sitcom. Je porte pas beaucoup The Big Bang Theory dans mon cœur, préférez The Office. Enfin, toute « l’ère ABC de 2004-2005 » avec Grey’s Anatomy, House, Lost et Desperate Housewives est terminée, bien heureusement pour cette dernière.
En 2008, on sortait à peine de la call-tv, ce concept qui me fascinait. Aujourd’hui, pas bien loin sur la TNT, restent les émissions de type Discovery qui exploitent des concepts foufous. Je matais Survivor en live depuis déjà un an et j’allais découvrir The Amazing Race en vomissant de bonheur. Si vous voulez recréer ces conditions, matez la saison 6 ou 9 et tant pis pour le 4:3. La première a de meilleurs restes que le second (mais il paraît que la dernière saison est vraiment bien donc allez savoir)
Pendant ce temps, en France, on tend vers le concept de mini-jeux partout. Dans cinq autres années, on invente le Wario Ware télévisuel. Vivement quoi. Ici, commencer une phrase par « Bref » est devenu connoté.  Gros coup de coeur pour Nolife dont l’aventure est inspirante.

Bonjour ceci est la meilleure vidéo des Internets

Niveau musical ? Deux groupes que j’ai découvert en 2007/2008, The Go! Team et les Flaming Lips, restent parmi mes préférés encore aujourd’hui. Je suis devenu « ce genre de type » qui préfère acheter des vinyles parce qu’il a la chance d’avoir une platine. J’ai pris l’habitude de systématiquement aller à Rock En Seine chaque été, même si j’y vais en me disant « tout de même, la programmation est pas terrible »… parce qu’il y a toujours deux ou trois groupes qui sont une motivation du tonnerre. Dans un mois, c’est Franz Ferdinand, Phoenix et NiN. Aller à un concert cool et pas trop cher de temps en temps est devenu une sorte d’obligation bien saine. Je n’arpente plus les jeunes talents comme je le faisais autrefois et c’est un poil dommage, ces soirées au Trabendo me manquent pas mal. Sinon, un album toutes les deux semaines et un bon gros coup de cœur de temps en temps. Je dois bien remercier les jeux musicaux et certains Youtubeurs pour avoir découvert une foultitude de singles et de groupes.
J’ai vu Oasis splitter sous mes yeux et on me vanne toujours avec ça, quatre ans après. C’est bien ce single, sans surprises, que j’ai le plus écouté dans ce gros lapse de temps. Je nourris toujours l’espoir de bosser dans cette industrie, parce que commenter l’actualité en passant quelques disques sur Nova a l’air d’être le meilleur boulot au monde. D’ailleurs, en 2008, tous ces gens que j’adorais écouter mais qui ont disparu du radar : Bibi Tanga, Kenna, Cajun Dance Party, z’êtes passés où ? Y’a que les Friendly Fires et Vampire Weekend qui ont su tirer leur épingle du jeu, visiblement.

Pis bon, rester devant son Macbook c’est très sympa mais bouger c’est aussi très bien. En cinq ans, je suis allé sur autant de continents que d’UFR différents à la fac. Ou presque, quelque chose du genre, bref. J’ai suivi mon cursus un peu en traînant des pieds mais toujours en sachant que j’aime – la plupart du temps – ce que je fais. Les Lettres, c’est une question d’idéologie, d’époques et de goûts, parfois on a juste envie de s’en foutre. Aujourd’hui, je fais de la recherche et je boucle un mémoire, ça, c’est bien plus cool. Le deuxième cycle devrait se terminer sous peu et je vais reretenter les concours d’écoles de Journalisme. Peut être l’occasion de retourner en prépa.
Parfaitement, avec une majuscule ! C’est mon truc, un métier ingrat – décrié par les ignorants, parce qu’il y a peu de professions plus passionnantes et enrichissantes – difficile à intégrer. Pas de bol, ce qui m’intéresse c’est aussi le vrai, le généraliste. Il a fallu apprendre que la fac te laisse un peu te démerder et que c’est à toi de faire ton trou où tu veux. Qu’à cela ne tienne : premières rencontres, premières expériences, premiers stages, la machine se met en marche. Sans ce blog, les choses auraient été différentes, je n’aurais pas eu la petite motivation, l’incentive d’écrire partout sur divers sujets. Vraiment, la prochaine fois que vous écrivez une crasse sur un journaliste, réfléchissez bien. C’est un parcours qui se mérite et qui n’est pas toujours tendre – personne n’est là par hasard, alors dites vous bien qu’il y a peut être des paramètres que vous ne maîtrisez pas dans votre critique… en tout cas, études et boulot, concilier les deux est l’éternel casse-tête. A suivre, donc, et merci au Twitter et au JDJ d’avoir kickstarté tout ça !

Pis bon, le social, bien sûr. Pas besoin d’apprendre que les rencontres sont la clé de tout. L’appliquer, après, c’est autre chose ! J’ai fréquenté pas mal de sphères des internets ; des (bons) bloggeurs BD (pas girly) des otakes, des journalistes, des soiffards, des gars de l’industrie du JV ou de la musique, des lecteurs. Plein sont devenus des amis, une petite poignée sont devenus un peu plus. Arpenter des bars stratégiques est devenu une stratégie clé et un plaisir depuis une grosse année et demie. Rencontrer des gens, tisser son lien social et son réseau, le temps filtre naturellement tout ça. J’ai donc appris qu’il ne fallait pas toujours me brusquer, suivre mon instinct sur les gens sympas et ne pas être trop premier degré sur le web, même si c’est dur.
Puis j’ai pigé que mener des projets, même de niche, ça n’a rien de compliqué. Le Velvet Video Burger et l’AMV ENFER restent mes deux machins trademark, les deux ont été la suite logique d’une expérience qui tâtait le terrain. Même sans le crier sur les toits, le bon concept se suffisait à lui même. Alors avec un brin de communication maîtrisée !

Woof !

Woof !

Bon, je vais pas parler de trucs dont j’ai jamais parlé ici, genre de bouquins, je doute que mon fétiche sur Castaneda ou la littérature nord-Américaine vous fascine franchement.

Puis y’a Internet. En 2008, Youtube est encore un truc relativement récent. On ne maîtrise pas encore bien Twitter, Tumblr arrive, on écoute timidement de la musique légalement sur Internet et Tv Tropes s’apprête à ruiner nos vies. Bientôt, le gros du truc va se faire là. Tous les trucs. Aujourd’hui, l’Internet est citoyen, participatif, il nous offre le serious gaming, il finance à plusieurs, plus personne ne veut payer pour de la bonne information et de bons pure players surnagent au dessus d’un Melty aussi dégueu que bien référencé. Cinq ans, le temps d’un tapis roulant de mèmes. Le plus rigolo restera à jamais Trololo. Un an après, j’aime toujours les conneries à la Dolan. C’est bien Twitter qui est devenu le meilleur des terrains de jeux – et j’ai connu des sites qui m’ont aidé à étendre #leréseau, d’autres qui m’ont permis de mettre tout le reste à profit. Ben ouais, comme tout le monde, j’aime faire des podcasts. Des bons, de préférence. Proposer des choses, le partager, voir comme c’est gratifiant, idéalisme béat. Tout le monde y gagne, ça rentre dans cette période classique de pré professionnalisation qui nous atteint tous, le temps d’engranger des diplômes.

Bref, ça fait cinq ans que j’écris sur les Internets et c’est passé sacrément vite. Ça m’a apporté plein de choses. Souvent indirectement mais hé, c’est très bien comme ça. J’ai, basiquement, appris qu’il fallait se battre pour ce qu’on aime, qu’il ne faut pas s’en faire pour trop peu, que j’ai un fétiche étrange pour les cultures de niche et qu’il ne faut pas laisser passer les bonnes idées.
Merci à vous pour votre fidélité. Cœur avec les mains. Un autre encore plus gros pour ceux qui sont là depuis le début.
On se retrouve dans deux jours pour la deuxième moitié de ce post !

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Bonnes ondes

 « Hé Concombre, qu’est-ce que tu écoutes comme genre de musique ? »

Elle dit que les Vocaloïd mmmouif osef léger

L’accident bête. On m’a souvent posé cette question ces derniers temps et comme je n’aime pas avoir l’impression de tenir la jambe aux gens, je me contente d’un bête « Eeerm » alors que j’ai, intérieurement, très envie de me lancer dans un exposé universitaire d’une heure. Je pense que c’est la même chose pour tous les music geek qui ont un espèce de complexe de supériorité alors qu’il ne connaissant qu’un tout petit pan de l’équation globale. Je fait partie de ce groupe un peu élitiste qui pense tout savoir et qui aime penser que ses goûts sont les meilleurs, qui préfère les vinyles etc etc. En gros, à mon propre test, je me donnerais un 7/10. Au moins, on peut converser entre nous et avoir des discussions d’hipsters. Des discussions délicieuses.
Enfin bref, je suis incapable de répondre à cette question de manière ultra synthétisée, donc je vais tenter une réponse assez synthétiséeRien ne devrait vous surprendre, je devrais juste révéler que je suis comme à peu prêt tout le monde et vous ferez peut être une ou deux découvertes. Pas d’extraits, juste une longue énumération de groupes, sinon on est partis pour un truc en cinq parties et j’ai déjà un mémoire à faire ! Voilà une petite liste non exhaustive et très superficielle de ce que je mets dans mon Spotify. On va diviser ça en deux parties : une liste de « grands classiques » que quasi-tout le monde cerne, et un miasme plus personnalisé, bien plus succin – impossible d’être complet à ce niveau sans se plonger dans des mois de recherches et de rédaction.

Pour résumer simplement la chose, j’ai été bercé un peu trop près du fameux best-off de Queen et je crois que ça m’a influencé pour de bon. J’ai donc une moumoute stratosphérique, une sexualité débridée et un petit accent irrésistible. En vrai, je suis très vite tombé amoureux de la notion de rock classique en général. Bon, c’est super bateau mais ça regroupe une foultitude de petits mouvements, alors reprenons ça depuis le début. Malgré un taux d’humidité et une température qui me rappelle mes pérégrinations Islandaises, paraît qu’on est bientôt en été et c’est une période parfaite pour se replonger doucement dans les années 60. Ça tombe bien, j’adore cultiver mes classiques ! Alors c’est parti pour cinquante nuances de wok.

On va largement squizzer les tout débuts du genre dans le delta des années 20 et passer aux fondamentaux du genre, dans le rock and roll des années 60. Eddie Cochran, Chuck Berry, ce n’est pas totalement ma came mais c’est presque de la musique classique, hein. De grands guitaristes émergent davantage que de grands groupes. Bon, c’est en oubliant les Beatles qui vont vivre la meilleure des décennies d’artistes, et devenir le meilleur groupe evah. On devrait tous connaître l’histoire de ces quatre gus dans les moindre détails. En parallèle, le style « primaire » évolue et devient un peu plus foufou : son langoureux très caractéristique, tempo qui monte bien, le rockabilly apparaît. Brian Setzer en est l’une des stars les plus connues. C’est pas dur à émuler et c’est fin chouette à écouter. Le trio Reverend Horton Heat a poussé le concept dans ses derniers retranchement avec son « psychobilly » – deux fois plus rapide, deux fois plus foufou, presque agressif – mais ça c’est bien plus récent. Non, rétrospectivement, c’est l’émergence du surf rock, en direct des States. Les Beach Boys (deuxième meilleure groupe du monde, rappellons-le) alignent tubes sur tubes, explorent plein de trucs et ont une longue carrière qui a récemment repris. On peut citer Dick Dale pour les clichés du genre. Bananes, planches et sable, quoi. Musicalement, c’est bien plus compliqué que ça. Il faut avoir écouté l’album Pet Sounds au moins une fois dans sa vie !

Pas si loin se développe toutes les nuances de blues rock, un terme un peu bâtard pour tous ces groupes ultraconnus qui aiment bien les accordages « de vieux » (guitares souvent ré-accordées pour que ça sonne bien sans rien faire, génial pour jouer avec un bottleneck et obtenir un son de furieux) et de riffs ultra-efficaces, je parle bien sûr de Led Zep, des Rolling Stones, des Who. On ne les présente pas. Des tueries, celles de nos parents. J’adore tout ça mais j’ai un gros fétiche sur tout ce qui est psyché rock : l’année érotique, tout ça, les substances prohibées qui donnaient des mélodies et des sonorités originales. Je ne partage pas l’enthousiasme de beaucoup sur Frank Zappa, moi je suis plus Jefferson Airplane, Jethro Tull, Hendrix… ces gens qui aiment bien les sons chauds, joyeux, rapides. Sans oublier le Grateful Dead qui a bien contribué à ce genre d’improvisations interminables mais néanmoins modernes : moe. (à ne pas confondre avec fun.) et Phish sont autant de groupes surpuissants avec une fanbase très localisée. PAUSE FUNK ET DISCO. Je le résume en deux lignes mais j’adore ça. Qui n’aime pas le Funk ? Le grand Phonque Railroad, les Ohio Players, même Abba si vous voulez ? Ça se mange sans fin.

Le saviez vous? J’écoute sûrement ma zique trop fort dans les TEC, vu ma façon de repousser le chaland

Bon, ce n’est peut être pas faire preuve de bon goût mais j’ai aussi un truc pour le rock sudiste. Groupes très rednecks, blancs et aux paroles qui laissent planer le doute mais aux morceaux chouettes aux looooongs solos. Vous voyez le genre : Lynyrd Skynyrd, les Outlaws, le Allman Brothers BandToi aussi, prend ta guitare, selle ton cheval et pars à l’aventure ! Le folk façon Young, Dylan ou Springsteen, je m’en fout un peu, je dois l’avouer. Le folk d’aujourd’hui, nettement plus émo, un peu plus (Winterpills and co). Pas de panique, on revient vers de meilleurs auspices avec le hard. On commence à saturer les grattes et à faire des riffs qui donnent envie de sauter au plafond. Je suis pas très Dio, Thin Lizzy ou Black Sabbath, mais j’adore la nuance un poil plus soft. Deep Purple en tête de liste, AC/DC évidemment et on revient aux Who. Super chouette !

Gros morceau : le punk, que j’appelle affectueusement « le ponque ». C’est une histoire en deux chapitres, sur deux fronts. On commence par les années 70, dans la perfide Albion. On joue mal, on s’en fiche, on ne vit qu’une fois et on prône le « Do It Yourself » c’est l’ère des Clash, des Sex Pistols. C’est un peu toujours la même chose avec quelques morceaux de bravoure. Truc de fou : le ponque a une tout autre couleur sur les cotes californiennes. On fait un saut d’à peu près quinze ans. On accélère le tempo à fond, on adopte un rythme de vie un poil plus sain mais on reste dans une vue de l’esprit assez « chanmée », c’est le skatecore avec PennywiseNOFX ou Blink (vous savez ce groupe qui est vraiment mieux que Sum 41) et autres Green Day. Pas la peine de vous refaire un pavasse sur ce dernier. On n’oublie pas les Stooges où MC5 par qui tout ça passe.

On commence à déconstruire tout ça, on obtient le prog rock ! J’aimerais mieux connaître la discographie de Pink Floyd, ça finira par venir. Pour Benco, le prog c’est surtout Yes. Groupe hybride ayant pas mal subi le poids des années, les débuts étaient géniaux. C’est abstrait, alambiqué, interminable tout en gardant une certaine efficacité. Les gens qui font ça sont très techniciens et, à l’échelle d’aujourd’hui, ça donne le métal progressif (amour inifini pour Tool) ou Dream Theater. Les canadiens ont Rush et ils ont bien de la chance. Le saviez-vous? Le rock prog français était inconnu et c’est bien triste, référez vous à Magma ou Gong. King Crimson est aussi une valeur sûre. Influences blues et planantes, parfois plus énervées, parfois chantantes, rythmes zarbis, c’est indescriptible. On arrive sur la New Wave. Depeche Mode est le « grand classique » du genre, j’ai aussi pars mal d’affection pour les Talking Heads, les Simple Minds sont un plaisir coupable et c’est tout. Beaucoup d’entre vous écoutent et aiment sûrement les Sisters of Mercy et/ou Joy Division, tant mieux pour vous.

A force de l'entendre dans un jeu sur deux, ça devient mon chouchou de l'année

A force de l’entendre dans un jeu sur deux, ça devient mon chouchou de l’année

Non, parlons plutôt de tout ce qui est indie. On se rapproche bien plus vite de mon année de naissance. Un groupe phare qui s’est occuppé de sa première galette d’un bout à l’autre ? Les fabuleux Fugazi. Ils ont des fétiches précis : les tourneries inhabituelles, les dissonances, le goût du bon morceau sans arrière pensée pécuniaire. Aucun morceau dans aucun jeu de rythme, c’est une honte. Écoutez-donc un peu au hasard, c’est injustement méconnu. Plus juste, mais plus bruitiste, Sonic Youth, le groupe le plus hipster du temps et de l’espace. Petit frère spirituel : Shellac. Varié, langoureux, chouette, pas joyeux du tout. On bouge un peu plus ? On tend vers Pearl Jam, les indispensables Pixies, Hüsker Dü (pas de Husker Dü, pas de Foo Fighters !) ou ce nombre improbables de groupes d’étudiants qui deviennent connus (Harvey Danger) voire super connus (REM). Enfin, nous sommes en 90, le grunge, Nirvana pour tous. Je ne vous le présente pas, c’est insultant. Soundgarden ou Silverchair pour aller plus loin, moins ma came. Beaucoup de groupes aux noms cools, en somme. On mixe les deux ? On obtient les Smashing Pumpkings, Mellon Collie et Siamese Dream sont deux albums à écouter. Aujourd’hui, ça donne les Silversun Pickups : voix androgyne, batterie militaire, son super planant et baddant, le pied.

C’est fini ? Oh non, on oublie pas le GROS SON. La musique bien crade. Je suis pas un homme à métal mais deux styles lorgnent gentiment sur la limite : l’indus en tête de liste. Nine Inch Nails, surtout au début, que du son autodestructeur et libidineux. Ministry en second, j’y connais rien cependant. On retourne au désert californien pour aborder l’un des meilleurs sons du monde : le stoner. Kyuss et les Queens Of The Stone Age, évidemment. Super heavy, super saturé, une musique crade qui sent la sueur et les pieds. A écouter en cramant au soleil ou sur la plage.

C’est au milieu des années 90 qu’émergent mes petits chouchous, à savoir toute la scène britpop. On prend le grunge, on en retire le nihilisme, on joue avec des guitares d’avant 1902 et on pose comme des fous. Hop, arrivée d’Oasis et de ses cinquante concurrents : Suede, Maximo Park et le fabuleux Blur, emmené par Damon Albarn (le monsieur de Gorillaz) le son de la grande Bretagne se cherche, se trouve et devient de plus en plus dansant : c’est la folie dance rock qui revient avec Franz Ferdinand et les Kaiser Chiefs qui poppent en même temps. Très légère préférence pour les premiers qui ont cet art de la musique archi efficace. Je peux pas ne pas citer Coldplay, ce serait hypocrite. Plus calmes, plus constants, Radiohead, qui explore pas mal de choses en peu de temps. Très posé et émouvant. Enfin, on peut s’arrêter avec un style délirant que j’adore : le math rock qui, comme son nom l’indique, adopte des mesure et des rythmes plus proches du nombre d’or que de l’habituel 4/4. « C’est un peu le CNRS du rock, on fait tout ce qui est interdit pour mieux le maîtriser ». Ça donne des morceaux, souvent instrumentaux, complétement barrés, rarement sensés. On parle bien sûr des Foals, de NoMeansNo, de 65DaysOfStatic… et de quelques groupes français locaux, dont un groupe aux chansons débiles qui s’appelle Diatrib(a). Amour pour n’importe quelle groupe délirant à la Mindless Self Indulgence.

J'ai une liste longue comme le bras de plaisirs coupables, pour cacher la vraie liste des plaisirs très très coupables

J’ai une liste longue comme le bras de plaisirs coupables, pour cacher la vraie liste des plaisirs très très coupables

Ça fait déjà pas mal, mais tout ça ne forme qu’une vision assez académique et linéaire du rock « guitaristique », donc une toute petite partie de l’histoire de la zique. J’aime énormément d’autres trucs et il sera impossible de les lister. Dans mes groupes préférés, on trouve en tête les géniaux Go! Team et les Flaming Lips, dont la longue carrière aura donné des disques tous très différents. J’imagine que mon interminable liste de DLC sur Rock Band doit être assez parlante sur mes goûts et kiffs divers, sans nécessairement bien connaître le groupe derrière. Et là vous me dites « Mais Concombre, ça fait beaucoup d’anglophone tout ça, non? » Bah ouais, presque exclusivement, mais je risque d’être très snob en parlant de chanson française. Je ne la méprise pas, j’aime juste tout le reste. Haha ! Pour tout vous dire, l’un de mes coins préféré, si on écarte le Royaume Uni et les USA, c’est le grand nord. L’Islande fait sa deuxième apparition dans ce post et c’est bien normal  : Sigur Ros, Bjork, Emiliana Torrini, tout le monde aime ça et c’est bien normal. D’ailleurs, j’apprécie souvent le format « nana inventive + backing band » à la Florence + The Machine, Ladyhawke… un peu plus bas, quelque part entre la Suède et la Norvège (tout ça est très ténu) on fait la meilleure pop d’Europe : des groupes comme Royksopp ou les Raveonettes peuvent le témoigner. Bon, nous, on a la french touch, presque exclusivement menée par Phoenix, Air, les Daft, Etienne de C. mais pas C2C parce que à un moment ça va bien hein merci.

Divers groupe connus que j’adore mais qui ne rentrent pas dans telle ou telle catégorie ou que j’ai simplement oublié : tout les groupes menés par des petits malins cocaïnés (les Babyshambles, les Strokes, MGMT, les fabulousses Rouge Chaud Chili Poivre) les groupes « beautés froides » : Interpol pour le rock soft, School Of Seven Bells pour autre chose. Je confesse une compatibilité avec les groupes em0 : que ce soit une simple affaire d’étiquette (AFI, Fall Out Boy) ou de chansons vraiment très très émo (façon Snow Patrol, on peut pas faire plus geignard)

J’aime la vraie bonne pop, vous connaissez sûrement mon amour pour Foster The People. Sinon, je suis pas très électro. J’aime beaucoup l’esprit de Freezepop mais ça va pas plus loin. J’apprécie la chiptune sans trop savoir de quoi on parle et j’aime n’importe quelle bonne zique de jeu, surtout les bons fonds de combats de boss. Des fois, je fais des trucs un peu absurdes, comme me passer en boucle les trente versions du générique de Survivor ou les musiques de « Contre Interrogatoire » des Phoenix Wright. Je vais pas parler des boucles de You Don’t Know Jack, je vais paraître dingue. Grand haut aux groupes d’amis, façon Quenelles de Requin ou Magoyond.

Le reste, c’est l’actu. Ce sont des centaines de groupes et de morceaux qu’on voit défiler, qu’on apprécie sans forcément en connaître le nom. Je suis un très bon lecteur des Inrocks, commercez avec ceci. La compilation qu’ils publient régulièrement est un bon indicateur de ce que je peux avoir dans les oreilles. Suivre des journalistes musicaux peut être une bonne façon de s’ouvrir des horizons. Par exemple, je ne supporte pas vraiment FAUVE et la voix d’Alt-J me sort par les trous de nez. Je suis connu pour être assez snob envers le rap, c’est pas tout à fait vrai, j’apprécie des éléments ici et là (The Go! Team encore, les Beastie Boys pour regarder un peu en arrière. Si l’instru derrière est en béton et si le tout est dynamique, ok voire cool. Consolez vous en vous disant que je suis l’un des deux derniers fan de nu-metal au monde !

CER VENDREDI !!

CER VENDREDI !!

Ha, j’oubliais. Pas les japoniaiseries. Vraiment, vraiment pas, mais merci, c’est sympa de proposer.
J’oublie des tonnes de groupes et de courants mais pour aller plus loin, vous avez toujours la dizaine de posts « Joyeuseries Musicales » (j’ai, de manière générale, évité de parler de la moitié des groupes évoqués là-bas) ainsi que les différentes vidéos Amv Hells et leurs commentaires, génial pour faire une découverte à la minute, façon roulette russe musicale. Ailleurs, le podcast Morceaux Choisis est impeccable, et pour moi Radio Nova est l’une des dernières bonnes radios avec un vrai son bien éclectiques, en plus d’avoir des top horaires de qualité.

Sinon, l’E3 va démarrer, les journalistes postent des Vine en pagaille de leur appartement angelenos et nous suitons tous de jalousie. Le prochain Mario Marathon démarre dans deux semaines. Ce post était le n°599, aussi.

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Here comes the Sun

Hello, c’est Meles Badger aux commandes pour ce deuxième article du Quartier Libre. Je suis l’auteur de l’article sur Gunnerkrigg Court du Quartier Libre de l’année dernière mais pour cette année, je vais pas parler d’un webcomics mais… d’un jeu de rôle papier (oh mon dieu quel twist !) \o/

Bon, logiquement, si je vous dis « jeu de rôle papier », la première chose à laquelle vous devez penser, c’est Donjons & Dragons (toi, dans le fond, je t’ai vu, tu te tais immédiatement, je m’en fous si toi tu penses à L5R/L5A, CoC ou je sais pas quoi d’autre). Il faut bien admettre que ce jeu reste l’un des plus populaires dans ce domaine relativement fermé qu’est l’univers du jeu de rôle papier, le monde où les bouquins francophones ou traduits en français sont tout en couleur sur papier glacé et donc à 50 boules l’unité, parce que le JDR, c’est forcément un passe-temps d’ultra-riche.

En soi, l’univers de D&D est fortement inspiré, si ce n’est pas totalement pompé, de celui du Seigneur des Anneaux de Tolkien (d’accord, jusque là, j’imagine que je ne vous apprends rien). On y retrouve orcs, nécromanciens, elfes, quête légendaire et dangereuse, esprit d’aventure, sorciers et mages, arbres qui parlent, la liste est longue. De nos jours, cela est devenu une vision assez cliché de la fantasy mais une vision qui fonctionne encore plutôt bien vu que bon, l’heroic fantasy a quand même encore une certaine popularité… ou alors c’est juste que les gens ont accepté leur sort et décident d’acheter de l’heroic fantasy parce que c’est ça qu’on leur propose.

Enfin bref, du coup, si j’ai commencé cet article avec une relativement longue introduction, c’était juste pour vous mettre un peu en condition par rapport au jeu de rôle dont je vais vous parler maintenant, qui se trouve être, dans l’idée, une antithèse justement de l’univers tolkiénesque. En effet, pas d’orcs, d’elfes, de paladins et de chevaliers noirs… Enfin pas sous une forme habituelle en tout cas. Voilà un petit tour d’horizon d’Exalted.

Oui, je suis prêt à me rabaisser à ça pour susciter l'intérêt d'un certain type de lectorat... Mais je m'en aliène un autre je crois.

Oui, je suis prêt à me rabaisser à ça pour susciter l’intérêt d’un certain type de lectorat… Mais je m’en aliène un autre je cois.
(Source)

Exalted se passe dans Création, un monde totalement plat et de forme rectangulaire (c’est genre vachement pratique pour avoir la carte dans la couverture intérieure du livre), bordé de toute part par le Wyld, un chaos informe où les règles de la physique ne dépendent plus que de la volonté de ceux qui s’y aventurent. Alors là, je pourrais essayer de rentrer dans l’histoire dans ce monde, mais je crois qu’il me faudrait plusieurs milliers de mots pour ce faire. Sachez juste que nous sommes à ce moment-là au Deuxième Âge de l’Homme, l’Âge des Regrets, qui fait suite à une épidémie meurtrière qui a massacré 90% de la population, sans compter l’arrivée de force venue du Wyld qui voulaient en profiter pour détruire Création une bonne fois pour toute. Nous nous trouvons environ 800 ans après ces évènements dans un monde exsangue, restes d’un Premier Âge Glorieux où le merveilleux était quotidien. Dans ce monde règne en maître les Exaltés, des Elus des dieux qui bénéficient de pouvoirs quasi-divins.

Il existe différents types d’Exaltés, il y a par exemple les Sangs-de-Dragon (je mets la source du dessin plus bas ici parce que sinon, le cadre de la légende fait moche je trouve :/ ), les plus « faibles » des Exaltés, qui tirent leur pouvoir des cinq éléments (Air, Bois, Eau, Feu, Terre) et qui deviennent bien plus puissants quand ils oeuvrent ensemble ; il y a les Lunaires, des polymorphes capables de prendre la forme d’animaux ou d’endosser l’apparence d’autres humains, et même de mélanger ces différentes caractéristiques ; les Abyssaux sont les Elus de la mort et des pouvoirs du Vide ; les Sidéraux travaillent au sein de la Bureaucratie Céleste et s’assurent que le Destin suit correctement son cours ; etc. Les plus puissants d’entre eux, les Solaires, avaient disparu depuis 800 ans ; dans le setting du jeu, ils viennent de réapparaître depuis quelques années et ils semblent clair que leur retour va changer bien des choses.

(Ouais, j’aurais pu aussi rapidement parler de mes petits préférés, les Alchimiques, des créations « mécaniques » dont la personnalité est la fusion de différentes âmes héroïques, mais bon, ils vivent dans une dimension parallèle dans le corps d’un dieu mourant qui a fui il y a bien longtemps Création avec des mortels pour que ces derniers puissent le maintenir à peu près en vie et son corps est une sorte d’univers fantasy cyber-punk et… euh ouais, c’est un peu trop compliqué quand même)

Exalted_Cover_by_nJoo

En fait, dans son essence même, Exalted s’inspire énormément de l’Antiquité, qu’elle soit gréco-latine ou même asiatique par exemple. On parle quand même de héros aux pouvoirs quasi-divins là, et qui d’ailleurs sont victimes de leur hubris ou de leur orgueil, sans compter que le Destin tient une place très importante dans cet univers (matérialisé par la Tapisserie du Destin, une idée proche de la mythologie antique). Mais la Bureaucratie Céleste est elle beaucoup plus proche de la mythologie chinoise par exemple. De même, l’inspiration n’est pas uniquement mythologique mais aussi historique, avec par exemple le Royaume Ecarlate, la plus grande nation de Création, qui s’inspire énormément de l’Empire Romain, ou de Lookshy, une sorte de mélange entre culture visuelle chinoise et ambiance spartiate.

Je pourrais encore citer des tas et des tas d’exemples, parfois très intéressants (les Delzahn et leur culture à la fois très machiste (les hommes chassent, les femmes restent à la maison) mais aussi transgenre (lors du rite de passage à l’âge adulte, une fille peut décider de devenir un homme ou un garçon une fille et ils seront considéré comme tels culturellement). Toujours est-il que l’univers est riche et diversifié et donne vraiment l’envie d’en découvrir plus. C’est assez fascinant de voir un monde s’inspirant de tellement d’influences et qui parvient pourtant à garder une telle originalité par rapport à la vision habituelle de l’heroic fantasy.

Et dans cet univers, les joueurs peuvent donc incarner des demi-dieux capables de faire des trucs totalement fous et over the top juste PARCE QUE, du coup, forcément, les menaces sont aussi d’un assez bon niveau : créatures étranges du Wyld, Primordiaux (les créateurs de Création et des dieux) morts ne souhaitant que l’annihiliation totale du monde pour enfin reposer en paix, Primordiaux corrompus qui ne souhaitent que d’être libérer des Enfers pour regagner ce qui leur est dû, le Beau Peuple qui réside dans le chaos et qui ne rêve que de détruire Création, et puis les Exaltés eux-mêmes entre eux parce que forcément, sinon ça serait trop facile (les Sang-de-Dragon, avec l’aide des Sidéraux, ont usurpé la place des Solaires en tant que maîtres de Création, du coup, forcément, on imagine bien qu’au retour de ces derniers, ça va pas super bien se passer). Pas de dieux du mal, surtout des aspirations personnelles qui se confrontent constamment.

Sinon, y a des robots géants aussi. (Oui, je suis vraiment prêt à tout)

Sinon, y a des robots géants aussi. (Oui, je suis vraiment prêt à tout) (Source)

Non, vraiment, en terme de setting, Exalted est probablement l’un de mes préférés et je pourrais des heures à raconter pleins de petits détails délicieux sur cet univers (des dinosaures qui pissent de l’héroïne \o/). Alors du coup, vous allez me dire « « Ca a l’air sympa ton truc là, mais tu parles que du setting et pas des mécaniques de jeu »… Ben, à vrai dire, ce jeu en est à sa deuxième édition et malheureusement… son système est une merde sans nom avec des combats qui devraient être awesome mais qui ne le sont pas parce que même en tant qu’Exalté, tu peux te faire tuer en un coup, alors t’utilises des pouvoirs qui annulent tout simplement l’attaque… et ça continue jusqu’à ce que l’un des deux n’ait plus d’atomes (l’équivalent du mana dans Exalted). Sans compter des règles parfois très compliquées pour pas grande chose, et pleins d’autres trucs joyeusement frustrants… Ce qui explique sûrement pourquoi je n’ai au final organisé qu’une seule partie alors que ça doit faire trois-quatre ans que je connais ce jeu.

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’une troisième édition va voir le jouer vers la fin de l’année, et qu’elle promet de simplifier le système et de le rendre vachement plus cool. Et ça, c’est fortement. Et ça, c’est fortement cool.

Bon, je ne sais pas si quiconque sur ce blog, dont je profite du quartier libre, sera intéressé par cet article et encore plus par Exalted, mais si c’est le cas pour ne serait-ce qu’une seule personne, eh ben ce sera super-tétra cool. Et une fois la troisième édition sortie, ce sera avec plaisir que j’organiserai des parties en ligne ou en vrai avec quiconque d’intéressé.

(Dernière petite chose, je ne peux que fortement vous conseiller la lecture de Keychain of Creation (webcomics américain en hiatus pour probablement l’éternité) pour vous faire une idée un peu plus précise des Exaltés et, un tout petit peu de Création)

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