Monthly Archives: avril 2013

Onze questions à un profane

Les aminches ! En Mai, c’est Quartier Libre. Pour moi c’est révisions et vous aurez l’occasion de publier vos propres bêtises. Le prochain post, j’explique ça et juste après on fera un petit truc participatif et simple. Vous avez une idée? Gardez là pour dans pas longtemps.

Bon, ok, je ne suis plus vraiment un otaque. C’est pas grave, c’est pas une maladie ou une fatalité. J’en vois qui font du pathos 24/7 parce qu’il n’ont plus la « passion » – mais comme disait une copine, elle se transfère, elle peut revenir à tout moment. Il n’empêche que je suis toujours les japoniaiseries de cette période phare de mes années fac (comprenez dans les 2009/2010) et que ces séries ne perdent pas en qualité. Tout ça représente une période rigolote dans ma vie mais derrière moi néanmoins – il faudra que je fasse ce post sur « comment l’otakusphère se fait mal voir » – mais bref, j’ai été taggué par Corti dans un lieu commun du blogging : répondre à des questions et répandre la bonne parole. Bon, d’habitude, ce genre de procédé est pas mon truc, mais là au moins on à un angle – je n’y connais plus grand chose. Ça devrait être rigolo de me voir me dépêtrer dans des périphrases en me faisant parler de notions auxquelles je ne comprends plus grand chose. Alors, en gras, les questions de Corti (puceau de formation – je n’y crois pas un instant mon gars ! C’est un sex-symbol ce mec !) et juste après, votre serviteur qui répond.

– Si tu devais choisir entre anime et mangas et ce de manière définitive, lequel d’entre eux choisirais-tu ? Et pourquoi ?
Ooooh. Ça dépends de pas mal de choses. L’anime a tous les avantages du dématérialisé, il est moins cher, prends moins de place, il se mate bien au fond du lit pendant que ta cops rage nerveusement en tentant de dormir. C’est quand même plus immersif mais ça peut parfois se mater en pilote automatique, sans démarche volontaire derrière. Et quand bien même j’adore mater des séries et des animes quand le contexte s’y prête, tu sais que tu ouvres un manga pour y prendre du plaisir, y’a une démarche plus puissante derrière.  C’est difficile comme question parce que je lis pas mal de manga dont l’adaptation en anime est de qualité équivalente… mais à choisir définitivement, ce serait manga. Ça fait très péteux comme réponse, ça sent le « oui, tu vois, moi j’aime le livre, humer les pages et respirer l’encre » mais faut croire que c’est le support qui a une meilleure durée de vie chez moi.

– Quel est ton souvenir le plus marquant d’anime/manga ?
T’sais quand on parle de moi on te dira toujours les mêmes choses : « bicolore », « débauche » ou « Soul Eater ». C’est pas nouveau. J’ai, comme tout le monde, maté pas mal de trucs dans ma prime jeunesse pour passer le petit déjeuner et ce sans avoir aucune idée qu’il pouvait y avoir tout une culture et une actualité derrière (et des communautés, et des magazines de chie, etc). J’ai découvert circa 2008 qu’il y avait tout une niche culturelle à creuser, on m’a parlé d’Haruhi Suzumiya, ça m’a fatigué en deux-deux puis j’ai maté quelques animes dont cette adaptation de manga assez moyen qui a donné un bon anime. Le contexte s’y prêtait, il y a eu un coup de cœur sur les persos et l’univers en général. En revanche, en terme de « vrai truc marquant », Haibane Renmei alias Les Ailes Grises serait mon petit chouchou. C’est mon unique 10/10 dans My Anime List, et en bon nazi des chiffres, ça a une signification. Regardez le. Il a une puissance émotionnelle rare. LES ÉMOTIONS T’ENTENDS ! LES POLYGONES !

– Est-ce que tu penses que tout le temps que tu as passé à lire manga ou regarder des animes aurais pu être utilisé de manière plus « intelligente » ?
Très probablement mais si on commence à admettre un truc pareil, c’est plusieurs années de vie en cumulé qui s’en vont donc non, pas terrible. Y’a pas de gradation à faire entre les mangasses (oui, je dis « les mangasses », j’imagine que ça a la même portée profane que le mot « geek ») et les films, jeux ou que sais-je. Je vais pas culpabiliser parce que je vais souvent au cinéma, surtout avec le coût démentiel que demande la carte illimitée. J’estime avoir maté pas mal d’animes qui apportent des éléments intéressants en termes de fiction, de narration et d’idées, et j’aurais pu m’abstenir pour d’autres. Soyons honnêtes, sans avoir perdu du temps à voir tout ça (il en faut du temps pour lire 80 tomes de Détective Conan) j’aurais surement glandé sur Tv Tropes. Donc tout va bien. Ça n’a jamais empêché de faire ce que je voulais en parallèle.

– Yoko Kanno, plagieuse de génie ?
Du coup, voilà, je ne saisis pas la profondeur de la question. Comme beaucoup, je sais qu’elle a composé Tank ! (on va y revenir) mais je ne sais pas pourquoi tu parles de plagiat. Du coup, je vais vous rappeler la recette des crêpes. C’est pas difficile : vous prenez un gros paquet de farine, deux œufs, du lait, hop hop hop on mélange tout doucement pour éviter les grumeaux, on rajoute un peu de flotte et un brin d’alcool, on fait reposer la pâte une heure et c’est parti pour la séquence crêpe, gage de convivialité et de bonne humeur.
(…) Donc après m’être renseigné sur tout ça à force de clics, ton affirmation semble avérée. C’est dommage, je partais avec un bon présupposé sur elle. Rien de plus insultant que le plagiat – je pense à Macé-Scaron, le journaliste le plus choupi du monde, dont on entends plus parler depuis dix huit mois à cause de ça. Le génie, je ne sais pas, comme disait Flaubert, n’importe quel péquin peut s’approprier un texte. J’aime pas Flaubert, mais ça c’est une autre histoire. Bref. On est pas bien avancés.

– Si tu devais conseiller une série à ton pire ennemi, ça serait laquelle ? Pourquoi ?
J’en ai déjà parlé mais « Drainage City » est un manga eroguro impossible à mater sans subir une combustion spontanée rétinienne mais c’est un peu tricher (ne cherchez pas, c’est Not Safe For Mind) et si je devais me demander quels sont les pires trucs que j’ai lu ou vu jusque ici, deux contenders me viennent immédiatement à l’esprit. D’une part, le fameux K-On. Pas méchant, juste un peu neuneu et sans intérêt. En deuxième position, Spice And Wolf, juste chiant. Rien d’autre. Pas intéressant, pas palpitant, chiant. Mon coup de pute ultime serait Battle Royale. C’est même pas une question de « scénario malsain », disons que c’est la prolongation de ce qu’on peut aimer voir dans ces plots survivalistes. C’est pas si difficile à assumer. En revanche, c’est moche, gratuit, moche, laid, moche. Évidemment qu’un univers pareil n’est pas sensé sentir la rose mais je trouve ça incongru de mettre du sexe dans du contexte pareil, surtout pour le voir si peu consentant et douloureux. Je conseillerais à mon pire ennemi de le lire avec un stroboscope d’ailleurs, et il le ferait. Normal, c’est mon pire ennemi, il est très très con.

– Penses-tu avoir le courage de te taper PGSM en entier un jour ?
PGSM. PGSM… Google est mon ami. Paris Graduate School of Mathematical Sciences… Sailor Moon. Par le pouvoir de la lune, tout ça. Non. Malheureusement, je m’en fiche. J’ai du mater trois secondes quelque part sur M6 puis je suis directement passé dans le Fandom Yugioh. Je ne comprenais pas trop le concept de Magical Girl puis je me suis maté le premier épisode de Panty et Stocking, j’ai eu une révélation. Une grosse révélation. Mater ça à mon âge serait un peu gênant. Je préfère Bob l’Éponge.

– Niveau consommation, es-tu plutôt du genre à bouffer à tous les râteliers pour trouver ta dose, du genre à être très éclectique, ou plutôt élitiste qui ne consomme que peu mais que du bon ? D’ailleurs, comment te décides-tu à commencer une œuvre ?
C’est vrai, je suis élitiste. Je n’aime pas me la jouer « curieux » pour tenter de dénicher des bonnes surprises. Je n’aime pas l’admettre mais c’est comme ça – je ne joue qu’à des bons jeux, tous les films que je vais voir me plaisent, etc. Je préfère ne pas parler musique sur ce coup là. Je suis sincèrement convaincu qu’il y a de mauvais animes, que certaines productions dévalorisent leurs spectateurs, qu’il y a un paquet moyen et un haut du panier. Donc je m’efforce de mater peu, de mater bien et je suppose que ça rentre dans ta définition de l’élitisme. Du moment que ça ne fait pas de moi un connard au quotidien (j’espère bien!) je ne le prends pas mal. D’ailleurs, ton choix de mot « consommation » est intéressant, ça part du principe qu’une lecture est par définition automatique, industrielle…

– Quelle est ta série ULTIME, celle pour qui tu serais capable de tuer père, mère, fils, fille et petits-enfants ainsi que des chatons et autres animaux domestiques afin de pouvoir en profiter jusqu’à la fin de tes jours ? Et elle a quoi de bien ?
Cowboy Bebop. C’est probablement un lieu commun dans « les conseils » de l’animation, il y a peut être mieux mais c’est une excellente façon de faire découvrir le genre à n’importe qui. Ce générique de fous – composé par Yoko Kanno (ou plein d’autres gens derrière, visiblement) cet histoire futuro-bordelpunk qui adopte une thématique et un genre par épisode, de très très bons personnages, une esthétique poussée et un anime qui retombe sur ses pattes, encore spoilable aujourd’hui. Certains épisodes sont cultes – ils le sont tous mais j’ai une petite préférence pour « Mushroom Samba » et « Toys In The Attic ». Il faut vraiment se débarrasser du présupposé « japonais » pour le vendre aux pires récalcitrants mais hé, notre rôle n’est pas d’adopter une démarche messianique. Si je ne devais en garder qu’une, ce serait celle-là.

– Ton avis sur le fait que les éditeurs arrêtent des séries en cours de route ?
C’est chiant mais c’est comme ça. On ne va pas essorer jusqu’au bout une série qui représente un manque à gagner. Le meilleur exemple qui me vient en tête est l’édition très anarchique des Sayonara Prof. Désespoir – une série aussi intelligente que rigolote, mais qui ne peut pas parler à grand monde. Les séries peu efficaces ne peuvent pas survivre pour notre bon plaisir et je doute que le crownfunding et autres puisse y faire grand chose. Des solutions existent (en l’occurrence, l’édition anglophone, ou Tokyopop… AH NON OUPS). Bon, je deale avec. J’ai la chance de commencer des séries à succès, généralement.

– Si le Japon finit par interdire l’affichage des petites culottes dans les animes/manga, tu fais quoi ?
Rien. Au contraire, ça m’énerve. Les pantsu shots me gavent. J’ai l’impression d’être pris pour un crétin libidineux et ça me retourne qu’un bout de tissu puisse faire partie d’un cahier des charges. Ça me rappelle qu’il y a tout un paquet d’otakes « extrêmes », pour qui le genre opposé est un vague fantasme, et c’est un brin déprimant. J’aime bien le mystère, mais ce n’est pas la même chose que la suggestion. On peut tout à prendre des culottes dans la vie de tout les jours et les retirer à des personnes consentantes. Alors qu’est-ce qu’on attend? Peut être que le niveau globale de la fiction japoniaisante n’en serait qu’améliorer. De toute, c’est comme les virées au Kawaii Café : plus elles sont espacées, plus elles sont délicieuses.
Ne prenez pas ce proverbe neuneu pour argent comptant partout quand même.

– Le hentaï, univers dangereux ou fabuleux ?
Laissez moi dire OLOL mon bon monsieur Corti, le hentai c’est toi, c’est moi, c’est la vie, sans pr0n nous ne sommes plus rien. (Cf la réponse précédente, de toute évidence) le hentaï, terre de contrastes, vaste miasme de fétiches où le vanilla côtoie la hardcore. Sans le hentaï, nous sommes comme réduits de moitié. C’est ce qui me reliera à jamais dans le monde otaku. VIVE LE HENTAI.

Je sais que je suis sensé tagger des gens mais non car non.

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Le marathon de Boston

Ouais parce qu’on va parler d’un jeu très très long qui se passe à Boston, hé hé. Son final est d’ailleurs EXPLOSIF ! Erm. Encore une fois :

CE JEU NE VA TOUJOURS PAS ÊTRE CRITIQUE PAR UNE PERSONNE MULTICULTURELLE MAIS QUI AIME BIEN MANGER DES SUSHIS TOUTES LES TROIS SEMAINES ET DES PIZZAS TOUT LES DIX JOURS, CAR LA CULTURE, IL AIME LA SUBLIMER DANS SON ASSIETTE

Ah, Assassin’s Creed 3. Je ne suis pas sûr de savoir comment aborder ce jeu. Il n’est pas mauvais, il n’est franchement pas bon, c’est plus un très bon mauvais jeu qu’un bon jeu raté. Il se rate dans pas mal d’endroits improbables, et AC3 ressemble à chacun de mes textes : interminable. Déjà qu’il est pas si accessible… mais parlons un peu de la saga. Pour le jeu précédent, Revelations, c’est par là que ça se passe. Si vous ne le saviez pas, Assassin’s Creed est une série phare du jeu vidéo depuis 2008, où on peut voir le mec le moins intéressant du monde revisiter les souvenirs de ses ancêtres pour lutter contre les vilains templiers qui veulent lui pourrir la vie. Truc de fou : non seulement il est un assassin – une sorte de secte soft où on ne tue pas ses congénères mais les templiers – mais tous ses ancêtres en étaient, et tous ces gens là étaient les Régine de leurs époques respectives, ils connaissaient tout le monde. En gros, Desmond est un avatar de chroniqueur culturel d’aujourd’hui qui aurait traversé les époques pour copiner avec Léonard De Vinci et Benjamin Franklin. Il faut le faire.
C’est un jeu qui se passe en fait en 2012. Ici, la menace de la fin du monde le 21/12 motive les personnages – menace insérée comme on insère une disquette dans un port disque – Dans le premier, c’est le douzième siècle avec Altaïr. Dans le 2, c’est Ezio Da Firenze Da Mario Pizzaaucaviar qui est revisité avec ses assassinats gourmands. Le deux avait deux suite, Brotherhood et Revelations. Le 3 est sorti en novembre dernier. Le 4 est annoncé depuis un gros mois. Games fait sa couverture sur le 3 en Octobre, puis sur le 4 en Avril. Tout cela va bien trop vite.

L’Assassin’s Creed annuel est une tradition des plus persistantes dans le jeu vidéo. Les équipes ont donc très peu de temps pour boucler tout ça – deux ans en moyenne – et ça commence à se voir. On dirait que le trois avait un peu trop d’ambitions et qu’il n’y avait pas assez de mois sur le calendrier pour rendre un truc, disont, euh, FINI. On va y revenir cependant. « L’histoire Desmond » progresse à train d’enfer – avec l’équivalent d’un épisode de Scooby Doo par jeu, la Mystery Machine ne gagne pas grand chose contre Abstergo et les templiers. Revelations se terminait sur une cinématique complètement tordue et eschatologique. Oh, merde alors, on va tous crever, et c’est la faute des Dieux de toutes les civilisations possibles et imaginables ! Visiblement, à chaque « chiffre » son assassin et c’est cette fois l’histoire de Connor Davenport, natif américain, qu’on va égrener dans le 3. Et là alors j’espère que vous êtes prêts pour un élément super confusant – on sait déjà que le héros du 4 est le grand père de Connor. Ben ouais, non seulement Ubi fait très mal semblant de leaker des infos sur ses projets, mais en plus ce sont des éléments qui nous retournent la tête. La bonne nouvelle, c’est que si le jeu précédent bouclait la storyline Ezio, ce jeu là va définitivement s’occuper de Desmond. Ben quoi? Ubi a officiellement annoncé qu’il ne serait pas dans le 4. Spoiler : il n’est pas parti en vacances.

Spoiler : Haytham est un connard

Spoiler : Haytham est un connard. Ça fait de lui le meilleur perso du lot

Il y a un petit truc sympa dans la vie d’un joueur à s’occuper du Assassin de l’année. Bon, l’intrigue est rallongée à la truelle à chaque fois mais on aime bien en faire un pour tenter, un jour, de savoir le fin mot de cette histoire qui devient inutilement compliquée et qui ne se terminera qu’avec Assassin’s Creed 76, mettant en scène Phillip J. Fry, sortie vers 2090. Le présupposé est bon – Revelations et Bortherhood (alias 2,5 et 2,75) étaient vraiment de qualité. Sincèrement bons. Là on fait un peu de rétropédalage. Le 3 est teinté de cette multitude de trucs qui énervent dans la série : imprécisions, peu d’intuitivité, combats fatigants – j’ai cette terrible manie de masher mes boutons sans finesse derrière – et, au final, on ne fait plus de missions d’infiltrations pour assassiner des gens, et ça dans l’absolu c’est quand même super gênant. D’ailleurs, les jeux semblent beaucoup se baser sur la key-feature du précédent. Enfin, non, on a évité un 3 où tout le gameplay aurait été du tower defense, heureusement.

Il a un énorme problème. Tous les Assassin mettent un peu de temps à démarrer. Traditionnellement, j’y joue deux semaines, je le met de coté et je le boucle deux mois plus tard. Assassin 3 est chiant comme la mort. C’est terrible à dire mais c’est vrai. Il est interminable, il y a trop de hubs (la carte est un hub de hubs ! C’est trop grand ! On se croirait dans Banjo Tooie !) et l’introduction est poussive comme jamais, il va falloir faire preuve d’une patience angélique. Le jeu est toujours divisé en séquences. Douze, cette fois ci. Les trois premières vous mettent dans la peau d’Haytham, fraîchement débarqué à Boston, qui va faire un enfant sur place et nous imposer un tutorial incroyablement chiant. C’est con, il se passe plein de choses, c’est assez beau – la toute première mission se passe dans un théâtre en pleine représentation, c’est rigolo – les cadres varient, ce jeu fait tout sauf abuser des unités… mais ces premières heures vous font : Vous déplacer. Parler à des gens. Vous déplacer. On se déplace et on subit plein de cinématiques. C’est interminable. Haytham fait un gosse, c’est Connor. Connor qui joue à cache cache avec ses copains, Connor qui devient un assassin, Connor qui signe la déclaration d’indépendance, Connor qui grandit et qui se retourne contre son paternel. Entre temps, il va devenir capitaine de navire, copiner avec un vieillard, fonder une communauté amish, aller en prison, être pendu, former des assassins, fomenter une révolte à New York et Boston, gérer un trafic de meubles… HELL QUOI. Il y a des missions annexes pour tout, pour tout expliquer, pour tout mal expliquer, chaque micro mécanique de gameplay ne sert qu’au moment où on l’introduit. Je n’ai amélioré mes armes qu’après la fin du jeu et je n’ai jamais rien vendu ou crafté. Bon, je prends les choses dans le désordre.

Ce qu'on attendait tous va ENFIN SE PRODUIRE, LIESSE POPULAIRE

Ce qu’on attendait tous va ENFIN SE PRODUIRE, LIESSE POPULAIRE

Une fois le contrôle de Connor remis au joueur (et après un petit twist de bon aloi avec Haytham) le jeu se veut un peu plus palpitant. D’abord, il y a ces missions navales, difficiles, parfois laborieuses, pas toujours très agréables mais qui pimentent un peu l’ensemble. La liberté laissée au joueur est toujours aussi grande : domaine Davenport, frontière, Boston et New York sont autant de grandes maps où les quêtes annexes tombent par dizaines. A ce titre, on peut le dire, c’est trois fois plus grand que le précédent, et ça a du demander un travail de titans et beaucoup de nuits blanches chez Ubi. On peut chasser, se battre autour dû monde, chercher des trésors, combattre les pirates et les bandits… et Desmond, pendant ce temps? C’est lui qui va incarner la caution « je cherche cinq macGuffins pour progresser dans mon intrigue, à savoir une porte très mystérieuse à traverser » si si, ça marche à chaque fois. Le Scooby Gang – moins sa copine, plus son père – le dépose dans tel ou tel espace pour ramasser des clés magiques. C’est aussi intéressant que ça en à l’air mais heureusement, on retrouve Shawn, meilleur personnage de la saga. Lisez les mails qu’ils vous envoie et la base de données qu’il rédige, tout le suc comique du jeu s’y trouve. A la fin de la séquence 12, rideau, comme d’habitude on termine sur une fin aussi ouverte que nébuleuse. La saga Assassin, c’est comme une extension de ces romans de début de siècle qu’on achetait en librairie par morceaux, par « livrées » – Assassin est devenu l’édition Hachette du jeu vidéo. Mais pourquoi ne pas y jouer s’y on s’est abonné?

J’exagère un peu, il y a quand même plein de bonnes choses dans ce jeu. Encore une fois, pour peu que ce soit sur du bon matos, c’est beau, assez varié et immersif. Les fameuses scènes enneigées promises par les teasers sont mémorables. Bon, je part du principe que ma 360 et ma télé enlaidissent tout, ce qui est vérifié. Le travail sonore est bon et les combats sont améliorés en précision et en violence – on y trouve une débauche de finish moves bien sanguinolents. C’est super documenté et ça n’hésite pas à désacraliser les pères fondateurs, si toutefois on veut prêter une portée historique à une saga qui fait contrôler toute l’Histoire par deux sociétés secrètes. Dans l’ensemble, ça essaye d’être différent – tout en reprenant toutes les mécaniques précédentes de la saga – mais ça restera comme le meilleur opus du lot.

Les missions principales ne sont toujours pas très variées ou palpitantes – soyez heureux d’apprendre que la contrebande de patates à Boston n’aura plus de secrets pour vous. Quand elles ne sont pas trop faciles, elles sont frustrantes. Quand elles ne sont pas foireuses, elles sont en pilote automatique. Parce que, plus que jamais, le jeu est fini à la pisse. Collisions, imprécisions, gameplay foireux, sous titres pourris voire faux, plein de choses viennent rendre l’expérience plus pénible que fun. Et encore, c’est deux fois pire sur le jeu Vita ! Les sauts sont approximatifs, plus la branche sur laquelle Connor se trouve est haute, plus il va kiffer se jeter dans le vide. Puis on y trouve tant de bullshit dans le gameplay, des machins improbables, dont cette fabuleuse simulation de crafting et de vente d’objets. Gagne de l’argent, crafte tes objets, regagne de l’argent, améliore ton bateau pour botter des culs pirates anglois et gagne toujours plus d’argent. On n’achète plus les villes échoppes par échoppe, mais le problème revient exactement au même : un cercle vertueux sans intérêt, et ça, c’est partir du principe que le joueur comprends tout ce qui lui est envoyé à la figure. Livrer des courses, cueillir des plumes, synchroniser tout l’équivalent du New-Jersey, tout ça jusqu’à cette scène un peu débile entre Connor et le boss final, qui rappelle cette course poursuite palpitante d’OSS 117. Pas de constance, des combats injustes (inutile de chevaucher son cheval puisqu’il va se faire automatiquement dézinguer en trois secondes ! A vous les joies de tomber comme le pire des sacs à patates !) et des moments poussifs, chiants, lents, pas précis, tout ce jeu est dominé par l’imprécision. Ce serait une copie de philo, Assassin 3 serait un texte qui avance plein de trucs, sans rien justifier et avec pas mal de fautes d’ortho. Gargl. Ça me tue parce qu’il gère ses persos avec beaucoup de goût, il est très cinématographique et je ne dis pas ça pour son impressionnante quantité de cutscenes mais RAH CE QU’ON PEUT S’EMBÊTER AU ROYAUME DE LA CONSPIRATION. L’utilisation des armes est super mal branlé et très mal expliqué en amont. On peut les utiliser sur certaines cibles, pas d’autres. Geuh.

Voilà. Ce jeu est intéressant, très intense et compliqué, très fouilli, mais super peu soigné et chiant. C’est un défaut terrible. Faites-en ce que vous voulez, le multi est toujours le même avec son lot d’ajouts – il est donc vraiment bon – n’y jouez que si vous êtes dans cette posture où vous progressez régulièrement dans la saga, sinon c’est non. J’aime cette saga, j’aime vraiment ce jeu mais il faut bien savoir à quoi on s’engage en le commençant. Et n’hésitez pas à réagir, bande de templiers, z’êtes morts ou bien?

Edit : J’ai oublié de signaler que l’endgame de ce jeu est particulièrement intelligent. Les dèvs ont eu une vraie bonne idée et l’ont bien articulée avec le scénario de la saga. C’est rageant, quoi.

Cassedédi à ce rapport maître élève, Tsundere comme les blés

Cassedédi à ce rapport maître élève incompréhensible, Tsundere comme les blés

CE TEST NON MULTICULTUREL AURA SOIGNEUSEMENT ÉVITÉ TOUTE BLAGUE RACISTE A BASE DE POCAHONTAS ET DE FEUILLES MORTES VOLANT AU VENT, NOTEZ LES EFFORTS DÉPLOYÉS

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Rewind, select

Dayum dayum ouga bouga oinche ! Un nouvel AMV HELL est sorti ! Ça mérite un post! Souquez les artimuz et déployez la grande voile !

(Tous ensemble) UN AMV HELL, KESSADIRE? Je crois que j’ai expliqué le concept trouzemille fois mais ce post doit être une base de départ. Pour la réponse française, le projet Asylum était là en novembre pour botter des culs. Ok, je pars maintenant du principe que vous savez de quoi on parle. Maintenant, on peut tenter la comparaison entre les deux séries! Fuck yeah Américain ou Baise oui la France, baguettes et cocorico? Oui ! Le paypal.

(Veuillez pardonner cette intro) L’AMV HELL 6 est sorti il y a trois jours. On peut le télécharger sur Amv Hell dot com, mais aussi le mater sur Youtube. Le dernier, c’était en Novembre 2010, il y a deux éternités et demie. On partait du principe que le 5 était le dernier des derniers. Maintenant, la « franchise » Hell, c’est un peu comme les Mario Party, on ne sait pas trop sur quel pied danser quand à la suite, on sait que ça sera dans longtemps et on a un peu plus peur à chaque fois sur la qualité du prochain. Celui la a été accouché dans la douleur, du genre bébé en papier de verre – et sur plusieurs mois ! Le réalisateur du Hell 5, au pseudo impossible, a d’abord annoncé le projet avec un angle bien précis « La fin du monde ». Moui, certes. Peu de temps après, il se la joue Pokémon et annonce une deuxième version parallèle : thématique Final Fantasy. Mmmmmouuuui. Le tout dans le flou le plus total. Nous, internautes d’Amériques et d’ailleurs, nous demandons s’il n’a pas pris la même drogue que quand il a choisi le titre du 5, super contextuel donc super péremptoire. Bien sûr ce n’était que des directives sans réel souci de thématisation mais il s’avère que la première est gardée. Délais non tenus, une diffusion peu enthousiaste dans une convention fait prendre encore plus de temps au bouzin pour aboutir, et l’AMV HELL 6 : End Of The Universe sort le 21 Décembre 2012. Quitte à retarder, autant le faire un tout petit peu plus pour prendre une date marrante.

Problème : c’est pas excellent. C’est pas mal mais pas difficile à améliorer – la qualité d’image est super aléatoire et on sent que le « niveau d’admission » était bas. Très bien, Zarzax, réal historique, met ses roustons sur la table et dit « OK, je m’en charge, on va le refaire ». C’est exactement ce qui est arrivé – il a reçu des vidéos en masse, il en a remplacé les deux tiers et l’AMV HELL 6.66 : You are (not) Alone a été publié samedi dernier. Pour le titre, c’est une référence à la syntaxe Evangelion et ses long métrages qui sortent au compte goutte. Il y a deux versions, mais il faut considérer celle là comme la « définitive ». Un peu confus tout ça. Deux choses. C’est la première vidéo de la série ou des petits frenchies participent. Elwingil, Meb et Amo y ont casés pas mal de bonnes choses. Le Commandant est passé de trois à une vidéo validée, et c’est « Simultaneous ». Ensuite, cette différence de versions pose un souci inévitable : il m’est personnellement impossible d’être d’accord avec tous les ajouts et les emprunts. Beaucoup de bons sketchs sont passés à la trappe, probablement pour éviter des répétitions de sources – alors que les ajouts en génèrent d’autres ! Celui là était mon préféré, c’est, à mon sens, le meilleur du 6. Passé à la trappe dans le 6.66. Pourquoi? Hell if I know ! Plein de petites pépites sont absentes de cette version définitive et ça laisse tous les fans dans une posture étrange où il faut sans cesse jongler entre les deux et se taper des « morceaux choisis ». Pas si définitive que ça, quoi, en face de « l’original ». Plein de bonnes idées qui passent à la trappe, autant de chatons qui pleurent !

Petite remarque de contenu : c’est aussi le premier Hell a être publié après les deux premiers Enfer, inspirés de ce concept, aka le fruit d’un pur produit consanguin. Certains skits sont inspirés. Je peux pas le prouver scientifiquement avec un logiciel au prix improbable comme l’AFP mais y’a des reprises, c’est évident. Petites ou grosses. Faut pas le prendre mal, au contraire, ça veut dire que le « modèle Enfer » est dans la place et il progresse bien mieux que le modèle ricain. LA RANCE ! Pas de thème cette fois ci. Je ne sais pas si l’intro est ironique ou juste moqueuse : en déclarant « Ok, on va mettre des vidéos au hasard » pour rigoler, on peut se demander si ce n’est pas ce même hasard qui a contribué à ce tri. Maintenant, en transition, on a un écran HD tout simple qui n’invente pas grand chose. C’est dommage, chaque vidéo pourrait être un poil thématisée et garder une identité précise. (Je ne veux pas faire de fausse promesse mais des directions qui me sont chères sont discutées en ce moment pour un éventuel Enfer 3) osez quoi ! Ça peut être encore plus qu’une série de vidéos ! Je reste l’auteur du gimmick des vidéos signées et j’en suis tout fier.

Bon, il n’y a pas de grand bouleversement, mais c’est tout de même le premier long métrage en 16/9. Ça fait du bien, il y a plus à mater et certains commencent même à cropper les extraits en 4/3 voir si ça passe et c’est un excellent réflexe ! La qualité d’image est bien meilleure et se situe globalement au dessus du précédent, même si ce fichu entrelacement et certains extraits incompréhensibles baissent un peu la moyenne. Par contre, encore une fois, il a été un peu monté à la pisse. Quand tu prends autant de temps pour sortir un projet, tu ne lésine pas sur les finitions, tu essaie d’éviter les trous entre les skits et les transitions, à savoir un écran noir qui fait tâche et qui enlaidit l’impact de tes chutes. Y’en a plein, c’est dommage et un peu fatiguant. C’est un détail, bien sûr, mais on est là pour les relever.

Une impression globale ? C’est une bonne vidéo. Beaucoup, beaucoup plus équilibrée que sa version Alpha. Nettement moins gore que son homologue, aussi. La qualité globale y est meilleure. Un gros morceau du 6 y est remixé dans un nouvel ordre et enrichi d’autres vidéo, cette fois au trois quarts potable/sympa+. Par contre, une tendance dangereuse s’installe : la fameuse règle des 30 secondes y a été zappée et splashée. Pas respectée des masses, donc. Sans vouloir jouer au fondamentaliste d’opérette, surtout pour un truc aussi niché et insignifiant, c’est fort dommage. Plein de vidéos font autour d’une minute. C’est pas bien ! Je vais me fâcher tout rouge. Ça ruine le rythme de la vidéo, ça donne de mauvaises idées aux autres et ça impute la spécificité du genre Hell : la concision ! Comme des Tweets, il faut aller droit au but et bosser sous une petite limite, c’est comme ça. Les sketches en questions sont jamais interminables ni mal foutus mais la plupart sont sécables, au minimum. Seul le « Hercules » du début justifie sa longueur et aurait pu faire une parfaite petite exception. A l’inverse, il n’y a pas de « pastilles », de tout petits clips qui lient le reste sans qu’on cherche vraiment à en comprendre le contenu, et c’est dommage. Un bon Hell reste une question d’équilibre.

Niveau son c’est autre chose. Deux trucs émergent. D’abord, c’est la présence toujours plus galopante de sound clips. Il faudrait faire le calcul mais il y a beaucoup plus de trucs parlés. C’est souvent drôle, parfois hilarant (Powerthirst) mais parfois super chiant with cheese. Moins de musiques, moins de trucs à chanter, moins de découvertes potentielles… Dans ces musiques, justement, il y a moins de « pop de chie » – pour simplifier les choses – mais un assez gros paquet de groupes de niches, spécialisés, de classique, de petits fétiches geeks bref très très peu de morceaux d’actualité. Un petit Move Like Jagger et pas grand chose d’autre. Encore une fois, je rappelle qu’une vidéo de ce genre est une capsule temporelle qui capture les tubes pop du moment. Tu mets « Pumped Up Kicks » derrière une baston d’enfants, le tour est joué, c’est pas compliqué. Peu de musique, peu de « rock classique » mais encore plein de bonnes choses tout de même ! Va juste falloir abandonner ce gimmick des pubs. Si les Enfer sont faits pour être exportés un minimum, de leur coté, ils s’en fichent. Ça donne pas mal de skits qui nous paraissent interminables ou incompréhensibles. Une confirmation qu’un « genre Hell » émerge et, le plus souvent, est adapté.

Et en images ? Presque plus de jeux vidéo! Phénomène étrange, toutes les références JV sont sonores… et il n’y a pas la moindre once de Final Fantasy dans le 6.66, ce qui n’en finit pas d’être IRONIQUE. (Protip : ne faites pas de projets de niches dans votre projet de niche) il n’y a plus que ce skit surlaid avec ces bébés géants. Il n’y a plus de source omniprésente, dominante, on sent un travail d’équilibrage derrière. Pas de surcharge d’anime emblématiques entre 2010 et 2013 : Panty et Stocking, Ninchijou, Jojo… il y’en a un quelques uns, sans plus. En revanche, il n’y a pas d’overdose de Death Note, de Dragon Ball (ce qui n’empêche pas d’utiliser toujours le même type de scène) et très peu d’Azumanga. Ca brasse partout, dans tout type de genre, ça n’hésite pas à superposer plusieurs trucs tout en gardant un minimum de cohérence. Je reste persuadé qu’on peut être plus équilibre ET rester d’actualité cependant, mais on ne peut pas contrôler le contenu des vidéos entrantes. Petit coup de coeur sur Ninchijou et ses vidéos absurdes – dont un skit Charles Trenet fait par un mec qui ne comprenait pas les paroles. Je peux pas m’empêcher de noter cette fascination pour Another et Blood C, deux animes apparemment super malsains.

Après y’a pas d’inventivité folle. Beaucoup de skits en plans fixes, pas retouchés, pas de trucs exceptionnellement montés, pas d’effets spéciaux mis à part les Old Spice. On se mouille pas, quoi. Pas de pauvreté totale à ce niveau là non plus. C’est presque gavant, ce coté moyen intégral, là ou le 4 visait haut en permanence. Au final, c’est agréable mais ça se mate un peu en pilote automatique. D’ailleurs, on a donné une très mauvaise idée aux américains : le running gag.

 t) T Dix skits que j’aime bien. Rock The Boat est parfaitement dans l’esprit, un peu binaire, musique cool, entraînant. Play With Me est super entraînant, assez bien monté, il dégage une atmosphère bien à lui, c’est une réussite. Do you do you wanna. Sakamoto Sama veut rien dire mais est terriblement entraînant. Y’a un petit souci du détail pour tenter de la synesthésie et c’est de la zik plus qu’originale. Hut 1, Hut 2, Hut 3, bien entraînant, bien cool, seule occurrence de SZS – décidément! – je like. Wanabee est un must qui contribue au démarrage excellente, c’est si rare, de ce Hell 6. J’admire toujours la capacité de Meb à faire des vidéos au raisonnement original. Ce découpage et ce montage sont délicieux. Mary & Sally, le storytelling à son meilleur, une voix délicieusement débile et un montage raccord, et il en plein milieu d’une bonne série. Hercules, bien sûr. Innarêtable, super pêchu, c’est le meilleur rescapé de la version Alpha. Ika Musume + Moustique Encore plus fort que le bon clip sans sens, le BON CLIP SANS SENS ET SANS PAROLES ! NIVEAU EXPERT ! Le I JUST HAD SEX, merveille de mauvais goût, dont je ne spoilerais pas le contexte. Enfin, les Crédits. Je ne suis pas très friand de la zique employée (un mix de toutes les pistes pop écoulées, pour le coup, tout le « contextuel » passe par là) mais le souci de faire coller la moindre seconde est présent et c’est un vrai petit chef-d’oeuvre qui comporte pas mal de moments de bravoure.

 COMMENTAIRE AUDIO ! Comme d’habitude, je me suis fendu d’une fichier audio à écouter pour une «  » »analyse » » » en temps réel. Vous y découvrirez les aléas du commentaire audio d’Amv Hell, comme par exemple se faire stalker par un gamin en culottes courtes. Sinon, j’y commente aussi des vidéos, fait la batterie avec ma bouche et dit beaucoup le mot « chouette », « articuler » ou même « parfait », ce qui prouve que cette vidéo n’est pas si mal, finalement.

Objectivement, le projet Asylum est un cran meilleur. Fêloches.

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Daft Punk joue à la maison

A la ! Maison ! Et on reste debout toute la nuit pour être chanceux ! Et on reste debout toute la nuit pour être chanceux ! Et on reste debout toute la nuit pour être chanceux ! Et on reste debout toute la nuit pour être chanceux ! Et on reste debout toute la nuit pour être chanceux ! Et on reste debout toute la nuit pour être chanceux ! Vous en avez marre, hein? Moi aussi. Pas mal de monde, et on parle d’un phénomène qui ne se cristallise que depuis deux jours.

Je vais beaucoup au cinoche ces temps ci. Quand on mate plusieurs films par semaine, on se tape toujours les mêmes pubs. Ces temps ci, j’ai un petit délire pour la Prada Candy. DONC. RAISONS.

Surprise !

Oui, donc, Daft Punk a mis en ligne son nouveau morceau. Un vrai gros félin chauffé à blanc pendant des semaines, sauf que tout le monde avait déjà des touffes de poils. Get Lucky, parlons en. C’est un petit truc assez groovy et passéiste, qui rentre dans l’oreille et qui reste quelques temps. C’est clairement efficace, sa structure est tout sauf compliquée, ça ne dégage pas d’idées folles mais il y a cette ligne de basse qui donne envie de déhancher son popotin. Pharell au micro, voix claire et entraînante, petit refrain pas compliqué (décidément) on fait tourner deux fois et on envoie la petite « Daft Touch » – c’est pas vraiment là que le génie parolier du duo fait des vagues. C’est agréable, le clip est poseur comme jamais mais on sent que ça se retient terriblement, ce n’est pas super ambitieux quoi. J’ai un petit problème avec ça.

Parce que oui, sans blague, j’aime Daft Punk. Ce n’est pas une grosse prise de risque – une prisque – tout le monde aime Daft Punk. C’est le groupe qui fait aimer l’électro aux profanes et devinez quoi? C’est ce qu’on fait de bien en France. Le petit Etienne, le petit Electrics, les petits Justice et les petits Thomas et José sont autant de parisiens qui gagnent des bazillions en formant des morceaux sur-efficaces sans être agressifs. Alors évidemment, Daft Punk est controversé. Chaque album fait polémique et se retrouve systématiquement comparé au précédent. Tout le monde aime Homework. Tout le monde aime Discovery, mais c’est quand même très différent de Homework. Human After All leake peu avant sa diffusion en 2005, Internet crie au fake parce que personne ne peut croire que le disque soit si raté. Je ne le connais pas bien, je ne peux pas juger. Par contre, Tron Legacy, c’était sans doute mieux mais pas fantastique pour autant. HUIT ANS après la dernière galette, Daft Punk génère une attention un peu démesurée… et c’est casse-couilles.

Le quatrième album du duo sortira donc fin mai et s’appellera Random Access Memories. On peut dès lors supposer qu’il veut exploiter des bribes du passé, ce qui expliquerait pourquoi Get Lucky sonne comme un Kool & The Gang en 2012. Bon, il faut remonter aux sources pour piger cet énervement. Ça fait partie de ces choses dont on entend parler toute la sainte journée pendant dix jours. Ça gave, quoi. Et encore, c’est un single issu d’un long processus de bordels généralisés, créant une énorme confusion autour du disque et rappelant ce syndrome gênant de 2005. Daft Punk, c’est deux minutes de préliminaires par heure, pendant deux jours. Ils ont plus de contacts que Régine (en témoigne cette impressionnante liste de guests dans la version finale) et réussissent à foutre des teasers partout. Partouuut dans nos vies ! Tout le temps, tout les jours ! Tu vas aux chiottes au boulet ? Un teasing de Daft Punk sauvage! La jaquette, d’abord. Puis des petites vidéos, ça et là. Le Saturday Night Live diffuse une minute d’un morceau, pas plus. Les festivaliers du Coachella auront pu voir un autre bout. Des journalistes déclarent avoir un leak du disque mais refusent de le commenter, ce qui fait bien avancer le schmilblik. En gros, on en parle, mais sans jamais le montrer et ça rend fou. L’arlésienne est rompue par une diffusion radio ? Ah non, il s’agirait d’un fake. Mais les premières paroles sont mot pour mot le début d’une interview en late show, qu’est-ce que ça veut dire? Oh mon dieu, pourquoi un remix de la Companie Créole par dessus le marché? Personne n’y comprend rien. Un miasme de rumeurs, de fakes, de rumeurs de fakes (j’en ai pas entendu un seul, perso) et de teasing au compte goutte, parce qu’on sent que derrière tout ça, les artistes kiffent et nourrissent le bordel généralisé. Tout ça rappelle fortement le lancement de Burger King – sauf que ta piste, tu peux te la repasser. La fatigue. Des commentaires linéaires par les intéressés sont déjà disponibles, mais là encore, ça brasse du vide. J’ai pas mal d’affection pour les journalistes zicos là.

Que fais tu dans mong appartementg

Alors moi, tout plein de condescendance envers le mec qui a fait le fond sonore d’Enter The Void, je vous propose d’autre trucs à écouter, parce que l’actualité musicale est assez forte ces temps-ci. Déjà, ça résumera pas mal de choses, la programmation de Rock En Seine a été dévoilée il y a un gros mois. Oui, je vous vois froncer les soucils à l’idée d’en faire un festival étalon mais c’est comme ça, il est accessible et assez emblématique, avec son président charismatique et ses palissades où tout le monde pisse. Bref, cette année, c’est Phoenix, Nine Inch Nails, Franz Ferdinand, SOAD, Kendrick Lamar, Alt J et Tame Impala en tête d’affiche. C’est un peu mou du genou car beaucoup de bons groupes, peu de bêtes de scènes.
On peut toujours s’occuper un peu la tête en écouter divers morceaux des artistes sus-cités. Alt J, c’est la « nouvelle sensation pop indéfinissable de l’année écoulée ». Tame Impala, c’est le poulidor, le deuxième, qui te fait des tourneries lancinantes façon Beatles. Avec une belle pochette du jardin du Luxembourg Instagramée, chouette. Aucune idée de ce que ça vaut sur scène, mais on a pas tout les jours de voir un groupe australien.
SOAD, bon, voilà. C’est culte mais je préfère un bon vieux Korn des familles. Bon, Serj and co sont moins angsty, plus second degré et ils ont fait bien plus de tubes, donc chacun sa came. Nine Inch Nails sera attendu au tournant par beaucoup. Père fondateur du rock indus – heureusement il l’y a l’indus – avec Ministry, Trent Reznor fera sûrement un show mémorable et libidineux. Le futur « Closer » en live sera, à n’en pas douter, un grand moment de romantisme. L’occasion est bonne pour écouter un peu The Downward Spiral, With Teeth ou Pretty Hate Machine, les meilleurs albums du bouzin. OKER?

Bon, il paraît que le groupe de l’empereur Austro-Hongrois prépare un nouveau coup. ‘Serait temps, presque 5 ans après le dernier, non? Leur premier album aura bientôt dix ans et il paraîtrait qu’Alex Kapranos & co commenceraient à faire péter des inédits là et là. La boule de cristal locale indiquerait un nouvel album vers Septembre, mais ça vaut ce que ça vaut. On attend toujours le deuxième Foster The People pour cette année, mais zéro infos de ce côté là, donc faut pas tabler avant la fin d’année.

Evidemment, toute l’attention est focalisée sur le nouveau Phoenix. Bankrupt!, album à la pochette qui m’évoque plus un yaourt Mamie Nova qu’un disque, est en écoute gratuite ça et là, dont Itunes, deux jours avant sa sortie. Je ne sais pas ce que ça vaut mais la comparaison avec Wolfgang Amadeus Phoenix va probablement lui porter préjudice. Je doute fort que ça puisse être mauvais, c’est Phoenix quoi, l’excitation est réelle. Le groupe dont le leader sort avec Sofia Coppola. Lesouague.

Cay l’anniversaire de Candy ! Dansons !

Azy, y’a plein d’autres trucs qui sortent où qui sortiront bientôt. ENFIN, les Queen Of The Stone Age ont un nouveau bébé. Il a un titre, … Like Clockwork, une couverture, une date de sortie et un premier single. Attendu à mort par ton serviteur. Je trouve la pochette pas terrible et c’est le seul commentaire que je pourrais faire sur le sujet. Mais il n’y a pas que des albums à venir, d’autres machins sont déjà dans les bacs. Par exemple, les Flaming Lips (le meilleur groupe du monde, rappelons-le) viennent de sortir The Terror, un album volontairement anxiogène, un album qui est plein de choses mais qui n’est certainement pas accessible. Il y a bien longtemps, les Lips, c’était des singles recherchés mais structurés, qui rentraient bien en tête, avec des formules qui pouvaient parler à tous. On dirait qu’ils se sont définitivement lockés dans un style barré et aléatoire, proche du post rock, ce genre de notions. Embryonic n’était déjà pas très intuitif mais là on a neuf pistes, dont une de treize minutes, toutes très expérimentales mais de qualité. Après tout, on parle d’un groupe qui fait sans problème des morceaux de plusieurs jours, et encore, c’est un euphémisme.

Un assez gros truc français qui mérite un développement, aussi. Vous ne connaissez peut être pas Yoann Lemoine mais son pseudo, Woodkid, est peut être un peu plus parlant. Alerte Hipsterisme et Soupçons d’Hipsterisme : le monsieur énerve car assez visible, sa musique n’est pas d’une grande modestie, sa présence dans la bande annonce de l’Ecume des Jours et dans Gameblog pour parler « art et jeux vidéo » peut faire parler les mauvais esprits. Effectivement, il semble cumuler tout les trucs qui peuvent énerver… mais The Golden Age, son premier album, mérite qu’on y prête un peu d’attention. En fait, vous le connaissez peut être, puisque Iron était le fond sonore d’un teaser marquant d’Assassin’s Creed : Revelations. Entre deux, deux singles à la qualité +++ : Run Boy Run et I Love You. Les clips sont parlants sur plusieurs niveaux, premier degré toujours, images très fouillées et souci d’esthétisme. Faut dire que le monsieur est clippeur de formation : clip rigolo pour AIDES, mais aussi des musicaux, dont Lana Del Kanard, ont du aider un peu. Aujourd’hui, on a une galette avec dix morceaux en plus et tous cultivent le même esprit : pas la moindre guitare, toujours de l’orchestre symphonique et un organe très « granuleux » que tous n’aimeront pas. Ça fait plus bande originale que rock classique mais ce disque a quelque chose de très planant, sans révolutionner quoi que ce soit. C’est très précieux mais je préfère largement ça à Lana Kanard.

Quoi d’autre? Il fallait être aveugle pour ne pas remarquer le nouveau David Bowie, qui ne pêche qu’avec sa pochette pas géniale (c’était pas une bonne idée, vraiment) – un disque surprenant, pêchu, de très bonne facture. 66 ans le gars, toujours en grande forme. Les Yeah Yeah Yeahs viennent de sortir un album dont la pochette, elle, est atroce. Vampire Weekend sort son troisième opus début Mai, dans deux semaines. J’espère juste qu’ils se sortiront de ce minimalisme qui est devenu leur marque de fabrique. Le nouveau Strokes est vraiment pas terrible et ça n’en finit pas de me désoler, on peut se consoler en réécoutant Angles. Enfin, dans la série des gens super attendus au tournant qui devraient lâcher un truc cette année, on compte Beck, Arcade Fire, les Black Keys (pas d’album en 2012 ! C’est improbable !) , The Knife, MGMT (hiiiii), Kanye West (dont le dernier truc était glorifié partout) et il parait que le dernier Justin Timberlake est une tuerie, mais bon, c’est Justin Timberlake.

Bon, voilà.

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Alleluia

Aaaaaattention. Voilà un sujet sensible sur les Internets. Je vais le spoiler, plusieurs fois et a degrés variables, mais je préviendrai à chaque fois, que tout le monde puisse s’y retrouver un minimum. Je baliserais en avance les paragraphes sensibles. Ne foncez pas trop vers la fin et ne lisez pas ça en diagonale si vous comptiez vous lancer dans Bioshock Infinite. Jeu attendu à mort par ton serviteur – celui là, on le trouve pas toutes les deux semaines !

Sujet sensible car gros jeu, très très gros jeu. Il faut, encore une fois, cerner le postulat et les attentes derrières – c’est un bon candidat pour le titre de jeu de l’année (en attendant GTA V, je vois pas grand chose d’autre mais les possesseurs de PS Vita auront pu jouer à l’excellent Persona 4 Golden) et il n’est pas super bien vu de crier la fin sur les toits. Bioshock Infinite, c’est la suite directe de Bioshock tout court, déjà petit frère de System Shock. Bioshock c’est un jeu excellentissime, sorti il y a, pfiou, un peu moins de six ans, qui plaçait le joueur dans une cité engloutie, en plein cœur d’une idéologie objectiviste et d’une nuée de zombie drogués à l’Adam. Une merveille de narration et un univers mémorable. C’était un foutu bon jeu, le genre de truc à encourager, qui n’avait qu’un défaut majeur – une fin à la mord-moi-le-noeud, qui précipitait les choses en trente secondes de cinématiques sans nuances. Rater sa sortie c’est pas terrible et Monsieur Ken Levine, scénariste, a bien retenu la leçon. Bon, il y a aussi Bioshock 2, suite pas méga nécessaire. Heureusement, il y a trois semaines, c’est Infinite – nom pas innocent – qui sort.

ENFIN. Car on l’attend depuis trois piges, celui là. Premier teaser en 2010, ce jeu a été peaufiné ad vitam, moult machins ont été bidouillés et aujourd’hui, le jeu se tape le traitement type AAA : affiches omniprésentes dans le métro, spot tv avec une séquence sans trop de rapport avec le jeu avec Gossi- Nico Vega en fond sonore. Ce qu’on sait d’Infinite, depuis le début, c’est son univers – on passe du fin fond des océans au ciel bleu et à toutes ses possibilités. Cette identité on va dire skypunk est à la fois la vitrine et l’essence du jeu, c’est assez compliqué, on va y revenir. L’essentiel, c’est qu’il est bon. Il est trèèèès bon. Alors qu’est-ce qu’on attend?

Sur cette jaquette, tromblon porté à l’épaule, c’est Booker DeWitt. C’est un Pinkerton, il était du bon coté au massacre de Wounded Knee, il picole, bref, il se la joue cliché de pivot 1900’s sauf qu’il n’est pas détective, plus casseur de jambes. Tout ça se retourne contre lui quand ses dettes de jeu le rattrapent. « Ramenez la fille et nous effacerons la dette ». Bam. Booker part en deux-deux à la recherche de sa nouvelle cible, Elizabeth, il doit la ramener saine et sauve à New York. Là, le jeu commence. C’est ce que tout le monde retiendra du jeu – son intro et sa conclusion sont deux petits tours de manèges narratifs qu’on oublie pas de sitôt. Cette première demi-heure pose l’ambiance avec brio. Encore une fois, un phare qu’on pénètre, quelques rappels à l’ordre de votre mission et de son importance, une capsule qui vous expulse dans les cieux. Hop, vous êtes dans une ville céleste. Vous faites connaissance avec un « prophète » qui fait la doxa locale. Vous évoluez dans un univers joyeux, rupin, mais terriblement autiste et… raciste. Vous gagnez – quel hasard – la loterie locale, dont le premier prix est la première pierre sur un couple interracial. Baston, déchaînement de violence qui contraste avec la bonhomie totale de tout ce qui a précédé, et hop, le jeu commence. Comme dans Bioshock, on se balade d’objectifs en objectifs, on traverse des espaces en butant des gens. Pas de mobs zombi-drogués, cette fois, vous êtes confrontés à l’autorité locale, puis pris entre deux feux. Il y aura quelques surprises à ce niveau là, bien sûr. Comme dans Bioshock, on dispose d’une proto-magie, des « Vigueurs », qui permettent de manipuler les ennemis et de temporiser les choses – imposées par le scénario ou disséminées, pour brûler, électrocuter, soulever, projeter des ennemis. Coté armes, ça commence mal avec un pistolet de moustique qui ne fait rien à personne, puis une mitrailleuse qui ne fera pas grand chose contre cette débauche de tourelles auxquelles vous êtes confrontés. Booker ne peut se balader avec plus de deux armes, mais elles sont disséminées partout. Il y a de quoi se faire un set « préféré » et l’exploiter à fond. On ne parle pas vraiment d’open world, davantage de hubs successifs, de grands espaces et d’arènes, mais le retour en arrière n’est pas vraiment permis. Donc, oui, c’est un FPS assez linéaire, avec de la baston bien dosée.

Avant tout, parlons du lieu. Après Rapture, on file à Columbia. Même série de jeu, même « mode d’expulsion », cette fois par le haut. Columbia, c’est Laputa. Après Swift, après Miyazaki, après erm le dernier Zelda, on se retrouve dans cet univers à la conception artistique fantastique. Fantastique. Notez l’emphase. Parce qu’on mixe du rétrofuturisme à l’identité américaine à l’extrême – où les pères fondateurs sont des demi-dieux. Tout est rond, bleu, blanc et rouge, c’est Disneyland, le racisme en plus. Columbia a fait sécession avec le reste des USA et s’est envolée, parce que. Le reste, c’est devenu le « sodome inférieur » – et il faut renaître pour entrer à Columbia. Vous voyez le topo? C’est dément. Cet environnement est fabuleux, mais il ne dure pas. Rapidement, ça devient sombre, glauque, moins reluisant. Bah oui, quand vous arrivez à Paris, on vous expédie pas directement dans le nord de la ligne D, hein. Columbia, c’est une vitrine, puis des bas-fonds, quelques bâtiments… le parallèle avec Dishonored est difficile à éviter. Dunwall, lui, avait l’avantage d’être aussi vertical qu’horizontal – on pouvait s’inviter dans les habitations ouvertes, monter sur les toits, etc. En revanche, Columbia est bien plus organique, vivant – quand le contexte le permet. Ce qui peut être ouvert est décidé à l’avance et subtilement indiqué. Ce coté « nuages cotonneux au niveau du sol » ne dure pas tout le jeu, loin de là, mais c’est pour moi du jamais vu – et couplé à un travail d’artiste. OK J’AIME VOILA C’EST DIT. Je précise un peu inutilement que derrière Columbia y’a une mythologie, des codes, pleins de petits détails qui parsèment ce jeu et qui le rendent encore meilleur. Ce sont des trucs à découvrir par soi-même, de toute façon.

OK voilà pour le contenant mais quid des petits rigolos qui vont traverser tout ça? Booker, d’abord. Alias « Monsieur Daywouite. » ou « J’ai trouvé de l’argent, monsieur Daywouite ». Il parle. C’est un vrai perso. On ne l’incarne pas vraiment mais on voit à travers ses yeux. Il a une belle voix – en français, le doubleur de Castle – et s’exclame souvent, rarement pour orienter notre regard. Il dit souvent ce qu’on est en train de penser, ce qui fait toujours son petit effet. Beau gosse dont on ne voit jamais la tête, il est surtout là pour donner la réplique à Elizabeth, la fameuse fille que Booker est parti sauver. Mignonne, smartass, un dé à coudre à la place de la dernière phalange à droite. Non seulement cette nana est attachante mais elle est tellement, tellement bien intégrée au gameplay… « Vous n’avez pas à protéger Elizabeth ». Ok, super ! C’est pratiquement elle qui nous protège ! Elle se cache, se couvre intelligemment, vous file munitions, santé et sel – mana local – en cas de pépin. Le reste du temps, elle vit sa vie, sautille, se repose contre un mur, cette nana transpire le réalisme à un point ou une phrase du genre « son IA est fantastique » ne me semble pas pertinente parce que je ne veux pas me résoudre à savoir que c’est une intelligence artificielle. Je ne sais pas comment ça marche, mais ils ont fait un boulot épatant. Chapeau bas. (… comment est-ce qu’elle trouve tout ce pognon?)

Dans cette grande masse qu’est Columbia, d’autres persos, d’autres histoires. Les Lutèce, duo pince-sans-rire. On les retrouve de temps en temps, c’est un peu les Régis de Columbia, ils vous sautent toujours dessus pour un maximum d’effet. Pis y’a Comstock, la divinité locale, avant sa barbe de Père Noël et son discours crypto-eugénisto-mystique. Si vous retournez votre pochette, vous aurez une couverture définitivement steampunk mettant en valeur Songbird, grand monstre de métal bien flippant. Le tout s’intègre sans souci dans votre progression, toujours dans un esprit « ligne droite à vagues ». Dans le fond, c’est same shit : les opprimés deviennent oppresseurs, etc.

Qu’est-ce qu’on fait à Columbia, sinon écouter des reprises musette de Shiny Happy People ou God Only Know? On explore pas beaucoup. De toute, y’a pas de carte, les énigmes secondaires sont réduites au strict minimum. Explorer, c’est pour le plaisir des yeux, mais aussi pour trouver de quoi se régénérer un peu – et non, ce n’est pas automatique – et des collectibles. Des « voxophones », comme dans Bioshock, qui lâchent des enregistrements audio croustillants – mais aussi des petits films d’époque à voir et à collecter, les kinetoscopes. De propagande, bien sûr, avec l’esthétique « d’époque » émulée. Le reste du temps, c’est des choix (n’ayant aucun impact) et de la bagarre. Passé la première phase en tunnels avant de retrouver Elizabeth, on passe d’arènes en arènes, à stratégiser ses mouvements, à évoluer en skylines (le métro aérien ! Sensations garanties !) mais aussi à éviter les Big Daddys locaux – des Handymens -, des pyromanes, des Washington et Franklin motorisés avec machine gun, ce genre de joyeusetés. Il existe quelques phases de joyeux bordel où on tire, on cherche une couverture, on additionne les pouvoirs et on ouvre des brêches, parce que c’est ce que Elizabeth sait faire, en bonus. C’est tout une science et c’est d’autant plus important en mode Hard. Pire, il y a ce fameux mode 1999 – à débloquer en faisant le Konami Code, hin hin – où ressusciter coûte de l’argent, sous peine d’être expulsé au menu principal sans passer par la case sauvegarde. Un mode pénible, frustrant, mais palpitant. Crises potentielles devant les deux/trois boss, très intenses.

BOSS PAS SYMPA

BOSS PAS SYMPA.

Tout ça jusqu’à la toute fin qui, personnellement, s’est faite avec un fort centre de gravité sous la mâchoire. Hop, après, il n’y a qu’une envie, recommencer pour mieux piger la bardée de détails passés inaperçus ou sans interprétation. BON AZI SPOILERS PLUS BAS. Allez voir ailleurs si vous comptiez finir le jeu, ce serait bien bête sinon. Je vais être assez explicite.

La séquence de fin est à l’image du tout début – on envoie tout, on pose des questions et, quitte à être assez flou et snob, on twiste à Columbia. C’est dommage car cet étalage de plot twist peut se voir venir de loin, il suffit de bien interpréter ce qui se passe : dès que Booker se met à saigner du nez, c’est plié, on sait à peu près comment ça va se finir. Cette fin, comme tout le monde, m’a profondément marqué. Oui, c’est assez libre et ouvert mais incroyablement méchant. Booker est un connard qui a vendu sa fille. Il faut le faire. Il va mourir. Deux fois. Mais tout indique que l’histoire est bouclée et vouée à boucler. (Souvenez vous, pile ou face, toujours pile, etc.) le stinger ne veut pas dire grand chose et je ne suis pas sûr de comprendre ce rapport entre les différentes réalités. Comment superposer un Booker et un Booker!Comstock dans le même endroit si on parle de réalités alternatives? Je ne suis pas certain de piger. La fin, en mode total Evangelion, était visible de loin, certes. Ça court sur le symbolisme judéocosmique et ça colle à l’univers mais le délire « Tout est possible, tout commence toujours par un phare » est un écueil dangereux. APRÈS JE SUIS PAS CONTRE UN SPACE BIOSHOCK HEIN. » Cette phase, aussi étonnante soit-elle, est quand même un poil prétentieuse. Le rôle des Lutece est pas clair clair et agit comme un patch à toutes les questions qu’on peut se poser. Bon, c’est évident, c’est une bonne série de Twist, une séquence à Rapture était le fantasme absolu mais je m’attendais à ce que les deux soit reliés concrètement, pas par une vue de l’esprit… m’enfin. C’est un ending qui, fatalement, va polariser. Pas rapport à Booker, je trouve ça couillu. Fin du spoiler.  Ne laissez pas vos yeux vagabonder plus haut.

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Azy jeu certifié excellent. Peut-être pas pour son gameplay révolutionnaire mais parce que c’est beau, bien animé, avec un propos de folie et une belle façon de s’évader, tout en s’inscrivant dans la continuité d’un autre excellent jeu. La comparaison avec les deux Portal, il y a deux ans, se tient. De toute manière, dire « le nouveau Bioshock est bon », c’est comme lancer un « le prochain Daft Punk va être contreversé » ou « j’aime respirer de l’air », ce n’est pas une grosse prise de risques.

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