Daily Archives: 15 octobre 2013

Aww

Okaaaaaay alors les p’tits gars, avant toute chose, l’instant pub. Amo et moi allons poursuivre les choses en parallèle et en podcast. Ça s’appelle LOLJAPON, ça rejoint le pôle Radio Kawa et c’est diffusé sur Synopslive. Un « statut culturel », exactement comme pour Respawn, un dossier thématique, puis une foultitude de rubriques rigolotes : Le Seuil de Tolérance où Amo me force à regarder un anime savamment choisi pour me rendre dingue, Les deux minutes du Pitch où je lui rend la pareille et en le forçant à décrire un truc qu’il adore en deux minutes – sans qu’il sache quoi à l’avance – puis l’instant vocabulaire où on vous explique ce qu’est le netorare ou le futanari. Excitant, non ? Pour le premier numéro, le dossier est consacré à DanganRonpa et aux survival games. Après la diffusion, c’est podcasté et – gros bonus – un deuxième numéro vous attend. Le pilote, consacré au MALAISE et à WataMote. Venez nombreux, abonnez vous, partagez notre chaîne et n’hésitez pas à manger vos dents.

Bref, aujourd’hui, je voulais vous parler d’un petit phénomène que j’aurais dû évoquer il y a bien longtemps, ça n’a rien d’une actualité, mais j’ai découvert cette vidéo il y a un mois, sous la bannière du old. Elle datait du Superbowl de 2012. Voici le clip de Needing/Getting d’OK GO. Si ça ne vous dit rien, ne lisez pas la suite, prenez juste quatre minutes de votre temps pour le mater. Vous savez que j’aime les jeux de rythme, les gars qui se souviennent de « Star Guitar » des Chemical Brothers ne peuvent qu’aimer ceci. Donc voilà, aujourd’hui, mini post en mode Buzzfeed.

Je trouve cette vidéo fantastique. L’idée est formidable, puissante, rigolote, elle ne veut rien dire et tout dire à la fois. Il y a des petits moments que j’aime encore plus, le passage des barils (il y a un moment vers 2′ où ça marche particulièrement bien) le petit passage en chœur et en marche arrière, puis à peu près tout. Au départ de la vidéo, on se demande si c’est juste une pub cachée pour la Chevrolet et s’il ne vont pas bouger et juste taper en rythme un peu partout. Pis non. Des bras mécaniques, un sens du timing imprécis – et c’est là qu’est tout le charme du truc, parce que croyez le ou non, je ne sais pas si je préfère la version originale du morceau à celle-ci – les guitares… c’est chouette. Damian Kulash, le chanteur, a du faire un petit stage de cascadeur pour exécuter le truc, qui n’est évidemment pas fait en une prise. Le groupe à sorti un petit logiciel pour calculer la vitesse idéale selon les parties de la chanson, ce petit coté home-made n’enraye évidemment pas la douce folie et les moyens évidents qui émanent du truc. Autant d’instruments, il faut les thunasses et ils peuvent remercier Chevrolet qui ont été laxistes et ont laissé le groupe faire à peu près ce qu’ils veulent, sans imposer des pubs trop subliminales. Bref, tout le monde devrait être content.

Mais les fans hardcore du groupe ne sont pas trop trop contents. OK Go, c’est l’amour de la prise unique et du minimalisme, mais avant tout l’amour des clips à idées. Du pognon derrière tout ça ? Bleuaaargh. Il fallait sûrement se contenter d’un Domino Express de trente secondes.
Et donc OK GO, c’est quoi ? Un groupe américain de, disons, Power-Pop, Power-Rock, je sais pas comment classer ça, du rock tout gentil et tubesque. Je ne suis pas particulièrement fan, parce que je lui reproche – et c’est là le paradoxe de fou avec ce groupe – un manque d’idées. Je le trouve très comparable à Weezer, qui ne va pas du tout chercher la performance, qui n’est pas super ambitieux, qui cultive le simple et le minimaliste. Bref, « Meg White, le groupe ». Bon, ça c’est l’avis de chacun, mais la critique n’est pas particulièrement emballée derrière le dernier album sorti en 2010. En revanche, ils sont davantage connus pour leurs clips. C’est même devenu leur marque de fabrique, on retient plus leurs vidéos que la zique derrière. C’est pas un mal parce que le fétiche du clip est un truc lointain aujourd’hui disparu. C’EST TRISTE ! GONDRY NE PEUT PAS ÊTRE PARTOUT, VOYEZ !
Souvenez vous, en 2006, Here It Goes Again. Le tout premier morceau à jouer dans la saga Rock Band. (Guitar Hero a préféré Do What You Want) Quatre gars, des tapis roulants, une chorégraphie de l’enfer à tenir pendant trois minutes. Je sais pas combien de prises et un ramdam sur une toile d’un autre temps, où Youtube est encore un truc tout jeune. Ça créé son micro-phénomène qui s’exporte jusqu’à ici, merci Koreus, puis ça se recalme aussitôt. Il n’ont jamais eu une grosse actu en France depuis mais ils ont gardé ce concept du « clip über alles » : une grosse idée, de préférence en prise unique, un plan fixe et yadda yadda. Mon objectif du jour et que vous preniez le temps de parcourir un peu leur chaîne Youtube. On se mate deux-trois autres clips, pour l’amour des yeux et de la créativité ?

« This Too Shall Pass »

Alors oui parce qu’en plus, ils se targuent parfois de faire le truc en plusieurs clips différents. Avec des idées différentes. Je poste celle-là parce que je préfère largement cette version à la fanfare ambulante, qui, elle, est en un plan-séquence. Comment ça, ce clip aussi ? Ben non ! Ça ne se voit presque pas mais trois morceaux ont été collés ensemble pour mieux synchroniser le tout à la musique, à des points précis où ça ne se voit pas (le passage dans le noir, etc) – comment ne pas aimer ces histoires de réactions en chaîne ? Imaginez, les quatre membres qui flippent pour leur vie de ne pas voir le truc continuer et qui doivent en plus se déplacer à vitesse flash derrière la caméra pour être partout et chanter nonchalamment. C’est tourné à Los Angeles, il a fallu une soixantaine de prises, trente personnes et une heure à chaque Reset. Voilà. Un clip façon Domino Day était ce qu’il manquait à ce blog. Toute cette variété ! Cette facilité d’exécution ! J’en reste tout flabistouflé. Ce genre de truc m’hypnotise comme jamais.

WTF

Ils ont fait un clip pour la moitié des pistes de ces album qui en compte, de mémoire, seize ou dix-sept. Ok, pourquoi pas. J’ai une affection toute particulière parce que j’ai très longtemps été victime du « Windows Effect » sur mon vieux XP qui aura bientôt dix ans. Ils ont du partir de ce constat pour créer un petit logiciel qui fait la même chose volontairement : toutes les frames restent à l’image, il faut « repasser au premier plan » pour imprimer quelque chose par dessus. Le premier plan, c’est tout, puisqu’il font ça sur un fond vert. Ça marche partout, sauf sur eux, donc, bref, la vidéo parle d’elle même. A partir de là, ils trouvent tous les trucs qu’il fallait faire dans ce contexte, et comme d’habitude, la vidéo n’a aucun sens sinon d’exploiter le truc à fond. Encore une fois, en une prise, sans probablement avoir de retour sur le rendu, l’effet est impeccable. Bravo le veau.

« White Knuckles »

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus foooooort : plan unique, pas de coupes, une petite chorégraphie et un facteur aléatoire lancé et relancé dans les pattes du truc – des chiens partout. Une centaine de prises a été nécessaire pour trouver la bonne. Encore une fois, ça ne veut rien dire de rien, c’est pour le plaisir de la performance. C’est complètement infaisable en live. En tant que morceau, c’est pas génial, mais pour être « le gars relou qui veut montrer une chouette vidéo en pleine soirée », c’est parfait.

Etc etc. Quatre gars qui font peut être pas de la musique excellente ni même bonne mais qui ont des idées en tête et plein d’argent.

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