Daily Archives: 27 avril 2013

Le marathon de Boston

Ouais parce qu’on va parler d’un jeu très très long qui se passe à Boston, hé hé. Son final est d’ailleurs EXPLOSIF ! Erm. Encore une fois :

CE JEU NE VA TOUJOURS PAS ÊTRE CRITIQUE PAR UNE PERSONNE MULTICULTURELLE MAIS QUI AIME BIEN MANGER DES SUSHIS TOUTES LES TROIS SEMAINES ET DES PIZZAS TOUT LES DIX JOURS, CAR LA CULTURE, IL AIME LA SUBLIMER DANS SON ASSIETTE

Ah, Assassin’s Creed 3. Je ne suis pas sûr de savoir comment aborder ce jeu. Il n’est pas mauvais, il n’est franchement pas bon, c’est plus un très bon mauvais jeu qu’un bon jeu raté. Il se rate dans pas mal d’endroits improbables, et AC3 ressemble à chacun de mes textes : interminable. Déjà qu’il est pas si accessible… mais parlons un peu de la saga. Pour le jeu précédent, Revelations, c’est par là que ça se passe. Si vous ne le saviez pas, Assassin’s Creed est une série phare du jeu vidéo depuis 2008, où on peut voir le mec le moins intéressant du monde revisiter les souvenirs de ses ancêtres pour lutter contre les vilains templiers qui veulent lui pourrir la vie. Truc de fou : non seulement il est un assassin – une sorte de secte soft où on ne tue pas ses congénères mais les templiers – mais tous ses ancêtres en étaient, et tous ces gens là étaient les Régine de leurs époques respectives, ils connaissaient tout le monde. En gros, Desmond est un avatar de chroniqueur culturel d’aujourd’hui qui aurait traversé les époques pour copiner avec Léonard De Vinci et Benjamin Franklin. Il faut le faire.
C’est un jeu qui se passe en fait en 2012. Ici, la menace de la fin du monde le 21/12 motive les personnages – menace insérée comme on insère une disquette dans un port disque – Dans le premier, c’est le douzième siècle avec Altaïr. Dans le 2, c’est Ezio Da Firenze Da Mario Pizzaaucaviar qui est revisité avec ses assassinats gourmands. Le deux avait deux suite, Brotherhood et Revelations. Le 3 est sorti en novembre dernier. Le 4 est annoncé depuis un gros mois. Games fait sa couverture sur le 3 en Octobre, puis sur le 4 en Avril. Tout cela va bien trop vite.

L’Assassin’s Creed annuel est une tradition des plus persistantes dans le jeu vidéo. Les équipes ont donc très peu de temps pour boucler tout ça – deux ans en moyenne – et ça commence à se voir. On dirait que le trois avait un peu trop d’ambitions et qu’il n’y avait pas assez de mois sur le calendrier pour rendre un truc, disont, euh, FINI. On va y revenir cependant. « L’histoire Desmond » progresse à train d’enfer – avec l’équivalent d’un épisode de Scooby Doo par jeu, la Mystery Machine ne gagne pas grand chose contre Abstergo et les templiers. Revelations se terminait sur une cinématique complètement tordue et eschatologique. Oh, merde alors, on va tous crever, et c’est la faute des Dieux de toutes les civilisations possibles et imaginables ! Visiblement, à chaque « chiffre » son assassin et c’est cette fois l’histoire de Connor Davenport, natif américain, qu’on va égrener dans le 3. Et là alors j’espère que vous êtes prêts pour un élément super confusant – on sait déjà que le héros du 4 est le grand père de Connor. Ben ouais, non seulement Ubi fait très mal semblant de leaker des infos sur ses projets, mais en plus ce sont des éléments qui nous retournent la tête. La bonne nouvelle, c’est que si le jeu précédent bouclait la storyline Ezio, ce jeu là va définitivement s’occuper de Desmond. Ben quoi? Ubi a officiellement annoncé qu’il ne serait pas dans le 4. Spoiler : il n’est pas parti en vacances.

Spoiler : Haytham est un connard

Spoiler : Haytham est un connard. Ça fait de lui le meilleur perso du lot

Il y a un petit truc sympa dans la vie d’un joueur à s’occuper du Assassin de l’année. Bon, l’intrigue est rallongée à la truelle à chaque fois mais on aime bien en faire un pour tenter, un jour, de savoir le fin mot de cette histoire qui devient inutilement compliquée et qui ne se terminera qu’avec Assassin’s Creed 76, mettant en scène Phillip J. Fry, sortie vers 2090. Le présupposé est bon – Revelations et Bortherhood (alias 2,5 et 2,75) étaient vraiment de qualité. Sincèrement bons. Là on fait un peu de rétropédalage. Le 3 est teinté de cette multitude de trucs qui énervent dans la série : imprécisions, peu d’intuitivité, combats fatigants – j’ai cette terrible manie de masher mes boutons sans finesse derrière – et, au final, on ne fait plus de missions d’infiltrations pour assassiner des gens, et ça dans l’absolu c’est quand même super gênant. D’ailleurs, les jeux semblent beaucoup se baser sur la key-feature du précédent. Enfin, non, on a évité un 3 où tout le gameplay aurait été du tower defense, heureusement.

Il a un énorme problème. Tous les Assassin mettent un peu de temps à démarrer. Traditionnellement, j’y joue deux semaines, je le met de coté et je le boucle deux mois plus tard. Assassin 3 est chiant comme la mort. C’est terrible à dire mais c’est vrai. Il est interminable, il y a trop de hubs (la carte est un hub de hubs ! C’est trop grand ! On se croirait dans Banjo Tooie !) et l’introduction est poussive comme jamais, il va falloir faire preuve d’une patience angélique. Le jeu est toujours divisé en séquences. Douze, cette fois ci. Les trois premières vous mettent dans la peau d’Haytham, fraîchement débarqué à Boston, qui va faire un enfant sur place et nous imposer un tutorial incroyablement chiant. C’est con, il se passe plein de choses, c’est assez beau – la toute première mission se passe dans un théâtre en pleine représentation, c’est rigolo – les cadres varient, ce jeu fait tout sauf abuser des unités… mais ces premières heures vous font : Vous déplacer. Parler à des gens. Vous déplacer. On se déplace et on subit plein de cinématiques. C’est interminable. Haytham fait un gosse, c’est Connor. Connor qui joue à cache cache avec ses copains, Connor qui devient un assassin, Connor qui signe la déclaration d’indépendance, Connor qui grandit et qui se retourne contre son paternel. Entre temps, il va devenir capitaine de navire, copiner avec un vieillard, fonder une communauté amish, aller en prison, être pendu, former des assassins, fomenter une révolte à New York et Boston, gérer un trafic de meubles… HELL QUOI. Il y a des missions annexes pour tout, pour tout expliquer, pour tout mal expliquer, chaque micro mécanique de gameplay ne sert qu’au moment où on l’introduit. Je n’ai amélioré mes armes qu’après la fin du jeu et je n’ai jamais rien vendu ou crafté. Bon, je prends les choses dans le désordre.

Ce qu'on attendait tous va ENFIN SE PRODUIRE, LIESSE POPULAIRE

Ce qu’on attendait tous va ENFIN SE PRODUIRE, LIESSE POPULAIRE

Une fois le contrôle de Connor remis au joueur (et après un petit twist de bon aloi avec Haytham) le jeu se veut un peu plus palpitant. D’abord, il y a ces missions navales, difficiles, parfois laborieuses, pas toujours très agréables mais qui pimentent un peu l’ensemble. La liberté laissée au joueur est toujours aussi grande : domaine Davenport, frontière, Boston et New York sont autant de grandes maps où les quêtes annexes tombent par dizaines. A ce titre, on peut le dire, c’est trois fois plus grand que le précédent, et ça a du demander un travail de titans et beaucoup de nuits blanches chez Ubi. On peut chasser, se battre autour dû monde, chercher des trésors, combattre les pirates et les bandits… et Desmond, pendant ce temps? C’est lui qui va incarner la caution « je cherche cinq macGuffins pour progresser dans mon intrigue, à savoir une porte très mystérieuse à traverser » si si, ça marche à chaque fois. Le Scooby Gang – moins sa copine, plus son père – le dépose dans tel ou tel espace pour ramasser des clés magiques. C’est aussi intéressant que ça en à l’air mais heureusement, on retrouve Shawn, meilleur personnage de la saga. Lisez les mails qu’ils vous envoie et la base de données qu’il rédige, tout le suc comique du jeu s’y trouve. A la fin de la séquence 12, rideau, comme d’habitude on termine sur une fin aussi ouverte que nébuleuse. La saga Assassin, c’est comme une extension de ces romans de début de siècle qu’on achetait en librairie par morceaux, par « livrées » – Assassin est devenu l’édition Hachette du jeu vidéo. Mais pourquoi ne pas y jouer s’y on s’est abonné?

J’exagère un peu, il y a quand même plein de bonnes choses dans ce jeu. Encore une fois, pour peu que ce soit sur du bon matos, c’est beau, assez varié et immersif. Les fameuses scènes enneigées promises par les teasers sont mémorables. Bon, je part du principe que ma 360 et ma télé enlaidissent tout, ce qui est vérifié. Le travail sonore est bon et les combats sont améliorés en précision et en violence – on y trouve une débauche de finish moves bien sanguinolents. C’est super documenté et ça n’hésite pas à désacraliser les pères fondateurs, si toutefois on veut prêter une portée historique à une saga qui fait contrôler toute l’Histoire par deux sociétés secrètes. Dans l’ensemble, ça essaye d’être différent – tout en reprenant toutes les mécaniques précédentes de la saga – mais ça restera comme le meilleur opus du lot.

Les missions principales ne sont toujours pas très variées ou palpitantes – soyez heureux d’apprendre que la contrebande de patates à Boston n’aura plus de secrets pour vous. Quand elles ne sont pas trop faciles, elles sont frustrantes. Quand elles ne sont pas foireuses, elles sont en pilote automatique. Parce que, plus que jamais, le jeu est fini à la pisse. Collisions, imprécisions, gameplay foireux, sous titres pourris voire faux, plein de choses viennent rendre l’expérience plus pénible que fun. Et encore, c’est deux fois pire sur le jeu Vita ! Les sauts sont approximatifs, plus la branche sur laquelle Connor se trouve est haute, plus il va kiffer se jeter dans le vide. Puis on y trouve tant de bullshit dans le gameplay, des machins improbables, dont cette fabuleuse simulation de crafting et de vente d’objets. Gagne de l’argent, crafte tes objets, regagne de l’argent, améliore ton bateau pour botter des culs pirates anglois et gagne toujours plus d’argent. On n’achète plus les villes échoppes par échoppe, mais le problème revient exactement au même : un cercle vertueux sans intérêt, et ça, c’est partir du principe que le joueur comprends tout ce qui lui est envoyé à la figure. Livrer des courses, cueillir des plumes, synchroniser tout l’équivalent du New-Jersey, tout ça jusqu’à cette scène un peu débile entre Connor et le boss final, qui rappelle cette course poursuite palpitante d’OSS 117. Pas de constance, des combats injustes (inutile de chevaucher son cheval puisqu’il va se faire automatiquement dézinguer en trois secondes ! A vous les joies de tomber comme le pire des sacs à patates !) et des moments poussifs, chiants, lents, pas précis, tout ce jeu est dominé par l’imprécision. Ce serait une copie de philo, Assassin 3 serait un texte qui avance plein de trucs, sans rien justifier et avec pas mal de fautes d’ortho. Gargl. Ça me tue parce qu’il gère ses persos avec beaucoup de goût, il est très cinématographique et je ne dis pas ça pour son impressionnante quantité de cutscenes mais RAH CE QU’ON PEUT S’EMBÊTER AU ROYAUME DE LA CONSPIRATION. L’utilisation des armes est super mal branlé et très mal expliqué en amont. On peut les utiliser sur certaines cibles, pas d’autres. Geuh.

Voilà. Ce jeu est intéressant, très intense et compliqué, très fouilli, mais super peu soigné et chiant. C’est un défaut terrible. Faites-en ce que vous voulez, le multi est toujours le même avec son lot d’ajouts – il est donc vraiment bon – n’y jouez que si vous êtes dans cette posture où vous progressez régulièrement dans la saga, sinon c’est non. J’aime cette saga, j’aime vraiment ce jeu mais il faut bien savoir à quoi on s’engage en le commençant. Et n’hésitez pas à réagir, bande de templiers, z’êtes morts ou bien?

Edit : J’ai oublié de signaler que l’endgame de ce jeu est particulièrement intelligent. Les dèvs ont eu une vraie bonne idée et l’ont bien articulée avec le scénario de la saga. C’est rageant, quoi.

Cassedédi à ce rapport maître élève, Tsundere comme les blés

Cassedédi à ce rapport maître élève incompréhensible, Tsundere comme les blés

CE TEST NON MULTICULTUREL AURA SOIGNEUSEMENT ÉVITÉ TOUTE BLAGUE RACISTE A BASE DE POCAHONTAS ET DE FEUILLES MORTES VOLANT AU VENT, NOTEZ LES EFFORTS DÉPLOYÉS

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