Sunshine pop

Non, ce n’est pas un bilan anticipé de l’année 2013 mais bien un (ahem) court texte sur Forza Horizon. Certifié Jeu Vroum Vroum de l’année précédente par les Internets et la critique. Le choix fut dur, d’ailleurs, et uniquement déterminé par une rapide promo Micromania (mon dieu, l’enseigne planquée dans la tête dans les Nuages! Débauche!) et les-dits retours m’ont incité à acheter ce soft de Novembre dernier. Le Amo n’avait pas aimé. Je ne suis pas d’accord. Forza Horizon est un jeu bien fun.

Bien meilleur que le Pixar, là

D’ailleurs, fun est un mot bien galvaudé mais correspond souvent au genre, et les bons jeux de bagnoles viennent souvent par deux ! Souvenez vous, quelque part vers l’été 2010, Blur et Split/Second se tiraient dans les pattes. Z’êtaient bien tous les deux mais j’ai eu un petit coup de coeur pour le premier. Même situation il y a deux mois : Forza Horizon dans le coin bleu et Need For Speed dans le coin rouge. Le deuxième a un léger avantage dans la presse anglophone. Le premier est jugé plus intuitif et globalement plus sympa. Soit. J’étais parti pour acheter l’autre mais tout va bien puisque Forza est effectivement un bon jeu.

C’est pas difficile de délimiter le « fun » dans un jeu de vroum vroum. Ce que j’aime, c’est me balader sans objectif fixe et tomber sur un bon morceau à la radio. Faire quelques épreuves pas trop difficiles et m’amuser, la variété étant le facteur clé qui garantit un truc bien foutu (on joue rarement à un jeu de ce genre pour faire une ou deux épreuves par sessions) bref, refaire la chanson « Red Barchetta », manette à la main. Il y a plus d’un an, Driver : SF était un killer dans le genre. Le parfait outsider qui surprend tout le monde avec son gameplay, son humour, son gimmick. Je ne tarirais jamais d’éloges pour cette galette – mangez-en ! La « caution fun » en était une notion-clé, mais elle était subtile, pas criée sur les toits, le jeu se suffisait à lui même avec son identité très seventies. D’ailleurs, je me souviens pas de plus de trois morceaux dans la playlist, dommage.

Forza prend ce « fun », nous l’envoie à la figure, le met sur sa jaquette et se roule dedans. Elle l’embrasse et y met la langue, etc etc. Bref, avant même que le jeu le soit, elle placarde du fun partout. Ça passe surtout par une identité visuelle : du mauve, cette police, ce plot, cette ambiance. Forza possède un cadre très parlant, surtout pour votre serviteur qui a toujours son bracelet Rock En Seine 2011 au poignet droit. L’Horizon est un festival rock dans le Colorado. Avec les scènes, les tentes, les chiottes chimiques et tout le tremblement. Mieux : il se trouve au fin fond de cet Etat qui suscite pas mal de fantasmes. Canyons, vallées, beaucoup de soleil (pas la moindre goutte de pluie, ce n’est même pas dans les paramètres du jeu) et de bonne humeur. Improbable : le festival n’est que l’attraction principal d’un vaste complexe de courses organisées. C’est vraiment très très improbable car ce festoche mobilise un terrain de douze kilomètres de diamètre où personne ne circule à pieds, où quelques bagnoles errent sans but (si ce n’est pour se faire faucher à Mach 1 par le joueur) et il a la particularité de ne jamais se terminer. Pas de flics, par d’ordre, pas de lois, pas de fin. C’est sûrement un truc à la Stephen King. De toute manière, l’ordre et l’argent ne veulent pas dire grand chose : on se pique des bagnoles, on les achète pour des crédits, on ne pisse jamais et manger est en option. D’ailleurs, les scènes ne doivent pas servir à grand chose puisque dans ce festival, on écoute les headliners… à la radio !

Pour évoluer dans ce cadre à la Burning Man, on incarne un John Doe sans nom, un mec qui ne dépassera jamais le doux patronyme de « l’inconnu », un mec surement super puissant puisque le festival ne prendra jamais fin avant qu’il le gagne. D’ailleurs, il passe pour le messie – il se fait aduler par tous les participants. Tout le monde part du principe qu’il va gagner ce grand tournoi. Il va le gagner. Entre-temps  il va se faire voir offrir des gâteries constantes par la coordonnatrice-en-chef-mes-genoux qui passe le jeu à vous avoir sur oreillette. ET BON DIEU CE QU’ELLE EST ENTHOUSIASTE A VOTRE SUJET. Donc je sais pas, vous incarnez Dieu, ou Jésus, peut être sa nouvelle incarnation, bref Forza est un jeu christique c’est génial c’est Forza.

J’arrête mes conneries pour vous parler un peu du jeu, finalement. C’est du gameplay vroum vroumesque à son meilleur : vous commencez par une séquence qui à l’air in medias res (et qui restera à jamais un peu floue par rapport au reste du jeu) et vous êtes automatiquement inscrit à ce tournoi. Un bracelet sur le poignet incarne une catégorie de course, vous faites des épreuves, vous montez de grade, vous gagnez un autre bracelet, d’autres épreuves et yadda jusqu’à la victoire finale. Voilà pour les grandes lignes, c’est simple comme bonjour. Le reste est un étalage de featurettes et je vais pas me priver alors allons-y!

Ok, comme dans beaucoup de jeux de bagnole, la moindre cascade ou performance sera gratifiée de points, vous pouvez tenir un combo, plein de points en plus. C’est presque optionnel : ça ne sert qu’à progresser dans une sorte de classement très nébuleux dans le tournoi. Il doit toujours y avoir une caméra là-bas. Ouais, en fait, c’est pas du Stephen King, ça doit être une relecture du Truman Show. Vous incarnez un très mauvais pilote et le festival Horizon est une vaste conspiration pour lui redonner confiance. BREF JE REDIGRESSE.

La difficulté n’est pas tant progressive que ça puisque le joueur à le choix de se tirer des balles dans le pied pour se voir accorder des bonus de récompense en pourcentage. Certains diront que c’est surtout se retirer des brassards gonflables car la difficulté globale n’est pas bien haute… et le jeu vous offre une carte maîtresse : vous pouvez rembobiner ce qui doit approcher de la minute de gameplay. Je ne m’en suis rappelé qu’après dix heures de jeu et je n’ai pas eu de problème particulier. Pas un modèle de difficulté pharaonesque, donc.
Deux trois featurettes sympa : des duels un peu barrés, dont un contre un ballon, un hélicoptère, un AVION. Bien sûr, pour maîtriser tout ça, il faut d’abord se faire les dents sur les contrôles. L’inertie est du genre ouf guedin et j’ai longtemps cru qu’il y avait une autre bagnole invisible ficelée sur le capot. Le pli se prend assez vite et une courbe au sol vous dis basiquement le tracé à suivre, quand accélérer et quand freiner. Tout, donc.

Donc l’avantage du jeu est bien sûr son ambiance, ses décors, son rendu. L’animation est fluide, pas le moindre lag ou problème d’affichage à déplorer. Tant mieux. La diversité n’est pas trop au rendez-vous (dans mon sens de la diversité, la diversité Red Dead Redemption avec de la neige et tout) mais il y a quand même une très chouette variété de décors et environnements. Une boucle d’autoroute, une ville, le festival en lui même, des nationales, toujours un super décor derrière. Des « collectibles » à massacrer partout pour obtenir des réductions sur les upgrades, sans jamais savoir quoi faire de ces milliards de crédits. Des courses thématisées. Un petit système de rival en online passif. Rien de bien folichon mais les fonctionnalités « obligatoires » sont là. A la fin de chaque « chapitre », on peut battre un adversaire et lui piquer sa bagnole pour poser avec le mode photo. Des téléporteurs sur la carte peuvent obtenir des réductions si vous effectuez diverses tâches. Ces dernières peuvent être un brin frustrantes : le summum du Fffuuuuu réside dans cette tâche où vous devez vous faire flasher à 388 km/s, rien de moins. Sinon, il faut tenir des combos élevés en moins de deux minutes, pénible et répétitif… mais jouissif quand on y arrive.

Que dire que dire… Forza Horizon est un univers alternatif où des parents ont donné du « Daryus Flint » ou du « Ramona Cravache » à leurs gosses. Ces derniers sont toujours démentiellement antipathiques et le scénario est débile au possible, façon jeu de bagnole, ha, didon. Il existe une featurette cool qui permet de tuner ses bécanes comme le dernier des clichés, mais rien de mieux qu’une ballade dans une bagnole conçue par vos mimines. Le tout se termine vraiment rapidement (Huit/dix heures pour les plus pressés) et offre quelques options pour étendre le contenu du jeu. Coté DLC, un très très gros pack Rallye à 20 (!) balles est disponible… et un surréaliste season pass à 4000 points permet de vous inonder de nouvelles bagnoles jusqu’à votre lit de mort. C’est votre décision, hein, je ne suis pas là pour juger. Enfin, je m’interroge toujours sur ces arbustes indestructibles qui viennent te one-shoter en plein drift. Enfin, ça, c’était quand j’oubliais le rewind, mais il est vrai que le level design est parfois assez fautif.

Les radios, parlons-en. Il y en a trois. Bass Arena et son wub wub, Pulse pour sa pop axée années 2010 et Rock pour le… ben, le rock. Dommage, on ne peut pas baisser les vrombissements du moteur pour en profiter. Bass Arena exclu (je ne l’écoutais que de temps en temps), ces radios font preuve d’une programmation reeeelativement éclectique – si l’actualité musicale est votre dada, ça devait déjà vous paraître légèrement antidaté – j’ai une petite préférence pour Pulse. Take A Walk de Passion Pit, Ladyhawke, Empire Of The Sun, et tout le tremblement pop de qualité. De l’autre coté du spectre, Rock te mets du Lonely Boy, du Animal et pas mal d’autres titres dont je ne suis pas spécialement fan. Sympa mais répétitif : on a vite fait de tomber quinze fois sur le même morceau dans la même session. Le morceau saute à chaque temps de chargement, frustrant quand on tombe sur un chouchou. Heureusement, le tout est enrichi par du contenu contextuel potable et assez bien pensé,  même si tout le monde s’exclame à la sauce SSX du genre « Ca déchire! » mais sinon, ça va. Dommage que l’intégralité des personnages ai pas plus de deux phrases valise en stock. C’est chiant qu’au bout de la 95è course en première position, on te donne toujours du « Hé, didon, tu vas commencer à te faire un nom ici ! » Ouais, il serait temps, ouais, j’ai un bracelet d’or, la gueuze.

Quelques mots sur le multi. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a encore pas mal de gens dessus et qu’il est tout à fait possible de grinder de l’expérience dessus. Quelques modes simples : course, sprint, trois modes de jeux un peu plus variés – virus, chat et souris, roi. Rien de neuf, ni plus ni moins, assez agréable… mais complètement surréaliste avec un petit débit comme le mien. Les voitures ne laggent pas, elles volent ou rentrent sous terre. J’ai passé une course en mode « spatial », ça ressemblait plus aux Fous Du Volant qu’à un multi de bagnoles. En tout cas, c’est fonctionnel, ça lorgne sur le service minimal mais c’est qualitatif.

Post scriptum : ce jeu est facile à compléter niveau succès mais l’un d’entre eux demande une sauvegarde d’un précédent Forza. Pas sympa.
Enfin bref. C’est coloré, c’est plein de joie de vivre. C’est fun.

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