Personne ne se doute de rien

Le premier numéro de LOLJAPON est en podcast depuis quinze jours, le deuxième arrive dans neuf ! Il y a la page du podcast, la page de live et même un flux RSS et une page Itunes. Chouette, non ? On parlera de Pokémon et d’un tas d’autres trucs (l’Attaque des Titans, Garden Of Words, Diabolik Lovers, un anime qui promet d’être délicieux) alors viendez, etc.

MAIS. Nous n’allons pas parler de  mangasses pour le moment. Par contre, je vais insérer quelques screens de Kill La Kill car cet anime me fascine et il va falloir en parler intelligemment, un vrai petit défi en soi. Non, la semaine dernière a été marquée par deux grosses actu du JV en France, deux petits trucs qui méritent l’attention et c’est un peu comme une mauvaise et une bonne nouvelle. On va faire comme d’hab et commencer par la Paris Games Week.

Sans aucun rapport : du TENNIS !

Je sais même pas vraiment pourquoi. C’est comme un réflexe pavlovien. Ça fait cinq ans que je chronique pour le fun « l’évènement d’Halloween Parisien » – en référence à cette époque qui commence à s’éloigner où c’était encore le Micromania Game Show. J’y reviens toujours avec un avis plus que mitigé, je dois avoir une mémoire défaillante, ou alors c’est mon amour des rituels qui parle. Bref, le Paris Games Week, c’est le lieu idéal pour râler si on a un besoin fondamental de râler : ce n’est un salon intéressant que pour un certain type de joueur. Un panel large, certes, puisqu’il exclut seulement les « métas » – presse et industrie – qui n’y verront rien de nouveau, quand bien même c’est une bonne façon de s’amuser et de rattrapper deux trois trucs. Ça reste une vitrine pour quelques studios et indépendants français, on va y revenir, mais rien de transcendant, ce n’est pas l’E3. En revanche, c’est un évènement qui génère un minimum d’attention médiatique et qui se tape parfois un mini-scandale. C’est fou, on dirait Rock En Seine. Toujours la vitrine de Noël, certes, mais si vous arrivez à vous procurer une PS4 avant février, c’est que vous êtes franc-maçon.

Dans la « mauvaise » nouvelle, du positif tout de même puisque le malaise s’est déplacé des journalistes vers l’industrie, mais aussi les joueurs par extension. C’était il y a déjà un an, le fameux Doritosgate a soulevé pas mal de questions restées latentes dans l’année.
Késsadire ? Un Geoff K, journaliste JV, un peu « whatever » entre un kakémono Halo 4 et des Doritos/ bouteilles de Mountain Dew. Le symbole était parfait, la presse spé a un problème de connivences avec les éditeurs. A partir de là, des médias plus généralistes ont commencé à disséquer les pratiques douteuses qui émanent de certaines rédactions ou éditeurs, tout en questionnant le statut de journaliste. Un débat intéressant mais un peu confus puisque le jeu vidéo est une pratique journalistique culturelle comme une autre et pas forcément compatible avec l’imagine du journaliste généraliste intrépide. C’était, en revanche, l’occase de faire un peu d’investigation et de propulser des petits nouveaux. Bref, beaucoup de regards vers beaucoup de nombrils mais ça a soulevé des questions importantes, parce que rien ne dit que le journalisme – par exemple – musical n’est pas frappé par les mêmes réflexes. L’origine du bouzin n’a pas eu de rapport direct avec la PGW, sinon un souci de timing. Résultat, des journaleux survoltés et un évènement qu’on doit aux grands pontes d’Activision qui peut ainsi faire la promotion de son Call Of annuel. ET LA, TRANSITION !

Call Of Duty. Je ne suis pas fan. Avant de ne pas aimer le jeu, je n’aime pas ce qu’il représente. Les chiffres qu’il génère, son public, ses messages mixés. Ce n’est pas bien grave, mais les jeux en eux même ne sont pas toujours fantastiques. Call Of et Battlefield sont souvent des AAA bêtes et méchants, pas très non-américains friendly, on peut l’ignorer et jouer à des machins qui prennent ce genre de sujet bien plus intelligemment, Spec Ops : The Line en tête. Le truc c’est qu’il cristallise tout ce qu’on aime pas dans le jv et son public fait un peu de même. Sans se lancer dans un discours identitaire à la con, c’est un soft qui polarise pas mal de trucs gênants et ça va jusqu’aux jeux en eux-mêmes. Ghosts est un cran au dessous, difficile de pas se souvenir du jeu vita 2012 et de sa durée de vie amusante, bref même le « standard » n’a jamais été grande folichonnerie.

Video games haaa~

Video games haaa~

ET DONC ACTIVISION A EU LA BONNE IDÉE DE PROPOSER 500 PACKS PRESTIGES A 200 BROUZOUFS AUX 500 PREMIERS PRÉSENTS SUR LE STAND. Une idée tellement réfléchie, surtout après des gars piétinés à Milan dans l’exact même contexte. Donc voilà, deux milles gus qui attendent toute la nuit par moins trois, qui pètent un peu les plombs, qui ne donnent pas forcément le meilleur d’eux même et qui provoquent un meme forcé pas forcément super drôle. Après le bazar initial on retrouve des packs sur leboncoin et ils sortent tous du 93, les implications sont infortunées. Vous me direz, au moins, c’est pas des kits presse. Enfin bref. La démographie au PGW, c’est un sujet pas simple à aborder, surtout quand on voit tout ces Youtubeurs « accrédités » qui se baladent avec leurs parents.

Bon, y’avait quand même pas mal de trucs à essayer ou tester. Déjà, très bonne idée que ce coin enfant dans un deuxième hall, loin du sang et du monde du machin principal. On y trouvait pas mal de choses adaptées à tous : un énorme stand Skylanders (ce concept qui devient un genre à part, hmm hmm Ubi) un gros coin rétro où on peut jouer pépère et un carré consacré à l’indé Français avec, par exemple, un Tetrobot aux présentateurs enthousiastes (et qui filent des bons des réductions) et plein d’autres choses, un quiz de l’extrême dans un périphérique-kart, un FPS qui se joue avec les doigts et une air-manette (j’ai encore oublié le terme précis, damn) etc etc.

Pêle mêle, sans grand fil conducteur : Octodad est, comme prévu, débile à souhait, rigolo à jouer et à regarder mais je doute que le concept soit fun plus de quelques heures, surtout avec ces commandes volontairement oulipiennes. Le coin Nintendo – après avoir focalisé toute l’attention l’année dernière – valait encore son pesant de jeux Wii U. C’est bizarre à dire, mais y’a quelques jeux qui pourraient y sortir cette année. Tous mais pas Smash Bros, faut pas trop espérer non plus. Un autre Mario 3D bien animé mais toujours sans âme, le dixième de suite donc, un Mario Kart qui sera sûrement excellent et qui compile tous les petits mécanismes qui ont fait le succès des jeux précédents et un Bayonetta 2 incompréhensible, je ne suis pas encore de ce bord là, malheureusement. J’aimerais être intéressé par le prochain Zelda sur 3DS, mais pour une raison qui m’échappe, il me passe vraiment par dessus. Sans doute parce que je n’ai pas ce fétiche des Zelda en 2D…

La Xbox One était à la disposition de tous (du moment qu’on ne la touche pas en pleine private session) et, il faut bien l’avouer, l’objet en lui même n’est pas très sexy. Trop carré, trop rugueux, un peu massif-agressif. La manette est pas mal pensée et un Forza 5 était en démo. C’est là que je me rends compte à quel point Horizon était fun et bon esprit. Des vibrations dans les gâchettes. Des petits sticks repensés. Voilà voilà.

De l’autre coté, chez Sony, on a joué un peu à Knack. Le tout premier jeu présenté de la PS4 ! Moi de me dire « oh la la ça va être choupi et gosses-friendly façon Kameo » et je ne suis pas certain. C’est assez difficile, comme démo présentée. Sympathique, s’oublie en très peu de temps. Tout le monde a passé la soirée à nous dire que #Driveclub n’était pas bien. On va croire la doxa et attendre un peu. J’ai plus tendance à attendre The Crew mais Ubi a un petit souci avec ses deadlines ces temps ci, je ne sais pas si ça s’est vu. Et c’est déjà tout, rien eu le temps de tester en plus en une soirée.

La vie de salon : une aventure en pyjama

La vie de salon : une aventure en pyjama

Spéciale dédicace au stand Jeuxactus et Cyprien Gamin, un mystère pour les générations futures, mais aussi pour Bethesda, qui ne générait pas beaucoup d’intérêt. Namco avait une thématique clairement japoniaisante – enfin, une thématique – et un bisou au copains de BigBen et assimilés qui faisaient essayer WCR (qui est sûrement pas bon du tout mais hé c’est des copains !)

Donc ça c’était pour la « mauvaise » nouvelle. Mitigée, quoi, pas spécialement pour nous, quand bien même il y a toujours à boire et à manger. Ça n’empêche pas le salon de toujours être un moulin quand il ne le faut pas, d’être globalement sale et de cultiver les choix curieux.

La BONNE nouvelle, c’est l’apparition d’un nouveau mag JV, JV. Je crois que le titre a été choisi pour la vanne. Walou commentait ce même article l’année dernière, c’est l’un des rédacteur du-dit magazine, rédigé par des anciens de Joystick, entre autres. Je maîtrise très mal cet organigramme, mais c’est un projet des gars de Zqsd, qui a du agir comme un think tank. Sans aller dans le publi-communiqué, c’est un vrai bon premier essai qui garnit un rayon JV devenu super pauvre par la force des choses. Il rejoint donc Canard PC et le mystérieux Videogamer.

Je vous en parle parce que je suis un terrible novice de la presse papier. Je vous l’expliquait déjà dans un viiiiieil article consacré à mes archives de magazines favoris, mais je ne sais encore rien de, par exemple, la presse lifestyle. En ce qui concerne le JV, je suis toujours accro et fermé sur Edge et Games, les deux pontes de la presse UK. Les deux s’équilibrent bien et sont de beaux objets aux bonnes idées, même si s’y abonner en Europe coûte trois bras – couplé à un mag qui commence à prendre l’habitude d’arriver très tard en boîte. Avec le mou du bouclage, ça fait presque un mois de retard complet. Je m’abonne à JV avec pas mal d’enthousiasme puisque c’est une première fois depuis le défunt Nintendo Mag, à l’époque des débuts en 2002, on était petits, peu critiques mais il y avait quand même plein de belles choses dedans.

JV numéro 1 donc. Mensuel de quatre euros. 100 pages, beaucoup de pubs heureusement concentrées au début. Une tranche carrée (OUI ! :D) qui était une grosse préoccupation de la rédac (RE-OUI ! :DD) et une maquette pas trop fantasiste dont je suis pas le premier fan – beaucoup de blanc partout. Mes notions dans le domaine sont faiblissimes mais j’aime vraiment les deux magazines sus-cités pour leurs designs respectifs. D’ailleurs, JV semble sortir d’un blend entre les deux. Pas trop volontairement « funifun », beaucoup d’emphase sur l’insight, les analyses précises, mais aussi ce fétiche du rétro qui conclut Games. Cher amis, si vous me lisez, le « coming next » des deux en dernière page est un indispensable à mon goût. Peut être pas en utilisant un screenshot – quoique l’idée a toujours été charmante – mais dès que vous êtes sûr de vos deadlines, pensez-y.
De l’actu, de l’analyse, des critiques, un peu de méta, quelques focus et une petite prise de risque : une double page consacrée à d’autre produits culturels. Ca désarçonne mais c’est pas particulièrement malvenu. Par contre, la BD et « l’humour plein-pot » dans un mag, j’avoue que j’ai toujours trouvé ça bizarre, et c’est pas faute d’avoir été nourri à ce mélange à grands coups de Picsou et Kid’s Mania, comme tout le monde.

Joue à Call Of, nettoie ton lycée (encore)

Joue à Call Of, nettoie ton lycée (encore)

L’emphase est mise sur l’absence de notes. On trouve quand même un macaron « Jean Vidéo », l’Ulysse local. C’est un choix et c’est à respecter, ça permet d’articuler bien plus facilement divers avis sur un jeu. Et ça tombe bien ! Le tout premier test du mag, c’est Beyond !
Exemple de premier dossier : les clés russes bradées. Etant pas PCiste pour un sou, j’ai découvert un vrai petit phénomène, c’était traité avec précision et sérieux, c’est chouette. Du même auteur, une page sur les notes fluctuantes de Polygon, que j’avais alors dans le radar en début d’année. Ça m’a rappelé de chouette souvenir, mais bref. Le ton global ? Sympa, assez pro, gentiment familier, plus destiné à ma génération qu’à des gamins de quinze ans.
Vraiment, au delà de cette couverte assez bof, c’est une centaine de pages qui promet pas mal de belles choses. L’aventure commence, elle est casse-gueule, et essayer avec professionnalisme et cohérence, c’est déjà super honorable et ça fait une saine lecture en plus.

Bonne chance les gars !

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3 Responses to Personne ne se doute de rien

  1. Meles Badger says:

    « J’aimerais être intéressé par le prochain Zelda sur 3DS, mais pour une raison qui m’échappe, il me passe vraiment par dessus. »

    Je l’avais trouvé sympa quand je l’ai essayé à (le/la/_) Japan Expo et puis simili-remake A Link to the Past quoi 😀 Mais du coup, haha, j’ai tellement l’impression d’être le seul à l’attendre un tant soit peu en fait.

    :’D

    :'(

    • Concombre Masqué says:

      Je pense vraiment que ça marche quinze fois moins bien si tu n’as pas la « fibre nostalgique » d’A Link To The Past. Or j’ai pas mal de mal avec les épisodes en 2D, j’y trouve pas la même portée émotionnelle, va savoir. J’ai découvert le truc avec Ocarina Of Time, ca à scellé toutes les attentes ad vitam

  2. Laetitia.G says:

    Aaaah Zelda, toute ma jeunesse de quand on me confisquait les manettes quand j’avais une mauvaise note …

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