Monthly Archives: janvier 2013

Oppa Nanterre style

Op, op, op op. Oppa Nanterre Style. Huuuuh. Héééé meuf sexy.

Hé non, je poste pas beaucoup parce que je suis cloué aux aventures de Ouin Ouin La Chianlouze, qui devrais me permettre de valider sans soucis mon septième semestre, dans ce qui devrait être ma seule khôlle depuis cinq ans, soit deux ou trois fois perpète. La bonne nouvelle c’est que ces petites contrariétés m’auront donné une idée de post à potentiel rigolo. Je mets donc mon chapeau de Professeur Concombre.

Dans la scène d’introduction de L’Auberge Espagnole, Romain Duris va à Nanterre U préparer son Erasmus en se rendant au bâtiment Eco. Il découvre un peu tard qu’il va lui falloir un dossier rempli de papelard incompréhensible, tout en se frottant à la froideur d’une secrétaire qui semble tout comprendre à ce système maboule. En bref, il résume en une scène de trente secondes cinq minutes de « Maison qui rend fou » dans Astérix. J’aimerais rendre hommage à cet antichambre de l’enfer que sont les secrétariats et l’administration en université. Cette terre de contraste, entre tradition et modernité. Peut être que vous vous reconnaîtrez, peut être que vous serez confrontés à ce genre de chose dans le futur.

Dès qu’on referme la porte… (Hypothèse N°539)

Je ne sais pas si ça s’est vu mais on est un peu procéduriers par chez nous. La fac, c’est l’introduction à la vraie vie, celle qui te fait avoir un « dossier de sécurité » où tu mets tous tes originaux de papiers qui pourraient servir un jour. Si vous n’avez fait que de la prépa, une école, ou bien que vous êtes bloqués en quatrième (ben bonne chance dans la vie hein) ou même si vous ne savez pas lire (wow ! Nous entrons dans une autre dimension) vous retrouverez ça à Pole Emploi et consorts. Ce qu’on veut tous éviter, quoi, d’où l’importance d’aller à la fac. Mince, le système est bien foutu.

Être étudiant est l’un des statuts les plus chouettes sur Terre, pour peu que vous ayez finances, maison (comprenez : appart avec travail en alternance ou parents qui aident et/ou qui hébergent) et un peu de bonne volonté pour bosser et assister aux cours régulièrement – ce n’est difficile que la première année. Au chômage, l’euphémisme veut qu’on soit « entre deux jobs » – être étudiant, c’est être dans le même cercle mais de manière tout à fait légitime, sans honte ni angoisse affiliée. N’oublions pas la carte imagin R, les burgers gratuits et oui, tiens, les diplômes, l’expérience et les rencontres que la fac peut apporter, occasionnellement. Je suis en Master. A ce stade, on a gagné le droit de ne plus avoir de partiels, de traiter des sujets qui nous plaisent (dans la mesure du possible) et la recherche nous permet d’emprunter plus de livres. Les créatifs émergent, les scolaires galèrent un peu plus. On se confronte aux chercheurs chevronnés, parfois un peu élitistes et nazis. Faire un bon exposé devant eux rapporte un 19 et une promesse de publication future. Bref, après le statut de dresseur, celui de champion d’arène mais la route pour devenir conseil des 4 est encore longue ! Il en faudra des travaux à rendre avant d’assister aux colloques des doctorants. Avant chaque badge, il vous faudra passer par le secrétariat. L’antichambre de l’enfer. Point de chute de toute formalité administrative. Le secrétariat est un lieu commun de n’importe quelle faculté : dans les faits, c’est juste un bureau, un homme ou une femme, très souvent une deuxième personne qui assiste de manière saisonnière à coté. Rien de plus impressionnant que ça, si ce n’est un fantastique bordel de dossiers, de papiers de couleur et de calendriers annotés. Le fait que vous irez rarement là-bas pour une visite de courtoisie, dire « héééé bien ou bien? » – non. Vous avez besoin d’un papier. Et là, mon cochon, vous allez en caguer des étoiles.

La typologie du secrétaire-type n’a pas grand chose à voir avec Bayonetta. Grosse trentaine, de toutes les origines, sexes et tailles. Durée de vie moyenne : 2 ans. Quand on vient les déranger, ils rentrent des notes où s’adonnent à je ne sais quel rituel inconnu. Moi, j’aime bien les imaginer jouant du bilboquet au bureau façon Gaston Lagaffe. Confirmons le mythe : OUI, un secrétariat est ouvert dix minutes par jour. Jamais le mercredi. De préférence jamais quand ça peut vous arranger. Il prend des vacances impromptues quand vous avez vraiment, vraiment besoin de quelque chose, surtout quand vous en êtes à une étape qui demande explicitement un sceau, une signature et le premier-né de votre bureaucrate favori. Référez-vous à la loi de Murphy, et ne faites pas comme moi : ne vous y prenez pas à la dernière minute, surtout pour ce genre de chose !

Rompons l’autre mythe : NON, les secrétaires ne sont pas toujours des gens irritables. Je le sais, j’ai moi même passé un peu de temps à faire du secrétariat médical. Ce sont des gens irrités. Ils croisent toute la journée des étudiants branleurs infoutus de lire une directive placardée sous leur nez, ce qui peut embêter à force. C’est une question de feedback – il faut être tout sourire. Être heureux, respirer le bonheur, le croire, le penser. Quand vous faites une démarche, soyez convaincus de passer une bonne journée : c’est précisément ce qui sauve les personnages d’Argo. Entamez le dialogue, discutez, soyez sociables. C’est le strict minimum et ça fait des merveilles. Parfois, oui, vous allez payer pour quelqu’un d’autre. Souvent, on tombe sur des gens fondamentalement désagréables (et on peut facilement faire des gradations par bâtiments) mais il ne faut pas oublier qui démarche quelque chose dans la pièce, même pour une manipulation obligatoire. Si vous passez après un gonze qui sort de nulle part pour s’inscrire en L1 en mode « main dans les poches » et qui repart en maugréant un truc absurde du genre « si Dieu le veux », vous avez complètement gagné, le pouvoir du languedeputage rend trois fois plus sociable. Attention, ne marche pas dans un autre contexte. Bref, tout sourire. Un joli smiley, une bonne attitude peut permettre des passe-droits quand vous n’avez pas tel ou tel papier trop important. Parfois, après des mois de démarche, quand viens l’heure de l’inscription administrative, j’ai toujours l’impression que je pourrais m’inscrire n’importe où tant tout semble coulant. D’ailleurs, dans mon bâtiment, les secrétaires successifs de licence (siège éjectable) ont toujours été soit très compréhensifs, soit très agréables. Vous voyez, ce n’est pas une fatalité.

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Justice poétique : la proportion de secrétariats agréables à arpenter est équivalente à celle des étudiants qui suivent en cours

Autre exemple issu d’un « demandé gentiment » si vous êtes Francilien, vous devez monter à la Maison des Examens à Arceuil pour retrouver votre colle de bac perdue. Le délai peut être cyclopéen mais dire simplement « Urgent, merci de votre compréhension » dans le formulaire de suggestion en ligne m’a permis d’obtenir mon papier sur place à midi, demandé en ligne dix heures plus tôt. Bam. Cheat code de trois semaines.

En revanche, vous n’êtes pas seul dans votre bâtiment. Si vous êtes en droit, matière plus générique (et plus difficile) c’est encore pire, et il y a une queue à faire. L’idéal étant de ne pas devoir la faire plusieurs fois : un papelard en demande souvent un autre. Les probabilités d’être dans une impasses deviennent exponentielles. Les allers-retours vont se multiplier, votre patience et moral vont plonger en flêche. Voici donc les consignes élémentaires du petit malin en milieu universitaire sauvage : toujours avoir une batterie de documents élémentaires sur soi, et deux ou trois duplicatas. Une photo de vous. Pas pour signer des autographes, petit rigolo. Des photocopies de votre carte d’étudiant. Votre carte vitale. Votre petit machin SMEREP (ou l’autre, là). Les notes de votre année précédente et certificat de scolarité, pour être sur et certain. Bam, vous êtes parés, votre interlocuteur aura envie de vous aider. Par la même, utiliser son bon sens est une constante : vous venez vous inscrire pour votre emploi du temps – choisir ses cours est un processus compliqué et demandant une infinité de paramètres à faire converger. Peut-être faut il le faire avant de passer au secrétariat, non? De manière générale, savoir précisément pourquoi on va demander quelque chose au lieu de bêtement suivre une prérogative est une chose que tout le monde n’a pas.

Ne vous jetez pas sous les rails du RER ! Laissez Anna Karénine faire ça, c’est son job. Vous, vous avez encore plein de choses à faire ! Voilà trois actions administratives classiques que vous serez amenés à faire dans votre cursus du supérieur.

S’inscrire. Ne rigolez pas, c’est déjà le parcours du combattant. En quatre ans dans la même matière, les trois premières années d’inscription ont toutes été plus frappadingues les unes que les autres, la dernière – et sa grève généralisée – culminant avec mon entrée dans le circuit un mois en retard. Si vous êtes boursier, tout peut se faire en quinze minutes. Sinon, brace yourselves, tout aller retour est bon à prendre. Une année, je suis venu consécutivement huit fois à la faculté pour rien, mais là les astres étaient vraiment alignés en ma défaveur. Il faut s’inscrire en ligne puis sur place, et ce en deux étapes, tout en prouvant vos prérequis et votre statut à jour, dans la mutuelle comme dans votre année précédente. Ça y est, vous avez payé, votre carte est sur le point de sortir de cette machine mystérieuse, tout est fini? Nooooon ! La Smerep et la LMDE vont se jeter sur vous ! Arrière, forbans ! Je vais m’assurer avec la volonté de mon esprit !

Monter un dossier pour s’exfiltrer avec style. Plusieurs situations possibles. Peut être avez vous trop traîné pour obtenir votre diplôme, peut être voulez vous voir ailleurs si vous y êtes, peut être voulez-vous changer de cursus ou vous inscrire ailleurs. Ça peut atteindre des sommets de difficulté et voilà la situation la plus compliquée à laquelle j’ai été confrontée à ce jour : monter un dossier demandant – des recommandations professionnelles, des recommandations académiques, l’intégralité des bulletins de notes, de multiples essais, des questions à rédiger, un autobiographie à fournir (je ne déconne pas) un historique complet, une attestation d’Anglais quelle qu’elle soit (niveau B2 minimal) l’habituelle lettre de motivation, le CV, les mémoires qu’on a rédigé jusque là, les stages et les séjours à l’étranger, tout ça avec le rack habituel. Ce n’était que pour postuler à un concours, soit une étape préliminaire. Pour changer de fac, il faut une autorisation locale et s’organiser sur le site de l’autre fac, afin de commencer un autre dossier qui mettra deux semaines à être traité… et qui demandera toujours deux enveloppes et quinze timbres qui ne vous seront jamais rendus, parce que la vie est injuste.

La secrétaire du bâtiment des lolis ! Vous validez… la prison !

Convention. Parfois, on peut se permettre des extras. Demander ses diplômes, par exemple, n’est pas nécessaire et mobilise l’administration pour deux bons mois. En deuxième année de Master, le stage est souvent une étape nécessaire mais si vous arrivez à vous faire embaucher dans votre branche et que vous obtenez l’accord de votre directeur (chose impossible en licence, ne rêvez pas) vous pourrez obtenir un précieux sésame qui vous redirigera vers la demande d’agrément, qui vous donnera la convention, qui vous donnera le stage, qui lui même vous donnera l’attestation de stage. A chaque étape, un véritable album panini à compléter en obtenant des autorisations et des tampons partout. Bien sûr, les deux parties et vous même n’avez jamais les mêmes disponibilités, et rien ne garanti que votre convention puisse être éditée sur place. Là encore, le sourire Colgate, la bonne foi, les chakrats ouverts. Bam. A vous l’alternance. N’hésitez pas à justifier votre absence éventuelle à un ou deux cours sacrifiés par mail à vos tuteurs. S’ils sont gentils, ils pourraient vous mettre en dérogatoire. Voilà, vous avez tout gagné, vous validez vos aquis pros ET académiques.

Et voilà. Vous pouvez affronter ces moments pénibles qui se transformeront toujours en moments d’intense soulagement. La victoire administrative n’en est que plus belle une fois pépère en cours à lire TV Tropes… jusqu’à ce moment où, pour valider votre M1, on trouve enfin des vices de procédure à votre passage en équivalence vers la L2.

C’est à eux de nous faire préférer le chômage.
Enfin, non.
C’est terrible comme conclusion. Oubliez-là.

Anecdote bonus sans aucun rapport : l’autre jour, en sortant du métro, j’ai aidé un immigré de Honk Kong qui se disait médecin à monter les escaliers avec ses trente kilos d’affaire. On papote en anglais et il me demande ce que je fais dans la vie. Quand je commence à parler de journalisme et que je namedroppe le Figaro, il devient maboule et m’explique qu’il sait tout sur la véritable nature de l’accident du Concorde. Il me sort des fichiers qui ont l’air très sérieux et me prie de les emporter avec moi pour un faire une véritable histoire. Moi, à la bourre et sachant pertinemment que je ne pourrais rien en faire, m’empresse de faire mes excuses et de me sauver. Personne n’aura jamais le fin mot de cette histoire.

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Je ferais tout par journalisme (mais je ne ferais pas ça)

« Pouvez vous nous expliquer en quoi les Etats-Unis sont le plus grand pays du monde? »

Nous sommes dans l’amphithéâtre d’une école de journalisme, près de New-York, NY – dont l’entrée n’est pas aussi ténue et nazie que les équivalents français, vu le niveau de la question qui vient d’être posée – et Will McAvoy, journaliste ayant à peu près tout fait et tout accompli dans sa vie, a un peu du mal à donner suite à ce giga parterre d’étudiants. Il réponds un peu à coté, évite le sujet. Pourtant, républicain convaincu et activiste, la réponse devrait être fournie clé en main. Quand il arrive enfin à ouvrir la bouche pour dire autre chose que ce que ses voisins viennent de sortir, il pète un câble et sort une tirade démentielle où il explique en quoi le pays a perdu de sa majesté d’antan, en insultant l’étudiante qui a posé cette question au passage. Les gens commencent à filmer, la scène dure à peu près cinq minutes (le temps d’une chronique lambda en radio, après quoi le monologue devient difficile à gérer) et les retombées vont être pénibles pour quelqu’un qui va remettre en cause le modèle d’infotainment sur lequel il a basé sa carrière. Will McAvoy a eu la révélation de sa vie parce qu’une nana, quelque part dans le public, tenait un petit carton « Ils (les USA) ne le sont pas – mais ils peuvent le redevenir ».

Cette scène, franchement bien foutue et parfaite en termes d’introduction, est la toute première chose qu’on voit en lançant The Newsroom, d’Aaron Sorkin. Le nom du réal derrière est important, comme dans la plupart des séries HBO d’ailleurs, c’est le (grand) homme derrière The West Wing, alias A La Maison Blanche. Ça alors, cette toute première scène ressemble très étrangement à la toute première scène de Studio 60, du même Aaron Sorkin. En tout cas, c’est un nom commun de la fiction ricaine, et il le mérite tout à fait. D’ailleurs, Alan Poul produit la plupart si ce n’est l’intégralité des épisodes. Tiens, un des scénaristes/réals de Six Feet Under. Sorkin, lui, est connu pour son écriture – pas en tant que macroécriture mais plutôt dans une acception « bons dialogues ». On reconnaît une « scène Sorkin » quand des personnages font une tirade en traversant un couloir ou dans un ascenseur. Quoi qu’il qu’il en soit, c’est un mec ayant une aura, un passé et dont le nom polarise fans et haters depuis plus de dix ans. Il faut coupler ça à la chaîne Home Box Office dont je recommande vraiment fort les séries (y’a pas mieux, disons le clairement) une chaîne du câble américain qui a connu un fabuleux essor qualitatif avec l’an 2000 en pivot. The Wire, SFU, Game Of Thrones, tout ça est produit et diffusé par cette chaîne. Elle possède une réputation vraiment justifiée de chaîne qui aime bien jouer un peu sur les limites et diffuser du sexe, de la drogue et du rock n roll à une heure de grande époque, dans un pays où dire un « Fuck » vous bipe et vous floute la bouche. L’un n’empêche pas l’autre, et HBO représente le fin du fin de la fiction sérielle ricaine. Pourquoi préciser tout ça? Les critiques très mixées des séries. C’est justifié et vous allez vite comprendre les tenants.

La cravate du souague

Jim est trop bon pour toute cette misogynie alors il pardonne

Revenons sur la substantifique moelle. The Newsroom est, comme son nom l’indique, une série dont le théâtre est l’antichambre du plateau télé d’une chaîne fictionnelle du câble américain. On retrouve justement ce coté très théâtre et statique d’un décor façon The Office. Une saison de dix épisodes et de prime fraîcheur, diffusée l’été dernier. Une chose est sûre, c’est qu’elle « ne fait pas HBO « justement – et c’est rare, mais là c’est dans le mauvais sens du terme. Les premiers signes ne trompent pas : le générique – avouons-le, tout pérave – est un peu effrayant. Dans toute une saison, pas la moindre scène 12+, pas de sexe explicite, implicite ou même rapporté. On parle vaguement d’un pétard à un moment et non pas un mais deux space cakes sont évoqués. C’est donc plus sain qu’un épisode de Totally Spies, c’est presque gênant. Enfin, le show met une grosse emphase sur les relations que les personnages peuvent avoir. C’est pourquoi j’aime bien promouvoir cette série autour de moi avec un « Grey’s Anatomy des journalistes », tout en sachant qu’on ne voit pas le moindre bout de chair et que les deux séries traitent leurs sujets respectifs de manière bien différentes.

C’est donc une chouette combinaisons de paramètres. Le réal, la chaîne qui diffuse, et le sujet m’ont fasciné pour des raisons évidentes – je suis à deux doigts de commencer mon premier stage dans une grande rédaction, mais si je namedroppe le nom précis une malédiction vaudou va faire imploser ma convention, disons que c’est un quotidien qui cite Beaumarchais – mais The Newsroom est une série que je conseille certes mais qui n’est pas exempt de défauts et pose un standard de qualité solide mais bizarrement hésitant pour une série HBO.

 Revenons sur le scénario. Ce monologue de base n’est qu’une manière de s’introduire dans cette rédaction : Will revient après quelques jours de repos forcé et constate qu’il va devoir changer l’intégralité de son équipe, donc de contenu éditorial. A partir de là, on suit la progression idéologique de News Night, ce late show tout aussi fictif, mais aussi celle de sa figure principale et de la chaîne en général. Plot twist à mi-chemin du pilote : nous sommes début 2010 et les ennuis vont bientôt débarquer pour Deepwater Horizon. Certains évènements marquant de l’actu vont in fine dicter la Newsroom, qui va être confrontée à tel ou tel conflit d’intérêts. Y’a-t-il une storyline de fond? Oui et non. Autant vous le dire, il n’y a pas de plot twist final et le tout reste assez épisodique – on hésite pas à envoyer les grosses ellipses pour le coup – on reste dans une logique plus ou moins thématique mais rassurez vous, Jeff Daniels ne fait pas de voix off pour nous dicter X ou Y maxime de quadra d’aujourd’hui.

High as fuck

On est donc plongés dans une ambiance à la CTU. Une salle de référence, des bureaux, beaucoup d’ordinateurs, plein de fourmis qui butinent H/24. Minimum de réalisme et d’immersion donc, je retrouve donc pas mal ce moment rituel où la rédaction papier s’agglutine autour de l’écran géant pour déterminer l’actu phare du jour – MAIS il y a cette tendance bizarre voire gênante de caser du drama amoureux à tout prix. Ce n’est pas une mauvaise chose, c’est même le moteur de la quasi totalité des séries mais en l’occurrence c’est tellement envoyé à la figure, hors propos, omniprésent. Parfois, ça embraie dans cette direction quand on ne le veut vraiment pas et on est là, planté par le plot, à se dire « Mais vaziiii lààààà ». Et encore, il pourrait y avoir un vaste réseau à la Grey’s. Non non, il n’y a qu’une intrigue amoureuse et demie de ce genre. Suggérée dès le pilote, pas génialement résolue à la fin. Un an et demi plus tard, rien n’a bougé. Le « plot tumor » dans toute sa splendeur. Vous savourez votre série edgy et ça vient s’incruster de temps en temps sans que ce soit voulu, c’est assez gênant. Bref, l’un des enjeux de la deuxième saison sera de doser un peu mieux tout ça. Je ne fais que supputer mais ça devait être absent de The West Wing, d’où un petit manque de nuances dans la palettes. Ce n’est pas comme si c’était foncièrement mauvais comme séquence, juste formidablement invasif. Heureusement, ça réserve quelques passages bien drolatiques sur la fin.

Heureusement qu’il y a plein d’autres trucs biens dans The Newsroom, à commencer par ses personnages. Enfin ouais n’exagérons rien, son personnage. Will McAvoy (Jeff Daniels, le mafieux ronchon* de Looper) – monstre d’égo – en termes de présence ou de manière purement freudienne – grosse manie des tirades et d’écorcher les noms. On a ici un mec complètement hors normes qui implose de charisme et d’idéaux, toujours. Républicain, aimant bien le rappeler, idéaliste et déçu de la tournure qu’à pris son environnement, il n’y a pas de réelle évolution pour lui mais rappelons que le tout commence in medias res. Il va passer la saison à se remettre en question, à gueuler et à se coltiner les menaces d’Internet. Oui, parfaitement. Un vrai bonhomme fascinant à suivre – et à la voix d’or.

Un tiers de seconde plus tard, il fait LA grimace

 D’ailleurs, la VF est sympatoche (avec le fameux doubleur de Robbin Williams dans le rôle titre) mais je ne saurais que trop conseiller le bazar en langue originale, comme souvent. Pour prendre un exemple simple, celle de Game Of Thrones est pas terrible du tout. Autour de lui, une batterie de nanas fortes : Maggie (une hystérique) Sloan (une hystérique) mais aussi son ex, Mackenzie (une hystérique) … hein, attendez. Oui, voilà, la gender politics de cette série est vraiment étrange. Y’a des double standards partout : ce moment où Sloan pète un boulon et plaque le pauvre Neal contre un mur sans aucune raison était très gênant. En termes de caractérisation, pas de chamboulement total. Y’a Maggie, la petite nouvelle un peu flippée interprétée par Alison Pill. Alison Pill oh oui ok elle avait une perruque rousse. Autour d’elle, un triangle amoureux s’installe. Dans le coin bleu, Don, le mauvais flic, le mec faussement méchant au grand coeur, vous voyez le genre. Dans le coin rouge, Jim, adorkable, ressemble beaucoup au Jim de The Office mais en bien plus docile. Deux bons persos qu’on aimerait suivre s’ils ne patinaient pas autant. Autour d’eux, une batterie de second rôles pas toujours intéressant. On se souvient du vieux boss excentrique (parce qu’il a un nœud papillon, clin d’oeil clin d’oeil) et d’un Dev Patel en producteur junior, geek et obsédé par le paranormal. Encore une fois, le manque évident – ou délibéré – de storylines va empêcher, parfois, ces gens de décoller. A l’image des mécaniques internes de la rédac, il y en a surtout pour Will et ses problèmes.

Mais mais mais à chaque yang son ying et à chaque moment gênant son penchant de bravoure. Souvenez vous, Aaron Sorkin? Les dialogues, exactement. C’est le suc, l’essence, tout ce qui peut faire The Newsroom. Dans la vie, on cherche ses mots, on bégaye, on buggue de temps en temps. Dans cette série, on débine du texte à Mach 5, on sort références sur références sur faits, on fait même souvent les petits malins pendant cinq minutes avant même de commencer à sortir le dialogue qui fera avancer le scénario. Je vous jure, amusez vous à déceler ces « pré-dialogues », c’est étonnant. Heureusement qu’il y a cette caution verbeuse qui je ne justifie pas le fait que TOUT LE MONDE HURLE DANS CETTE FOUTUE RÉDACTION IL SUFFIT. Ce moment où quelqu’un hurle et où un second rôle se tourne là tête avec l’air étonné? Il est omniprésent, faites-en un jeu à boire. Heureusement, on se sent intelligent en matant cette série. Est-ce de la poudroizieux, est-ce la pertinence des dialogues? Je ne suis pas sûr, mais c’est précisément ce qui m’a fait enchaîner les épisodes : je voulais plus de Will. Plus d’égo, plus de tirades, plus de métaphores sans aucun sens sur Don Quichotte. Puis il y a ces nombreuses scènes phares : un cours de putasserie télévisuelle, un faux débat télévisé, une panne de courant qui déclenche l’hystérie solitaire – c’est nouveau – un épisode super intéressant où des personnages sont coincés dans un avion sans pouvoir bosser sans une actualité majeure (d’où émane un patriotisme étrange mais là c’est culturel, je ne peux juste pas comprendre en tant que Français) un mic mac pas possible autour de Fukushima, l’interview glauque du porte parole de Rick Santorum. Toutes ces scènes sont vraiment bien foutues, pensées, montées, interprétées. C’est pour ces moments que vous devez avoir envie de mater cette série. Elle a des défauts. Quelques uns. Elle fout du Coldplay en fin d’épisode comme si c’était émouvant ou actuel. Sa peinture du genre féminin est super discutable. Cette unique storyline sur le Tea Party est un peu douloureuse. Mais ça n’en fait pas une mauvaise série, bien au contraire, il faut juste éviter de se focaliser sur ces choses-là. The Newsroom a été un petit kiff et je serais au rendez-vous avec impatience. Plus de journalisme, de marques de journalismes, d’actualité qui écrit le plot de la série, davantage sur le long termes. Les enjeux sont réussis, l’exécution ne l’est pas toujours. C’est suffisant, mais ça pourrait être excellent. Ça ne l’est pas encore. Est-ce une critique planquée des networks américains? C’est pas clair. La morale est mixée, parce qu’elle baigne dans un esprit aussi naïf qu’idéaliste. Des FAITS, pliz.

Ne montrez pas ça à Mar_Lard

* Oui oui, je reste persuadé qu’il existe des mafieux qui respirent la joie de vivre et qui s’en vont péter des jambes en chantant

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LaDebauche U

Ce post risque d’être plus ou moins une resucée de mon intervention de la Gamebox de Samedi. Toutes les deux semaines, je fais une critique audio pour Radio01, dans le cadre de cette émission de news. Bon, je n’ai pas grand chose à voir avec l’ensemble, je fournis mon fichier, je fais mon speak, je vire la moindre pause et ça donne une litanie de 5-7 minutes où je ne la ferme jamais et où je mange quelques mots de temps en temps. C’est sympa, vous devriez essayer. Il y aura peut-être quelques exclus par rapport à ici. Bref, un petit projet en plus pour ces petits gars dont j’admire la rigueur. L’émission autour à l’air de connaître de petites perturbations, je dois être maudit ou leur donner ma poisse. J’en sais rien.

Oui donc comme promis, abordons l’autre nouvelle plateforme que je vais pouvoir traiter pour vous. Vous connaissez l’Angleterre? C’est un super pays, ils font des séries sympas, des acteurs cools, du vocabulaire super fancy-pants comme shenanigans ou antics, des franchises de sandwiches cools et, le saviez vous, ce sont les plus gros gamers de l’Europe. Pour la faire simple, il s’y vend 1,5x plus de hardware et de software qu’ici et ils sont dix millions de moins! Une vraie bande de petits malins. Ils ont même une franchise de retail qui ne va vraiment pas bien. GAME, qu’elle s’appelle. Il y a un an pile, les premiers soucis apparaissent, et ce n’était pas crier au loup. Sur place, les revendeurs temporisent, tout va bien qu’ils disent. Là ils sont en liquidation judiciaire et en attente d’un repreneur. Ça, c’est le meilleur scénario. Mercredi en 10, ils ont donc ouvert les soldes en liquidant drastiquement consoles et jeux. Début décembre, je vous conseillais définitivement d’acheter la Wii U, sous deux conditions. Attendre les bons jeux en début d’année et attendre la bonne occase. C’est triste, mais la faillite de GAME était la bonne occase. Après avoir dépensé moult balles en éditions collectors diverses, c’est ce bon vieux GAME de la Défense qui m’a lâché une Wii U pour à peu près 250 balles. Mes étrennes et celles d’un paquet de gens – tous les magasins sont littéralement dévalisés – partiront dans ce qui deviendra, après essorages à répétition, des indemnités. Une trésorerie qui a poussé son ultime souffle ce mercredi, façon Shonen cliché. Toujours est-il qu’en attendant de voir comment va évoluer ce pan de l’industrie parce que oui, décidément, tout se casse la gueule, on va pouvoir jouer un peu. Alors ajoutez « LaDebauche » si l’envie vous en prend, bande de petits fennecs du ter-ter!

Petit tour d’horizon sur ce que je n’avais pas encore écrit en preview et sur Nintendoland, pour compléter un peu. Je le répète, le Gamepad est uniquement vendu avec la console, et ô horreur, il n’y a pas de dragonne pour éviter de le lancer sur la trogne de son voisin. Prenez-en soin, évitez de vous assoir dessus, de bricoler avec, de le jeter dans le feu ou de vous en servir comme d’une raquette de squash, ce genre de prérogatives pas évidentes. L’écran n’est pas si petit et affiche au moins une qualité d’image comparable à celle de la télé, pour une résolution divisée par quinze, quelque chose du genre. Transférer ses données d’une Wii à votre Wii U? Pas compliqué compliqué mais demande tout de même une grosse heure à ne pas faire grand chose : il faut passer par le Wii Shop et télécharger un outil de transfert sur les deux consoles, admirer une fantastique cinématique à base de Pikmins qui déplacent des carrés plats et ne plus savoir quoi faire de sa Wii, qu’on peut définitivement mettre derrière une vitrine. Protip! Vous cherchez une carte SD? Si vous avez un 3DS, la réponse est sous votre pif. Vos deux bécanes sont cote à cote? Ne changez pas la place du capteur, vous n’avez qu’à jongler entre les deux et l’autre marchera… sans. Et oui, c’est une histoire compliquée d’infrarouges, aucune maquette n’arrivera à m’expliquer ça.

Le Miiverse? C’est rigolo comme tout. Il y a des vibes à la Tumblr dans cet outil qui permet de textoter ou dessiner n’importe quoi. On peut répondre ou déposer un « Ouais. », et penser ainsi à cet album de Stuck In The Sound. Il y a même des followers, et voilà, un nouveau paramètre à E-Peen qui va tous nous rendre fous. Il y a des tas de gonzes sur le Miiverse qui dessinent des merveilles. Comment font-ils? Nul de le sait. Il te font une capture très crédible de Zelda sur Gameboy avec le dixième des outils d’un Paint. Les Nintendo-Users sont des gens super doués, mais à l’instar de la compagnie elle même, elle est vraiment très portée sur les hommages – rien ne vous empêche de faire des références à d’autres sagas d’ailleurs, c’est pas interdit, on est pas dans le très crétin derby télévisuel que se font Carrouf, Auchan et consorts. Il est inclus dans la mise à jour – la fameuse – qui, avec mon débit de campagnard et un très mauvais réseau, aura duré deux heures. C’est donc le grand maximum. N’éteignez surtout pas votre engin de force pendant la courte phase d’écriture de données. Les plombs sautent? C’est terminé, vous devez l’envoyer se faire réparer. Prudence, donc.

Il y a déjà une nette quantité de pr0n Monita sur Tumblr. Bien dessiné et tout. Euurgh

Bon alors, NintendoLand ! C’est un très très bel effort que voilà. Le line up est quand même assez comparable à celui d’il y a six ans (Ubi qui se fait dessus avec un truc plein de bonnes idées, la killer app qu’on va tous oublier dans deux mois, etc etc) et le parc d’attractions est même un cran au dessus de Wii Sports, parce que ce premier à une portée – on va dire mémorielle, pour éviter de parler de « Branlette à la Nintendo » et autres termes qu’on essaie d’éviter dans un autre cadre » vachement bien réussie. 12 mini jeux, douze franchises, l’habillage sonore est toujours un régal. Les graphismes le sont aussi : lisses, colorés, enfantins comme dans Yoshi’s Story, ils contribuent à donner une identité propre. NintendoLand, c’est un thème musical, plein de petits miis avec un costume de marin, c’est aussi Monita et sa voix robotique crispante. Dans deux ou trois ans, il y aura un Smash Bros avec un terrain « Nintendo Land » et j’espère que Monita sera le nouveau sac de sable. 12 mini jeux, douze manières d’introduire une featurette ou un gameplay dans sa globalité. Chaque mini jeu a ses directives : en plus de reprendre l’univers d’un soft gigaconnu et d’offrir de délicieux remixes musicaux (c’est du très très bon sur ce coté là) il doit bien sûr teaser quelque peu pour un éventuel jeu complet sur la même franchise. C’est particulièrement évident pour le prochain Pikmin 3, dont le mini jeu éponyme est frustrant à force de faire semblant de se limiter. Chaque jeu a un gameplay progressif, possède des subtilités, se vend sur sa jouabilité quand il n’est pas composé d’une douzaine de niveaux. Après avoir attendu comme un fou de jouer au Tricky Bille Kong, qu’elle ne fut ma joie de découvrir qu’il y avait plusieurs niveaux… et pas que deux ! Il y a toujours un sens du raccourci, de la subtilité, bref une intelligence globale rare dans un format qu’on ne voit plus du tout. Ben oui, il n’y a plus que Nintendo pour le faire, bien de surcroît. Ce que j’essaie de dire, c’est que les minijeux sont toujours loin d’être superficiels et sont toujours assez profonds pour induire un vrai gameplay en lui même. Enfin bref, je me perds un peu. On est propulsé sans aucun menu dans ce parc vierge, accueilli par Monita – une version féminine d’Ali Baddou mélangée avec une vidéo de TheVinzVincent – et vlatypas que je t’introduit, que je te tutoriale à tout va, que je te prends par la main pour le moindre truc. Hey, Monita, j’avais choisi « Expert » en créant mon compte Miiverse, lâche moi la grappe. Arrête de me suivre partout. Noooon haaaaa-

Le parc en lui même est un poil décevant. Assez petit, circulaire (plus un hub qu’un véritable parc d’attraction donc) on aurait aimé une structure un poil plus complexe. Jouer aux minijeux permet de débloquer des pièces qui s’utilisent dans un petit module rétro de pachinko. Hop, on débloque des éléments de décor ou des pistes pour le jukebox, le tout peut être passivement visité par vos amis et des miis pris au hasard. Je n’arrête pas de croiser Nemo et Alexis qui traînent toujours ensemble, c’est assez sympathique.

Anxiogêne

Anxiogène

Bon. Coté solo, Donkey Kong déchire tout. Petit parcours platformer où on doit pencher, rouler, faire tout ça avec infinie précaution. Finissez deux fois la piste rouge et… surprise, ça continue. Des tonnes d’idées de design, un gameplay suepr subtil, j’adore. F-Zero : Personne ne l’aime, sauf moi. Sympathique, subtil dans son approche, assez difficile sur la fin. Il est de bon ton de dire qu’il est naze, je ne suis pas du tout d’accord, il est un peu frustrant avec son coté all-in. Balloon Fight : Super Dur. Il faut diriger son bonhomme en regardant la télé mais en traçant sur la mablette. Vraiment frustrant, parfois épique, provoque quelques frayeurs. Si vous commencez à mourir, vous allez épuiser vos deux autres vis en dix secondes, garanti. Danse de la pieuvre : sympa mais super éphémère, si vous êtes un mordu de jeux de rythme. C’est le Space Channel 5 de Nintendo, en bien trop court. Seul le vrai stage bonus fait un peu semblant d’être difficile, mais il est épique. Forteresse Hakamaru : idéal pour les pubs ; Il faut envoyer des shurikens sur tout ce qui bouge avec le styler. Dynamique, difficile, pas évident de prendre une position confortable sans se péter les doigts. Heureusement que la visée est assez rigoureuse. Enfin, Yoshi, petit proto-jeu de smartphone, on doit tracer un itinéraire selon des directives à l’écran. Tout sauf simple, on peut s’aider de quelques repères mais demande rapidement une très grosse gymnastique mentale. Bref, six bonnes idées, c’est Nintendo, quand il s’y mettent c’est des champions.

Bon, les multi. Il y a trois jeux qui se savourent aussi en solo : Zelda, son mode exploration qui permet de se retrouver dans un rail shooter et de décocher flèches ici et là. Vous vous souvenez des mini jeux de Monkey Ball, les premiers? C’est le même esprit. Les autres peuvent occire du monstre à la wiimote. Sympa. Pikmin : Olimar à la mablette, Pikmins mutants à la Wiimote. Proto-parcours archi simples et mode temps limité appréciable. Ca ne pose aucun problème, c’est sur des rails mais ça reste un grand kif. Les remixes sont un régal. Metroid : Difficile à manier, c’est un contre trois ou tout le monde en coop pour détruire des vagues de monstres. Petite préférence pour ce dernier. Les trois autres, purement en multi – j’ai pas joué à Mario Chase encore, Youtube ou Marcus vont être vos amis pour ce coup là. Le Pac Man X Luigi’s Mansion est évidement excellent, assez tendu pour ainsi dire. C’est chouette de prendre ses amis par derrière, d’avoir un « scare chord » qui effraie tout le monde et de s’en aller en hurlant TROLOLOLO, version fantôme orange. De bons moments en perspective. Enfin, Animal Crossing est un chouilla déséquilibré, je reste persuadé qu’il est beaucoup plus simple d’être du coté de ceux qui chopent les bonbons, pour peu que la mablette manque d’expérience. Encore une fois, c’est une question de rejouabilité : il y aura toujours un metagame à trouver avec les experts.

Pas d’étoiles à enregistrer avec la console? Pas très sympa ça. Bref, ça envoie et ça promet de bonnes choses. Le 2013 JV sera, je l’espère, une année avec des œuvres très fortes. Les premières heures de Bioshock Infinite sont complètement dingues niveau univers et promettent des moments de malaise abyssal. Tomb Raider va enfin sortir et on va enfin avoir le fin mot sur cette histoire interminable. GTA 5, bientôt, je suis overhypé sur ce truc, comme toute l’humanité. En espérant que Nintendo puisse très sincèrement contribuer à tout ça et nous offrir de nouvelles expériences. Les formes y sont enfin, alors, Big N, tu peux y aller, top départ, GO !

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Pot pourri de poche

J’aurais pu nommer ce post « Jeux sans enjeux » mais je me suis souvenu que c’était le nom de l’album de Passe-Partout. Oui. C’est très gênant.

Ah ben vous allez en manger du JV. Ça va probablement se ralentir dans quelques temps parce que je dois vite renforcer ma culture high-tech pour des raisons purement professionnelles mais j’ai eu la chance de recevoir un Iphone en cadeau. Oui, ce n’est pas très intéressant à lire, mais voyez-le comme ça – je n’ai, en cinq ans, pas abordé le moindre jeu sur smartphone. Une toute nouvelle perspective qui s’est ouverte à moi et que vous cultivez probablement depuis plusieurs années – je découvre à peine les joies du twitt sur le pot. Connecté, même dans les transports en commun en extérieur. Je n’ai pas touché à iOS avant tout ça (et ce n’est pas la seule plateforme que je découvre depuis quelques jours seulement, hin hin hin) et mon premier réflexe à forcément été de télécharger quelques jeux. Ce ne sera pas la dernière fois, voilà déjà 4 jeux tous très différents des uns des autres, n’ayant rien à voir mais tous sont intéressants d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs, j’ai débarqué dans cette sphère juste au moment où des succès ont été implémentés. La joie, les chiffres. C’est parti, plongeons-nous enfin dans le gaming pour le prix d’un cheeseburger.

Curiosity (Zéro Brouzouf Zéro)

Plan cube, Cucube, Peter Cubor, etc etc

Plan cube, Cucube, Peter Cubor, etc etc

Peter Molyneux, grand yaka du jeu vidéo, connu pour son hypersensibilité et sa capacité à promettre un peu trop et un peu trop vite. Ses grands projets tournent toujours autour de l’omniscience, de la divinité, du fait de régir la vie d’autrui, ce qui révèle soit un égo démesuré soit une ambition du même acabit. Quoi qu’il en soit, cela fait deux mois qu’il a monté 22cans et lancé Curiosity, petit machin fragile et curieux qu’on peut trouver un peu partout. Ce n’est pas vraiment un jeu, c’est le concept le plus crétin de tous les temps : on nous promet, dès l’écran d’introduction, une révélation mystique, un truc « qui change la vie », promis à l’unique futur vainqueur de ce jeu. C’est déjà beaucoup mais c’est écrit dans une esthétique épurée, blanche, divine quoi. En gros, le gagnant va soit avoir des super-pouvoirs, soit devenir le prochain Dieu. C’est hystérique, ça n’a aucune sens, c’est Peter Molyneux. Alors késsadire? Un énorme cube apparaît sur l’écran. Comme le film du même nom : musique new-age, minimalisme et simplicité sont de rigueur. Pas de jeu de la mort ici : il faut juste égrener, petit cube par petit cube, une couche du truc avant de pouvoir passer à la suivante. Tout le monde le fait en même temps et en temps réel. Le mec qui tape sur le tout dernier cubelet aura le droit de savoir quel est le secret que contient le cube et va probablement se faire capturer, se voir mettre un sac sur la tête et sur faire immoler par le feu direction la planète Zoulou. Bref rien de tout ça ne fait sens, ce qui ne m’empêche évidemment pas d’allumer le truc de temps en temps, de zoomer quelque part parmi ces centaines de millions de petits carrés et de faire le travail de fourmi : tu tapes en rythme, tu multiplies ton combo, tu gagnes des points, tu découvres les photos de nus peinturlurés de la couche d’après. Tu dépenses tes points pour être un peu plus efficace, peindre les cubes ou dessiner des bites. Le métagame étant bien sûr d’écrire le plus gros « PENIS » possible sans que votre travail soit ruiné par un autre anonyme. En bref, Curiosity est la ludification concrète d’une peine d’intérêt générale… collective, nous sommes tous là à faire notre dur labeur, con et répétitif, mais on le fait tout de même. Tout ça est complètement absurde et – je vous le donne en mille – intimement lié au Project Godus, kickstarter de développement du même gonze. En gros, c’est de la pub, et nous sommes tous motivés par le fameux « secret ». Est-ce que l’heureux gagnant va le partager, est-ce qu’il va le garder pour lui, est-ce que c’est une prime de confidentialité ou juste une vidéo de Peter qui fait l’hélicoptère avec son zguègue, personne ne le saura. Exactement comme la sonde sur Mars, d’ailleurs : arriver en terre inconnue et dessiner des chibres. Ah la la, le jeu vidéo, c’est n’importe quoi. Insérer ici bruits de pets et rires du public. Tapoter des cubes gné gnéééééfdlkbflbdkfbd.

Super Hexagon (Quatre-vingt centimes de brouzoufs)

Ouais ! Super Hexagon n’est pas seulement une super manière de faire gerber tout le monde dans le métro, c’est aussi un tout petit jeu minimaliste et rétro. De toute manière, ils le sont tous à ce prix là, et faire un truc en 3D semble être un vague concept sorti de l’âge de pierre – Super Hexagon est un petit jeu très difficile où on contrôle un triangle qui doit survivre aux formes géométriques qui se rétractent sur lui. Comme Thomas Was Alone, sans la prétention de fou. Vous vous souvenez surement de ce jeu vertical qu’on s’est tous échangés dans nos calculatrices scientifiques, ici c’est la même chose avec des couleurs flashy et une musique 8 bit sympa. On tapote à gauche pour aller à gauche, etc. La toute première partie est déroutante, on perd en environ 3 secondes et il va falloir tenir une minute complète pour en valider un. Le jeu, dans sa mesquinerie toute puissante, nomme ses stages « Hexagon, hexagoner et hexagonest », sous entendez « dur, encore plus dur et le plus dur ». Et ouais, il va en falloir des réflexes et de l’abnégation pour surmonter tout ça. Évidemment, ça se joue par pastilles, de temps en temps, parfait pour les insomnies (et une garantie de ne pas s’endormir les deux heures suivantes) et paf paf paf on maîtrise, on fait des zigzags, on pige ce qui va nous tomber dessus, on passe à gauche à droite hop hop hop vous êtes les rois du monde, vous vivez au sommet. Vous faites l’amour, vous vivez la vie, jour après jour, nuit après nuit. Rejouabilité au top et franche possibilité de s’éclater les yeux. L’intérêt est aussi de se délecter de ces quelques pistes chiptunes qui font zizir aux oreilles sans foncièrement distraire.

Rayman Jungle Run (Deux brouzoufs et quelques)

Soyons heureux, voilà le parfait petit truc pour attendre Rayman Legends – dont la démo est disponible sur Wii U, jetez vous dessus le cas échéant, c’est de la bonne – qui reprend le moteur et le gameplay de Rayman Origins. Evidemment, pas facile de gérer l’inertie et les déplacements du bonhomme démembré sans le moindre bouton, mais voilà l’astuce – Rayman se déplace tout seul, et il va falloir le faire éviter toutes sortes d’obstacles, comme dans ce niveau d’Earthworm Jim. N’allez pas croire que cela veux dire une collection de niveaux « à la Coffrapattes », ou « façon Star Guitar » pour les nommer tels  quels dans Legends. Vivement le vrai nom du truc, d’ailleurs – toujours est-il que les manipulations à faire ne sont pas particulièrement scriptées. Il y a une quarantaine de niveaux, par paquets de dix et régies par un gameplay particulier en plus : sauter, planer, passer d’un mur à l’autre, frapper et un petit DLC gratuit (l’intérêt de devoir le télécharger en plus est un peu discutable mais passons) Ici, tout réside dans le level design, puisque l’objectif secondaire va être de ramasser les 100 lums du niveau, donc de réaliser une séquence parfaite pendant une ou deux minutes. Cinq niveaux complétés sur dix? On débloque un stage dans la Lande aux Esprits Frappés, presque aussi nazis que le jeu d’origine. Même musique, même animation, même sur un tout petit écran, bien plus cool que l’adaptation foireuse sur 3DS. Assez facile, ne demande pas de compétences particulières ou de réflexes de champion, sauf dans les derniers niveaux. Pas trop crispant, sympatoche, idéal pour ceux qui ne connaissent pas l’univers original, mais pas de création originale. Je veux dire, tous les niveaux sont inédits mais il est fourni clés en main – ce sont les mêmes environnements, les mêmes musiques, etc. Sympa. Permet de débloquer de chouettes fonds d’écran pour l’iphophone.

Game Dev Story (Deux brouzoufs moins dix)

Enfin, un an après avoir tripoté non-stop le smartphone d’autrui pour pouvoir jouer à ce machin assez addictif (mais seulement en anglais, ne nécessite tout de même pas un niveau dingue) je peux enfin faire ma partie et recommencer la fantastique histoire du Studio Fof, qui relâche chaque année un opus de la franchise Sompa. Sompa I, Sompa II, Super Sompa, Sompa 3D, Sompa Puzzle League, etc etc. Exactement, Game Dev Story est un jeu de gestion d’un petit studio de jeux – mise en abyme, yeah! C’est d’ailleurs le premier software de Kairosoft à amorcer une suite de jeux du même genre : on trouve aussi une simulation d’écurie de F1 et une autre de sources chaudes! Pas totalement intuitif, il faut quand même tâtonner un petit peu pour piger ce qu’il se passe. En gros, vous avez vingt ans pour développer les meilleurs jeux possibles et, si vous êtes des bons (et que vous allez sur Gamefaqs parce que fouyaya) votre propre console. On engage des gens, on développe leurs compétences, on planche sur tel ou tel projet de jeu en combinant X genre et Y direction artistique, on met des points là et là, on augmente les points de fun, de graphismes, de musique et de créativité. Vous, le directeur, ne faites absolument et restez les fesses vissées sur votre chaise, à regarder votre ruche taper frénétiquement sur le clavier – et prendre feu toutes els deux semaines, c’est un peu inquiétant. On le lâche, on zappe la phase de débuggage si on s’appelle Eidos ou Bethesta, et hop, on a les notes des critiques, les ventes démarrent, on gagne plus ou moins d’argent et on recommence en essayant de faire mieux. Bien sûr, le jeu subit une routine et possède une timeline réaliste : une fois par an, il y a la « GameDex » où on peut participer (de manière plus ou moins flamboyante) – les remises d’Awards, les consoles développées au fur et à mesure, les fans qui sont fragmentées en tranches d’âges et qui, fatalement, grandissent. Toute ressemblance avec chaque nom de console ou de jeu n’est absolument pas fortuite. Même business pour un jeu de gestion, en plus simpe (car plus minimaliste blah blah blah) il y a un tas de paramétrés à gérer et il n’y a rien de plus jouissif que de voir son propre jeu atteindre des sommets dans les ventes. Les ficelles du jeu ne sont pas du tout données, il faut tâtonner pour piger quel genre marche avec quelle direction, comment est-ce qu’on monte les stats des employés, comment ils donnent le meilleur d’eux mêmes… ce genre de petites choses pas claires. Pourtant, ce machin est démentiellement addictif, le genre de truc qu’on explore à fond trois ou quatre jours et qu’on oublie presto avant de passer à un autre jeu de la même boîte. J’ai la mauvaise d’être une bite en jeu de gestion et je n’ai eu aucun problème à intégrer rapidement le top des ventes, même si je n’ai jamais réussi à avoir ce foutu award et ce million qui va avec. En gros, Studio Fof est centré autour d’un mec dont toutes les compétences avoisinent les 400 et de cinq péons qui bossent pour lui. Gosh, moi aussi je dois avoir un complexe de supériorité, j’imagine. Un deux est déjà sorti en japonais sur PC, il y a plein de menus incompréhensibles sur les screenshots, c’est très prometteur.

Un jeu super sompa.

Dans ta face Angry Birds.

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N’essayez pas ça chez vous

Jugez les microcosmes de la capitale comme il vous plaira mais il se trouve que, parfois, on vit de bien agréables surprises. Il n’y a pas si longtemps, avec le pingouin Inks et son ami Aspic, nous vaquions à notre sérieux business. Je crois que la situation était la suivante : nous sommes dans le RER à respirer les arômes printaniers entre Chatelet et Auber quand je me mets à chantonner « Adopte un Zombie », de Magoyond, bien sûr inspiré par le sketch de MisterFox dans L’Anime Music Video Infernal Deuxième Du Nom. L’Aspic tique et me signale qu’il est le claviériste du-dit groupe. Ah, bon sang mais c’est bien sûr, je savais que ce nom me disait quelque chose! Je lui montre le-dit skit, il est tout content et me précise que c’est une version « bêta » de ce morceau. Six mois plus tard, j’écoute la version complète et je dois absolument en parler.

J’aime les jeunes talents. C’est un mot un peu dur, je n’aimerais pas être qualifié de « jeune talent » parce que ça implique une compétence « jeune » et une légitimité « jeune », donc faible. Que nenni. Sur scène, énormément de groupes ad vitam méconnus sont aussi bons/ont le potentiel de formations reconnues de festivals, voire de stades. Juste qu’il faut bien commencer quelque part et qu’on a pas toujours l’ambition et le temps de viser tout ça, même si on joue comme un Dieu. Il n’empêche que oui, j’aime découvrir ce type de groupe, écumer les soirées thématiques, les tournois où on vote à base de « boules festives de couleur » pour voir son favori aller au prochain round, vers une salle un peu plus grande. Pour les connaisseurs de ce format à Paris, ça commence souvent avec la Boule Noire, ça passe par le Trabendo, les finales sont parfois dans la Cigale. On tombe sur des pépites de sons et d’inventivité (et pas mal de bouses aussi, soyons honnêtes, mais il y a toujours un standard de qualité appréciable) qu’on oublie deux heures plus tard, parfois, on retient les « tonalités » et l’esprit général du groupe. Le plus souvent, on retient un air et on le colle pour toujours à ce nom qu’on ne reverra probablement jamais. Bref, une ambiance toujours très cool qui encourage les nouvelles formations. Salut aux Quenelles de Requin, oui, c’est un vrai nom de groupe que j’aimais bien et que je manque pas de namedropper. Et oui, le saviez vous? Il y a « une scène Parisienne », comme il y a « une scène Math Rock Strasbougeoise » (composé par UN groupe mais il n’empêche que) etc etc. MagoYond ne fait peut être pas du ponque, peut être pas du métal, mais clairement pas du zombie rock parce qu’il y a une pêche folle derrière ce premier album.

MagoYond donc. Ce post fait un peu publi-communiqué mais je ne le taperais pas sans la conviction profonde qu’il le mérite. Revenons un peu en arrière pour comprendre cette articulation de sphères – les deux jeunes gens sus-nommés sont respectivement le producteur et le responsable technique de Radio 01, intimement ancré dans SynopsLive, qui diffuse tout ça. Les deux font partie du Trichelieu Network qui 1) Comprend aussi le nom de domaine Magoyond et toutes les têtes pensantes du groupe et 2) qui est lié à une grande sagasphère que je finirais par décrire un jour. Comprenez, il n’y a un qu’un degré de séparation entre eux et Naheulbeuk, Reflets d’Acide et moult autres saga MP3 de bonne facture. Ce qui confirme le pas-si mythe « Tous les gars qui bossent dans le son sont souvent de bons zicos ». Myth pas busted du tout. Il s’avère que c’est, 90% du temps, le cas.

Inutile de décrire Magoyond en détail, je ne connais que trop peu de membres et le site dédié fait très bien tout ça. On remarque plusieurs choses – c’est d’abord très léché, graphiquement parlant. Il y a une identité visuelle bien marquée quand on voit ce visage tuméfié, arboré par ce logo. On trouve aussi ce visage dans les cartes de visite du groupe qui, oh bon goût, paie des extras pour arrondir ses coins. Je radote. On voit aussi que la thématique Zombie est forte, très forte, délibérément « ce qu’on doit retenir de l’identité du groupe ». Dans les faits, ça se retrouve dans l’univers posé, dans les sonorités, mais surtout dans les paroles et les personnages invoqués par ce premier album, nommé Pandemia. Aujourd’hui, c’est donc une mini critique. Le genre? Métalloïde, ascendant plein-de-trucs qui bougent. Le tempo est toujours assez rapide, sans entrer dans le shred.

Est-ce que Magoyond va devenir un de mes groupes préférés? Loin de là, calmons-nous. Est-ce que je leur voue un culte? Bien sûr que non. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il font du bon matos, que ce premier album est plus qu’encourageant et qu’il est parfaitement léché. Quand on pense « jeune talent », on s’attend à voir cinq djeunes de vingt ans presser un disque enregistré avec les pieds. Tenez, prenez The Go! Team, l’un de mes groupes fétiches. Ils ont sortis trois albums, trois galettes magistrales, toutes moins bien mixées que Pandemia. Ce dont je suis sûr, c’est que quand on découvre un groupe pseudo amateur, on se barde de préjugés, on s’attend à de l’impro pas bien foutue et pas vraiment inspirée. Il faut se débarrasser de cette vue de l’esprit, même si c’est dur, et je suis le premier à avoir beaucoup de mal quand je dois écouter la compo de quelqu’un que je connais. Pandemia envoie du lourd, brasse dans quelques genres, monopolise une bardée d’instruments et joue comme des pros. Ils sont pros. Le gratteux est propre (dans son jeu crade, je me comprends, il se comprend), le claviériste est impeccable, le batteur fou se régale avec son kit visiblement très fourni et fait tout sauf du mécanique, etc. Je serais peut être un poil moins enthousiaste envers la voix de ce groupe (désolé, ami inconnu, c’est pas agréable de lire ça mais c’est mon avis) parfois hésitante entre le premier et le deuxième degré, en plus des harmonies un peu timides, c’est rarement flagrant mais ça m’a frappé là et là, surtout quand il y a à la volonté de « faire un personnage » derrière.

Les membres ne connaissent surement pas Highscool Of The Dead, quels veinards

Les membres ne connaissent surement pas Highschool Of The Dead, quels veinards

Ce disque mobilise donc pas mal de choses. Thématique zombie? Check. Raconter une histoire? Check. Je pense notamment à cette double interlude, la « Pub SBZ ». Là on sent à fond les vibes saga MP3 parce qu’il y a un vrai travail d’ambiance, de couches, les voix haussées et tout le tremblement, le petit spot radio et ses petits jingles délicieux. Quand j’entends « La SPZ est là pour vouuuus! » je pense aux spots de propagande dans Bioshock, parce que la facilité de nous projeter dans un univers prédéfini semble égale. Je suis séééérieux. En bonus, c’est hilarant, d’où le petit aller-retour entre le premier et le deuxième spot. Entre les deux, le fameux « Adopte un Zombie », son intro saloonesque nous emmène dans une version plus rapide, et un ton suave de monsieur chant qui fait tellement penser à Dyonisos, les ressemblances de cet album avec Bird and Roll sont frappantes. Derrières, des petits licks de gratte, hop, on s’installe, sans problèmes. Un p’tit potentiel tubesque derrière, même si j’ai tendance à penser que Satan remplit mieux ce rôle. C’est le nom d’une piste. Varié, chouette, des solos partout, du hard rock bien rapide avec de l’orgue comme je les aime. C’est LA piste qui me dresse les poils des bras.

Je parlais d’histoires posées et de ressemblances avec Bird And Roll. Cette dernière affirmation est bien sûr régie par la direction artistique de l’album et pas mal de gros détails (une chanson : un perso, la grosse intro qui tâche, ce genre de choses) l’intro, d’ailleurs, Deathtrain, annonce le ton de l’album et pose la plupart des gimmicks qu’on retrouvera plus loin. Aurore Motel ferait une chanson top dans un Tim Burton. C’est gloomy. Il y a un petit passage acoustique bien cool, et c’est, dans l’ensemble, très cinématographique et descriptif. Kraken Palace est la chanson où tout le monde se fait plaisir. Gypsy jazz jusqu’au bout des doigts, une bonne grosse patte That Handsome Devil (tiens tiens, quel hasard, même si probablement involontaire), surement très dansant en live. Encore une fois, la variété est le maître mot, on rentre dans une petite foire absurde et on envoie les clichés du genre. Ça tombe bien, ils sont supra efficaces. Franck Einstein lorgne plus vers le rock indus, c’est l’un des morceaux les plus « riffesques » du lot. Hector Zam ressemble à une petite pause – plus lent, piano omniprésent, faussement plus premier degré, paroles bien connes, on s’approche pas mal de Jonathan Coulton, l’esprit y est. (Ce qui me fait penser que, les gars, si vous me lisez, pensez au Rock Band Network, j’adorerais jouer vos pistes sur un rythm game et ça fait des royalties, Satan aurait un sex appeal fou à un Euro) J’ai un gros faible pour Hit The Zombies, qui se pogote comme s’il n’y avait pas de lendemain. Refrain qui bouge avec option descente de toms. Super percussif – ce que j’adore ce son de caisse claire – relativement « simple » et irrésistible. Solo en feu avec des bends partout, même pas faux. On pourrait se permettre de ne pas être rigoureux dans ce contexte, ils le restent. Bruits de dégommages pour rester dans le scénario. Enfin, Pandemia. La piste éponyme. On retrouve beaucoup de réflexes issus… du jeu vidéo, notamment dans des musiques de boss! Je me demande s’il n’y a pas un joueur de Paper Mario dans le lot. Très instrumental, très varié, son supra « large », toujours dans une belle palette d’instruments. Débauche de moyens derrière ce final de disque un, si je puis dire.

Je ne suis pas bien fan de Headbangod, elle marche un peu sur les plate-bandes d’AC/DC, les paroles sont un peu malheureuses, le chant pas assez franc pour marcher, ça vacille un peu pour être fun. Là, ça fait un peu amateur. C’est pas grave, ce n’est que mon avis, on passe à la suite… ha, c’est G33K. Thème indispensable, vous allez me dire. Boulet n’aura pas été le seul à faire le lien entre survivalisme et rétro : on retrouve les touches 8 bits là et là, sans que ce soit omniprésent. Cool, rigolo, toujours rapide et pêchu. Les fins observateurs remarqueront un gros caméo qui fait le lien avec le background du groupe. Qu’allons nous Faire? Ouvre le bouzin et nous posent la question obligatoire : comment vont-ils faire pour la suite? Vont-il garder la thématique zombie où choper une identité autre? Vont-il décliner le concept? Ce n’est pas un rock-opéra, il ne fait que poser les bases d’un univers. Je suppose qu’on aura la réponse dans quelques temps, et c’est tout ce que je souhaite, parce que cette première est d’une cohérence et d’une constance épatante. J’ai été sincèrement bluffé en le terminant. Chapeau bas à tous.

Je préfère ne pas expliquer pourquoi il y a tant d'images "zombie" sur Gelbooru

Je préfère ne pas expliquer pourquoi il y a tant d’images « zombie » sur Gelbooru

 Je repense à cette premier version « d’Adopte Un Zombie », je fais la comparaison et je suis sur les fesses. J’espère vous voir un jour en live, les gars. Ce serait cool de vous voir étaler du ketchup sur la fosse en criant « Sang et tripailles! »… ouais. Parce que c’est vraiment, sincèrement bien. On peut acheter cette galette un peu partout et elle mérite de les lancer, déjà fort d’une belle expérience scénique. Vous savez à qui ça me fait penser, ça, un groupe à l’identité supra marquée et à la réputation très locale, soutenue par des fans inconditionnels? Freezepop.

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