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Sagadaÿtaÿ⁵ #7 : Rush

Ha… celui-là, il n’est pas impossible que je vous le fasse découvrir. Rush est un groupe de prog canadien, deux paramètres qui le rendent quasi-inaccessible chez nous. Encore une fois, les jeux de rythme ont été une énorme passerelle vers l’hexagone pour le trio de Geddy Lee. Ils sont très copains avec Harmonix et avec les créateurs de South Park. Ils ont un paquet de particularité : ils se sont formés en 1968 et viennent encore de sortir un album, signant ainsi leur vingtième! Une régularité à tout rompre qui a résisté a pas mal de drames qui n’ont pas, à terme, fait de mal au groupe. D’autre part, ils sont connus pour posséder un batteur emblématique, Neil Peart – homme fantastiquement créatif et technique qui peut se targuer d’avoir les sets les plus larges et dingues sur scène. Rush a donc brassé, en quatre décennies, une quantité folle de styles différents mais The Spirit Of Radio est un best-off de leurs « débuts » – on parle de dizaines d’années, de 74 à 87 – qui relate bien cet esprit « gros rock différent. » Tant pis si la pochette est un peu moche, cet album est excellent.

Pas évident de définir le style Rush, qui a énormément changé au fil du temps. N’ont pas bougé : la voix très haut perchée de Geddy Lee, beaucoup de parties de basse et de batterie étonnamment complexes et alambiquées, un penchant pour le rock épique et des pistes souvent longues. Enfin – et c’est tout particulièrement apprécié – beaucoup de ces chansons racontent quelque chose, une histoire originale, émouvante, toute simple… Working Man est le premier titre emblématique du groupe et ressemble pas mal à Fly By Night – tout deux très guitaristiques, solos compliqués à l’appui, ces gimmicks ne seront jamais abandonnés. C’est indescriptible mais ce sera un poil plus simple avec d’autres pistes – l’exhaustivité n’est pas mon objectif, juste la transmission de cet « esprit » très spécial.

Justement, The Temple Of Syrus a une petite histoire derrière elle. C’est en fait la première partie de 2112, un morceau… de 20 minutes! C’est en fait l’intro d’un très long morceau qui illustre bien la logique du prod rock : jouer avec les temps, les vides, plaquer de gros accords de guitare et de synchroniser tout le monde de manière assez impériale. Un mot d’ordre : l’épique! La voix ne viendra que très tardivement, il y a même un petit moment bonheur où acoustique et électrique se rejoignent vers 3’34 ». C’est dans ces mêmes parties que tout le génie de Neil Peart s’illustre… on ne voit jamais ce genre de lignes de batteries. Ce morceau reste incomplet sans ses quatorze autres minutes, sachez-le!

Closer To The Heart est bien plus pensée pour la radio avec, surprise, son format presque court. Intro toute choupie à la douze cordes + xylophones. Voix planante, exposition de la grille d’accords, la basse – toujours très sonore et typée – arrive et la succession de parties sans véritable refrain s’amorce, solo bien épique et roulement de toms, bonheur. D’ailleurs, pour une raison inconnue, YYZ n’est pas dans cette compil et je recommande l’écoute de cet instrumental (portant le code de l’aéroport de Toronto) au rythme complètement barré, proche du très anachronique Math Rock.

The Trees est une référence directe à Ayn Rand, l’objectivisme et tout le toutim, mais ça, c’est l’interprétation. La musique, elle, est toujours aussi variée et commence à être encore plus intéressante après son break et ses petites percus en bois, via un jeu de question réponses basse-batterie assez jouissif (3’39 »), après l’habituel solo. Le titre éponyme est tout aussi sympa : son riff d’intro « décollage » est mythique, sa diversité est son atout (petite partie reggae surprise à la fin, cool) et son propos est franchement poétique : le bonheur des ondes sonores, niveau de langage élevé et constant. Petites clochettes et descentes de toms sur descentes chromatiques… bref. Ca s’écoute et ça se ressent, y’a pas de musique plus intelligente dans cette branche là.

Les quatre pistes suivantes appartiennent à l’album Moving Pictures, et les rares âmes qui connaissent Rush en France connaissent forcément Tom Sawyer. Peut être a-t-il acquis ce statut involontairement. Encore une fois, l’histoire d’un perso, une relecture intéressante dans des tonalités un poil plus mixées – ni vraiment ni majeur ni mineur, belle « exposition song » aux claviers psychédéliques. Mindless Self Indulgence en a fait une reprise encore plus hardcore. Cet art de laisser passe trois minutes entre deux phrases chantées de manière naturelle est impérial. Watcha say about his companyyyy ~ The World is, the world is ~

Attention, après c’est Red Barchetta et je suis furieusement dingue de ce morceau. L’histoire d’une bagnole et du plaisir qu’elle procure à son proprio. Ce n’est absolument pas beauf et ça donne un morceau de Police sous acides. Mention spéciale au passage « je roule avec swag dans la campagne », avec sa batterie souple et folle. Plusieurs gimmicks sympas, les harmoniques naturelles à la guitare, des parties de batterie qui se fournissent de plus en plus… hmm.

Shit. Il est déjà presque trop tard pour parler des cinq dernières pistes, celles qui sont plus ancrées dans les années 80, cette décennie qui a ruinée tant de groupes du genre, Yes en tête de liste. New World Man est transitoire : plus « concentré », plus vocal, il part moins dans les expérimentations si on oublie ces bip bip bop en intro. The Big Money fait carrément kitsh avec ses heats et ses coups de clavier à la Europe, Force Ten conclut le tout en utilisant toujours plus d’écho et de delays dégoulinants, tout en préservant l’esprit de base. Et voilà! Ce groupe et fantastique, mangez-en.

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Sagadaÿtaÿ⁵ #6 : School Of Seven Bells

Et maintenant, pour faire preuve d’originalité, un abum d’origine américaine. Cependant, penser « musique ricaine » c’est surtout diriger ses pensées vers la côte Ouest, la Californie, le sud pour la pop, le nord pour le grunge. Il y a quand même pas mal de contenu sur l’autre extrêmité du continent, trois fuseaux horaires plus tôt – figurez vous qu’il existe tout une scène musicale New-Yorkaise! School Of Seven Bells est un bon exemple de ce qu’on fait de bon là bas. L’endroit n’est pas vraiment propice au rock de stade – le Madison Square Garden est davantage un lieu sportif et événementiel qu’une scène de concert – et certaines prisons locales ont plus d’histoire musicale que certains quartiers. New York c’est pas mal de scènes jazzifiantes et… de douce électro. C’est un jugement de valeur purement personnel, prêtez à ce disque le style qui vous convient. La dream pop peut être un néologisme équivalent. Toujours est-il que School Of The Seven Bells est un ex-trio : deux jumelles, un Ben à lunettes musicien. L’un de deux s’est barrée, ce qui n’ont pas empêché aux restants de sortir un troisième album dernièrement. Ici, une review du deuxième, Disconnect For Desire.

 « How can i say/it’s wrong to feel the limitations ans the/drop from the expectation, it’s not naive/but the heart of creation/ it’s the only / thing proven true to me. » Le canon de Windstorm est assez littéraire, pas moins que le reste de l’album, SOSB c’est un peu l’équivalent lointain et ricain des Innocents. En tout cas, c’est un single démentiel. La même note de guitare répêtée pendant quatre minutes, ce « vent froid d’hiver » vocal qui revient déranger de temps en temps, refrain plus silencieux derrière quelques notes de lavier bien spectrales, on recommence la manip’, cette fois à deux voix (chacun débit son refrain perso) et on repête jusqu’à la fin. Ca pose l’ambiance de fort belle manière. Heart Is Strange est un peu moins sérieux et adopte une approche toute droit sortie de nos amies les années 80. Un chouilla plus guitaristique, ce sont les harmonies et les divers bruitages et sons à la Simple Minds qui drivent le truc. Dust Devil est carrément électro. Une version féminine de /insérer groupe cool Parisien du genre/ avec sa fausse boîte à rythmes disco et ses envolées lyriques, voire envolées tout court – c’est une belle performance vocale qui se ballade entre les octaves. Faites comme moi, forcez le faux contact avec votre jack : vous n’entendez plus que les samples et les boucles, c’est sympa, non? Après 4’40 » et le break de batterie, vous l’entendez : l’éléctro New-Yorkais post Moby, c’est ça.

I L U n’est pas si différent mais son contenu s’adapte au contenant : plus lent, allongement langoureuuuux~~~ des voyelles… là encore, le pont à 2’10 » est un régal.

Tout à l’heure je parlais du p’tit chauve végétarien, je pense que Babelonia a carrément été fait en pensant à lui. L’identité du groupe reste la même mais on a là quelque chose de bien plus pêchu, énergique, entraînant malgré ce « hiiiIIiii » un peu déplacé? … et comme tout les bons albums savent adapter leurs fondamentaux, Joviann s’essaye à une musique un peu plus épique! On sent un souci d’accessibilité derrière, sans pour autant limiter l’intérêt premier : la voix des jumelles. Le morceau est long et lent et passe pourtant plutot bien, avec ses accélérations, ses pauses…

Bye Bye Bye reprend cette logique purement synthétique – rien de bien intéressant à signaler – et Dial est un bon compromis avec la véritable pop locale, toujours avec cette lenteur volontaire et ces susurrements.

The Wait est une conclusion qui botte des culs. Sans violence, avec grâce, mais elle envoie. Parfaite chanson pour… s’endormir. Passé l’intro, le gimmick des clochettes (ha bah faut bien justifier le nom du groupe) va s’accorder avec trois/quatre notes répétées à l’infini à la guitare. Le tout va lentement se construire et s’articuler « … soundly spun into in insensed lie » et hop, sortie magistrale et reposante (sur deux pauvres pistes) un dernier petit accord de clavier qui s’efface et hop. On se dit que c’était bon. Mission accomplie.

 Il n’y plus de surprises dès la deuxième piste mais c’est un univers qui vaut la peine d’être découvert et approfondi. Leur première galette est plus pêchue, la troisième tente « L’opéra Electro »… cette pochette mystérieuse n’est pas comme les autres.

A écouter brièvement dans les autres albums : Prince Of Peace, When You Sing.

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Sagadaÿtaÿ⁵ #5 : The Go! Team

Si vous êtes des lecteurs réguliez de ce blog, vous connaissez forcément The Go! Team, j’en suis le premier porte-étendard français. Petite piqûre de rappel pour les autres! Un nom aussi barré ne peut évoquer qu’une formation du même acabit – avant même de jouer, c’est un groupe très multiculturel, un véritable petit melting pot. Une rappeuse, une chanteuse, deux batteurs, un large spectre d’instruments… l’art du sample, un peu de rap là et là, des cheerleaders, quelques instrumentaux planqués parmi ces titres foutraques et la formule agit tout seul. Bien entendu, ce ne sont pas mes logorrhées imagées qui vont expliquer ce que ça peut être mais voilà quand même un petit résumé de Thunder, Lightning, Strike. Premier album, le troisième est sorti en début d’année dernière. Ho, ceci est un brotip : il faut les voir en live. Aujourd’hui, c’est musique façon bordel instrumental indescriptible.

On va supposer que Panther Dash est, dans ce choix de titre, un hommage à cette belle pochette car il serait difficile de caractériser le contenu de ce premier instrumental. Oui, une course, peut être, comment souvent chez The Go! Team, on rentre dans la bande-son d’un simili-western. C’est franchement rapide, un peu bruitiste, pas super bien enregistré mais tout le suc de la piste réside dans ce duo guitare-harmonica… plus cet instrument que je n’arrive pas vraiment à identifier. Parfaite intro qui met in the mood. Ladyflash est excellent car il nous ramène des décennies en arrière, on dirait un classique des années 60, comme un bon jingle de pub d’antan. Passée la boucle, on rentre dans la « cheerleading music » avec un jeu de questions-réponses très féminin, le gimmick revient de temps en temps. On peut sentir un très gros grain dans ce son, comme si on écoutait un vinyle… et après quelques galimatias, ça se termine avec l’intro uppée de quelques tons. Mise en écho, parfait.

Feelgood by Numbers est un petit instrumental au piano ni fait ni à faire, moins de deux minutes, pas grand chose à dire, il y a une basse rigolote derrière et un autre petit solo d’Harmonica qui nous prouve que non, Bob Dylan n’est pas le seul à le sortir. The Power Is On! commence à sortir le grand amour du groupe – les samples. Là encore, un « chant » comme si le morceau était un battle ou une compétition, beaucoup de cuivres, un petit riff au piano et quelques bruitages. LET’S GO! Encore de la guitare stridente, jouée sur la même note, toujours très rapidement pour un effet « Psycho » de fort belle facture. Le ton de l’ensemble est mixé, ni mineur, ni majeur, surtout épique… mais le morceau suivant est bien plus « positif ».

Get It Together est arche-reconnaissable dès sa première note, 32 fois, ce son si spécial. C’est le fameux morceau utilisé dans Little Big Planet qui a permis un peu de notoriété du groupe en France, sans quoi elle n’aurait jamais dépassé la Manche. C’était un choix judicieux : ce petit machin au pipeau est terriblement catchy. On y trouve des tas de trucs – des samples de voix (toujours comme planquées derrière un mégaphone) du banjo, une séquence scratch un peu gratuite à la fin… excellente musique de fond.

Je saute la suivante pour passer à Junior Kickstart – toujours une instrumentale – nettement la plus épique du lot, et c’était probablement la sensation qui voulait être transmise. Là c’est full cuivres! On sort les trompettes et assimilés pour annoncer je ne sais quoi de fort badass. Fort à propos dans une bande annonce ou dans une publicité. Air Raid GTR – 40 secondes de WTF – est plus un concept ou un reste d’enregistrement qu’une véritable piste mais Bottle Rocket vient sauver la mise! On va enfin entendre Ninja, la rappeuse du groupe, après cette exposition complètement folle et dansante. C’est l’esprit, une grande fête polka qui rassemble les fondamentaux de l’album (je vous le donne en mille : DE L’HARMONICA) et dynamise un peu votre moment d’écoute. Hé oui, c’est le seul extrait où on entends un peu de « voix naturelle » – le chant est quelque chose qui se développe progressivement dans ce groupe, notamment dans le troisième album. Bref, ce cirque se poursuit jusqu’à Everyone’s A Vip to Someone, grand best-off final, qui reprend des morceaux, réflexes et gimmicks de tout ce qu’il y avait avant. Conclusion logique pour une tuerie de genre. Le définir est une autre paires de manches… de l’indie vintage? Voilà, c’est représentatif des bizarreries qu’on peut trouver dans les bacs anglo-saxons.

A écouter : Grip Like A Vice, The Wrath Of Marcie, T.O.R.N.A.D.O., Buy Nothing Day… y’a que deux autres albums, c’est un groupe relativement facile à découvrir, mais indispensable.

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Sagadaÿtaÿ⁵ #4 – Foster The People

Alerte nouveau talent! Ils sont américains, ils sont trois, ils sont bons, il paraît qu’ils ont un début de melon sur scène, ce sont les Foster The People, une des (très nombreuses) preuves qu’il existe encore moult bonnes productions musicales aujourd’hui! Vous le savez – je le matraque partout ici – Torches est peut être leur premier et unique album mais c’est un excellent apanage Pop, l’un des meilleurs de 2011. Généralement, après écoute d’un album, on se souvient d’un « esprit », d’une ambiance, d’une identité musicale… là ce sont la moitié des morceaux qui restent immédiatement en tête. Comment réussir ce tour de force? Pas mal d’idées, un peu d’enthousiasme et une ligne directrice claire : faire bouger le popotin des gens! N’oubliez pas qu’ils seront à Rock En Seine fin Aout et qu’ils vont ouvrir le passage vers Green Day. Il est très probable que leurs derniers morceaux se feront devant des fans très dévoués.

Helena Beat n’est pas qu’un titre qui transpire la classe, c’est aussi une très bonne intro. Dès les premières secondes, exposition par la batterie (avec un petit delay, ce n’est pas courant pour un instrument… percussif) on sent une réelle joie de vivre qui se traduit bien par cette voix suraiguë – le chanteur possède une tessiture qui peut aller un peu partout – et qui se retrouve partout ailleurs, comme dirait feu Alain Gillot Pétrée. Des mut mut, des bip bip, un refrain archi synthétique (il n’y a pratiquement pas de Guitare) et des clappements de mains complètements irréguliers parachèvent une formule qui aurait pu s’arrêter là… mais non! Pause, bruitages de décollage, séquence percussive et petit solo de clavier tout fou. On reprend jusqu’à la fin, toujours avec ce son très large et positif. Enfantin, naïf, peut être, mais positif.

Bizarre, la deuxième piste n’est pas vraiment du même esprit. Oui, il y a ce même « mut mut » de canard et ce riff palm-muté est très efficace, puis on vient nous susurrer à l’oreille, tout doucement, l’histoire d’un gamin qui prend un flingue et va nettoyer son lycée. Génial! Complètement d’actualité! Le pire c’est qu’on a vraiment envie de faire partie du truc et de chanter « Et tooout les gamins et leurs belles pompes, vous avez intérêt à aller plus vite que mes balles ». Petit solo ARCHI dissonant, sifflotement et conclusion. Hé bien, c’était bizarre, mais c’était un bon morceau. Bref, c’était Pumped Up Kicks et c’était foutrement bien.

Call It What You Want est un morceau marrant et très méta : il est impossible de leur coller un genre précis et ils ont fait un texte sur cette impression. Poum poum poum pff-tchack, Appelez La Comme Vous Voulez, yeah, yeah yeah. Un ton fantastiquement léger, cette voix qui alterne entre le rapoïde et ces woohooohooh, un piano archi souple et une très bonne ambiance, impossible à retranscrire. Ces gens pourraient chanter sur le Sida et en faire un truc qui fout de bonne humeur. Tout réside dans le souci du détail et l’esprit!

On a entendu Don’t Stop un peu partout – des gens font une entrée dessus avant de (mal) faire la météo, d’autres l’ont utilisé pour promouvoir leur bouquet satellite, des séries médicales l’ont utilisé pour mettre en scène leurs personnages. Bref, c’est un tube et ce sifflement caractéristique n’est plus inconnu de personne! Une voix transformée, des rires, un rythme un peu étrange… quelques accords de guitare acoustique pour remplir les quotas (et ne pas laisser de vide). Cette alliance entre powerchords et sifflements est parfaite.

Waste est un poil plus mesurée et doucereuse. Sa caractéristique : le son de cloche! De la pop de stade, loin du dance-floor… et I Would Do Anything For You est ce qui s’approche le plus d’une chanson de Noël – un esprit presque solennel, beaucoup d’écho, le ton joyeux est un poil ralenti le temps d’un morceau.

Houdini est un parfait mix de tous ces machins qui rendent cet album excellent. Là encore, intro percussive, piano plaqué avec beaucoup de contretemps… refrain parfait, clip vraiment rigolo et bien fichu, il va falloir un sacré paquet d’écoutes pour s’en dégoûter. Ce n’est pas comme si les couplets étaient fantastiques mais même cet outro est entraînant, dans cette optique « allez, on lâche tout » en essayant de « sublimer » l’esprit du morceau. Bon compromis entre pop et électro, sans aller dans la Synth-Pop (les joies de la nomenclature)

En revanche, Synth Pop, Miss You l’est carrément… avec cette suite de séquences qu’on pourrait presque comparer à la chiptune – le raccourci reste très grand, hein) mais un peu d’instrumental était le bienvenue. De quoi se lâcher un peu, c’est très sourd, très engageant… on retrouve l’énergie des débuts. Quelques tours de passe-passe avec plusieurs couches de claviers, hop. Warrant perturbe avec ses cœurs à la Gorillaz, arrivent progressivement les basses et plein d’autres trucs qui vont en faire un single plus varié que ses comparses. Broken Jaw, grand final, emploie à fond ces fameux *mut mut* et se permet de ré-utiliser un peu de vraie batterie. Et voilà, c’est déjà fini, c’était ‘achement bien, en espérant qu’ils ne se plantent pas pour le deuxième volet.

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Sagadaÿtaÿ⁵ #3 – The Flaming Lips

Nous revenons aux États-Unis pour un trio loin d’être connu dans l’Hexagone. Sur le continent Américain, ce sont des stars, en Oklahoma, ce sont des héros. « Do You Realize » est la chanson officielle de l’État! Hey, ils ont composé un morceau pour la bande originale du film Bob L’Eponge et pour moi, rien que ça suffit. Les Flaming Lips sont un trio qui n’a pas bougé depuis 1983. Ils ont sorti un paquet de disques et ont eu le temps de traverser un tas de périodes différentes et ont donc pondu plein de morceaux aux tonalités n’ayant rien à voir. C’est peut être un exemple contemporain de rock psychédélique – et le leader, Wayne Coyne, est connu pour avoir sévèrement abusé de la poudre de Pépito©.

Malgré ces revirements constants, on trouve pas mal de choses qui n’ont jamais changé chez les Lips. En Live, c’est fantastique. Pluie de ballons sur le public, les membres mettent des mains géantes (façon Gondry), le chanteur se met dans une bulle géante et roule sur le public… ce genre de choses qui nous suggèrent qu’on est pas devant un show en pilote automatique. Dans les albums, ils ont toujours préféré les expérimentations (Zaireeka est un album super zarbi… qui ne marche que si on met quatre albums en même temps, venus de quatre sources différentes, il faut s’organiser quoi) et les titres incompréhensibles à rallonge… ils sont passés de titulaires pop à un remake du son de Pink Floyd, pour finir sur des sonorités rock-électro et de la musique quasi postmoderne, sous peine  qu’on puisse affirmer que ça existe. Ils en ont fait des trucs, mais aujourd’hui, j’ai choisi At War With The Mystics, leur antépénultième production qui date de 2006.

  Ce grand bordel commence ipso facto avec The Yeah Yeah Yeah Song. Le titre est très honnête sur le contenu et révèle directement le gimmick – heureusement, il n’y a pas que ça, sous quoi la chanson serait vite pénible. Les Lips racontent souvent une histoire via leurs textes, là, c’est une bête réflexion sur le vœu et ses conséquences. Son distordu, guitare discrète, le chorus s’emballe comme une fusée qui décolle… et c’est plus ou moins le son qui est émulé ici. Quelques petites notes de xylophone, des « No no no » un peu crétins, ce groupe est impeccable dans l’art des petits détails et des pistes qui ne servent qu’à faire « ce petit bruit » à tel moment. Foutraque mais perfectionniste, donc. La chanson se poursuit, performance vocale étrange (sorti de son contexte, c’est troublant), dernier refrain et on passe à la suite. Free Radicals, son intro qui coasse, sa guitare et ces notes très rapides et saturées. Encore un truc qui cultive le silence et le met aux bons moments – ça commence très calme, zen et mesuré… toujours avec cette visée délirante avec des rots, des soupirs, des *mut mut*, des cœurs ridiculement hauts. Le refrain nous rappelle cet esprit 60’s – une batterie un peu folle à la Cream, un rythme très militaire et solennel. C’est frais.

Après c’est séquence déprime avec The Sound Of Failure : une intro à la guitare très douce qui annonce une histoire pas jojo – une fille déprime après le suicide de son ami. L’intro est volontairement mais le machin va progressivement s’étoffer, jusqu’à s’emballer avec le refrain. Grosse basse, petits piaillements ça et là, aucun pathos, juste une chanson coo, longue et progressive (qui fait bien écho avec The Spark That Bled, de The Soft Bulletin) – My Cosmic Autumn Rebellion est une grosse marche noyée sous un écho qui dégouline un peu, qui atteint son climax et qui repart aussitôt. It Overtakes Me veut vraiment te rentrer en tête mais échoue en cours de route, il force un peu trop la porte… et Haven’t Got A Clue possède un nom très significatif car la piste ne veut plus dire grand chose tant elle va partout… mais c’est peut être volontaire et méta.

Heureusement, il y a The W.A.N.D. et son riff prog rock ravageur. Là encore, trois bêtes notes, enchaînées et bouclées de fort belle manière. Plus efficace, tu meurs… et pourtant, la piste met presque une minute à démarrer! Du coup, on part de là, on construit une chanson vaguement contestataire autour et hop, single parfait avec ses moments épiques, son outro et son deuxième degré. Le silence qui suit est encore des Flaming Lips. Parmi les deux pistes qui restent, j’ai une préférence pour Pompeii Am Götterdammerung – atchoum – qui, pour le coup, fait vraiment Pink Floyd version 2000. A écouter en fermant les yeux, la synesthésie démarre… de la flute, une ambiance très éthérée et cosmique, c’est impeccable. Un bon disque.

A écouter également : She Don’t Use Jelly, Turn It On (tout ça est un peu plus rock) et tout l’album Soft Bulletin. Les Lips à leur meilleur.

Comme ils le disent eux-même, c’est juste un son qui te traverse la tête.

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