Monthly Archives: juillet 2013

Mario Maso Lost Levels

Mec. Meeeec !
Je me suis dit « bon, ça fait un an que j’ai fait le dernier épisode avec Pipomantis et ça fait cinq ans que j’ai découvert le Let’s Play original de Mario Masochistic Mission« . Donc j’ai fait ce que je devais logiquement faire : tenter les « Losts Levels », niveaux canoniques mais ardus. Puis l’habituelle galère technique a commencé. Puis je me suis retrouvé à faire une vidéo dans une position improbable (pieds à gauche, tête devant) ce qui me donne une toute petite voix de dépressif. Alors que non, tout va bien. Mais j’ai une toute petite voix.
J’arrive même pas à faire une version de Mario sortie pour le grand public ! J’arrive plus à rien avec le clavier ! L’époque où j’étais respecté par mes pairs parce que j’étais une bête de plate-forme est tellement loin. Loiiiin.

Profitez bien, c’est donc la toute dernière, un petit bonus en attendant les gros posts de fin d’année.


D’ailleurs même Daily n’en veut plus, le mot « Maso » fout directement les vidéos en « filtre parental ON ».
Edit : Le son est très très bas, pardon !

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Foutu lapin blanc

La Japan Expo est finie et je suis là à compter mes dettes. C’était très très bien, sincèrement, mais maintenant je dois ramasser mes os. Le saviez vous ? L’une de mes principales activités a été de streetpasser. Dès que je savais pas quoi faire, hop, génuflexion et streetpass. Première grande convention avec une 3DS, ça aide. J’ai donc capitalisé dans les 300 miis et ça prenait du temps, beaucoup de temps. Imaginez, saluer les arrivants, jouer à Mii en Péril et échanger les pièces prend déjà dans les 5 minutes avec un batch de 10 miis, alors prenez en compte les quatre nouveaux jeux ! C’est un poil trop tard pour les rentabiliser mais si vous aviez quelques doutes, je vais m’occuper de les décrire pour vous.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a grosso modo trois semaines, une mise à jour importante de la 3DS a été faite. Elle transforme votre console en vrai aspirateur à pognon – entre autres, elle vous redirige vers l’achat d’un jeu en démat si vous streepassez beaucoup de gens avec le-dit jeu. En parallèle, un lapin blanc est apparu dans la refonte de la place Mii. Ce petit batard, pro de la manipulation émotionnelle, voulait vous vendre quatre nouveaux jeux « à streetpass », tous fait par des petits studios différents. Le mammifère nous vendait les jeux comme si la vie de sa portée en dépendait. Un vrai salaud. « Oh la la ! Ce serait tellement cool que tu achètes tous ces jeux ! Et tu peux même acheter les quatre d’un coup pour quinze Euros au lieu de vingt, mais seulement pour le premier achat ! » … diabolique. Et surefficace parce que ouais, ils valent tous le coup. Y’en a juste un qui est un poil en dessous du lot, qui fait presque gratuit avec le pack. Vous pouvez donc vendre votre âme à ce lapin et voir où va le terrier SI vous habitez dans une grande métropole parce que oui, à chaque fois, l’algorithme est respecté : pour démarrer une « session », il faut streetpasser quelqu’un, et tout sera bien plus facile avec un batch plus gros. Définitivement, votre 3DS est devenue Prizee.

J'ai piqué...

J’ai piqué…

De manière un peu plus détaillée : ils respectent d’un bout à l’autre la philosophie de la maison. On vous prend par la main, on débloque du contenu en jouant, le gameplay est simple sinon parfait. Je suppose – et je dis bien suppose – qu’en les finissant, vous pourrez toujours vous retaper un new game plus un peu plus difficile. Bien sûr, les quatre trouvent aussi des moyens de vous faire dépenser des pièces acquises avec le podomètre. Malin ! Enfin, ce sont quatre univers très différents où un sidekick bien fichu vous dit quoi faire.

Conquête. Tous les jeux sont bons, variés, bien foutus mais celui-là a le plus compris ce qu’est la « philosophie du Streetpass », si j’arrive à penser comme Nintendo. Exemple concret ; c’est le seul que j’ai pris la peine d’allumer à chaque fois, en pleine Japex. Il est vraiment malin – Conquête StreetPass vous mets aux commandes d’un royaume en pleine croissance, épaulé d’un motherfucking majordôme nommé Alfred. Vous êtes monarque et vous devez conquérir vingt territoires. Comment augmenter votre troupe ? Super bonne idée : c’est le nombre de gens qui sont dans la place mii des autres qui viennent rejoindre vos rangs. Si vous croisez quelqu’un d’autre qui a le jeu (un monarque itinérant donc), vous avez la possibilité de croiser le fer et d’absorber une partie de son armée. Si vous vous plantez, vous perdez une partie de vos troupes.

C’est là que ça devient intéressant : une bataille est en fait une partie de pierre feuille ciseaux en un poil plus compliquée. Vous avez X soldats, en face, Y. On va vous répartir tout ça entre trois classes qui se contrebalancent. Vous ne savez pas qui va attaquer dans quel ordre mais vous pouvez répartir vos troupes avant de vous lancer. Avoir la bonne classe peut réduire la foule adverse de moitié. Ça peut paraître un poil hasardeux mais on vous file quelques outils : on vous indique si vous gagnerez/perdez quelle que soit la situation et une pièce dépensée peut vous répartir votre gang de manière optimale. C’est à vous de jouer pour augmenter votre armée et c’est souvent exponentiel.
Évidemment, on vous lance quelques paramètres dans les pattes : parfois, le terrain fait qu’une catégorie sera toujours désavantagée et le jeu n’attend pas beaucoup pour vous lancer des übermensch aux propriétés abusées dans les pattes. En gros, c’est le seul jeu des quatre qu’on ouvre pour capitaliser sur le long terme, car 10 miis peuvent rapporter pas mal de soldats, surtout si on combat des monarques itinérants. C’est souvent dans la poche ou absolument impossible, on ne peut pas vraiment se planter. On peut aussi sacrifier des soldats pour bâtir son château, ce qui permet de recruter artificiellement des soldats avec des pièces, pour un rapport toujours plus intéressant sans jamais vraiment l’être… 15 pièces pour 750 soldats, c’est un peu surréaliste.
Un jeu super simple, super malin, super addictif. Si vous ne devez en prendre qu’un, ça doit être celui là.

... toutes ces captures d'écran...

… toutes ces captures d’écran…

Maison hantée. Celui là est probablement le plus complexe mais il est un poil fatiguant si vous streetpassez peu. Foncièrement, c’est probablement le meilleur des quatre jeux et celui avec les meilleures idées. Vous devez arriver au trentième étage d’une maison hantée, duh. Le jeu mélange des éléments de RPG et de puzzle game, sous un fond « horrifique Nintendo ». Tout commence dans une pièce sombre et quadrillée. En fait, chaque streetpass va vous offrir une pièce de couleur, mais pensez « pièce tetris ». Vous ne pouvez pas les superposer et vous créerez des zones remplies d’objets en formant des gros carrés de la même couleur. Quelque part dans la salle sombre se trouve un escalier permettant d’aller à l’étage supérieur, il va falloir tâtonner pour le trouver. Pourquoi des objets, en fait ?

Parce qu’ouvrir une nouvelle pièce (donc mettre deux couleurs côte à côte) augmente le risque de tomber sur un monstre, donc de déclencher un combat. Vous accédez alors à une véritable petite interface en temps réel où vous attaquez, bloquez, changez d’arme, utilisez des objets etc etc. C’est minimaliste mais vraiment, vraiiiment bien fichu. A vous de prendre les pièces (de puzzle) dans le bon ordre pour créer des pièces (de l’étage) les plus grandes possibles et looter des objets de beau gosse. On peut ne peut stocker que très peu de choses mais on peut les améliorer en utilisant des orbes et des gemmes. A l’étage 5, un boss va commencer à poser problème, il va peut être falloir pexer en retournant vers les étages inférieurs. Le but du jeu est de triompher du trentième étage. Seul défaut du jeu : pas être très équilibré dans la difficulté. Mais #malin et #astucieux. Il réserve pas mal de surprises et mêle bien plusieurs genres, en plus d’un fond sonore sympa.

… à Edge

Galaxie. Il n’y a pas de jeu western mais il y en a un DANS L’ESPACE ! ET C’EST UN SCHMUP, MESDAMES MESSIEURS !
Vous êtes donc le héros de la flotte Mii-de-l’espace-mes-genoux et devez combattre la flotte-des-méchants-crétins-de-l’espace. Vous recrutez tout un armada de compagnons d’aventure pour traverser les niveaux et gagner le trésor-de-l’espace. Bon.
C’est donc un schmup. Vous représentez un petit vaisseau sur l’écran et l’environnement défile, vous laissant vous démerder pour survivre à une armée d’ennemis et un boss. Comment ça marche ? Encore une fois, un mécanisme très malin : chaque couleur représente un type d’attaque bien spécial. Le rouge est un lance-flamme, le noir un jet de bombe, etc. Vous avez une dizaine de slots pour récupérer tout votre batch dispersé dans le scrolling automatique. Trois points d’accès sont dispos devant pour attaquer, un derrière, et si vous mettez des autres gars de la même couleur derrière, ça renforce les attaques. Vous appuyez sur un bouton pour déclencher l’attaque de tout le monde en continu et vous appuyez sur les gâchettes pour pivoter toute la formation. Ça peut paraître compliqué par écrit mais c’est tout simple à prendre en main.

Comment on perd ? Simple, un copain c’est un point de vie, si on perd le dernier, c’est retour à l’envoyeur jusqu’à la prochaine session. On ne peut faire qu’un niveau par session et en commencer une avec un, deux ou trois streetpass est assez casse-gueule, soyez prévenus. EN REVANCHE, vous n’avez pas qu’une seule tentative. La bonne nouvelle, c’est que l’ensemble est vraiment bien fichu, c’est beau, c’est bien animé, la musique est très bien (le jingle d’invincibilité fait honneur aux vieux Sonic !) et la difficulté plus progressive. Ca ressemble à un jeu flash bien fichu, quoi. Il est fun et bien emballé, à prendre si vous vivez dans une métropole. Sinon, il va falloir douiller sur les pièces pour recruter.

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Sans aucun rapport

Jardin. Pourquoi est-ce que je mets ce jeu au fond du panier ? Il a le malheur de trop ressembler à un jeu Facebook. C’est comme s’il trahissait des directions peu honorables prises par Nintendo. En revanche, il équilibre les autres, avec son ton plus posé et relaxant – les premières notes du jeu, bizarrement semblables à une chanson Disney avec un tapis volant, ne trompent pas beaucoup. C’est un jeu de jardinage.
Un jeu posé, zen, sans violence. Tout n’est qu’amour, gentillesse et bon esprit. Dans l’une des premières missions du jeu, vous cultivez une fleur pour qu’une fille puisse réconforter sa frangine à l’hôpital. Plus relaxant et choupi, tu meurs. Vous êtes donc accueillis par un « docteur » au nom de dignitaire nazi qui vous invite à devenir « Expert Jardinier » et à cultiver plus de 20 fleurs. Je sais pas si avoir lu plus de vingt bouquins fait de moi un « Expert de la Littérature » mais bon. Vous plantez une graine, vos amis viennent l’arroser. Une fois. A chaque fois, elle se développe un peu. Une fois éclot, s’il y a du rab, elle donnera des graines. Vos copains vont influer sur l’espèce et la couleur de la-dite graine. Vous pouvez aussi les vendre, pour gagner des brouzoufs et ainsi acheter pots, emplacements de jardin, décorations de jardin, commandes. Et là le pièse se referme. Vous aimez vos fleurs. Vous les chérissez. Vous les entassez dans le jardin avec délicatesse, elles ne flétrissent jamais, vous achetez des petits meubles en bois façon ©Maison du Monde© pour embellir tout ça. Herr Mengele vous explique toujours plus de détails, de subtilités, tout ça n’a pas de fin. Pour cultiver une nouvelle plante, il faut jouer les probas et espérer une nouvelle couleur, au pire.

C’est complétement inoffensif mais assez rigoureux dans son approche. Il y a quelque chose de rigolo à voir les miis de vos copains se dandiner pour arroser votre précieux sésame. Là aussi, la couleur trouve une importance et on peut y jouer avec moins de Miis si on est un peu plus patient. (Herr Mengele parle beaucoup, mais son environnement est étonnamment complexe.) Un petit jeu sympathique qui ne vaut probablement pas cinq balles mais hey, souvenez vous. Avec un pack, c’est gratuiiiiit ! Quinze balles dépensées gratuitement !

Et comme d’habitude, aucune finalité, divers succès dans les quatre jeux vous octroient des « Ticket Prestige », qui ne servent qu’à acheter des chapeaux moches sur la place Mii. Vraiment, c’est du bon boulot. Confier ça à des studios différents était une bonne idée et a permis de cultiver quatre trucs très différents et bien construits. Vous pouvez y aller, mais n’oubliez pas – sans gens à Streetpasser, ça ne sert à rien. Quinze euros, c’est beaucoup, dix pour le tout aurait été un peu plus raisonnable. Mais vous savez ce qu’on dit dans ces cas là : « Bon, okaaaay, tant piiiis ».
Par contre, il est vraiment inhabituel, pour ne pas dire perturbant de voir Nintendo s’engager dans une offre payante et dans le circuit des microtransactions. « La logique et la proportion sont tombées raides mortes… »

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Petits malins

Imagine, quelque part dans un futur proche, malgré les protestations des Internets, Twitter disparaît. Tout le monde était déjà en deuil pour Google Reader alors imagine, Twitter ! Ce machin fait partie intégrante de ma vie, c’est devenu une drogue, m’en passer pendant plusieurs jours est un petit exploit en soi. Signe numéro un d’une addiction : il m’arrive de me réveiller avec et de parcourir ma timeline perdue comme premier geste de la journée. DIÈSE L’ADDICTION ! En attendant que la Japan Expo se passe – avec sa kilotonnes d’évènements, prévus ou pas – mini hommage à cet outil devenu omniprésent dans nos vies et dans la mienne.

Ce moment où tu es un personnage d’anime qui fait une faute d’ortho très retwittée

Je ne sait plus qui disait que le Touittaire est le plus grand RPG de l’Internet (sans doute @FibreTigre, l’un de ses gagnants, il est actuellement en new game +) mais je ne l’ai pas attendu pour le rejoindre. On pourrait aussi dire que c’est un bac à sable – c’est à nous de savoir à l’avance ce qu’on veut en faire et les moyens qu’on va se donner pour atteindre cet objectif, pour peu qu’il y en ai un. On a tous nos chiffres à nous : nos followers, nos followings, la fréquence de post et leur croissance. Ça, c’est que le cœur du truc, Twitter créé tout un champ social qui dépasse de loin la page de base : il est créateur de malaise, parfois – souvent quand un/e ex ou un unfollow rentre dans l’équation – mais ça génère un nombre fou de rencontres et d’opportunités. Aujourd’hui, tout le monde trouve un stage/boulot/appart grâce à cet outil. C’est Twitter qui, personellement, m’a permis de sortir du « pas d’expérience » et ma réactivité a été le plus décisif. Des couples se forment sur Twitter, des amitiés et des bromances, tout ça picole allégrement dans plusieurs vies clés et on pourrait – avec beaucoup de minutie et de patience – déterminer une cartographie géante des « cercles » de Twittos, à divers échelles «  » »d’influences » » ». Des gens qui, en groupe, retweetent, parlent de ou commentent les mêmes trucs. Ils y a des clans, des armées, des antagonismes… et tout ça se fait en indépendance totale de « l’autre Twitter », celui composé de millions d’ados qui ont des cœurs dans le pseudo et une duckface en profil pic. Ils ont toujours plus de followers que vous, parce que la vie c’est aussi des frustrations sociologiques.

Déjà faut constater que l’usage qu’on en fait a bien évolué. Le schéma est toujours le même – c’est comme la clope, on commence pour faire comme les autres et on commence à faire ce qu’on en veut. On peut faire la course aux followers et essayer de la systématiser sans pour autant les pêcher ou les quémander au quotidien. C’est comme une épreuve de créativité géante : on a un tout petit champ d’action de 140 caractères et le jeu est d’avoir le plus de juges possibles. Tu as gagné quand tu as un flux rentrant automatique. Pas mal de gens adoptent des démarches à contraintes – beaucoup s’arrêtent à un chiffre de followings fixe, histoire de provoquer un petit easter egg. Pour moi, chaque follow est une contrainte, un effort intellectuel pas toujours simple. C’est prendre un espèce de risque de pas forcément aimer cette addition à son flux, de trouver la personne énervante – ou pire! Maiiiis c’est aussi considérer qu’elle est peut être dans une « mauvaise passe ». Tout est possible et au bout du compte, on ne finit que par suivre les gens qui nous ressemblent. En forte majorité quoi. Cette dernière phrase faisait tellement horoscope, je me sentait obligé de le préciser.

Oh que c'est choupi

Puis c’est pas simple d’être exhaustif avec Twitter puisque c’est aussi une application de la théorie des cordes – il existe autant de Twitters que d’utilisateurs. Il se croisent plus ou moins, c’est tout. Quelque part, il existe une dimension Twitterienne où des bots se parlent entre eux et échange des photos de food porn. Peut être même qu’il y a un deepTwitter. QUI SAIT ?

Mais vraiment, pour revenir sur cette notion de « faire ce qu’on en veut », Twitter existe depuis assez longtemps pour avoir cultivé le beau, le laid, puis le n’importe quoi. C’est de l’art, Twitter, ouais. La plupart des gens s’en servent pour raconter tout et n’importe quoi. Y’a tout de même une démarche derrière : sublimer la tranche de vie, comme dirait le grand chef Piège. Essayer de ne pas le rendre trop banal, justement. Alors on essaye d’égayer ça avec de l’humour – et l’humour, c’est tout un art, surtout pour un teubé du premier degré comme moi. Chaque Tweet est un concept potentiel, un petit trait d’humour glacé et sophistiqué dans lequel on peut parfois placer les meilleurs espoirs. C’que j’aime bien avec ce site, c’est qu’on peut lancer des tas de choses sans aucun contexte et récolter gloire et reconnaissance parce qu’on a su profiter du bon timing. Balancer un jeu de mots, aussi crétin soit-il, est toujours efficace s’il y a une bonne idée derrière. L’E3 et les grands évènements cristallisent cette frénésie collective. Il y a des gens qui sont tellement retwittés qu’il font partie de votre TL sans même que vous les suiviez – ils ont pigé « l’humour Twitter », car ils sont drôles, tout simplement. Y’a un mec, il s’appelle rousp, j’ai l’intégrale de sa timeline dans son fil sans même le suivre. Un mec qui a le don d’ubiquité ne peut être que très bon.

Deuxième caste, les NomsPrénoms. Il va falloir que je la rejoigne un jour, je crois. C’est embêtant parce qu’il y a un certain luxe à être désinhibé sur Twitter, et c’est moins façile de Twitter « YOLO NIQUEZ VOUS » en majuscules quand tu es suivi par ton employeur. Certains font deux comptes, d’autres s’assagissent. J’espère secrètement ne jamais devoir mettre ma photo en avatar.

Pis y’en a qui ont plusieurs comptes, les fameux « parodiques ». Tous gérés par les trois mêmes personnes, il correspondent davantage à un « concept », un peu comme ce que peut proposer Tumlbr. Des conneries, il y en a pas mal, d’autres parodient une personne en particulier – c’est souvent un poil trop méchant pour être drôle -, d’autres sont plus abstraits. Le fameux Damien_Croze pastiche le joueur de comptoir/anylste mes genoux qui fait systématiquement UNE faute d’ortho par tweet. Le phénomène s’étend et on se retrouve aussi avec des sites entiers parodiques, façon Gorafi ou VeuxJidéos. Seul l’un de ces deux exemples est drôle, saura-tu retrouver lequel ? Pis y’a des faux comptes qui dérivent un peu de leurs « concept » original et qui insultent tout le monde en caps lock. Ça doit être jubilatoire, n’empêche. On peut se faire un pool « parodique » ou se faire une liste 100% second degré. Hashtag astuce. Certains comptes parodiques ont un deuxième compte plus soft (façon @baborlefan_ ) et certaines personnes réelles font des Twinomes, des compte tenus à plusieurs mains, censés blender les utilisateurs et leurs personnalités. Le truc c’est que dans l’ensemble les comptes parodiques sont tenus par des copains aussi.

Transition Ovidienne pour dire que sur Twitter, l’humour est une chose fragile, compliquée à maîtriser. On aime bien faire du second degré en faisant semblant d’employer le premier degré, c’est assez subtil. Quand on veut pas prendre de risques, on fout une ponctuation un peu fantaisiste, en mettant cinquante points d’exclamation. Ça nous fait passer pour des autistes mais ça nous fait bien rire. C’est l’humour @FrançoisLeger, quelque chose du genre. Autre moyen efficace: : tout en majuscules (ne pas abuser) où profiter des tendances des cercles et du moment. Depuis quelques temps, on singe les community managers et on met « et vous qu’en pensez vous ? » à la fin de chaque gazouillis. Kharma : à chaque fois, un poste de CM se débloque immédiatement pour quelqu’un d’autre. Tout ça se fait avec un « langage Internet », une grammaire et un vocabulaire bien précis. On peut ne pas parler « le patois » et quand même comprendre ce qu’il se passe, c’est juste un peu bizarre au début. Ou alors on peut parler de bite, c’est ce qui m’a valu mon premier top tweet. Ces temps ci, je mets des groupes de mots entre des croix gammées pour exprimer un mécontentement. Cet article des Inrocks est assez connu, non pas pour son exhaustivité mais parce qu’on reconnaîtra toujours quelqu’un dedans, en tant que forme d’humour. Sinon, vous ne suivez pas assez de gens.

Si, comme moi, vous n’avez pas peur du spam et de la monomanie (je poste beaucoup trop d’extraits de You Don’t Know Jack) Twitter est un fantastique terrain de jeu qui peut débloquer des opportunités et des rencontres. C’est l’un des rares lieux où on peut se permettre de franchir certaines limites (l’humour racisto/homophobo/sexisto-limite est toujours apprécié si bien manié) et partager autant de conneries. Vine est la dernière du genre : six secondes, un film à réaliser en une fois, un résultat souvent débile. La culture de la concision, toujours.

Bref, une grande famille.
Sauf quand ça cause féminisme.

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