Fap game

[Oui, ce post a un jour de retard et ça lui fait perdre en puissance de frappe, pardon, je n’ai pas trouvé de temps ce jour là]

Aujourd’hui sur l’Usine à Problèmes, je vais inaugurer une nouvelle rubrique. Un peu de culture pour nous tous en ce jour d’amour courtois, de romance Arthurienne, d’innamoramento. Pour la Saint Valentin, voici votre nouveau coin littéraire.

Hé oui, « Coté Bouquin, Bouquin Bouquine », un instant reposant et culturel pour vous tous. Montez la température, mettez-vous au coin du feu, prenez donc dans vos bras ce chat qui se frotte à vos jambes, l’instant va être unique et chaleureux. C’est bon? Ok. Soyons fous, parlons un peu du fap material sur le web.

Si le mot « fap » ne vous évoque rien, cela signifie juste que vous n’êtes pas fait pour lire ce texte. Tant mieux, vous ne faites pas partie des « happy few », ou – devrais-je dire – des « barrés few ». Je fais partie des gens qui pensent (et appliquent) qu’on peut tout à fait avoir une vie sentimentale épanouissante et avoir une certaine culture en, comme on dit, pr0n. Alors, le pr0n, parlons-en. Évidemment, aucun bout de chair bien réelle ne sera maltraité dans ce post puisqu’on va se cantonner à la 2D et à l’animation. Hé oui, comme dirait ce perso de Genshiken, « De tout temps l’homme est excité par les représentations blah blah blah blah ». Laissons les bons dessinateurs remplir ces fantasmes étranges qu’on peut avoir pour nous.
Alors.

Faut savoir que l’intégralité du bouzin est régi par la notion d’imageboards. Ce sont des sites permettant de collecter des artworks, des dessins de fans, des images officielles, tout types de choses. Certains sont safes, d’autre pas, mais la majorité du contenu est là pour les internautes en quête de sensations fortes. Chaque image est taggée, dans le sens où elle est « marquée » via divers mot clés qui résument son contenu… ses personnages, ce qu’on y voit, les divers fétiches qu’elle peut contenir. Oui, ce mot est un peu effrayant mais croyez qu’il est sévèrement ancré dans la culture web. Ces sites n’ont aucun autre but : trouver de belles images de fans ou trouver du fap material. La pauvreté du design de ces sites est proverbiale, mais hé, on ne regarde pas un porno pour son scénario. Quels sont ces sites? C’est simple, ils se terminent tous en -booru, parce que c’est le waponais de board. Got it? Gelbooru, Danbooru, Safebooru… puis d’autre mieux planqués et plus spécialisés. Tout une culture, donc. Même /co/, le génial panel comics de 4chan, à son imageboard, la /co/llection.

Après, si vous cherchez des doujins (petit travail amateur parodiant une série existante, un doujin n’est pas forcément du hentai, mais le hentai est par définition pour adul- ados) avec un beau site derrière, Fakku est une référence. Ses volumes sont particulièrement bien dessinés et le tout est hiérarchisé avec des tags précis. Yaoi, yuri, monstergirl, futa, je ne vais pas me lancer dans une longue énumération d’explications mais le site Urban Dictionnary peut être votre ami. Sinon, il y a e-hentai et ses galeries, voire exhentai et son contenu un peu plus bâtard si vous êtes assez motivés pour trouver la manipulation qui vous permettra d’y accéder. Hé oui, il y a des machins pas super recommandables dessus, donc c’est planqué – et ce n’est que la surface du deepweb. Ça, c’est un concept bien trop vaste, compliqué et glauque pour être abordé frontalement dans un post. Disons simplement que l’Internet tel qu’on le conçoit n’est que la surface de services réellement insolites, pour peu qu’on les trouve.

Ha! Je me sens tout de suite bien plus instruit.

Attendez, c’est loin d’être fini.

Jusque là, on part dans une acception bien généraliste du web. C’est comme tout, il y a des profondeurs inattendues. Rassurez vous, rien d’illégal ou de crade ne sera évoqué ici. En fait, l’internet est régi par certaines grandes règles, immuables, gravées dans la pierre et le sang des Internautes. Vous connaissez probablement la règle 34 qui stipule « Si ça existe, il y en a forcément du pr0n ». C’est vrai. Personnage, concept, lieu, que sais-je. C’est comme un doppelgänger, un double maléfique. Deux crans plus loin, la 36 est un peu plus rigolote : « Il y a toujours plus barré que ce que vous venez de voir ». C’était l’objet du post sous-nommé, en complément. Ce que je n’évoque pas, ce sont les sources, les origines du « plus barré. » Hé bien…
Une bonne porte d’entrée serait 4chan le bienheureux. Il ne faut pas s’aventurer dans ses channels au hasard, oh que non. /b/ est à éviter comme la peste pour son coté imprévisible, du genre à te coller des clichés inoubliables dans le creux de la tête. Des clichés à la Rotten. Deux lettres plus loin, /d/ commence à délimiter le pr0n moins conventionnel.

/d/ est une fantastique collection de boards exposants des fétiches bizarres mais pas si rares : il faut croire que seuls une poignée d’internautes les ont trouvés pour tout les autres. Malgré l’imposante masse de threads futa et autres géantes, on y trouve la bardée de grands classiques – des trucs bizarres : bodysuits, traps, multi, hyper, bulge et autres termes techniques. Après avoir fait un tour sur le channel pour trouver tout ça, j’ai constaté la présence de couches et de « gazs », hein, pourquoi. On rentre dans un channel relativement ancré dans la réalité mais comportant énormément de trucs impossibles dans la vraie vie parce que pourquoi pas, autant être attiré par l’impossible. Là, je me retiens très fort de citer Tina Arena. C’est dur. « L’alternatif » représente une petite culture en soit. Des -chans, il y en a une bardée avec autant de chiffres, il y aura toujours un bouzin « Alternatif ». Des sites comme Shanachans, plus pragmatiques, font des boards du genre « un sujet, un fétiche ». Même chose à chaque fois, c’est aux utilisateurs de le remplir et s’il meurt, écrasé par les autres sujets, ben tant pis pour leur face. Idem pour les boards tout à fait normaux et mignons à la /c/ute.

Voyez ça comme une pyramide. J’avais fait cette joyeuse infographie pour un vieux post sur l’Editotaku. 3 ans et demi après, je me permet de le refourguer à domicile. En bas, le pornard « classique ». Plus on monte, plus on se spécialise et moins on a de facilité à redescendre. La mentalité du web, c’est peut être ça, finalement. Exactement comme dans cet épisode de South Park qui parodiait les Raisins de la Colère : « Comment retourner sur Playboy après ça? »

Bon, c’est très très schématique. En bas, le « vanilla ». Le normal, dans des conditions normales, romantiques, consensuel, comme dans la vraie vie. J’adore ça, comme n’importe quel Internaute un tant soit peu romantique. On monte un peu, on tombe dans des dimensions plus exagérées, on fait quelques déformations de la réalité, puis on tombe dans le « What », ce tag parfois très étrange des divers Imageboards. Comme son nom l’indique, il est soulève quelques interrogations. Nous revenons à notre /d/, puis on arrive aux échanges de fluides corporels. A partir de là, on rentre en terre inconnue, on ne veut probablement pas savoir. Quand je parle de « pedopals », je fais le tour des grands classiques. Vore (miam miam cannibalisme) Scat (Miam miam le chocolat) Shota (Youpi Boku No Pico) Guro (Chouette le sang) SM, Furry (Bizarrement répandu) etc. Des choses acceptables, d’autres franchement bizarres, d’autre qui font mieux de rester dans le domaine de l’animation. D’ailleurs, bon sang, j’imagine bien la tête des animateurs de l’anime sus-nommé ou de toutes les dégueulasseries qu’on peut trouver dans l’AMV HELL /0.

Attention, nous passons à un niveau culturel de 3 sur 5 !

Nous en venons au gros du morceau, un pan de pr0n qu’on peut trouver dans la Fnac, parfois sur une pile de mangas pour filles et sans emballage plastique. Le Guro est un terme sémantiquement rigolo mais pas bien propre sur la toile. Pour la faire simple, regardons les trois channels de l’imagebord Gurochan. /F/reakshow, /S/cat, et /D/eath. Le premier est une version très légèrement plus barrée que /d/, on y trouvera rarement des trucs choquants, seulement quelques bizarreries. A l’échelle de l’Internet, ce channel est presque soft. Les deux autres… je ne serais pas aussi confiant. Scat, est, comme son nom l’indique, le channel du chocolat et des fluides corporels hmm hmm hmm romantisme romantisme (je ne sais pas comment on peut varier le concept, je suppose que c’est une question de personnages et d’univers) et le dernier table sur ce que je considère comme un tabou, ce qui prouve probablement que je suis encore normal. Bref, channel nécro sous toutes ses formes, je ne veux pas savoir.
Le guro c’est des glauqueries et de la violence donc. L’extension du snuff déjà bien connu. En revanche, là où on peut en parler de manière plus détendue, c’est que ça se relie très facilement au folklore japonais. C’est presque une affaire culturelle. Voyez-le comme ça : au Japon, se tenir par la main, c’est déjà du sexe. Une galoche c’est la même chose mais avec la dimension interdite en plus. Se tenir la main, c’est déjà être exhibitionniste, mais aller encore plus loin n’est carrément pas admis dans le sens commun. On pourrait croire que ça fait beaucoup de retenue et justement, tout ça est catalysé dans la BD locale. Le guro peut être assimilé au genre grotesque. Késsadire ? Hé bien. Comment dire. Tout et rien. La déformation des corps, le plus souvent. De la mythologie  japonaise, version PEGI 18. Ça peut s’assimiler aux Métamorphoses d’Ovide mais toujours avec du contenu explicite. Sinon, c’est juste de l’inconcevable. Ouvrir du grotesque, c’est avoir sous les yeux des trucs auxquels on aurait pas pensé avant. Un genre de super règle 34 : « tout peut se trouver. »
Shintaro Kago est un exemple connu. Des histoires vraiment barrées qui ne se terminent pas toujours sous le sens commun. C’est un nom assez « populaire » ayant fait quelques histoires d’horreur mais son dada reste l’explicite sous LSD. Il faut vraiment le voir pour le croire, c’est indescriptible. Guromanga est une « bonne adresse » si vous voulez cerner le genre grotesque mais soyez bien conscients que vous naviguerez en terrain miné, dans le sens où il y a du snuff pur et dur dedans.

Je crois que le pire nom qui me vient à l’esprit reste celui d’Horihone Saizou, je suis toujours un peu traumatisé depuis 2009 après quelques coups d’oeil sur un manga nommé Drainage City. L’ambiance du bordel est glauque, il y avait des images et des plots absolument inconcevables pour l’esprit normal et l’auteur a toujours cette manie frappadingue d’insérer de la passion entre ses protagonistes, dans le sens où tout le monde s’aime profondément. C’est même relativement bien dessiné et ça créé un sentiment de malaise qui rajoute une couche à ce qu’on éprouver en voyant simplement ces chapitres maboules. Ça sonne comme un gros bouton rouge à ne pas aller presser, et c’est le cas, ne soyez pas tentés. Bien sûr, il y a toujours pire – tout est mélangeable, tout est possible. Autre example, le manga Tokyo Akazukin. Plot intéressant, relecture qui se vaut, personnages particuliers… mais violent à mort et on capte bien le « cahier des charges derrière ». Notamment celui d’insérer tel ou tel truc ici et là. Dès les premières pages, l’auteur se prend pour Bruno Bettelheim et fait coucher son petit chaperon rouge avec un « grand méchant loup », sauf que c’est complètement PEDO. POURQUOI.

Une petite anecdote pour le lol : mon tout premier doujin était un truc aussi explicite que vanilla entre Ed et Winry, de FullMetal Alchemist. Je suis sûr que vous savez de quoi je parle.
Hé, j’en sais des choses! J’espère que mes futurs employeurs seront contents.

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7 Responses to Fap game

  1. Amo says:

    EdXWin <3. Y'en a quatre volumes, ils sont tous très cools, et y'en a un cinquième bonus dédié à Alphonse et la chinoise qui est très marrant <3.

    Vanilla pouce levé quoi.

    Le reste, je sais pas de quoi tu parles.

  2. Hackatosh says:

    C’est vrai que les doujinns permettent de revisiter les mangas/dessin animé de façon … intéressante. Fascinante même. *Ahem*

    (Mon dieu qu’ais-je dit…)

  3. Isaac Newton says:

    J’avoue qu’en tant qu’amateur de furry, j’ai toujours été un peu surpris que mon, euh… fetish soit généralement considéré comme « très » pervers, dépravé, décadent, ignoble, dégoutant et tout ce que vous voulez. Ca l’est indubitablement. C’est du pr0n. Mais que ce soit plusieurs degrés au dessus de l’hentai « vanilla »… non franchement je ne vois pas. En fait, je ne suis pas capable de distinguer de véritable caractère distinctif entre le hentai et le furry. Fondamentalement, ce sont tout les deux des projections stylisés du pr0n « normal ».

    Passons, ce qui me choque un peu, c’est que Mr Concombre fait comme si l’hentai était une sorte de degré 0 du pr0n. Mais ce n’est pas le cas ! En dessous du hentai, il y a les dessins « classiques ». Réalistes si on préfère. Quand on entre dans le hentai, on est déjà dans un degré d’imagination beaucoup plus puissant qu’une image classique.

    Perso je blâme les dessins animés (Et quand je dis blâme, c’est pas méchant.Pour le coup, j’aurai plutôt tendance à dire merci !). Ben oui quand on y pense, il y a une petite différence entre grandir en ne voyant que des choses « réelles » autour de soi (des gens, des animaux, des arbres, des cailloux) et grandir en voyant des choses réelles ET des représentations diverses. Même Astérix n’a pas grand chose d’humain ! Du coup, ben plus tard, les gens, quand ils voient des dessins stylisés, ils arrivent même plus à ce rendre compte qu’on est dans le domaine de l’idée et non dans le domaine de l’objet.

    Franchement, on devrait en parler en philo en lycée. Ca intéresserait plus les élèves et ça a des applications pratiques directes ! Enfin plus que cette histoire d’ombre chinoise dans les grottes en tout cas.
    Et puis de nos jours, c’est vachement plus facile de trouver du pr0n qu’une grotte.

    • Concombre Masqué says:

      Wow, vous içi Isaac, vous incarnez l’humour glacé et sophistiqué. Sinon, ton pseudal me dit quelque chose. Well pour alimenter cet épineux débat, ce n’est pas le pornard furry qui fait peur (oui, on va dire qu’il est assez soft même si on y trouve des trucs assez chelous dont une impresionnante quantité de VORE) mais biens les furrys en eux même qui, quand il sont bien clichés, sont effrayants comme pas permis. Du genre à RP dès que possible.
      /expertise

      • Isaac Newton says:

        Ah là je suis bien forcé d’admettre que tu as raison.
        J’espère que tu ne fais pas preuve d’ autant d’ expertise dans tout ces… hmm… domaines à défaut de meilleur mot ! Personnellement je trouve déjà le concept de « communauté » dans le p0rn assez malsain. C’est plutôt personnel ces choses là quand même…

  4. adorya says:

    L’auteur n’a fait que timidement froler le fujoshisme en énonçant uniquement yaoi…dieu ait son ame 😀

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