Monthly Archives: juin 2013

Bonnes ondes

 « Hé Concombre, qu’est-ce que tu écoutes comme genre de musique ? »

Elle dit que les Vocaloïd mmmouif osef léger

L’accident bête. On m’a souvent posé cette question ces derniers temps et comme je n’aime pas avoir l’impression de tenir la jambe aux gens, je me contente d’un bête « Eeerm » alors que j’ai, intérieurement, très envie de me lancer dans un exposé universitaire d’une heure. Je pense que c’est la même chose pour tous les music geek qui ont un espèce de complexe de supériorité alors qu’il ne connaissant qu’un tout petit pan de l’équation globale. Je fait partie de ce groupe un peu élitiste qui pense tout savoir et qui aime penser que ses goûts sont les meilleurs, qui préfère les vinyles etc etc. En gros, à mon propre test, je me donnerais un 7/10. Au moins, on peut converser entre nous et avoir des discussions d’hipsters. Des discussions délicieuses.
Enfin bref, je suis incapable de répondre à cette question de manière ultra synthétisée, donc je vais tenter une réponse assez synthétiséeRien ne devrait vous surprendre, je devrais juste révéler que je suis comme à peu prêt tout le monde et vous ferez peut être une ou deux découvertes. Pas d’extraits, juste une longue énumération de groupes, sinon on est partis pour un truc en cinq parties et j’ai déjà un mémoire à faire ! Voilà une petite liste non exhaustive et très superficielle de ce que je mets dans mon Spotify. On va diviser ça en deux parties : une liste de « grands classiques » que quasi-tout le monde cerne, et un miasme plus personnalisé, bien plus succin – impossible d’être complet à ce niveau sans se plonger dans des mois de recherches et de rédaction.

Pour résumer simplement la chose, j’ai été bercé un peu trop près du fameux best-off de Queen et je crois que ça m’a influencé pour de bon. J’ai donc une moumoute stratosphérique, une sexualité débridée et un petit accent irrésistible. En vrai, je suis très vite tombé amoureux de la notion de rock classique en général. Bon, c’est super bateau mais ça regroupe une foultitude de petits mouvements, alors reprenons ça depuis le début. Malgré un taux d’humidité et une température qui me rappelle mes pérégrinations Islandaises, paraît qu’on est bientôt en été et c’est une période parfaite pour se replonger doucement dans les années 60. Ça tombe bien, j’adore cultiver mes classiques ! Alors c’est parti pour cinquante nuances de wok.

On va largement squizzer les tout débuts du genre dans le delta des années 20 et passer aux fondamentaux du genre, dans le rock and roll des années 60. Eddie Cochran, Chuck Berry, ce n’est pas totalement ma came mais c’est presque de la musique classique, hein. De grands guitaristes émergent davantage que de grands groupes. Bon, c’est en oubliant les Beatles qui vont vivre la meilleure des décennies d’artistes, et devenir le meilleur groupe evah. On devrait tous connaître l’histoire de ces quatre gus dans les moindre détails. En parallèle, le style « primaire » évolue et devient un peu plus foufou : son langoureux très caractéristique, tempo qui monte bien, le rockabilly apparaît. Brian Setzer en est l’une des stars les plus connues. C’est pas dur à émuler et c’est fin chouette à écouter. Le trio Reverend Horton Heat a poussé le concept dans ses derniers retranchement avec son « psychobilly » – deux fois plus rapide, deux fois plus foufou, presque agressif – mais ça c’est bien plus récent. Non, rétrospectivement, c’est l’émergence du surf rock, en direct des States. Les Beach Boys (deuxième meilleure groupe du monde, rappellons-le) alignent tubes sur tubes, explorent plein de trucs et ont une longue carrière qui a récemment repris. On peut citer Dick Dale pour les clichés du genre. Bananes, planches et sable, quoi. Musicalement, c’est bien plus compliqué que ça. Il faut avoir écouté l’album Pet Sounds au moins une fois dans sa vie !

Pas si loin se développe toutes les nuances de blues rock, un terme un peu bâtard pour tous ces groupes ultraconnus qui aiment bien les accordages « de vieux » (guitares souvent ré-accordées pour que ça sonne bien sans rien faire, génial pour jouer avec un bottleneck et obtenir un son de furieux) et de riffs ultra-efficaces, je parle bien sûr de Led Zep, des Rolling Stones, des Who. On ne les présente pas. Des tueries, celles de nos parents. J’adore tout ça mais j’ai un gros fétiche sur tout ce qui est psyché rock : l’année érotique, tout ça, les substances prohibées qui donnaient des mélodies et des sonorités originales. Je ne partage pas l’enthousiasme de beaucoup sur Frank Zappa, moi je suis plus Jefferson Airplane, Jethro Tull, Hendrix… ces gens qui aiment bien les sons chauds, joyeux, rapides. Sans oublier le Grateful Dead qui a bien contribué à ce genre d’improvisations interminables mais néanmoins modernes : moe. (à ne pas confondre avec fun.) et Phish sont autant de groupes surpuissants avec une fanbase très localisée. PAUSE FUNK ET DISCO. Je le résume en deux lignes mais j’adore ça. Qui n’aime pas le Funk ? Le grand Phonque Railroad, les Ohio Players, même Abba si vous voulez ? Ça se mange sans fin.

Le saviez vous? J’écoute sûrement ma zique trop fort dans les TEC, vu ma façon de repousser le chaland

Bon, ce n’est peut être pas faire preuve de bon goût mais j’ai aussi un truc pour le rock sudiste. Groupes très rednecks, blancs et aux paroles qui laissent planer le doute mais aux morceaux chouettes aux looooongs solos. Vous voyez le genre : Lynyrd Skynyrd, les Outlaws, le Allman Brothers BandToi aussi, prend ta guitare, selle ton cheval et pars à l’aventure ! Le folk façon Young, Dylan ou Springsteen, je m’en fout un peu, je dois l’avouer. Le folk d’aujourd’hui, nettement plus émo, un peu plus (Winterpills and co). Pas de panique, on revient vers de meilleurs auspices avec le hard. On commence à saturer les grattes et à faire des riffs qui donnent envie de sauter au plafond. Je suis pas très Dio, Thin Lizzy ou Black Sabbath, mais j’adore la nuance un poil plus soft. Deep Purple en tête de liste, AC/DC évidemment et on revient aux Who. Super chouette !

Gros morceau : le punk, que j’appelle affectueusement « le ponque ». C’est une histoire en deux chapitres, sur deux fronts. On commence par les années 70, dans la perfide Albion. On joue mal, on s’en fiche, on ne vit qu’une fois et on prône le « Do It Yourself » c’est l’ère des Clash, des Sex Pistols. C’est un peu toujours la même chose avec quelques morceaux de bravoure. Truc de fou : le ponque a une tout autre couleur sur les cotes californiennes. On fait un saut d’à peu près quinze ans. On accélère le tempo à fond, on adopte un rythme de vie un poil plus sain mais on reste dans une vue de l’esprit assez « chanmée », c’est le skatecore avec PennywiseNOFX ou Blink (vous savez ce groupe qui est vraiment mieux que Sum 41) et autres Green Day. Pas la peine de vous refaire un pavasse sur ce dernier. On n’oublie pas les Stooges où MC5 par qui tout ça passe.

On commence à déconstruire tout ça, on obtient le prog rock ! J’aimerais mieux connaître la discographie de Pink Floyd, ça finira par venir. Pour Benco, le prog c’est surtout Yes. Groupe hybride ayant pas mal subi le poids des années, les débuts étaient géniaux. C’est abstrait, alambiqué, interminable tout en gardant une certaine efficacité. Les gens qui font ça sont très techniciens et, à l’échelle d’aujourd’hui, ça donne le métal progressif (amour inifini pour Tool) ou Dream Theater. Les canadiens ont Rush et ils ont bien de la chance. Le saviez-vous? Le rock prog français était inconnu et c’est bien triste, référez vous à Magma ou Gong. King Crimson est aussi une valeur sûre. Influences blues et planantes, parfois plus énervées, parfois chantantes, rythmes zarbis, c’est indescriptible. On arrive sur la New Wave. Depeche Mode est le « grand classique » du genre, j’ai aussi pars mal d’affection pour les Talking Heads, les Simple Minds sont un plaisir coupable et c’est tout. Beaucoup d’entre vous écoutent et aiment sûrement les Sisters of Mercy et/ou Joy Division, tant mieux pour vous.

A force de l'entendre dans un jeu sur deux, ça devient mon chouchou de l'année

A force de l’entendre dans un jeu sur deux, ça devient mon chouchou de l’année

Non, parlons plutôt de tout ce qui est indie. On se rapproche bien plus vite de mon année de naissance. Un groupe phare qui s’est occuppé de sa première galette d’un bout à l’autre ? Les fabuleux Fugazi. Ils ont des fétiches précis : les tourneries inhabituelles, les dissonances, le goût du bon morceau sans arrière pensée pécuniaire. Aucun morceau dans aucun jeu de rythme, c’est une honte. Écoutez-donc un peu au hasard, c’est injustement méconnu. Plus juste, mais plus bruitiste, Sonic Youth, le groupe le plus hipster du temps et de l’espace. Petit frère spirituel : Shellac. Varié, langoureux, chouette, pas joyeux du tout. On bouge un peu plus ? On tend vers Pearl Jam, les indispensables Pixies, Hüsker Dü (pas de Husker Dü, pas de Foo Fighters !) ou ce nombre improbables de groupes d’étudiants qui deviennent connus (Harvey Danger) voire super connus (REM). Enfin, nous sommes en 90, le grunge, Nirvana pour tous. Je ne vous le présente pas, c’est insultant. Soundgarden ou Silverchair pour aller plus loin, moins ma came. Beaucoup de groupes aux noms cools, en somme. On mixe les deux ? On obtient les Smashing Pumpkings, Mellon Collie et Siamese Dream sont deux albums à écouter. Aujourd’hui, ça donne les Silversun Pickups : voix androgyne, batterie militaire, son super planant et baddant, le pied.

C’est fini ? Oh non, on oublie pas le GROS SON. La musique bien crade. Je suis pas un homme à métal mais deux styles lorgnent gentiment sur la limite : l’indus en tête de liste. Nine Inch Nails, surtout au début, que du son autodestructeur et libidineux. Ministry en second, j’y connais rien cependant. On retourne au désert californien pour aborder l’un des meilleurs sons du monde : le stoner. Kyuss et les Queens Of The Stone Age, évidemment. Super heavy, super saturé, une musique crade qui sent la sueur et les pieds. A écouter en cramant au soleil ou sur la plage.

C’est au milieu des années 90 qu’émergent mes petits chouchous, à savoir toute la scène britpop. On prend le grunge, on en retire le nihilisme, on joue avec des guitares d’avant 1902 et on pose comme des fous. Hop, arrivée d’Oasis et de ses cinquante concurrents : Suede, Maximo Park et le fabuleux Blur, emmené par Damon Albarn (le monsieur de Gorillaz) le son de la grande Bretagne se cherche, se trouve et devient de plus en plus dansant : c’est la folie dance rock qui revient avec Franz Ferdinand et les Kaiser Chiefs qui poppent en même temps. Très légère préférence pour les premiers qui ont cet art de la musique archi efficace. Je peux pas ne pas citer Coldplay, ce serait hypocrite. Plus calmes, plus constants, Radiohead, qui explore pas mal de choses en peu de temps. Très posé et émouvant. Enfin, on peut s’arrêter avec un style délirant que j’adore : le math rock qui, comme son nom l’indique, adopte des mesure et des rythmes plus proches du nombre d’or que de l’habituel 4/4. « C’est un peu le CNRS du rock, on fait tout ce qui est interdit pour mieux le maîtriser ». Ça donne des morceaux, souvent instrumentaux, complétement barrés, rarement sensés. On parle bien sûr des Foals, de NoMeansNo, de 65DaysOfStatic… et de quelques groupes français locaux, dont un groupe aux chansons débiles qui s’appelle Diatrib(a). Amour pour n’importe quelle groupe délirant à la Mindless Self Indulgence.

J'ai une liste longue comme le bras de plaisirs coupables, pour cacher la vraie liste des plaisirs très très coupables

J’ai une liste longue comme le bras de plaisirs coupables, pour cacher la vraie liste des plaisirs très très coupables

Ça fait déjà pas mal, mais tout ça ne forme qu’une vision assez académique et linéaire du rock « guitaristique », donc une toute petite partie de l’histoire de la zique. J’aime énormément d’autres trucs et il sera impossible de les lister. Dans mes groupes préférés, on trouve en tête les géniaux Go! Team et les Flaming Lips, dont la longue carrière aura donné des disques tous très différents. J’imagine que mon interminable liste de DLC sur Rock Band doit être assez parlante sur mes goûts et kiffs divers, sans nécessairement bien connaître le groupe derrière. Et là vous me dites « Mais Concombre, ça fait beaucoup d’anglophone tout ça, non? » Bah ouais, presque exclusivement, mais je risque d’être très snob en parlant de chanson française. Je ne la méprise pas, j’aime juste tout le reste. Haha ! Pour tout vous dire, l’un de mes coins préféré, si on écarte le Royaume Uni et les USA, c’est le grand nord. L’Islande fait sa deuxième apparition dans ce post et c’est bien normal  : Sigur Ros, Bjork, Emiliana Torrini, tout le monde aime ça et c’est bien normal. D’ailleurs, j’apprécie souvent le format « nana inventive + backing band » à la Florence + The Machine, Ladyhawke… un peu plus bas, quelque part entre la Suède et la Norvège (tout ça est très ténu) on fait la meilleure pop d’Europe : des groupes comme Royksopp ou les Raveonettes peuvent le témoigner. Bon, nous, on a la french touch, presque exclusivement menée par Phoenix, Air, les Daft, Etienne de C. mais pas C2C parce que à un moment ça va bien hein merci.

Divers groupe connus que j’adore mais qui ne rentrent pas dans telle ou telle catégorie ou que j’ai simplement oublié : tout les groupes menés par des petits malins cocaïnés (les Babyshambles, les Strokes, MGMT, les fabulousses Rouge Chaud Chili Poivre) les groupes « beautés froides » : Interpol pour le rock soft, School Of Seven Bells pour autre chose. Je confesse une compatibilité avec les groupes em0 : que ce soit une simple affaire d’étiquette (AFI, Fall Out Boy) ou de chansons vraiment très très émo (façon Snow Patrol, on peut pas faire plus geignard)

J’aime la vraie bonne pop, vous connaissez sûrement mon amour pour Foster The People. Sinon, je suis pas très électro. J’aime beaucoup l’esprit de Freezepop mais ça va pas plus loin. J’apprécie la chiptune sans trop savoir de quoi on parle et j’aime n’importe quelle bonne zique de jeu, surtout les bons fonds de combats de boss. Des fois, je fais des trucs un peu absurdes, comme me passer en boucle les trente versions du générique de Survivor ou les musiques de « Contre Interrogatoire » des Phoenix Wright. Je vais pas parler des boucles de You Don’t Know Jack, je vais paraître dingue. Grand haut aux groupes d’amis, façon Quenelles de Requin ou Magoyond.

Le reste, c’est l’actu. Ce sont des centaines de groupes et de morceaux qu’on voit défiler, qu’on apprécie sans forcément en connaître le nom. Je suis un très bon lecteur des Inrocks, commercez avec ceci. La compilation qu’ils publient régulièrement est un bon indicateur de ce que je peux avoir dans les oreilles. Suivre des journalistes musicaux peut être une bonne façon de s’ouvrir des horizons. Par exemple, je ne supporte pas vraiment FAUVE et la voix d’Alt-J me sort par les trous de nez. Je suis connu pour être assez snob envers le rap, c’est pas tout à fait vrai, j’apprécie des éléments ici et là (The Go! Team encore, les Beastie Boys pour regarder un peu en arrière. Si l’instru derrière est en béton et si le tout est dynamique, ok voire cool. Consolez vous en vous disant que je suis l’un des deux derniers fan de nu-metal au monde !

CER VENDREDI !!

CER VENDREDI !!

Ha, j’oubliais. Pas les japoniaiseries. Vraiment, vraiment pas, mais merci, c’est sympa de proposer.
J’oublie des tonnes de groupes et de courants mais pour aller plus loin, vous avez toujours la dizaine de posts « Joyeuseries Musicales » (j’ai, de manière générale, évité de parler de la moitié des groupes évoqués là-bas) ainsi que les différentes vidéos Amv Hells et leurs commentaires, génial pour faire une découverte à la minute, façon roulette russe musicale. Ailleurs, le podcast Morceaux Choisis est impeccable, et pour moi Radio Nova est l’une des dernières bonnes radios avec un vrai son bien éclectiques, en plus d’avoir des top horaires de qualité.

Sinon, l’E3 va démarrer, les journalistes postent des Vine en pagaille de leur appartement angelenos et nous suitons tous de jalousie. Le prochain Mario Marathon démarre dans deux semaines. Ce post était le n°599, aussi.

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Epitanime 13 ~ La drogue au quotidien

Merci d’avoir fait le boulot à ma place en ce mois de mai qui avait quelques relents de novembre. Il m’était strictement impossible de rédiger la moindre ligne pour ce blog avec autant de concours dans les tuyaux. Les choses se tassent, je commence à rédiger mon mémoire et à préparer le terrain pour la suite, mais je tiens à vous remercier, vous êtes bien urbains et vous avez de bien jolies peluches.

Allez, l’Epitanime, enfin. Je ne pourrais pas tarir d’éloges envers cette convention. J’avoue ne pas en faire fréquemment – Cartoonist, le Stunfest et autres Utopiales ont toutes un charme bien spécifique mais c’est comme ça, je n’aime pas trop me déplacer pour « si peu ». Ça réduit le champ des possibles à la Japex et ceci. La marge d’erreur pour le statut de meilleure conv’ est de facto serrée. Quoique, avec le casting de Buffy au Comicon cette année… édition 21 – ma cinquième. Le temps passe vite ! En 2009, j’avais des cheveux mi-longs et ça ne m’allait pas tant que ça. Tapez « Epitanime » dans la barre de recherche pour mes compte-rendus systématiques. En 2009 donc, je découvre l’ambiance, la sous-culture, je passe un week-end de fous. En 2010, on la fait en associatif. C’est intense et ô combien mémorable. 2011, c’est la projection de l’AMV ENFER et Marcus sur place. Grisant. Enfin, l’année dernière, je tournais Shortlist pour le Journal du Japon. Cette année, bah…

Il pleut dans Epita, il pleut dans mon coeur

Il pleut dans Epita, il pleut dans mon coeur

Vous savez, comme n’importe quel objet périodique, on garde en tête une édition avec une vue de l’esprit bien particulière. L’Epita, c’est presque toujours une week-end ensoleillé et propice aux insolations. Je ne sais pas si ça s’est vu mais on a toujours un mal fou à dépasser les vingt degrés et l’Epita a été reculée d’un mois « à cause » de Geekopolis*. On ne pouvait juste pas caler les deux évènements sur le même weekend. Soit, c’est un peu plus tôt que d’habitude. Même punition pour les deux week-ends : temps de chie. Pluvieux, orageux, décourageant. Je suis entré et me suis fait accréditer pour un reportage qui ne pouvait pas se faire, la faute à pas de chance. Merci beaucoup aux orgas d’ailleurs, toujours aimables, souriants et de bon conseil. Le Déluge s’est juste abattu sur le Kremlin-Bicêtre, a emmerdé tout le monde et mis pas mal de gens sur les nerfs. Cette édition gardera donc un goût particulier, avec de vrais morceaux de malaise. Oh, pas pour moi, heureusement, mais tomber sur un responsable d’asso sur les nerfs vous expliquer ses malheurs ne donne pas envie de repasser de ce coté là. Il semble y avoir un gros souci de communication dans l’organigramme de l’Epita et vers les exposants/assos. (Qui ne savent pas où sont leurs jeux, à qui on impose des quotas de présence derrière les stands, etc) encore une fois, pincettes car je ne parle qu’au discours rapporté et je n’aime pas trop ça, mais ceci + pluie battante = bémol. Des plans étaient, par contre, distribués et accompagnés d’un programme : amour+++.

La gestion de l’espace a drastiquement changé l’année dernière. Cette logique a été conservée et de petits espaces ont pu ouvrir. En bas, la scène, cette fois en face de l’arrivant. Il faut traverser un espace sombre et se diriger vers le son et lumière en espérant ne pas trébucher sur une chaise ou un festivalier endormi. Honnêtement, c’est un peu glauque, donc pas engageant. A l’entrée, c’était optimum : la grande scène anime et articule la convention. Là, elle ne fait plus qu’un de deux, et encore, à moitié. En revanche, ça fait perdre l’exposition donnée aux fanzines… un casse-tête qui nécessite des essais et bah voilà, nous sommes en plein dedans. Tiens, l’infâmeux « mur des cons » – si si, c’est son surnom officiel – a disparu, plus de pubs pour des sites de Monster Girls, mon cœur saigne. Petit coin bouffe aménagé en bas, avec une blinde d’espace devant, nouveau coin pour VoxMakers, salle dédiée aux jeux de rythme. Des pôles se dégagent de plus en plus et c’est pas mal. Ça dilue un peu, disons, c’est agréable, et marcher ne devrait faire peur à personne.

Voxmakers ? Collectif de vidéastes – je dis pas « Youtubers », c’est connoté – qui évoluent depuis circa deux ans. Je connais surtout vaguement l’Ermite Moderne qui officiait régulièrement sur feu Soviet Voice. Accompagnés d’Antoine Daniel, le réal des fâââmeux What The Cut, mon plaisir coupable du moment. Les deux se ressemblent étrangement au niveau du ton, j’ai toujours trouvé ça perturbant. Bref, des gens très urbains, avec de jolies – presque tous – voix, inauguraient leur stand de manière un peu excentrée, en plein couloir d’entrée. Ca fait un peu « en plein milieu » mais il était impossible de les rater, surtout avec un programme majoritairement composé de projections, c’est assez astucieux. Je ne connais pas grand chose de cette joyeuse bande mais ça à l’air tout à fait sympa et bon esprit. De toute, c’est toujours chouette de voir de nouveaux éléments dans l’échiquier.

D’ailleurs. Nihon No Oto était l’un de ces petits nouveaux, ils sont connus pour être les hébergeur d’un Joli Bateau. C’est tout ce que je sais. Une fois, j’étais tombé sur un de leurs live en nocturne et c’était… pas très préparé, pour employer un euphémisme. Sa tête pensante et bien sympa et je lui doit une chips, donc je vous invite à aller vous faire un avis par vous même. Il paraît qu’ils aiment bien Patrick Sébastien. Hé, qui n’aime pas Patrick Sébastien ?!!! Bienvenue à vous dans le Otake Game, les gars.

Le caméo annuel

Le caméo annuel

Cette année, l’invité de luxe était Gen Urobuchi, à qui on doit des œuvres comme Paëlla Magique ou le très barré Saya No Uta. Impossible d’en dire plus, l’amphi était blindé et rentrer en retard n’était qu’un vague concept. Confession d’un staff dans le métro du retour : « Il a plus ou moins parlé de ses tendances crpyto-pédo ». Bon, certes. Avec un peu de chance, je choperais le prod’ de la série à la Japex, mais pas de promesses hâtives. Du coup, je ne suis pas rentré dans l’amphi de la convention et c’est bien dommage, car ça reste le point de chute du karaoké, activité phare de l’évènement. Si vous faites une nocturne – peut être mon cas l’année prochaine, allez – c’est idéal pour se poser et rester vivant !

Et la nuit, on fait quoi? On passe voir le concours de Visual Novel ! Si ça peut devenir une institution de l’épita, ça ne peut que faire du bien à tout le monde. Un peu comme Intervilles et son fil rouge, tu vois, avec le coté créatif en plus. Toute l’équipe gagnante sont des copains, ils peuvent se départager quatre mini figurines à six. Les résultats sont disponibles quelque part chez No-Xice. La fatigue doit déchaîner la créativité des concurrents, un vague délire à base d’alpaga est toujours actif sur les internets. Transition quasi ovidienne pour parler du matos. Grand up au stand d’italiens qu’on retrouve aussi à la Japex, pour leur matos de qualité, leurs figurines Persona et leur line-up d’animaux en peluche à frou-frous. Un net succès qui se démarquait des habituels mangas « sous vide » et autres KATANA ! LA DERNIÈRE FRONTIÈRE A ÉTÉ FRANCHIE ! Ces trucs, signe symbolique d’une convention frappée par le HK, ont été virés en deux deux par les autorités compétentes. On respire… à moins que ce ne soit un autre truc. Merdalors, c’était il y a trois semaines, je ne sais plus, mais il y avait du HK viré vite fait bien fait. Très belle réactivité du staff quoi. Il y avait de quoi dépenser pour encourager les fanzines, bouffer des brochette atomiques, acheter de beaux bouquins ou juste jeter des billets au hasard parce qu’on est Balthazar Picsou, et c’est bien cool.

LE COSPLAY ! J’AI EN PAS VU ! Il fallait aller sur scène et j’avais peur de me faire suriner quelque part dans ces trente mètres. Une troupe Homestuck se faisait remarquer là et là, une Elizabeth de Bioshock Infinite a provoquer un déficit d’attention dans toute la conv’ et c’est à peu près tout. Le concours a bien eu lieu et le shooting est disponible sur Facebook. « Pas de bouffe, pas d’alcools, pas de voyeurs » pourrait être le résumé du règlement, ce qui me fait penser qu’en cinq ans, je ne suis pas allé aux toilettes vérifier la plus terrifiantes des légendes urbaines de l’Epita. Parce que les toilettes de l’Epita, c’est aussi les festivaliers de demain.**

J'ai pas pris de bonnes photos cette année donc prenez cet éphèbe sur CoE

J’ai pas pris de bonnes photos cette année donc prenez cet éphèbe sur CoE

Le coin jeu vidéo s’affirme au deuxième étage du premier bâtiment. Nouveauté très appréciée des visiteurs : les superplays en live. C’est une excellente idée, divertissante, qui confirme qu’il peut être cool de voir les gens bien jouer. On pouvait aussi être actifs grâce à la bardée de jeux transgénérationnels disponibles, toujours grace à MO5. J’ai, par exemple, eu la chance d’essayer un niveau de Child Of Eden sous Kinect et c’est tout à fait sympa. Les fondamentaux des années précédentes sont toujours présents, dont un Let’s Tap qui n’en finit pas de déchaîner les foules. Bon, j’en fait un peu trop mais il y a énormément de choses à faire et de jeux à découvrir, tout ça sous la bénédiction d’un mec qui trafiquait du hardware et d’un stand Pix And Love qui permet de toujours plus compléter sa collection. Mauvaise nouvelle : IG casse sa pipe, Canard PC commence à se sentir super seul dans un rayon JV menacé. Mais bref, toujours un excellent coin de convention. En bas, une salle dédiée aux rythm games… un super truc pour votre serviteur, non ? Ben, tous les regrouper est une intention très louable mais l’effet secondaire est très rapide : c’est invivable, on entend pas ce qu’on fait, l’ambiance est épileptique et fout rapidement mal à l’aise. Dommage, il y avait plein de belles choses. Encore plus dommage pour Voxmakers qui projeter des trucs juste à coté.

Les assos? Ben, j’ai assisté à un jeu de la Brigade avec un QCTX qui prend sur lui et qui anime comme un chef, un jeu où Urobuchi vient-mais en fait non-c’est bon on peut se barrer et aller boire un coup, je suis aller gagner un tournoi Guitar Hero sans le moindre souci ; Désolé au type qui s’est prit un bouton Start dans le genou, le serious business t’a perdu. Et c’est tout. Le reste, c’est du tapage de discute et du flânage ici et là. 33% de ma convention aura été de « vider » mes Streetpass sur 3DS et à voir des gens parler de stratégies sur Fire Emblem, ce qui donne pas mal envie de le prendre, vu que Nintendo est bien parti pour nous monopoliser l’Été. Coucou aux fanzines et aux stands d’artistes qui bûchaient dur, bravant la pluie et les directives étranges.

Et comme d’habitude, coucou à cette bardée de gens sympas que j’ai croisé, très souvent sur le pouce, parmi les petits nouveaux : Adonis, Xeutrope, Ziassan, Tetsuo (que j’appelle affectueusement Lulu-chan car c’est un excellent moyen de la mettre mal à l’aise) mais aussi les gens que je croise plus fréquemment, le pauvre Shar que j’ai pas reconnu (la drogue) et toute la team rédaction Epita, les brigadistes, les thalistes, les Vox, Layton Shota, Layton adulte et toute la tablée du dernier repas, prenez, voilà un Monaco, ceci est mon sang.

J’ai de moins en moins de choses à dire chaque année, c’est terrible. De la pluie, des soucis d’organisation et un Kyubei poseur qui distribuait des contrats Faustiens.
Damn, j’ai de moins en moins de choses à dire, la faute à pas de motivation sur place, trop d’échéances et de temps pérave. Mais n’ayez crainte ! J’ai acheté des trucs ! Et je les prends en photo ! C’est tout à fait normal !

Il y avait de quoi soutenir la Brigade : voilà un bel artbook Horo, inégal mais avec un bon niveau – mais aussi un adorable petit mug dont le « Vroum » m’a tout de suite conquis. Une figurine de Chie. Du personnage « Chie », aucun jugement de valeur sur la-dite figurine. Les suites de Silven Spoon et de Prophecy, le tome 1 de Deadman Wonderlan et une autre intégrale Eva gagnés via Thalie (ha ha ha ) quelques petits bidules doujinsphère pour montrer mon appartenance à la famille RER A ascendant Vipélierre, et le superbe « Bioshock : De Rapture à Columbia » qui prend la plus délicieuse des démarches pour analyser ces univers. Un bel ouvrage.
Un petit coucou aux gens qui distribuaient des straps Sega. Bref, la drogue au quotidien.

*Pourquoi ce Geekopolis-bashing sur Internet ? Nemo m’a sorti une phrase géniale : « En plein boom des rillettes, Littardi serait déjà au Mans ». Comprenez que le coût des entrées était un argument-bouclier qui en cachait pas mal d’autres.
**Paraît-il.

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