Annus mirabilis

J’ai une super idée. Parlons du sexisme dans les jeux vidéo.
En fait, non. Je suis une page blanche sur le sujet et je serais incapable de faire un pavé intelligent. Pas tout de suite ! En attendant, vous allumez votre Twitter et vous aurez les articles de base, les diverses réponses, et hop, vous aurez un tout début de réponse sur le bazar. « Je ne fais que te montrer la voie, Néo », disait l’autre. Certes.

Non, j’aimerais évoquer un sujet bien plus futile mais tellement doux et sucré : la nostalgie. Je le dis, je le répète  à qui veut l’entendre : 2003 était une chouette année. On associera toujours cette année à une vague de chaleur, j’ai la chance d’y avoir trouvé mes meilleurs moments de jeu vidéo. Oui, c’est peut être l’année de sortie d’Enter The Matrix ou de Taxi 3, mais c’est une année associé à un maximum de fun vidéoludique, aussi niais que peut être ce terme. Visualisez le tableau : un gamin de douze ans entre sa quatrième et sa troisième, ayant un début d’adolescence tout à fait normal – aller au bahut et jouer à des jeux vidéo, parfois entre amis, sans aucun autre souci particulier. Les gosses de ma génération étions bien ancrés dans une génération (de console, ohla répétition), on ne se posait pas de questions sur les aboutissants de l’industrie, le metagame ne pourrissait pas notre façon de jouer. On achetait un jeu en magasin avec notre bon Micromania de 10 balles, on l’insère dans la Gamecube, on adore, c’est aussi simple que ça. C’était il y a dix ans, et voici un petit panel qui a constitué le meilleur de cette année. Ma petite favorite, donc.

C’est d’autant plus révélateur que la liste suivante va révéler un total manque d’ouverture d’esprit. Comme vous allez le constater, je suis abonné à une firme bien spéciale et je jongle entre deux consoles de la même génération. Tiens, c’est une console de salon et une portable qui communiquent entre elles, je me demande si le pattern se répétera à l’avenir! Par contre, je vais dérouler une liste où il n’y a presque que des suites. Déduisez-en les conclusions de votre choix.

Wario Ware. Salut, je suis Wario Ware. Je m’impose avec un concept un peu bizarre mais terriblement accrocheur : faire volontairement de l’esprit crétin, débarquer avec un manuel hilarant et te balancer à la tronche mes « micro-jeux » à vitesse flash. Tu as trois secondes pour comprendre ce qu’il se passe et toujours le faire sans vraiment comprendre, parce qu’après tout, tu n’as qu’un bouton et une croix directionnelle pour expérimenter, c’est très intuitif. Ha, comme le rythme est une notion cruciale de notre jeu, on va le maîtriser, parce qu’on est des beaux gosses. On va te mettre une ambiance sonore de fous parce qu’on aime bien faire les choses. Comment? Ok, ok, on rajoute quelques bonus crétins, dont des jeux à deux qui se jouent avec un bouton chacun. On te donne une pelletée de fun et on l’enrobe avec de la feuille d’or. En plus, comme on a bien fait notre coup, on lance une nouvelle IP et on fait suivre de quelques jeux, toujours correspondants à un nouveau gameplay. Bon, par contre, on est un peu feignasses, on a pas mis ça à jour depuis un paquet d’années.
Wario Ware est une madeleine de Proust. La première partie, c’était un moment d’extase, avec les anges, les trompettes et tutti quanti. On lance la machine, le premier « niveau » se lance automatiquement, cinématique, la K7 se lance, Jingle, t’es dans le bain, pas le temps de réfléchir. Cette première partie, c’est comme tomber amoureux ou le coup de foudre pour un morceau.
Ce qu’on peut en retenir : un foutu concept. Un humour inhabituel pour Nintendo, un habillage sonore qui va s’étouffer au fil des opus. Quinze sur dix sélec.

Mario et Luigi : Super Star Saga Le RPG local c’était Paper Mario, on a joué les prolongations sur portable avec Mario & Luigi. C’est rare mais le postulat de base va se transformer en quelque chose de génial – Paper Mario sur Game Boy Advance, fait par d’autres gens, avec quelques différences, dont cette complémentarité entre les deux frangins. Emphase si rare dans les jeux entre les deux plombiers, finalement, finalement. Assez long, passionnant, bour-ré d’humour, pas mal de quêtes annexes et de trucs planqués. Comme beaucoup de choses chez Nintendo, le jeu aura des suites toujours bonnes mais avec de moins en moins de ces petits détails qui faisaient de l’original un truc vraiment bien. Intuitif, une progression bien articulée et un gameplay un poil plus compliqué que son grand frère, Mario et Luigi était un grand jeu. Comme d’habitude, c’était bien animé, bonnes musiques, etc.
C’était bien parce que c’était bien huilé, drôle, les boss étaient mémorables et pas de défaut particulier, c’est ça la patte Nintendo. En appuyant sur des boutons, les frères hurlaient leurs attaques et on pouvait caler ça sur la musique. Métagame, les enfants.

La même année, des gens sortent Saya No Uta. Aujourd’hui, ils sont en prison

Super Monkey Ball 2 était le dernier vrai bon jeu de sa saga. Et encore, c’était que le deuxième ! Le premier était dans le line up de la GameCube, le second sort à peine quelques mois après – tout le boulot est déjà fait. SMB est un jeu Sega simplissime de plate-forme : un singe dans une boule, des obstacles, on penche le plateau avec le Joystick et roulez jeunesse. Ces deux premiers jeux sont très bien pensés parce que votre perso ne peut pas sauter – ça a forcé les level designer à se dépasser et chaque niveau incarne son petit concept à comprendre et à dépasser. Les niveaux, et ils sont très nombreux, ne sont pas qu’un bête parcours généré au hasard. C’est exactement ce qu’est devenue la suite de la saga, et c’était le pire écueil. Ils sont tombés dedans la tête la première… mais c’est pas grave, je suis sûr que plein de gens sont encore dessus. Pourquoi? Sa difficulté était herculéenne. Normal, Normal Ex, Hard, Hard Ex, si on finit tout ça d’une traite sans continues, c’est le Master et le Master Ex. En gros, il est possible d’enchaîner 90 niveaux dans un seul run. C’est assez joli, les différents mondes et environnements ne sont pas géniaux mais restent sympathiques, bien que – littéralement – interchangeables. Quels ajouts dans le 2? Les niveaux ont des noms (DES NOMS !) et il y a un scénario bien débile. Bientôt, la version Deluxe compilera les niveaux des deux jeux pour en faire une version ultime. Bref, j’y ai passé mon été, et refaire en boucle certains niveaux – parfois des centaines de fois – certains niveaux a été une expérience formatrice.
La magie c’est très très pouh
et ce jeu brillait par son level design et sa difficulté. Mignon mais connard. En fait, c’est l’équivalent vidéoludique d’un cygne ou d’un dauphin.

Rayman 3 Oui Monsieur ! Produit culturel Ubisoft ! Quatre ans après le 2, on continue à faire évoluer la série dans des directions aussi différentes que logiques, et on fout tout le savoir-faire plateformesque de la maison dans un jeu perfectible mais super léché. Ça aurait gagné à être mieux distillé dans le jeu, mais les amateurs savent à quel point ce jeu est drôle. C’est aussi le retour gagnant du scoring qui met en place un système de combo assez tendu, qui demande de faire les niveaux d’une manière improbable et millimétrée pour optimiser son score global. Deux résultantes : le jeu est truffé de – véritables – passages secrets et la course en ligne s’organise via la Raymanzone, fabuleux portail où j’ai fait mes premières armes d’Internet. Un jour, je vous en parlerais en détail. Mieux : ce scoring permettait de débloquer nombre de bonus, vidéos hilarantes et mini-jeux fantastiquement bien foutus. Le jeu, le méta, l’argent du beurre et les fesses de la crémière, tout y est, Rayman 3 était un fabuleux jeu. Oui, même les phases psychédéliques. On peut revivre ça sur XBLA pour dix balles, c’est pas bien gros.
LA FRANCE EST DANS LA PLACE ! Oui Humour exemplaire, gameplay top, rejouabilité et gameplay asymétrique! Le mini jeu Mad Trax est une idée de génie qui a été exploitée à fond neuf plus tard avec NintendoLand. Ils ont été assez urbains pour ne pas refaire le même concept.

The Wind Waker Hé oui ! Vous savez, ce petit jeu indépendant qui n’a eu aucune promotion, publicité, plate-forme connue ou réception critique ! Un petit soft sans prétention qui aura probablement une deuxième vie puisque son remake HD est bientôt prévu sur Wii U ! Triplant par la même le nombre de bons jeux sur cette plate forme ! Singularité statistique !
Ouais, donc même si mon cœur balance avec Majora’s Mask, The Legend Of Zelda : The Wind Waker proposait une sensation de liberté dingue. C’était le poncif de l’époque – une sensation de liberté. C’était vrai. Une grande carte, pouvoir voguer un peu au hasard et subir différentes déconvenues en chemin, ça avait un petit charme. Ouais, les donjons manquaient d’identité, ok, l’histoire était un peu faiblarde par moment. La toute fin n’était pas aussi épique que certains jeux précédents de la saga. Tout ces petits trucs n’enlèvent pas à TWW son potentiel de drogue persistante. Tu t’installes devant ta télé, hop, tu es dans un autre monde et tu as une mère en terrain de jeu. Ouais, je tiens à faire croire que j’étais un gosse perturbé, alors que pas du tout.
Azy elle m’a mouillé la mer là Court, épique, beau et cohérent. The Wind Waker était un grand jeu. Les tickets flatteurs ! LES TICKETS FLATTEURS !! 30/20 dans tous les magazines, il serait sorti sur Canard PC, Omar Boulon lui aurait foutu Infini sur Vingt.

Tsais le jeu où tu pouvais prendre la pose sur ton profil

Tsais le jeu où tu pouvais prendre la pose sur ton profil

Golden Sun, l’âge perdu deuxième partie du dyptique au « A suivre… » le plus frustrrraaaaannnnnt de l’histoire des jeux vidéos frustrants. Je triche un peu : je n’y ai joué que six ans plus tard mais ça compte néanmoins, bande de petits loups. Golden Sun n’est pas qu’un jeu qui osait te tenir du bout des doigts après ses crédits, c’est aussi un très bon RPG en vue isométrique, parfait pour les béotiens du JRPG comme votre serviteur. La psynergie remplace la mana/magie, on a une carte, des collectibles, un scénario et un univers en béton. Le deux est la suite et fin de ce « premier cycle » (jamais touché à l’épisode DS est c’est très mal) et se permet quelques rajouts. Le casting est différent, mais les héros du premier vous rejoignent en cours de route. Les données sont les mêmes si vous faites un lien au câble link ou un code de six pages. C’était l’occasion de voir Vlad PARLER. Je crois. C’était fou. Le jeu était beaucoup moins linéaire, donc plus difficile… mais offrait davantage de perspectives, un peu plus de challenges optionnels, ce genre de choses délicieuses. Gloire.
Aube dorée, lolilol quelle bonne saga mes amis. Un must have qui vieillit bien.

Advance Wars, Black Hole Rising même chose, même combat, offrir le premier en mieux. Le premier, c’est la première apparition sur l’hexagone d’une vieille saga. C’est sur GBA, c’est au tour par tout sur un damier et chaque unité intègre une foultitude de paramètres. Ça rend la guerre presque fun. Évidemment, tout ça est nourri par une identité colorée, ronde est sympa. Les généraux sont kawaii, ont tous une personnalité bien archétypée et ont non pas UN mais DEUX super pouvoirs qui donnent l’avantage, le temps d’un tour – dont ce petit batârd qui pouvait jouer deux tours de suite. Le deuxième était plus difficile, un poil plus long, mais chaque mission remportée était une grosse victoire pour le joueur. Atteindre les missions Green Earth étaient un exploit en soi… et, comme toujours, emballage sonore impeccable : les généraux ont leurs propres thèmes, les jingles de lancement (un par armée ! Un pour la mission ultime ! L’amour des détails !)

Entre autres, bien sûr. Je vous épargne le Mario Party Annuel (c’est pas si facile d’être dans le top 5 sur 9 !) Max Payne, Mario Kart? Beyond Good & Evil et autres joyeusetés qui seraient sorties sur d’autres consoles. D’autres consoles ? Quelles consoles ?

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2 Responses to Annus mirabilis

  1. Thib says:

    Ah un de mes jeux GBA préférés. Je l’ai recommencé il y a un mois, toujours aussi sympa à jouer <3

  2. Amo says:

    Ca reste moins bien que la période inclue entre avril 2004 et mars 2005 <3.

    Bisous <3.

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