Daily Archives: 8 juillet 2013

Foutu lapin blanc

La Japan Expo est finie et je suis là à compter mes dettes. C’était très très bien, sincèrement, mais maintenant je dois ramasser mes os. Le saviez vous ? L’une de mes principales activités a été de streetpasser. Dès que je savais pas quoi faire, hop, génuflexion et streetpass. Première grande convention avec une 3DS, ça aide. J’ai donc capitalisé dans les 300 miis et ça prenait du temps, beaucoup de temps. Imaginez, saluer les arrivants, jouer à Mii en Péril et échanger les pièces prend déjà dans les 5 minutes avec un batch de 10 miis, alors prenez en compte les quatre nouveaux jeux ! C’est un poil trop tard pour les rentabiliser mais si vous aviez quelques doutes, je vais m’occuper de les décrire pour vous.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a grosso modo trois semaines, une mise à jour importante de la 3DS a été faite. Elle transforme votre console en vrai aspirateur à pognon – entre autres, elle vous redirige vers l’achat d’un jeu en démat si vous streepassez beaucoup de gens avec le-dit jeu. En parallèle, un lapin blanc est apparu dans la refonte de la place Mii. Ce petit batard, pro de la manipulation émotionnelle, voulait vous vendre quatre nouveaux jeux « à streetpass », tous fait par des petits studios différents. Le mammifère nous vendait les jeux comme si la vie de sa portée en dépendait. Un vrai salaud. « Oh la la ! Ce serait tellement cool que tu achètes tous ces jeux ! Et tu peux même acheter les quatre d’un coup pour quinze Euros au lieu de vingt, mais seulement pour le premier achat ! » … diabolique. Et surefficace parce que ouais, ils valent tous le coup. Y’en a juste un qui est un poil en dessous du lot, qui fait presque gratuit avec le pack. Vous pouvez donc vendre votre âme à ce lapin et voir où va le terrier SI vous habitez dans une grande métropole parce que oui, à chaque fois, l’algorithme est respecté : pour démarrer une « session », il faut streetpasser quelqu’un, et tout sera bien plus facile avec un batch plus gros. Définitivement, votre 3DS est devenue Prizee.

J'ai piqué...

J’ai piqué…

De manière un peu plus détaillée : ils respectent d’un bout à l’autre la philosophie de la maison. On vous prend par la main, on débloque du contenu en jouant, le gameplay est simple sinon parfait. Je suppose – et je dis bien suppose – qu’en les finissant, vous pourrez toujours vous retaper un new game plus un peu plus difficile. Bien sûr, les quatre trouvent aussi des moyens de vous faire dépenser des pièces acquises avec le podomètre. Malin ! Enfin, ce sont quatre univers très différents où un sidekick bien fichu vous dit quoi faire.

Conquête. Tous les jeux sont bons, variés, bien foutus mais celui-là a le plus compris ce qu’est la « philosophie du Streetpass », si j’arrive à penser comme Nintendo. Exemple concret ; c’est le seul que j’ai pris la peine d’allumer à chaque fois, en pleine Japex. Il est vraiment malin – Conquête StreetPass vous mets aux commandes d’un royaume en pleine croissance, épaulé d’un motherfucking majordôme nommé Alfred. Vous êtes monarque et vous devez conquérir vingt territoires. Comment augmenter votre troupe ? Super bonne idée : c’est le nombre de gens qui sont dans la place mii des autres qui viennent rejoindre vos rangs. Si vous croisez quelqu’un d’autre qui a le jeu (un monarque itinérant donc), vous avez la possibilité de croiser le fer et d’absorber une partie de son armée. Si vous vous plantez, vous perdez une partie de vos troupes.

C’est là que ça devient intéressant : une bataille est en fait une partie de pierre feuille ciseaux en un poil plus compliquée. Vous avez X soldats, en face, Y. On va vous répartir tout ça entre trois classes qui se contrebalancent. Vous ne savez pas qui va attaquer dans quel ordre mais vous pouvez répartir vos troupes avant de vous lancer. Avoir la bonne classe peut réduire la foule adverse de moitié. Ça peut paraître un poil hasardeux mais on vous file quelques outils : on vous indique si vous gagnerez/perdez quelle que soit la situation et une pièce dépensée peut vous répartir votre gang de manière optimale. C’est à vous de jouer pour augmenter votre armée et c’est souvent exponentiel.
Évidemment, on vous lance quelques paramètres dans les pattes : parfois, le terrain fait qu’une catégorie sera toujours désavantagée et le jeu n’attend pas beaucoup pour vous lancer des übermensch aux propriétés abusées dans les pattes. En gros, c’est le seul jeu des quatre qu’on ouvre pour capitaliser sur le long terme, car 10 miis peuvent rapporter pas mal de soldats, surtout si on combat des monarques itinérants. C’est souvent dans la poche ou absolument impossible, on ne peut pas vraiment se planter. On peut aussi sacrifier des soldats pour bâtir son château, ce qui permet de recruter artificiellement des soldats avec des pièces, pour un rapport toujours plus intéressant sans jamais vraiment l’être… 15 pièces pour 750 soldats, c’est un peu surréaliste.
Un jeu super simple, super malin, super addictif. Si vous ne devez en prendre qu’un, ça doit être celui là.

... toutes ces captures d'écran...

… toutes ces captures d’écran…

Maison hantée. Celui là est probablement le plus complexe mais il est un poil fatiguant si vous streetpassez peu. Foncièrement, c’est probablement le meilleur des quatre jeux et celui avec les meilleures idées. Vous devez arriver au trentième étage d’une maison hantée, duh. Le jeu mélange des éléments de RPG et de puzzle game, sous un fond « horrifique Nintendo ». Tout commence dans une pièce sombre et quadrillée. En fait, chaque streetpass va vous offrir une pièce de couleur, mais pensez « pièce tetris ». Vous ne pouvez pas les superposer et vous créerez des zones remplies d’objets en formant des gros carrés de la même couleur. Quelque part dans la salle sombre se trouve un escalier permettant d’aller à l’étage supérieur, il va falloir tâtonner pour le trouver. Pourquoi des objets, en fait ?

Parce qu’ouvrir une nouvelle pièce (donc mettre deux couleurs côte à côte) augmente le risque de tomber sur un monstre, donc de déclencher un combat. Vous accédez alors à une véritable petite interface en temps réel où vous attaquez, bloquez, changez d’arme, utilisez des objets etc etc. C’est minimaliste mais vraiment, vraiiiment bien fichu. A vous de prendre les pièces (de puzzle) dans le bon ordre pour créer des pièces (de l’étage) les plus grandes possibles et looter des objets de beau gosse. On peut ne peut stocker que très peu de choses mais on peut les améliorer en utilisant des orbes et des gemmes. A l’étage 5, un boss va commencer à poser problème, il va peut être falloir pexer en retournant vers les étages inférieurs. Le but du jeu est de triompher du trentième étage. Seul défaut du jeu : pas être très équilibré dans la difficulté. Mais #malin et #astucieux. Il réserve pas mal de surprises et mêle bien plusieurs genres, en plus d’un fond sonore sympa.

… à Edge

Galaxie. Il n’y a pas de jeu western mais il y en a un DANS L’ESPACE ! ET C’EST UN SCHMUP, MESDAMES MESSIEURS !
Vous êtes donc le héros de la flotte Mii-de-l’espace-mes-genoux et devez combattre la flotte-des-méchants-crétins-de-l’espace. Vous recrutez tout un armada de compagnons d’aventure pour traverser les niveaux et gagner le trésor-de-l’espace. Bon.
C’est donc un schmup. Vous représentez un petit vaisseau sur l’écran et l’environnement défile, vous laissant vous démerder pour survivre à une armée d’ennemis et un boss. Comment ça marche ? Encore une fois, un mécanisme très malin : chaque couleur représente un type d’attaque bien spécial. Le rouge est un lance-flamme, le noir un jet de bombe, etc. Vous avez une dizaine de slots pour récupérer tout votre batch dispersé dans le scrolling automatique. Trois points d’accès sont dispos devant pour attaquer, un derrière, et si vous mettez des autres gars de la même couleur derrière, ça renforce les attaques. Vous appuyez sur un bouton pour déclencher l’attaque de tout le monde en continu et vous appuyez sur les gâchettes pour pivoter toute la formation. Ça peut paraître compliqué par écrit mais c’est tout simple à prendre en main.

Comment on perd ? Simple, un copain c’est un point de vie, si on perd le dernier, c’est retour à l’envoyeur jusqu’à la prochaine session. On ne peut faire qu’un niveau par session et en commencer une avec un, deux ou trois streetpass est assez casse-gueule, soyez prévenus. EN REVANCHE, vous n’avez pas qu’une seule tentative. La bonne nouvelle, c’est que l’ensemble est vraiment bien fichu, c’est beau, c’est bien animé, la musique est très bien (le jingle d’invincibilité fait honneur aux vieux Sonic !) et la difficulté plus progressive. Ca ressemble à un jeu flash bien fichu, quoi. Il est fun et bien emballé, à prendre si vous vivez dans une métropole. Sinon, il va falloir douiller sur les pièces pour recruter.

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Sans aucun rapport

Jardin. Pourquoi est-ce que je mets ce jeu au fond du panier ? Il a le malheur de trop ressembler à un jeu Facebook. C’est comme s’il trahissait des directions peu honorables prises par Nintendo. En revanche, il équilibre les autres, avec son ton plus posé et relaxant – les premières notes du jeu, bizarrement semblables à une chanson Disney avec un tapis volant, ne trompent pas beaucoup. C’est un jeu de jardinage.
Un jeu posé, zen, sans violence. Tout n’est qu’amour, gentillesse et bon esprit. Dans l’une des premières missions du jeu, vous cultivez une fleur pour qu’une fille puisse réconforter sa frangine à l’hôpital. Plus relaxant et choupi, tu meurs. Vous êtes donc accueillis par un « docteur » au nom de dignitaire nazi qui vous invite à devenir « Expert Jardinier » et à cultiver plus de 20 fleurs. Je sais pas si avoir lu plus de vingt bouquins fait de moi un « Expert de la Littérature » mais bon. Vous plantez une graine, vos amis viennent l’arroser. Une fois. A chaque fois, elle se développe un peu. Une fois éclot, s’il y a du rab, elle donnera des graines. Vos copains vont influer sur l’espèce et la couleur de la-dite graine. Vous pouvez aussi les vendre, pour gagner des brouzoufs et ainsi acheter pots, emplacements de jardin, décorations de jardin, commandes. Et là le pièse se referme. Vous aimez vos fleurs. Vous les chérissez. Vous les entassez dans le jardin avec délicatesse, elles ne flétrissent jamais, vous achetez des petits meubles en bois façon ©Maison du Monde© pour embellir tout ça. Herr Mengele vous explique toujours plus de détails, de subtilités, tout ça n’a pas de fin. Pour cultiver une nouvelle plante, il faut jouer les probas et espérer une nouvelle couleur, au pire.

C’est complétement inoffensif mais assez rigoureux dans son approche. Il y a quelque chose de rigolo à voir les miis de vos copains se dandiner pour arroser votre précieux sésame. Là aussi, la couleur trouve une importance et on peut y jouer avec moins de Miis si on est un peu plus patient. (Herr Mengele parle beaucoup, mais son environnement est étonnamment complexe.) Un petit jeu sympathique qui ne vaut probablement pas cinq balles mais hey, souvenez vous. Avec un pack, c’est gratuiiiiit ! Quinze balles dépensées gratuitement !

Et comme d’habitude, aucune finalité, divers succès dans les quatre jeux vous octroient des « Ticket Prestige », qui ne servent qu’à acheter des chapeaux moches sur la place Mii. Vraiment, c’est du bon boulot. Confier ça à des studios différents était une bonne idée et a permis de cultiver quatre trucs très différents et bien construits. Vous pouvez y aller, mais n’oubliez pas – sans gens à Streetpasser, ça ne sert à rien. Quinze euros, c’est beaucoup, dix pour le tout aurait été un peu plus raisonnable. Mais vous savez ce qu’on dit dans ces cas là : « Bon, okaaaay, tant piiiis ».
Par contre, il est vraiment inhabituel, pour ne pas dire perturbant de voir Nintendo s’engager dans une offre payante et dans le circuit des microtransactions. « La logique et la proportion sont tombées raides mortes… »

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