Monthly Archives: juillet 2013

Vrais savent vraies choses

Bon, on y est presque. J’espère que vous allez avoir un mois d’aout sympa. Moi, je me suis préparé un backlog de ouf guedin, il y a plein d’animes à mater, de jeux très japoniaisants à découvrir. C’est même parfois transmédia sur la remarque précédente : Danganronpa est pas mal en anime mais ça donne franchement envie de jouer au jeu. Bref, un été studieux où je suis sensé pisser du mémoire et réviser pour septembre. BRAIFE ! Je me suis gardé House Of Cards sous le manteau pour voir ce que ça valait, et j’ai Kids On The Slope sur le feu. Pop culture à donf entre deux grillades et pizzas sur la plage.
J’espère que vous êtes dans le même cas de figure. Et j’interviens pour vous aider ! Si vous ne savez pas quoi mater cet été, j’ai un conseil simple : HBO.

HBO n’est pas une série, c’est une chaîne de télé. Home Box Office pour les intimes. Le centre névralgique du câble américain. Beaucoup de sport et beaucoup de séries, ce qui nous intéresse présentement. En fait, HBO est une chaîne connue pour la qualité des séries qu’elle produit et diffuse. Le slogan est bien trouvé : « Ce n’est pas de la télé, c’est HBO ». Et oui, fin des années 90, ce sont eux qui ont lancé cette «  » »mode » » » des séries qualitatives, notion qui ne voulait pas vraiment dire grand chose à l’époque. Prenez cette dernière remarque avec la distance qui s’impose mais il s’avère que c’est un vrai label de qualité, ce depuis presque vingt ans. Y’en a plein, je les ai pas toutes vues, mais je peux en chroniquer quelques unes ! C’est aussi simple que ça : ça vaut toujours le coup. Cette écran introductif est toujours bon signe. La neige, le bruit d’allumage, le logo archaïque et le petit « haaaaa » : toujours un bon présage sur ce qui va suivre.
C’est une constante quasi-universelle : les séries sont toujours meilleures sur les networks payants. Pensez à Showtime de l’autre coté – même si Netflix est un acteur récent dans l’équation. Bref, j’ai déjà parlé de la plupart de ces séries mais hop ! Pour ceux qui auraient raté ça, voici MES CONSEILS. PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE. J’ai encore plein de choses à mater mais j’ai toujours constaté l’excellence… et dites vous bien qu’actuellement, les chances qu’une intégrale à bas prix est sûrement à choper sur CDiscount et autres sont grandes !

La réaction des Fujoshis devant Oz

La réaction des Fujoshis devant Oz

OZ

Par Tom Fontana. Six saisons, huit épisodes à chaque fois (une double au milieu), une heure. Showrunner essentiel et première série popularisée par cette chaîne. C’est Fontana himself qui se fait faire le logo de la série dans le générique. Je le dis à qui veut l’entendre, c’est la deuxième meilleure série que j’ai vu en intégralité, pour le moment. Faut dire qu’elle aime se tirer dans les pattes. Pour beaucoup, Oz, c’est de l’ultraviolence et des viols en prison. CERTES mais il y a toute une série derrière ! Oz, c’est le surnom du pénitencier d’Oswald, où sont enfermés les pires effdépays des States. Ils évoluent dans Emerald City, une espère de cour de récré géante et ultra surveillée par Tim MacManus, grande bajasse sympathique mais un peu trop idéaliste. Oz c’est la vie de ces détenus qui tuent le temps, principalement en se tuant les uns les autres. Des perpètes, des condamnés, certains à mort. Pas de point de vue particulier : on passe de X à Y avec une facilité déconcertante. Il n’y a pas de focales mais des petites intrigues à plus ou moins long terme qui concerne chaque individu, toujours précédé d’un petit flash-back qui nous indique le crime en question.
C’est pas difficile : il y a cinq milliards de personnages. Le casting est une plaque tournante géante. Ce machin est un fantastique jeu de survivalisme involontaire : je ne dirais pas le nombre de persos qui passent l’intégralité de la série mais c’est assez éloquent. Parmi ces persos, des castes de homeboys, d’italiens, d’homos, d’aryens, des gueules pas possibles, des personnages fantastiques. Vous voyez le syndrome « putain de perso », genre Jaqen A’quar dans GoT ? Dans Oz, il y en a par dizaines.
Oz est une chronique réaliste mais terriblement, terriblement violente. Âmes sensibles s’abstenir, allergiques des pénis s’abstenir. Série connue pour son fantastique plan de Christopher Meloni en train de pisser dans un seau. La série a juste duré un peu trop longtemps pour laisser passer une ou deux storylines un peu derpantes – notamment dans la quatrième saison.
Je peux pas trop développer pour parler un peu du reste mais matez cette série. Elle est essentielle. Fantastiques qualités d’écriture, persos incroyables, postulat inédit. Comment une série ayant toujours le même décor, où on voit le soleil du jour pendant deux trois plans – dont un en rêve – peut être aussi passionnante ? Les prisonniers sont des salauds attachants (les plus grands bâtards de la fiction sont là), c’est une fiction fantastiquement cynique, bien construite, ça se marathonne sans problème, on pleure parfois, on lâche énormément d’exclamations, ça n’a pas d’équivalent. Je ne vais pas refaire mon post d’il y a cinq ans mais vraiment, du caviar.

Aujourd’hui, la moitié du casting joue dans des séries policières nazes.

Sex And The City

Par Darren Star. Six saisons d’une vingtaine d’épisode. Format comique, une demi heure. Passe régulièrement le vendredi soir sur M6, quelque part dans le cycle Scrubs-Earl-Sons Of Anarchy-Californication. Je sens une légère consternation dans la tête de mes amis quand j’essaie de leur parler de Sex And The City. C’est peut être pas une série démentielle mais j’ai toujours eu un petit faible pour les aventures sexuelles de Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte, un groupe de copines qui « parlent et agissent comme quatre homos » (dixit je sais pas qui de je sais pas quelle autre série) et ben figurez vous que c’est la série dont on parle le plus dans les autres séries, finalement.
Sex And The City c’est New York, la grande pomme, ses bars branchés et ses lieux « in » du moment. Si les héroïnes vont quelque part, le lieu-dit est promis à être booké pendant quelques mois. C’est la série qui a décidé que le cosmo était un cocktail féminin. On pourrait facilement la renommer « Fist World Problems : Le Show » parce que son casting n’est pas forcément très très ancré dans la réalité et dans le tiers monde. En gros, quatre copines se baladent ensemble, vivent des aventures plus ou moins insignifiantes, font des conquêtes et parlent beaucoup de cul entre elles (sur ce dernier point je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’on atteint un certain réalisme) et c’est à peu près tout. C’est une comédie pas trop sitcom, pas trop feuilletonnante, plutot marrante et assez vanilla. Surprenant pour une chaîne qui a la réputation – justifiée – d’être obsédée par le sexe et les substances illicites ! C’est ni fait ni à faire, c’est sympa, ça retombe toujours sur ses pattes et c’est plutôt bien fait. Le club de grivoiseries légères, en somme.

The Wire

LA série pour beaucoup. Cet article défini en capslock sous-entend bien sûr « meilleure ». Je ne sais pas, je ne l’ai pas finie, je suis un peu sceptique sur cet état de fait. C’est une excellente série qui atteint les sphères universitaire – elle a été l’objet d’un colloque à Nanterre, par exemple. Par David Simon. Cinq saison de douze épisodes. Le générique est une reprise différente à chaque fois, façon Weeds. The Wire est une série policière qui raconte les faits et gestes gangs versus flics à Baltimore. C’est pas Detroit, c’est pas Cleveland, mais Baltimore c’est quand même pas terrible. La drogue est un peu la monnaie locale et on suit les péripéties des deux camps qui font de leur mieux pour gagner leur pain. The Wire se distingue via pas mal de trucs.
D’abord parce que c’est une série très journalistique. Simon est une pointure locale dans le métier et ses scripts sont très réalistes, documentés, pétris de petits détails glanés là et là. Bref, c’est une retranscription exacte du ghetto local. Ensuite, elle ne fait jamais – sinon rarement – preuve de manichéisme. On suit les deux « camps », on les voit se montrer les crocs, ça pète un peu dans un enchaînement logique. Il y a beaucoup de personnages et tous sont bien écrits (bien qu’importés d’Oz à environ 20%)
Ensuite, elle adopte des mécanismes qui l’empêche de feuilletonner. Chaque saison a ses storylines bien précises et se passe dans un pan de la ville de Baltou, avec ses trous de Bal. Les ghettos, les ports, l’éducation, les médias, il y a toujours une emphase sur un aspect bien précis de cette société. C’est assez fascinant, c’est qualitatif, c’est documenté. En bref, c’est bien, mais j’ai pas fini. Next !

Six Feet Under

Y’a pas mieux. On prétend le contraire ? On vous ment. J’en parlais en 2009, c’est mon seul et unique « Cosmic Seal Of Quality », avant que le mot « cosmique » soit connoté sur l’Internet français. Par Alan Ball. Cinq saisons de douze ou treize épisodes.
SFU est l’histoire d’une famille de croque morts à Los Angeles. Des Fisher, plus précisément. Le pilote s’ouvre sur la mort accidentelle du patriarche et les autres vont – ironie – commencer le travail de deuil. A partir de là se lance une pelletée de storylines impliquant beaucoup d’histoires de fesses, d’humour noir et de one-liners qui font réfléchir. Une série assez lente, posée, qui prends le temps de poser des intrigues, des questions et des personnages. Comme beaucoup de séries HBO, elle préserve un gimmick aguicheur – chaque épisode s’ouvre sur la mort (parfois tragique, parfois funky, souvent inspirée de faits réels) d’un quidam, quidam qui aura donc une pertinence quelconque dans notre famille de névrosés. C’est une série trèèèèès bien écrite qui a peu de moments de faiblesse. Son final est, pour beaucoup, le plus réussi de l’histoire des séries. Rares sont les fictions qui t’impliquent autant dans la vie de personnages – le anyone could die est étonnamment assez peu appliqué MAIS la série a quelques cartouches en magasin. Terriblement réaliste, ancrée dans les vraies choses, ses personnages sont attachants comme jamais, très cérébrale, je l’aime d’un amour inconditionnel. Bref, je vais pas refaire mon post.
Oh, Amo va bientôt mater la dernière saison et il va bientôt (re-re-re)comprendre que parfois, même dans la fiction, la vie vous fait caca dessus. Matez Six Feet Under ! C’est de loin ma série préférée et elle vieillit, oui.

Game Of Thrones

Par Monsieur Martin, qui tue votre personnage favori à chaque fois que vous réclamez la date de sortie du sixième livre. Mon avis n’a pas particulièrement changé depuis l’année dernière. Entre temps, on a eu droit à la troisième saison et comme d’habitude, l’épisode 9 a fait quelques ravages. Nous nous sommes tapés un plot twist que les lecteurs des bouquins nous teasent depuis une dizaine d’années, depuis, nous sommes tous en deuil. 5 minutes douloureuses, qu’on devine une demi seconde avant et à quoi on espère pouvoir échapper. Mais non. « Ça se passe ». Pas glop. Il parait que le quatrième livre est un poil plus chiant. Bon, ben voilà, c’est toujours une excellente série et un excellent univers, qui m’ont initié à l’héroic fantasy, à priori pas mon truc. Rien d’autre à dire, sinon qu’une pub Sanex n’était peut être pas une très bonne idée pour le plan final de la saison. Je rentre d’Essaouira, le lieu de tournage d’Astapor. Sinon, ça va ?

The Newsroom

Par monsieur Alan Sorkin, deuxième saison en cours, troisième épisode diffusé cette nuit. Je parlais de la première saison en janvier dernier. Que devient le Grey’s Anatomy des journalistes ? C’est un poil mieux mais ça ne bouge pas. Les persos sont un peu moins hystériques, cette storyline amoureuse qui nous énerve tous n’est toujours pas bouclée MAIS trouve des ramifications intéressantes qui introduit deux ou trois persos en plus. Il semblerait que la saison ait une structure globale qui, je l’espère, ne réserve pas un plot twist prévisible (un journaliste de guerre peut pas mourir de beaucoup de façons différentes, pour le dire simplement)
C’est toujours aussi bien écrit tout en étant mal écrit, dans le sens ou ces nombreux moments chewing-gum sont toujours là. Une réplique tire-larme, une chanson pas terrible, hop, le mauvais goût annule toutes les qualités de l’épisode qui vient de se terminer. J’exagère un peu, bien sûr, mais il faut supporter un truc de temps en temps pour bien profiter de cette série. Ce premier épisode était drôle, bien construit, il s’engage sur des storylines intéressantes… puis il y a Neal, petit geek de rédaction obsédé par les anonymous, autant dire que, pour des raisons mystérieuses, j’aime bien ce petit gars. Ce dernier s’engage d’ailleurs dans un petit truc un peu délirant qui s’appelle… Occuppy Wall Street. Bref, ça se passe fin 2011 et je recommande toujours autant – c’est même un poil mieux ! Ils parlent de réseaux sociaux ! Fou !

Phil Fish a bien kiffé le red wedding

Phil Fish a bien kiffé le red wedding

Pas vues mais damn il va falloir s’y mettre un jour quand même

Deux séries. Carnivale, pour son générique fantastique, son ambiance et son mystèèèèère. Je sais pas trop de quoi je parle mais ça à l’air d’être quelque chose. The Sopranos, évidemment, parce que James Gandolfini vient de casser sa pipe et parce qu’on connaît tous la séquence finale. Concrètement c’est une série sur une famille mafieuse et le reste j’en sais rien. Il paraît que c’est vraiment très bien et je fais confiance au common saying.

Je connais pas mais c’est toujours en cours alors pourquoi pas finalement

Curb your enthousiasm, alias Larry et Son Nombril. Comédie. Flou total. BoardWalk Empire, Steve Buscemi, ses yeux globuleux et le Brian Jonestown Massacre en générique nous ramènent à l’époque de la probihition. Steve Buscemi dans le rôle titre. Treme, par David Simon, deuxième round. Cette fois, on va à la Nouvelle Orléans après la catastrophe. Pis, enfin le tout récent Girls. Je pense qu’on peut affirmer que c’est l’antithèse de Queer As Folks. J’imagine.

Voilà ! On se retrouve dans vingt ans.

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You can (not) brag

Donc ! En prévision des cinq ans du blog, j’ai demandé à cinq personnes emblématiques de l’histoire de cette page de plancher sur la même question. « Qu’avez vous appris ces cinq dernières années ? » Forme libre, petit extrait sonore ou petit texte, au choix. Pas de directions suggérées, juste une introspection pour tout le monde. Allons-y pour les résultats, alors. Les fautes d’ortho sont d’origine. Je vous restitue les copies, notation libre.
Merci beaucoup pour votre participations les gars !

C’est le producteur principal de Radio01.net et de Radio Kawa à la rentrée. Il fabrique et diffuse ses émissions avec Stan, de Synopslive. Il est la porte ouverte vers ce joli monde de la webradio et des sagas mp3. Bref, la fenêtre de ce cercle sur le travail du son. Il m’a invité un jour et j’ai eu la chance de revenir de temps en temps, histoire de prouver qu’on avait le même projet pro. Il revient sur son parcours et sur l’évolution de son sujet fêtiche.

UaP1

Lui aussi travaille dans le jeu vidéo, mais dans un autre pan de l’industrie. Sans les faire directement, il nous gratifie de softs formidables comme les jeux Survivor ou les simulations de pétanque Obut. Bref, il est chef de produit chez cette boîte qui ne fait pas que des accessoires. Il m’a littéralement rendu dingue en designant Concombre Mario Maso. C’est l’un de mes tout premiers lecteurs, depuis, on se connaît bien mieux. Il parle des événements marquants de sa demi-décennie passée.

Expert en art de vivre coréen et en racisme, il pratique le premième degré (un mélange de premier et de second degré) permanent sur Internet, ce qui le rend aussi relou qu’attachant. Il est journaliste, mais en fait rédacteur, mais en fait je sais pas trop, bref il travaille et il gagne bien sa vie. Il la gagnerait encore plus s’il pouvait monétiser ses Vines. Il m’a présenté à quelqu’un et ça a lancé ma carrière, aussi dingue que cela puisse paraître. Il m’a montré la voie et n’a cesse de me repr- remettre sur le droit chemin. Il nous explique qu’on a pas toujours ce qu’on veut mais qu’avec un peu de motivation et d’alcool…

[J’ai pas de titre parce que je cherchais une citation sur le quinquennat et quasiment toutes celles qu’on me propose sont de Laurent Ruquier alors merci, hein. Ceci est donc mon titre]

Tout d’abord et pour commencer par une introduction liminaire afin de débuter, bon anniversaire, L’Usine à Problèmes. En vrai, on ne se connaît pas depuis si longtemps, mais cinq ans pour un blog, avec cette régularité de publication de paveys terriblement indigestes mais sympatoches dans leur ensemble, c’est une performance qu’on ne peut que saluer.

 Je me présente : YllwNgg aka l’Homme qui valait 3 milliards de Chinois. Pour une raison qui m’échappe un peu (une sombre histoire de mentoring ou je sais pas quoi), Concombre m’a demandé à moi et d’autres de dire qu’est-ce qu’on avait appris en 5 ans. Vaste programme. Conscient de la thématique éminemment jeux vidéo/culture pop jap/poney/Internet/lol du présent blog, je vais me permettre de dévier de la ligne éditoriale pour parler de ce que j’ai appris, pour ma part, en 5 ans. Nan parce que voyez-vous, faire une rétrospective japanim’/manga de la demi-décennie écoulée, je pourrais le faire. Mais ça m’intéresse pas de trop. Alors je vais parler de ma vie. Si vous vous en foutez, c’est pareil, j’m’en fous pas mal. C’est moi qui écris après tout. ALORS JE FAIS CE QUE JE VEUX !!!

 Ces 5 années écoulées, pour moi, ça a d’abord été la découverte, l’apprentissage et le début de la maîtrise du métier que j’exerce vainement actuellement : le journalisme total. Début de l’été 2008, j’ai le moral dans les chaussettes : après avoir entrepris un master en relations internationales BEAUCOUP TROP administratif, puis un mémoire de recherche sur l’Histoire du hip-hop US, je me retrouve un peu gros Jean comme devant, n’ayant pour moi que la découverte de la radio récente et la satisfaction de dire des bêtises informatives dans un micro. Sorti de là, mes grandes aspirations (résoudre le conflit Israélo-palestinien ou rejoindre la Zulu Nation) sont loin. Eté 2008, je tente quelques concours d’écoles de journalisme total, et échoue en Infocom à l’Université de Nantes.

Nantes, pour le bouseux qui veut faire du journalisme, c’est très très bien. Non pas grâce à la formation. Mais grâce à la multitude de médias locaux associatifs qui acceptent globalement n’importe qui d’un peu motivé. En plus de me découvrir une passion pour le journalisme total, je m’y suis fait pas mal de potes. Certains sont aujourd’hui très connus sur les Internets, mais on est pas là pour parler Klout ou quoi.

En somme, en 5 ans, l’idée du journalisme a germé puis mûri. Aujourd’hui, si tout n’est pas non plus rose, j’exerce un métier que j’aime et qui me fait vraiment pas suer quand je me lève le matin.

 En 5 ans, j’ai également pu approfondir ma connaissance de la vie. J’ai la chance de pouvoir compter sur une multitude de cercles de potes que j’ai pu constituer au gré de mon parcours chaotique (les nantais, les connards de journaleux, les gens de l’INTERNET – dont l’auteur de ce blog fait partie –, les bretons… OUI, LES BRETONS). J’ai dû affronter des situations un peu nazes desquelles j’estime être ressorti mieux préparer (chômage, pas de logement, ruptures) pour la suite. J’ai appris à contracter un prêt bancaire, à payer mes impôts, à remplir une putain de fiche Sécu. Je gagne peu à peu des levels d’adulthood. Je sais pas si c’est bien ou pas, mais c’est un fait.

 En 5 ans, j’ai pu participer à de multiples projets chouettes : Radio Prun’ et ses 10 ans, Canal 15 Vendée (RIP), Journal du Japon, Total Manga, TV5Monde, Zoo… Grâce à tout ça, j’ai pu interviewer des gens comme Roselyne Bachelot, HIFANA, Neil Gaiman ou Suda51 (quoi qu’en dise @Alvin_stick, j’aime bien ses jeux). J’ai même été invité à participer à une conférence, for fuck sake ! Ca fait gars qui se la touche, un peu (et c’est le cas, un peu aussi, ne nous leurrons pas), mais j’ai agréable, parfois, de se toucher un peu.

 En somme, en 5 ans, je suis passé du statut de petit con à celui de futur vieux con. Il me semble que c’est dans l’ordre logique des choses. J’ai vu, lu, écouté et joué à plus de choses pendant cette période que pendant les 22 années la précédent, je pense.

 5 ans, comme ça, alors que la vie commence, ça peut paraître énorme. Et de fait ça l’est (ces 5 années, comme je le dis, ont plus ou moins déterminées la personne que je suis aujourd’hui). Mais c’est finalement pas grand-chose. Tout le bouzin ne fait que commencer, avec ses lots de chiantise, de vie pépère et tout le toutim. Profitons donc de mnière très YOLO tant qu’on le peut encore.

Bon anniversaire, Usine à Problèmes. C’était très soin de m’avoir convié à m’épancher de manière flan ici.

Si l’Internet avait une mascotte, ce serait lui. Il a déjà eu droit à son hommage surprise – checkez le premier avril – et il pige comme il peut. Il a le démentiel don de toujours se plonger dans ce qu’il a conspué deux secondes avant. Il y a deux ans, j’avais plus de followers que lui, depuis, il a bien mieux compris que moi comment l’internet-game marchait. Si si, il est très fort. C’est à vous, monsieur Stick. Il va nous parler du chômage avec un ton de petit malin, attention, c’est perturbant. C’était le sixième, quelqu’un s’est désisté. Il ne s’en vante pas mais il m’a donné des coups de mains significatifs en scred là et là.

L’ autre jour, LaDebauche m’a demandé de lui écrire un truc pour les cinq ans de son blog, La Fabrique à Soucis je crois, ou un truc dans le genre, sur ce que j’ai appris ces cinq dernières années. Oh l’autre, il s’est passé vachement de trucs t’as vu. Imagine mec, en 2008, j’avais dix-huit piges, autant de quintaux auraient dit certains, un job à mi-temps de dingue qu’il était irresponsable de me filer à mon age et plus aucune envie de gratter à la fac parce que LOL YOLO.

On rigole mais c’est important le YOLO vous savez. On ne vit vraiment qu’une fois, je vous l’assure. On a pas trop le temps de se poser des questions parce qu’en vrai, on a le temps de rien. Tiens, vu qu’on est chez les otaques, je peux vous l’avouer, il y a fort longtemps, je m’étais abonné à la Collection Gold pour recevoir tous les mois de quoi constituer un bon backlog de mangasses d’animes à mater « en cas de chômage ». Un an à mendier des piges sans ASSEDIC plus tard, j’ai toujours vingt coffrets emballés dans leur blister dans l’étagère au-dessus du bureau qui ne manquent pas de me faire passer pour un gros nerd auprès des rares conquêtes que je ramène dans mon une pièce chauffage eau chaude ascenseur balcon mais sans moulures faut pas déconner non plus.

Ça, c’est au chomdu, autant dire qu’avec un boulot bouffant environ un tiers de votre vie, même en arrêtant de dormir pour profiter du reste (#astuce), il faut quand même sacrément se sortir les doigts et arrêter de pioncer jusqu’à 14h même si ça aussi, c’est un peu YOLO. Au début c’est cool, on est vachement jeune, on est toujours le plus jeune et les gens écarquillent un peu les yeux, c’est le swag. Mais ça ne dure pas. Dare dare, l’âge arrive, vite, vite et vous ne serez plus aussi jeune et pimpant que les jeunes qui lorgnent sur votre place comme vous il n’y a pas si longtemps. Je crois que c’est un peu pour ça que j’exècre les youteubés.

Old pour old, j’ai appris à me poser devant un micro et à raconter des trucs dedans en me prenant beaucoup trop au sérieux. Ça ne sert objectivement pas à grand chose mais hé, qu’est ce que c’est le fun, je dirais même qu’on s’éclate bien, et puis on fait de belles rencontres aussi. Je pense honnêtement c’est sur ça que j’ai le plus bossé. Voir de nouveaux gens, essayer d’être friendly quand on t’a dit toute ta vie qu’il faut se méfier des gens car #lesgens, ils sont méchants. Ok, il reste du boulot car ce n’est pas facile quand on était pas très populaire à l’école, mais vous savez ce que c’est sinon vous ne seriez pas trop dans les parages, à moins que vous cherchiez à lire du sous jetenculetherese, excellent dealer de conseils lifestyle au passage.

Parce qu’on en revient au boulot car vous savez, c’est important mais pas trop non plus. Respectez-vous et essayez de vous faire respecter si possible. Mais par contre, on oublie pas que la vraie vie c’est avec les potes qu’on retrouve après le taf avec qui on prend des coups jusqu’à pas d’heure en daubant sur Top Chef même si ça implique de ne pas être vraiment fraîcheur alpine devant Nadège de la compta le lendemain. Je ne vous incite pas à boire mais je vous le recommande fortement tout de même, contrairement à ce que disent les parents, j’ai l’impression qu’on y survit au-dessous de vingt verres par semaine, ce qui laisse une petite marge.

Mais vous pouvez faire plein d’autres trucs cools vous savez, mais par contre, faites-les. On se bouge son cul, on prend des décisions, on arrête de chouiner ou alors on chouine en faisant des trucs. Il y a plein de choses chouettes à faire et à apprendre, sur Internet ou ailleurs, et en cinq ans, je crois que j’ai compris qu’on a tout a gagner à se sortir les doigts. Ca fait un peu mal au début et on y arrive pas tous les jours mais c’est ce qu’on a de mieux à faire. Parce qu’on rigole on rigole mais en vrai, YOLO, vraiment.

C’était la leçon de vie d’Alvin_Stick. A très vite sur l’Usine à Ennuis !

Enfin, c’est mon bro de l’Internet. Je me suis calqué sur son modèle, on s’est rencontrés and the rest is history. Inutile de le présenter, il a plus de temps de parole ici que n’importe qui d’autre et il n’est pas impossible que je l’ai plus vu cette année que ma propre soeur. Il va nous parler de… de… voyez plutôt.

Il y’a cinq ans ou en étais-je ? Sortie du bac, début d’études de droit, la fin de la vie de lycéen, début de celle d’étudiant, de la liberté que cela occasionne et début de l’entrée dans la vie adulte. Ca a été ensuite une sorte de grand chaos: études de droits échouées à cause d’un manque de travail et d’un état d’esprit non adapté (j’étais encore en mode petit branlos convaincu qu’en se contentant d’écouter en cours ça passerait), deux ans d’études d’histoire relativement négligeables et absolument pas motivantes à cause d’un projet professionnel flou et d’une vie alors plus concentrée sur la vie associative et Internet que sur des échéances aux enjeux pas clairs et que je sous-estimais alors clairement. S’en suit alors la décision de partir de ce système, pour plein de raisons dont une famille sur place qui commençait à foutre la pression et à me prendre de haut à cause de mon statut, et de m’installer à Nantes pour le grand plan. Ce qui consiste à préparer des concours d’entrée dans la fonction publique, chercher (péniblement) des jobs divers et variés, etc etc. Un an et demi je quitte Nantes pour Paris et nous y voilà, je suis à l’heure actuelle semble t-il un heureux chanceux puisque j’ai un toit et un travail.

Bref, ces cinq années ont surtout été cette transition difficile entre vie adolescente et vie adulte. Rendue encore plus difficile par cette hésitation permanente, cette incapacité à trouver un projet d’avenir et à m’y fixer.

Il y’avait toujours au loin cette envie d’être journaliste mais en même temps je ne faisais rien pour m’en diriger et je me contentais bien aisément de mon *blog* et de ses *nombreux visiteurs* et de la *gloire* que ça amenait. Et, malaise, c’est au moment de commencer à vraiment exercer ce métier (en stage chez Nolife ou bénévolement chez le JDJ) que je me rends compte que je ne l’aime pas vraiment, et que je ne me vois pas le continuer. L’exercer pour de vrai. Attention, cela ne veut pas dire que mes expériences ont été négative: j’ai des souvenirs vraiment excellents de mon stage, et même si je continue à être maladroitement atteint d’un starcrush pour toute la chaîne, je suis honoré d’avoir pu faire partie de l’aventure malgré les sacrifices que j’ai pu faire à l’époque. Mais en y étant je m’en suis rendu compte terriblement: je n’ai pas ma place dans ce milieu parce que je n’ai tout simplement pas envie d’en faire partie. Ce n’est pas une histoire d’ambiance, ce n’est pas une histoire de milieu soi disant corrompu (c’est pas giga vrai), ce n’est pas la faute du milieu lui-même. C’est juste que je sens que si j’en fais partie, je vais devenir fou et je vais perdre tout amour non seulement envers un de mes médias favoris mais en plus envers l’écriture elle-même.

J’ai lâché le Journal du Japon à peu près à la même période, quand je me suis rendu compte que passé l’adrénaline de la première rencontre avec un mec japonais super connu, bah je ne faisais finalement que me forcer à écrire des textes dans lesquels je ne me reconnaissais pas, que n’importe qui d’autre aurait pu faire à ma place. Et c’est là le plus important: dans un milieu surchargé de volontaires, si n’importe qui d’autre peut faire ce que je fais et que je n’y trouve aucun plaisir, alors autant laisser ma place: je ne la mérite pas.

Je suis à l’aise pour critiquer, analyser mais tout ça je veux le faire selon mes règles, selon mes humeurs. Par exemple, j’emmerde ceux qui trouvent que j’utilise un style beaucoup trop oral ou vulgaire. Qu’ils aillent lire des mecs qui font un style pas oral et me pètent pas les couilles. J’écris comme je le sens parce que pour moi l’écriture est un moyen de transmettre honnêtement mes sentiments, tout en permettant un léger recul que tu as pas à l’oral. C’est pour ça que je suis toujours très heureux d’écrire pour mon blog ou mes conneries perso.

J’adore aussi parler dans un micro. J’avoue que j’adore quand on me demande mon avis sur quelque chose ou quand je sais être écouté ou lu quand je donne mon avis, je ne le lirais pas. Et si ce que je recherchais dans le journalisme n’était pas le faire d’écrire et d’être payé pour ça, mais juste d’écrire avec la garantie d’être lu ? Et si ce qui m’avait attiré le plus dans l’idée d’aller bosser un mois chez Nolife c’était pas le fait d’apprendre un métier en profondeur ou de potentiellement rejoindre l’équipe à long terme mais juste l’idée de pouvoir écrire une critique de jeu assurée d’être vue par un bon paquet de gens ? Si ce que j’avais recherché si longtemps dans cette ambition pro n’était pas la carrière, mais l’exposition qu’elle amenait ?

Aujourd’hui je fais un métier que je m’imaginais jamais faire il y’a cinq: scanner des courriers, les intégrer, les trier. Le métier est répétitif mais la paie est bonne, l’ambiance au boulot est bonne et il est très permissif niveau horaires et possibilités de réguler sa journée de boulot, en plus de pouvoir revasser gratos sans se faire juger par qui que ce soit, et dieu que j’aime bien ça. J’y vais sans me forcer (contrairement à mon boulot de gardien de parking dont non seulement le métier était chiant, mais en plus payé au lance-pierres, dans une ambiance de boulot merdique avec un boss colérique et petit chef qui m’effrayait à chaque fois qu’il disait mon nom) et pour la première fois depuis toujours, c’est même une entreprise dans laquelle je peux envisager une carrière. Et qui, surtout, me permet de faire des choses à coté. Ce qui est le plus intéressant, et de loin.

Je ne recommanderais à personne de prendre les risques que j’ai pris: même si j’étais sous la pression de ma famille et même si j’avais alors la volonté d’essayer d’épater la galerie (famille, amis, copine), quitter mes études a été une décision quasi suicidaire. Sans les bonnes personnes ou les innombrables coups de pots que j’ai eu (un candidat qui s’est pas présenté au moment X, quelqu’un qui peut m’héberger et qui peut accepter de décaler le loyer quelques semaines quand on se retrouve à sec, un boulot qui tombe 3 semaines avant une deadline, un toit une semaine avant cette même deadline) ça aurait pu très très mal tourner et je n’ose imaginer ou j’en serais aujourd’hui. Si vous avez un projet déterminé, continuez à le poursuivre à tout prix. 

Et j’ai aussi appris que les succès étaient la plus grosse drogue vidéoludique de l’histoire, au point ou il m’apparaît inconcevable de pas acheter une Xbox One. Mais ça c’est une histoire pour un autre jour.

Bouhouhou tout ce pathos.

Alors oui, vous êtes tous représentés par des Tomoko. Tomoko pour toi, Tomoko pour toi, Tomoko pour TOUT LE MONDE
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5.55

Vlan ! Cinq piges de blog. Une demi-décennie. Il y a déjà trois ans, je blaguais que j’étais parti pour une décennie. Le titre de ce même post impliquait – subtilement – que j’allais arriver à ce stade. Et encore, ce n’est que la date semi-officielle puisque je suis déjà en retard d’un mois et des bananes pour faire ce post, mais aussi parce que la vraie date est en fait il y a sept ans. Je n’ai commencé à réellement poster des textes construits que vers Juin 2008, où j’étais certain de faire ça régulièrement. Là, je suis à un pivot du truc, sans réellement savoir si je vais rempiler régulièrement à la rentée. Un petit sacrifice d’égo et « d’assise Internet » qui rapporterais un fantastique gain de temps. Au lieu de faire un habituel bla-bla sauce bilan, je me suis donc posé une question, appuyée par la rondeur de ce beau chiffre.
« Qu’est-ce que j’ai appris en cinq ans ? »
C’est pas simple mais il y en a des choses. Disons que j’ai fait pas mal de découvertes. Je n’ai pas réellement évolué – en tout cas pas des masses – mais j’ai fait une kilotonnes de rencontres et de trucs fascinants. Il faut comprendre que cette page est, pour moi, toute ma période post-bac, et qu’elle va pratiquement mourir d’elle même dès que j’aurais un boulot. La réponse en version light, car être exhaustif ici et maintenant c’est pas simple, non non non.

Déjà le cinquième Excalibur d’anniversaire ohlala

Donc. L’été 2008, c’était à peu près comme hier, je sortais de la Prépa, équivalence magique en poche. Plein d’idées en tête mais sachant bien que je n’y arriverais jamais avant une licence au minimum, je me dirige vers le droit. Je fais ma première Japan Expo, découvre qu’il y a un truc derrière. La Fac commence et je vais devoir me prendre en main sur tous les plans. C’était sympa, j’étais relativement frais dans ma tête, mais écrire sur des sujets rigolos, même dans le vide, était quelque chose d’assez excitant. Nous sommes maintenant cinq ans plus tard. J’ai moins de cheveux, plus d’expérience, beaucoup plus d’assurance, j’ai écrit quinze milliards de signes sur Internet et je tape tout ça depuis le Maroc, mille-feuille à la main. Bref, la vie est cool, c’est les vacances et bientôt le shit va getting real. Un peu comme chaque année, finalement. Que s’est-il passé entre temps ? Je vous fait le best-of, ici et maintenant. La vaste majorités des machins évoqués ci-contres ont eu droit à un post dédié. Il va falloir les chercher car j’aime faire de la flemme sur les petites choses une constante.

En 2008 j’étais absolument profane des animes. Aucune idée qu’il pouvait y avoir une actualité et un fandom dédié. Je pensais que c’était une sorte de relicat du passé et que certaines productions subsistaient en France de temps en temps, la saison « Kaz » étant soit une exception, soit une ouverture discrète. Je lisais quelques mangas avec grand plaisir sans savoir que des adaptations étaient quasi-systématiques. Entrer à la fac était synonyme de glandouille sur le net devant un Guy Carcassonne encore vivant. Bientôt, j’apprends l’existence de La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya, commence un peu voir, trouve ça formidablement moyen et découvre qu’il y a plein d’autres trucs. J’ai eu un gros coup de coeur pour Soul Eater dont l’univers me colle à la peau, très perfectible et la fin approche. Sinon, les meilleurs animes que j’ai vu sont probablement Haibane Renmei (mon seul 10 sur My Anime List, folie furieuse), Tokyo Magnitude 8.0, Sayonara Zetsubo Sensei et Baccano!. Mention honorable pour les idées barrées de Kaiji. Bon, on est d’accords, pas facile de battre Cowboy Bebop mais certains se défendent comme ils le peuvent. Ce n’est que le préambule d’une liste assez longues de séries vues, finies, abandonnées ou purement snobbées (K-On ! est un running gag qui tient toujours) et qui passionnent beaucoup de gens.
Surprise numéro 1 : la japanime est aussi une affaire d’adultes, et je ne parle pas de la masse impressionnante de pr0n qu’elle génère – non, que nenni, il y a de belles intrigues, des thèmes adultes, des machins complexes, pince-sans-rire ou violents. Parfois, c’est juste des mécha-loli à qui on a oublié de donner un pantalon et c’est embarrassant pour tout le monde. J’ai été assez otaque pendant cinq ans, j’ai même cofondé une asso et couvert pas mal de conventions, parfois avec une assez belle boule dans le ventre mais toujours avec plaisir, finalement. Ce n’est plus un milieu dans lequel je me passionnerais à outrance mais c’était une grosse bulle sympa et originale. C’est pas comme si j’avais rencontré plein de gens via ce médium ou sa périphérie : une vaste majorité de gens bien, énormément de gens bien intentionnés, une tout petite minorité de gens chiants. Une très belle moyenne et des gens souvent originaux. Maintenant, je regarde pas mal de trucs en dilettantes (et c’est un peu hypocrite de ma part parce qu’il y a plein de trucs bien cette saison et pas que des machins bien nets) donc un pan bien particulier qui a pris de grooooOsses proportions dans ma vie. Maintenant, je me suis calmé, je préfère jouer à Rock Band.

CE JEU !!§

Le jeu vidéo, c’est une autre histoire. Le saviez vous ? J’étais complétement Nitendautiste jusque là. Comme tous les autres, je vivais dans un joyeux monde de gameplays parfaits, de Mario Party, de Wario Ware, etc. Et paf, je finis par avoir envie de succès (la motivation la plus étrange de tout les temps) et de jouer à Banjo-Kazooie (ditto) et j’achète une 360. ET LA PATATRAC TONITRUANTE DÉCOUVERTE, la même qu’au dessus ! Il y a toute une actualité et elle est encore plus intense ! Dingue !!
Moui, plus sérieusement, j’ai appris à comprendre qu’il y avait plein de trucs pour moi de l’autre coté du JV, à l’époque où Nintendo savait ce qu’il faisait. J’ai réussi à ouvrir ma focale quoi, ça demandait un certain effort intellectuel à l’époque. J’en retiens des jeux comme Read Dead RedemptionRayman Origins, Alpha Protocol, Fallout New Vegas ou Catherine. Sans compter les milliers d’eurobrouzoufs – littéralement – dépensés dans Rock Band. Les choses ont bien changé, on est sur le point de passer à la génération d’après et elle aura pris son temps. Sega a perdu le jeu à force de perdre les siens. La 3DS a raté son démarrage comme jamais, elle est en pleine forme deux ans plus tard. La Wii U pourrait suivre le même chemin mais il va falloir beaucoup de jeux et d’abnégation. Sincèrement, je crois qu’en 2008 je me disais que GTA était un jeu un peu con et violent. Pardonnez moi, je l’étais un peu aussi, con. Faut dire qu’à l’époque, acheter un jeu était quelque chose de rare et puissant, aujourd’hui, c’est une routine !
C’est devenu quasi-industriel, parfois pour le boulot, encore plus rarement pour rattrapper le passé. En cinq ans, le jeu vidéo s’est un peu cassé la gueule. Le marché est en train de changer de modèle, Game a glissé sur une peau de banane, le journalisme JV est devenu – un vaste problème de connivence chez les autres – un vaste concours de celui qui va dénoncer le voisin en premier sur Internet. La presse est quasi-disparue en France. Internet a une fois de plus tout pété et la réponse émerge dans quelques pratiques alternatives qui se cherchent encore aujourd’hui. Le retail existe toujours mais Zozon.com reste la meilleure façon de se fournir. Oui, pour les consoles. Ne me parlez pas de master race. L’élitisme PC est peut être la seule constante du truc.

Souvenons nous, ce blog était à la base un blog télé ! Est-ce que les choses ont changé ? Noooon ! Quelques petites séries résistent toujours à l’envahisseur. Je peux même pas écrire de généralités sur les networks parce qu’House Of Cards, premier produit de l’écurie Netflix, à l’air de valoir son pesant de cacahouètes. La grande ère HBO reviendra pas mais elle nous fournit encore Girls, The Newsroom où Game Of Thrones. Ok, Six Feet Under, The Sopranos, The Wire et Oz appartiennent au passé mais la création taylay a encore de belles choses devant elle. Imagine, Monster par Del Toro ? Ca risque d’être quelque chose. En 2008, c’était le grand retour à la sitcom. Je porte pas beaucoup The Big Bang Theory dans mon cœur, préférez The Office. Enfin, toute « l’ère ABC de 2004-2005 » avec Grey’s Anatomy, House, Lost et Desperate Housewives est terminée, bien heureusement pour cette dernière.
En 2008, on sortait à peine de la call-tv, ce concept qui me fascinait. Aujourd’hui, pas bien loin sur la TNT, restent les émissions de type Discovery qui exploitent des concepts foufous. Je matais Survivor en live depuis déjà un an et j’allais découvrir The Amazing Race en vomissant de bonheur. Si vous voulez recréer ces conditions, matez la saison 6 ou 9 et tant pis pour le 4:3. La première a de meilleurs restes que le second (mais il paraît que la dernière saison est vraiment bien donc allez savoir)
Pendant ce temps, en France, on tend vers le concept de mini-jeux partout. Dans cinq autres années, on invente le Wario Ware télévisuel. Vivement quoi. Ici, commencer une phrase par « Bref » est devenu connoté.  Gros coup de coeur pour Nolife dont l’aventure est inspirante.

Bonjour ceci est la meilleure vidéo des Internets

Niveau musical ? Deux groupes que j’ai découvert en 2007/2008, The Go! Team et les Flaming Lips, restent parmi mes préférés encore aujourd’hui. Je suis devenu « ce genre de type » qui préfère acheter des vinyles parce qu’il a la chance d’avoir une platine. J’ai pris l’habitude de systématiquement aller à Rock En Seine chaque été, même si j’y vais en me disant « tout de même, la programmation est pas terrible »… parce qu’il y a toujours deux ou trois groupes qui sont une motivation du tonnerre. Dans un mois, c’est Franz Ferdinand, Phoenix et NiN. Aller à un concert cool et pas trop cher de temps en temps est devenu une sorte d’obligation bien saine. Je n’arpente plus les jeunes talents comme je le faisais autrefois et c’est un poil dommage, ces soirées au Trabendo me manquent pas mal. Sinon, un album toutes les deux semaines et un bon gros coup de cœur de temps en temps. Je dois bien remercier les jeux musicaux et certains Youtubeurs pour avoir découvert une foultitude de singles et de groupes.
J’ai vu Oasis splitter sous mes yeux et on me vanne toujours avec ça, quatre ans après. C’est bien ce single, sans surprises, que j’ai le plus écouté dans ce gros lapse de temps. Je nourris toujours l’espoir de bosser dans cette industrie, parce que commenter l’actualité en passant quelques disques sur Nova a l’air d’être le meilleur boulot au monde. D’ailleurs, en 2008, tous ces gens que j’adorais écouter mais qui ont disparu du radar : Bibi Tanga, Kenna, Cajun Dance Party, z’êtes passés où ? Y’a que les Friendly Fires et Vampire Weekend qui ont su tirer leur épingle du jeu, visiblement.

Pis bon, rester devant son Macbook c’est très sympa mais bouger c’est aussi très bien. En cinq ans, je suis allé sur autant de continents que d’UFR différents à la fac. Ou presque, quelque chose du genre, bref. J’ai suivi mon cursus un peu en traînant des pieds mais toujours en sachant que j’aime – la plupart du temps – ce que je fais. Les Lettres, c’est une question d’idéologie, d’époques et de goûts, parfois on a juste envie de s’en foutre. Aujourd’hui, je fais de la recherche et je boucle un mémoire, ça, c’est bien plus cool. Le deuxième cycle devrait se terminer sous peu et je vais reretenter les concours d’écoles de Journalisme. Peut être l’occasion de retourner en prépa.
Parfaitement, avec une majuscule ! C’est mon truc, un métier ingrat – décrié par les ignorants, parce qu’il y a peu de professions plus passionnantes et enrichissantes – difficile à intégrer. Pas de bol, ce qui m’intéresse c’est aussi le vrai, le généraliste. Il a fallu apprendre que la fac te laisse un peu te démerder et que c’est à toi de faire ton trou où tu veux. Qu’à cela ne tienne : premières rencontres, premières expériences, premiers stages, la machine se met en marche. Sans ce blog, les choses auraient été différentes, je n’aurais pas eu la petite motivation, l’incentive d’écrire partout sur divers sujets. Vraiment, la prochaine fois que vous écrivez une crasse sur un journaliste, réfléchissez bien. C’est un parcours qui se mérite et qui n’est pas toujours tendre – personne n’est là par hasard, alors dites vous bien qu’il y a peut être des paramètres que vous ne maîtrisez pas dans votre critique… en tout cas, études et boulot, concilier les deux est l’éternel casse-tête. A suivre, donc, et merci au Twitter et au JDJ d’avoir kickstarté tout ça !

Pis bon, le social, bien sûr. Pas besoin d’apprendre que les rencontres sont la clé de tout. L’appliquer, après, c’est autre chose ! J’ai fréquenté pas mal de sphères des internets ; des (bons) bloggeurs BD (pas girly) des otakes, des journalistes, des soiffards, des gars de l’industrie du JV ou de la musique, des lecteurs. Plein sont devenus des amis, une petite poignée sont devenus un peu plus. Arpenter des bars stratégiques est devenu une stratégie clé et un plaisir depuis une grosse année et demie. Rencontrer des gens, tisser son lien social et son réseau, le temps filtre naturellement tout ça. J’ai donc appris qu’il ne fallait pas toujours me brusquer, suivre mon instinct sur les gens sympas et ne pas être trop premier degré sur le web, même si c’est dur.
Puis j’ai pigé que mener des projets, même de niche, ça n’a rien de compliqué. Le Velvet Video Burger et l’AMV ENFER restent mes deux machins trademark, les deux ont été la suite logique d’une expérience qui tâtait le terrain. Même sans le crier sur les toits, le bon concept se suffisait à lui même. Alors avec un brin de communication maîtrisée !

Woof !

Woof !

Bon, je vais pas parler de trucs dont j’ai jamais parlé ici, genre de bouquins, je doute que mon fétiche sur Castaneda ou la littérature nord-Américaine vous fascine franchement.

Puis y’a Internet. En 2008, Youtube est encore un truc relativement récent. On ne maîtrise pas encore bien Twitter, Tumblr arrive, on écoute timidement de la musique légalement sur Internet et Tv Tropes s’apprête à ruiner nos vies. Bientôt, le gros du truc va se faire là. Tous les trucs. Aujourd’hui, l’Internet est citoyen, participatif, il nous offre le serious gaming, il finance à plusieurs, plus personne ne veut payer pour de la bonne information et de bons pure players surnagent au dessus d’un Melty aussi dégueu que bien référencé. Cinq ans, le temps d’un tapis roulant de mèmes. Le plus rigolo restera à jamais Trololo. Un an après, j’aime toujours les conneries à la Dolan. C’est bien Twitter qui est devenu le meilleur des terrains de jeux – et j’ai connu des sites qui m’ont aidé à étendre #leréseau, d’autres qui m’ont permis de mettre tout le reste à profit. Ben ouais, comme tout le monde, j’aime faire des podcasts. Des bons, de préférence. Proposer des choses, le partager, voir comme c’est gratifiant, idéalisme béat. Tout le monde y gagne, ça rentre dans cette période classique de pré professionnalisation qui nous atteint tous, le temps d’engranger des diplômes.

Bref, ça fait cinq ans que j’écris sur les Internets et c’est passé sacrément vite. Ça m’a apporté plein de choses. Souvent indirectement mais hé, c’est très bien comme ça. J’ai, basiquement, appris qu’il fallait se battre pour ce qu’on aime, qu’il ne faut pas s’en faire pour trop peu, que j’ai un fétiche étrange pour les cultures de niche et qu’il ne faut pas laisser passer les bonnes idées.
Merci à vous pour votre fidélité. Cœur avec les mains. Un autre encore plus gros pour ceux qui sont là depuis le début.
On se retrouve dans deux jours pour la deuxième moitié de ce post !

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Japan Expo 2013 ~ Streetputages

(A lire avec une voix grave de divinité Nordique, avec du tonnerre juste après) LA SEFAAAAAAAAA.

C’était ma sixième Japan Expo, les enfants. J’en ai systématiquement parlé ici. Je ne regrette jamais, contrairement à ce que la moitié de l’Internet absent veut faire croire. C’est toujours intense, éprouvant, très fatiguant mais surtout intense et c’est bien tout ce qui compte ! Sans faire le récapitulatif complet, j’y allais les quatre jours pour la deuxième année de suite, toujours pour le Journal Du Japon, avec pas mal de boulot qui sera publié tout l’été et sûrement un peu après. Ha, cette édition 2008, un après-midi à ne pas savoir grand chose et à m’acheter une intégrale de Cowboy Bebop, si loin et si proche à la fois. Il y a cinq-foutues-piges.

Bref, je vais pas m’éterniser. CE POST, LUI, PEUT ÊTRE UN PEU. C’est ce qui nous intéresse : qu’est-ce qui était marquant ? Qu’est-ce qu’on peut en retenir ? La dynamique d’espace, d’invités, d’animations, d’achat à faire évolue toujours plus, apposant une identité bien précise par édition. Alors, cette quatorzième ? Ma Japan préférée. Ce sera personnel mais j’y ai fait tellement de trucs, serré tellement de mains, préparé le terrain pour quinze mille choses. Quand tu rentres chez toi et que tu constates comment tu as passés tes quatre jours, tu es foncièrement content. Ton portefeuille, lui, fait grave la gueule. J’y reviendrais… alors, revenons au pays des gens qui achètent pas leur billet retour avant d’entre dans la conf, de la nana qui vend ses foutues cartes postales, des damnés sabres etc. Vous savez quoi ? On va le faire point par point, géographiquement. Go ! Prenez ce plan avec vous. En deux parties et en quinze points de chute.

(1) : Béni soit le point Presse. Loué soit-il. Climatisé, peu fréquenté, formidablement aménagé pour se reposer en bossouillant un peu ou en préparant les échéances d’interviews. Là bas, on a un petit coin secret pour fumer et dorer au soleil, sans personne ni aucun bruit. Le paradis. J’y ai fist-bumpé un gars de la sécurité. Bref, j’arrête de faire mon Journaliste Branle Bourse mais ce paragraphe sert surtout à remercier le staff qui fait toujours aussi bien son boulot, avec le sourire et beaucoup de compréhension. Booker une salle d’interview sans prévenir n’est pas toujours simple et l’orga a été d’une serviabilité exemplaire, merci merci. Bon, on peut plus boire que de l’eau, notre eau, yllwngg n’apprécie pas trop mais il est vieux, il doit s’hydrater et il était pas là. Bref, beaucoup de souvenirs à interviewer des japonais qui n’arrivent pas à répondre en plus de deux phrases, où à tenir une interview avec le casting de South Park qui fait de l’acting derrière. De grands moments. Coming soon sur le Journal Du Japon !

(2) : Je devais aller à la JaPex stage pour livetweeter l’Aniplex et préparer en amont des itws et autres papiers, je suis arrivé à la bourre et suis quand même tombé sur une Suzuka survoltée qui tenait une conférence à base de cils et d’ongles. Bref, l’Aniplex – présenté par Salomette – Julien Chieze, de l’autre coté, se chargeait de Square avec Greg Hellot en traducteur – annonçait plein de projets pour Wakanim, plein de séries qui ont l’air sympa, d’autre moins. Ça a aussi permis de confirmer que l’Attaque des Titans était la grande tendance 2013 en série. Un gonze a hurlé « SON PÈRE C’EST UN TITAN » donc voilà, maintenant j’espère que vous êtes aussi dèg que moi et que vous allez tout faire pour lui casser la figure. Silver Spoon et Blood Lad, deux adaptations logiques de Kuro, arrivent aussi en offre légale. J’oublie sûrement plein d’animes crades (genre Oreimo no Inceste Saison 2) et des postulats intéressants que j’ai eu du mal à retenir à cause d’une vidéo au son décalé. Bref, l’offre légale est là, elle à l’air de qualité, elle se développe et permet des partenariats chouettes – en Novembre, dernier film Madoka au grand Rex ! Ça sent fort le happy end greffé mais chuuut.

(3) : Le célébrissime Kartier du Kancer. Il ne bouge jamais, est identifiable de loin. C’est pas dur : il faut tout éviter par sécurité, sinon cibler quelques honnêtes commerces bien planqués. C’est le tribut pour ne pas encourager des artbook Soul Eater gabonais ou CES FOUTUS SABRES ! Y’en a tellement marre de cette histoires, personne n’est gagnant, tout le monde se ridiculise. Et pourtant, ça se vend par paquet. Les gens en achètent deux, trois, quatre… c’est tarif dégressif, bientôt au kilo. C’est juste embarrassant mais ça fait partie de l’identité Japan Expo. C’est pas grave, tout le reste est vachement bien !

Des fans de l’AMV ENFER. Vous êtes beaux !

(4) : Le sud-est de la moitié Japex est une vraie plaque tournante, pas nécessairement en flux tendus. Un appeau à carte bancaire. On y trouve une masse scandaleuse de bonnes choses, de très bonnes choses. Ça ne change pas non plus, les grands éditeurs y sont installés dès l’entrée. Chacun présente son line-up d’été, aucun problème. Kuro, Doki, Soleil (j’ai pas acheté un Prunus Girl pour faire genre je suis un type fréquentable mais j’avoue être très tenté) Kana, Kaze… tous là avec Square Enix qui fait tester au milieu. On y reviendra. Un peu après, les imports. Big up au stand Animate, qui vend une foultitude d’artbooks et de bouquins à prix d’or. De très beaux ouvrages qui nécessitent d’y mettre le prix. On peut tout de même les retrouver à Paris, à Pyramides. Joli stand cependant. Nolife était étrangement planqué – il n’était pas difficile de dire bonjour à Sébastien Ruchet et le staff le jeudi, par exemple. Sinon, quelques japonais, quelques fanzines, de beaux ouvrages fait main, des productions intéressants. C’est un coin qui mérite d’être approfondi et qui, visiblement, avait tout de même rencontré son petit succès.
Cerise sur le gâteau : AOJI. De très beaux tableaux méga incroyablement chers. Ils les valent sûrement, mais si vous vouliez un XXL sur plexiglas, il fallait casquer et pour plus d’un mois de stage. J’aimerais vous montrer ce que j’y ai pris mais j’attends toujours ma commande, une semaine après le délai de livraison annoncé donc eurgh. En résumé : plein de belles choses !

(5) : Alors là je suppose qu’il y avait des achats intéressants à faire mais je n’y a juste pas posé les yeux, par manque de temps. Ce quartier, par habitude, habite de beaux bijoux et produits faits mains, genre Etsi à la Japan. Voilà, c’est tout.

(6) : Thalie ! Ben alors ? L’asso était de retour après une année de pause, dans les conditions – il me semble – qu’elles voulaient éviter : un stand ouvert. Comme le programme était composé à 150% de projections, on voit qu’il était pas simple de faire avec les moyens du bord. L’AMV Déjà Vu a cependant rencontré son public, et j’ai eu la joie immense de constater qu’il existe des nerds de l’AMV ENFER. Nerd sans connotations péjorative, de vrais fans qui ne ratent pas une projection, même après deux ans. Ça fait chaud au cœur ! La Brigade SOS alternait avec des jeux très dynamiques, toujours aussi bien animés. En face, AMV France, dont je n’ai pas pu regarder le concours annuel, ha… tout ça est disponible sur le web et je suis certain qu’il y a de belles vidéos à mater. Oui, c’est certain ! Aucune nouvelle des autres assos cependant. Je ne doute pas que BulleJapon est toujours dans l’échiquier avec ses excellents jeux.

(7) : LE CAMION A BUBBLE TEA. Feu de mes reins. L’année prochaine, j’en bois plus que trois gouttes. Slup slurp le bon téa avec des morceaux de gélatine.

(8) : Le coin culture, cette tragédie vivante. Quel est-il ? Quels sont ses réseaux ? Amour pour ce stand qui propose des alpacas en peluche (le retour !) et des petites mignardises à acheter. Encore une fois, tout ça peut se trouver à Pyramides, mais damn ! Je n’ai toujours pas réussi à manger un Pocky.

C’est bon, on a bien fait le tour ? Allez, plus qu’à affronter le couloir de la mort. On l’appelle comme ça, c’est devenu une expression qu’on a tous trouvé en même temps, sans se consulter. C’est juste le couloir de la mort, c’est comme appeler une chaise une chaise. La vérité s’est imposée d’elle même. BREF : DU MONDE DANS CETTE ARTÈRE !

(9) : Didon, Nintendo en avait sous le coude, c’est indéniable. Un vrai petit showcase de jeux qui, parfois, reprenaient les démos représentées sur l’aile staff de l’E3. Animal Crossing trustait l’identité du coin avec ses personnages en carton partout, c’était assez mignon. Petit concours rigolo de décoration d’intérieur, aussi. Pas mal de jeux en avance étaient accessibles : A Link Between Worlds, le remake HD de The Wind Waker, le prochain Ace Attorney, Pikmin 3 (embargo jusqu’à la sortie alors chuuuut) et l’incompréhensible Shin Megami Tensei. Entre autres, donc. Le stand star du coin étant bien sûr celui de Saints Rows IV, proposant une version démo et un shooting animé par des booth gens survoltés. Dièse animation et galéjades permettant d’incarner la « présidence normale ». Dernier rappel donc : le mois de Septembre, coté jeux, va être méchamment chargé.

(10) : On s’éloigne un peu et on arrive du coté du retrogaming, toujours animé par ces saints hommes de MO5. Rien à dire ou à redire. Encore un peu plus loin, après le laser game gardé du secret des dieux, la scène Jeux Vidéo où Square Enix a monopolisé tout le show avec la présentation de Lightning Returns, le remake de FFX et du XII. Pas grand chose à dire, quelques vidéos, des démos un peu lentes voire poussives et un Nomura surprise qui n’aura pas reçu de tomates sur le coin de la truffe à cause de son habituel bon goût en termes de chara design. Je suis méchant mais uugg. Vous serez ravis d’apprendre que Lightning se fait prostituer par ses producteurs dans les DLC, que Fang n’est pas morte et que la fanfare de FFVII se débloque dans Returns le jeu, folie furieuse.

(11) : Scène Comicon ! Masterclass de Mark Gatiss ! C’est super ! Et n’oublions pas cet habituel système de dédicaces très compliqué mais si jouissif pour les vainqueurs ! Le saviez vous ? Dans certaines facultés, faute de place, on commence à faire comme ça.

Allégorie du courage : un homme chante le deuxième opening de GTO devant tout le japon. Derrière, le malaise, J-One

(12) : Halala le Quartier Web. Les Youtubeurs du moment sont en dédicace, des castings de séries obscures font des conférences, de gros sites ont leur stands et proposent de l’animation toute la journée, une assez belle ambiance. En périphérie, les Jeux de Rôles et les Grandeur Nature un poil désertés de la population et, tout au bout, un stand steampunk. Assez rigoureux, assez strict sur les codes visuels, mais assez RP aussi donc pas forcément pour les timides. Bien, bien. J’en profite pour signaler la présence grandissante de cosplays Joueur du Grenier, à ma grande incompréhension.

(13) Et là, vous allez kiffer : les cocktails à 15 balles auront servi à quelque chose ; Le Dernier Bar Avant La Fin Du Monde avait droit à un stand de la taille d’un bloc Angelenos. Ce qu’on y faisait, je ne sais pas, peut être qu’on pouvait s’y baigner dans une piscine de monnaie (droit d’entée : 5 euros). Plus sérieusement, c’est là qu’on pouvait trouver tout ce qui constitue le panier « premium » de l’Internet. Gameblog tenait son habituel stand rempli de beaux bouquins, accolés à Pix And Love. Pas eu de collectors Sonic l’année dernière ? Bam, il y avait un tirage en plus, c’est satanique. Les fans de Final Fantasy peuvent aussi acheter de gros ouvrages analytiques – et n’oublions pas le De Rapture A Columbia!)
Autre stand marquant : le Visiteur du Futur a toujours son propre petit commerce forcedefrappé par l’annonce de lasSaison 4 imminente. Etrange, depuis la diffusion en avant-première des premiers zodes de la 3, j’en entendais plus parler, j’imagine qu’il y a du retard à rattrapper.

(14) LES FONZINES ! Fabulousse ! Terrible creuset de création, d’inventivité, de bon esprit et je ne suis même pas ironique ! La Brigade SOS était parachutée là bas pour y vendre ses habituelles productions, à coté, Kawasoft vendait Katawa Shoujo en français et en édition collector (liesse populaire et généralisée) – sans oublier Narcissu ou World End Economica. Un petit line up qui fait bien et qui aide : le charmant jeune homme qui traduit Katawa Shoujo s’est occuppé de l’intégralité du script à lui tout seul ! La petite Lewis vendait des artbooks assez larges thématisés sur le Whoniverse, les gars de Type-Moon étaient toujours là et distribuaient des capotes (merci Yoka, tu m’as sauvé la vie) – sans oublier DoujinSphère, Tsunderekko… et ça, ce ne sont que les copains, ou les copains de copains. Il restait sûrement plein d’autres trucs de qualité.

(15) HAHA le Buffy Reunion : Je suis terriblement confus face à cet évènement – c’est bien d’avoir ce genre d’invité. Le format original de la Comicon a toujours des anciens acteurs de séries cultes qu’on peut rencontrer, voir parler de leurs expériences, faire des tables rondes passionnantes, etc. Là on inaugurait le concept avec quelques seconds couteaux de Buffy. Xander le pirate, Joyce l’ex-morte et Cordelia, la fille qu’on a plus vu après la troisième saison, et c’était très bien. So far so jolly mais payer entre 200 et 500 balles pour des accès de plus en plus ouvert est, pardonnez du peu, légèrement schtarbé. C’est bien dommage quoi. On essaie de pas trop monétiser la passion des fans svp, ou alors on ne leur fait pas payer deux fois l’intégrale de Rock En Seine. Très sérieusement, les prix étaient ridicules.

(BONUS TRACK) Le Streetpass. Partout, tout le temps, dès que tu ne sais pas quoi faire ou que tu dois attendre cinq minutes. Hop, rapidement, on enregistre dix miis, on fait les puzzles vite fait, on enchaîne sur Mii en péril et on engrange les soldats des autres dans Conquête. Ah, zut, déjà dix autres. Encore, encore, encore. J’ai dû capitaliser dans les 350 personnes (ET ENFIN TROUVE CE FOUTU LIMOUSIN QUI ME MANQUAIT) alors, merci à tous, hein. Une seule salutation étrange dans tout ce groupe. Vous êtes plus matures que moi.
Enfin, l’indispensable #pointmonde : il semblerait que peu de jours soient à l’abri en terme d’affluence, désormais. Si le jeudi reste toujours une sorte d’oasis, une petite mise en jambes, c’était la mort dès le lendemain. Après, le chaos non stop.

Le loot oker oker azy fdp c’est l’hystérie la débauche fdp


IL MANQUE mon fabuleux Marie-Claire AOJI. Je suis bien triste parce qu’il va sûrement arriver quand je serais à perpète, ça va créer plein de soucis. Allez, je vous spoile le thême, c’est celui-là, avec le jeune homme fringuant. Deux shikishis par Grimm, parce que l’amour maternel. Un artbook fort joli et fort bien thématisé. Katawa Shoujo en collector avec son beau sac, l’ost et son recueil d’illustrations. Ne l’ouvrez pas avant de jouer au jeu, attention. Un gros recueil Pixiv rempli d’artistes talentueux. Un artbook Persona 4, parce que je voue une dévotion à ce jeu avant même de l’avoir parcouru, ne demandez pas, je ne sais pas non plus. Un léger catch up de mangasses, et une assez grosse envie de découvrir The Assassination Classroom. L’artbook Soul Eater, joie et félicité. Les trois films Evangelion sortis, parce que j’aime me faire du mal. L’artbook Who et l’intégrale de Kids On The Slope. Un petit machin dédicacé qui, visiblement, était dédié à la presse. Comptez environ deux cent balles pour tout ça.

Allez, un gros coucou et des bisoux mouillés à tout ces gentils gens croisés pendant ces quatre jours. Coté presse, les gars du Jdj (Paul, Mackie, Laure, Jean-Baptiste) de Mangas (coucou Loup) et de NoLife. Coucou aux Thalistes (les copains, Tsuchi, Draco, Melow) aux Brigadistes (Axel, enfin !) à tous les gars du coin fanzine – Jordan, Clément, Alexis, Jade, Yoka. A Punky, à Thomasorus, Boulapoire, Kamui, Quentin, Phi, Alice, l’autre Alice, jamais je ne me suis senti seul pendant cette Japan, même sans avoir été régulièrement accompagné. C’était fort cool de vous croiser et à la prochaine !

Ha, j’oubliais de disserter sur les invités et la programmation musicale mais visiblement, c’était pas trop pour moi.
2013 était aussi une année de reprise massive des free huggers, ce qui a pas fini de nous désespérer. Pire : PAS UN SEUL COSPLAY FREE.

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Malaise fuel

Alors, hem.

Je vous présente Kuroki Tomoko. Tomoko, voici les Internets, les Internets, voici Tomoko.

 Vous le savez sûrement, et j’aime bien entretenir et exagérer cette réputation, j’aime bien ne pas faire les choses comme tout le monde. Sortir du carcan, ne rien faire comme le péquin, quitte à laisser quelques plumes au passage. Ça concerne aussi mes propres canons de la beauté dans l’animation. J’aime bien ce qui sort de la boîte, ce qui est sensé subvertir les grandes bajasses aux grands yeux. Je ne ferais pas une déclaration d’amour à Tomoko parce que c’est un personnage de quinze ans donc bon voilà herm mais je trouve qu’il y a un certain charme derrière ce design. Cheveux en bataille, cernes, air pas rassurant, ma fibre tératophile est titillée (l’amour des monstres, oui oui)
Cette nana respire l’autismoe, ce néologisme que j’ai trouvé pour Crona il y a quelques années. Une fille qui n’a aucune idée de ce qu’est un mécanisme social ou qui n’arrive pas à les appliquer. Pour ce premier exemple, points bonus pour le background traumatisé du perso et son coté androgyne irrésistible.
Tomoki… est une fille un peu plus particulière, mais plus ancrée dans le réel. Je ne parle pas à son échelle, c’est un modèle qu’on peut trouver en vrai. C’est là que le malaise commence.

Je trouve ce personnage charmant, il est vrai. Sympa et original. Cela faisait plusieurs mois que je me demandais d’où il sortait puisque je l’avais déjà croisé deux ou trois fois dans ma « carrière internet ». Puis les deux ou trois fois suivantes étaient davantage dans un contexte dégueulasse – i.e. doujin du même qualificatif – ce qui renforçait un peu l’aura du personnage. Qui la mettrait en scène dans des contextes et des cahiers de charges pareils ? Qu’elle est-elle ? Encore une déesse omnisciente ? Une tsundere ? Ben non. J’ai maintenant toutes mes réponses : Tomoko est l’héroïne de Watashi ga Motenai no wa Dou Kangaete mo Omaera ga Warui, un nom à coucher quinze fois dehors qu’on a coutume de réduire à WataMote. « No Matter How I Look at It, It’s You Guys’ Fault I’m Not Popular!«  parce que ouais, c’est l’histoire d’un déni. Tomoko est l’héroïne de ce manga et son adaptation animée vient d’être lancée. C’est un manga tout simple dont il est assez difficile de parler, ça fait de lui un truc intéressant. Culture pop, ho !

Bon. Vous êtes probablement un peu otake, et vous en connaissez aussi sûrement. J’en suis un, un peu. En tout cas, j’en ai été un, et c’était cool, j’ai découvert plein de trucs qualitatifs. Une grande majorité d’entre eux sont sympas, voire tout à fait normaux. Bien sûr, être otake c’est être un peu barré, socialement ou autre, parce qu’aimer une culture de ce genre implique un minimum de distance à la doxa. Rien de bien grave, énormément d’otakes sont aussi civils et sociables que leurs confrères. Beaucoup sont sexuellement actifs mêmes, désolé de briser le mythe. En revanche, il est vrai qu’il existe des dérives, des cas extrêmes. Vous vous souvenez de Bienvenue à la NHK ? Mon tout premier anime ! Celui qui peignait le phénomène des reclus hikkikomoris. En regardant ça, en plein milieu d’une année que j’allais bientôt larguer pour autre chose, c’était un sacré signal d’alarme. Des reclus, y’en a plein. Des qui dépassent pas le bac, d’autre le brevet, d’autres qui galèrent dans le chômage longue durée et qui font tout pour se sortir de la spirale. Des Tanguys, des NEETs, ça existe. Des super creepys avec le sexe opposé, aussi. Parfois conscient, parfois dans le déni. Puis, encore plus loin dans le spectre, il y en a qui sont tellement déconnectés des conventions sociales qu’ils en deviennent insupportables sur leur seul medium, i.e Internet – qui trouvent que tout est pourri autour d’eux. Bref, la blague du fou sur l’autoroute. Ils aliènent systématiquement les quelques gens qui gravitent autour d’eux et vivent dans un déni constant. Si si, ça existe.

En fait, Tomoko est comme ça. Un peu craquante sur le papier et en dessin, probablement imbitable dans la vraie vie.

... oui

… oui

WataMote est l’histoire de ce syndrome. C’est un manga à visée comique qui narre le quotidien d’une fille qui veut être populaire mais qui n’y arrive pas. Sans être explicitement injurieuse, elle voudrait se sortir de cette situation et, Asperger style, le fais avec tellement de ferveur qu’elle se foire toujours toute seule. Elle a un look dégueu parce qu’elle ne prend pas soin d’elle et, évidemment, mène une folle vie à travers les dating-Sim, milliards de conquêtes à l’appui. Elle a passé tout le collège à ne parler à personne et pense que le lycée va être une nouvelle étape dans sa vie. Elle s’attend à ce que tout change, qu’elle devienne la reine du bal – et trois mois plus tard, PAF ! Absolument rien n’a changé et elle se retrouve dans la même galère à en souffrir. C’est pas ma faute à moi, T-O-M-O-mo-ki. Moi Tomoki.

C’est le postulat. Basiquement, chaque chapitre voit Tomoki, le plus grand pingouin bizarrement sociable de sa génération, confrontée à une tranche de vie, penser tout et n’importe quoi (souvent à des bites – oui, des bites, partout, tout le temps, surtout avec son frère, faut croire que sa libido est un enjeu comique constant) établir des plans complètement dingues dans sa tête pour échapper à telle ou telle situation puis toujours, t-o-u-j-o-u-r-s subir une sorte d’humiliation. Elle n’apprend jamais et se fourre dans toujours plus gênant. Ceci est donc le manga du #malaise.

Et pourtant, j’aime bien ce manga, probablement parce que j’aime bien ce perso. Je ne sais pas quelle est l’intention auctoriale derrière tout ça. Qu’est-ce qui ferait marcher un manga pareil ? Peut être les sadiques ou amateurs de Shadenfreude. Peut être que c’est une manière détournée de dire « Hé, toi qui te reconnais ! Bouge-toi les fesses ! » Mais je doute fort qu’il y ai tout un sous-texte à la Evangelion. Peut être qu’il y a une vraie portée comique derrière mais je sais pas. Il est évident que chaque personne qui tombe sur ce manga de son propre chef est un peu ou a déjà été un peu comme ça. Moi même, je suis pas mal socially awkward, ça m’a jamais vraiment posé problème et je m’en suis toujours tiré. Deux trois situations lues dans le manga m’ont fait gentiment sourire jaune parce que j’avais rencontré ce genre de situation. Je suis persuadé que c’est le but du bouzin et que chacun tiltera sur tel ou tel moment.

MAIS. COMMENT TROUVER CA DRÔLE quand la Tomoki en question semble réellement en souffrance ? Tu peux pas faire un manga comique où la dernière case est une gamine qui chiale, morte de honte ! C’est pas super gégé ! Son but dans la vie est d’avoir des amis – et de tirer son coup, visiblement – et on sait pertinemment que ça n’arrivera pas. C’est le sydrome du crash d’autoroute, tu peux pas détourner les yeux mais tu sais ce qu’il va se passer à chaque fois. Soit ma connaissance des mécanismes du genre est pas au top, soit l’auteur se gourre un peu dans les prises de directions. Là encore, je parle du manga. C’est vrai que les chapitres sont variés et qu’ils cultivent un humour… particulier. Tomoki est une forme d’humour en soi. Cette déconnexion est une espèce de forme d’abnégation qu’il est rigolo de voir (non) évoluer. Ses expressions vides, ses expressions tout court, ces gimmicks bien trouvés – notamment ce casque qui est sensé la déconnecter encore plus du reste mais qui ne débite que des horreurs, on ne sait pas pourquoi – et pas mal de choses rendent le processus un peu délirant. A l’image du perso, somme toute – il sait bien nous mettre dans cet esprit un peu dérangé. WataMote, c’est le malaise à l’école, le malaise au Starbucks, le malaise au ski, il y a donc cet humour noir un peu latent, pas façile à capter. Je pense que c’est ça qui fait marcher la série et ça passe beaucoup par les expressions ébahies de Tomoko.

YEUX MEDUSA

YEUX MEDUSA

C’est d’ailleurs un peu toujours la même chose. Tomoko est fascinée par les mêmes trucs : les objets sexuels, les jeux sexuels, les allusions sexuelles et un peu par le caca aussi, ne me demandez pas. Dès qu’elle a l’occasion de prendre la parole, l’un de ses hot topic va sortir de sa tête et donc de sa langue. Elle pensait faire un truc super cool et elle à juste l’air bien conne. Échec. Le lecteur ne sait pas trop quoi faire. Puis la surenchère est de mise : tout le suc humoristique réside dans le degré d’embarassement croissant dans laquelle elle peut se mettre. Ici, plus haut, chopée sans culotte (un grand classique, mais à quinze ans, je sais pas) je trouve le manga plutot bien dessiné et plutôt… je ne sais pas, il embarque son lecteur. Amo m’avait prévenu : tu devrais l’aimer, pour X raisons. L’allusion est toujours restée dans les limbes du mystère. Je suis peut être une Tomoko de 22 ans, qui sait ? Ou alors, peut être que nous sommes deux à prendre des nuits trop courtes.
Pis c’est comme si les gens étaient des connards autour d’elle : les autres élèves sont toujours neutres, sinon gentils. Pas la moindre once d’hostilité ou de méchanceté. Tomoko a même une copine de collège qu’elle retrouve de temps en temps. Elle est fasciné par sa mini-jupe, trouve qu’elle a un look de pouffe. Du coup, la-dite copine a trouvé le doux sobriquer de slut-chan par le fandom. Oker.

C’est donc là qu’apparaît l’anime. Honnêtement, c’est une grosse plus-value ! Je pense que cette adaptation animée va directement là où le manga devait aller – il arrive à prendre bien plus de distance. Alors, justement, c’est cette même distance qu’il va falloir mettre sur mon jugement – seul le premier épisode est sorti après tout. Paradoxalement, ça rend le personnage plus humain. Le travail de voix est impeccable : la doubleuse est géniale quand il s’agit de moduler sa voix, de faire des inflexions, de faire la kuudere incapable de dire deux mots où de prendre une voix grave et menaçante, quand ce n’est pas creepy. L’anime part sur une adaptation littérale, sans ajouts, juste pour le bonheur du son et de la lumière. Chouette : l’opening et l’ending sont de qualité ! Ils ont bien capté l’esprit du truc, cette espèce de dualité dans le ton et le personnage. D’ailleurs, on a loupé une occase de faire bouger : s’il y avait une occasion de mettre du gros métal qui tâche, c’était pour ça et rien d’autre. Je vais poursuivre ne serait-ce que pour voir si l’auteur a quelque chose de précis derrière la tête.

L’anime est quelque chose qui devrait se suivre. C’est intéressant et c’est parti pour une première saison de 13 épisodes. Le manga, je sais absolument pas quoi en faire, mais je reste fasciné par le perso.

Regardez comme elle est... mignonne ?

Regardez comme elle est… mignonne ?

Bref, c’est drôle parce que c’est vrai.
Enfin, c’est moyennement drôle parce que c’est vrai.
C’est malaise parce que c’est vrai.

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