Monthly Archives: mars 2013

Extravaganza

Je me lève, et je te bouscule, et tu ne te réveilles pas, comme d’habitude. Mon objectif du jour et de trouver une bonne histoire et de lui coller les six W qui vont bien. C’est là le dur mais sympa labeur d’un stagiaire. Comme n’importe quel gonze qui ne doit pas générer un flux ou quand je fais semblant d’écouter à la fac, je consulte aussi quelques sites. MAIS ALORS CONCOMBRE, QUELLES SONT TES SOURCES ? Très bien, très bien, petit impatient, voilà le dur data mining d’au moins trois jours dévoilé devant tes yeux ébahis. Peut-être fera tu des découvertes, qui sait.

NUMERAMA. Canette de Nestea en main, ventre mi-opérationnel, j’arrive avec mon air de zombie et vingt minutes plus tard – les postes stagiaires ne sont pas des plus loquaces, je crois que mes prédécesseurs téléchargent trop de pr0n – je me connecte fissa sur le flux AFP, puis sur Numerama. Animés par le sémillant Guillaume et le mystérieux Julien. Ce site d’actualité high-tech est peut être écrit par d’autre personnes, parfois, ça doit être un phénomène rare. Je ne peux que souligner le coté « référence » du bouzin mais ce site n’est pas vraiment aimé à la rédaction. Je peux comprendre pourquoi : l’info est détaillée, claire et précise mais elle sent parfois le clic forcé et le mode conditionnel. On pourrait adopter une loi contre le porn… ce genre de choses. Du coup, ça marche, les articles sont très souvent partagés. En bossant sur un article aujourd’hui, le même Numerama aligne un petit « Google, la firme de Cupertino » qui révèle un trop grand abus de périphrases. Bref, une référence, mais à prendre avec un peu de recul et des micropincettes. Loin de moi vouloir plomber la qualité de l’info, juste signifier la grogne qu’il peut provoquer. D’ailleurs, je comprends tout à fait et j’adhère à ces reproches (et je suis moi même très loin d’être infaillible) Au final, ça ne m’empêche pas de checker.

Amo n’aime pas Guillaume Champeau, il le trouve monomaniaque sur la copie privée, entre autres. C’est peut être vrai mais Amo ne comprend pas que pour savoir ce que c’est, il faut déjà être monomaniaque. NAN MAIS ALLO QUOI.
Bande de monomaniaques.

THE VERGE  Qu’est ce que c’est rigolo de taper ce nom dans Google et d’avoir un résultat sérieux, hu hu hu, j’en ris à mon aise. Dans l’absolu, la meilleure référence en tech anglophone c’est Google News pour son souci de sélection (prenez ça comme vous le voulez) mais The Verge est le modèle en choses-du-futur-dans-la-langue-de-Shakespeare. Ce site est d’un sérieux incontestable et beaucoup d’éléments, à travers cette page, révèlent une vraie rédaction, sérieuse et détendue à la fois. L’ergonomie est assez cool et Windows Eight-estque, avec ces tuiles que le plus miro des Internautes ne saurait manquer. Chaque jour, les 90 secondes de la rédaction, une petite vidéo qui résume vite et bien les hot topics du jour, parfait pour ceux qui n’ont pas le temps. Il y a toujours des sujets abordés, même pour un domaine si « niché ». Sinon, ça pioche dans le JV, dans d’autres sources, ça le signale le cas échéant. Non, vraiment, The Verge est un site très chouette.

POLYGON On passe dans le jeu vidéo mais on reste dans l’anglophone. Il n’est pas impossible que vous ayez entendu parler de Polygon pour la première fois il y a très peu de temps. Ce site s’est fait remarquer pour mettre 9 sur 10 à Sim City. Puis 8. … puis 4. Oui, c’est sans précédent et un spectre de notes bien trop large, je n’avais jamais vu un site revoir sa note pour un test, mais le bordel du lancement de Sim City était sans précédent lui aussi. Polygon est un bon site alternatif de jeux. C’est vrai, ils ont la bonne note facile et n’ont rien à voir avec le « sévère mais juste » propre à Gamekult mais ils ont une véritable identité de site alternatif. Ils sont rigoureux et trouvent des angles qu’on ne voit pas ailleurs. Par exemple, la salle d’arcade ouverte à Newtown pour consoler un peu les victimes et resserrer les liens de la communauté, c’est un peu grâce à eux si on le sait maintenant. Mieux : à la manière du précédent, ils ont un grain, un vrai design, quelques tourneries qu’on reconnaît. Là, on comprend pourquoi le site s’appelle comme ça. Ils ne peuvent pas toujours traiter toutes les infos principales mais voilà un vrai flux sérieux et secondaire – dans le bon sens du terme. Je recommande le coup d’œil.

EDGE Vous le savez, je suis un très grand fan du magazine. Cher à importer, l’abonnement coûte trois blindes mais c’est comme ça : il est excellent et sa maquette est incomparable. La version en ligne l’est tout autant – en plus de proposer le magazine pour vos tablettes, évidemment. Sujets de fonds à gogo et ils incarnent parfois le creuset de la presse spécialisée – ils sont souvent en contact avec les fameuses « sources ». Celles-ci sont toujours crédibles et avérées, et Edge devient à son tour la source de tout le monde. Ils sont comme ça, ils ont des yeux et des oreilles partout, ça explique surement le prix du bouzin papier.

THE ESCAPIST C’est très bien. C’est bon pour ta peau. Je fais la promotion de Zero Punctuation, la rubrique phare du site, à peu près trois fois par jour – soit toutes les huit heures environ. C’est loin d’être le seul contenu présent sur ce site JV très complet. Prenez ça comme le nostalgia critic du high-tech-jeux… avec un coté pro plus poussé. Ce site comporte une armée de chroniqueurs prêts à faire papiers, vidéos, analyses poussées. Tout le monde n’aime pas Jim Sterling, par exemple, alors peut être que vous kifferez Movie Bob, le seul à faire un papelard poussé sur la polémique « The Onion traite la gamine nommée meilleure actrice aux Oscars de connasse sur Twitter », ce genre de choses. Je suis très friand de ces « points de vue alternatifs » et ils ont toujours un angle différent, nouveau, toujours avec une identité très poussée. Ils savent développer des « petites histoires ». Bien sûr, notre rôle à tous et d’avoir notre angle mais The Escapist a clairement des standards et ça fait du bien. Tout ça n’exempte pas la présence de tests, preview, tous écrits dans un anglais très riche.

UN site de JV français? GAMEKULT. J’ai grandi avec jv.com. Je ne reproche rien à Gameblog et j’y aime pas mal de choses (et pas mal de gens). J’avoue avoir un faible pour Gamekult. Même si nous sommes tous d’accord que la communauté derrière n’est pas rassurante, la partie pro du site est assez chouette en terme de précision et d’éthique. La mise en forme des tests a été un gros débat récent sur le web et Gk cultive une idéologie du « sévère mais juste » super appréciable. Après, on peut pas toujours être d’accord, par exemple, ce 8 récent sur Tomb Raider est peut être un poil trop élevé. Mais soit, s’il ne devait en avoir qu’un… après, c’est Nolife pour la TV et Canard PC pour le magazine, pas de surprises.

 METACRITIC est un site généraliste qui couvre les domaines principaux qui nous intéressent : Films au cinéma, musique, télé et jeux vidéo. Cet excellent site a deux fonctions principales. Il est d’abord connu pour le fameux « score metacritic », le metascore, qu’il colle à chaque produit d’actualité, parfois avec de l’avance. C’est tout bête : le Metascore est un score sur 100 qui compile toutes les notes et avis parus dans la presse, via des articles et des sources triées sur le volet. Le chiffre obtenu est donc le meilleur indicateur pour jauger la réception critique de tel ou tel machin. Une polémique bien fameuse tournait l’année dernière, comme quoi un jeu pouvait être privé d’aides si il n’atteignait pas le chiffre X. En l’occurrence, c’était Fallout New Vegas avec 85. Il s’en est tiré avec 84. MALAISE.
Toujours est-il que j’ai toujours l’œil sur ce machin. D’abord, c’est un excellent indicateur. Ensuite, c’est un aggrégateur à sa manière, médias anglophones ou autres. Par exemple, Gameblog est souvent compris dans l’équation. Ensuite, ce score permet de réaliser des classements quotidiens, mensuels, des tops annuels, ce genre de choses qui permet de faire des découvertes puisque le metascore ne prends pas en compte la popularité d’un produit. Les albums qu’on a sous les yeux ne sont pas forcément les meilleurs… tenez, Metacritic nous révèle que le David Bowie nouveau est jugé très bon. Glop glop.
Enfin, c’est une bonne façon de se tenir au courant de l’actualité. Le site est accompagné de billets réguliers sur les sorties à venir ou sur l’année… un parfait reader’s digest pour le futur ! Génial!

Catégorie : Morue !

L’USINE A PROBLEMES Ohlalalalala aisément le meilleur site de l’Internet, tenu par un internaute au charisme sans égal ohlalalala.

Et c’est tout. Court, hein.

PS : Oui, le taux de publication droppe comme jamais depuis quatre ans mais là je suis super extra occupé, avec le boulot, la fac, le mémoire et LES CONCOURS. La routine, quoi. Au pire des cas, j’avancerais le quartier libre d’un mois, mais c’est peu probable.

Posted in Pépites du web | Tagged , | 1 Comment

Survivor Japan

Quelle débauche ! Je vais faire une critique d’actualité. Le jour de la sortie du jeu. Quelques heures avant mon passage pour Passe Le Stick et la veille de mon test pour le Figaro. Z’êtes une sacrée bande de privilégiés, qu’on se le schtroumpfe. Donc, aujourd’hui, encore un bête test mais cette fois c’est Tomb Raider qui s’y colle, autant dire pas n’importe quoi.

Cet artwork! C’est une séquence ingame. Lara CAUTÉRISE.

Un foutu jeu issu d’une attente longue comme le bras depuis le teaser de l’E3 2011. Un teaser devenu séquence d’introduction : une Lara qui commence le jeu tête en bas, qui se dépatouille, traverse quelques espaces, fait floutsh-floutsh dans les cavernes, se sort de mille périls et même de deux trois mains baladeuses. Un an plus tard, Lara est victime d’une polémique collatérale pour cette même QTE – qui n’a évidemment aucune importance diégétique au final, c’était prévu d’avance – et l’Internet ne se met pas trop en valeur. En tout cas, parler du jeu reste la constante. Enfin, l’annonce récente d’Alice David pour incarner la nouvelle VF de Lara Croft aura marqué les esprits pour cinq bonnes minutes parce que oui, c’est « la fille » de Bref. Ca c’est pour la communication française made in Square Enix, la mondiale soulève l’aspect « survivant » de Lara Croft. Est-ce que le jeu est tourné autour de ça? Non, clairement pas. Dommage, car pour ceux d’entre vous qui ne sont pas familiers avec la trilogie originale (il y a quinze ans de cela) – Tomb Raider est, à la base, un jeu d’exploration/action très difficile et bourré de bugs. Lara évoluait dans des espaces très ouverts voire gigantesques, le joueur était laissé à lui même dans la résolution d’énigmes et dans la progression en général, toujours dans des niveaux très long. Finir Tomb Raider 3 sans aucune soluce était un énorme accomplissement en soi, surtout quand on a autour d’une dizaine d’années !

Les directions prises…

Pour un reboot, Tomb Raider 2013 soulève pas mal de choses et part dans des directions radicalement opposées alors parlons-en. Il faut savoir que l’histoire de base est minime : Lara et ses copains sont sur un bateau, le bateau coule, Lara tombe à l’eau, échoue sur une île mystérieuse as fuck et c’est parti pour un petit délire survivaliste qui va amorcer moult aventures dans la pampa. On rentre de plus en plus dans une vague mythologie japonaise pour définitivement s’embarquer dans une histoire SF sans conséquences. Bon, ça, c’est l’histoire-vitrine mais l’ambition affichée est tout autre : raconter la genèse de « l’aventurière » Lara Croft. Dans sa première aventure, la mythologie était fournie clé en mains. Là, l’objectif est de s’éloigner de la petite aristo anglaise interdite de tir (parce que trop bons résultats, haha) et de voir comment une étudiante de 21 ans est devenue la warrior qu’on connaît aujourd’hui… enfin, qu’on pensait connaître, bref.

Lara sort donc de son université inconnue et part en expédition inconnue à bord de l’Endurance. Cette bande de joyeux drilles, dirigée par l’inquiétant Docteur Whitman – un homme à l’air pas super fiable – subit soudainement un accident cosmique et va devoir apprendre à survivre en milieu hostile. Après ça ressemble à Fievel : on passe son temps à chercher ses proches et à toujours les manquer de peu. Vraiment, quand il s’agit de sauver ses amis, Lara n’est pas très efficace.  L’histoire de fond est faible mais quelques éléments sont distillés via de p’tits documents que l’équipage aura soigneusement semé partout dans l’île, dans de beaux bouquins reliés. Putain, de vrais petits maniaques. Est-ce qu’on en apprend plus sur Lara Croft? Riiiiiiieeeeeen ! Elle avait un père qui aurait été fier d’elle. Je ne pense pas que ce soit une nouveauté et c’est dommage. En revanche, fini le jeu, c’est cette version du personnage qu’on retient. Le vieux machin carré est oublié : ce nouveau visage est archi-convainquant.

Cette animation... <3

Cette animation… <3

Pas de tutorial dans un manoir, pas de vieux majordome à enfermer dans un frigo, tout le jeu se passe sur cette fameuse île. Autant le dire tout de suite : c’est un open world mais ça n’en fait pas un bac à sable. Autant faire la distinction entre « organique » et « vivant ». L’île n’est pas un univers persistant, les quêtes annexes ne sont pas vraiment présentes dans ce jeu et rien d’autre n’est proposé sinon l’aventure principale. Ça n’exclut évidemment pas les allers-retours, facilités par le téléport entre quelques marqueurs – allers retours à la Métroïd, dans le sens où certaines armes permettent d’ouvrir telles ou telles portes. Les bases, en somme. Indispensable pour collecter l’impressionnante masse d’objets à récupérer pour compléter le jeu. D’ailleurs, les quêtes annexes sont aussi des collectibles, cette fois à trouver sans repères sur la map. Niveau méta, c’est tout!

Revenons un peu sur le déroulement du jeu. Crash du bateau. Introduction troglodyte. Lara sort, trouve un arc, tue Bambi, cueille deux baies et c’est fini pour la survie, on amorce un jeu « linéaire » à la Uncharted. Dommage, vraiment dommage, le machin aurait pu être un vrai jeu de survie avec barre de soif, de pipi, que sais-je… ou même un mode hardcore intégré à la New Vegas, ça ne doit pas être difficile! Nope, Lara passe en mode Jack Bauer et ne moufte plus. Bon, à priori, Far Cry devrait remplir ce propos (je viens de me l’acheter, hâte.)

D’ailleurs, cette même introduction résume parfaitement le contenu du jeu tout entier : Lara tombe quinze fois, se nique les épaules (faites en un jeu à boire, c’était déjà très efficace pour Alan Wake) et évolue dans des séquences (très) scriptées à base de QTE. Pressez Y pour survivre. C’est toujours Y. On retrouve énormément de séquences spectaculaires dans le soft, très souvent en pilote automatique, pour peu que vous puissiez maintenant le joystick dans la direction demandée. Ce n’est pas omniprésent mais c’est bien bien bien présent tout de même. J’imagine que ça justifie les rapports qu’on fait avec Uncharted – j’ai pas de PS3, personnellement. De la même manière, les cinématiques sont omniprésentes et le jeu est très spectaculaire, en faisant un soft idéal pour jouer à plusieurs et rigoler un peu. Testé et approuvé avec trois non-joueurs!

VIOLENCE GRATUITE HAAA §

Toujours dans cette acception « l’aventure pour les nuls », soyez prévenus que le jeu est vraiment facile. Vraiiiiiiment. Pire, on vous prend par la main. C’est une featurette appréciable mais optionnelle, Lara a une sorte de spider sense à la Ezio Auditore qui lui montre dans un champ proche ce qui est nécessaire pour progresser, et ajoute éléments importants et collectibles sur la carte. Ok, mais sur le terrain, tout ce qui se grimpe et chaque chemin « vertical » sera systématiquement peint en blanc. C’EST PRATIQUE DIDON. Ca permet une progression fluidissime sans trop prendre le joueur pour un con. La seule difficulté réside dans les gunfights, de plus en plus intenses – légèrement encombrants sur la fin, le dernier quart du jeu vous précipite à Bagdad. Pas de cover manuelle : Lara se planque en s’approchant. C’est efficace, pas trop compliqué, assez user friendly et plusieurs approches sont généralement proposées. Il y en a pour tout les goûts. En fait, la seule difficulté du jeu, c’est se rendre à un point précis quand on ne se souvient plus du chemin alambiqué pour y parvenir, surtout de nuit. Ca, ça peut être frustrant.

Parce que le moindre faux pas, le moindre pixel prédéterminé va vous déclencher une mort, parfois en images, souvent sadique. Lara est d’ailleurs la seule au monde à réussir à hurler après une chute de cinquante mètres ! Je me contrefiche de ces polémique sur Lara et sa sensibilité (elle tue des centaines de gens dans ce jeu, mille fois plus que dans les autres alors wazzuf) mais alors ces emphases sur les diverses morts de Lara? Elle justifient bien le Pegi 18! La pauvre se prend une quantité étonnante de machettes dans la trachée, pas évident d’avaler sa salive après ça. En vidéo ou pas, la belle peut mourir de cinquante façons différentes. On se croirait dans Heart Of Darkness. Un Heart Of Darkness facile.

Ingame, le jeu est une succession de missions A-B sans difficulté. Quelques puzzles viennent popper là et là mais rien d’insurmontable. D’autres, plus optionnels, se trouvent dans les tombeaux : des zones souvent superbes, toujours livrées avec une mini énigme. Rien de bien compliqué et des décours qui, bizarrement, m’ont rappelé Ico… ce n’est pas comme si le jeu respirait la solitude mais il y a un feeling que, j’en suis sûr, vous retrouverez, en plus des scénarios qui vont étrangement se croiser. En fait, ce sentiment est accentué par l’articulation des missions entre elles; De ce coté, ce jeu est e-x-em-plaire. Le temps de chargement est quasi-inexistant. Une vraie petite montagne russe : les plus fous pourraient se prendre une journée pour le tenter d’une traite, c’est tout à fait possible en pleines vacances.

Et surtout. Le jeu est beau p’tain. J’ai rarement eu cette sensation sur 360, toujours plombée par un grain gênant. Passée la séquence d’intro qui subissait la comparaison avec le teaser original – boosté à fond pour des raisons évidentes – on se retrouve dans la jungle. C’est beau, bien animé, textures impeccables, Lara est crédible et évolue dans une étonnante diversité de décors. Pampa, temples, complexes inondés, tout le panorama y est. Le feu est sa gestion est omniprésent dans le gameplay et il est super bien rendu. Les nombreux voyages en tyrolienne sont un régal. Séquence mémorable sur une tour radio, dans les cimes de l’île. C’est ce que je voulais dire avec « organique » – on y croit. Le jeu utilise une petite astuce : traverser un boyau = changer de map, et multiplie ainsi les espaces claustro. C’est là que l’animation est encore plus belle. La découverte des tombeaux est un moment souvent mémorable, que ce soit avec l’épice « ancien » ou l’épice « indus ». Du tout bon à ce niveau, pouce vert.

Quelques mots obligatoire sur le coeur du gameplay : ramasser de l’expérience, améliorer ses armes, passer d’un arc tout pérave à une machine de destruction, tout ça grave à l’écrou, la monnaie technologique locale, récoltée sur les cadavres, les caisses et les animaux. Des simplifications qui peuvent plaire ou irriter, surtout quand ce système d’amélioration ne sert pas à grand chose. Au final, vous aurez tout à fond et la même version alpha de Lara. Encore une fois, c’est une question d’attentes, de genre et de direction. Le doublage? Potable. Plus, même. La prestation d’Alice David est honnête, peut être un peu pénible au début (Hey, Lara, tu te parles toute seule, t’es bizarre) mais on se prend rapidement au jeu. Je ne sais pas ce que valent les Oh God Oh God anglais, sur la version 360, en tout cas sur ma version presse, c’est juste absent. « Probablement pour qu’on évite d’aller voir sur Zavvi ». Sous couvert d’un manque de place? Je n’en sais rien, je vais pas crier à la conspiration.

Ça fait déjà pas mal de trucs, non? C’est pas fini – le multi est à l’image du jeu principal et propose tout ce qu’il faut. Quelques modes simples, le gain d’expérience, les machins à acheter, rien de bien neuf mais tout est bien fait. Ma connexion naze est légendaire et je n’ai eu aucun souci de fluidité, pouvant fragger sans souci un gonze à trente mètres à l’arc.Tout va bien, quelques artworks et vidéos bonus viennent couronner le tout. Elle est pas belle la vie?

En conclusion, Tomb Raider est un vrai bon jeu. Encore un truc qui pêche un peu parce ce qu’il aurait pu être. Parfois simple, parfois simpliste, il est vraiment beau et exécute excellemment tout ce qu’il propose. Jeu certifié épique Tomb Raider aurait pu être fantastique. Il est bon. C’est déjà pas mal, et cette attente à donné un jeu archi léché. On s’en sort tous très bien et mon petit cœur de fan déçu est satisfait. Je vous conseille fortement l’achat.

Par contre, non, pas de raptors. La bonne nouvelle? PAS D’ARAIGNÉES!

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , | 5 Comments

Accident bête

Savez-vous ce qu’est un Whodunnit ? Derrière ce nom un peu barbare mais fort rigolo se cache un mécanisme littéraire sympa et connu de tous. Ça concerne le genre policier et c’est un type d’affaire où un cadavre et découvert, autour de lui gravitent une bardée de personnages et l’un d’entre eux est coupable. Le but du jeu va être de découvrir qui, d’où le nom, une contraction sympa de « qui l’a fait » – point d’interrogation sous-entendu. Le jeu du Cluedo est un Whodunnit ludique, par exemple. On retrouve ça partout et ça a fait les armes du genre. Wargrave et son complice sont l’un des deux premiers plot twist du genre – notez que, dans une proportion qui serait intéressante à trouver, il s’agit d’un duo.

Pour absolument aucune raison, ce post sera illustré avec le générique creepy de 3615 USUL

Bon. Le reverse whodunnit est tout aussi célèbre – on sait immédiatement qui a commis le crime, il n’y a pas d’autre piste et on a vu le gonze se faire assassiner. Le but de la fiction est donc de nous montrer comment le salaud va se faire coffrer par le gentil héros. Ou anti-héros, parce qu’on est en 2013. Peter Falk, lieutenant Columbo, à la barre, z’êtes le pro de ce genre d’histoire.

Ok mais pourquoi tout ça, finalement ? Parce que ce sont des genres policiers sérialisables à l’infini.
… et le manga Détective Conan tend vers cette infinité. Seigneur, pourquoi.

Oui, ok, j’ai déjà fait ce post il y a un peu moins de quatre ans. Lâchez-moi la grappe, disons que c’est une mise à jour un peu mieux écrite. Alors, cher Internaute, laisse-moi te prendre par la main. Détective Conan est un manga publié par Kana. Au Japon, il parait depuis 1994 et atteindra sans problèmes, d’ici cinq mois… le tome 80. QUATRE-VINGT. Imaginez un manga. Imaginez-le doubler de volume, magiquement. Répétez l’opération cinq fois. Ça ne représente pas encore les 71 volumes publiés en France. Merde quoi, ils arrivent à raconter une histoire en mettant un micro-dessin sur chaque tranche de brochure, façon flipbook. Une adaptation animée existe, a donné lieu à un nombre incalculable de film, un générique français un peu crétin et le tout était diffusé sur France Truc vers 2004-2005, autant dire il y a une éternité – dans une version exsangue et assagie. Version assez moche et mal animée, avec pour probable fétiche les oreilles de géant. Sympatoche quand on a une grosse dizaine d’année mais complètement anecdotique pour les autres.

Et oui, je les ai tous. J’ai commencé ça il y a quasiment dix ans (c’est probablement mon deuxième manga) et j’y suis toujours. Ça me prend plus d’une étagère Billy. Posés les uns sur les autres, on dépasse le mètre de hauteur. Non, vous n’hallucinez pas, une rangée complète ne peux pas dépasser les soixante neuf mangas, ce qui n’a cesse de nous rappeler comme ce chiffre est rigolo. Après un rapide produit en croix, ces soixante et onze tomes doivent avoisiner les neuf kilos. Damn, qu’est-ce que je vais en faire ? Le moment venu où il faudra déménager, vais-je demander une pièce Shurgard rien que pour ce manga ? Pourquoi prendre tant de place alors qu’elle pourrait abriter, je sais pas, mon corpus de mémoire qui trône en pyramide à coté de mon lit ? Autant de terribles questions qui ne seront jamais résolues et qui s’aggravent à chaque nouveau tome. Ils sont jolis ces petits volumes à fond uni mais à ça devient embêtant à un moment… et ça c’est uniquement pour brosser l’aspect physique. En ouvrant le tome, le souci est tout autre.

Ne vous méprenez pas, Détective Conan est un bon manga. Le fait est que je peux même pas faire une blague de type « faites tout de même attention parce que c’est comme s’engager pour un plan épargne logement » ce qui tombe un peu à l’eau, vu que la série est engagée depuis DIX NEUF ANS. On va parler chiffres, on va parler bien. Vous le savez sûrement, c’est l’histoire d’un détective-lycéen empoisonné qui se voit rajeunir de dix ans. Il passe donc de 17 à 7 ans. Tout baigne, mais il ne grandit pas. En 2013, il aurait physiquement 26 ans… mais 36 ans en vrai. Le problème initial serait donc compensé depuis longtemps et il aurait la mentalité d’un quadra, quand même rarissime pour un shonen. Vous me direz « peut être que le temps est figé ? » Non, c’est pas possible, parce que la technologie évolue avec l’univers. Aujourd’hui, on fait référence aux réseaux sociaux, etc. Au début du manga, le téléphone portable est encore une invention lointaine. Le monde de Détective Conan est donc coincé dans une sorte de bulle temporelle… ou dans l’immortalité.

Image 1

QUOIQUE. Évidemment, la capacité principale de notre héros – Shinichi Kudo de son prénom, beau gosse à ses heures – est de semer les cadavres, ce qui nous prouvera en fait que dans le dernier tome, on apprendra que ce manga n’est pas l’histoire d’un détective mais bien celle d’un dangereux psychopathe schizophrène qui a coffré des milliers d’innocents (alors très convaincus de leurs meurtres) – bref, je digresse. Les personnages n’ont plus de vie quotidienne. Ils ne font que tomber sur des foutus cadavres. Les femmes des morts s’en foutent après cinq secondes, c’est devenu un truc commun et banal là-bas. Et encore, les persos principaux sont toujours proches des-dit protagonistes, là où un whodunnit normal nous introduit l’univers sans le policier qui n’est appelé qu’après coup.

Le schéma d’un Détective Conan est simple. Au tout début, l’histoire prend trois bonnes pages recto verso pour introduire son casting et ses différentes strates : Shinichi, sa copine qui attendra vingt siècles pour comprendre que la disparition de son amoureux et l’apparition de ce gamin à la même tronche ont en fait un lien, le père de cette dernière – un détective pérave, etc etc. Niveau 2 : les copains de classe de Shinichi, alias Conan Edogawa. Une bande de joyeux drilles qui ont droit à des aventures exotiques façon club des cinq et qui, par exemple, TOMBENT SUR DES CADAVRES. Putain mais le taux de criminalité au Japon donne pas envie. Bref. L’histoire de fond est simplissime : les « hommes en noir, organisation crypto-mafieuse responsable de la compression verticale de Shinchi, font de sale coups et prouvent que ce sont de vrais méchants, en semant des cadavres, par exemple.

Le bodycount de cette série est donc très élevé, fatalement. Le p’tit Conan peut pas faire deux pas sans tomber sur une situation qu’on lui introduit, un petit microcosme et un harem de perso contenant un coupable. C’est une affaire bien précise qui m’a fait tiquer pour écrire ce post : dans le tome 71, Conan et sa crew partent à Londres. D’une part, ce voyage a une origine surréaliste (oh! On a rien fait et une bourgeoise nous invite à Londres! Improbable facilité de scénario !) ce qui prouve que plus grand chose n’est demandé niveau rigueur ET il me semble que c’est la toute première fois qu’ils partaient à l’étranger. Un peu absurde après deux décennies, donc.

Grossomodo, le schéma diégétique – comprenez le déroulement de l’action, presque automatique – est le suivant. Une affaire : un whodunnit. Puis un deuxième. Puis un reverse whodunnit. Un épisode « club des 5 » avec les petits de primaire. Un des deux premiers, puis une affaire de vol « Kaito Kid » pour diversifier un peu. Reprendre du début, avec quelques folies de temps en temps, du genre une affaire où tout le monde sauve sa peau – quelle débauche, quoi. La totale banalité des meurtres n’étonne plus personne et l’auteur se retrouve à user de procédés déments pour justifier tel ou tel truc. On s’en fiche, plus rien n’a vraiment d’importance dans Détective Conan, on a du mal à la prendre au sérieux. Pourqwadonk? Des petits soucis qui s’aggravent avec le temps.

Image 3

Bon, les affaires sont au cœur du manga alors parlons-en. D’une part, il faut faire preuve de trésors d’imagination pour élaborer autant de micro-histoires en si peu de temps. Le travail de Gōshō Aoyama est admirable, c’est vrai. Le truc c’est qu’il a cette tendance récente de fonder toutes ses « solutions » sur la langue japonaise. Des jeux de mots, ce genre de choses – larguant le lecteur et donnant au passage des boutons aux traducteurs de Kana. Ces sauts de langue font le gros du manga depuis peut être une vingtaine de tomes. Dur quoi. Surtout quand le lecteur est sensé avoir toutes les cartes pour résoudre le mystère en même temps que les personnages, les indices sont toujours distillées. Ça fait donc un certain temps que nous lisons ce mangasse en mode automatique et c’est pas étonnant avec une série si… euh… sérialisée. D’ailleurs, le suspense est rarement là, en 71×3/4 affaires, le méchant de l’histoire a toujours été démasqué. On peut pas envoyer des innocents en taule comme dans L.A. Noire.

Et le truc qui fatigue : ces mêmes affaires sont de moins en moins originales. C’est inévitable, après tout ce temps, mais au début chaque histoire avait le mérite d’avoir un cadre spécifique, une résolution spécifique, surtout avec les premiers tomes dont les résolutions étaient ScoobyDooesques au possible (vous savez, comment élaborer un mécanisme tueur avec trois bouts de bois et un trombone) tout ça devient de moins en moins thématisé. La dernière affaire qui m’a marqué doit tourner autour du tome 45, donc vers Juillet 2005 (mémoire des chiffres, cherchez pas) – une histoire de meurtres en série familiaux autour d’un Stradivarius. C’est probablement la caution musicale du bouzin qui me fait évoquer cet exemple, d’ailleurs. A moins de faire un meurtre dans l’espace, on ne risque pas d’avoir de regain d’attention (même si ils viennent de publier une affaire de fond relativement originale, très longue et toujours à Londres)

Parlons style, parlons bien. Le « temps étendu » dans Conan est un problème, pas spécialement assumé, pas spécialement caché, soit. Mais quid de l’histoire de fond, celle des fameux « hommes en noir » qui ont tous des alcools pour nom de code? Elle progresse… au rythme effrénée d’un RER A entre Nanterre Pref et Houilles pendant les heures pleines. Du genre « rythme FFXIII ». Une affaire vaguement liée à la toile de fond tout les quinze tomes. Et encore, elles ont arrêté de faire avancer l’histoire depuis une trentaine. Aoyama fait un peu « semblant » en introduisant de nouveaux personnages, en insérer de nouvelles pistes qu’il oublie cinq minutes plus tard. C’est un chouilla criminel et irritant. Aucun signe ne montre qu’il compte changer cet état de fait.  Après tout, vu que je me suis enquillé des 70 tomes précédents, pourquoi abandonner,hein? L’histoire de fond pourrait sans trop de problèmes rentrer dans un seul tome. Embêtant.

Petit Phil Fish gratuit pour remonter le moral

Et j’en ai marre de tout ça, sérieux. Maaarre.

Parce que ouais, l’ensemble est lourd. Pour allier le style industriel aux origines du style industriel, je me suis mis à exclusivement lire Conan dans le métro. Je suis presque infoutu de me poser quelque part et de me plonger dans une affaire et ses tartines de textes, de doigts pointés et de petits nez mignons et triangulaires. Voilà. Ca ne bouge pas, c’est figé, c’est voué à nous survivre. Tous ces tomes colorés font un très beau dallage, pour un toucher proche du tapis de lutte. On pourrait jouer à Domino Day avec. On peut jouer au Kaplas. On peut aussi les lires. Mais pitié, pitiééééé, flinguez moi Shinichi, ou les hommes en noir. Faites que ça ceeeeesse. Sauvez la forêt, mangez un Détective Conan.

Posted in Otakeries | Tagged , | 5 Comments