Monthly Archives: octobre 2013

Rage impuissante

Comme je ne sais combien de millions d’adulescents sur Terre, j’ai vraiment aimé GTA V. Je comprendrais qu’on puisse lui reprocher pas mal de choses mais voilà mes « deux centimes » sur le sujet. Un mois depuis sa sortie et on a pu tous le finir et se forger un avis dessus. La hype est retombée, l’emballement médiatique, très éphémère mais bien présent le jour J, n’est plus. Concrètement, j’y ai laissé une soixantaine d’heure pour boucler le 100 % et sans beaucoup aller sur GTA Online; Un peu comme Persona 4 il n’y a pas longtemps. Quelques heures de plus que Skyrim. Investissement net et divers, pas comme Diablo que je me suis retapé quatre fois pour les succès.

Cette peinture des psys est... intéressante
Bon, il y a deux postures sur GTA V. Produit de consommation ? Vrai bon jeu ? Truc violent qui rend Jéhovah triste ? Peut être un peu tout à la fois. Je vais encore taper le même pamphlet : je ne fais pas la distinction entre bon et efficace. Oui, GTA V est un quadruple A+ qui a généré moult chiffres très imprécis diffusés dans la presse. Oui, il a demandé autant de pognon qu’un blockbuster américain et oui, on sent nettement cet amas de thunasses dans cet open-world puisqu’il permet de faire à peu près tout. En revanche, on se rend compte que le 4, sorti il y a cinq piges et testé il y a trois et quelques par votre serviteur, donnait la même impression à ses débuts. Deux choses :

– Je suis intimement persuadé que GTA IV et V se distinguent « d’un degré. » Rockstar a dû se dire «bon, on va pas faire de la next-gen mais on va ajouter tout une dimension.» Je considère qu’il y a tout une profondeur supplémentaire avec le 5, sans parler de gameplay asymétrique, de plusieurs persos etc etc. Non, un vrai ravalement de façade couplé à une façon de repenser le gameplay. C’est cliché à dire mais tout ce qui a été fait jusque là a clairement servi pour concevoir le 5. C’est la marque à battre, donc. Pas étonnant avec un postulat pareil et une attente de guedins du public ! Je me souviens du premier teaser d’il y a deux ans comme si c’était hier – on voyait déjà Michael parler – et je me souviens de cette époque où on spéculait un GTA V en France. Ben non, finalement, c’est Pokémon. Wow. C’est bizarre.

Deuxièmement, le 4 paraît bien chiant et premier degré comparé à ça. C’était mon premier contact avec la saga et ça passait plutôt bien – surtout fourni des Episodes Of Liberty City – mais oui, c’était marron, sombre, parfois un peu chiant. Chez Rockstar, la puissance du soleil est visiblement proportionnelle à la dinguerie de l’univers puisqu’évoluer dans Los Santos est beaucoup plus agréable, second degré, marrant – pas toujours mais en général – et agréable. Je n’ai jamais joué à San Andreas et mon dernier contact vidéoludique avec LA, c’était avec Cole Phelps. Je rappelle que le principal intérêt de ce bac à sable est la conduite + radio. Vivre des petits moments sympas quand votre chanson préférée tombe devant un soleil couchant, y’a que ça de vrai ! Los Santos est un vrai monde persistant, avec ses petits évènements aléatoires, bien scriptés, ses passants, ses milliards de lignes de dialogue (je serais curieux de savoir dans quelle part du budget va le travail sonore) et son authenticité. Y’a pas le Convention Center mais on y retrouve plein de petits endroits emblématiques. On pourrait se limiter à la ville intra-muros mais la carte est trois fois plus grande ! Un faux désert du Mojave, un massif montagneux, quelques plages, un téléphérique, autant d’espaces variés.

Trois parties de la carte, trois environnements différents, avec leurs radios, leurs mentalités, trois identités distinctes. Prendre un hélicoptère, survoler un lac avec les Doobies Brothers en fond sonore, c’est du caviar et je ne demande que ça. Beaucoup d’entre nous ont retrouvé des sensations perdues depuis Red Dead – sans les cougars qui one-hit-killent. L’environnement est magnifique, le champ de vision super large, c’est beau, c’est mieux animé, il manque que quelques images par seconde pour que ce soit parfait. Ho, et la technologie faciale de L.A. Noire n’est pas au rendez-vous, c’est dommage. Ça bloque au niveau de Team Bondy ? Dans les faits, GTA V est un énorme environnement rempli de milliards de collectibles et de possibilités. C’est au delà de mes espérances et c’est un énorme plaisir de le parcourir. En plus, fière tradition Rockstar oblige, on le découvre logiquement et graduellement, sans limitations.

Je répétè l’idée donc : tout est « un cran au dessus ». Ça pourrait être cyclique. GTA 6 sera next-gen et peut-être qu’il sera un peu chiant.

En revanche, il est plus compliqué de parler du scénario. Je ne sais pas vraiment s’il y en a un. C’est surtout l’histoire d’une amitié très bizarre entre Michael De Santa et Trevor Phillips. Deux habitués aux casses qui en foirent un, Michael simule sa mort, on le retrouve huit ans plus tard au soleil. Les retrouvailles font quelques étincelles et millions de dollars en plus. Au milieu, Franklin Clinton, la caution « ascenseur social » du jeu, pris entre deux feux. C’est d’ailleurs lui qui va incarner votre décision finale dans le jeu. En bref, deux persos et un miroir. Yathzee disait : « juste un jeu ou trois gars font des trucs» ça tape assez juste parce que le tout manque de liant. GTA 4 avait ses arch-nemesis, la progression de Nico dans la vie de truand, etc. Dans les 5, c’est comme si les persos avaient déjà vécu leurs GTA à eux avant que l’action ne commence.
Il faut prendre ça comme « un mois un peu dingue pour trois persos un peu dingues », rien de plus. Il y a bien quelques « méchants » qu’on va tous dézinguer en même temps vers la fin mais rien de plus. C’est une approche différente, moins feuilletonnante, il n’y a rien de mal à ça. Niveau rythme, c’est à chacun de gérer l’action comme il le veut, il y a suffisamment de missions principales et annexes pour tenir entre telle ou telle activité et garder un flux de « fun » continu. Le début est un peu chiant. L’intro est intéressante mais les premières missions avec Franklin sont pas bien palpitantes. Ça va venir, sans grand gigantisme, au final, on ne fait pas grand chose de vraiment dingue dans GTA V.

L’histoire de GTA V a donc une spécificité. Trois persos, trois storylines qui se croisent, trois bons persos. Vraiment. Si on reste à cette échelle, le jeu est réussi. J’aime bien cette culture du quarantenaire désabusé en 2013, c’est une tendance si PROTO HIPSTER.

Michael est donc votre victime lambda de la midlife crisis. C’est plus ou moins le narrateur du jeu : il pourrait se résumer au récit de ses conneries dans la chaise de son psy. Rien que cette idée est séduisante. Très cinématographique. Wow such Alan Ball. Bref, je raconte n’importe quoi mais ce perso est follement attachant.
Pas trop charismatique mais attachant. Un peu blasé de tout, un peu dingue, ayant un gros problème avec la gestion de la colère. Sa (dingue de) famille se barre, tout s’écroule autour de lui, ce mec est coincé dans une spirale surréaliste. Malgré tout, il tient bon en serrant les dents et il s’accroche à ses rêves de cinéma. Quand Trevor se ramène avec une nana dans un coffre, la réaction de Michael résume tout son personnage. « Putain, pourquoi moi ? » Les persos de la saga sont souvent désabusés mais ils ne le montre pas continuellement pas comme ça. Je trouve ça rafraîchissant.
Franklin est le perso de GTA de base. J’ai pas connu CJ et je saurais pas comparer mais j’apprécie son pragmatisme. Un peu cliché dans les « yo » « homie » et autre « nigger » – puis un peu lassé par ses copain débiles. Il tombe sur les bonnes personnes et a bientôt sa belle baraque à Hollywood. Enfin, Vinewood. Franklin Clinton c’est le bon copain, la bonne poire, un mec sympa mais gentillement con et pas bien réfléchi.

Je suis #teamTrevor depuis les premiers teasers. Ce mec incarne tout ce qu’on veut voir dans un GTA. Un pur concentré de dinguerie. Vêtements dégueux, calvitie hirsute, regard de fou, ancien de l’Air Force, remercié parce que trop dingue. Un pur aligné chaotique qui provoque la majorité des rires dans le jeu. Ce n’est pas toujours amené pour la joie et la bonne humeur – dans une scène, il a un comportement psychotique qui va terriblement loin et ça n’a aucune incidence sur rien ni personne, sinon provoquer un léger malaise pour le joueur. Son introduction est plus que mémorable et il va se payer le luxe de massacrer un personnage fondamental de la saga GTA. Comme ça, nonchalamment. Voilà donc votre psycho killer de luxe. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses origines canadiennes, il n’aime pas être traité de hipster. Tout ce qui gravite autour de ce perso et soit très drôle soit très malaisant. M’enfin, vous aurez compris l’idée.

Trois persos constants et qu’on aime voir évoluer. On pourrait dire « trois persos un peu cons ». Je sais pas. Tout le monde l’est un peu. On a accusé GTA d’être misogyne ; Et bien, oui, c’est certain, puisque les nanas font partie de cet univers où tout le monde est parfaitement con ou caricatural. Une héroïne serait cool et intéressant, c’est certain. Rockstar est le premier à jouer au petit con puisqu’il s’est prouvé bulletproof via une scène de torture qui n’a pas beaucoup fait parler. Certes, elle est usée pour un élément de caractérisation (et peut être de satire mais pfiou que c’est vague dans ce contexte) mais perpétuellement pousser le joueur à faire les pires conneries pour avoir les meilleures « notes » est une constante dans GTA V. SENTIMENTS MIXES DONC.

En parlant de constante étrange, GTA V a ce fétiche bizarre des tâches chiantes et redondantes. (Notez la masse d’épithètes dans cette phrase. C’est mon péché mignon) on va vous demander, en gros, de faire un pèlerinage de huit kilomètres à pieds dans le désert, de vous taper un triathlon d’une demi heure, de récolter soixantes collectibles dans la mer à vitesse d’escargot (trente à la nage, trente en sous-marin lent comme la mort) etc. Ce qui me fait penser que Los Santos et ses environs sont en fait une île, c’est un peu bizarre mais bref, l’idée est qu’il y a tellement de trucs à faire que le jeu est parfois aussi chiant que la vraie – il y a tout une couche « activités chiantement réalistes ». Du genre, faire du yoga à deux à l’heure en bougeant les joysticks, etc. C’est quasi-oulipien. Les développeurs, en plus d’être des petits cons, voulaient manifestement qu’on les déteste. Soit.

Et « tout », c’est quoi ? Enfin pouvoir nager, aller dans les profondeurs à poil ou en sous-marin, prendre tous les véhicules possibles (un zeppelin) faire X courses, activités, cascades, sortir entre amis, aller se payer du bon temps ou du sexe, les conneries habituelles d’un GTA. On y rajoute du golf, du tennis et on a tout le champ des possibles de la « trilogie » GTA IV. L’intérêt du truc étant le démon des détails qu’ont les développeurs sur leur jeu. Ils pensent à tout, le font savoir, se la pêtent un peu. Les show télé, les dialogues, les radios, autant de mini-productions qui valent le coup. Mickael a fini son film ? On peut aller le voir au cinéma, et Dieu qu’il est pourri. Ca ne vaut pas le fameux « Antoiiine ! Antoiiine ! » de ce machin d’arts et d’essai – même si rien ne supplante les films de Red Dead Redemption. Bref, vous voyez l’idée. Les fans de la saga pourront y voir moult caméos, bien cachés ou pas. Pas mal dans un jeu où les missions principales ne sortent pas vraiment de l’ordinaire – seuls les « Inconnus et Détraquées » apportent le petit grain de dinguerie qu’on attend du jeu. Persos bien doublés, animation impeccable, inutile de s’épancher sur le sujet, il n’y avait pas de doute en amont.

Y’a-t-il des ajouts particulier dans le 5 ? Rockstar a bien pigé qu’on avait tous aimé la mission No Leaf Clover dans le précédent et les casses font désormais partie intégrante du gameplay. Les circonstances font qu’on aura toujours besoin d’argent à tel moment, il va falloir planner la mise à sac d’une banque ou d’une institution locale, le FBI, par exemple. C’est là que bouzin se la joue Ocean’s 11, vous demande une approche « subtile » ou « agressive ». On peut choisir son équipe, sa manière de procéder, le jeu fait pas mal semblant d’étaler des possibilités mais il n’y aura pas d’énormes incidences à moins de vraiment le faire exprès.
Ces petits rajouts de gameplay sont frustrants car à l’importance minime : l’expérience de votre crew est pas bien importante puisqu’ils servent tous deux fois grand maximum, les « statistiques évolutives » des personnages sont risibles… des petits éléments qui font un peu semblant. Les « super pouvoirs » des trois persos, eux, sont bien utiles. Pouvoir ralentir le temps en bagnole ou en plein gunfight façon Max Payne, ou faire rentrer Trevor dans une transe dingue qui lui fait encaisser encore plus de dégâts : cool ! Les trois personnages sont bien « articulés », d’ailleurs. Oui, ils s’équilibrent bien en termes de caractérisation, mais le liant « entre eux » est bien fichu. On en choisit un, zoom-dézoom dans tout LA, petite animation pour faire le lien (une tonne en mode aléatoire, celles de Trevor sont géniales, y’en a une où on le voit vainqueur d’un survival game sur une île ok) et hop, c’est reparti. Tout est « pensé en trio », c’est cohérent, les trois vont piquer une voiture d’une manière différente. Michael invite prestement les passages à sortir, Franklin les fout de force par terre, Trevor les cogne contre le volant. Mamma mia, les petites touches.

Enfin, j’aime bien l’idée des GTA ancrés temporellement. C’est quand même un jeu où on assassine le wanabee Mark Zuckenberg, on voit ça partout dans la ville, le métro, la télé, autant de références à ce qui a bougé depuis 2008. Ce qui compte le plus ? Les radios, bien sûr. Une tripotée, quinze, avec autant de morceaux par radios – ce qui fait beaucoup dans l’absolu mais ce qui vous ramène très vite aux mêmes titres si vous en écoutez deux trois en boucle, comme une majorité de joueurs. Edge avait fait un papier sympa pour expliquer en quoi GTA éduquait musicalement les joueurs et je ne peux qu’opiner du chef : si on retrouve une caution rock classique, pop (avec tout ces morceaux d’eurodance 90′ ! Yippee !) soul, rap, disco et même country, je ne peux qu’applaudir devant la programmation de Vinewood Radio qui s’efforce de coller à l’actualité : Wavves, Sharks ?!, Thee Oh Sees (coeur avec les mains) Fidlar et autres machins qui seraient inconnus hors scène d’origine sans ce jeu. Le tout est bien mâtiné de guest-stars qui font les DJs, de talk-shows etc etc. Un bon point indispensable et complété par un score excellent qui ajoute une ambiance toujours adaptée au contexte : la « zik de fuite », la « zik de cambriolage », la petite « zik de la bicyclette », tout ça est conçu avec talent et intelligence et sert toujours ce qui se passe à l’écran. Tout ça devrait sortir en disque dans pas longtemps et c’est dispo sur Deezer.

BREF. GTA V n’est pas vraiment une œuvre minimaliste et arty mais je serais le dernier à lui reprocher. Je me fiche de la légèreté du scénario, je suis là pour l’environnement schtarbé, les personnages et la beauté globale du truc. Enfin, j’entends par là les beaux graphismes. Ça me dérange pas d’avoir découvert San Andreas (la ville) avec ce jeu, car il pousse le jusqu’au bout-isme dans des dimensions qui font plaisir, tout simplement. C’est un bon GTA, qui mêle beaucoup de choses, de tons et qui les traite bien. Ça me suffit amplement. GTA V est un très bon jeu et son battage m’a semblé justifié.

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Aww

Okaaaaaay alors les p’tits gars, avant toute chose, l’instant pub. Amo et moi allons poursuivre les choses en parallèle et en podcast. Ça s’appelle LOLJAPON, ça rejoint le pôle Radio Kawa et c’est diffusé sur Synopslive. Un « statut culturel », exactement comme pour Respawn, un dossier thématique, puis une foultitude de rubriques rigolotes : Le Seuil de Tolérance où Amo me force à regarder un anime savamment choisi pour me rendre dingue, Les deux minutes du Pitch où je lui rend la pareille et en le forçant à décrire un truc qu’il adore en deux minutes – sans qu’il sache quoi à l’avance – puis l’instant vocabulaire où on vous explique ce qu’est le netorare ou le futanari. Excitant, non ? Pour le premier numéro, le dossier est consacré à DanganRonpa et aux survival games. Après la diffusion, c’est podcasté et – gros bonus – un deuxième numéro vous attend. Le pilote, consacré au MALAISE et à WataMote. Venez nombreux, abonnez vous, partagez notre chaîne et n’hésitez pas à manger vos dents.

Bref, aujourd’hui, je voulais vous parler d’un petit phénomène que j’aurais dû évoquer il y a bien longtemps, ça n’a rien d’une actualité, mais j’ai découvert cette vidéo il y a un mois, sous la bannière du old. Elle datait du Superbowl de 2012. Voici le clip de Needing/Getting d’OK GO. Si ça ne vous dit rien, ne lisez pas la suite, prenez juste quatre minutes de votre temps pour le mater. Vous savez que j’aime les jeux de rythme, les gars qui se souviennent de « Star Guitar » des Chemical Brothers ne peuvent qu’aimer ceci. Donc voilà, aujourd’hui, mini post en mode Buzzfeed.

Je trouve cette vidéo fantastique. L’idée est formidable, puissante, rigolote, elle ne veut rien dire et tout dire à la fois. Il y a des petits moments que j’aime encore plus, le passage des barils (il y a un moment vers 2′ où ça marche particulièrement bien) le petit passage en chœur et en marche arrière, puis à peu près tout. Au départ de la vidéo, on se demande si c’est juste une pub cachée pour la Chevrolet et s’il ne vont pas bouger et juste taper en rythme un peu partout. Pis non. Des bras mécaniques, un sens du timing imprécis – et c’est là qu’est tout le charme du truc, parce que croyez le ou non, je ne sais pas si je préfère la version originale du morceau à celle-ci – les guitares… c’est chouette. Damian Kulash, le chanteur, a du faire un petit stage de cascadeur pour exécuter le truc, qui n’est évidemment pas fait en une prise. Le groupe à sorti un petit logiciel pour calculer la vitesse idéale selon les parties de la chanson, ce petit coté home-made n’enraye évidemment pas la douce folie et les moyens évidents qui émanent du truc. Autant d’instruments, il faut les thunasses et ils peuvent remercier Chevrolet qui ont été laxistes et ont laissé le groupe faire à peu près ce qu’ils veulent, sans imposer des pubs trop subliminales. Bref, tout le monde devrait être content.

Mais les fans hardcore du groupe ne sont pas trop trop contents. OK Go, c’est l’amour de la prise unique et du minimalisme, mais avant tout l’amour des clips à idées. Du pognon derrière tout ça ? Bleuaaargh. Il fallait sûrement se contenter d’un Domino Express de trente secondes.
Et donc OK GO, c’est quoi ? Un groupe américain de, disons, Power-Pop, Power-Rock, je sais pas comment classer ça, du rock tout gentil et tubesque. Je ne suis pas particulièrement fan, parce que je lui reproche – et c’est là le paradoxe de fou avec ce groupe – un manque d’idées. Je le trouve très comparable à Weezer, qui ne va pas du tout chercher la performance, qui n’est pas super ambitieux, qui cultive le simple et le minimaliste. Bref, « Meg White, le groupe ». Bon, ça c’est l’avis de chacun, mais la critique n’est pas particulièrement emballée derrière le dernier album sorti en 2010. En revanche, ils sont davantage connus pour leurs clips. C’est même devenu leur marque de fabrique, on retient plus leurs vidéos que la zique derrière. C’est pas un mal parce que le fétiche du clip est un truc lointain aujourd’hui disparu. C’EST TRISTE ! GONDRY NE PEUT PAS ÊTRE PARTOUT, VOYEZ !
Souvenez vous, en 2006, Here It Goes Again. Le tout premier morceau à jouer dans la saga Rock Band. (Guitar Hero a préféré Do What You Want) Quatre gars, des tapis roulants, une chorégraphie de l’enfer à tenir pendant trois minutes. Je sais pas combien de prises et un ramdam sur une toile d’un autre temps, où Youtube est encore un truc tout jeune. Ça créé son micro-phénomène qui s’exporte jusqu’à ici, merci Koreus, puis ça se recalme aussitôt. Il n’ont jamais eu une grosse actu en France depuis mais ils ont gardé ce concept du « clip über alles » : une grosse idée, de préférence en prise unique, un plan fixe et yadda yadda. Mon objectif du jour et que vous preniez le temps de parcourir un peu leur chaîne Youtube. On se mate deux-trois autres clips, pour l’amour des yeux et de la créativité ?

« This Too Shall Pass »

Alors oui parce qu’en plus, ils se targuent parfois de faire le truc en plusieurs clips différents. Avec des idées différentes. Je poste celle-là parce que je préfère largement cette version à la fanfare ambulante, qui, elle, est en un plan-séquence. Comment ça, ce clip aussi ? Ben non ! Ça ne se voit presque pas mais trois morceaux ont été collés ensemble pour mieux synchroniser le tout à la musique, à des points précis où ça ne se voit pas (le passage dans le noir, etc) – comment ne pas aimer ces histoires de réactions en chaîne ? Imaginez, les quatre membres qui flippent pour leur vie de ne pas voir le truc continuer et qui doivent en plus se déplacer à vitesse flash derrière la caméra pour être partout et chanter nonchalamment. C’est tourné à Los Angeles, il a fallu une soixantaine de prises, trente personnes et une heure à chaque Reset. Voilà. Un clip façon Domino Day était ce qu’il manquait à ce blog. Toute cette variété ! Cette facilité d’exécution ! J’en reste tout flabistouflé. Ce genre de truc m’hypnotise comme jamais.

WTF

Ils ont fait un clip pour la moitié des pistes de ces album qui en compte, de mémoire, seize ou dix-sept. Ok, pourquoi pas. J’ai une affection toute particulière parce que j’ai très longtemps été victime du « Windows Effect » sur mon vieux XP qui aura bientôt dix ans. Ils ont du partir de ce constat pour créer un petit logiciel qui fait la même chose volontairement : toutes les frames restent à l’image, il faut « repasser au premier plan » pour imprimer quelque chose par dessus. Le premier plan, c’est tout, puisqu’il font ça sur un fond vert. Ça marche partout, sauf sur eux, donc, bref, la vidéo parle d’elle même. A partir de là, ils trouvent tous les trucs qu’il fallait faire dans ce contexte, et comme d’habitude, la vidéo n’a aucun sens sinon d’exploiter le truc à fond. Encore une fois, en une prise, sans probablement avoir de retour sur le rendu, l’effet est impeccable. Bravo le veau.

« White Knuckles »

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus foooooort : plan unique, pas de coupes, une petite chorégraphie et un facteur aléatoire lancé et relancé dans les pattes du truc – des chiens partout. Une centaine de prises a été nécessaire pour trouver la bonne. Encore une fois, ça ne veut rien dire de rien, c’est pour le plaisir de la performance. C’est complètement infaisable en live. En tant que morceau, c’est pas génial, mais pour être « le gars relou qui veut montrer une chouette vidéo en pleine soirée », c’est parfait.

Etc etc. Quatre gars qui font peut être pas de la musique excellente ni même bonne mais qui ont des idées en tête et plein d’argent.

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Un peu de bon temps

OUPS. J’ai été pris en flagrant délit de manque de temps. Septembre aurait pu être un mois de rattrapages, il y a eu aussi quelques petits trucs en plus comme, disons, GTA V (un assez gros bouffe-temps) Breaking Bad, Papers Please il y a un mois, etc. Peut-être plus tard. Là, j’ai l’impression de mettre ce blog en soins palliatifs. J’ai tout de même eu envie de vous parler brièvement de The World’s End.
Même si j’ai envie d’en écrire des tonnes sur Breaking Bad. Pour l’instant, je me contenterais de dire que c’est une dernière saison très cruelle, cohérente et vraiment sympa en termes de caractérisation. Il se passe ce qu’il doit se passer à chaque fois et, bizarrement, ça sonne aussi inhabituel qui bien.

Il n’est peut être pas malin de lire des tas et des tas de pavés analytiques sur le sujet avant de voir le film – et il devrait être assez difficile de le voir au cinoche de nos jours. Il sortira en boîte pour Noël et c’est typiquement un film qu’il faut voir à l’aveugle, je l’ai fait et je ne regrette pas. Vraiment vierge de toute impression est un état d’esprit idéal pour voir ce truc qui aime sauter une armée de requins et changer le genre de son film en cours de route, comme ça, nonchalamment. Pourquoi celui-là ? Sans chercher un public niché, je pense qu’il peut davantage nous atteindre, nous les giks, parce qu’il invoque quelques codes qui traînent ici et sont généralement bien vus et parce qu’il est fait par des gens qui ont les mêmes passions, de toute évidence. C’est un peu général comme phrase, donc justifions.

Ça parle d’alcool et on y boit beaucoup. C’est un mécanisme narratif mais ça parle quand même d’alcool. Et mon rapport à l’alcool est super simple : il est nécessaire pour réseauter, mais je ne le tiens pas. Essayez chez vous, faites boire votre Concombre, il roule sous la table au troisième verre. Au quatrième, il décède, parce qu’il est à jeun et pèse trente kilos. D’ailleurs, le premier titre localisé en français du film était Le Dernier Bar Avant La Fin Du Monde, ce qui nous faisait hurler ; En tant que promotion un peu honteuse au bar qui pourrait te facturer l’oxygène ambiant. Tout va bien, c’est devenu le Dernier Pub, c’est quand même bien plus englishe.
En outre, c’est un film qui part d’une idée esthétique irrésistible : plus tu picoles, plus le monde autour de toi se désagrège. C’est quand même super séduisant.

Ce film fait partie de la « trilogie Cornetto ». C’est vrai, ça m’était sorti de la tête, mais ça rentre effectivement dans ce carcan – trois films n’ayant rien à voir mais fait par les mêmes gars. Edgar Wright à la réalisation (Scott Pilgrim VS The World, amour infini, ce simple critère est déterminant à lui tout seul) Simon Pegg (Benji Dunn dans Mission Impossible) et Nick Frost devant la caméra. Pourquoi la « trilogie Cornetto » ? Parce que la force des choses fait qu’un petit bout de papier de la même marque, ou les glaces, bref des Cornettos, font toujours un caméo dans les films – à savoir Shaun Of The Dead et Hut Fuzz. Dans ces trois films, Pegg se casse toujours la gueule en voulant poser et sauter une barrière. Dans les deux premiers, on parle de Pegg qui y incarne un personnage posé dans un univers tout à fait rationnel et réaliste, jusqu’à ce que quelque chose déconne et qu’on aille de plus en plus loin dans les strates de la dinguerie.
Par exemple, le premier est une zombie apocalypse, il faut donc en tirer les conclusions qui s’impose pour Le Dernier Pub. Enfin, les trois cultivent le postulat de la petite bourgade anglaise et du vocabulaire jolly. C’est 100% British et c’est très bien. Mixé à des genres de SF où à des pistes du même tonneau, fait par un gars dont le bon goût a été prouvé, c’est cool. Autant le dire tout de suite, le titre est effectivement un spoiler et le film YOLOTE suffisamment pour se transformer en post-apo dans les cinq dernières minutes. C’est osé, probablement un peu crétin, ça donne un plan final raté, je ne suis pas fan mais il y a surement pas mal de gens pour apprécier. Bref, un film pour des jiks, par des jiks, joie et bonne humeur.

Y'a aussi ce sacré connard de Walder Frey

Y’a aussi ce sacré connard de Walder Frey

Enfin, c’est un film sur un adulte qui ne veut pas grandir. Vous me direz que c’est pas nouveau mais quand on a 20+ ans, c’est toujours un sujet qui nous touche. A ce petit jeu, Simon Pegg est démentiel, voire touchant. C’est d’autant plus dommage que le machin commence un peu in medias res et n’apporte pas énormément de développements. Je ne trouve pas ça important dans le contexte. Deux visions m’ont suffi pour apprendre le film par cœur et pour noter que tous les éléments indispensables sont distillés à un moment ou un autre. En bref, c’est maîtrisé.

Tout ces paramètres font du Dernier Pub un film à voir. Les étudiants en cinéma, les connoisseurs et les cinéphiles y verront surement un film gentiment moyen, tendance sympa, un peu brouillon, mais je reste persuadé qu’il rentre dans un catalogue de films à culture geek HA JE SAIS CE MOT MAIS VOUS M’AUREZ COMPRIIIIIIS.

De quoi on y parle, d’ailleurs ? Cinq amis d’enfance retentent le barathon avorté un peu trop tôt, vingt piges auparavant – pas loin du jour de ma naissance, preuve que ça n’a rien de générationnel – dans la petite bourgade de Newhaven. The First Post, The Old Familiar, The Famous Cock, The Cross Hands, The Good Companions, The Trusty Servant, The Two-Headed Dog, The Mermaid, The Beehive, The King’s Head, The Hole In The Wall et The World’s End, autant de checkpoints où on aura droit à des gros plans chelous à base de verres qui se remplissent et oui, j’ai une mémoire terriblement sélective. Ce barathon va effectivement avoir lieu, devenir de plus en plus barré et c’est l’occasion de refaire un peu de numérologie, d’insérer des chiffres plus ou moins bien planqués dans les divers pubs pour distiller un peu la progression du truc, et aussi aider un petit culte autour de ce film car ouaip, c’est comme ça qu’on fait. Gary, Ollie, Andy, Peter et Steven se réunissent après vingt ans de vide – surtout emmenés par Gary, grand crétin irresponsable impossible à contredire. Quelque chose bascule et le film démarre enfin.

Ça commence comme un buddy movie sympatique, bien rythmé mais sans saveur particulière, avec quelques runnings gags pas bien brillants et une écriture sympa mais pas extraordinaire. Il y a des petites trouvailles visuelles mais qui n’égalent en rien le peps de Scott Pilgrim. Bon, ce n’est pas une adaptation, on ne peut pas tout inventer. J’ai donc eu un fantastique « gasp » de surprise à la vue de cette tête de robot qui décolle de ses épaules, à l’issue d’une scène de baston pas mal foutue. Au pub 4, paf, ça devient soudainement un film sur une invasion extraterrestre. Au final, après des zombies et un culte secret, ça ne pouvait qu’arriver. On se retrouve donc dans le « syndrome South Park » où les cinq personnages sont les seuls normaux dans un monde de dingues, ou plutôt de « machins ». Je sais pas comment appeler ça. Une beer apocalypse ? C’est marrant, ça sonne pas mal. On va la garder. L’expression.

Glou glouDonc j’imagine aisément que toutes les discussions autour de ce film sont à propos de ces différents sauts de genre. J’pense pas que ce soit confus. C’est juste une manière de faire. Un peu gonzo, un peu sans conséquences (et pourtant, dans la diégèse…) mais nécessaire. Ce film avait l’aura d’une truc un peu dingue et on ne peut pas surfer sur les codes visuels du post apocalyptique sans retombées. Il faut juste pas être fatigué devant puisqu’il accuse de deux trois longueurs et je connais des gens qui se sont endormis en cours de route. Trois quart d’heure de « tout va bien tout est normal » et une quinze de « yolo tout se barre en cacahuète mais il faut quand même le finir ce truc ».

Puis, Gary King. Il est irrésistible. En début d’année, j’avais pas mal aimé Hapiness Therapy (ce tiiiitre) parce que Bradley Cooper y est tellement, tellement impec’ en mec qui ne maîtrise rien autour de lui, à l’inverse de ses autres rôles plutôt flegmatiques. Gary King est un personnage flippé, un peu psycho, pas super bien dans sa tête mais toujours très positif. J’en ai connu des comme ça, j’en connais aussi et je suis sûr que vous en avez dans votre entourage. Ça apporte une dimension d’anti-héros pas encore tout à fait explorée et on sent que Pegg est à fond dans le truc. Bon, c’est aussi une question de caractérisation – le caractère insupportable de Gary est précisément ce qui va déclencher la-dite fin du monde, mais il y a du charisme dans cet éternel looser déchu. Les autres font un peu plantes vertes à coté, excepté de Nick Frost, toujours là pour assurer la bromance indispensable. C’est dommage mais encore une fois, les deux persos les moins développés se font broyer en engrais, alors à quoi bon ? Inutile de donner une tonalité grave gratuite au truc.
Et puis, hé, ça se termine sur une note bizarre, mais positive. C’EST PAS MELANCHOLIA QUOI.
Ha, et y’a Martin Freeman. (*Cris de fangirls*) Mais il meurt dans d’atroces souffrances.
Mine de rien, c’est aussi une petite réflexion sur « la connard way-of-life » et l’alcool en général. Le truc autour de la « ville un peu pérave » qui ne change pas a également son petit charme, mais ça reste dans la continuité des deux autres.

Quels sont les petits machins qui font la plus-value de ce film ? La BO. Oh que oui. C’est pas bien dur ni recherché, mais à l’inverse d’autres films dont la bande son est juste là pour faire « youpi je suis dans l’actualité » à la Kick Ass (damn, ce que le 2 est con) y’a une vraie cohérence d’ensemble parce que c’est beaucoup de Britpop. Ou pratiquement que ça. Le film commence sur cette petite tournerie rigolote de Mark Summer, y’a There’s No Other Way de Blur, mais aussi du Pulp, Suede, tout le film tourne autour du monologue d’intro d’une chanson de Primal Scream… et y’a une fantastique séquence autour d’Alabama Song des Doors. « Show me, the way, to the next, whisky baaaar~ » ha bah oui, forcément. Un petit moment d’angoisse collective très marrant et gentillement chorégraphié. Donc voilà, peut être l’occase de découvrir une ou deux pistes sympa.
Je note aussi le caméo de Pierce Brosnan qui vieillit, hé oui. Il est passé de « James Bond » à « méchant d’un James Bond » et c’est une peu le malaise en y repensant. Enfin bref, il a un rôle bien marrant et ça s’inscrit dans la continuité d’Hot Fuzz où on pouvait voir… Timothy Dalton !

 Pour résumer, je dirais qu’un vague buddy movie qui fétichise les pubs anglais, qui plonge à deux mains dans la SF gratuite et qui fait l’apologie des grands crétins ne se refuse pas. Même si on est #TeamGrenadine. Dites vous bien que si ce film ne virait pas de bord aussi franchement en son milieu – d’une part il ne ferait pas partie de cette fameuse trilogie, mais il serait resté un film comique gentil mais pas mémorable. Ce sont ces prises de risques, habituelles chez Wright, qui font que je parle de ce film aujourd’hui.

PS : D’ailleurs, le saviez vous ? Le Monaco et le Perroquet Bleu ont beau être mes boissons trademarks, j’adore aussi la Vodka Orange et les Tequila Sunrise. Mais bon, j’avoue, tout ça est très sucré, je suis une lopette.

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