Author Archives: Concombre Masqué

Amusement

J’en profite direct pour vous dire que votre serviteur est dans le dernier numéro de Morceaux Choisis, animé par Faskil, un mec à la voix incroyablement relaxante. Son « joyeuseries musicales » à lui donc, mais en complet et une fois par semaine ! Écoutez donc, le concept est aussi simple que cool.

Il reste un petit peu de sérieux business à faire avant de boucler 2013. L’habituel méga-résumé de l’année est dans les tuyaux (avec plein d’inédits dans les cinq derniers mois, fatalement) mais avant, il faut se pencher sur un petit rituel que je suis sûrement pas le seul à avoir : quel est le single de l’année ? Quel est le machin que j’ai le plus écouté en 2013 ? C’est toujours cool d’avoir une piste phare, pas nécessairement la meilleure mais celle qu’on aura écouté le plus ou trouvé la plus représentative de l’année écoulée. C’est donc un jugement purement personnel.

La pop en 2013 : peut mieux faire

Ça a pas été simple de mon coté, n’ayant pas eu la chance de, comme ça arrive de temps en temps, avoir un vrai coup de cœur flamboyant, un titre qui dès les premières écoutes me fait penser « Hmm, c’est TOI qui va figurer dans mes petites archives personnelles ». D’autant plus que ce n’est pas nécessairement quelque chose qui représente l’actualité, ou qui a un certain retard. Ça fait trois ans que mon single-of-the-year est sorti il y a un an, parce que c’est souvent le temps qu’il faut pour parvenir à nos oreilles si on ne suit pas l’actualité du-dit groupe. J’ai même entendu celui qui vient en novembre 2012 pour la première fois.

Mais bref, c’est pas comme si il n’y avait rien non plus en 2013. Plein de bons disques que je n’ai jamais encore écouté – Yeezuz, My Bloody Valentine, ce genre de choses. J’ai toujours pas mis la main sur Reflektor, ce qui est sûrement un crime par omission. Plein de groupes que j’adore ont sorti des albums à la qualité variable. Pas bien : les Strokes, les Flaming Lips. Mouaif : Franz Ferdinand. Bien voire plus : Phoenix, Queens Of The Stone Age, Los Campesinos !, Boards Of Canada, Vampire Weekends, les Pet Shop Boys, même AFI et Fallout Boy ont sorti de bonnes galettes cette année, largement de quoi faire pour animer vos longs trajets en bagnole.
Pis même en francophone hein il y a plein de trucs, même si le seul truc qui m’arrive à l’esprit reste le Racine Carrée de Stromae, qui est bien foutu, super bien produit, mais qui a le malheur d’avoir Formidable qui me sort par les yeux par la puissance de mille cascades. Mon préféré reste Woodkid, voilà, ceci est ma confession, et il chante en anglais quand même.

Bon, approchons-nous du vif du sujet. Il y a quelques contenders :
Ladyhawke – Black, White & Blue qui représente un peu toute la BO de Forza Horizon, pour ses mut-mut bip. Interpol – Slow Hands pour l’avoir écoutée un milliard de fois à un moment donné, sa superposition de guitares et ses paroles non-sensiques. Thee Oh Sees – Carol Ann, premier morceau foufou d’un groupe original et top, merci à GTA pour m’avoir rappelé l’existence de cette disco.`Ce genre de choses, peut être du Nine Inch Nails ou un peu de Phoenix au milieu. Rien de bien original ou rien de bien 2013.

Bref, mon petit fétiche 2013 est difficile à expliquer, je m’étais gardé de le mettre dans le post d’il y a précisément un an parce que je me demandais si je n’allais pas encore plus l’écouter cette année. Puis ouais. Encore un truc pop. Encore, encore plus pop. Vachement plus connu et grand public que les précédents. Après les Queens Of The Stone Age, après les Flaming Lips, Winterpills, The Go! Team et Foster The People…

f fun. – Some Nights

SOME NIGHTS I STAYYY UP
CASHIN’ IN MY BAAAD LUCK.
SOME NIGHTS I CALL IT A DRAW.

C’est un plaisir coupable. Dans d’autres circonstances, avec quelques autres paramètres, s’eut été un  terrible single. L’autre grand truc connu de cet album au titre éponyme est bien sûr « We Are Young », qui moui a pas mal de qualités – dont un clip franchement bien foutu et filmé – mais qui sonne un peu vide, un peu timide pour son propos. Et fun., c’est un groupe qui n’est pas timide du tout du tout.

fun. est un trio pop qui n’était pas bien connu, qui n’était pas franchement important et cet état de fait n’as pas tant changé que ça. fun. est un groupe qui n’a pas peur d’être prétentieux. Rien que ce titre de groupe est aussi bien trouvé que prétentieux. Que des minuscules, le point au bout, un peu comme moe. Fun fact, les morceaux de moe. ne sont pas si funs, mais les gars de fun. ne sont pas si moe, ils sont plus… vous savez, nerd, dork, et Nate Ruess a un peu une tête d’alien. Mais fun. fait partie de ces gens qui se collent la périphrase « ils veulent imiter Queen ». Pourquoi ce lieu commun ? Les groupes qui envoient à fond dans le premier degré le plus impérial, qui hurlent, qui font la fameuse « musique de stade » (expression pas top) et qui sortent un spectre sonore laaaaarge. Un peu comme les Kaiser Chiefs ou les deux derniers Muse, vous savez, ceux qui ont oubliés d’être bons.

Et fun., c’est ça tout le temps. Du coup, 95% du temps, ça foire lamentablement et ça devient juste un gloubiboulga de mauvais goût. Regardez la pochette de la première album, écoutez la première piste, c’est juste pas possible, on peut pas tenir longtemps comme ça. Puis là, dans Some Nights, par un truchement de petits trucs qui font que et l’alignement des planètes, ça marche. Ça coïncide, tout fait sens, c’est le miracle de la pop. Même le clip est juste outrancier, toujours ce délire de guerre… de sécession… je crois… quelque chose du genre. Hop, on a peur de rien, on pose comme des fous, dans un contexte tout autre c’était ridicule. Non mais vraiment, ce petit solo de voix autotunée, c’est improbable. Le reste de l’album n’est pas aussi bon et c’est un euphémisme.

Mais ça marche. Quand on a 23 piges, qu’on est à fleur de peau et qu’on est – comme n’importe quel type de 23 ans – rempli d’angst sur tout ce qui bouge et tout ce qui représente l’avenir, le mauvais goût disparaît et ça paraît cohérent. Et paf, c’est mon single de l’année 2013.

On se retrouve vite pour the big one, et avec un peu en retard, de très bonnes fêtes à vous.

Posted in Kulture moderne | Leave a comment

Bordelpunk

Ce début d’année, complètement emporté par les perspectives pécuniaires qu’offraient mon premier stage (j’ai presque gagné 400 balles en deux mois !!!!) je me suis offert une folie et j’ai complètement annihilé cette rentrée d’argent en faisant ce que j’ai retardé depuis toujours : me payer une carte UGC. En solo, vous rentabilisez au troisième film par mois (simple quoi) et le rapport tombe un poil plus bas si vous prenez une duo et que vous vous y tenez en couple. Et même si, chaque mois, vous constatez avec tristesse ce retrait automatique, comme une sensation de prêt étudiant contracté, ce sentiment de puissance quand vous retirez une, voir deux places sans rien faire est fantastique. Mieux : ça pousse à la curiosité, on fait des découvertes en se disant « Bon, de toute, j’ai un engagement, autant le rentabiliser ». Un mode de pensée que je recommande, et si ça vous fait voir des merdes, tant pis, au moins vous saurez pourquoi c’était des merdes.

Jakazure Nonon, marraine de ce top, ma nouvelle waifu, parce queeeeee

Avec Smaug, Frozen et Wall Street, j‘aurais vu 44 films en 2013. Plein d’américains, quelques français, un argentin, un espagnol, un coréen, un américano-luxembourgo-israélo-polonais et même un suédois, ce qui prouve chez moi une ouverture d’esprit démentielle – y’a qu’à voir mes tops des années précédentes. Alors justement, encore une fois, je vais prendre les films qui m’auront particulièrement plu (je vais pas faire un top de tous les films car on va pas s’en sortir, même si c’est un panel qui parcourt tout le spectre qualitatif ; Et je vous les pitche. On fait ça ? On fait ça.

13) La Maison de la Radio
In bed with Radio France.
Un petit documentaire qui a discrètement circulé dans les salles vers avril. Aucune voix-off, aucun argument de ton, la caméra se balade de salles en salles dans l’immense immeuble place du président Kennedy. Des petites storylines, le stagiaire qui apprend à faire un speak, le CDI qui le refait cinquante fois, les deux nanas qui enregistrent une saga audio mais qui galèrent avec les effets sonores, l’orchestre en bas qui s’active, le live de nuit… ça me touche car la radio fait partie de mon projet pro mais n’importe quel profane pourra passer un bon moment devant. C’est même un poil trop court pour ses deux petites heures… bref, une grande fourmilière passionnante à observer.

12) The Bling Ring.
First World Problems (en prison), le film. Contrairement à beaucoup d’entre vous, j’aime bien Sofia Coppola. J’aime bien la BO de ses films, même si celle de The Bling Ring n’est pas particulièrement marquante, même si elle commence avec les Sleigh Bells et se termine avec Phoenix (mais quand on est la copine de Thomas Mars, c’est pas difficile) – et j’aime bien cette « culture du vide » qui habite The Bling Ring. Ses personnages abrutis, cette dimension loin de tout, cette histoire complètement loufoque d’ados qui dévalisent tout Beverly Hills (adaptée d’un article de Vanity Fair, de mémoire) de manière super froide et « panurgesque ». C’est surréalise, ça ne veut pas dire grand chose, c’est aussitôt oublié, c’est LOL dans le bon sens, j’ai bien aimé, c’est un peu inexplicable.

11) Casse-Tête Chinois
C’est toujours le bordel dans la vie de Xavier.
Jusqu’à voir l’affiche du film il y a trois semaines, je pensais encore que c’était un mythe, mais non. Le troisième volet de la trilogie-Erasmus est d’autant plus dingue quand on le mate à 23 ans, soit grosso modo l’âge de Xavier dans l’Auberge Espagnole. C’est un troisième film un peu gratuit, on s’en rend compte qu’on pourrait faire chaque décennie de sa vie comme ça mais c’est un film qui se regarde avec pas mal de bonheur. Quelques hommages, du fanservice, des fils rouges… On revient à une structure simple, on reste à New-York et on n’y décolle pas, on fout une vraie bonne BO derrière et c’est parti. Des histoires toutes simples qui veulent raconter l’histoire super compliquée d’un mec, de ses cinquante nanas et gosses. Il n’a pas réellement progressé dans sa vie, mais au moins, c’est un gros feel-good movie qui nous rappelle que, parfois, la vie nous fait caca dessus. Beaucoup d’humour, un esprit « grande pomme » que j’adore, une bonne BO (emphase) et yaddah yaddah. « Mais enfin Martine, c’est ma bite ça. »
Donc voilà, dans la catégorie « Tautou et Duris sortent ensemble », Casse-Tête Chinois était le meilleur film. J’avais un peu plus d’espérances pour l’Ecume des Jours.

*voix de crécelle*

10) Snowpiercer
Tchou tchou !
Ce film, adapté d’une BD française, est un melting-pot d’idées visuelles vraiment séduisantes. Pour faire simple, l’humanité est plongée dans une nouvelle ère glacière et les seuls survivants sont à bord d’un énorme train qui fait un immense cercle perpétuel à travers les restes. C’est déjà pas mal mais il faut ajouter l’élement-killer : les compartiments du train trahissent les strates sociales de ce groupe d’individus, plus on est au fond, plus on appartient à la plèbe. Les « queutards » du trains sont en quasi-servitude. Un groupe d’entre eux vont donc fomenter une révolte, le traverser et piger le terrible secret derrière tout ça. Bon, il y a ce postulat efficace MAIS AUSSI un tas d’idées sur la construction et les codes de cet univers. C’était tout ce qu’on demande, et même si la fin est cliché à mort et que l’ensemble respire les tropes déjà vus et prévisibles, ça envoie pas mal de choses dans les mirettes. C’est un film qu’on aime regarder pour sa « traversée » entre les wagons, où tout devient plus vain, facile, artificiel, épuré… et pour une Alison Pill avec une énième coiffure dingue. Tout ce qui devait être exploité l’a été, une hypothétique suite paraît pas nécessaire. 

9) Highjacking
Un rafiot se fait aborder par des pirates somaliens, son employeur est un peu trop pragmatique.
J’aime tout particulièrement ce genre de film très « étroit ». J’entends par là des espaces réduits, une caméra qui bouge peu, qui prend le risque – ou l’économie de moyens – de rester dans un espace très clos, limite claustropobe. Par exemple, j’aimais bien Phone Game, qui n’a peut être rien d’un grand film mais qui faisait son micro-effet à l’époque. Ici, on suit l’histoire d’un cuistot qui va être pris en otage pour longtemps, loooongtemps. Au bout d’un moment, le syndrome de Stockholm (*rires du public*) va commencer à apparaître, il va y avoir des déceptions, des fausses joies, etc etc jusqu’à une fin cynique +++. De l’autre coté du front, le patron du rafiot, un mec incroyablement froid et posé, qui négocie à distance avec les pirates, petit à petit, à pas de velours. Au final, presque tout le monde aura ce qu’il voudra mais, MAIS. C’est à voir, ça sort un peu de l’ordinaire, c’est vraiment pas mal et y’a le « pistolet de Chekhov » le plus chanmé de l’année.

8) Gravity
L’univers déteste Sandra Bullock.
L’histoire est simplissime : Bullock et Clooney sont dans l’espace, dérivent et tentent de rentrer sur Terre, c’est aussi con que ça. Le truc c’est qu’on parle de Cuaron, le meilleur chaînon de la saga Harry Potter, mais aussi l’auteur du démentiel Les Fils de l’Homme. Un mec qui aime les plans-séquence et ça tombe bien, Gravity commence avec un vrai oner d’un quart d’heure, qui va partout, qui gravite autour de cette station spatiale jusqu’à ce que les emmerdes commencent. C’est un vrai film-concept, fantastique sur le grand écran, sa valeur sera divisée sur une télé. Faut donc le mater tant qu’il est temps et en 3D svp. Ouaip, l’assombrissement n’est pas un vrai problème et le film a visiblement été conçu pour ça. Je le place si « haut » car malgré son «  » » »minimalisme » » » », c’est la première fois depuis longtemps que je me suis dit que je n’avais pas vu un truc comme ça. Clooney n’est pas un perso très intéressant (ce n’est pas un perso, c’est Clooney qui fait le malin), son attitude paternaliste est gentiment chiante – truc que je n’aurais jamais perçu un an avant -, Bullock qui aboie c’était un peu étrange mais s’eut été ridicule dans n’importe quel autre contexte. Il FAUT voir Gravity, parce que sensations inédites DANS L’ESPACE.

Comme un chef

Comme un chef

7) Quai d’Orsay
D̶o̶m̶i̶n̶i̶q̶u̶e̶ ̶d̶e̶ ̶V̶i̶l̶l̶e̶p̶i̶n̶ Alexandre Taillard de Vorms est un gars impossible à suivre.
Quai d’Orsay est un film drôle. Genre vraiment drôle. Ça m’a donné envie de lire la BD qui, j’en suis sûr, aborde les choses différemment (il me paraît évident que la copine du protagoniste ne peut pas suivre ce mec qui se transforme peu à peu selon cet environnement schtarbé). J’arrête de parler en crypté : on suit les tribulations d’un nouveau conseiller de pas-Villepin, à une époque qui ressemble trop fortement à son discours de l’ONU sur le véto français. Ce film est bien fichu, bien monté, bien articulé, Thierry Lermitte est impeccable, le premier rôle a une belle gueule parfaite – et tout le monde l’est tout autant. J’ose espérer – en seul Villepiniste de France, rappelons-le – qu’il était vraiment comme ça au quotidien. Des gags assez subtils, ce lieu commun « Brazil » du straight man qui plonge dans le terrier du lapin blanc qui marche à chaque fois. Vraiment, une excellente surprise.

6) Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde
Cinq copains refont le barathon de leur jeunesse et le monde se désagrège autour d’eux.
Je me suis déjà fendu d’une critique complète. Le top cinq !

5) Hapiness Therapy
Jennifer Lawrence et Bradley Cooper ne sont pas bien dans leurs têtes.
Ce film a fait gagner un oscar-surprise à Jennifer Lawrence. Ayant vu le film autour des Oscars, je n’osais pas y croire et il est tombé. Jennifer Lawrence y joue cinquante fois mieux que dans Hunger Games, surtout dans Catching Fire, c’est fou. C’est pas du tout la même nana. Bradley Cooper est impeccable en mec complètement paumé, un peu psychotique. Dans les faits, c’est une petite histoire toute mignonne en Amérique pas-fascinante-pas-super-sexy mais c’est un film super constant, assez mignon, assez touchant (sans aborder des thématiques trop graves façon Le Monde De Charlie) je ne sais pas moi même pourquoi je le mets aussi haut, il m’a laissé un sacré bon souvenir. 

4) Inside Llewin Davis
Llewin Davis ne sait pas où dormir ce soir (et le chat s’est encore barré) LES COHEN BROS ONT ENCORE FRAPPE ! J’ai pas mal préféré ça à True Grit qui était déjà réussi dans son genre. On garde les mêmes lieux communs : un esprit très américain hobo, rural, un esprit un peu barré… ici, les tribulations d’un Folksinger de New York, un peu enfermé dans son monde, qui vivote de canapés en canapés dans un microcosme un peu étrange, de bars pourris en bars pourris… j’aime beaucoup ce film car il raconte l’histoire d’un mec obsédé par la réussite des autres. Lui vit au jour le jour, se lance dans des aventures improbables (je ne pourrais pas faire cet aller-retour Boston-NY comme ça) et revient au strict point de départ, après le conclusion du film et une sacrée « guest-star ». Rien de particulier, pas d’artifices, peut-être le moins tendu et « pétaradant » des frères, mais encore une fois un paquet de bons sentiments. J’étais fantastiquement nauséeux en début de séance, le film m’a guéri. D’habitude, je n’aime pas voir les gens chanter, ça n’a jamais posé problème ici. C’est même un élément de caractérisation – voir ce personnage faire de très mauvais choix dans la vie, par exemple abandonner des droits d’auteur pour avoir un peu d’argent pour manger ce soir, est assez rigolo. Vous allez passez le film à vous demander « Mais c’était Justin Timberlake ou pas ? »

3) Le Vent Se Lève
Jiro fait des avions.
Le prochain et « dernier » Miyazaki, selon Miyazaki. Surprise ! C’est un excellent film. Il est même un poil différent des dernières productions du maître puisque c’est probablement l’oeuvre la plus « adulte » du lot. Je dis ça car elle déroule l’histoire d’un adulte accompli, qui va avoir une histoire d’amour adulte – très japonaise, très années 40 mais une histoire d’amour tout de même – des gens vont se tenir la main sous la couette et nous allons tous fondre d’amour. Quelques cascades formelles : Hideaki Anno – monsieur Evangelion – peine à masquer son intonation de vieillard, ce qui passe pas trop sur un adolescent – et des effets sonores faits à la bouche. On voit des avions décoller en faisant « prout prout prout » et ça n’a pas fini de me faire rire parce que je suis quelqu’un de très mature. Des scènes d’apocalypse, le fameux tremblement de terre, toujours un subtil mélange entre réalité et fantasie, une bromance entre ingénieurs et un film divisé en deux parties. La première, un Aviator moins chiant où on suit le parcours du mec qui a sorti le Japon de sa torpeur avionnesque, puis on se focalise sur sa rencontre avec une petite pépé, un peu de background historique – pas le moindre argument de ton sur l’histoire japonaise, alors pas très heureuse. Jiro est un grand rêveur idéaliste qui n’aime pas trop le concept de bombes sur ses modèles, c’est tout. Très beau, très touchant, mature, si c’est la dernière, c’est parfait. Cassedédi à l’allemand au gros nez.

2) Cloud Atlas
Six storylines frappadingues qui se croisent. Pourquoi si haut ? Parce que ce film, dans une moindre mesure, c’est SnowPiercer mais en six fois. On ne comprend pas bien l’histoire de cette « cartographie des nuages », sinon que tout est lié etc etc. Six univers, six histoires, six identités visuelles, Ben Wishaw se supprime dans les cinq premières minutes (je suis en concurrence avec lui, c’est une longue histoire) et bra bra bra on y va pour un sacré bordel de références, de codes, d’intertextualité et de zapping interdimensionnel. Ca dure quinze heures, ça donne l’impression de durer quinze minutes, c’est à peu près quinze fois mieux que Speed Racer. Comme je l’ai déjà dit quinze fois dans ce post : c’est beau. C’est très bordélique. Il faut un peu remettre les choses dans l’ordre et à leur place pour comprendre, ça s’apprécie tout aussi bien individuellement, c’est profond sur plein de niveaux et c’est un parfait produit de la pop culture des dix dernières années. Tant et si bien que ça pourrait être mon film de l’année mais ! MAIS !

Attention, on va bien s’enjailler

1) Le Congrès
???.
Il faut aller le voir à l’aveugle. Robin Wright vit dans un vieil hangar, un homme vient lui proposer un contrat douteux et oh la la la la la la la la la la. Toutes ces questions posées sur notre rapport à la réalité, à l’animation, à plein de choses.

Avec, potentiellement, Le Loup de Wall Street qui pourrait s’incruster quelque part.
Des cacas, pour le plaisir : Les Profs est naze, limite offensant, Man Of Steel était chiant comme la mort et bourré d’approximations (mais on s’en fiche parce qu’on dort devant) Kick Ass 2 était un film de petits cons, mais dans le mauvais sens, Les Stagiaires était un poil irritant et La Vie d’Adèle a sûrement été primé pour de mauvaises raisons et est rempli de trucs qui ne devaient sûrement pas être drôles. Du genre gros plans sur spaghettis, des « petite pute ! » qui appellent au corpsing, des claquements sur les fesses et un mec qui, ça passe assez discrètement, dit un truc du genre « J’aime pas les réalisateurs qui sont chiants quand ils bossent ».

Posted in Kulture moderne | Tagged , , , , | Leave a comment

Super duper psychologie

DONC ! Encore un post bizarre à la gloire des jeux dont le gameplay importe peu. Je suis le premier apôtre des choix à faire mais on va parler d’un cas d’école – on ne peut pas se prétendre connaisseur en JV sans avoir parcouru un peu de Phoenix Wright, parce que c’est le visual novel le plus accessible, populaire et fun qui soit.

Le héros de PW6 aura sûrement un Jawbone UP magique

C’est la énième fois que je l’écris sur ce blog, la saga Phoenix Wright est un incontournable du jeu vidéo. On y incarne un avocat pas très sûr de lui qui doit défendre des personnages frappadingues dans des situations du même tonneau. Bref, un whodunnit interactif où chaque jeu intègre quatre ou cinq affaires qui s’alternent en deux phases : la recherche, un vague point-and-click où on fait la collection de preuves pour les phases de procès, où il faut les présenter au bon moment et contre les bons témoignages. Mon descriptif est un peu fouillis mais le tout donne une saga irrésistible qu’on a souvent comparé à Layton, dates de sorties synchronisées aidant. Je ne vais pas vous refaire le topo, j’ai écrit sur le quatrième jeu fin 2010, sur le troisième un an avant, je me relisait beaucoup moins bien. Là, on va juste faire les louanges du cinquième jeu et voir comment il fait progresser la série, alors abandonnée depuis cinq piges en France ! Il est même tout a fait accessible en premier contact de la saga, mais il serait dommage de passer à coté de tous ces retours-surprise de persos, et le gap graphique sera trop dur à franchir.

C’est donc avec une joie immense qu’on a tous pu jouer au cinquième volet de la saga, après un break interminable et un épisode un poil plus faible que tous les autres. Tous ? Non ! Dual Destinies n’est sorti qu’en démat’ sur l’E-Shop de la 3DS et, bien entendu, en anglais seulement. Bon niveau obligatoire pour piger toutes les petites subtilités langagières qui font le sel de ce genre de jeu. Après, pas besoin d’aller chercher très loin – c’est pas le plus simple à localiser et les jeux précédents restent trop nichés – pour simplifier les choses au maximum. C’est déjà pas mal d’avoir le jeu complet en anglais après la non-traduction d’un spin-off (l’autre étant sorti en France et en boîte mais pas traduit, bref, le bordel) en gros, si vous boycottez ce jeu et que vous aimez la saga, vous êtes une sacrée andouille, pour le dire poliment. Vous méritez de disparaître dans la culotte magique de Vérité.

Les « investigations » mises à part, Dual Destinies est le cinquième jeu de la saga. Ace Attorney, Justice For All et Trials and Tribulations forment une petite trilogie. Le deuxième était un peu plus faible, le troisième était ouf gueudin. Apollo Justice était le nouveau héros du quatrième, mais était quand même raccordé au canon original. C’était un héros un peu chiant, et il n’arrivait pas à être le protagoniste de son propre jeu, ce qui est un poil gênant. Une affaire de ce jeu était un peu catastrophique d’imprécisions, mais il se terminait en tentant quelques trucs. Le cinquième, donc, peut amorcer une « deuxième trilogie ». Disons qu’il reprend des éléments de tout le reste pour en faire un sacré petit best of.

Et Dual Destinies est bon. Il est même très bon. Il est un poil moins bien que Trials And Tribulations, et c’est tout. Au début, j’ai cru que ce serait un mini-opus de deux ou trois affaires. Rien de plus qu’une petite parano qui entoure le démat’. Que nenni, ce jeu est d’une constance dingue, il n’y a pas d’affaires en deça, pas de réel moment de bravoure dinguissime, c’est peut être tout ce qui manque. Il est bon, il reste bon, il n’est rien de moins, pas une seule seconde et ça, c’est une grande première. Par contre, il fait évoluer la saga dans d’autres directions.

Le jeu se passe un an après Apollo Justice. Si j’ai bien pigé la timeline de la série, nous sommes donc en 2026. Le gimmick du jeu : « l’âge sombre de la loi », ce qui ressemble juste à une métaphore de mon année de droit entre 2008 et 2009. Phoenix a enfin regagné son droit d’exercer pour mettre fin à cette ère où on obtient des verdicts n’importe comment. La profession est bafouée, plus personne ne croit en la justice de son pays, etc. Phoenix revient et il va botter du cul ! Il n’est pas seul, Apollo est de retour – avec de mystérieux bandages et une lueur badass dans les yeux, c’est incroyable, c’est révolutionnaire, Apollo est un peu plus charismatique (même si je l’aimais bien quand même.)
Les deux sont rejoints par Athena Cykes, une jeune avocate de 18 ans (rien d’étonnant, c’est la norme dans cet univers d’avoir son bac à 12 ans) qui sort d’un long voyage d’études en Europe, et dont la spécialité est l’analyse du profil psychologique. Ça en fait UN PERSONNAGE SUPER COOL. C’est un peu le « sidekick habituel », mais c’est la première à être aussi avocate, elle va intégrer le gameplay qui rentre rapidement dans une dynamique de trio. ENCORE UN. Un lieu commun rigolo du JV en 2013. Athena est un personnage adorable, sympathique et pas trop lourdingue (l’écueil du sidekick dans cette saga) dont la backstory va bien sûr monopoliser les affaires finales. Quand les jeux PW veulent avoir une cohérence d’ensemble, on sait bien comment ils font, ça ne loupe pas ! De l’autre coté, Blackquill, « prosécuteur » fana de culture jap’ médiévale, mais aussi taulard depuis sept ans. Il a ses gimmicks, il est un peu archétypé mais pas mal de gens le préféreront à Klavier, un poil lisse et gentil. Comme tous les autres, il a, au final, pas mal de mal à bien faire son boulot et sert davantage à donner la réplique qu’à réellement faire condamner les gens. De toute on sait qu’il est sur un siège éjectable, comme les profs de Défense contre les forces du mal de Poudlard.

COMMERCE AVEC CA

COMMERCE AVEC CECI

Après, la bonne nouvelle, c’est qu’on est sur 3DS. Toute la trilogie originelle tient du rétrogaming (des adaptations GBA) et alignait poses fixes sur poses fixes. Ça ne dérangeait pas, mais maintenant, ça va être difficile d’y revenir. Tout est animé, les-dites animations sont irrésistibles (Athena qui se tripote les cheveux, une parmi des dizaines d’autres), la musique est de bien meilleure qualité… et quel bonheur d’avoir un nouveau « Cross-Examination Theme », Allegro et Moderate – mais aussi un nouveau « set » de musiques : le Mood Matrix ! J’y reviens un peu plus tard. Les musiques sont chouettes comme jamais, les personnages toujours aussi hauts en couleurs… et s’il y a bien un truc que j’aime dans cette saga – et dans cet opus plus que jamais, c’est que chaque mimique, chaque trait de chara design, aussi fantasque qu’il puisse paraître, va toujours avoir une signification ou une importance. La première fois que j’ai vu un personnage « bouger » et que ça m’avait marqué l’esprit, cette animation est devenue liée à la preuve finale du jeu. Damn, ce jeu se la pète. Tout est foutu-de-pensé-à-l’avance. Ça a ses bons comme ses mauvais cotés : après quatre jeux, on commence à bien piger la manière qu’ont les scénaristes pour construire leur truc et on finit par un peu tout deviner. C’est dommage. Tous les persos secondaires, eux, sont aussi réussis que d’habitude, toujours conçus sous cette loi du « bandit manchot des identités ». « Oui, euh, là on va faire un professeur… dieu grec… puis on va fait une punkette-pirate… et euh ça va être bien cool ». Ouais c’est cool !

Quelques directives qui sont franchement visibles dans PW5, et qui tendent à faire évoluer le truc dans une approche toujours plus « visual-novelesque ».
Le jeu est nettement, nettement plus facile. Enfin, plus précisément, plus dirigé. Un peu comme pour Pokémon, des tas d’indices prouvent qu’ils ont voulu faciliter tout ça. La « barre d’erreur » n’a plus d’importance, la vider nous ramène directement avant le « plantage », on vous dit quelle déclaration est louche après trois tentatives, les « tells » sont volontairement sur des endroits distinctifs et l’emphase sur la démarche à adopter, les trucs à faire (y’a une séquence dans le DLC où on te dit très précisément quoi faire !) est toujours en gras, d’une autre couleur et soulignée trois fois si c’était possible. Bref, on vous dit quoi faire et le choix est toujours moindre.
De la même manière, les phases d’enquête sont simplifiées à mort. On ne doit plus présenter tel objet à telle personne pour déclencher un trigger, ou, le cas échéant, c’est clairement indiqué dans une to-do list qui vient s’ajouter à votre dossier d’enquête. On ne peut plus « trifouiller » n’importe quel écran, les investigations sont limitées à endroit – et un curseur vous dit ce que vous avez déjà examiné ou pas. Emma Skye n’est pas de la partie, au revoir LA SCIENCE ! Beaucoup de gameplay tronqué pour des phases un poil moins courtes. Le jeu, dans sa globalité, est en revanche plus long. (40 heures avec le DLC, quand même !) Ça tend à rapprocher la saga du livre interactif. Se planter, ne pas savoir quoi faire est de moins en moins une option.

Je parlais de « best of ». En fait, c’est le seul jeu qui regroupe toutes les mécaniques de gameplay des précédents. Comme on joue Phoenix, Apollo et Athena tour par tour, les spécificités de chacun sont incluses. Les psychés-locks sont donc de retour, simplifiés aussi. Si on tombe dessus, on a nécessairement ce qu’il faut pour s’en défaire (alors qu’il fallait très souvent marchander des preuves ailleurs avant) et Apollo peut toujours se concentrer pour déceler les tells chez les gens. Là aussi, il y en a trois, pour deux d’entre eux, le chara-design fait que vous allez directement zyeuter là où il faut. Et Athena ? Elle utilise son Mood Matrix, qui permet de disséquer les émotions des témoins. Bonheur, colère, surprise, tristesse, tout tourne autour d’une émotion déplacée, d’une variation malvenue ou d’une absence illogique d’émotion. C’est toujours facile, le concept est bien tourné jusqu’au bout, s’intègre parfaitement dans le gameplay. Ce petit « bye bye » est irrésistible. C’est juste impeccable, et tant pis si on vit dans un monde où il n’y a que quatre émotions possibles. Dernier petit ajout, et pas des moindres : une petite séquence supplémentaire, une par affaire, où votre perso va faire une sorte de « finish him ! » en modélisant un train de pensées qui va vous sortir de la dernière problématique de l’affaire.


Par contre, on perd la petite tradition du « donner un objet un peu incongru qu’on devine jamais à la fin d’une affaire pour débloquer une ligne de dialogue ». Enfin, si, elle apparaît deux fois, mais cette fois c’est super simple.
Donc voilà pour les faits. Maintenant, attention, [chaque spoiler sera balisé. Si vous avez fini l’affaire en question, vous pouvez surligner ce qui manque. Sinon, tant pis, j’y vais franco, surtout pour expliquer en quoi je trouve un gros pan du jeu prévisible.]

5.1 : Turnabout Countdown. L’habituelle affaire-tutorial qui contextualise le tout. Une bombe dans le tribunal qui va installer tout le « temps présent » du jeu (qui ne dure que trois ou quatre jours, tout le reste est un flashback !) et qui n’offre rien de particulier, si ce n’est enfin retrouver Phoenix. Pas de difficulté particulière, on distille un peu les storylines, on retrouve aussi Apollo (Qui a mon âge, damn it) et on fait connaissance avec les capacités d’Athena. Rien de particulier, on découvre, on est émerveillé par le gap graphique et sonore, rien de particulier, bon petit climax final, une situation originale… et juste une phase de procès, comme toujours. Oui, ce jeu est long. Est-ce que je vous ai dit que cette affaire n’avait pas grand chose de particulier ? Bon, c’est pas totalement vrai.

5.2 : The Monstrous Tournabout. La caution « folklore » du jeu. Au menu : Yokai + Culture Catch. On reprend la construction classique depuis Justice For All : deux phases de recherches, deux phases de procès. On fait la connaissance du nouveau flic de service, Bobby Fullbright, perso qui m’a jamais trop enchanté. Jinxie Tenma est choupinoupinette. C’est une affaire qui lance une constante dans le jeu, moins abusée dans le reste de la série : les persos qui mentent tout le temps. Pour le fun, ou par plaisir du parjure. Parfois, les « couches » d’écritures sont moins visibles ! C’est également une affaire qui va codifier le « la scène de crime n’est peut être pas là », un vrai gimmick dans Dual Destinies. Pour une raison qui m’échappe, c’est un reverse whodunnit ; On vous montre d’emblée que c’est Florent LaBelle le meurtrier. [Et y’a pas de subversion, c’est vraiment lui le meurtrier. Disons que c’était le tutorial des spoilers de ce post.]

JOURNALISME !

5.DLC : Turnabout Reclaimed. Une « sixième affaire » en DLC, qui s’intègre parfaitement dans la storyline. Si vous n’avez pas joué au jeu, achetez-le et jouez-y à cette place. Cette fois, Phoenix nous parle de la première affaire qui lui tombe dessus après avoir retrouvé son badge et va défendre… une orque. YOLO MES BRAVES ! Une pléthore de personnages hauts en couleurs, mêlant piraterie et identité punk et rap west coast. Ça a beau être un DLC, c’est excellent, long, varié, plutôt sympa et avec quelques enjeux, malgré ce qu’on pourrait croire. Quelques imprécisions, quelques phases frustrantes où on voudrait montrer ce qu’on a déjà deviné. Le début est over-facile et sent le tutorial à plein nez. On m’a soufflé que c’était pour ceux qui commenceraient le jeu avec cette affaire. Oui, ok, certes. [Marlon Rimes est le coupable le moins prévisible de tout le jeu. POUR UNE FOIS, il maîtrise un minimum ses red herrings – ses fausses pistes, quoi. Je dirais même que c’est le méchant le moins méchant depuis Acro. Son rap est toujours un grand moment.] Bref, un gros casting plein de fraîcheur. 

5.3 : Turnabout Academy. L’affaire qui évite miraculeusement la « malédiction de la troisième » qui veut qu’elle soit systématiquement bancale ou chiante. Nope ! Cette fois, c’est Athena aux commandes pour démanteler un vaste boxon à l’école Thémis, où on forme les petits justiciers de demain. C’est déjà cool d’avoir un peu de background, mais on peut en plus se targuer d’avoir un casting assez irrésistible, Myriam Scubblebutt en tête de liste. Quelques coïncidences et bizarreries trop voyantes et un criminel qui, damn, fait des plans décidément trop compliqués. Beaucoup d’intrigues à résoudre et pas mal de moments épiques, voir bizarres. L’affaire du gender-scandale. [Les soucis identitaires de Robin sont présentés d’une manière bizarre, comme si elle avait un bouton « on-off ». Ça passe d’autant plus bizarrement que c’est le premier Mood Matrix « Allegro ». Ca ne me froisse pas mais je comprendrais qu’on puisse trouver ça limite. Au delà de ça, si vous trouviez que Means n’avait pas une sacrée tête de coupable, il faut changer de lunettes ! C’est l’affaire où on retrouve Klavier et son theme musical de fou wouuuuuuuh]

5.4 : Cosmic Turnabout. Maintenant DANS L’ESPACE ! C’était le procès interrompu par la première affaire, vous savez donc, par définition, que ça allait mal finir. On a quand même droit à une « breakdown animation » d’un perso chtarbé. Une affaire light (procès-terrain-procès-boum) qui vaut son pesant de cacahuètes mais qu’on joue surtout pour ses robots CHOUPIS. Pas grand chose à dire, elle prépare surtout le grand finish !

L'écran d'après est cauchemardesque

L’écran d’après est cauchemardesque

5.5 : Turnabout For Tomorrow. C’est marrant comme cette affaire ressemble à la 1.4. Il y a même ce retour du « dossier XX-Chiffre ». On a deux grammes du passé d’Apollo mais ils sont assez touchants. Enfin l’occase de dévellopper un peu Athena et Blackquill. Le souci, c’est que son « big bad » est visible depuis l’espace. [L’histoire d’Athena est fantastiquement similaire à celle d’Hunter dans le premier jeu. Fullbright est le grand méchant du jeu ? Sans blague ! Dès que je l’ai vu, sa tête ne me revenait pas, je le trouvais beaucoup trop exagératif. Puis… je me suis demandé pourquoi j’avais cette impression. Puis je me suis demandé « quel perso-lieu-commun n’a pas été à cette place ? Le flic de service. Exactement comme Adachi, de Persona 4. Damn, encore un. Tous les indices correspondaient, le gars est beaucoup trop « émotif » et passe son temps à simuler quatre émotions distinctes. Le reste des indices était un poil trop gros. Bref…] Pas mal de fanservice, un fin qui aurait être un peu plus épique, un tout petit stinger qui pourrait conduire un sixième épisode.

Et c’est ça le plus embêtant : ça va pas être simple de faire quelque chose après. D’une part parce que le mode d’écriture par couches de la saga commence à trop se faire sentir, d’autre part parce qu’il est difficile d’enchaîner avec un tel best-off. Le « trio » est probablement fixé. Bref, l’excellence, facile mais d’une constance irréprochable.
Fun fact – spoiler sur tout le jeu : [TOUS LES COUPABLES SONT DES MECS. OHLALALALALALALALALALA MISANDRIE]
Ha, et bien sûr, remarque obligatoire pour signifier que la saga Ace Attorney est l’objet du prochain LOLJAPON, en live le 20 au soir. Maintenant, pour vous remercier d’avoir lu tout le post, voici un rendu bien moche de Phoenix en 3D.

http://usineaproblemes.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/08/sealn3.png

Mention spéciale aux animes au doublage douteux, par BONES, mesdames messieurs, rien de moins. Le studio qui nous a donné FMA, et bientôt Soul Eater Not!.

Posted in Otakeries, Vidéo-lubrique | Tagged , , , | Leave a comment

Du rififi à Carcassonne

Avant de parler du nouveau Phoenix Wright – oh la la j’ai hâte, je viens de le finir, c’est tout plein de bonheur avec de vrais morceaux de bon jeu sans grand gameplay, rep a sa David Cage – faut absolument que je rattrape les quinze du fond qui étaient sur une autre planète cette année ou qui, plus simplement, ne sont pas otakus. Si vous n’êtes pas particulièrement fans de cultures nichées/barrées/les deux, cet univers est pour vous. Regardez, je mets en gras n’importe quoi, comme un article naze de Melty parmi d’autres. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Vous avez aimé Cowbow Bebop ? Panty et Stocking ? FullMetal Alchemist ? Bien sûr, tout le monde aime FMA. C’est un anime suffisamment universel et qualitatif pour être apprécié par chaque personne qui s’y penche. Et là, attention, je pose le gros postulat qui tâche : s’il n’a peut-être pas eu la chance de le saisir, l’Attaque des Titans aurait pu avoir le même succès à moyen et long terme. Ça peut éventuellement encore venir mais une diffusion en france pourrait aider un peu, à la manière de la Sainte Kaz pour FMA, de retour en 2005. Pourquoi comparer ces deux séries ? Elles ont plein de choses en commun, dans l’histoire comme dans le méta. Notamment en genre, personnages, grosses ficelles codifications, même succès d’estime, méga succès commercial au japon, etc. En France, le manga est publié depuis cet été. D’ailleurs, Shingeki No Kyojin (c’est le nom japonais) était la grande star de cette Japan Expo, chaque année il y a toujours un shonen qui émerge dans les stands, les cosplays ou les gens qui hurlent des spoilers en conférences. L’adaptation en anime va bientôt avoir un an, était la star du printemps dernier et est tout à fait matable légalement sur Wakanim. Y’a l’embarras du choix pour un univers plus que chouette qui, validation ultime, est adorée du fandom. Quand, six mois après, Tumblr est encore inondé par la même série, c’est qu’il y a un truc qui cimente le tout.

Le train de la hype est passé depuis perpète mais il n’est jamais trop tard ! L’Attaque des Titans sera l’anime de 2013 pour pas mal de gens (Kill La Kill est un challenger potentiel mais on ne saura pas où il nous mène avant 2014, paaaas de chance) et ça se picore sans fin, un épisode par jour avant de se coucher, c’est terriblement addictif. SnK – Shingeki No Kyojin donc, késsadire ? Je vais baser ma critique sur l’anime. En fait, le postulat est aussi simple qu’efficace. Vous avez déjà lu ce roman de Swift qui a donné ce film pourri avec Jack Black ? Les gens « aiment bien » l’histoire de Lilliput, ils la dérivent et la parodient à l’infini. Dans ce roman, les géants débarquent et sont tous de suite mis à l’amende par les Lilluputiens (qui, en passant, n’étaient qu’un peuple barré parmi d’autres) – bref, dans SnK, c’est exactement l’inverse. Le plus grand est la menace.

Nous sommes donc vers 850 après on-ne-sait-quoi, dans un univers alternatif. On se retrouve dans un postulat vaguement Moyenâgeux où tout le monde maîtrise une technologie compliquée à base de gaz et de vapeur. Cette technologie, c’est la « tridimensionnalité », un engin sophistiqué qui permet de voler en s’accrochant un peu partout. A des arbres, ou, par exemple, un mur. Ca tombe bien, toute l’humanité est planquée derrière un énorme mur circulaire… planquée des Titans, des humanoïdes crétins de cinq, sept, quinze mètres, dont le seul objectif est de bouffer des humains. C’est même pas un besoin vital, ils font ça par conditionnement, par réflexe, par plaisir, ils ont même l’air de kiffer ça, pour preuve cette dégaine effroyable qu’il tirent quand ils mutilent des bras et des jambes humaines. Bref, un jeu du chat et de la souris super anxiogène et perdu d’avance. Dans le reste du monde, le danger mortel, les survivants sont derrière trois murs concentriques. Maria, Sinnah, et Rose – c’est le nom des murs. Tout au centre, le roi et son état major. Voilà pour le point de départ ! Il ne s’est rien passé depuis 100 ans, pas le moindre souci et…

Un titan de soixante mètres débarque près premier mur. C’est du jamais vu, c’est pas sensé se produire, avant que tout le monde puisse piger ce qu’il se passe, il casse d’un coup de pied les protections à la base du mur et laisse entrer les autres titans. Pour eux, la notion d’intelligence était alors exclue. L’un d’entre eux va bouffer la maman d’Eren Jaeger, un jeune ado qui va – sans surprise – dévellopper une haine des titans et s’engager dans l’armée. « Voici leur histoire », comme dirait l’autre. Eren, c’est le héros du bouzin. Un vrai personnage de shonen : un peu bousillé à l’intérieur mais avec une détermination en acier trempé. Il est accompagné par Mikasa, une action girl qui va tous nous enterrer – une sacré nana au passé difficile, mais aussi d’Armin, la réincarnation directe d’Alphonse Elric. Eux trois vont rentrer dans le corps d’armée local, le dernier espoir de l’humanité, subdivisé en trois sections : les brigades spéciales qui protègent le roi, l’infanterie qui fait régner l’ordre et qui agit en cas de souci près des murs – et les éclaireurs, qui partent en expédition au delà du mur, dans une mission ouvertement suicide. Transposé à notre monde, ça donne la garde Suisse, la gendarmerie et les expéditions sans retour vers Mars.

Sans trop vous spoiler les premiers épisodes – il y en a 25, ce n’est qu’une première saison qui ne couvre qu’un pan canonique du manga – on nous présente Eren, on le voit s’inscrire à l’armée, suivre cette formation de trois ans puis combattre les titans – qui redéboulent à point nommé près du deuxième mur. Résumé en une phrase, c’est ça, mais les choses sont évidemment bien plus compliquées et fluctuantes. Il faut voir ça comme une zombie apocalypse où, et c’est presque paradoxal, il y a un peu plus d’espoir. Les zombies apocalypses, quand elles ne sont pas tournées en dérision, ne se terminent jamais bien. Il ne se passe pas de miracle, tout le monde y passe, point. Ça part donc pas super bien pour Eren & Co.

Mon rôle est donc de vous prouver que c’est un anime plein de qualités. Ne serait-ce que dès le générique, devenu mémétique en un rien de temps. Il paraît qu’il marche avec n’importe quelle vidéo. Perso, je préfère le deuxième. Plus épique, avec des plans incroyables, une émotion folle, des plans cools en 3D… même chose pour le deuxième ending. J’aurais aimé avoir 25 autres épisodes rien que pour deux autres sets de génériques. Exactement comme FMA, d’ailleurs.
Et c’est ça le truc gagnant avec SnK, tout est bien fait et surtout bien codifié. L’univers est crédible, on rentre dedans sans souci et il se développe tout seul. Les murs, le culte autour d’eux, l’angoisse des habitants, les corps d’armée, le graphisme autour de tout ça, la tronche des titans, la science autour d’eux… vous voyez le genre, les pistes à exploiter sont nombreuses et c’est toujours fait. Les eyecatchs compriment des histoires de fond, à la Death Note. Quand c’est pas placardé à la figure façon FF XIII, c’est toujours une bonne idée. C’est un plus, surtout dans un anime qui, pragmatiquement, ne laisse pas beaucoup de place à ses personnages – forts nombreux.

Levi, un mec trop sympa

Alors les persos, parlons-en. Ils se regroupent tous autour et dans l’armée locale. On ne les « rencontre » pas beaucoup, ils sont nombreux, on se souvient à peine de leurs noms, il faut faire un peu gaffe. Quand on voit un personnage mourir et qu’on est pas sensé savoir s’il fallait être attaché à lui ou non, c’est embêtant. Y’a donc ce trio de base, puis sept autres soldats, le « top 10 de la promo », des tronches et des caractères divers. Y’a Levi, le nain ténébreux toujours ronchon, qui fait gémir les ménagères. Y’a cette nana qui étudie les Titans mais qui exprime un peu trop d’excitation à leur égard, etc etc. Tout un casting varié, intéressant. Casting qu’on va voir dégrossir, bien sûr. Les Titans bouffent les humains, c’est toujours sadique et dégueulasse, et quand ça touche « plus proche de la maison », tu le sens passer. Cet anime sait te transmettre les pires émotions, c’est fou. Les persos se retrouvent dans les pires situations, le font savoir, on est avec eux et on en chie avec eux. Ca arrive de temps en temps. On compare souvent SnK avec Game Of Thrones, dans le sens où « tout le monde meurt tout le temps ». Bon, ce n’est vrai ni dans l’un ni dans l’autre, mais ça marche par phases. GoT est quand même plus sévère avec ses persos (mais c’est un univers beaucoup plus étendu, alors j’imagine que le produit en croix fait sens)
Enfin bref, la comparaison se tient. Les personnages sont bien traités par l’univers mais très maltraités par le scénariste.

Le rythme, c’est une autre histoire. L’anime n’est jamais chiant mais il perd un peu son temps, parfois. Quand on voit un bataillon de personnages voler dans les bois pendant quatre épisodes de suite, difficile de pas penser à Naruto et ses étirements improbables. C’est pas du Kaiji mais c’est un peu inégal de ce coté là.
On dit souvent que le dessin est moche. Je pense qu’il faut davantage se défaire de ce préjugé car c’est lui et seulement lui qui va nous aider à le voir tel quel. Les premières pages du manga ne sont pas très heureuses mais potables et tout le monde dit que ça s’améliore très vite. Un peu comme Soul Eater, donc. L’anime reprend les traits du dessin original et sort un peu de la marge – moins lisse, moins rond, moins kawaii, fatalement. Ça correspond bien avec l’ambiance de la série !

Enfin, est-ce qu’il y a des plots twists ? Oui mon gars, y’en a plein ! Et pas que des morts froides et crues ! Le premier gros truc tombe très rapidement, je vous l’épargne mais difficile d’y couper aujourd’hui. Tout l’anime est construit autour d’un mystère – avant de disparaître dans la nature, le papa d’Eren lui a donné la clé de la cave, où la solution à tout ce bordel pourrait se trouver. Pas de bol, c’est comme si il avait été catapulté à 500 kilomêtres à la seconde près. Kekiya dans la cave ? On le saura jamais. En tout cas, pas dans cette saison. La toute dernière seconde de l’anime comporte un twist un peu cosmique mais super violent et dingue, de quoi redistribuer un peu les cartes. L’anime se change un peu en whodunnit vers la fin et il va falloir être attentif ! Tout tourne autour des titans et de leur biologie. Du coup, on ne peut pas les laisser se défendre à perte comme ça pour toujours, du coup, il va y avoir quelques power-ups pour les humains là et là, mais shh. Tout ça va nous donner du body horror bien dégueulasse et nous démontrer, par exemple, comment peut-on protéger ses copains avec sa cage thoracique.

Gaaah Gaaah

Gaaah Gaaah

Bref, un anime alpha, complètement maîtrisé, à l’univers fascinant ET super addictif. Watamote, Danganronpa, tout ça c’était bien cool à leur sauce mais ça donnait pas envie de se précipiter sur les mangas ou sur Etsy. Je recommande à fond, en manga ou en anime, à votre convenance. L’anime doit s’arrêter au tome 8, quelque chose du genre. Y’a donc pas mal de rab à découvrir.

L’attaque des titans est le plus sexy des univers moches.

Posted in Otakeries | Tagged , | Leave a comment

Omelette du fromage

Nous sommes le 8 janvier 2013. Il est 14 heures, je suis à peine debout, après tout, le réveillon c’était il y a une semaine seulement et il faut continuer à décuver. Le ouaib est en feu. La raison ? Ce Nintendo Direct. Iwata, toujours avec son accent anglais plus que perfectible, nous fait un historique très détaillé des précédentes générations de Pokémon. Il fait durer le truc, c’est Nintendo, notre attention est déjà captée. Il rappelle que la localisation nous a toujours séparé de six mois des précédentes versions japonaises. ET LA, MEGATON : Pokémon X et Y. 2013 n’est pas que l’année de Luigi, c’est aussi celle de la sixième génération de Pokémon. En 3D. En France in-game. Oh la la, beaucoup trop d’émotions à gérer, surtout que Noir et Blanc ne datent alors pas encore de deux ans, c’est un tout petit laps de temps, nous étions habitués au double.

Début 2011 donc, j’avais vraiment aimé Pokémon Noir et Blanc et je ne me relisait pas. Vu de l’extérieur, on peut se demander comment ces six jeux, fragments d’un empire qui fête ses quinze ans, peuvent se dissocier les uns des autres. Bien sûr que le gameplay ne changera jamais, qu’il y aura toujours huit champions, un maître, des Pokémons à choper et un voyage initiatique un peu bizarre ! Tout le monde sait en quoi consiste ce jeu, mais Noir/Blanc avait le mérite de dérouler un scénario un poil plus grave et mature, d’avoir un bestiaire bien foutu et de proposer une aventure globalement plus difficile. Cette fois, nous y sommes, nous avons pratiquement tous fini X ou Y et deux points de vue se mélangent dans ma tête.

C’est, sans aucun doute, l’épisode le plus abouti et le mieux fichu de la série. Pourtant, il lui manque un truc. Un petit machin qui lui donnerait du sex appeal en plus. Je vais essayer de développer et gardez à l’esprit que ce sont des griefs assez personnels puisque, au fond, ce sont surtout des signes que les AAA estampillés Nintendo font de meilleurs efforts pour s’adresser à tous, habitués comme petit nouveaux. Justement, X/Y articulent pas mal de concepts, publics, générations différentes. Voyons ça.

On incarne donc un énième ado de 10~13 ans qui démarre un parcours à travers la région de Kalos. Kalos, c’est « beau » en Grec, mais Kalos, c’est la peinture d’une France d’après la vision d’un Japonais qui a passé deux semaines à Paris ou à Baux-de-Provence. Il va falloir capturer des bestioles, les faire combattre etc etc. Personne ne nous explique vraiment le but du jeu, parce qu’on part du principe que – soit on connaît la franchise depuis notre naissance – soit on a maté « Pokémon : The Origins », petit anime récap pas fantastique de la première génération. Honnêtement… tout le monde rentre dans ces cases, donc pourquoi pas, après tout. Mais ? Que se passe-t-il ? Des gens gueulent des trucs à travers les fenêtres des rédactions spécialisées ! Ils disent « PAS DE CHANGEMENT FONDAMENTAAAAAL ! » Hey on l’a déjà dit, c’est pas une surprise, ça. Pokémon va pas soudainement se changer en jeu de golf. Y’a quand même plein de petites particularités.

Du Mystipr0n partout sur les Internets

J’ai donc pris X parce que le légendaire avait l’air cool, original, c’était un type « Fée » – vous savez, ce nouveau type sensé équilibrer ces foutus dragons qui nous volent notre travail, la couv’ est bleue, donc « froide », le Dracaufeu, banco. « Pokémon Y » sonne infiniment plus classe mais c’est comme ça. Fidèle à mes habitudes autistiques, j’ai encore une fois pris le starter d’eau, Grenousse. Son gameplay est un peu différent : on sort du carcan du tank bourrin pour passer à une petite chose fragile mais très rapide. Un ninja, quoi, l’analogie est pas difficile dans ces design aux inspirations médiévales.

La 3D, déjà. C’est un ajout attendu mais pas révolutionnaire. C’est pas une 3D de liberté totale hein, ça reste une vue de haut parfois précalculée, avec de nombreux passages où la caméra tourne autour du personnage, comme dans Noir et Blanc. Dans les faits, le jeu est toujours littéralement quadrillé, les premiers pas sont une horreur et la « 3D gravity » ne sert qu’à se faire casser la gueule au framerate. C’est nettement plus joli, les combats sont bien plus dynamiques et cools (qui d’entre vous a désactivé les animations, cette fois ?) et l’aventure est bien plus smooth. Le petit luxe étant bien sûr d’acheter des fringues à son avatar et de tourner des « vidéo dresseur » swaggi swaggantes. Un ajout vraiment apprécié mais qui devenait nécessaire sur une console qui s’appelle 3DS. Au moins, le rythme n’est pas complétement niqué façon Collosseum, la nation est sauvée.

Ensuite, il faut bien comprendre que tout est fait pour que le jeu soit plus facile. Plus précisément, on nous montre toujours la voie pour rendre le bouzin super simple. Regardez, Tv Tropes a listé tout ça, sous « Anti Frustration Measures« . Le Multi Exp rend le machin plus simple que la simplicité même. On peut l’éviter – et je n’ai jamais eu le réflexe de le désactiver – mais cette fois c’est toute la team qui prend de l’expérience, ce qui évite ce coté « cas par cas » qui m’avait vite fait constituer une vraie équipe dans (one more time) Noir et Blanc. Mes vieux démons sont revenus et j’ai littéralement surfé ma voie vers le Maître et son thème musical super cool. Tout est plus simple… et tout est plus technique : c’est une génération qui donne encore plus ouvertement des moyens de tweaker un peu ses bestioles, via ce mini jeu un peu crétin et pas du tout gaucher-friendly. D’ailleurs, le PokéVirus vous disait-il quelque chose il y a deux mois ? Non. Moi non plus. Toute l’humanité, je pense. J’en profite d’ailleurs pour me la péter : j’ai chopé mon premier shiny sur la première route. C’était un Flabébé. Hautement symbolique, vu le scénario. Yay !
Bref, on peut la jouer cool, on peut faire du métagame, le champ des possibles est vaste. L’aventure ne pose pas souci, comme la deuxième arène de (devinez quoi ?) Noir et Blanc. CE PUTAIN DE MIRADAR ET SON REGARD DE FOU. Haaaaa.

Alors justement, transition pour parler des nouvelles bestioles et de leurs design. Dans (poum poum poum) Noir et Blanc, on avait cent nouveaux spécimens, ronds, mignons, bien foutus et avec des noms idiots. Souvenez-vous, Nanméouïe ou Toutankafair, quand même. Là on est réduits à 75 mais toujours avec de chouettes designs, si on ignore un tendance étrange à donner vie à des frigos et des porte-clés. On a évité un Pokémon Camembert. La carte – Kalos donc – est tout aussi chouette, avec de beaux bâtiments, cafés, mais surtout des arènes au design fantastique. Il y a des efforts là où on les attendait et c’est chouette. Et oui, c’est la Fronsse, donc c’est hon hon baguette baguette, château de Versailles, menhirs, usine au nord et des noms de fou du genre Rélifac-Le-Haut. Damn ! Moi qui pensait m’évader en jouant à Pokémon. Notez que dans la version anglophone, les villes ont les mêmes nom Disneyland que d’habitude. Nous, on a droit à Trifouillis-Pontoise et Kernek Le Pointu. C’est chouette… non ? Y’a cinquante cafés mais plus de casinos. Des musées partout, on peut filer des pourboires (geste considéré comme très malvenu au Japon), on défile sur les Champs-Elysées, etc. Bon. Pourquoi pas, hein, c’est rigolo.

En fait l’impression qui me gêne dans X c’est se sentiment de non pas avoir une sixième génération indépendante, mais davantage le début d’un cycle. Les références à la première génération sont trop nombreuses – au détriment de, par exemple, vous-savez-laquelle. Un Ronflex à réveiller, une fausse Sylphe SARL, tout plein de schémas qui rappellent Kanto. Quel est l’anime qui faisait office de tutorial au Japon ? Un remake de la G1. Un Pikachu dans la première forêt. Mewtwo pas planqué dans le post-game, pas de « trilogie légendaire », mais les trois piafs de la G1, encore. Vous voyez où je veux en venir. C’est un phénomène étrange. Tu vois, dans la G5 ( LA GESSINQUE ! ) tu combattais le légendaire après le conseil des quatre, et le boss final était pas le maître. C’était complétement fou.

Le Post Game est un peu « mouais ». Le bestiaire ne se débloque plus d’un coup mais il y a quelques bonnes idées : le safari Ami qui permet de piocher dans un type spécifique généré selon le code ami, par exemple. Les enquête de Beladonis sont prometteuses (il faut déclencher une série de triggers pas bien précise, attention) mais y’a pas ce sentiment de « Deuxième round » inhérent à… bref. C’est dommage mais pas la mort non plus puisque chacun aura loisir de constituer sa team parfaite et de la fignoler jusqu’à plus soif. On pourra aussi caresser ses Pokémon à des endroits inappropriés pour augmenter leur affection et débloquer des bonus passifs, du genre, « encaisser une attaque fatale pour vous ». PARCE QUE OUI. MAINTENANT, POKEMON COPIE DIGIMON ET PERSONA. C’EST PAS BIEN.

Je profite de cet instant nerderie pour justifier les emprunts à Digimon : les fans de Tamers auront reconnu la manière de faire « méga évoluer » vos bestioles, et l’intrigue gentiment patho-grave du truc est liée à un scénario archi semblable de la-franchise-d’en-face. Désolé pour ceux à qui je parle en codé. Les méga-évolutions, ça reste super anecdotique, ça permet quelques beaux designs, d’autres ratés (Tortank, sérieusement) et ça peut sauver quelques miches en combat, rien de plus. Dans ce jeu, tout le monde est obsédé par ce concept, comme si c’était crucial ou révolutionnaire. Je crois qu’à Kalos, on brûle ceux qui s’en foutent.

Et ouais, le jeu est quand même assez niais. Les dialogues sont supra-enfantins, la bande de gosses qui vous sert de rivaux est pas évidente à supporter, plus de références loufoques, beaucoup de premier degré… et la Team Flare, boudiousse, la Team Flare. Comme dirait Amo, « ils font un peu Manif Pour Tous« . Aucun objectif fixe, ils sont juste là, ils sont méchants et ils sont fabulous. C’est cool. Il paraît que dans l’autre version, le leader prend cher à la fin. J’ai pas suivi, je m’en fichais un peu et c’est dommage. Toute la période avant le légendaire où on bute les cinq mêmes Pokémon avant le légendaire pendant trois heures a de quoi rendre dingue. Le Prof. Fabulous ne sert pas à grand chose, les rivaux sont chiants, les champions d’arène n’ont plus d’existence propre en dehors de leurs… arènes zut répétition, etc. Pourquoi faire plein d’efforts sur d’autres trucs et pas là ? Je suis triste, Nintendo, triste. C’est quoi cette bizarrerie transphobe dans Phoenix Wright 5 ? C’est quoi ce bug dans Illumis ? Des microtransactions, sérieusement ? Vous devenez gagas ? Gagas. sDFsdflksmdlfsmdlfkssdfsdfsdfsgagas.

Heureusement. Et là, c’est le bonheur, c’est la joie, c’est mâââââtin, les musique sont super. C’est pas un truc que j’attends comme un fou comme dans un Paper Mario (que j’ai toujours pas fini, c’est dire le problème) mais la génération précédente se démarquait bien. TOUS les « checkpoints musicaux » sont là. La musique du rival. La musique des champions d’arène. La musique du légendaire. La musique du maître. Elles tuent toutes. Y’a même un petit gimmick. Le combat final est une crème : « c’est comme un vitrail mis en musique ». Je sais plus qui a écrit ça mais oh la la le bonheur dans les oreilles. C’est probablement ce que je vais le plus retenir de cette G6. Et comme je le disais plus haut, tout ce qui a été lancé à tel ou tel moment de la saga est aujourd’hui abouti : les modules d’échanges et de combat en lignes sont impeccables et intuitifs. Il faut juste un peu découvrir par soi même, mais après une phase de jeux qui te prennent pour un con (Galaxy 2, Mario & Luigi 3 etc etc) c’est pas plus mal.

C’est fou ces petites tendances qui se dégagent du JV en 2013. Les best-offs, les quarantenaires, les duos, les trios aussi. Et Nintendo qui se laisse un peu aller. Pokémon X et Y, lui, est excellent. En revanche, bizarrement, il me laisse pas un souvenir impérissable alors que la G5 reste mon chouchou. Suis-je hipster ? Sans doute ! C’est toujours un plaisir de parcourir un Pokémon mais celui-là m’a paru un poil en deça.

Posted in Otakeries, Vidéo-lubrique | Tagged , , , | 3 Comments