Monthly Archives: février 2013

Tu t’es fait ça à toi même

Après tant de sujets joyeux, rupins, bucoliques, folichons etc etc (15 lecteurs perdus après cette énumération) je vous propose de directement entrer en dépression et de considérer d’autres sujets, comme la vacuité de l’existence, l’illusion, la guerre, la mort, etc. Joie et bonne humeur ! Aujourd’hui c’est Spec Ops : The line qui passe sur le billard. On se retrouve après l’habituelle tartine d’intros.

Ok, 2013 dans le JV ne se lance définitivement qu’avec Tomb Raider, qui sort dans deux semaines. Je le teste dès Lundi (c’est le premier jeu que je reçois, je ne peux pas m’empêcher de trouver ça très sale, quand bien même je suis un habitué de la section musique de RLSlog) et je ne me priverais pas d’en parler ici. En attendant, je continue de rattraper 2012, après l’article précédent et avant Far Cry 3.
Spec Ops est un jeu très très particulier. Je lâche le morceau de suite : c’est bien, et ça ne coute plus grand chose. Visiblement, le jeu de 2K ne s’est pas bien vendu… dix huit mois plus tard, il se retrouve pour peanuts sur Steam et les boutiques en ligne. L’acheter en occase ne pose aucun problème non plus alors profitez-en. Avant de nous plonger dans le futur et la nouvelle génération, il est encore l’heure de subir quelques feels bien sentis.

Pourquoi tant de retard? Ce peux sembler très peu intéressant et neutre si on ne prend pas la peine de se pencher sur son contenu. Or, l’un de mes fers de lance en 2012, vous m’avez peut être entendu le déblatérer dans tel ou tel média, c’est le cynisme des shooters. Les Call Of et consorts, pour généraliser. Dans l’absolu, ce sont loin d’être de mauvais jeux mais ce qu’ils représentent, les chiffres qu’ils génèrent sont crades. Ce n’est même pas une question d’éthique ou de No Russians – on a juste l’impression que ces jeux tendent à vouloir nous prouvent que l’humanité ne devrait pas exister. Je vais faire mon David Cage, mais c’est un pan de l’industrie qui ne brille pas pour sa maturité – surtout quand on voit le public visé. MAIS QUEL HASARD! Spec Ops et Far Cry sont deux jeux avec un propos (un poil différent) derrière. Allez, osons : Spec Ops c’est un peu le Funny Games de la guerre sur 360. Là, le spectateur, c’est le fan du jeu de guerre cliché qui ne joue donc pas à Spec Ops. Ok, je m’embrouille.

Toujours est-il qu’il profite d’une certaine aura. Relativement discret pour sa sortie cet été, il truste les tops annuels de différents critiques. Le méga flegmatique Yathzee le met en numéro 1 « pas pour ses qualités de jeu vidéo, mais parce que tout le monde devrait y jouer ». Sa review de Juin est perturbante : d’habitude stoïque, il confesse un « réel malaise physique » et sort une vidéo toujours excellente mais clairement déprimée. Ok, la pression. Spec Ops est une subversion du jeu de guerre, qui te fait faire des choses éthiquement discutables et qui te met le nez dans ton caca la seconde d’après. Ça, vous l’aurez compris… sa réputation le précède et ça joue en sa défaveur. Résultats des courses, je m’en suis fait une montagne et j’ai été un poil déçu de l’expérience. Je vais fatalement vous transmettre ce sentiment mais ça en vaudra toujours la peine, rassurez vous.

Voilà le topo. Tout ça se passe dans un Dubaï quasi dystopique – ici, une tempête de sable géante. Vous êtes Walker, chef de la section Delta, accompagné de ses deux bros/copains de chambrée/péons Lugo et Adams. Vous trois êtes à la recherche de la Section 33, brigade partie à la rescousse des civils mais disparue depuis. Bonus track : vous êtes aussi sur les traces de Konrad, ancien copain avec qui vous avez partagé de sales expériences. Ce jeu n’aurait pas la même vitrine si tout se passait si bien – les choses tournent évidemment pour le pire. Bon, à partir de ce moment, je vais faire le maximum pour ne pas spoiler, mais dans l’idéal on devrait se lancer dans ce jeu sans rien savoir à son propos. Évidemment, l’hommage à Heart Of Darkness est là (devine comment s’appelle l’auteur?) mais on retrouve des clins d’œils à d’autres films du même genre. La guerre c’est pas bien, etc. Donc si vous comptiez vous lancer dedans de toute façons, considérez l’option de vous arrêter ici. Là, je vais dévoiler quelques petits détails qui font le suc du jeu.

Spec Ops rentre dans cette catégorie de jeux qui vous lancent dans une ligne quasi-droite et ne vous donne qu’une poignée de mobs pour vous ralentir. Heureusement, ce n’est pas un long couloir à proprement parler, juste un environnement fermé qui sait bien faire illusion. Un peu comme Max Payne quoi, avec une diversité moindre de décors. Ici, on traverse déserts, bâtiments plus ou moins folklos,  etc. Aucune idée de la fidélité avec la ville d’origine. Le Burj Khalifa y a une place importante et c’est tout ce qu’on retiendra. Niveau ennemis, c’est pareil : on passe de petits péons à poil à de tanks humains qui prennent deux chargeurs pour commencer à saigner un peu. De plus en plus nombreux, dans des conditions de plus en plus démentielles, culminant dans une salle à stroboscope, plaisir ultime et sadique de 2K. Aucune plate forme, pas de figure de style, pas de compétition surprise de disco. Se planquer, tirer, survivre, marcher un peu, recommencer. Super simple en facile. Pas impossible en hard mais potentiellement très frustrant sur certaines séquences. On est dans le désert, les balles sont rares, il faut bien les utiliser. Pas nécessaire de s’imposer ça si on ne cherche pas les succès à tout prix – tous très simples, en passant. DONC. Qu’est-ce qui fait de Spec Ops un jeu si particulier?

Spec Ops est une subversion du jeu de guerre. Ça, on le savait déjà. Le truc c’est qu’il a cette tendance à envoyer le joueur se faire voir et lui demander clairement « mais pourquoi est-ce que tu continues à jouer? En éteignant la console, tu pourrais éviter tout ça etc etc ». Au cours du jeu, Walker et ses deux potes vont changer. Une vaste opération de descente aux enfers s’amorce. Ça passe par une transformation physique, morale, une bardée de petits détails qui font de ce jeu un truc très original et bien pensé. Quand vous incarnez Walker, tout le monde autour de vous hurle des milliards de phrases contextuelles différentes, de plus en plus violentes. Plus vous jouez, plus les exécutions sont « personnelles » et plus vous allez vous sentir coupable de tremper dans tout ce merdier. En gros, ce jeu arrive assez bien à être immersif sans pour autant être à la première personne. Bon point, souci du détail évident, ok.

Ce jeu est un ensemble composé de deux strates. Le cœur, c’est un shooter pas bien folichon. Le gameplay n’est pas mauvais, juste très banal, sans particularités. Il est enrobé d’une pelletée de mécanismes qui distinguent ce jeu des autres et qui, je l’espère, donneront une autre idée du shooter AAA à pas mal de gens. Il passe d’abord par un rapport joueur/perso assez ténu. Ce jeu s’amuse à renverser l’échiquier toutes les deux secondes. Assez rapidement, vous allez tuer des compatriotes Américains. Puis plus que des compatriotes Américains. Puis on ne comprends plus ce qu’il se passe et le « pourquoooooi » va devenir ambiant, sur l’écran comme pour vous. Ce sentiment est démentiellement bien insufflé : on ne sais même plus ce qu’on fait là, la finalité de tout ça, comment on y est arrivé.
Le message pourrait paraître un peu débile mais il ne l’est pas du tout dans le contexte.

L’ensemble est travaillé. Ce jeu est une énorme transition : les personnages ont des storylines subtiles, sous-entendues. Elles évoluent lentement. Les petits intels à collecter, mécanisme narratif par excellence, vous permettent d’avoir quelques détails sur l’ensemble. Il dose le drama quand il faut. Pas de pause, juste quelques petits signes (avoir une chanson très chouette de Deep Purple en plein gunfight est une pause, on en est là quoi) qui détendent.

C’est « Shit Happens : le jeu » ce truc. Il va vous chercher votre fibre morale et la titiller – sans qu’on ai le moindre choix. L’horreur de la guerre – eurgh ce genre de formule – va sauter aux yeux des personnages. Cadavres décomposés, ce genre de chose. On se dit « Bon, tout va bien, j’en ai vu d’autres ». Mais quand c’est le joueur qui fait une énorme connerie, hein? Ce jeu est particulier parce qu’il va vous imposer un sentiment particulier, rare : un gros OUPS. La bonne nouvelle, c’est que vous ne le verrez pas venir. Après ceci, on sent que les personnages commencent à sombrer et le jeu prend une tournure toute particulière. Phosphore blanc, sandboarding, civils à protéger – le jeu vous met quelques choix à prendre sous le pif. Dommage qu’ils n’aient pas de conséquences et qu’ils soient toujours très voyants. Peut être que, quelque part dans votre partie, vous aurez fait tel ou tel truc sans penser qu’une autre solution était possible, mais il n’y a aucun embranchement, vous vous dirigerez toujours vers le même résultat. C’est un jeu de guerre : c’est pas drôle, y’a du sang et des larmes, personne ne sait ce qu’il fout là, y’a aucune finalité derrière et le héros n’est pas forcément celui qu’on croît, quand bien même la notion de « héros » serait pertinente.

Ce jeu est un killer quand il veut briser le quatrième mur et prendre des moyens plus ou moins détournés pour s’adresser au joueur. Les messages des temps de chargement sont de plus en plus accusateurs – et ce n’est qu’une de ces mécaniques parmi d’autres. Hell, c’est pas comme si c’était une montagne russe décrépie ou moche : le moteur est pas de prime fraîcheur mais les décors, les effets de lumière, la «  »photographie » » est superbe. Certaines cinématiques sont saisissantes d’action et de mouvements. Prévoir des décrochages involontaires de mâchoire. Vous faites un head-shot? Ralenti d’une demi seconde pour que vous profitiez bien d’avoir perdu quelques grammes d’âme en plus.

Pis y’a ce sous-texte un peu erm. Lostien? Faustien? Christique? Je sais pas comment l’amener. Si on tient vraiment à se prendre la tête, on peut facilement trouver une interprétation radicalement différente au jeu. Cette possibilité est soutenue par certaines séquences qui convoquent une imagerie erm, infernale? Ce n’est qu’un mécanisme de fiction, rien de plus, et certaines des quatre fins possibles annulent plus ou moins cette hypothèse. Toujours est-il qu’il y a des surprises. A deux reprises, j’ai eu un «  »temps de chargement un peu étrange » », et j’ai été réellement perturbé. Pour dix secondes, mais réellement perturbé. La fin, parlons-en. Des petits embranchements, des conclusions cohérentes, hop on y revient plus. Il y a bien un multi mais je l’ai même pas effleuré, il doit pas être indispensable.

Le truc c’est que je m’attendais à pire, ou à plus, je ne sais vraiment plus très bien. Je m’attendais à de l’insoutenable et c’est déjà pas jéjé ce qu’on voit là. Je ne dis pas que je cherchais sciemment à avoir des horreurs sous les yeux, juste qu’on avoir tendance à le survendre. Notez tout de même que ce paragraphe vous est offert par un gonze qui s’est tapé les pires horreurs en bouquin pour la fac et qu’à ce stade je vais manquer de sensibilité pour les cinq prochaines années. Il est indéniable qu’il prend aux tripes, qu’il le fait subtilement mais qu’il ne faut pas y jouer dans l’expectative. Ce post est donc super contre-productif.

Un jeu imparfait qui en dit beaucoup : voilà quelque chose qui nous rappelle un peu Alpha Protocol. En bon masochiste, j’aime beaucoup les œuvres qui te crachent dessus parce que tu es allé vers elles.
Spec Ops propose une véritable démarche, un vrai propos, il se distingue. Seulement voilà, il rentre dans la liste croissante des jeux un poils décevants parce qu’on t’en a fait une montagne auparavant. Si, l’année dernière, je disais la même chose que Catherine pour en faire mon GOTY 2012, ici on reste dans un cadre plus « anecdotique ». Jouez-y, c’est tout, vous pigerez vous-mêmes les questions que ça soulève et elles sont inédites.

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , | 4 Comments

Sunshine pop

Non, ce n’est pas un bilan anticipé de l’année 2013 mais bien un (ahem) court texte sur Forza Horizon. Certifié Jeu Vroum Vroum de l’année précédente par les Internets et la critique. Le choix fut dur, d’ailleurs, et uniquement déterminé par une rapide promo Micromania (mon dieu, l’enseigne planquée dans la tête dans les Nuages! Débauche!) et les-dits retours m’ont incité à acheter ce soft de Novembre dernier. Le Amo n’avait pas aimé. Je ne suis pas d’accord. Forza Horizon est un jeu bien fun.

Bien meilleur que le Pixar, là

D’ailleurs, fun est un mot bien galvaudé mais correspond souvent au genre, et les bons jeux de bagnoles viennent souvent par deux ! Souvenez vous, quelque part vers l’été 2010, Blur et Split/Second se tiraient dans les pattes. Z’êtaient bien tous les deux mais j’ai eu un petit coup de coeur pour le premier. Même situation il y a deux mois : Forza Horizon dans le coin bleu et Need For Speed dans le coin rouge. Le deuxième a un léger avantage dans la presse anglophone. Le premier est jugé plus intuitif et globalement plus sympa. Soit. J’étais parti pour acheter l’autre mais tout va bien puisque Forza est effectivement un bon jeu.

C’est pas difficile de délimiter le « fun » dans un jeu de vroum vroum. Ce que j’aime, c’est me balader sans objectif fixe et tomber sur un bon morceau à la radio. Faire quelques épreuves pas trop difficiles et m’amuser, la variété étant le facteur clé qui garantit un truc bien foutu (on joue rarement à un jeu de ce genre pour faire une ou deux épreuves par sessions) bref, refaire la chanson « Red Barchetta », manette à la main. Il y a plus d’un an, Driver : SF était un killer dans le genre. Le parfait outsider qui surprend tout le monde avec son gameplay, son humour, son gimmick. Je ne tarirais jamais d’éloges pour cette galette – mangez-en ! La « caution fun » en était une notion-clé, mais elle était subtile, pas criée sur les toits, le jeu se suffisait à lui même avec son identité très seventies. D’ailleurs, je me souviens pas de plus de trois morceaux dans la playlist, dommage.

Forza prend ce « fun », nous l’envoie à la figure, le met sur sa jaquette et se roule dedans. Elle l’embrasse et y met la langue, etc etc. Bref, avant même que le jeu le soit, elle placarde du fun partout. Ça passe surtout par une identité visuelle : du mauve, cette police, ce plot, cette ambiance. Forza possède un cadre très parlant, surtout pour votre serviteur qui a toujours son bracelet Rock En Seine 2011 au poignet droit. L’Horizon est un festival rock dans le Colorado. Avec les scènes, les tentes, les chiottes chimiques et tout le tremblement. Mieux : il se trouve au fin fond de cet Etat qui suscite pas mal de fantasmes. Canyons, vallées, beaucoup de soleil (pas la moindre goutte de pluie, ce n’est même pas dans les paramètres du jeu) et de bonne humeur. Improbable : le festival n’est que l’attraction principal d’un vaste complexe de courses organisées. C’est vraiment très très improbable car ce festoche mobilise un terrain de douze kilomètres de diamètre où personne ne circule à pieds, où quelques bagnoles errent sans but (si ce n’est pour se faire faucher à Mach 1 par le joueur) et il a la particularité de ne jamais se terminer. Pas de flics, par d’ordre, pas de lois, pas de fin. C’est sûrement un truc à la Stephen King. De toute manière, l’ordre et l’argent ne veulent pas dire grand chose : on se pique des bagnoles, on les achète pour des crédits, on ne pisse jamais et manger est en option. D’ailleurs, les scènes ne doivent pas servir à grand chose puisque dans ce festival, on écoute les headliners… à la radio !

Pour évoluer dans ce cadre à la Burning Man, on incarne un John Doe sans nom, un mec qui ne dépassera jamais le doux patronyme de « l’inconnu », un mec surement super puissant puisque le festival ne prendra jamais fin avant qu’il le gagne. D’ailleurs, il passe pour le messie – il se fait aduler par tous les participants. Tout le monde part du principe qu’il va gagner ce grand tournoi. Il va le gagner. Entre-temps  il va se faire voir offrir des gâteries constantes par la coordonnatrice-en-chef-mes-genoux qui passe le jeu à vous avoir sur oreillette. ET BON DIEU CE QU’ELLE EST ENTHOUSIASTE A VOTRE SUJET. Donc je sais pas, vous incarnez Dieu, ou Jésus, peut être sa nouvelle incarnation, bref Forza est un jeu christique c’est génial c’est Forza.

J’arrête mes conneries pour vous parler un peu du jeu, finalement. C’est du gameplay vroum vroumesque à son meilleur : vous commencez par une séquence qui à l’air in medias res (et qui restera à jamais un peu floue par rapport au reste du jeu) et vous êtes automatiquement inscrit à ce tournoi. Un bracelet sur le poignet incarne une catégorie de course, vous faites des épreuves, vous montez de grade, vous gagnez un autre bracelet, d’autres épreuves et yadda jusqu’à la victoire finale. Voilà pour les grandes lignes, c’est simple comme bonjour. Le reste est un étalage de featurettes et je vais pas me priver alors allons-y!

Ok, comme dans beaucoup de jeux de bagnole, la moindre cascade ou performance sera gratifiée de points, vous pouvez tenir un combo, plein de points en plus. C’est presque optionnel : ça ne sert qu’à progresser dans une sorte de classement très nébuleux dans le tournoi. Il doit toujours y avoir une caméra là-bas. Ouais, en fait, c’est pas du Stephen King, ça doit être une relecture du Truman Show. Vous incarnez un très mauvais pilote et le festival Horizon est une vaste conspiration pour lui redonner confiance. BREF JE REDIGRESSE.

La difficulté n’est pas tant progressive que ça puisque le joueur à le choix de se tirer des balles dans le pied pour se voir accorder des bonus de récompense en pourcentage. Certains diront que c’est surtout se retirer des brassards gonflables car la difficulté globale n’est pas bien haute… et le jeu vous offre une carte maîtresse : vous pouvez rembobiner ce qui doit approcher de la minute de gameplay. Je ne m’en suis rappelé qu’après dix heures de jeu et je n’ai pas eu de problème particulier. Pas un modèle de difficulté pharaonesque, donc.
Deux trois featurettes sympa : des duels un peu barrés, dont un contre un ballon, un hélicoptère, un AVION. Bien sûr, pour maîtriser tout ça, il faut d’abord se faire les dents sur les contrôles. L’inertie est du genre ouf guedin et j’ai longtemps cru qu’il y avait une autre bagnole invisible ficelée sur le capot. Le pli se prend assez vite et une courbe au sol vous dis basiquement le tracé à suivre, quand accélérer et quand freiner. Tout, donc.

Donc l’avantage du jeu est bien sûr son ambiance, ses décors, son rendu. L’animation est fluide, pas le moindre lag ou problème d’affichage à déplorer. Tant mieux. La diversité n’est pas trop au rendez-vous (dans mon sens de la diversité, la diversité Red Dead Redemption avec de la neige et tout) mais il y a quand même une très chouette variété de décors et environnements. Une boucle d’autoroute, une ville, le festival en lui même, des nationales, toujours un super décor derrière. Des « collectibles » à massacrer partout pour obtenir des réductions sur les upgrades, sans jamais savoir quoi faire de ces milliards de crédits. Des courses thématisées. Un petit système de rival en online passif. Rien de bien folichon mais les fonctionnalités « obligatoires » sont là. A la fin de chaque « chapitre », on peut battre un adversaire et lui piquer sa bagnole pour poser avec le mode photo. Des téléporteurs sur la carte peuvent obtenir des réductions si vous effectuez diverses tâches. Ces dernières peuvent être un brin frustrantes : le summum du Fffuuuuu réside dans cette tâche où vous devez vous faire flasher à 388 km/s, rien de moins. Sinon, il faut tenir des combos élevés en moins de deux minutes, pénible et répétitif… mais jouissif quand on y arrive.

Que dire que dire… Forza Horizon est un univers alternatif où des parents ont donné du « Daryus Flint » ou du « Ramona Cravache » à leurs gosses. Ces derniers sont toujours démentiellement antipathiques et le scénario est débile au possible, façon jeu de bagnole, ha, didon. Il existe une featurette cool qui permet de tuner ses bécanes comme le dernier des clichés, mais rien de mieux qu’une ballade dans une bagnole conçue par vos mimines. Le tout se termine vraiment rapidement (Huit/dix heures pour les plus pressés) et offre quelques options pour étendre le contenu du jeu. Coté DLC, un très très gros pack Rallye à 20 (!) balles est disponible… et un surréaliste season pass à 4000 points permet de vous inonder de nouvelles bagnoles jusqu’à votre lit de mort. C’est votre décision, hein, je ne suis pas là pour juger. Enfin, je m’interroge toujours sur ces arbustes indestructibles qui viennent te one-shoter en plein drift. Enfin, ça, c’était quand j’oubliais le rewind, mais il est vrai que le level design est parfois assez fautif.

Les radios, parlons-en. Il y en a trois. Bass Arena et son wub wub, Pulse pour sa pop axée années 2010 et Rock pour le… ben, le rock. Dommage, on ne peut pas baisser les vrombissements du moteur pour en profiter. Bass Arena exclu (je ne l’écoutais que de temps en temps), ces radios font preuve d’une programmation reeeelativement éclectique – si l’actualité musicale est votre dada, ça devait déjà vous paraître légèrement antidaté – j’ai une petite préférence pour Pulse. Take A Walk de Passion Pit, Ladyhawke, Empire Of The Sun, et tout le tremblement pop de qualité. De l’autre coté du spectre, Rock te mets du Lonely Boy, du Animal et pas mal d’autres titres dont je ne suis pas spécialement fan. Sympa mais répétitif : on a vite fait de tomber quinze fois sur le même morceau dans la même session. Le morceau saute à chaque temps de chargement, frustrant quand on tombe sur un chouchou. Heureusement, le tout est enrichi par du contenu contextuel potable et assez bien pensé,  même si tout le monde s’exclame à la sauce SSX du genre « Ca déchire! » mais sinon, ça va. Dommage que l’intégralité des personnages ai pas plus de deux phrases valise en stock. C’est chiant qu’au bout de la 95è course en première position, on te donne toujours du « Hé, didon, tu vas commencer à te faire un nom ici ! » Ouais, il serait temps, ouais, j’ai un bracelet d’or, la gueuze.

Quelques mots sur le multi. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a encore pas mal de gens dessus et qu’il est tout à fait possible de grinder de l’expérience dessus. Quelques modes simples : course, sprint, trois modes de jeux un peu plus variés – virus, chat et souris, roi. Rien de neuf, ni plus ni moins, assez agréable… mais complètement surréaliste avec un petit débit comme le mien. Les voitures ne laggent pas, elles volent ou rentrent sous terre. J’ai passé une course en mode « spatial », ça ressemblait plus aux Fous Du Volant qu’à un multi de bagnoles. En tout cas, c’est fonctionnel, ça lorgne sur le service minimal mais c’est qualitatif.

Post scriptum : ce jeu est facile à compléter niveau succès mais l’un d’entre eux demande une sauvegarde d’un précédent Forza. Pas sympa.
Enfin bref. C’est coloré, c’est plein de joie de vivre. C’est fun.

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged | Leave a comment

Fap game

[Oui, ce post a un jour de retard et ça lui fait perdre en puissance de frappe, pardon, je n’ai pas trouvé de temps ce jour là]

Aujourd’hui sur l’Usine à Problèmes, je vais inaugurer une nouvelle rubrique. Un peu de culture pour nous tous en ce jour d’amour courtois, de romance Arthurienne, d’innamoramento. Pour la Saint Valentin, voici votre nouveau coin littéraire.

Hé oui, « Coté Bouquin, Bouquin Bouquine », un instant reposant et culturel pour vous tous. Montez la température, mettez-vous au coin du feu, prenez donc dans vos bras ce chat qui se frotte à vos jambes, l’instant va être unique et chaleureux. C’est bon? Ok. Soyons fous, parlons un peu du fap material sur le web.

Si le mot « fap » ne vous évoque rien, cela signifie juste que vous n’êtes pas fait pour lire ce texte. Tant mieux, vous ne faites pas partie des « happy few », ou – devrais-je dire – des « barrés few ». Je fais partie des gens qui pensent (et appliquent) qu’on peut tout à fait avoir une vie sentimentale épanouissante et avoir une certaine culture en, comme on dit, pr0n. Alors, le pr0n, parlons-en. Évidemment, aucun bout de chair bien réelle ne sera maltraité dans ce post puisqu’on va se cantonner à la 2D et à l’animation. Hé oui, comme dirait ce perso de Genshiken, « De tout temps l’homme est excité par les représentations blah blah blah blah ». Laissons les bons dessinateurs remplir ces fantasmes étranges qu’on peut avoir pour nous.
Alors.

Faut savoir que l’intégralité du bouzin est régi par la notion d’imageboards. Ce sont des sites permettant de collecter des artworks, des dessins de fans, des images officielles, tout types de choses. Certains sont safes, d’autre pas, mais la majorité du contenu est là pour les internautes en quête de sensations fortes. Chaque image est taggée, dans le sens où elle est « marquée » via divers mot clés qui résument son contenu… ses personnages, ce qu’on y voit, les divers fétiches qu’elle peut contenir. Oui, ce mot est un peu effrayant mais croyez qu’il est sévèrement ancré dans la culture web. Ces sites n’ont aucun autre but : trouver de belles images de fans ou trouver du fap material. La pauvreté du design de ces sites est proverbiale, mais hé, on ne regarde pas un porno pour son scénario. Quels sont ces sites? C’est simple, ils se terminent tous en -booru, parce que c’est le waponais de board. Got it? Gelbooru, Danbooru, Safebooru… puis d’autre mieux planqués et plus spécialisés. Tout une culture, donc. Même /co/, le génial panel comics de 4chan, à son imageboard, la /co/llection.

Après, si vous cherchez des doujins (petit travail amateur parodiant une série existante, un doujin n’est pas forcément du hentai, mais le hentai est par définition pour adul- ados) avec un beau site derrière, Fakku est une référence. Ses volumes sont particulièrement bien dessinés et le tout est hiérarchisé avec des tags précis. Yaoi, yuri, monstergirl, futa, je ne vais pas me lancer dans une longue énumération d’explications mais le site Urban Dictionnary peut être votre ami. Sinon, il y a e-hentai et ses galeries, voire exhentai et son contenu un peu plus bâtard si vous êtes assez motivés pour trouver la manipulation qui vous permettra d’y accéder. Hé oui, il y a des machins pas super recommandables dessus, donc c’est planqué – et ce n’est que la surface du deepweb. Ça, c’est un concept bien trop vaste, compliqué et glauque pour être abordé frontalement dans un post. Disons simplement que l’Internet tel qu’on le conçoit n’est que la surface de services réellement insolites, pour peu qu’on les trouve.

Ha! Je me sens tout de suite bien plus instruit.

Attendez, c’est loin d’être fini.

Jusque là, on part dans une acception bien généraliste du web. C’est comme tout, il y a des profondeurs inattendues. Rassurez vous, rien d’illégal ou de crade ne sera évoqué ici. En fait, l’internet est régi par certaines grandes règles, immuables, gravées dans la pierre et le sang des Internautes. Vous connaissez probablement la règle 34 qui stipule « Si ça existe, il y en a forcément du pr0n ». C’est vrai. Personnage, concept, lieu, que sais-je. C’est comme un doppelgänger, un double maléfique. Deux crans plus loin, la 36 est un peu plus rigolote : « Il y a toujours plus barré que ce que vous venez de voir ». C’était l’objet du post sous-nommé, en complément. Ce que je n’évoque pas, ce sont les sources, les origines du « plus barré. » Hé bien…
Une bonne porte d’entrée serait 4chan le bienheureux. Il ne faut pas s’aventurer dans ses channels au hasard, oh que non. /b/ est à éviter comme la peste pour son coté imprévisible, du genre à te coller des clichés inoubliables dans le creux de la tête. Des clichés à la Rotten. Deux lettres plus loin, /d/ commence à délimiter le pr0n moins conventionnel.

/d/ est une fantastique collection de boards exposants des fétiches bizarres mais pas si rares : il faut croire que seuls une poignée d’internautes les ont trouvés pour tout les autres. Malgré l’imposante masse de threads futa et autres géantes, on y trouve la bardée de grands classiques – des trucs bizarres : bodysuits, traps, multi, hyper, bulge et autres termes techniques. Après avoir fait un tour sur le channel pour trouver tout ça, j’ai constaté la présence de couches et de « gazs », hein, pourquoi. On rentre dans un channel relativement ancré dans la réalité mais comportant énormément de trucs impossibles dans la vraie vie parce que pourquoi pas, autant être attiré par l’impossible. Là, je me retiens très fort de citer Tina Arena. C’est dur. « L’alternatif » représente une petite culture en soit. Des -chans, il y en a une bardée avec autant de chiffres, il y aura toujours un bouzin « Alternatif ». Des sites comme Shanachans, plus pragmatiques, font des boards du genre « un sujet, un fétiche ». Même chose à chaque fois, c’est aux utilisateurs de le remplir et s’il meurt, écrasé par les autres sujets, ben tant pis pour leur face. Idem pour les boards tout à fait normaux et mignons à la /c/ute.

Voyez ça comme une pyramide. J’avais fait cette joyeuse infographie pour un vieux post sur l’Editotaku. 3 ans et demi après, je me permet de le refourguer à domicile. En bas, le pornard « classique ». Plus on monte, plus on se spécialise et moins on a de facilité à redescendre. La mentalité du web, c’est peut être ça, finalement. Exactement comme dans cet épisode de South Park qui parodiait les Raisins de la Colère : « Comment retourner sur Playboy après ça? »

Bon, c’est très très schématique. En bas, le « vanilla ». Le normal, dans des conditions normales, romantiques, consensuel, comme dans la vraie vie. J’adore ça, comme n’importe quel Internaute un tant soit peu romantique. On monte un peu, on tombe dans des dimensions plus exagérées, on fait quelques déformations de la réalité, puis on tombe dans le « What », ce tag parfois très étrange des divers Imageboards. Comme son nom l’indique, il est soulève quelques interrogations. Nous revenons à notre /d/, puis on arrive aux échanges de fluides corporels. A partir de là, on rentre en terre inconnue, on ne veut probablement pas savoir. Quand je parle de « pedopals », je fais le tour des grands classiques. Vore (miam miam cannibalisme) Scat (Miam miam le chocolat) Shota (Youpi Boku No Pico) Guro (Chouette le sang) SM, Furry (Bizarrement répandu) etc. Des choses acceptables, d’autres franchement bizarres, d’autre qui font mieux de rester dans le domaine de l’animation. D’ailleurs, bon sang, j’imagine bien la tête des animateurs de l’anime sus-nommé ou de toutes les dégueulasseries qu’on peut trouver dans l’AMV HELL /0.

Attention, nous passons à un niveau culturel de 3 sur 5 !

Nous en venons au gros du morceau, un pan de pr0n qu’on peut trouver dans la Fnac, parfois sur une pile de mangas pour filles et sans emballage plastique. Le Guro est un terme sémantiquement rigolo mais pas bien propre sur la toile. Pour la faire simple, regardons les trois channels de l’imagebord Gurochan. /F/reakshow, /S/cat, et /D/eath. Le premier est une version très légèrement plus barrée que /d/, on y trouvera rarement des trucs choquants, seulement quelques bizarreries. A l’échelle de l’Internet, ce channel est presque soft. Les deux autres… je ne serais pas aussi confiant. Scat, est, comme son nom l’indique, le channel du chocolat et des fluides corporels hmm hmm hmm romantisme romantisme (je ne sais pas comment on peut varier le concept, je suppose que c’est une question de personnages et d’univers) et le dernier table sur ce que je considère comme un tabou, ce qui prouve probablement que je suis encore normal. Bref, channel nécro sous toutes ses formes, je ne veux pas savoir.
Le guro c’est des glauqueries et de la violence donc. L’extension du snuff déjà bien connu. En revanche, là où on peut en parler de manière plus détendue, c’est que ça se relie très facilement au folklore japonais. C’est presque une affaire culturelle. Voyez-le comme ça : au Japon, se tenir par la main, c’est déjà du sexe. Une galoche c’est la même chose mais avec la dimension interdite en plus. Se tenir la main, c’est déjà être exhibitionniste, mais aller encore plus loin n’est carrément pas admis dans le sens commun. On pourrait croire que ça fait beaucoup de retenue et justement, tout ça est catalysé dans la BD locale. Le guro peut être assimilé au genre grotesque. Késsadire ? Hé bien. Comment dire. Tout et rien. La déformation des corps, le plus souvent. De la mythologie  japonaise, version PEGI 18. Ça peut s’assimiler aux Métamorphoses d’Ovide mais toujours avec du contenu explicite. Sinon, c’est juste de l’inconcevable. Ouvrir du grotesque, c’est avoir sous les yeux des trucs auxquels on aurait pas pensé avant. Un genre de super règle 34 : « tout peut se trouver. »
Shintaro Kago est un exemple connu. Des histoires vraiment barrées qui ne se terminent pas toujours sous le sens commun. C’est un nom assez « populaire » ayant fait quelques histoires d’horreur mais son dada reste l’explicite sous LSD. Il faut vraiment le voir pour le croire, c’est indescriptible. Guromanga est une « bonne adresse » si vous voulez cerner le genre grotesque mais soyez bien conscients que vous naviguerez en terrain miné, dans le sens où il y a du snuff pur et dur dedans.

Je crois que le pire nom qui me vient à l’esprit reste celui d’Horihone Saizou, je suis toujours un peu traumatisé depuis 2009 après quelques coups d’oeil sur un manga nommé Drainage City. L’ambiance du bordel est glauque, il y avait des images et des plots absolument inconcevables pour l’esprit normal et l’auteur a toujours cette manie frappadingue d’insérer de la passion entre ses protagonistes, dans le sens où tout le monde s’aime profondément. C’est même relativement bien dessiné et ça créé un sentiment de malaise qui rajoute une couche à ce qu’on éprouver en voyant simplement ces chapitres maboules. Ça sonne comme un gros bouton rouge à ne pas aller presser, et c’est le cas, ne soyez pas tentés. Bien sûr, il y a toujours pire – tout est mélangeable, tout est possible. Autre example, le manga Tokyo Akazukin. Plot intéressant, relecture qui se vaut, personnages particuliers… mais violent à mort et on capte bien le « cahier des charges derrière ». Notamment celui d’insérer tel ou tel truc ici et là. Dès les premières pages, l’auteur se prend pour Bruno Bettelheim et fait coucher son petit chaperon rouge avec un « grand méchant loup », sauf que c’est complètement PEDO. POURQUOI.

Une petite anecdote pour le lol : mon tout premier doujin était un truc aussi explicite que vanilla entre Ed et Winry, de FullMetal Alchemist. Je suis sûr que vous savez de quoi je parle.
Hé, j’en sais des choses! J’espère que mes futurs employeurs seront contents.

tumblr_lzgkbkFeiX1r0nvlzo3_1280

Posted in Otakeries | Tagged | 7 Comments

Nous mêmes nous savons

Attention. Un gros morceau. Un petit post. Soyez rassurés. Temps de lecture : dix minutes. Présence de liens : beaucoup trop faible pour le contenu. Flemmardise de l’auteur : maximale

Twitter est à la concision ce que Tumblr est à l’efficacité. Mais Twitter est à l’info ce que Tumblr est au fandom. Ca fait de Tumblr un sujet bien intéressant.

Bernardo > Ryan Gosling

Bernardo > Ryan Gosling

Bon, revenons tout de même au premier. Après plus de trois ans sur Twitter, on peut tous affirmer qu’il n’est pas voué à être abandonné. Il faut croire qu’un réseau social passe toujours par une phase de décrépitude « vue de l’esprit » – comme Facebook, qu’on croit mourant depuis deux ans – avant de sévèrement sombrer. Twitter à l’air de s’en foutre un peu et reste promis à un grand avenir rempli de tweetclashs, de rap game et de journées mondiales du premier degré. C’est fantastique, Twitter – le plus grand MMORPG du World Wide Web. On y trouve de tout : des pros, des étudiants, des lycéens, d’autre qui ne font rien et qui attendent que ça passe, des petits malins, des sérieux, des célébrités, une foultitude de profils et c’est ce qui rend le machin intéressant. Au delà du bouzin purement « social interactif », les utilisateurs ont tourné et retourné le concept original pour transformer le site aux gazouillement en grand concours de la meilleur vanne, entre autres. Twitter s’est vu attribué des fonctions jusque là inattendues : distributeurs d’emplois, d’appartements et d’âmes soeur pour les plus chanceux. Le Twitter est même allé jusqu’au bout de son concept – la tendance des « faux comptes » est là depuis une grosse année. Dire quelque chose ne suffit plus? Il faut le dire en masquant son identité et en se fiant à un concept. Il existe des comptes Twitter pour insulter tout le monde, dire des bêtises en ancien français, « mixer » deux personnalités du web, autant de possibilités qui font émerger des super héros du web. Certains comptes ont d’ailleurs intérêt à rester anonymes car je n’aimerais pas être leurs futurs employeurs. Bref, une belle cour de récré qui a l’intérêt de nous informer plus vite que le reste. Le reste étant l’AFP. Oui. Parfois, quoi.

Twitter, vous connaissez. C’est comme un jeu : il a été maîtrisé à fond et un métagame est déjà bien établi. Tumblr est né dans les mêmes eaux (en 2007) mais commence à peine à se faire connaître sur nos Internets. C’est un réseau social très américain. Petite exposition du concept si ça ne vous dit rien. Comment ça se présente?

Tumblr est une plateforme de – attention terme clé – microblogging. Tout simplement parce qu’il est dédié à des posts à la chaîne, de touts petits textes, une simple image, un extrait sonore. Le contenu est volontairement lapidaire et la plate-forme d’upload suggère elle même cette concision. Le but n’est pas tant de discuter de contenu mais d’en 1) proposer ou 2) d’en partager. Pourquoi parler d’un « jeu parallèle » mis en relation avec Twitter? Sur Tumblr, les interactions entre usagers sont minimes. On ne peut communiquer qu’en rebloggant ce qu’on aime, on pourra ainsi ajouter sa pierre à l’édifice. Un « retweet » simple qui montre le contenu au lieu de le pointer. Vous avez intérêt à bien watermarker vos œuvres! Sinon, il s’agit de publier, faire le tri, et gérer son réseau. La bonne nouvelle c’est que la manie des chiffres est moins présente : le nombre de followers/followings n’est pas mis en avant, pour notre plus grand bien. En revanche, la popularité d’un post est signifiée par ses « notes ». On peut « aimer » un truc à la facebook, le reblogger, le commenter. Chacune de ses actions est une « note » dont le total peut vite virer exponentiel si vous trempez dans les bons cercles. Bref, votre contenu aura fait le tour des yeux mais ce ne sera absolument pas votre contenu.

SOUVENEZ VOUS. "Les Expressions de Norbert"

SOUVENEZ VOUS. « Les Expressions de Norbert »

Tumblr est, généralement, mémétique. Que ce soit face à l’actualité ou je ne sais quel phénomène du web, il y aura toujours un Tumblr pour. Soit pour collecter des trucs, soit pour sérialiser un concept de base pour y faire de l’humour. Pensez à la campagne présidentielle et ses loltoshops. Le débat? Des photomontages. Pareil avec les candidats. Ca peut tout couvrir : il existe plein de Tumblr dédiés à Bernard de la Villardière, comme de gens qui « meurent comme Marion Cotillard ». Bref, il fait l’actu et s’en inspire dans la foulée, c’est donc parfais pour nous. D’ailleurs, 95% utilisent le même thême visuel « minimaliste ».

Que faire de tumblr? On peut s’en faire un site perso. C’est tout con, sans la moindre pub, un concept assez bien fichu et assez hybride pour que beaucoup puissent s’y retrouver. Numériquement, l’utilisateur moyen est américain et pourrait s’incarner dans une gamine fan de Bieber. Pour des millards de posts, un demi pourraient nous intéressez – sacrée marge tout de même. Pour nous, ça correspond souvent à un Twitto « influent ». Ouais, on tourne en rond dans notre petit microcosme, c’est vrai. Dans le meilleur des cas, c’est participatif : on peut soumettre son billet si le tumblr est thématisé. On y revient.

C’est simple, facile à gérer, ça peut avoir en deux jours la popularité d’un blog développé ou spécialisé depuis dix ans. Vous savez, l’Internaute lambda n’a pas forcément le temps de lire tout ça (mais toi tu l’as visiblement eu et comme je te remercie) et ça se vérifie et met à jour rapidement. J’ai tendance à considérer que c’est un bon vivier créatif et, par extension, une excellente banque d’images et de fanarts. Hé oui, il y a un bon système de tags, alors vous pourrez trouver du contenu, en demandant aux auteurs ou, grand minimum, en linkant leur site. Certains utilisent Tumblr pour vouer un culte à tel ou tel perso. Il est souvent l’objet de prédilection des fandoms, le gros, le moteur de ce site. La fiction et ses réécritures constituent le gros du truc. Il trouve des utilisations plus ou moins dingues (je suis tombé il n’y a pas si longtemps sur un – accrochez vous – tumblr corbeau qui relatait cash la vie privée de mes amis, j’ai ramassé ma mâchoire, il faut être un enculé de la pire espèce, félicitations) mais rassurez-vous, c’est un cas purement isolé. Tout, dans Tumblr, a une visée visuelle. C’est pour cela qu’elle inspire les créatifs et, le saviez vous, a un assez fort impact dans le milieu de la mode. Concrètement, on y trouve des images, peu de textes mais surtout beaucoup, beaucoup, beauuuuucoup de gifs. De séries, de films, de personnages, d’acteurs. Je met l’emphase sur le fandom actif et ses QGs Tumbluriens. Tumblr ne se visite pas avec un modem 56k.

Enfin, on trouve souvent une petite featurette « Ask Me Anything » mais Formsrping et Ask.me sont passés par là. Attention, dans de rares cas, l’internaute anonyme peut être coquin voire pas toujours super bien intentionné. Encore une fois, cas isolés. C’est un chouette outil à l’énorme potentiel !

"Chers voisins". Les ascenseurs en résidence U <33

« Chers voisins ». Les ascenseurs en résidence U <33

Ce n’est pas tout! On distingue facilement plusieurs types de Tumblrs. Voici quelques exemples simples.

BAISE OUAIS ! Essayez chez vous. Vous aimez une série ou n’importe quel objet culturel populaire – de préférence sériel – il y aura forcément une bardée de Tumblr dessus. Bon, il y en aura au moins un. Essayez la combinaison suivante : « Fuck Yeah [ton truc que tu aimes] ». Résultat garanti pour 99% des cas. Il y aura toujours un fandom et il peut se limiter à une personne et elle sera toujours active, ça pourrait être un axiome de l’internet! Par exemple, je me refais dernièrement Six Feet Under. Hop, il y en a deux. Gifs, citations, screenshots, petits trivias, il y a de quoi faire. On pourrait peut être faire un Tumblr best-off qui s’appellerait Fuck Yeah! Fuckyeahs.

1/jour Des Tumblr concepts il en existe à la pelle, voici le plus simple. Ce site dispose d’une option de programmation plus ou moins intuitive. On peut donc programmer un post thématique, tous les jours à minuit ou n’importe quel horaire régulier, façon simplissime de créer un rendez vous avec ses lecteurs, pour la peine qu’on garantisse un rythme quotidien ou prédéfini. Ca n’a pas d’intérêt s’il n’existe pas de ligne directrice, de thématique affichée, sérieuse, humoristique ou que sais-je. Un exemple que j’adore : La Vie de Tintin. Chaque jour, une case de la bédé accompagnée d’un commentaire crétin, qui sort la situation initiale du contexte. Déclinable à l’infini. J’ai eu plusieurs idées, n’hésitez pas à le signaler si ça vous plaît, des choses du genre « un moment de JV » par jour, un extrait musical par jour, un DLC Rock Band par jour, un fétiche par jour, vous voyez, c’est un moyen simple d’évacuer une monomanie.

Ton 9gag à toi : Parfois ça tiens juste du blog perso et ça permet de republier tout ce qui peut nous avoir fait rire ou vibré. Ce n’est pas nécessairement très « personnel » mais on peut tout de même insuffler sa patte en ne publiant que tel ou tel type de contenu, puisque la personne en question aura une catégorie bien à elle de followings. En revanche, dans une acception bien plus cliché, le contenu peut être diversifié comme se focaliser sur un fandom bien précis. Il faut bien distinguer les tumblr « collection » des tumblrs « musées »… on ne s’échange pas les croûtes comme des images Panini (et on ne les taggue pas non plus, merci de votre compréhension)

SI TOI AUSSI ! TMTC : Un genre un peu décati. Prendre une thématique donnée, la coller avec des situations données et l’accompagner d’un gif résumant la situation. Les gifs sont toujours sortis de séries populaires anglophones, avec beaucoup de 30 Rock. Parfois, c’est drôle. Parfois c’est lamentable. Le fait est que les mêmes gifs tournent souvent et que l’effet cherché fait parfois plouf. Ça dépend évidemment de votre expérience et de vos goûts. Par exemple, j’aime bien Du Journalisme Musical. Une situation de journaleux zicos, un gif rigolo, du lol dans vos têtes. Il va de pair avec le rigolo J’ai Un Physique de Radio (expression authentique) D’autres Tumblrs puent le même forcé. C’est vraiment une question de goûts mais là on a vraiment fait le tour du genre.

Quand j’ai appris le report de Rayman Legends

Tumblr est un outil très chouette. Que je n’utilise pas encore parce qu’un énième chronophage. Un outil très chouette tout de même !

Trivia : j’ai un petit chouchou. C’est pas du jeu, il a fait le tour des médias spécialisés mais je l’aime quand même malgré sa popularité, preuve d’un kiff inconditionnel. Les Boloss Des Belles Lettres. Je vous laisse découvrir.

En revanche, je ne sais pas comment font tous ces gens pour se fournir en gifs. Le mystère.

Posted in Pépites du web | Tagged , , | 3 Comments

Omgwtfbbq

Je suis en plein stage et on m’y apprend à faire tout ce que j’évite soigneusement ici : faire concis, éviter les formulations pompeuses, prendre son lecteur pour un gonze qui ne sait rien sur le présent sujet. Autant vous dire que c’est une torture mais c’est la meilleure des tortures, un peu comme écouter Owl City.

Enfin bref : voilà, bravo, ils l’ont fait, non seulement Rayman Legends ne sortira qu’en Septembre mais il perd son exclusivité Wii U, résultante d’un bigsby de Nintendo et Ubisoft. C’est aussi une mesure préventive et frileuse qui va faire râler pas mal de gens qui auront acheté la console pour ce jeu précis… donc en attendant d’avaler et de digérer la couleuvre, je vous propose un petit soft qu’on trouve aussi sur Wii U et sa valeur ajoutée : jouer sur le pot. Pour peu que, comme moi, seul un mur et moins de trois mètres séparent votre console de vos gogues.

Peut être que vous vous souvenez de World Of Goo. C’est vrai, c’était il y a une éternité mais je vais vous demander un petit effort de recherche. Nous sommes en 2008, votre serviteur commençait son année de droit. C’est une époque lointaine où on pouvait allumer sa Wii ET se dire qu’on aller jouer à un, voire deux jeux en même temps. Une époque révolue qui se complétait par le service Shop où on trouvait quelques exclusivités de qualité. Oui, en 2008, Steam n’est pas encore omniprésent, les alternatives étaient alors les sources de base. C’était un bon jeu de puzzle où il fallait aller de A à B en formant des structures reliées par des bouboules gluantes. Vu comme ça, ça peut paraître basique mais c’est – et c’est de la pure spéculation – à l’image d’un jeu comme Puddle : basique mais avec un enrobage poussé. Beaux décors, bonne physique, gameplay jusqu’au bout-iste et exploitant tout ce qui est imaginable avec les moyens donnés. Il y avait même une petite touche d’onirisme, de glauque soft, un petit « feel » vers la fin, en allumant l’ordinateur MOM pour être précis. C’est un bon souvenir et c’est signé 2D Boy, alias Kyle Gabler.

Cela faisait quatre ans que nous attendions une autre jeu. Bam, il est là, c’est Little Inferno, sexy. Problème : il est un peu donneur de leçons. Vous savez, dans le jeu indé, il y a toujours cette courbe un peu dangereuse entre « novateur » et « arty ». A l’extrême, on entre dans le coin « prétentieux » du schéma, et Fez lorgnait assez dangereusement dans ce pan-là. Pour nous mettre dans le bain, je vous propose de mater ce teaser. C’est un peu dingue, c’est sûr. Deux gosses hystériques à l’idée de bruler leur maison, bientôt entourés par les flammes et leur tête fini par imploser dans l’hilarité générale. MOT DIESE BIZARRE !

Accrochez vous, Little Inferno est précisément une simulation de pyromanie. Un jeu parfait pour moi qui aime bien craquer des allumettes pour le fun, parfois quatre ou cinq à la fois, et oui, j’adore me donner de la streetcred au coin du f… d’un article.

Heureusement, il y a un petit peu d’enrobage scénaristique. L’univers est toujours peuplé de petits bonhommes ayant tous la tronche de Stain Boy, et une seule chose semble exister au monde : Tomorrow Incorporation – comme la boîte qui vous livrait les Goos, et accessoirement le nouveau nom de 2D Boy – et nous sommes dans un hiver interminable. Il fait froid, tout le monde se barricade chez lui et passe strictement tout son temps à commander et crâmer des trucs pour se réchauffer, POPOPO RELECTURE DE LA CAVERNE DE PLATON DANGEREUX. Les adultes semblent absent, vous êtes un petit gars hypnotisant par Little Inferno, votre brasier de poche, accro aux objets à consumer. Complétement Burtonien, effectivement.

 Voilà le topo : le seul écran du jeu est une cheminée. Bon, non, je vous ment dès le début, mais c’est un petit spoiler – il y a une petite séquence narrative à la fin. C’est surtout l’occasion au jeu de faire un véritable travail d’ambiance, de poser quelques jolis décors et de conclure le bouzin dans le ton. Assez impressionnant sur le coup, pas spécialement mémorable sur le long terme et oui, c’est basiquement la même chose pour l’intégralité du jeu. Little Inferno est un bac à sable. On vous donne une lettre, vous ne savez pas quoi faire avec, puis vous pigez. Un coup de stylet sur le « générateur », et hop, ça crame. On est fasciné, on en veut plus, c’est parti pour l’escalade de violence gratuite et de pseudo symbolisme.

On peut importer ses photos à bruler sur PC, lancez la course aux petits malins

D’ailleurs, le jeu prends la peine de nous prévenir que non, jouer avec le feu, c’est pas bien, et le jeu n’a pas manqué de susciter réactions de divers organismes plus ou moins sains mais toujours dans une visée légitime. C’est sans précédent comme concept et oui, ça peut piocher dans quelques fantasmes cachés chez les joueurs, autant les catalyser ici. Voilà comment ça marche : on possède un catalogue d’objets à bruler. Plus on en commande, plus ils coutent de pièces et plus de temps ils prendront pour vous être livrés. Au final, ils donnent plus de pièces, donc on commande plus gros, en attendant un peu plus longtemps, mais le « plaisir » sera fatalement proportionnel avec le brasier à mater. Dis comme ça, on dirait au jeu social sur Facebook. Ouais, la physique est crédible et les deux trois premiers brasiers sont impressionnants. Le machin retombe rapidement et on s’enferme dans une sorte de routine destructrice, c’est aussi nouveau qu’étrange.

Mais vous vous demandez « On brûle quoi du coup? Des bûches? » Nan, même pas. Une myriade de trucs et bidules divers. Des références geeks, des machins méta, des objets du quotidien et des concepts nébuleux tels « L’internet » ou « le sens de la gravité ». Il y a un car scolaire qui crâme en faisant « Haaaaaaa ». Bravo, tu as tué une classe de CM1 dans les pires souffrances. On le refait? Oh non, il faut attendre trente secondes… on peut s’adonner à toutes sortes de tableaux, accumuler des objets, faire des constructions où juste commander en masse et tout détruire sans distinction uniquement pour passer aux objets d’après.

Vraiment, il y a tout ce qu’on peut imaginer. La physique d’ignition est à peu près toujours la même au delà de quelques principes évidents (du bois aura plus de facilité à cramer qu’un truc en métal, et il va falloir être patient pour réussir à faire fondre… le soleil) et je ne crois pas qu’il y ai de limite d’objets, ceux là prennent juste de la place. Comme je le disais sur une autre chronique (j’ai parlé de ce machin sur quinze médias différents) c’est un peu le Garry’s Mod des psychopathes.

L’intérêt est certain très mineur mais chaque objet provoque souvent une petite animation, qu’elle soit appliquée au dit-objet ou à toute la cheminée. C’est très pompeux comme phrase mais vous comprendrez aisément de quoi je parle. On passe quelques moments à faire « hooo » ou « haaaa », comme un feu d’artifice mais en glauque et encore plus éphémère.

IL Y A tout de même un semblant de narration derrière tout ça. Le mécanisme trouvé est un échange épistolaire en la personne de Sugar Plumps, fille un peu fofolle qui ne cessera de vous inonder de bisous, de câlins et qui vous demandera même de lui envoyer quelques objets. Tout ça est scripté selon votre volume d’objets commandés mais ça amorce tout de même une storyline assez perturbante. Oui, ce jeu est glauque. Je parlais de « l’onirisme Gabler », il est fourni avec un humour noir de café. On retrouve ces marques de dinguerie légère dans le principe du jeu, dans les objets, dans les descriptions, un peu partout. Certains textes sont très cyniques, d’autres défaitistes, d’autres carrément déprimants. L’ensemble sent le message improbable sur la futilité du jeu en lui même et on se sent parfois pris au piège d’un soft voulant nous inculquer je ne sais quelle leçon new-age. »Tu as acheté ce truc, tu as l’air bien con, pourquoi ne pas t’en débarrasser tout de suite? » Il est vrai que, statistiquement, un gamin dans le monde a probablement du mettre son chat dans sa cheminée pour voir si c’était aussi fun que sur la mablette. Moi, c’est le coté très éphémère et routinier qui me gêne, ça plombe la moindre émotion. Justement, le meilleur dans ce jeu sont les petites surprises ici et là, les imprévus.

Surprise, il y a des petits résidus de puzzle là et là. Ceux là seraient impossibles sans cette excellente traduction, proprement indispensable pour une mécanique de jeu clé. Les catalogues se déverrouillent au fur et à mesure, soit. Une condition cependant : trouver des combos, soit cramer deux, trois, quatre objets bien définis ensemble. Lesquels? Il faut se fier à une ligne laconique, un bête indice qui contient tout ce qu’il faut pour piger ce qu’on attend de nous. C’est souvent simple, parfois super subtil, parfois carrément diabolique. Un truc du genre « Mauvaises habitudes mortelles »? Le paquet de cigarettes et la bouteille d’alcool devraient provoquer quelque chose. Il faut souvent trouver des points communs thématiques, dans l’animation, dans la visée des objets – quand ils ne sont pas jetés dans un feu. En trouvant le quota requis de combos, on ouvre le catalogue suivant et hop, c’est reparti pour un tour. On fait cramer des objets qui prennent vie pour cinq secondes, c’est de la shadenfreude plein tubes.

Mais c’est tout. L’histoire, elle, ne commence véritablement qu’à la toute fin. En raisonnant comme ça, Little Inferno est un jeu supra minimaliste dont la durée de vie n’excède pas les vingt minutes. D’habitude, je suis sensible aux jeux insolites mais là j’ai un énorme sentiment de machin à moitié fourni, qui ne va pas au bout de ses idées. Curiosity était déjà bien con, là, l’enrobage est bien plus léché mais j’ai du mal à lui donner beaucoup plus de valeur ajoutée. C’était juste une fausse bonne idée, je suis nostalgique de ma période TF2 où j’incarnais un pyro dingue du lance-fusées. Là, je me suis beaucoup plus amusé en jouant à Coin Dozer. Ca commence à faire beaucoup de jeux-fond-d’écrans.

 Est-ce que ça vaut le coup? Non, vraiment, non. En tout cas, pas au prix donné. Wii U, Ipad et Steam, je crois. Ca doit être rigolo à jouer dans le métro mais je déconseille fortement tout achat qui dépasserait les cinq euros. Il a une durée de vie de trois bonnes heures, plus si vous êtes perfectionnistes. Après, on l’oublie à vie et on passe à autre chose. Manger des Dinausorus peut être un bon exemple d’activité alternative, tiens. Écouter des chansons cool sur le sujet. « Fire » des Ohio Players. « Disco Inferno » des Trampps. Le toit, le toit, le toit est en feu.

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged | 1 Comment