Monthly Archives: septembre 2013

moe.

Non, désolé, c’était un piège. C’est un groupe sympa de jam, comme Phish ou Widespread Panic. Attendez, on va articuler ça avec quelque chose de plus cohérent.

Je suis dans une position un peu gênante. Plus tôt dans l’année, je commençais à faire ma précieuse en disant des trucs approchant les « Non, mais vous comprenez, ma période otake est derrière moi, j’ai grandi maintenant ».
PUIS PAS DE BOL, CETTE SAISON D’ANIME EST VACHEMENT BIEN. Pire, WataMote est même mon petit favori du lot – série qui, je le rappelle, n’est pas une ode à l’animal social. L’anime est vraiment drôle, bien fichu et apporte une plus-value certaine. DanGanRonpa est pas mal aussi même si les derniers épisodes partent un peu en vrille… et je ne doute pas de la qualité de l’attaque des Titans que je finirais par mater presto. Y’en a pour tous les goûts, du sérieux, du moins sérieux et Bonne Nuit PunPun est toujours là pour distiller un peu de malaise de temps en temps alors tout va bien. Je regarde tout ça en me disant qu’au final, il faut juste bien dissocier œuvres et fandom.

Sentarô : un sacré douche !!!! Ha ha !!!!

Sentarô : un sacré douche !!!! Ha ha !!!!

Je ne peux pas vivre sans mes petites manies et j’en ai une un peu plus chouette que les autres : faire un anime en fil rouge pour mon mois d’Aout. Après quelques années à me taper l’univers Hinamizawa, après le mastodonte Evangelion – et bientôt les films, joie et bonne humeur – j’ai rattrapé un petit phénomène récent en matant Kids On The Slope, vendu une quarantaine d’euros à la Japan. C’est mimi tout plein et ça mérite un peu d’attention alors poum poum CRITIQUE.

Vous en conviendrez, Cowboy Bebop est la meilleure série du monde, c’est prouvé***. Une collaboration entre S. Watanabe et Yoko Kanno, plagiats musicaux ou pas. Kids On The Slope (ou Sakamichi No Apollon) est le retour de ce duo dans un registre vraiment, vraiment différent. Est-ce que c’est mieux ? Non. Est-ce que c’est aussi bien ? Non ! Clairement pas, mais KoTS – l’anime – est largement mieux que KoTS – le manga. Je ne sais plus qui a été adapté de l’autre, mais le manga est de trop et la raison est simple – un manga musical sans musique… toi même tu sais.

Kids On The Slope commence dans une salle de classe, comme 98% des japoniaiseries. Et comme 97% des japoniaiseries, elle commence avec un transfert student et ow shit comme un air de déjà vu. Plot twist cependant, tout ça se passe en plein milieu des années 60. Avant de creuser le synopsis, il faut donc préciser deux contextes bien distincts liés à cette époque – historique, car c’est bien sûr une période éminemment connotée – souvenez vous, La Colline Aux Coquelicots – quand on essayait de rester éveillé devant le film – des pères marins, donc des pères absents, on retrouve la même chose ici. Ce qui nous intéresse aussi c’est le contexte musical – c’est en plein dans l’ère des Beatles qui ne vont pas tarder à débarquer au Budokan. Un potentiel infini pas franchement exploité parce que non, les Beatles ont une faible importance dans Kids On The Slope. Non, Kids On The Slope n’est pas une anime sur les Beatles. Kids On The Slope est un anime sur LE JAZZ. Et là, immédiatement, je pense « Jazz on my pants » mais c’est un piètre jeu de mots. Heureusement, grâce à la puissance de la prétérition, je peux quand même l’écrire. Bref.

Kaoru est donc un nouvel élève dans la classe du lycée X de la ville Y. Une ville japonaise avec plein d’étudiants en uniforme qui gravissent une forte pente pour aller au lycée. Un plot déjà palpitant mais soudain !! Il s’avère que le jeune homme est si balloté d’écoles en écoles qu’il développe une sorte de phobie scolaro-sociale qui le fait avoir une crise d’angoisse au premier stimulis. Un petit souci fort fâcheux qui va finir par le faire rencontrer Sentarô, un camarade de classe au caractère opposé. Le premier est un gringalet, le second une brute, le premier est un gosse de riches, l’autre sort d’un milieu bien moins aisé et doit s’occuper de ses quinze petits frères et soeurs, etc. Ce qui devait arriver arriva : passés deux quiproquos et demi, ils deviennent meilleurs zamis du monde. Ce qui les lie ? Le JIZZ. Heu, le JAZZ.

On s'touche beaucoup dans Kids On The Slope

On s’touche beaucoup dans Kids On The Slope

Sentarô a pour habitude de traîner dans la cave d’un magasin de vinyles – et Sentarô est batteur. De jazz. Kaoru est pianiste. Ils vont jammer ensemble et cultiver un vrai petit tranche de vie dont l’intégralité des storylines se résume à l’intro de « Love Sucks », des J. Geils Band : « Il l’aime, elle l’aime, il en aime encore un autre, tu ne peux pas gagner ».

Kids On The Slope est donc un univers strictement crédible, rationnel, 100% sans fantastique et qui pourrait tout à fait être une histoire vraie sur une jeunesse qui se cherche un peu, pour les critères des années 60. C’est comme un Sofia Coppola mais en réaliste – à dix ans près, la tranche de vie de nos parents, si vous préférez. Avec des enjeux des années 60 – je préfère préciser qu’il n’y a pas de smartphones, de magicals girls mais bien des gens qui vont en vacances en allant se baigner vers la plage du coin, qui ont des soucis davantages philosophiques que matériels etc etc. Loin de vouloir me positionner en grand yaka mais c’est un fait, c’est un monde un poil différent.

Je ne le vous recommanderais pas si il n’y avait pas quelques petits trucs qui font la différence. C’est le JIZZ, bien sûr, qui fait tout ça. L’opening résume bien l’idée, malgré sa petite voix crispante pour les oreilles sensibles – des mélodies, de la mélancolie, des gens qui bougent bien, de la synesthésie partout, oh la la. Si vous aimez cet opening (pourtant pas vraiment jazzifiant), son esprit faussement précieux et son swing, vous aimerez l’anime derrière. Les trucs qui, qualitativement, culminent dans cet anime, ce sont ces quelques petites sessions de jams entre potes. C’est Yoko Kanno au clavier, mais quand Kaoru se lance et rejoint le truc, il y a un petit truc qui fait « tilt » dans le cerveau et qui fait qu’on apprécie vachement ce qu’on entend et ce qu’il se passe. Bref, on est dans le jam.  Ce machin – en plus de proposer beaucoup de bonne musique, un peu hors du temps pour nous jeunes fans de twerk mais hé, c’est du jizz – et tout ça paraît délicieusement authentique.

Je m’étais fendu d’une critique subtilement assassine dans le JdJ pour le manga car il ne racontait que dalle, en ouvrant sur le fait que peut être, ô peut être, ce postulat super cliché allait aboutir à quelque chose après les deux premiers tomes. Oui, c’est le cas, merci tout le monde ! La focale s’ouvre très vite et confirme que le bordel amoureux peut atteindre un bordel dodécahédrique. Spoiler : dans cet anime, la réciprocité est un vague concept. Mais comme dans la vraie vie, ces jeunes gens se désirent et se touchent sans trop savoir ce qu’il font, c’est mignon. Parfois gênant. Toujours réaliste.
Parfois, on abandonne même un peu nos deux personnages principaux et leur copine, Ritsuko, évidemment prétexte à un terrible triangle amoureux comme précisé plus haut ; pour découvrir d’autres persos avec d’autres petits bobos d’amour. Puis il y a ce couillon un peu opportuniste obsédé par la gloire et les Beatles. Puis il y a ce mec un peu baroudeur qui fait de la trompette qui vient rejoindre ce groupe… puis cette nana très longiligne pour qui il jette son dévolu mais qui ne semble pas la remarquer, puis il y a cet américain un peu trop bourré qui hurle n’importe quoi en plein concert (pour contextualiser un peu le truc historiquement, de temps en temps, quand même) etc etc. Il n’y a pas de storylines très précises, je suppose qu’il y a eu des coupes par rapport au manga, tout ça évolue gentiment vers un ending un peu foutraque qui révèle que, horreur ! Kids On The Slope est en fait l’introduction de Monster. Gênant gênant.

« Hey Bon ! Si tu arrives à lever Ritsuko, je veux bien devenir prêtre »

Bref, avant d’arriver à ces derniers plans qui font lever quelques sourcils – pas à un niveau Weedsien mais quand même – le suc de l’anime consiste pas mal à voir ces personnages évoluer. Nos deux compères sont très complémentaires et ont une amitié qui feront fujoshé comme une intrigue n’a jamais fait fujosher. D’ailleurs, en lisant le manga, je me demandais s’il allait oser aborder l’homosexualité un peu. Comme vous le savez peut être, la vision du Japon sur le sujet y est assez différente, alors dans les années 60, c’était une piste intéressante. Spoiler : il n’en est rien. Le premier va se détendre un peu et oublier sa connasse de tante, le deuxième va apprendre à se canaliser et à s’ouvrir un peu plus. Les deux personnages ont pas mal de choses en commun, ont un abandon familial à leur palmarès et ces profondeurs vont les rapprocher. Généralement, dans cet anime, tout se règle avec la musique. Les amitiés, les frustrations, les baffes qui se perdent, on résout ça en jammant. C’est chouette, non ?

Donc voilà, c’est vraiment une question de portrait, voyez ça comme une capsule temporelle. On y voit des tons sépias partout, pas le moindre flashy, une ville un peu éloignée de tout (mais quand même super grande et pas trop trop loin de Tokyo en train, as usual) et justement, le coup d’œil qu’on peut jeter à la capital semble assez sombre, oppressant, pas familier. Les références musicales sont pas nombreuses nombreuses – c’est une période où le jazz est quand même assez désuet – mais ce rapport très compliqué qu’entretient le pays avec les USA est bien rendu. Le tout baigne dans un esprit assez relaxant et posé, avec des titres d’épisodes toujours coolissimes.

Bref, c’est un anime assez cool, rafraîchissant, pas génial mais qui a toutes les qualités nécessaires pour capter votre attention – quand il veut décrire un truc, il ne va pas se perdre en chemin, n’est-pas monsieur Goro. Kids On The Slope est fait par les bons gars, a reçu tous les prix du grand chelem des bons animes et a contribué à faire de la case noitaminA un vrai petit rendez vous déjà légitimé il y a fort longtemps. C’est du jizz. Et sans jizz, pas de free jizz, pas de math rock, il ne reste PLUS RIEN.

Et vraiment, laissez tombez le manga, allez directement par la case anime. Les douze épisodes sont disponibles légalement sur Dailymotion et là on dit MERCI LA FRANCE, MERCI LE JIZZ.

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Ici et maintenant

Je vais me faire older, mais tant pis.

Je vous épargne les 4593459 screens que j’ai pris du jeu, voici des extraits du comic d’Hiimdaisy

On va faire comme ça : je vais juste publier moins. Arrêter de m’imposer un rythme et publier de temps en temps sur un sujet qui en vaudra vraiment la peine. Idéalement, stopper ce rythme zinzin d’un tous la trois jours, si j’arrive à avoir la discipline de ne plus en avoir une. Ok ? Ok. Là, immédiatement, tout de suite prestement hic et nunc je dois faire un post sur Persona 4. Ce jeu est fascinant, il est super complexe, pas franchement connu car légèrement niché, il pourrait faire l’objet d’un pilote de podcast que j’enregistre bientôt avec Amo (Conditionnel conditionnel nudge nudge) bref, mon petit jeu de l’été et, potentiellement, mon GOTY. Oui, il m’a légèrement plus marqué que Bioshock Infinite car ce dernier a une durée de vie qui est six à sept fois moindre ! Persona 4 est comme un bouquin de vacances – une intrigue épaisse qu’on parcourt deux heures par jour, un mois durant. Un scénario super fat qui se mange comme un visual novel. Ça tombe bien, c’est un jeu dont le rapport gameplay/narration est particulièrement intéressant, mais prenons les choses du début.

Pour faire simple, Persona 4 est « le dernier bon jeu de la Playstation 2 ». Pour faire un peu moins simple, Persona 4 est aussi un JRPG – donc un RPG au tour par tour avec santé et mana, issu de la série Shin Megami Tensei. Les rapports entre les deux noms me sont très flous, mais le jeu en lui même succède à Persona 3, soft similaire mais un peu plus sombre – on y invoque des monstres en se tirant une balle dans la tempe, ce que je trouve super edgy, yeah baby. Pour faire exhaustif, Persona 4 est un excellent jeu d’Atlus, cf. Catherine, qui a vu une refonte en février 2013 nommée Persona 4 Golden pour Vita. Un remake aux graphismes légèrement plus fins mais toujours très agréables quand on, comme moi, est habitué à très peu – et à l’ajout conséquent de contenu. Il y a une vraie plus-value entre les deux versions et son coté portable est salvateur quand on est pas en vacances, parce que ce jeu est foutrement complexe, tout en étant simple dans un sens. Je suis très content d’y avoir joué et d’avoir aimé le truc – j’avais déjà acheté nombre de goodies avant même de connaître l’univers et je viens de recevoir Persona 4 Arena, mon premier jeu de baston depuis Marvel Versus Capcom, c’est dire. Je vais donc, probablement pour la première et dernière fois, tenter de vous vendre un jeu Vita.

Ce jeu est un mix improbable entre Hinamizawa, Digimon et Heavy Rain, pour l’ambiance rurale, le POUVOIR DE L’AMITIÉ qui invoque et fait évoluer des monstres et une emphase scénaristique sur le temps qu’il fait. Persona 4 c’est beaucoup de choses, dont une identité visuelle très marquée, visiblement beaucoup plus positive que son prédécesseur – avec beaucoup de jaune et un générique aussi cool que pop. Comme 98% des japoniaiseries, ce jeu commence dans une salle de classe de lycée. Et comme 97% des japoniaiseries, le protagoniste y est un « transfer student » qui doit s’accommoder à un nouveau milieu. Parents à l’étranger, expédié chez son oncle – et père discutable – pour un an. L’année scolaire pourrait se passer comme n’importe quelle année scolaire mais une rumeur commence à se répandre dans la classe et ses environs : les jours de pluie, à minuit, on voit notre âme sœur sur le poste qui s’allume tout seul. Gênant. Une série de meurtres s’amorce et des cadavres pendus aux poteaux électriques commencent à apparaître. Le héros découvre qu’il peut entrer dans la télé et parcourir tout un monde alternatif où on bute des monstres pour y sauver les « prochaines victimes ». Parce que ouaip, tout est lié, les phases d’action du jeu consistent à parcourir des donjons générés au hasard mais toujours bien raccords à la personnalité de la personne captive en question. Bref, tout un mystère va commencer à se mettre en place et vous allez constituer un party de huit personnages pour débusquer le méchant derrière le méchant derrière le méchant derrière le faux méchant derrière le copycat du faux méchant. LE CASTING !

Yu est le héros du jeu. On l’appelle Nom + Prénom, à votre convenance. J’ai joué le jeu et donné mon exact patronyme mais vous pouvez vous faire appeler Patriarcat-kun pendant tout le truc si ça vous amuse. A un incroyable pouvoir de magnétisation avec les gens et les filles en général, peut romancer sept nanas en même temps sans la moindre remontrance. Pour un jeu où le transfert est certainement une intention, je doute que ce soit une bonne idée. Yosuke (ou Brosuke) est votre meilleur futur copain. Sa première scène d’introduction est dans une poubelle. Est assez étonnant en termes de gender politics. Est soit un hilarant petit ressort comique, soit un mec assez lourd qui ne sait pas s’arrêter. Chie et Yukiko sont les deux copines « de base », la première est un tomboy obsédé par les steaks et le karaté, la deuxième veut au contraire incarner la féminité et l’élégance. Rigole tout le temps à des moments bizarres. Kanji est la brute locale qui n’arrête pas de faire des bras d’honneur en « victory pose », est doublé par le même gars que Booker DeWitt ou la voix masculine 1 du personnage de Saints Row. Il ne faut pas lui dire « qu’il est bizarre ». N’a presque pas de SP, mais a plein de santé et tape très fort.

83c6082680144cb04860a45a41f070bd-1Rise est une idole qui décide de prendre des vacances à Inaba – c’est le nom de votre petit patelin – et vous allez l’entendre, beaucoup, tout le temps, dire des évidences, beaucoup d’évidences. Teddie est un ours en peluche vivant d’un mètre soixante. Je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler, mais c’est une adorable mascotte qui réserve bien des surprises. Enfin, Naoto est un reverse trap dont je suis secrètement amoureux (le spoiler le moins bien caché de tout les temps après la mort de Jésus dans la Passion du Christ) qui a de légers soucis d’identité mais qui a un sacré beau béret alors ça va. Vous aurez donc constaté que tout ce beau monde a des petits tracas et ils vont quasiment tous se faire aspirer par la télé. Votre but ? Entrer dans un monde virtuel pour déclencher un monstre qui se nourrit de vos vertus. Hé oui, c’est vraiment comme Digimon…en un poil plus mature.

Revenons sur le gameplay. C’est du Atlus, donc très très axé scénario et assez peu substanciel en termes de jeu brut. Le truc c’est que Persona 4 masque très bien cette pauvreté et le compense par son énooooorme scénario. En fait, avec Persona 3, Atlus était un peu marié avec un concept – angsty drama d’écolier le jour, combattre des monstres et être pourchassé par des culs la nuit – mais là il faut souligner deux notions inhabituelles et fondamentales du jeu. La première, c’est que – hourra ! C’est un jeu à routine. Vous allez suivre toute une année scolaire, jour par jour. On ne se tape peut être pas l’intégralité des cours, mais chaque après midi ou soirée devra être occupée par une activité qui devrait vous profiter d’une manière ou d’une autre : lire un livre, manger chinois, aller au cinéma, autant de petits trucs qui sont régulés par le hasard et la météo, sachant que votre priorité alpha va être d’entretenir vos…
S-Links. Visiblement un point de gameplay récurrent de la saga dont le message subtil est « VA TE FAIRE DES AMIS, JOUEUR-CHAN » ce qui est pas facile facile quand on est absorbé par un jeu qui met plus de temps que Skyrim pour être fini. Dans le jeu, vous vous faites des copains, vous créez un « S-Link » symbolisé par une carte de tarot, vous devez les entretenir de temps en temps pour apprendre des trucs sur eux et passer aux niveaux supérieurs. Cela va conférer des bonus passifs et montera le niveau des Personas que vous allez fusionner, bref, c’est compliqué mais indispensable. Et tout ce gameplay sert… le scénario ! On résume donc : les parties jouables sont les balades en ville, les donjons et les quelques choix textuels qu’offrent la vie scolaire. Ça peut sembler minime mais c’est déjà quinze fois plus que les déplacements de Vincent dans le Stray Sheep.

Le truc c’est que ça ne l’est pas du tout, minime. Une année scolaire complète, donc une platrée d’évènements scriptés (festival culturel, sortie entre copains, concours de crossdressing). Plein de petites scène de vie. Un S=Link égal une histoire, toujours assez touchante et pleine de profondeurs. Une mamie endeuillée (Death) une infirmière salace (Devil) un renard-enculé de profession (Hermit) un flic pas bien doué (Jester) votre oncle et sa fille, terrible avatar du sister complex (Hierophant et Justice) etc etc, sachant que tout le casting de base a son symbole aussi. Si vous vous engagez dans la « bonne » voie, vous débloquerez Hunger, le S-Link caché. Des ramifications, il y en a plein, il faut juste aller sur Internet avant tant les décisions à faire sont subtiles et rarement intuitives. Heureusement, il y a un système de sauvegardes multiples mais un accident est vite arrivé !

Bientôt, on se met à flipper pour son planning parce que hé, c’est cool de copiner avec les gens, mais le prisonnier actuel du donjon va mourir si vous n’avez toujours rien réussi au premier jour de brouillard en ville. Dès qu’on voit plusieurs jours de pluie dans un futur proche, il faut commencer à urger. Faut tout stratégiser et ça n’empiète nullement sur le scénario qui est d’une profondeuuuuuuur de maboules. Son emphase sur « chercher la vérité » ? C’est pas pour de rire. Il faut échapper à la bad end. Puis ne pas se contenter de la normal end. Puis chercher la true end. Les détenteurs de Golden peuvent tenter de choper la Golden End. Votre seul regret sera d’aboutir certains S-Links puisque cela fait évoluer vos Persona en mochetés cosmiques.

83c6082680144cb04860a45a41f070bdC’est terrible ! Les phases de combat sont parfaites ! Le scénario est parfait ! Il faut dans les trois heures de lecture pour réellement commencer le jeu ? ON S’EN FOUT ! Ces quintaux de cinématiques sont hilarantes ! Les éclats de rires sont nombreux, sincères, sont toujours basées sur des traits de caractère mais ça marche à chaque fois ! Des blagues rigolotes sur les attributs génitaux de chacun ! Sur le malaise existentiel et les sexualités refoulées ! Autant de thèmes profonds et subtils (le mot « gay » n’est pas droppé la moindre fois sur 253495 lignes de texte) qui sont autant de gimmicks rigolos dans les cinématiques ! La replay value est concrète puisque vous devrez revivre d’autres embranchements et rattrapper tout ce que vous n’avez pas pu faire la première fois – argent et « statistiques » sont conservés d’une sur l’autre. On serait tenté de zapper les dialogues trop longs mais le jeu est très généreux en indices sur le scénario – on vous donner une lecture sur la mythologie du Japon ? C’est peut être pas anodin. Votre manette vibre à un moment étrange ? C’est peut être pas innocent, etc. L’écriture est maîtrisée et garder des trucs en tête peut aider… et aller plus vite que la musique. Parfois, les personnages butent sur des évidences et ça peut être un poil frustrant.

Le « AHA ! IS THIS OUR CHANCE ??! » de Chie va me hanter encore quelques mois.
Ce moment où Chie et Yosuke font du stalking dans une position super duper bizarre aussi.

La difficulté ? Paramétrable en début de partie, idéal en « Normal ». Et on parle bien sûr du « Normal » Atlus, donc « Dur » pour le reste du monde, sans être punitif. Tout le monde bute sur les mêmes checkpoints, une fois qu’on maîtrise un peu plus le jeu, tout passe presque tout seul, il faut parfois leveler un peu ou tomber sur ces Golden Hands qui VIENNENT DE S’ENFUIR HAAAAHUHEUHEU. D’ailleurs, les loots sont souvent agrémentés de bonus immédiats grace à un système de « Tirage de Carte » assez bien foutu, un vrai petit jeu de stratégie en soi. C’est ça la magie de Persona 4 – il y a autant de machins qu’on vous lance dans les pattes que d’outils qui vous permettent de vous démener. Tous ces outils nécessitent un petit Tuto qu’on a toujours, en temps et en heure… ça en fait un jeu vraiment complet et difficile à décrire. Les combats sont simples à comprendre et sont expliqués progressivement. Ils nécessitent une attention complète car un tour fatal – tout le monde peut attaquer plusieurs fois de suite sous les bonnes conditions – est vite arrivé.

Indipensable paragraphe musique – monsieur Shoji Meguro était déjà à la barre. Si, comme moi, ce nom ne vous évoque que des classiques du classique remixés avec percussions, sachez que ce compositeur vous ramène dans une ambiance qui rappelle terriblement la Dreamcast en général. Rien que le groove de « Let’s Make History » vous fera comprendre ma remarque. Quelques musiques de visual novel – le jingle de Junes qu’on croit entendre partout et un bon travail sonore de la part des doubleurs qui ont l’équivalent d’A La Recherche Du Temps Perdu à enregistrer. Désolé, c’est en anglais, ça le restera mais ça ne demande pas un niveau démentiel.

Le seul truc que ça m’évoque de négatif est évidemment un message très troublant de la part du jeu. Incarner un mec qui devient le centre du monde absolu de son patelin n’est pas forcément très astucieux ni réaliste et il fait un peu croire qu’on se fait des amis en ne disant rien et en laissant les autres parler de leurs problèmes persos, parce que c’est ce que tout le monde fait. Ok, c’est un jeu, mais il te glisse quelques messages de vie, parfois légèrement mixés. Personne n’a sauté dans sa télé pour essayer d’invoquer des monstres. Enfin, sûrement un au Japon, il y en a toujours un au Japon. Les esprits chagrins pourront dire que c’est une fantastique simulation de schizophrénie, donc.
On pourra aussi se plaindre des petits espaces dans lequel on évolue librement, mais on peut en débloquer quelques uns si on a assez de courage. Non, le vrai problème c’est peut être ces phases d’investigation super floues où il faut interroger des NPC au hasard, c’est pas bien palpitant et ça donne l’impression de « perdre son temps ».

Absolument impeccable d’un bout à l’autre, interminable, complexe, bonne histoire, compense un gameplay faible par tous les moyens possibles, profond, Persona 4 Golden est le jeu qui m’a fait cet été 2013 et je m’en souviendrais comme d’un très bel objet de fiction qui fait très suite logique à cet anime où une platrée de bambins passent des vacances d’été étranges dans un monde virtuel. Je vais suivre la série avec attention – et c’est pas comme si le canon était inexploité. J’ai Arena en face de moi, il ne coute plus rien – The Animation résume mollement mais honnêtement le jeu, etc. Ce jeu a complètement niqué Fire Emblem dans mon backlog. On en est là. Il n’a qu’un seul défaut : un coupable un poil trop évident. Il reste plein de belles promesses (dont Rayman et GTA) mais Persona 4 Golden est potentiellement mon jeu de l’année 2013, ce qui est pas mal pour un jeu jeu sorti en 2012 d’abord et adapté d’un jeu de 2009.

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